Nury sait raconter une histoire, faire en sorte que le lecteur ne s’ennuie pas, et cette série ne déroge pas à ces règles. Ce qui est déjà bien. Mais, contrairement à d’autres de ses scénarios, il semble ici s’être contenté du minimum. Non pas tant dans la construction, bien huilée, mais plutôt au niveau de l’originalité.
Les deux premiers albums sont ultra classiques dans le genre saga familiale avec le « père fondateur », ayant créer une multinationale pétrolière et trempant dans toutes sortes de magouilles avec les notables de Boston, entre le afin du XIXème et le début du XXème siècle, et ses deux fils que tout oppose : le bad boy cruel, Calder, amateur de femmes et de magouilles, héritier présomptif, et son frère, Richard, parti loin de cette famille pour réussir de brillantes études juridiques. Et bien sûr c’est lui qui, de retour au début du premier tome, va hériter du pouvoir, au grand dam du frangin (accessoirement il lui pique aussi sa nana).
On est ici, dans les grandes lignes comme dans les détails, dans des choses vues moult fois (pas mal de choses piquées au « Parrain » déjà…), mais c’est bien fichu, et ce premier cycle est celui que j’ai le plus apprécié.
Ensuite ça part dans une autre direction, le fils prodigue est bien sûr lui aussi devenu un requin. Mais surtout ça bascule loin des arnaques feutrées de l’upper class de la côte ouest, pour nous embarquer dans de l’aventure pure et dure dans le sud du Mexique. Ce changement de cadre est très brutal, même si, là aussi, Nury ne fait pas preuve d’une grande originalité.
Le quatrième album (qui clôt vaguement un autre cycle), n’est qu’une chasse au trésor au milieu de la jungle et de la Révolution mexicaine. Mais c’est rempli de facilités, voire d’invraisemblances. Comme cette cathédrale bâtie en pleine jungle par un cardinal au XVIème siècle (je ne sais où ni comment il a pu se procurer de quoi faire des vitraux !?), ou l’aisance avec laquelle Calder se débarrasse de tous les Mexicains armés et dangereux qu’il croise.
Tout ça se conclut sur un énième cliff-hanger, qui n’aura pas de suite visiblement.
Le dessin de Garreta est intéressant, dans un style réaliste classique, même si la colorisation (contours assez gras), et des décors et arrière-plans moins détaillés m’ont un chouia laissé sur ma faim.
Une lecture d’emprunt. Ça n’est pas la meilleure création de Nury en tout cas.
Je me suis bien amusé à lire cette version soft des aventures de Mélonie Sweet. La belle et très plantureuse brune sert de mascotte à une expédition parodique de King Kong.
Aher/Filobédo met ici l'accent sur l'humour plus que sur l'érotisme. Evidemment la belle nunuche est très dévêtue, entourée par un équipage libidineux mais sage. Ils sont tous des looks d'acteurs bien connus. Les dialogues sont piquants avec des surprises quand la belle échange avec le scientifique du bord. Cela crée des situations décalées à double sens qui donne un récit plaisant et drôle.
Ce n'est pas pour les enfants mais cela reste assez sage.
Je ne suis pas très fan de ce graphisme qui exagère les proportions de Mélanie. J'ai trouvé les personnages avec un corps un peu figé par rapport aux expressions des visages. L'ensemble reste malgré tout un travail soigné et détaillé pour une histoire de ce genre. J'ai particulièrement aimé l'ambiance proposée par l'auteur dans la fête indigène.
Malgré ces petites réserves, j'ai apprécié la lecture de cette série.
Je n’ai pu lire que le premier tome, la suite n’est pas une priorité mais les aventures de Connie se laissent lire agréablement.
Ça ne révolutionne rien mais c’est le genre d’album qui fait du bien, surtout après avoir fait une orgie de lectures Druuna. On perd en qualité graphique mais on gagne en ambiance et fun, le pastiche au monde de Conan marche plutôt bien.
Le début est franchement sympa avec l’encart sur les divinités, la suite sera plus classique au genre, des histoires mettant en vedette notre barbare. A l’instar du héros célèbre de Howard (mais dans un autre registre), elle prônera fièrement sa liberté.
Rien de renversant, mais ça fonctionne pas mal, il y a juste les fins de chapitres qui me gênent un peu, l’auteur devrait travailler un peu plus ses chutes et enchaînements.
Un petit pas mal donc.
