Je voulais tant me replonger dans un manga traitant de l’Egypte ancienne. Il faut dire que j'avais beaucoup aimé Reine d'Egypte chez le même éditeur. Mais force est de constater qu'on est très loin de l'excellent niveau de ce dernier titre.
Là, tout est poussif et peu croyable. On n'arrive pas à se projeter, ni même à être captivé. Peut-être qu'un public plus jeune pourra sans doute y parvenir sans trop d'efforts. L'humour est d'ailleurs omniprésent pour donner de la gaieté au milieu de combats épiques et de pouvoirs extraordinaires. Le mangaka va piocher d'ailleurs allègrement dans la mythologie égyptienne.
Perso, je m'éloigne de cette série aux lourds clichés et concepts peu originaux avec cette hiérarchie de démons.
Je ne sais pas si je suis trop peu intéressé par l'exercice ou au contraire trop connaisseur des mécanismes de la BD pour apprécier celle-ci, mais je trouve qu'au delà de l'exercice de style intéressant, elle n'offre vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent.
C'est du pur exercice d'OuBaPo, mais sans grand intérêt au niveau de la construction du bouquin : la même planche par douze auteurs avec une petite présentation de chacun et parfois leurs réponses à un questionnaire générique. Je crois que j'attendais quelque chose de plus poussé, comme un scénario moins détaillé dans le déroulé, pour laisser vraiment chaque personnage s'approprier le style et le déroulé de l'histoire. Ici, en dehors de la planche de Trondheim et de Gossens, je n'ai pas vu d’originalité particulière dans l'appropriation du texte par le dessinateur. Il reste la façon dont chacun représentera les cases, les personnages, les situations ... et c'est un bon moyen de se rendre compte de l'importance du décor, des couleurs, des postures, des cadrages (liste non exhaustive) d'une Bande-dessinée. Et une façon de découvrir que c'est un art à part entière, avec des codes, des expressions, des marques de fabriques d'artistes tous différents.
Mais le souci que j'ai, c'est qu'on a déjà plusieurs moyens de se rendre compte de tout cela aujourd'hui, avec d'autres exercices d'OuBaPo, des analyses de plus en plus pertinentes et précises de spécialistes (dont le blog de l'excellent Zouave Interplanétaire, qui a une analyse de la BD dans tous ses états, et passionnant qui plus est), voire même d'auteurs décortiquant leurs médias (on pensera notamment à Scott McCloud et son Art Invisible). Cette BD se pose comme une bonne idée qui ne va pas vraiment plus loin. Une analyse de ce que les auteurs mettent dans les planches et les différentes représentations m'aurait bien plu. Là tout est laissé à la découverte du lecteur, et en dehors des passionnés du genre, je crois que ça ne concernera presque personne.
J'en retiens un exercice sympathique, mais sans grand plus.
Vous vous doutez bien qu'avec un tel sujet, cette BD s'adresse vraiment aux jeunes enfants. Son titre n'est même pas traduit en Français de son Espagnol d'origine. Il faut dire que le récit étant totalement muet, son édition française n'avait pas besoin de s'en soucier outre mesure.
C'est donc l'histoire d'un garçon déguisé en lapin qui veut dormir sous un arbre mais un petit oiseau perché au-dessus de lui n'arrête pas de le bombarder de caca rose. Alors le garçon essaie de se venger de l'oiseau mais la situation empire avec de plus en plus de caca ! Ouiii !
Oui enfin non, sincèrement ça ne m'amuse pas, et je ne me souviens pas avoir eu un âge quelconque où le caca me faisait rigoler, ni avoir eu envie de faire rire mes enfants avec des histoires de caca quand ils étaient tous petits.
Concrètement, le récit n'est pas scatologique. Le caca est ici rose chewing-gum et devient un gros personnage tout souriant et tout gentil. Ce n'est donc pas une lecture dégoûtante.
Et puis le dessin a un certain charme avec son style d'illustration un peu désuette.
Mais le scénario ne casse vraiment pas trois pattes à un oiseau, aussi haut soit-il perché, et s'oublie à peine survolé.
Je suis assez déçu de cette BD. Elle a plusieurs défauts que j'ai relevés sur d'autres BD s'intéressant à nos hommes politiques et à leurs vies privées, permettant de comprendre leur politique et leurs implications. Mais dans ce cas, c'est malheureusement moins intéressant que prévu.
