Les derniers avis (48991 avis)

Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nine Peaks
Nine Peaks

Une quinzaine d'années après Clover, Tetsuhiro Harakawa revient donc avec un nouveau manga ayant pour sujet principal... la baston, avec un personnage ayant le même look que la première série. On est donc dans une histoire où des lycéens se disputent une ville, ayant des véritables organisations mafieuses, mais dont l'activité se résume a priori à se taper dessus. Écrit comme cela, cela paraît très simpliste, mais l'auteur y a introduit une dimension particulière, à savoir le voyage dans le temps. Ou quand un jeune homme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds se retrouve aux côtés de son père à son âge, soient 22 ans auparavant. L'argument est utilisé assez régulièrement, et permet donc au récit d'acquérir de l'épaisseur. d'autant plus qu'un personnage tiers semble en savoir un peu plus sur ce qu'il est arrivé à Gaku. Le trait d'Hirakawa a bien progressé avec le temps, et il fait preuve d'une réelle maîtrise dans la mise en scène et le design des personnages. L'ensemble est vraiment plaisant, malgré le fait que je ne sois pas fan des histoires de baston. A suivre, par curiosité.

10/06/2024 (modifier)
Couverture de la série No Future
No Future

Un album bien barré qui ne m’aura qu’à moitié convaincu. Dans le délire, je lui préfère Mezkal ou Le convoi du même dessinateur. Ici c’est de la sf qui, comme le souligne d’autres avis, lorgne un peu vers l’incal mais sans en atteindre le niveau. Au programme, un monde dirigé par les femmes véganes et une cité tentaculaire aux mains des multinationales, nous allons y suivre un duo improbable formé d’une mercenaire hors paire et d’un voleur un peu bouffon aux goûts old school (une manière pour le scénariste de placer pas mal de références d’œuvres qu’on connaît). L’histoire se veut une farce mais ne dénonce pas grand chose. Cependant la lecture n’est pas désagréable même si elle se révèle parfois trop lourde par endroit. Ça part un peu dans tous les sens, l’humour ne fait pas systématiquement mouche et le trait du dessinateur frôle trop dans la caricature avec certains persos. Il y a aussi évidemment des bons passages. Un cocktail osé à l’équilibre fragile. J’ai quand même apprécié la prise de risques des auteurs. Pas mal donc.

10/06/2024 (modifier)
Couverture de la série La Tempête (David Wautier)
La Tempête (David Wautier)

Tout est dans le titre : la tempête raconte en effet l’histoire d’une famille dont l’habitation va essuyer une violente tempête. Le récit est intégralement muet et peut donc se lire à tout âge. Il me semble surtout adapté pour un jeune public (l’éditeur le conseille dès 4 ans, je l’orienterais vers les 6-7 ans). Son point fort est le dessin de David Wautier. Le découpage est très fluide et le trait comme la colorisation de l’artiste permettent de vraiment faire ressentir la violence de cette tempête (violence toute relative, le livre demeure adapté pour les plus jeunes) : le toit qui fuite, la fenêtre qui se brise, les enfants qui trouvent refuge auprès de leurs parents… … Et puis le calme après la tempête, la vie qui reprend ses droits, l’eau nourricière, la boue éphémère… C’est vite lu, c’est très simple, mais c’est joliment raconté et cela permettra sans doute à de jeunes lecteurs de relativiser lorsqu’un orage surviendra au-dessus de leur toit car, comme le veut le dicton, après la pluie revient le beau temps.

10/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Demain est un autre jour
Demain est un autre jour

Une thématique déjà souvent explorée, un dessin qui donne parfois l’impression d’être maladroit, une traduction parfois un peu lourde. Ce récit cumule trop de faiblesses pour que je sois vraiment enthousiaste. Malgré tout, je trouve qu’il s’agit d’un bon album, qui dégage une vraie sensibilité. L’autrice se centre sur le ressenti de son personnage principal (avant de judicieusement donner la parole à son époux) et nous montre au travers de celle-ci l’isolement progressif dans lequel le fait de ne pas parvenir à avoir un enfant peut faire plonger certaines et certains. Ca sonne juste, ça sonne vrai, ça touche, ça émeut et on finit par oublier les défauts qui paraissent finalement assez insignifiants face au message. Bon ! Je ne parlerais quand même pas de chef d’œuvre mais sur cette thématique de la difficulté à avoir un enfant, je trouve que cet album a de quoi satisfaire une lectrice ou un lecteur.