Pour peu que son contenu soit véridique, cette série m'a littéralement fait découvrir l'histoire de Salvador Dali dont finalement je ne connaissais rien d'autre que sa période de plus grande renommée quand il était complètement établi. On découvre ici sa jeunesse et j'ai ainsi appris qu'il était déjà aussi farfelu, voire fou dès son adolescence. Présenté ainsi, cela ressemble à unpathologie mentale, mais force est d'admettre qu'il en découle des idées d'une originalité... folle. Et additionnées à un pur talent artistique, cela a donné dès sa jeunesse un grand artiste. On apprend en outre qu'il a cotoyé très tôt des artistes devenus tout aussi célèbres et extravagants que lui et on se rend compte ainsi à quel point la route vers son incroyable renommée était toute tracée. Sans pour autant que ça le rende forcément sympathique à mes yeux, je comprends à quel point il a pu fasciner en tout cas.
Sur la forme, le dessin de Clément Oubrerie se prête plutôt bien à cette biographie qui cherche à faire ressentir l'excentricité de son héros et de ses oeuvres.
J'ai bien aimé cette biographie, moins son personnage principal, mais ce fut en tout cas une lecture instructive pour moi.
Un peu surpris de voir Luz se lancer dans une histoire longue dans un si gros album, j'ai trouvé pas mal de bonnes idées dans cette BD. Le concept est assez caricatural, avec des mâles vraiment couillons voire purement cons, qui ressemblent quand même pas mal à une vision manichéenne et forcée. Mais l'idée de base reste plutôt bonne, celle de voir les machos devenir plus sages et compréhensifs en perdant leur taux de testostérone. Et surtout voir ceux qui en ont encore se former en une sorte de milice extrêmiste se comportant envers les femmes avec la même parano et le même racisme que les courants d'extrême-droite les plus conspirationnistes. Ajouté à cela quelques thématiques plus personnelles comme la relation père-fils, mari-épouse ou encore une relation presque filiale entre un patron et son employée, et quelques idées de gags pas mauvaises, il y a donc pas mal de bonnes choses dans cet album.
Mais par contre, je l'ai trouvé trop long. Il présente une très grosse période de mou sur le milieu de son récit, qui s'étale presque sur la moitié de l'album où les choses avancent peu, où on discerne mal où l'auteur veut en venir et où, je dois le dire, je me suis ennuyé. J'ai dû un peu me forcer pour avancer, mais heureusement la conclusion de l'album est plus prenante.
Ce n'est donc pas une BD parfaite et je comprendrais facilement que certains lecteurs lâchent en cours de route, mais elle n'est pas mal dans l'ensemble malgré sa trop grande longueur.
Ça fait un très long moment que je m'étais procuré le beau coffret intégral de ces trois tomes (ça fait bien dans les étagères les coffrets), mais je ne l'avais jamais lu. Profitant de mon grand rangement des BD, j'ai remis la main dessus et j'ai décidé de lire enfin !
C'est là que je me suis rendu compte que c'était une réédition des histoires courtes déjà parues au préalable et enrichies de nouveautés. Les Butineuses et Contrôle de peau lisse déjà parus dans la collection Selen sont repris ici, donc mon avis reprendra en partie ce que j'ai déjà dis là-bas. Et c'est bien, franchement !
La colorisation et le dessin sont un peu étrange de prime abord, d'autant que l'auteur croque des personnages avec différentes formes et pas forcément pulpeuse. D'autre part, il sait aussi représenter des personnes plus atypiques et pas que membrés de façon disproportionnés. Ça fait plaisir de lire quelque chose qui se rapproche plus du coquin que du porno.
Niveau histoire c'est assez inégale. On a des histoires à chutes humoristiques, d'autres plus graves et lourdes (ce qui m'a carrément surpris d'ailleurs), mais toutes font la part belle à l'érotisation. Que ce soit au travers d'odeurs, de sons, de toucher, de fantasmes dans le noir, avec un inconnu, une première fois, c'est un petit tour d'horizon de situations et fantasmes mais plutôt bien décrit. J'aime bien aussi la part féminine de cette BD, dans laquelle elles sont bien plus en accord avec leur sexualité, leurs désirs et leurs envies. Certaines histoires laissent la part belle à l'érotisme féminin et c'est agréable à voir.
En somme, une sympathique BD aux petites histoires surprenantes, parfois drôles, qui valent le coup d’œil. Une curiosité érotique de bon aloi !
J'ai bien apprécié cette lecture jeunesse. La gageure est forte pour Cazenove et Vordazac. Comment créer un récit attractif pour faire découvrir l'importance et la diversité d'un monde qui a tendance à faire peur ou à gêner.
En proposant des gags assez légers et gentils les auteurs ont réussi leur pari à mes yeux. On est loin de la blague lourde à tendance scato ou crado qui a cours dans de nombreuses séries très populaires. Ici c'est le côté pédagogique qui est mis à l'honneur.
J'ai même eu peur en lisant les premières planches avec une présentation scolaire des chenilles, que la série s'englue dans un didactisme trop ennuyeux. Heureusement la suite est plus légère et les anecdotes souvent amusantes proposent une lecture vivante.
Le livre se termine par six pages plus pédagogiques qui expliquent comment les insectes ont été utilisé dans les recherches scientifiques.