C'est surtout que la BD ne m'a rien appris de vraiment concret sur cette fameuse Marine, à part qu'elle n'est pas tombée loin de l'arbre et que sa volonté de dédiaboliser le FN est dans la droite lignée de sa vie. Loin de considérations en terme de valeur et de morale, elle gère un empire financier, son parti, qui est la source de sa richesse actuelle. Et ... Pas grand chose de plus. La BD ne développe pas beaucoup plus sur les idées réelles de LePen fille, de sa ligne politique, de ses liens avec les différents partis de France ... Rien de vraiment développé, même si on sent que les auteurs veulent éviter le portait à charge et faire un tableau plus réaliste, mais pas glorieux. Une tâche louable, mais mal amenée selon moi. J'en suis ressorti avec l'impression de lire un portait de femme politique lambda. Mais le fait est que la BD date un peu maintenant, j'aurais bien aimé voir une mise à jour après les élections de 2017.
Le dessin convient très bien pour ce type de reportage, même si je dois dire que les visages changent peu au fil du temps. C'est pratique pour retrouver les personnages, mais ça me semble peu réaliste.
Encore une fois, ce n'est pas une mauvaise BD mais je l'ai trouvé un peu trop creuse par rapport à son sujet. L'idée aurait pu être mieux exploité, à mon gout. Cela dit, j'ai appris quelques petites choses, notamment sur la famille LePen et sa fortune (sujet qui est quand même central dans la vie de cette femme). Mais sur la deuxième force politique du pays désormais (aux présidentielles seulement, heureusement), j'aurais aimé plus de développement.
J'aime beaucoup ce que fait Kaoru Mori depuis la découverte de Bride Stories, et encore plus depuis Emma (Mori).
Lorsque je suis tombé par hasard sur ce recueil d'histoires courtes, je n'ai donc pas hésité. Je me demandais s'il s'agissait d'une sorte de spin-off de Emma, mais c'est plutôt une sorte de galop d'essai pour Emma, car tous les ingrédients y sont : des histoires de soubrettes, les décors plus ou moins victoriens, les amourettes, la débutante à laquelle une vieille dame (ou pas vieille, d'ailleurs) donne sa première chance... La psychologie est encore sommaire, mais il y a quelques prémices...
Il s'agit essentiellement d'histoires courtes, assez banales finalement, qui se résument à "Shirley est gentille, efficace, un peu naïve (bon elle a 13 ans), et sa maîtresse est juste".
Bon, clairement, c'est moins bon qu'Emma, même si le dessin commence à être vraiment intéressant et que l'auteure est en train de le fixer. Quant à l'historiette finale où l'auteure se met en scène, elle est coutumière du fait, comme nombre de ses compatriotes ; et le côté extrêmement humble est une des marques de la société nipponne. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas grand-chose...
Sympathique, sans plus.
Voilà une comédie chorale assez édulcorée. Trop à mon goût. Pourtant le synopsis de départ laissait augurer d’un petit album sympathique. Un groupe de rock au succès des plus aléatoires, la groupie un peu collante, ce contrat pour quelques représentations lors d’une croisière touristique, l’ancienne maîtresse retrouvée par hasard lors de ladite croisière et -cerise sur le gâteau- accompagnée de son nouveau mari, célèbre producteur qui galvanise les espérances des membres du groupe. Oui, tous ces éléments auraient pu donner lieu à un marivaudage sympathique.
Sauf que là, tout est mou. La dimension ‘roman graphique’ n’offre que peu d’intérêt tant les personnages sont prévisibles et leur psychologie assez superficielle. Les relations amoureuses qui se tissent entre les différents personnages font, elles, très sitcom du pauvre (mais c’était sans doute voulu). L’humour développé par Lucie Durbiano m’a souvent laissé de marbre. Et l’aspect policier n’est, lui non plus, pas assez développé pour me captiver.
Enfin, si je ne le trouve pas mauvais, je dois bien admettre que le dessin de l’auteure n’est pas de ceux que j’affectionne particulièrement. Il y a un côté figé dans l’expression des sentiments des acteurs qui me gêne (mais c’est vraiment une question de goût personnel et je conçois aisément qu’au contraire certains adorent ce style).