10/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Cool Parano – Un Testament Graffiti
Cool Parano – Un Testament Graffiti

"Cool Parano, un Testament Graffiti” de Benoît Carbonnel propose un mixte intéressant entre autobiographie qu'on devine romancée et documentaire. Pour ceux qui ne connaissent pas bien le graffiti, Carbonnel offre une introduction claire et détaillée. Il explique les codes, le matériel et les différents types de graffs, permettant de comprendre cette culture souvent très mal connue. Et dans ce sens, cela fonctionne très bien, le livre m'a appris beaucoup de choses même si je ne trouve pas tous les graffs plus jolis pour autant, loin de là. Le dessin pose bien l'ambiance urbaine mais je l'ai trouvé trop imprécis et fouilli. Les personnages animaliers ajoutent une touche originale et rendent le récit vivant. Même si ce style peut ne pas plaire à tout le monde, il est adapté au sujet. Carbonnel ne romantise pas la vie des graffeurs : les longues attentes, le risque de se faire prendre, et les tensions entre différents groupes. Et surtout la parano du personnage principal qui monte qui monte d'où le titre. L’auteur explore aussi les motivations des graffeurs : pourquoi prennent-ils ces risques ? Est-ce que le graffiti est vraiment un art ? Ces questions sont abordées de manière pertinente et ajoutent de la profondeur au récit. Au final, une lecture intéressante. Que vous soyez amateur de street art ou simplement curieux, cette BD offre une perspective intéressante sur le graffiti et ses pratiquants.

10/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Miroirs du crime
Les Miroirs du crime

J'ai trouvé cette lecture divertissante même si j'ai des réserves sur le tome 2. J'ai surtout aimé l'ambiance de la place Pigalle des années 50 avec ce côté mauvais garçon (Guy) qui respecte un code d'honneur un peu suranné et idéalisé. On se retrouve dans une atmosphère cinématographique où l'on s'attend à voir un Gabin ou un Lino conduisant une grosse limousine. Ce n'est pas pour rien que Melville fait plusieurs apparitions dans la série. Ce n'est pas surprenant de la part de Noël Simsolo grand connaisseur du cinéma de ces années Le scénario est assez classique de guerre des gangs et de règlements de compte avec son lot de trahisons qui permettent les rebondissements adéquats. L'introduction d'un personnage "porte bonheur" est à la fois originale mais offre une trop grande facilité au scénariste. Ainsi dès le tome 2 l'utilisation systématique de ce personnage dans les situations dramatiques rend le scénario assez répétitif et prévisible. De plus il y a beaucoup d'intervenants qui passent dans l'histoire d'une manière trop rapide (comme le para). Cela m'a rendu la fin de la série un peu confuse et moins intéressante avec un final assez banal. J'ai apprécié le graphisme de Dominique Hé dans une ligne claire semi réaliste un peu vintage. Cela colle parfaitement à l'esprit de la série. L'action est très présente ce qui donne un bon rythme à la narration visuelle. Une série de divertissement polar agréable pour son ambiance plus que pour son originalité.

10/06/2024 (modifier)
Par bab
Note: 3/5
Couverture de la série Mamie n'a plus toute sa tête
Mamie n'a plus toute sa tête

Comment acheter une bd sur un titre, un résumé de 4ème de couv et en faisant confiance à ma libraire... J'ai ouvert, j'ai vu les dessins, et j'ai reposé dans le rayon. Le trait de Romain Dutreix n'est pas ma tasse de thé. Mais le pitch de l'histoire, la tête hilare de mon gamin devant le titre, et les recommandations de ma libraire ont eu raison de moi. Surtout que par expérience, je ne me suis jamais arrêté au dessin pour aimer un bouquin. Bon, vous l'avez compris, niveau dessin, ce n'est clairement pas une bd que je vais encenser. C'est bien fait, bien colorisé, clair et lisible, un sens du cadre qui n'est pas sans rappeler les polars et qui fonctionne bien. Mais je n'adhère pas aux traits. Ce n'est pas grave, ça ne gâche rien de l'histoire. Celle-ci navigue entre humour et polar. Romain couvre sa grand mère qui dessoude tous les visiteurs qui passent, conseillée par son mari mort depuis près de 40 ans ! Alors, forcément, il y a des trous dans son emploi du temps, ce qui intrigue sa femme, qui pense qu'il a une aventure. Deux enquêtes se croisent : celle d'un détective privé, et celle de la police. Je n'en dis pas plus, mais forcément, on fonce dans le rocambolesque, et ça fonctionne pas mal du tout. C'est parfois convenu, sans réelle surprise, mais l'ensemble sonne fort justement. On parcours cette bd le sourire au lèvre, anticipant les péripéties de Romain Dutreix face aux facéties de sa grand mère. On voit arriver l'ouverture vers le tome 2, mais la chute fonctionne : je le lirai avec plaisir. Un 3 étoiles qui sous-évalue cet ouvrage, un 4 étoiles qui serait peut être un peu gourmand : Je mettrais bien un 3,5.

