Les derniers avis (48991 avis)

Couverture de la série Il fera beau demain
Il fera beau demain

Un album léger, sur lequel je n’ai pas grand-chose à dire, si ce n’est que la lecture – assez rapide, est globalement agréable. Le dessin est dynamique et fluide, mais le trait un peu gras (à la « Foot 2 rue ») n’est pas forcément mon truc. Mais bon, ça passe facilement quand même. L’intrigue ne nous propose pas quelque chose de très fouillé. Un petit moment à passer avec quelques protagonistes, qui se croisent, se rencontrent, finissent par s’apprécier – ou pas. Un petit côté poésie du quotidien, « feel good » (et la fin de « l’histoire » joue sur ce registre) permet d’intéresser un public assez large (j’aurais sûrement classé cet album en « tout public »), avec quelques personnages fédérateurs, surprenants, comme « Antipluieman » ou la jeune fille amie des grenouilles (et de la pluie donc). Le super-héros aux pouvoirs quasi inutiles (si ce n’est de permettre à une petite vieille de traversée la rue à l’abri pour aller faire ses courses !), une jeune femme presque hors du temps, le mérite de Duprat est de nous proposer des personnages atypiques, qui finissent par transcender quelque peu une histoire à la base légère. Une petite histoire sans prétention, une lecture sympathique.

06/06/2024 (modifier)
Couverture de la série La Truie, le Juge et l'Avocat
La Truie, le Juge et l'Avocat

Les procès d’animaux ont été nombreux au moyen-âge, et plusieurs ont laissé des traces dans les archives. Parmi ces animaux, les plus nombreux ont je crois été les cochons, éboueurs de l’époque, omnivores déambulant dans les villages et les villes – et donc souvent en contact avec les hommes. J’utilise souvent dans mes cours les travaux de Michel Pastoureau – très utiles pour faire comprendre les mentalités de l’époque – historien qui a écrit plusieurs livres sur les animaux au moyen-âge, et sur les procès de cochon : sur la « truie de Falaise » (un des procès les plus documentés, au XIVème siècle), et un autre livre « Le roi tué par un cochon » (livre simple et brillant dont je vous recommande la lecture – comme toute l’œuvre de Pastoureau d’ailleurs !). Je pense que Galandon s’est servi de ces livres (même s’il n’y a pas de bibliographie dans l'album) et a fait ici un mixe des deux affaires pour bâtir son scénario – du moins le point de départ. Disons qu’il a utilisé l’affaire du cochon ayant entrainé la mort du roi (en fait l’héritier du trône de France) pour le « crime », et la truie de Falaise pour le procès (l’interrogatoire, le jugement, « l’habillage de la truie », etc.). De fait, il n’y a aucune surprise à voir un animal passé à la « question », avouer ses crimes et être jugé et condamné (des criquets, d’autres cochons l’ont été à l’époque). Il faut juste ne pas lire l’histoire de façon anachronique. La lecture de l’album n’est pas désagréable, posant quelques questions concernant les notions de justice, de bien et de mal, la place des animaux par rapport aux hommes. Mais je suis quand même resté quelque peu sur ma faim. D’abord parce que le dessin de Vidal – très lisible au demeurant – m’est apparu un peu trop figé. Ensuite parce que justement je pense que Galandon aurait dû s’en tenir au « merveilleux » de l’époque, et ne pas ajouter des dialogues réels entre hommes et animaux, cela gâche un peu l’intrigue et lui fait perdre un peu de crédibilité. Il manque aussi dans cet album une mise en place des mentalités, quelque chose qui permette au lecteur lambda de s’approprier le mode de pensée, différent du nôtre (on touche là aux mentalités et à la religion). Une lecture distrayante, mais dont j’attendais sans doute mieux – ou plus précisément autre chose.

06/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Horizons amers
Les Horizons amers

C’est avec cet album que je découvre la passion de Bollée pour l’Australie, je me pencherai volontiers sur ses autres ouvrages. Les horizons amers s’est révélé un bon moment de lecture. Je n’ai pas de gros reproches à formuler. C’est bien dessiné et mis en couleurs, l’histoire est fluide et intéressante. Les auteurs réhabilitent cet explorateur britannique, il y a côté doux, mélancolique et tragique qui se dégage de son parcours. Son destin sera contrarié par les enjeux de l’époque. Honnêtement un bon album mais je ne me vois pas le relire, ma lecture fut didactique mais un peu chiche en émotions, et il manque un peu de souffle à l’épopée.