Après Lo, voilà le deuxième bouquin que je lis de cette auteure, et la deuxième fois qu’elle ne parvient pas à me captiver. On n’est pas fait l’un pour l’autre, je pense, tout simplement…
Je suis plutôt un adepte des films de lovers. Les comédies romantiques ont le don de pouvoir m’attirer. Par contre, sur le support papier, c’est autre chose car cela perd souvent tout le charme.
En l’occurrence malgré un graphisme plutôt avenant, on aura droit à un ramassis de clichés comme les Américains savent le faire sur l’Europe et en particulier sur notre pays de mangeur de grenouilles. Pour ma part, j’avoue avoir mangé des grenouilles une fois il y a bien longtemps. Cela ne constitue pas la base de mon alimentation. Il est vrai que nous avons bien des leçons à recevoir de la part de mangeurs de hamburgers à la chaîne.
Ceci dit, on va vite s’ennuyer avec ce couple Jack et Jill. C’était sans doute intéressant de pouvoir faire revivre une sorte de comédie d’antan à l’américaine mais cela ne passe pas le cap. L’humour est bien trop spécial pour atteindre son effet. C’est également bien trop bavard comme une pièce de théâtre. Bref, il faut supporter.
Au final, la destination est sans doute bonne mais pas le voyage en soi.
C'est un peu avec un pincement au cœur que je ne mets qu'un petit 2 à cette BD, mais je dois dire que malgré ses qualités ce sont surtout les défauts qui me sont restés de l'ensemble. Et surtout, cette BD ne semble pas du tout faite pour moi.
Le souci principal que j'ai eu, c'est que je n'ai pas du tout aimé le dessin. Je peux comprendre qu'on aime ce genre de conception graphique, mais pour moi c'est trop brouillon, trop fouillis. Je ne comprends pas les planches, le texte très serré entre les cases est presque illisible par endroit et je me perdais dans le sens de lecture. C'est trop expérimental à mon gout, ce genre de BD devient également difficile à lire lorsqu'il y en a cent pages à la suite.
Niveau histoire, c'est la vie de Jimi Hendrix mais pour autant, je n'ai pas vraiment été emballé. Il manquait quelque chose à cette biographie bien sage par rapport au personnage. Quid de la drogue, quasiment absente de la BD, de Woodstock, de ses convictions personnelles ... Les touches en dehors de la musique sont rares et disséminées, j'aurais aimé connaitre un peu plus le personnage. C'est bien trop convenu comme histoire.
En gros, je n'ai pas du tout été convaincu par cette BD. Elle n'a pas du tout le style graphique qui me plait, et la biographie est trop propre pour une telle légende de la musique. C'est dommage, j'aurais aimé connaître un peu mieux cet artiste !
Issue du milieu underground, Nicole Claveloux est une autrice remarquable et dont Cornélius propose enfin une réédition complète de ce récit en 5 épisodes prépubliés à la fin des années 70 dans le cultissime univers de Métal Hurlant dirigé par Dionnet. Fan de Moebius auquel elle emprunte sa poésie sous acides, Nicole Claveloux développe ici une histoire d'émancipation féminine en avance sur son époque à laquelle il sera difficile d'adhérer peut-être aujourd'hui tant certains thèmes ont hélas mal vieilli.
La Main Verte raconte en effet beaucoup de la solitude au sein même d'un couple. La femme dont on ne connaîtra jamais le prénom ainsi que les autres protagonistes par ailleurs se prend d'affection pour une jolie plante en pot qu'elle s'empresse de ramener au foyer familial. Son compagnon, un corbeau oisif et déprimé (ressemblant à s'y méprendre effectivement au protagoniste de L'Histoire du Corbac aux Baskets de Fred) commence à voir cette plante comme un rival amoureux et tenter de l'éliminer. Très affecté par ce conflit vaudevillesque, la demoiselle va demander sa mutation et s'éloigner du "cocon familial" pour évoluer dans un musée atypique...
Le dessin de Nicole Claveloux est à la fois très atypique et particulier. Il ne laissera personne indifférent dans un sens comme dans un autre. La colorisation réalisée à l'aquarelle est audacieuse mais psychédélique. De teintes violacées ou verdâtres, l'ambiance est assez réussie et on se perd assez rapidement dans ce monde froid et distant. Edith Zha propose une vision de la solitude au sein d'un couple assez original. On passe d'un protagoniste à un autre tout en basculant vers des ambiances différentes. C'est vraiment barré et parfois hermétique.