10/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Sergio Leone
Sergio Leone

J'aime bien cette collection qui revient sur certains grands noms du cinéma du siècle dernier. Ici Simsolo nous propose une biographie de son ami italien Sergio Leone. On découvre cette amitié à la fin de l'ouvrage et pour moi cela a plusieurs conséquences. Le récit est un peu biaisé par la relation entre les deux hommes. C'est très sage et Simsolo nous propose un Sergio pro sans aucune aspérité ni intime ni politique comme un homme modèle super pro innovant et très créatif. Ensuite cela donne de la crédibilité aux nombreuses anecdotes qui parsèment le récit car on imagine très bien l'auteur écoutant avidement les diverses histoires que ne devait pas manquer de lui raconter le grand cinéaste. Enfin Simsolo semble avoir travaillé à la Sergio Leone en prenant son temps depuis l'Italie fasciste de Mussolini jusqu'à ses difficultés pour réaliser son dernier film. Ainsi la structure de la narration est parfois complexe à suivre avec des sauts chronologiques, des retours en arrière et une multitude de noms du cinéma italien ou américain. Comme je ne suis pas spécialiste du cinéma italien des années 50 je me suis un peu perdu dans cette partie de la biographie. Un peu comme Léonard de Vinci qui a relativement peu peint, Sergio Leone a produit "seulement" 7 films. J'en ai vu 6 presque tous plusieurs fois. Je fais partie de cette génération hypnotisée par l'audace créative du cinéaste. Une audace qui rompait avec le côté clean d'un John Wayne, Charlton Heston ou Gary Cooper entre autres. Ici la crasse, la violence, la mort et un soupçon de sexe vous éclataient à la figure. C'est cette partie du livre que j'ai préféré avec ce don qu'avait Sergio de trouver pile l'acteur qui magnifiait le rôle. Les étoiles étaient alignées pour créer quelque chose de nouveau qui a marqué le cinéma. L'ouvrage revient sur cette période qui voit Clint demander 15000$ à son premier "Dollar" pour finir à 250000 trois films plus tard. J'ai été moins intéressé par les vicissitudes de son dernier film, passage que j'ai trouvé un peu long. Toutefois le récit est très complet (trop ?) et donne une vision très fine du grand artiste que fut Sergio Leone. Le graphisme en N&B propose un crayon tout sage sans aucune audace. Les personnages sont décrits d'une manière réaliste et lisse. Sans être rigide la narration visuelle n'est pas spécialement dynamique comme si elle s'effaçait devant le texte. Une lecture agréable pour les amoureux de ce cinéma mais qui se perd parfois dans les détails. Cela crée un petit côté catalogue de Stars qui aurait pu être réduit à mon avis.

10/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Quelque chose de froid
Quelque chose de froid

Ça se laisse lire, et l’ambiance noire et poisseuse est relativement bien développée, donc j’arrondis aux trois étoiles. Mais je suis quand même globalement sorti déçu de ma lecture. On baigne dans le polar noir très classique, avec des flics corrompus, l’omniprésence de la mafia de la cote Est – même si ici elle n’agit presque qu'en tant que décor, et un homme, ancien « adjoint aux finances » d’un chef mafieux, qui revient pour se venger. A ce canevas s’ajoute un tueur en série (une affaire déjà traité en BD dans Torso), ce qui complique singulièrement l’histoire. Pourquoi pas ? Mais j’ai trouvé cette histoire justement un peu difficile à suivre parfois. Le dessin est volontairement très sombre – trop, souvent ! – et surtout l’omniprésence de texte (souvent des commentaires en off, mais parfois aussi des monologues du personnage principal) rend pas mal de passages un peu indigestes. Une histoire qui manque de fluidité je trouve. Note réelle 2,5/5.

10/06/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Le Silence du Juju - Itnéraire d'une Nigériane, de la prostitution à l'émancipation
Le Silence du Juju - Itnéraire d'une Nigériane, de la prostitution à l'émancipation

“Le Silence de Juju” est une bande dessinée percutante qui met en lumière le parcours tragique et courageux de Faith, une jeune Nigériane tombée dans les filets de la prostitution en Europe. Armandine Penna et Diane Morel signent une œuvre poignante qui mêle habilement réalité brutale et moments d’espoir. L’histoire suit Faith, qui à seize ans, rencontre Madam Victoria, une figure obscure qui promet monts et merveilles en Europe. Séduite par les promesses de richesse et d’une vie meilleure, Faith se laisse entraîner dans un rituel vaudou qui scelle son destin. De Bénin-City aux trottoirs de Nantes, elle traverse l’Afrique et la Méditerranée, guidée par des passeurs sans scrupules, pour finalement se retrouver piégée dans un cercle vicieux de prostitution et de violence. Le scénario d’Armandine Penna est à la fois direct et émouvant. Il aborde de front la traite des femmes nigérianes, un sujet souvent ignoré par les grands médias. Loin de tomber dans le sensationnalisme, Penna raconte avec une justesse troublante le quotidien de ces jeunes femmes, leurs souffrances et leur résilience. Les notes explicatives en fin d’ouvrage offrent un éclairage supplémentaire sur les aspects culturels, politiques et sociaux, renforçant l’aspect documentaire de cette BD. J’ai honnêtement été par contre peu sensible au dessin de Diane Morel. “Le Silence de Juju” se distingue également par sa capacité à évoquer la solidarité et l’espoir. Malgré l’horreur de sa situation, Faith trouve du réconfort dans la sororité des autres migrantes et dans l’aide d’associations et d’anciennes prostituées qui ont réussi à s’en sortir. Ces moments de lumière et de soutien offrent un contrepoint nécessaire à la dureté du récit.

09/06/2024 (modifier)