J'ai trouvé le dessin de Cosby très sympa. C'est bien rond avec des insectes aux expressions drôles. C'est un graphisme qui parle aux enfants et adoucit une narration avec des mots assez savants. La présentation est très classique ainsi qu'une belle mise en couleur vive et lumineuse.
Une lecture très sympa et intelligente pour les enfants, qui évite l'encyclopédisme mais procure une somme de petites connaissances.
2,5
Ce conte onirique ne m'a pas trop touché. Pourtant, j'aime bien l'idée qu'une petite fille qui a perdu son grand-père et qui ne comprends pas trop ce qui se passe va comprendre ce que c'est de perdre un proche grâce a un rêve bien particulier.
Ça se laisse lire, mais le rythme va souvent trop vite pour moi et j'ai souvent eu l'impression qu'on survolait rapidement des éléments qui auraient mérité d'être plus approfondis. De plus, si le dessin a du style, je trouve que la narration était un peu lourde.
Au final, il y a quelques beaux moments, mais ce n'est pas une lecture qui m'a marqué.
J’ai lu les deux premiers albums (seuls à m’être tombés sous la main – ils ne sont pas trop faciles à dégotter en plus).
J’en suis ressorti avec un ressenti mitigé, même si ça se laisse encore lire.
Il y a un petit côté Corto Maltese – surtout dans les histoires courtes du premier album, dans le personnage de Cappa, et ses aventures exotiques. Mais une certaine poésie/rêverie en moins.
Surtout que ça dérive au bout d’un moment sur des aventures un peu plus burinées – pour ne pas dire « burnées ». Une pincée de Cosey aussi parfois (dans certains aspects dénonciateurs et engagés du reporter).
Disons que ce sont des aventures old school qui passent la barrière du temps. Le dessin de Sommer est classique, réaliste, et globalement très bon, lui aussi passe encore très bien. La colorisation par contre – encore lisible – est franchement datée.
Un style de production daté, pour amateurs du genre, plutôt nostalgiques.
Note réelle 2,5/5.
La faute du père
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Ce tome comprend une histoire complète, écrite et dessinée par Joe Quesada, encrée par Danny Miki, et mise en couleurs par Richard Isanove. Elle est initialement parue sous la forme de 6 épisodes, de juin 2004 à février 2007. L'histoire se déroule après que l'identité secrète de Daredevil ait été rendue publique dans les journaux, et qu'il ait démenti bien sûr (voir le scoop de Brian Michael Bendis et Alex Maleev). Cette histoire bénéficie d'une courte introduction (assez creuse) de Damon Linfdelof, producteur et scénariste de la série Lost.
Daredevil se tient sur un toit et repense à une maxime que lui citait souvent son père : aucune bonne action ne reste impunie. Il se remémore 2 souvenirs visuels de son père, ainsi que sa dernière vision avant de devenir aveugle (lorsqu'il a poussé un infirme en dehors du passage d'un poids-lourd). Il effectue ensuite quelques acrobaties au dessus des toits et arrive dans son étude, à l'heure pour son premier rendez-vous de la journée avec Franklin Nelson : Maggie Farrell qui souhaite intenter un procès à la société New Jersey Power and Lights, dont les exactions lui ont provoqué un cancer. Son mari arrive en retard au rendez-vous, et Murdock a la vague impression de l'avoir déjà vu. Plus tard, Murdock regarde la télévision (ou plutôt l'écoute) et les 2 principaux reportages portent sur Nestor Rodriguez (surnommé NeRo), l'incarnation de la réussite à l'américaine (success story), et sur un tueur en série surnommé Johnny Sockets (parce qu'il enlève les yeux de ses victimes). Daredevil va également se retrouver confronté aux Santorians, un nouveau groupe de superhéros pas très favorables à ses méthodes (Eleggua, Ogun, Chango, Oya et Oshun).
Dès la première page, le lecteur a compris que Joe Quesada a souhaité rendre hommage à Frank Miller, et en particulier la partie graphique de The dark knight returns, avec un Daredevil en colosse à la musculature surdéveloppée. Ce parti pris peut déconcerter, mais il est cohérent avec la logique du récit. Daredevil est le maître d'Hell's Kitchen (son quartier), il a pris la place du Caïd (Wilson Fisk). Il est logique qu'il soit représenté comme un être physiquement imposant et massif, dans la mesure où il fait régner sa loi par la force. Si Quesada s'inspire du travail de Miller, il ne le reproduit pas servilement. Par la suite, le lecteur pourra voir que Quesada joue également avec la forme des aplats de noir pour tirer quelques images vers l'abstraction. La silhouette de Murdock qui se découpe en noir sur fond d'immeuble (dernières pages de l'épisode 2) évoque également fortement les compositions de Miller. Il évite toutefois d'abuser de ces citations visuelles : il s'agit vraiment d'un hommage et non d'un plagiat. La façon de dessiner les visages fait également penser à Todd McFarlane.