Le présent ouvrage (édition Cornélius de 2019) propose également d'autres petites histoires en noir et blanc mettant le talent graphique de Nicole Graveloux à l'honneur. C'est souvent drôle mais toujours aussi grinçant. Dans un registre équivalent, j'avais beaucoup plus apprécié L'Homme au landau de Jacques Lob que je relirais avec beaucoup plus de plaisir que le présent ouvrage mais l'effort éditorial est à souligner car on parle ici d'une époque révolue mais ô combien riche en idées novatrices. La mélancolie n'a surement pas été aussi bien racontée qu'ici mais l'ensemble a malgré tout pris un sacré coup de vieux.
J'ai découvert ce personnage au début des années 80, je crois que c'était diffusé dans A Suivre, je sais plus trop, et là j'ai eu l'occasion de relire les 3 albums. C'est la première grande création importante de J.C. Denis, une série apparemment juvénile, peu sérieuse avec un héros éternel rêveur, lunaire et glandeur, il n'y a pas grand chose d'excitant dans tout ceci, Denis y développe des histoires bien quotidiennes dans un ton gentiment loufoque, avec des personnages bien définis qui jouent sagement le rôle que leur physique leur destine. Dommage que cette série qui préfigure un peu Luc Leroi ne prenne pas le temps d'élaborer un peu plus l'ensemble, en se contentant de 26 à 30 planches seulement par récit.
Ce qui m'a surtout intéressé, c'est le trait de Denis qui commence à affiner proprement ce dessin Ligne claire encore assez épais mais si particulier qu'on lui connait et qui fera son originalité sur ses autres oeuvres, en refusant tout effet. Une série de courte durée, avec seulement 3 albums chez Casterman entre 1981 et 83, sur laquelle on peut quand même jeter un oeil par curiosité.
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Im - Great Priest Imhotep
Je voulais tant me replonger dans un manga traitant de l’Egypte ancienne. Il faut dire que j'avais beaucoup aimé Reine d'Egypte chez le même éditeur. Mais force est de constater qu'on est très loin de l'excellent niveau de ce dernier titre. Là, tout est poussif et peu croyable. On n'arrive pas à se projeter, ni même à être captivé. Peut-être qu'un public plus jeune pourra sans doute y parvenir sans trop d'efforts. L'humour est d'ailleurs omniprésent pour donner de la gaieté au milieu de combats épiques et de pouvoirs extraordinaires. Le mangaka va piocher d'ailleurs allègrement dans la mythologie égyptienne. Perso, je m'éloigne de cette série aux lourds clichés et concepts peu originaux avec cette hiérarchie de démons.
Coïncidence
Je ne sais pas si je suis trop peu intéressé par l'exercice ou au contraire trop connaisseur des mécanismes de la BD pour apprécier celle-ci, mais je trouve qu'au delà de l'exercice de style intéressant, elle n'offre vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent. C'est du pur exercice d'OuBaPo, mais sans grand intérêt au niveau de la construction du bouquin : la même planche par douze auteurs avec une petite présentation de chacun et parfois leurs réponses à un questionnaire générique. Je crois que j'attendais quelque chose de plus poussé, comme un scénario moins détaillé dans le déroulé, pour laisser vraiment chaque personnage s'approprier le style et le déroulé de l'histoire. Ici, en dehors de la planche de Trondheim et de Gossens, je n'ai pas vu d’originalité particulière dans l'appropriation du texte par le dessinateur. Il reste la façon dont chacun représentera les cases, les personnages, les situations ... et c'est un bon moyen de se rendre compte de l'importance du décor, des couleurs, des postures, des cadrages (liste non exhaustive) d'une Bande-dessinée. Et une façon de découvrir que c'est un art à part entière, avec des codes, des expressions, des marques de fabriques d'artistes tous différents. Mais le souci que j'ai, c'est qu'on a déjà plusieurs moyens de se rendre compte de tout cela aujourd'hui, avec d'autres exercices d'OuBaPo, des analyses de plus en plus pertinentes et précises de spécialistes (dont le blog de l'excellent Zouave Interplanétaire, qui a une analyse de la BD dans tous ses états, et passionnant qui plus est), voire même d'auteurs décortiquant leurs médias (on pensera notamment à Scott McCloud et son Art Invisible). Cette BD se pose comme une bonne idée qui ne va pas vraiment plus loin. Une analyse de ce que les auteurs mettent dans les planches et les différentes représentations m'aurait bien plu. Là tout est laissé à la découverte du lecteur, et en dehors des passionnés du genre, je crois que ça ne concernera presque personne. J'en retiens un exercice sympathique, mais sans grand plus.
