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Dans la forêt des lilas

Note: 4/5
(4/5 pour 3 avis)

Peut-on, sans les détruire, demander à des rêves d’enfant de répondre aux questions que la vie pose aux adultes ? Voilà une interrogation à laquelle tente de répondre ce splendide récit initiatique.


La BD au féminin

La jeune Faith habite un petit cottage isolé, quelque part dans la campagne londonienne. Chaque nuit, pour fuir la maladie qui l’accable, elle s’évade dans le rêve récurrent d’un monde poétique. Elle y retrouve Beau-Minon, le prince-chat ou bonnebiche, la fée. Mais sous l’œuvre du temps, ce pays des merveilles est devenu sombre et inquiétant, dévasté par une créature avide de peur et de sang. Comtesse veut comprendre ce qui est arrivé, mais elle aussi a changé…

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 09 Janvier 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Dans la forêt des lilas
Les notes (3)
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21/03/2019 | PAco
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Par Erik
Note: 4/5
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Dans la forêt des lilas commence comme un conte pour petite fille sage et se termine en véritable drame dans l’Angleterre victorienne. On peut être dérouté par un changement de ton mais j’avoue que cela m’a fait l’effet d’une bombe mais dans le bon sens du terme. Enfin un conte qui n’est pas niaiserie et qui apporte quelque chose de neuf. Il y a de la maturité et de l’originalité. C’est à souligner. Il s’agit de l’histoire d’une fille malade qui s’évade chaque nuit dans un monde de rêves afin d’échapper à la triste réalité. Cela peut rappeler par certains égards le chef d’œuvre qu’est le film Le labyrinthe de Pan. On oscille entre rêve et réalité. Jamais je n’aurais pensé donner un 4 étoiles mais ce titre le vaut bien. Il y a un côté onirique mais également métaphorique. Même le graphisme possède un côté enchanteur avec le souci de petits détails dans une forêt bien dense. A noter qu’il s’agit en dépit de tout d’un conte pour adultes. Laissez-vous envouter par le doux parfum des lilas de cette forêt. Vous n’en reviendrez peut-être pas.

14/08/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Deuxième collaboration entre Nathalie Ferlut et Tamia Baudoin après le latinisant Artemisia, « Dans la forêt des lilas » lorgne cette fois vers le gothique et les brumes anglaises, et on peut affirmer que c’est une réussite, de façon bien plus évidente que le précédent opus, que l’on sentait corseté par un souci de vérité historique. Rien de tout cela ici, la place est à l’imagination et au monde de l’enfance. Doté d’une très jolie couverture avec incrustations dorées, cet album, où le merveilleux côtoie le vénéneux, envoûte son monde d’entrée de jeu. A Tamia Baudoin, on pardonnera très vite les petites maladresses du trait, tant l’aspect global nous laisse ébahi. Quand la BD se rapproche de la peinture, l’œil est comblé… Si dans Artemisia, on percevait déjà chez l’artiste une forte personnalité graphique, celle-ci explose littéralement ici, tel un feu d’artifice s’épanouissant dans un ciel étoilé. Le spectre des couleurs y est extrêmement riche, même si celles-ci sont plus souvent sombres. « Dans la forêt des lilas », c’est l’histoire de deux sœurs que tout oppose. D’un côté, Verity l’ainée, dont le seul but a toujours été de fuir l’environnement familial étouffant pour mener une vie aisée et « normale » à la ville. De l’autre, Faith, qui refuse d’être adulte et se réfugie dans le monde de l’enfance, un monde devenu inquiétant avec l’apparition d’une créature maléfique, symbolisant la maladie qui lui ronge les poumons. Faith, surnommée Comtesse par son défunt père, aime secrètement l’époux de sa grande sœur, Anton, et cet amour semble réciproque, mais Faith ne veut pas se l’avouer. Verity quant à elle semble plus préoccupée par la vente du cottage familial, ne voyant qu’en Anton le co-fondateur du foyer tant rêvé et le géniteur de ses enfants. Quand elle propose à Comtesse de venir habiter à Londres, celle-ci refuse catégoriquement, préférant s’accrocher à la maison qui l’a vue grandir et à la compagnie de Minon, le prince-chat, et de Biche, la fée. Alors que le temps presse, la rupture entre les deux sœurs semble inévitable, laissant augurer la tragédie… C’est un très beau récit que nous narre ici Nathalie Ferlut, qui semble aussi à l’aise avec la plume que les pinceaux. Magnifiquement traitée d’un point de vue graphique, cette fable gothique parle de la perte de l’innocence et de la maladie (celle de Comtesse) avec une immense délicatesse. Parallèlement, on observe la relation tendue de ces deux sœurs très différentes qui semblent irréconciliables, jusqu’à ce dénouement, inattendu et bouleversant… C’est un vrai bonheur de se laisser porter vers cet imaginaire aussi inquiétant que foisonnant, empreint d’une grandes poésie, où les terreurs enfantines y apparaissent comme liées à la crainte du passage à l’âge adulte et des lendemains funestes…

11/05/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Amateurs de contes et de belles illustrations, cet album est fait pour vous ! Nathalie Ferlut qui semble avoir baigné dedans et vouloir nous le faire partager (je vous renvoie à son avant dernier album Andersen, les ombres d'un conteur) s'adjoint le savoir faire de Tamia Baudouin au dessin cette fois-ci. Et ma fois ça en jette ! D'une part, c'est beau mais c'est aussi très original ! Le parti pris graphique est audacieux ! Il n'y a qu'à voir l'objet : couverture et quatrième de couverture nous plongent tout de suite dans l'ambiance et m'ont tout de suite donné envie de me lancer dans sa lecture. Ça m'a rappelé la très belle collection Métamorphoses de chez Soleil. Comtesse habite un cottage isolé de la campagne londonienne. Atteinte d'une étrange maladie, elle cherche à se réfugier dans ses rêves d'enfance. Mais ce pays merveilleux où Minon le Prince-Chat et Biche la fée la dorlotaient a doucement sombré dans les ténèbres... Comtesse cherche alors à comprendre pourquoi... Ce conte pour adultes qui nous rappelle l'enfant que nous avons tous été et qu'on a parfois du mal à abandonner (et d'ailleurs pourquoi le faudrait-il ???) nous renvoie à tous ces mondes imaginaires qu'on affectionne toujours quelque part. On a tous un petit côté Alice tapis en nous qu'il faut savoir chérir et ressortir du chapeau à bon escient. Drapé dans un contexte très Romantique anglais du XIXe, cet album où fourmillent les clins d’œil et les références nous donne envie de replonger dans nos vieux contes classiques pour y retrouver une petite madeleine de Proust pleine de douceur. A découvrir !

21/03/2019 (modifier)