L'aspect visuel du récit force le respect du lecteur. Quesada a un style très marqué, légèrement influencé par les mangas pour le rendu des visages (un peu simplifié, un peu exagéré, des coupes de cheveux déconcertantes même s'ils ne sont pas dressés en épi sur la tête). Il rend chaque scène visuellement intéressante, y compris les discussions, par des mises en scène variées et des angles de vue changeant. Il utilise les pleines pages à bon escient pour des visions des personnages pleines de puissance, très impressionnantes. Il y a bien quelques pages où Quesada se désintéresse des décors, et Isanove n'arrive pas vraiment à donner le change, mais il s'agit d'un défaut mineur. Pour le reste l'habilité de Quesada lui permet même de faire passer des images qui auraient été soit ridicules, soit refusées si elles avaient été exécutées par quelqu'un de moins talentueux. Il y a par exemple cette femme s'en remettant aux mains de celui qu'elle pense être son amant d'une nuit, qui a les mains liées et le visage exprimant l'anticipation de la jouissance du plaisir à venir. Il semble également qu'Oya (l'une des superhéroïnes) soit torse nu à chacune de ses apparitions. Quesada joue sur la tension sexuelle, sans pour autant tomber dans le racolage ou même dégrader l'image de la femme. Il utilise également des leitmotivs visuels : 3 cases répétées quelques fois. Chaque case n'est pas un tableau saisissant, mais chaque séquence est vivante et innovante et la conception graphique est largement au dessus du niveau de la production de masse (même si elle n'atteint le niveau de Frank Miller). Il n'y a que la double page où Matt sauve l'infirme de l'accident de la route dont la composition déroute : on a plus l'impression que l'infirme lui tombe dessus, plutôt que Matt ne l'écarte de la trajectoire du camion.
Cette narration visuelle vive et pleine de caractère porte une histoire dont le thème principal est l'impact durable du comportement du père sur son enfant. Quesada annonce ce thème avec le titre, mais aussi en dédiant cette histoire à la mémoire de son défunt père. Malgré tout, ce thème n'écrase pas l'intrigue. Quesada développe son récit sur un axe polar avec le tueur en série. En fonction des séquences, les meurtres sont plus ou moins atroces, par contre ils restent le fait d'un individu mystérieux aux motivations inconnues jusqu'à la révélation de son identité. de la même manière, le groupe de superhéros ressemble un peu à une pièce rapportée avec pour seul objectif de fournir de l'action (et encore une séquence visuelle à couper le souffle avec Daredevil à moto). Or finalement ces 2 fils narratifs (tueur en série + superhéros) sont secondaires et peu intéressants. Quesada joue à mener le lecteur par le bout du nez quant à l'identité du tueur en série (un fois tel personnage, une fois tel autre), mais avec un jeu d'acteurs exagéré qui finit par provoquer un désintéressement quant à l'identité réelle ; on est plus dans un registre thriller pour le frisson, que dans un polar psychologique. le cas de l'équipe de superhéros est encore plus déroutant dans la mesure où les pages bonus montrent que Quesada a fait un véritable effort de conception de ces superhéros, mais qu'il ne s'en sert pas. Il reste l'idée intéressante que le nettoyage réalisé par Daredevil dans Hell's Kitchen a surtout déplacé les problèmes vers d'autres quartiers, ce qui n'a aucun rapport avec l'intrigue principal.
Le thème des défauts des parents ayant des conséquences sur le développement des enfants est assez classique et renvoie dans le contexte des comics américain à l'expression biblique Sins of the father (Exode 20-5). D'un point de vue psychologique, il s'agit de constater que l'imperfection humaine des parents induit des manques et des frustrations qui participeront au développement psychologique de l'enfant, en bien comme en mal. Or ce thème principal du récit se réduit à peu de choses. Les 2 autres relations père / enfant sont réduites à une caractéristique trop grosse pour être intéressante ; celle de Matt et de son père est plus complexe. Quesada se montre habile au début en mettant en évidence que le nombre de souvenirs visuels de son père est réduit pour Matt du fait de sa cécité à un jeune âge. Il joue avec l'image du père de Matt en train de tabasser un commerçant, quand il était un homme de main pour la pègre. Il s'agit d'un passage et d'un leitmotiv puissant et pertinent. Pour le reste du portrait psychologique de Jack Murdock, le trait est un peu gros.
Father est un récit à la narration visuelle impressionnante où Quesada est capable de citer ses références sans les plagier. le scénario comporte plusieurs moments intéressants qui ont du mal à s'amalgamer pour aboutir à un tout unifié et perspicace ou pénétrant.