La Caca mágica
Vous vous doutez bien qu'avec un tel sujet, cette BD s'adresse vraiment aux jeunes enfants. Son titre n'est même pas traduit en Français de son Espagnol d'origine. Il faut dire que le récit étant totalement muet, son édition française n'avait pas besoin de s'en soucier outre mesure. C'est donc l'histoire d'un garçon déguisé en lapin qui veut dormir sous un arbre mais un petit oiseau perché au-dessus de lui n'arrête pas de le bombarder de caca rose. Alors le garçon essaie de se venger de l'oiseau mais la situation empire avec de plus en plus de caca ! Ouiii ! Oui enfin non, sincèrement ça ne m'amuse pas, et je ne me souviens pas avoir eu un âge quelconque où le caca me faisait rigoler, ni avoir eu envie de faire rire mes enfants avec des histoires de caca quand ils étaient tous petits. Concrètement, le récit n'est pas scatologique. Le caca est ici rose chewing-gum et devient un gros personnage tout souriant et tout gentil. Ce n'est donc pas une lecture dégoûtante. Et puis le dessin a un certain charme avec son style d'illustration un peu désuette. Mais le scénario ne casse vraiment pas trois pattes à un oiseau, aussi haut soit-il perché, et s'oublie à peine survolé.
La Vie secrète de Marine Le Pen
Je suis assez déçu de cette BD. Elle a plusieurs défauts que j'ai relevés sur d'autres BD s'intéressant à nos hommes politiques et à leurs vies privées, permettant de comprendre leur politique et leurs implications. Mais dans ce cas, c'est malheureusement moins intéressant que prévu. C'est surtout que la BD ne m'a rien appris de vraiment concret sur cette fameuse Marine, à part qu'elle n'est pas tombée loin de l'arbre et que sa volonté de dédiaboliser le FN est dans la droite lignée de sa vie. Loin de considérations en terme de valeur et de morale, elle gère un empire financier, son parti, qui est la source de sa richesse actuelle. Et ... Pas grand chose de plus. La BD ne développe pas beaucoup plus sur les idées réelles de LePen fille, de sa ligne politique, de ses liens avec les différents partis de France ... Rien de vraiment développé, même si on sent que les auteurs veulent éviter le portait à charge et faire un tableau plus réaliste, mais pas glorieux. Une tâche louable, mais mal amenée selon moi. J'en suis ressorti avec l'impression de lire un portait de femme politique lambda. Mais le fait est que la BD date un peu maintenant, j'aurais bien aimé voir une mise à jour après les élections de 2017. Le dessin convient très bien pour ce type de reportage, même si je dois dire que les visages changent peu au fil du temps. C'est pratique pour retrouver les personnages, mais ça me semble peu réaliste. Encore une fois, ce n'est pas une mauvaise BD mais je l'ai trouvé un peu trop creuse par rapport à son sujet. L'idée aurait pu être mieux exploité, à mon gout. Cela dit, j'ai appris quelques petites choses, notamment sur la famille LePen et sa fortune (sujet qui est quand même central dans la vie de cette femme). Mais sur la deuxième force politique du pays désormais (aux présidentielles seulement, heureusement), j'aurais aimé plus de développement.