06/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Pastorius Grant
Pastorius Grant

A vrai dire, je pourrais piquer la phrase d’introduction de l’avis de Cacal69 pour débuter le mien. Pourtant, nos appréciations sont manifestement très dissemblables. Un western classique, mais qui se démarque par son visuel, donc. Et de fait, le scénario proposé par Marion Mousse, s’il n’est pas mauvais, s’appuie sur des personnages assez récurrents dans le genre et enchaine les situations déjà vues. Par ailleurs, l’artiste opte pour un rythme plutôt lent, ce qui fait que cet album de plus de 110 pages paraît finalement assez court. Ceci dit, certains éléments apportent un peu d’originalité à l’ensemble (un cochon, notamment) mais on reste quand même sur quelque chose de peu novateur au niveau du scénario. Surtout, j’ai trouvé l’ensemble plat (peu d’humour, des personnages qui n’évoluent pas, un même ton mélodramatique tout au long du récit). La grosse originalité se situe donc au niveau du dessin. Et je serais de mauvaise foi si je disais que l’artiste qu’est Marion Mousse était dénué de talent. Le seul problème est que je n’aime pas spécialement son style. Pire ! Je trouve même qu’il alourdit la lecture. En clair, il y a du travail, c’est très esthétique mais ce n’est pas ce que je recherche dans une bande dessinée. Par conséquent, hormis les scènes se déroulant sous une averse, que je trouve vraiment très belles, le dessin n’a pas pu rehausser le scénario à mes yeux. J’ai donc enchainé les planches sans trop m’attacher aux personnages, sans trop m’inquiéter de leur sort, sans jamais être surpris par l’histoire et en ne m’extasiant que beaucoup trop peu souvent devant ces dessins. Il ne me viendrait pourtant pas à l’idée de dire qu’il s’agit d’une mauvaise bande dessinée… Elle n’était tout simplement pas faite pour moi. Un tout petit "pas mal" pour le taf qu'il y a là derrière, mais je me suis passablement ennuyé.

06/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Come Prima
Come Prima

Je suis tombé sur"Come Prima" d'Alfred parce que j’ai vu qu’il a été fauve d’or à Angoulême en 2014 (quand même) et en ai entendu parler dans plusieurs articles. Je suis un peu partagé. Parlons d'abord du dessin : oui, c'est joli. Alfred a vraiment un coup de crayon agréable. Ses illustrations captent bien l'ambiance de l'Italie des années 50. Mais, honnêtement, je n'ai rien trouvé de vraiment exceptionnel. C'est beau, mais pas révolutionnaire. Concernant l'histoire, on suit deux frères, qui se retrouvent après des années pour un road trip à travers l'Italie. Ça pourrait être super émouvant, mais pour moi, c'est resté assez plat. Les thèmes de la réconciliation, des souvenirs de famille, tout ça, c'est intéressant sur le papier, mais là c'est un peu convenu et prévisible. Il y a quelques rebondissements mais on n’est quand même pas dans l’ascenseur émotionnel. On pourrait se dire que ce n’est pas le sujet et que l’expérience recherchée est plus celle d’une balade contemplative mais ce n’est pas ce que j’ai vécu… Bref, ça se laisse lire, mais ça ne m'a pas vraiment transporté.

06/06/2024 (modifier)
Couverture de la série L'Écluse
L'Écluse

Comme Mac Arthur, j’ai trouvé un côté Simenon à ce récit. Le rythme relativement lent, le fait que tout se passe loin de l’agitation des grandes villes, et surtout le long d’une écluse, il y a des airs de Maigret dans ce récit. Récit qui se laisse lire, mais qui ne m’a jamais vraiment emballé. Le dessin est correct, lisible et fluide, mais pas mon truc (je ne suis pas fan des visages, en particulier). Mais c’est surtout l’intrigue qui m’a un peu laissé sur ma faim. Intrigue et personnages manquent sans doute de profondeur, je ne sais pas, mais j’ai traversé l’histoire sans qu’elle ne m’accroche. Note réelle 2,5/5.

05/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Blood Moon (Lowreader présente)
Blood Moon (Lowreader présente)

Jusqu’à maintenant j’ai boudé l’univers Lowreader, un peu gavé de la longueur de celui de Doggybags, qui est en quelque sorte son grand frère mais chez un autre éditeur ^^. Blood Moon est donc ma première incursion, la promesse d’un récit complet, la couverture et un rapide feuilletage ont eu raison de moi. Mon libraire m’a d’ailleurs bien fait rire en me charriant de gothique (nota : je suis passé devant avec en plus sous les bras : Birdking et Blanche-neige, rouge sang ;). Bones, que j’avais déjà pu croiser avec Dessous, affirme son style avec cet album, on retrouve sa patte inspirée de Mignola. Je dois dire que son aventure lunaire m’a davantage plu graphiquement. Trait, narration et couleurs m’ont semblé bien plus maîtrisés. C’est d’ailleurs le point fort de l’album. L’ambiance base lunaire proche du burn-out est parfaitement retranscrite, c’est ponctué de chouettes pleines ou doubles pages. Cette partie du voyage est on ne peut plus attrayante. Concernant l’histoire je suis un peu moins hype, alors attention c’est pas mauvais du tout, mais ça m’a semblé un poil trop court pour que la sauce prenne totalement, j’en suis sorti à moitié envouté. L’auteur développe un cocktail de thriller, horreur et sf pour un récit de genre qui prend son temps mais qui va vite quand même, le final mystique et énigmatique me plaît bien mais pourra laisser un peu dubitatif. Il y a une certaine ambition, je relirai l’album avec plaisir dans quelques temps. 3,5