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Le Maître de Benson Gate
Nury sait raconter une histoire, faire en sorte que le lecteur ne s’ennuie pas, et cette série ne déroge pas à ces règles. Ce qui est déjà bien. Mais, contrairement à d’autres de ses scénarios, il semble ici s’être contenté du minimum. Non pas tant dans la construction, bien huilée, mais plutôt au niveau de l’originalité. Les deux premiers albums sont ultra classiques dans le genre saga familiale avec le « père fondateur », ayant créer une multinationale pétrolière et trempant dans toutes sortes de magouilles avec les notables de Boston, entre le afin du XIXème et le début du XXème siècle, et ses deux fils que tout oppose : le bad boy cruel, Calder, amateur de femmes et de magouilles, héritier présomptif, et son frère, Richard, parti loin de cette famille pour réussir de brillantes études juridiques. Et bien sûr c’est lui qui, de retour au début du premier tome, va hériter du pouvoir, au grand dam du frangin (accessoirement il lui pique aussi sa nana). On est ici, dans les grandes lignes comme dans les détails, dans des choses vues moult fois (pas mal de choses piquées au « Parrain » déjà…), mais c’est bien fichu, et ce premier cycle est celui que j’ai le plus apprécié. Ensuite ça part dans une autre direction, le fils prodigue est bien sûr lui aussi devenu un requin. Mais surtout ça bascule loin des arnaques feutrées de l’upper class de la côte ouest, pour nous embarquer dans de l’aventure pure et dure dans le sud du Mexique. Ce changement de cadre est très brutal, même si, là aussi, Nury ne fait pas preuve d’une grande originalité. Le quatrième album (qui clôt vaguement un autre cycle), n’est qu’une chasse au trésor au milieu de la jungle et de la Révolution mexicaine. Mais c’est rempli de facilités, voire d’invraisemblances. Comme cette cathédrale bâtie en pleine jungle par un cardinal au XVIème siècle (je ne sais où ni comment il a pu se procurer de quoi faire des vitraux !?), ou l’aisance avec laquelle Calder se débarrasse de tous les Mexicains armés et dangereux qu’il croise. Tout ça se conclut sur un énième cliff-hanger, qui n’aura pas de suite visiblement. Le dessin de Garreta est intéressant, dans un style réaliste classique, même si la colorisation (contours assez gras), et des décors et arrière-plans moins détaillés m’ont un chouia laissé sur ma faim. Une lecture d’emprunt. Ça n’est pas la meilleure création de Nury en tout cas.
Les Aventures trépidantes de Melonie Sweet
Je me suis bien amusé à lire cette version soft des aventures de Mélonie Sweet. La belle et très plantureuse brune sert de mascotte à une expédition parodique de King Kong. Aher/Filobédo met ici l'accent sur l'humour plus que sur l'érotisme. Evidemment la belle nunuche est très dévêtue, entourée par un équipage libidineux mais sage. Ils sont tous des looks d'acteurs bien connus. Les dialogues sont piquants avec des surprises quand la belle échange avec le scientifique du bord. Cela crée des situations décalées à double sens qui donne un récit plaisant et drôle. Ce n'est pas pour les enfants mais cela reste assez sage. Je ne suis pas très fan de ce graphisme qui exagère les proportions de Mélanie. J'ai trouvé les personnages avec un corps un peu figé par rapport aux expressions des visages. L'ensemble reste malgré tout un travail soigné et détaillé pour une histoire de ce genre. J'ai particulièrement aimé l'ambiance proposée par l'auteur dans la fête indigène. Malgré ces petites réserves, j'ai apprécié la lecture de cette série.
Connie la barbare
Je n’ai pu lire que le premier tome, la suite n’est pas une priorité mais les aventures de Connie se laissent lire agréablement. Ça ne révolutionne rien mais c’est le genre d’album qui fait du bien, surtout après avoir fait une orgie de lectures Druuna. On perd en qualité graphique mais on gagne en ambiance et fun, le pastiche au monde de Conan marche plutôt bien. Le début est franchement sympa avec l’encart sur les divinités, la suite sera plus classique au genre, des histoires mettant en vedette notre barbare. A l’instar du héros célèbre de Howard (mais dans un autre registre), elle prônera fièrement sa liberté. Rien de renversant, mais ça fonctionne pas mal, il y a juste les fins de chapitres qui me gênent un peu, l’auteur devrait travailler un peu plus ses chutes et enchaînements. Un petit pas mal donc.