Shirley
J'aime beaucoup ce que fait Kaoru Mori depuis la découverte de Bride Stories, et encore plus depuis Emma (Mori). Lorsque je suis tombé par hasard sur ce recueil d'histoires courtes, je n'ai donc pas hésité. Je me demandais s'il s'agissait d'une sorte de spin-off de Emma, mais c'est plutôt une sorte de galop d'essai pour Emma, car tous les ingrédients y sont : des histoires de soubrettes, les décors plus ou moins victoriens, les amourettes, la débutante à laquelle une vieille dame (ou pas vieille, d'ailleurs) donne sa première chance... La psychologie est encore sommaire, mais il y a quelques prémices... Il s'agit essentiellement d'histoires courtes, assez banales finalement, qui se résument à "Shirley est gentille, efficace, un peu naïve (bon elle a 13 ans), et sa maîtresse est juste". Bon, clairement, c'est moins bon qu'Emma, même si le dessin commence à être vraiment intéressant et que l'auteure est en train de le fixer. Quant à l'historiette finale où l'auteure se met en scène, elle est coutumière du fait, comme nombre de ses compatriotes ; et le côté extrêmement humble est une des marques de la société nipponne. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas grand-chose... Sympathique, sans plus.
Mélo Pop
Voilà une comédie chorale assez édulcorée. Trop à mon goût. Pourtant le synopsis de départ laissait augurer d’un petit album sympathique. Un groupe de rock au succès des plus aléatoires, la groupie un peu collante, ce contrat pour quelques représentations lors d’une croisière touristique, l’ancienne maîtresse retrouvée par hasard lors de ladite croisière et -cerise sur le gâteau- accompagnée de son nouveau mari, célèbre producteur qui galvanise les espérances des membres du groupe. Oui, tous ces éléments auraient pu donner lieu à un marivaudage sympathique. Sauf que là, tout est mou. La dimension ‘roman graphique’ n’offre que peu d’intérêt tant les personnages sont prévisibles et leur psychologie assez superficielle. Les relations amoureuses qui se tissent entre les différents personnages font, elles, très sitcom du pauvre (mais c’était sans doute voulu). L’humour développé par Lucie Durbiano m’a souvent laissé de marbre. Et l’aspect policier n’est, lui non plus, pas assez développé pour me captiver. Enfin, si je ne le trouve pas mauvais, je dois bien admettre que le dessin de l’auteure n’est pas de ceux que j’affectionne particulièrement. Il y a un côté figé dans l’expression des sentiments des acteurs qui me gêne (mais c’est vraiment une question de goût personnel et je conçois aisément qu’au contraire certains adorent ce style). Après Lo, voilà le deuxième bouquin que je lis de cette auteure, et la deuxième fois qu’elle ne parvient pas à me captiver. On n’est pas fait l’un pour l’autre, je pense, tout simplement…
Trois jours en Europe
Je suis plutôt un adepte des films de lovers. Les comédies romantiques ont le don de pouvoir m’attirer. Par contre, sur le support papier, c’est autre chose car cela perd souvent tout le charme. En l’occurrence malgré un graphisme plutôt avenant, on aura droit à un ramassis de clichés comme les Américains savent le faire sur l’Europe et en particulier sur notre pays de mangeur de grenouilles. Pour ma part, j’avoue avoir mangé des grenouilles une fois il y a bien longtemps. Cela ne constitue pas la base de mon alimentation. Il est vrai que nous avons bien des leçons à recevoir de la part de mangeurs de hamburgers à la chaîne. Ceci dit, on va vite s’ennuyer avec ce couple Jack et Jill. C’était sans doute intéressant de pouvoir faire revivre une sorte de comédie d’antan à l’américaine mais cela ne passe pas le cap. L’humour est bien trop spécial pour atteindre son effet. C’est également bien trop bavard comme une pièce de théâtre. Bref, il faut supporter. Au final, la destination est sans doute bonne mais pas le voyage en soi.
Jimi Hendrix - La Légende du Voodoo Child
C'est un peu avec un pincement au cœur que je ne mets qu'un petit 2 à cette BD, mais je dois dire que malgré ses qualités ce sont surtout les défauts qui me sont restés de l'ensemble. Et surtout, cette BD ne semble pas du tout faite pour moi. Le souci principal que j'ai eu, c'est que je n'ai pas du tout aimé le dessin. Je peux comprendre qu'on aime ce genre de conception graphique, mais pour moi c'est trop brouillon, trop fouillis. Je ne comprends pas les planches, le texte très serré entre les cases est presque illisible par endroit et je me perdais dans le sens de lecture. C'est trop expérimental à mon gout, ce genre de BD devient également difficile à lire lorsqu'il y en a cent pages à la suite. Niveau histoire, c'est la vie de Jimi Hendrix mais pour autant, je n'ai pas vraiment été emballé. Il manquait quelque chose à cette biographie bien sage par rapport au personnage. Quid de la drogue, quasiment absente de la BD, de Woodstock, de ses convictions personnelles ... Les touches en dehors de la musique sont rares et disséminées, j'aurais aimé connaitre un peu plus le personnage. C'est bien trop convenu comme histoire. En gros, je n'ai pas du tout été convaincu par cette BD. Elle n'a pas du tout le style graphique qui me plait, et la biographie est trop propre pour une telle légende de la musique. C'est dommage, j'aurais aimé connaître un peu mieux cet artiste !