05/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Ramsès II
Ramsès II

Racontée par un scribe, ami d’enfance du pharaon, cette histoire se laisse lire et livre une biographie honnête et intéressante, mais qui manque d’un je ne sais quoi pour emporter l’enthousiasme du lecteur. Il faut dire que si le nom de Ramsès II est l’un des plus célèbres de tous les pharaons d’Égypte, et si son règne a laissé des traces dans les textes et la pierre, il n’y a en fait pas forcément beaucoup d’informations dans les détails, et les auteurs sont bien obligés de boucher les trous, et cela manque du coup parfois de la force qui nait de la légende. Reste que l’album – et le dossier final comme à l’habitude complète bien le portrait – permet quand même de bien cerner ce règne, marqué par une certaine démesure, et une volonté de « laisser des traces » (ce qu'il a pleinement réussi, si l'on en croit les nombreux vestiges de son règne, mais aussi les films où il apparait). Les hauts faits sont tous là (avec une vision de la fameuse bataille de Qadesh qui nuance quand même pas mal ses qualités militaires), et pour le reste, ce sont des choix narratifs. Un travail honnête.

05/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série L'Accident de chasse
L'Accident de chasse

Mon avis sera très proche de celui de Mac Arthur et NoirDésir, je vais essayer de ne pas faire de redite. Je trouve que la manière dont l’œuvre revisite “L’Enfer” de Dante dans un contexte carcéral est particulièrement bien vue. Le style graphique de Landis Blair, avec ces traits hachurés, apporte un côté maladif et obsessionnel qui cadre parfaitement avec le récit. L’utilisation de ce style sombre et détaillé renforce l’atmosphère pesante de l’histoire. J’ai trouvé les écrits de Matt Rizzo souvent lourds et abscons. Je pense que certains doivent apprécier la profondeur littéraire et philosophique de ces passages mais en ce qui me concerne, je les ai trouvés excessivement verbeux et difficiles à comprendre. La lecture a été assez laborieuse d’autant plus qu’il est difficile de ressentir de l’empathie pour les personnages principaux. Matt et Charlie Rizzo, ainsi que les autres protagonistes comme le compagnon de cellule de Matt, ne sont pas des figures particulièrement attachantes. J’ai beaucoup de mal à accrocher avec ces attitudes de lamentations sur leur sort. L’impressionnant travail artistique et narratif est indéniable, mais mon plaisir de lecture en a souffert. Une note très subjective mitigée s’impose donc pour moi, pour récompenser le travail fourni plutôt que le plaisir de lecture. Note réelle : 2,5/5

05/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

Tous les signaux étaient au vert pour la lecture de "La Bibliomule de Cordoue" - Un scénario de Wilfrid Lupano dont j’ai beaucoup aimé mes précédentes lectures, Un océan d'amour, Azimut, Les Vieux Fourneaux ou Le Singe de Hartlepool - Un travail d’édition soigné avec la tranche du livre bleue, ce qui sied très bien à une BD qui parle de beaux livres - Des commentaires très positifs sur BDthèque Le fond de l’histoire me plaisait aussi beaucoup. On suit les aventures d’un érudit chargé de sauver des manuscrits précieux menacés par les flammes de l’obscurantisme. Le fond de l’histoire offre une plongée intéressante dans une époque riche en savoir et en diversité culturelle. C’est plus dans l’exécution que je suis resté circonspect cette fois. Tout d’abord sur la densité : pourquoi autant de cases ? Je trouve que le fil de l’histoire se perd dans des cases et détournements anecdotiques qui privent la lecture de densité. Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis ennuyé mais j’ai trouvé pas mal de passages trop longs. Par ailleurs, je n’ai pas trouvé que le dessin de Léonard Chemineau serve beaucoup l’histoire. J’ai été étonné par le dénuement de certains décors, il y a beaucoup de cases sur fond blanc qui peut être un effet de style intéressant quand il n’est pas tant utilisé. On retrouve par exemple le manque de détails quand les personnages sont vus au loin et ça m'a paru être plus approximatif qu’un effet de style. En somme, c’est une BD avec un chouette potentiel, mais qui souffre à mes yeux d’une exécution qui ne rend pas justice à la richesse de son scénario. J’ai passé un bon moment malgré tout mais ce n’est clairement pas un album marquant de mon point de vue.

05/06/2024 (modifier)