Dali
Pour peu que son contenu soit véridique, cette série m'a littéralement fait découvrir l'histoire de Salvador Dali dont finalement je ne connaissais rien d'autre que sa période de plus grande renommée quand il était complètement établi. On découvre ici sa jeunesse et j'ai ainsi appris qu'il était déjà aussi farfelu, voire fou dès son adolescence. Présenté ainsi, cela ressemble à unpathologie mentale, mais force est d'admettre qu'il en découle des idées d'une originalité... folle. Et additionnées à un pur talent artistique, cela a donné dès sa jeunesse un grand artiste. On apprend en outre qu'il a cotoyé très tôt des artistes devenus tout aussi célèbres et extravagants que lui et on se rend compte ainsi à quel point la route vers son incroyable renommée était toute tracée. Sans pour autant que ça le rende forcément sympathique à mes yeux, je comprends à quel point il a pu fasciner en tout cas. Sur la forme, le dessin de Clément Oubrerie se prête plutôt bien à cette biographie qui cherche à faire ressentir l'excentricité de son héros et de ses oeuvres. J'ai bien aimé cette biographie, moins son personnage principal, mais ce fut en tout cas une lecture instructive pour moi.
Testosterror
Un peu surpris de voir Luz se lancer dans une histoire longue dans un si gros album, j'ai trouvé pas mal de bonnes idées dans cette BD. Le concept est assez caricatural, avec des mâles vraiment couillons voire purement cons, qui ressemblent quand même pas mal à une vision manichéenne et forcée. Mais l'idée de base reste plutôt bonne, celle de voir les machos devenir plus sages et compréhensifs en perdant leur taux de testostérone. Et surtout voir ceux qui en ont encore se former en une sorte de milice extrêmiste se comportant envers les femmes avec la même parano et le même racisme que les courants d'extrême-droite les plus conspirationnistes. Ajouté à cela quelques thématiques plus personnelles comme la relation père-fils, mari-épouse ou encore une relation presque filiale entre un patron et son employée, et quelques idées de gags pas mauvaises, il y a donc pas mal de bonnes choses dans cet album. Mais par contre, je l'ai trouvé trop long. Il présente une très grosse période de mou sur le milieu de son récit, qui s'étale presque sur la moitié de l'album où les choses avancent peu, où on discerne mal où l'auteur veut en venir et où, je dois le dire, je me suis ennuyé. J'ai dû un peu me forcer pour avancer, mais heureusement la conclusion de l'album est plus prenante. Ce n'est donc pas une BD parfaite et je comprendrais facilement que certains lecteurs lâchent en cours de route, mais elle n'est pas mal dans l'ensemble malgré sa trop grande longueur.
Les 5 sens d'Eros
Ça fait un très long moment que je m'étais procuré le beau coffret intégral de ces trois tomes (ça fait bien dans les étagères les coffrets), mais je ne l'avais jamais lu. Profitant de mon grand rangement des BD, j'ai remis la main dessus et j'ai décidé de lire enfin ! C'est là que je me suis rendu compte que c'était une réédition des histoires courtes déjà parues au préalable et enrichies de nouveautés. Les Butineuses et Contrôle de peau lisse déjà parus dans la collection Selen sont repris ici, donc mon avis reprendra en partie ce que j'ai déjà dis là-bas. Et c'est bien, franchement ! La colorisation et le dessin sont un peu étrange de prime abord, d'autant que l'auteur croque des personnages avec différentes formes et pas forcément pulpeuse. D'autre part, il sait aussi représenter des personnes plus atypiques et pas que membrés de façon disproportionnés. Ça fait plaisir de lire quelque chose qui se rapproche plus du coquin que du porno. Niveau histoire c'est assez inégale. On a des histoires à chutes humoristiques, d'autres plus graves et lourdes (ce qui m'a carrément surpris d'ailleurs), mais toutes font la part belle à l'érotisation. Que ce soit au travers d'odeurs, de sons, de toucher, de fantasmes dans le noir, avec un inconnu, une première fois, c'est un petit tour d'horizon de situations et fantasmes mais plutôt bien décrit. J'aime bien aussi la part féminine de cette BD, dans laquelle elles sont bien plus en accord avec leur sexualité, leurs désirs et leurs envies. Certaines histoires laissent la part belle à l'érotisme féminin et c'est agréable à voir. En somme, une sympathique BD aux petites histoires surprenantes, parfois drôles, qui valent le coup d’œil. Une curiosité érotique de bon aloi !
Les Insectes en bande dessinée
J'ai bien apprécié cette lecture jeunesse. La gageure est forte pour Cazenove et Vordazac. Comment créer un récit attractif pour faire découvrir l'importance et la diversité d'un monde qui a tendance à faire peur ou à gêner. En proposant des gags assez légers et gentils les auteurs ont réussi leur pari à mes yeux. On est loin de la blague lourde à tendance scato ou crado qui a cours dans de nombreuses séries très populaires. Ici c'est le côté pédagogique qui est mis à l'honneur. J'ai même eu peur en lisant les premières planches avec une présentation scolaire des chenilles, que la série s'englue dans un didactisme trop ennuyeux. Heureusement la suite est plus légère et les anecdotes souvent amusantes proposent une lecture vivante. Le livre se termine par six pages plus pédagogiques qui expliquent comment les insectes ont été utilisé dans les recherches scientifiques. J'ai trouvé le dessin de Cosby très sympa. C'est bien rond avec des insectes aux expressions drôles. C'est un graphisme qui parle aux enfants et adoucit une narration avec des mots assez savants. La présentation est très classique ainsi qu'une belle mise en couleur vive et lumineuse. Une lecture très sympa et intelligente pour les enfants, qui évite l'encyclopédisme mais procure une somme de petites connaissances.