La Main Verte et autres récits
Issue du milieu underground, Nicole Claveloux est une autrice remarquable et dont Cornélius propose enfin une réédition complète de ce récit en 5 épisodes prépubliés à la fin des années 70 dans le cultissime univers de Métal Hurlant dirigé par Dionnet. Fan de Moebius auquel elle emprunte sa poésie sous acides, Nicole Claveloux développe ici une histoire d'émancipation féminine en avance sur son époque à laquelle il sera difficile d'adhérer peut-être aujourd'hui tant certains thèmes ont hélas mal vieilli. La Main Verte raconte en effet beaucoup de la solitude au sein même d'un couple. La femme dont on ne connaîtra jamais le prénom ainsi que les autres protagonistes par ailleurs se prend d'affection pour une jolie plante en pot qu'elle s'empresse de ramener au foyer familial. Son compagnon, un corbeau oisif et déprimé (ressemblant à s'y méprendre effectivement au protagoniste de L'Histoire du Corbac aux Baskets de Fred) commence à voir cette plante comme un rival amoureux et tenter de l'éliminer. Très affecté par ce conflit vaudevillesque, la demoiselle va demander sa mutation et s'éloigner du "cocon familial" pour évoluer dans un musée atypique... Le dessin de Nicole Claveloux est à la fois très atypique et particulier. Il ne laissera personne indifférent dans un sens comme dans un autre. La colorisation réalisée à l'aquarelle est audacieuse mais psychédélique. De teintes violacées ou verdâtres, l'ambiance est assez réussie et on se perd assez rapidement dans ce monde froid et distant. Edith Zha propose une vision de la solitude au sein d'un couple assez original. On passe d'un protagoniste à un autre tout en basculant vers des ambiances différentes. C'est vraiment barré et parfois hermétique. Le présent ouvrage (édition Cornélius de 2019) propose également d'autres petites histoires en noir et blanc mettant le talent graphique de Nicole Graveloux à l'honneur. C'est souvent drôle mais toujours aussi grinçant. Dans un registre équivalent, j'avais beaucoup plus apprécié L'Homme au landau de Jacques Lob que je relirais avec beaucoup plus de plaisir que le présent ouvrage mais l'effort éditorial est à souligner car on parle ici d'une époque révolue mais ô combien riche en idées novatrices. La mélancolie n'a surement pas été aussi bien racontée qu'ici mais l'ensemble a malgré tout pris un sacré coup de vieux.
Rup Bonchemin
J'ai découvert ce personnage au début des années 80, je crois que c'était diffusé dans A Suivre, je sais plus trop, et là j'ai eu l'occasion de relire les 3 albums. C'est la première grande création importante de J.C. Denis, une série apparemment juvénile, peu sérieuse avec un héros éternel rêveur, lunaire et glandeur, il n'y a pas grand chose d'excitant dans tout ceci, Denis y développe des histoires bien quotidiennes dans un ton gentiment loufoque, avec des personnages bien définis qui jouent sagement le rôle que leur physique leur destine. Dommage que cette série qui préfigure un peu Luc Leroi ne prenne pas le temps d'élaborer un peu plus l'ensemble, en se contentant de 26 à 30 planches seulement par récit. Ce qui m'a surtout intéressé, c'est le trait de Denis qui commence à affiner proprement ce dessin Ligne claire encore assez épais mais si particulier qu'on lui connait et qui fera son originalité sur ses autres oeuvres, en refusant tout effet. Une série de courte durée, avec seulement 3 albums chez Casterman entre 1981 et 83, sur laquelle on peut quand même jeter un oeil par curiosité.