Le Royaume d'Estompe
2,5 Ce conte onirique ne m'a pas trop touché. Pourtant, j'aime bien l'idée qu'une petite fille qui a perdu son grand-père et qui ne comprends pas trop ce qui se passe va comprendre ce que c'est de perdre un proche grâce a un rêve bien particulier. Ça se laisse lire, mais le rythme va souvent trop vite pour moi et j'ai souvent eu l'impression qu'on survolait rapidement des éléments qui auraient mérité d'être plus approfondis. De plus, si le dessin a du style, je trouve que la narration était un peu lourde. Au final, il y a quelques beaux moments, mais ce n'est pas une lecture qui m'a marqué.
Frank Cappa
J’ai lu les deux premiers albums (seuls à m’être tombés sous la main – ils ne sont pas trop faciles à dégotter en plus). J’en suis ressorti avec un ressenti mitigé, même si ça se laisse encore lire. Il y a un petit côté Corto Maltese – surtout dans les histoires courtes du premier album, dans le personnage de Cappa, et ses aventures exotiques. Mais une certaine poésie/rêverie en moins. Surtout que ça dérive au bout d’un moment sur des aventures un peu plus burinées – pour ne pas dire « burnées ». Une pincée de Cosey aussi parfois (dans certains aspects dénonciateurs et engagés du reporter). Disons que ce sont des aventures old school qui passent la barrière du temps. Le dessin de Sommer est classique, réaliste, et globalement très bon, lui aussi passe encore très bien. La colorisation par contre – encore lisible – est franchement datée. Un style de production daté, pour amateurs du genre, plutôt nostalgiques. Note réelle 2,5/5.
Daredevil - Father
La faute du père - Ce tome comprend une histoire complète, écrite et dessinée par Joe Quesada, encrée par Danny Miki, et mise en couleurs par Richard Isanove. Elle est initialement parue sous la forme de 6 épisodes, de juin 2004 à février 2007. L'histoire se déroule après que l'identité secrète de Daredevil ait été rendue publique dans les journaux, et qu'il ait démenti bien sûr (voir le scoop de Brian Michael Bendis et Alex Maleev). Cette histoire bénéficie d'une courte introduction (assez creuse) de Damon Linfdelof, producteur et scénariste de la série Lost. Daredevil se tient sur un toit et repense à une maxime que lui citait souvent son père : aucune bonne action ne reste impunie. Il se remémore 2 souvenirs visuels de son père, ainsi que sa dernière vision avant de devenir aveugle (lorsqu'il a poussé un infirme en dehors du passage d'un poids-lourd). Il effectue ensuite quelques acrobaties au dessus des toits et arrive dans son étude, à l'heure pour son premier rendez-vous de la journée avec Franklin Nelson : Maggie Farrell qui souhaite intenter un procès à la société New Jersey Power and Lights, dont les exactions lui ont provoqué un cancer. Son mari arrive en retard au rendez-vous, et Murdock a la vague impression de l'avoir déjà vu. Plus tard, Murdock regarde la télévision (ou plutôt l'écoute) et les 2 principaux reportages portent sur Nestor Rodriguez (surnommé NeRo), l'incarnation de la réussite à l'américaine (success story), et sur un tueur en série surnommé Johnny Sockets (parce qu'il enlève les yeux de ses victimes). Daredevil va également se retrouver confronté aux Santorians, un nouveau groupe de superhéros pas très favorables à ses méthodes (Eleggua, Ogun, Chango, Oya et Oshun). Dès la première page, le lecteur a compris que Joe Quesada a souhaité rendre hommage à Frank Miller, et en particulier la partie graphique de The dark knight returns, avec un Daredevil en colosse à la musculature surdéveloppée. Ce parti pris peut déconcerter, mais il est cohérent avec la logique du récit. Daredevil est le maître d'Hell's Kitchen (son quartier), il a pris la place du Caïd (Wilson Fisk). Il est logique qu'il soit représenté comme un être physiquement imposant et massif, dans la mesure où il fait régner sa loi par la force. Si Quesada s'inspire du travail de Miller, il ne le reproduit pas servilement. Par la suite, le lecteur pourra voir que Quesada joue également avec la forme des aplats de noir pour tirer quelques images vers l'abstraction. La silhouette de Murdock qui se découpe en noir sur fond d'immeuble (dernières pages de l'épisode 2) évoque également fortement les compositions de Miller. Il évite toutefois d'abuser de ces citations visuelles : il s'agit vraiment d'un hommage et non d'un plagiat. La façon de dessiner les visages fait également penser à Todd McFarlane. L'aspect visuel du récit force le respect du lecteur. Quesada a un style très marqué, légèrement influencé par les mangas pour le rendu des visages (un peu simplifié, un peu exagéré, des coupes de cheveux déconcertantes même s'ils ne sont pas dressés en épi sur la tête). Il rend chaque scène visuellement intéressante, y compris les discussions, par des mises en scène variées et des angles de vue changeant. Il utilise les pleines pages à bon escient pour des visions des personnages pleines de puissance, très impressionnantes. Il y a bien quelques pages où Quesada se désintéresse des décors, et Isanove n'arrive pas vraiment à donner le change, mais il s'agit d'un défaut mineur. Pour le reste l'habilité de Quesada lui permet même de faire passer des images qui auraient été soit ridicules, soit refusées si elles avaient été exécutées par quelqu'un de moins talentueux. Il y a par exemple cette femme s'en remettant aux mains de celui qu'elle pense être son amant d'une nuit, qui a les mains liées et le visage exprimant l'anticipation de la jouissance du plaisir à venir. Il semble également qu'Oya (l'une des superhéroïnes) soit torse nu à chacune de ses apparitions. Quesada joue sur la tension sexuelle, sans pour autant tomber dans le racolage ou même dégrader l'image de la femme. Il utilise également des leitmotivs visuels : 3 cases répétées quelques fois. Chaque case n'est pas un tableau saisissant, mais chaque séquence est vivante et innovante et la conception graphique est largement au dessus du niveau de la production de masse (même si elle n'atteint le niveau de Frank Miller). Il n'y a que la double page où Matt sauve l'infirme de l'accident de la route dont la composition déroute : on a plus l'impression que l'infirme lui tombe dessus, plutôt que Matt ne l'écarte de la trajectoire du camion. Cette narration visuelle vive et pleine de caractère porte une histoire dont le thème principal est l'impact durable du comportement du père sur son enfant. Quesada annonce ce thème avec le titre, mais aussi en dédiant cette histoire à la mémoire de son défunt père. Malgré tout, ce thème n'écrase pas l'intrigue. Quesada développe son récit sur un axe polar avec le tueur en série. En fonction des séquences, les meurtres sont plus ou moins atroces, par contre ils restent le fait d'un individu mystérieux aux motivations inconnues jusqu'à la révélation de son identité. de la même manière, le groupe de superhéros ressemble un peu à une pièce rapportée avec pour seul objectif de fournir de l'action (et encore une séquence visuelle à couper le souffle avec Daredevil à moto). Or finalement ces 2 fils narratifs (tueur en série + superhéros) sont secondaires et peu intéressants. Quesada joue à mener le lecteur par le bout du nez quant à l'identité du tueur en série (un fois tel personnage, une fois tel autre), mais avec un jeu d'acteurs exagéré qui finit par provoquer un désintéressement quant à l'identité réelle ; on est plus dans un registre thriller pour le frisson, que dans un polar psychologique. le cas de l'équipe de superhéros est encore plus déroutant dans la mesure où les pages bonus montrent que Quesada a fait un véritable effort de conception de ces superhéros, mais qu'il ne s'en sert pas. Il reste l'idée intéressante que le nettoyage réalisé par Daredevil dans Hell's Kitchen a surtout déplacé les problèmes vers d'autres quartiers, ce qui n'a aucun rapport avec l'intrigue principal. Le thème des défauts des parents ayant des conséquences sur le développement des enfants est assez classique et renvoie dans le contexte des comics américain à l'expression biblique Sins of the father (Exode 20-5). D'un point de vue psychologique, il s'agit de constater que l'imperfection humaine des parents induit des manques et des frustrations qui participeront au développement psychologique de l'enfant, en bien comme en mal. Or ce thème principal du récit se réduit à peu de choses. Les 2 autres relations père / enfant sont réduites à une caractéristique trop grosse pour être intéressante ; celle de Matt et de son père est plus complexe. Quesada se montre habile au début en mettant en évidence que le nombre de souvenirs visuels de son père est réduit pour Matt du fait de sa cécité à un jeune âge. Il joue avec l'image du père de Matt en train de tabasser un commerçant, quand il était un homme de main pour la pègre. Il s'agit d'un passage et d'un leitmotiv puissant et pertinent. Pour le reste du portrait psychologique de Jack Murdock, le trait est un peu gros. Father est un récit à la narration visuelle impressionnante où Quesada est capable de citer ses références sans les plagier. le scénario comporte plusieurs moments intéressants qui ont du mal à s'amalgamer pour aboutir à un tout unifié et perspicace ou pénétrant.