Les derniers avis (20756 avis)

Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Trump et l'enquête russe
Trump et l'enquête russe

Je sais pas comment c'était en Europe, mais durant la présidentielle de Trump, il y a eu tellement de livres sortis contre lui que parfois dans la section des livres anglophones des libraires j'avais carrément l'impression qu'il y avait une section spéciale Donald Trump et c'était pire lorsqu'un best-seller était traduit en français, là tu avais les exemplaires dans les deux langues cote à cote ! J'ai lu plusieurs livres sur Trump (j'en ai même 3 à la maison !) et disons que maintenant je connais les grandes lignes de sa présidentielle très particulière. Je pensais pas apprendre grand chose en lisant cet album, mais comme je n'ai jamais lu de documentaire en BD sur Trump, je me demandais ce que cela donnait et voir si je pouvais le conseiller aux gens qui voudraient plus connaitre un des aspects les plus controversés de sa présidentielle: l'enquête sur les allégations de l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016. L'album est un bon résumé de ce qui s'est passé durant cette enquête, sauf que la présentation est vraiment mauvaise. Ne vous attendez pas à de la BD-documentaire du genre de ce que fait Joe Sacco, ici on mélange le texte et le dessin, c'est à dire qu'on a du texte qui explique tout en détail et qu'il y a des dessins qui montrent des moments de cette enquête. Parfois, il y a deux cases sur la même page, mais l'art séquentiel est réduit à son minimum. On aurait pratiquement pu retirer les cases bandes dessinées sans problème et faire un livre 'normal' d'une centaine de pages, voire même moins (la moitié de l'album c'est des grosses cases de dessins). Bref, cela devient vite ennuyeux à lire tant l'aspect BD est superficiel, alors que c'est censé être une BD. Dommage pour ceux qui voudraient lire une BD sur Trump.

16/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Curriculum BD
Curriculum BD

Ce recueil de récits courts regroupe tout ce que Annie Goetzinger avait publié dans Pilote entre 1972 et 1978 ; seul le récit Xacooma a été republié dans Métal Hurlant en 1980. Il s'agit de récits étranges dont certains sont fantastiques ou oniriques, avec un aspect surréaliste, alignant des situations singulières ; je dois dire que hélas, aucun ne m'a vraiment séduit ou intéressé, je les trouve d'un niveau peu emballant, et je trouve curieux que tous ces scénaristes renommés déja dans ces années 70, ne se soient pas plus foulés pour écrire des histoires plus élaborées ou plus subtiles. Pour Goetzinger, c'est une oeuvre de jeunesse, car on voit nettement que son dessin n'est pas encore stabilisé, il faudra attendre après 1980 pour qu'il soit de meilleur effet, plus élégant, plus fin et plus gracieux, notamment sur Félina, La Demoiselle de la Legion d'Honneur ou encore La Diva et le Kriegspiel qui marquent son véritable envol dans la bande dessinée. Ceci dit, son trait n'est pas désagréable, mais ce n'est pas sous cet aspect que je le préfère.

15/07/2022 (modifier)
Couverture de la série La Fée Aveline
La Fée Aveline

Ouais, bof bof, je n'ai pas véritablement apprécié cette petite bande créée par Goscinny dans l'hebdo Jours de France sur une fée moderne qui quitte son monde enchanté pour découvrir celui des humains. C'est joliment dessiné par le dessinateur espagnol Coq (francisation de son nom Gallo) qui était déja connu dans Jours de France pour les gags muets du chien Azor (en bande verticale ou strip vertical) et pour ceux de Nanette, jolie jeune femme élégante et distraite (également en bande verticale). Il y a bien quelques idées amusantes, mais il manque un côté imaginaire qui faisait rêver, les découvertes d' Aveline relevaient plus de la curiosité naïve que de la magie, bref j'ai trouvé cette création très moyenne, et d'ailleurs c'est une oeuvre très secondaire dans le CV de Goscinny ; on a vu cette Bd pendant 3 grands épisodes de 1967 à 1969 dans Jours de France, c'était charmant mais très peu passionnant, je me demande même comment Goscinny avait le temps à cette époque de se consacrer à Aveline, vu les multiples activités qu'il avait.

14/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Portrait (Baudoin)
Le Portrait (Baudoin)

J’ai lu cette histoire dans l’édition originale, c’est à dire dans la collection historique 30/40 de chez Futuropolis, dont le format rendait bien hommage au dessin, mais qui n’est clairement pas des plus simples à ranger dans une bibliothèque ! Dans sa préface, Étienne Robial (cofondateur de Futuropolis et directeur de la collection 30/40) dit son amour pour le travail de Baudoin, tout en avouant ne pas toujours comprendre son dessin. J’ai un peu le même ressenti, car on a ici pas mal de planches qui relèvent d’un portfolio, d’un carnet d’esquisses d’un étudiant des beaux-arts (qui serait doué, quand même !). Mais ce dessin, usant d’un Noir et Blanc au trait très gras, n’est pas toujours très clair. Comme ne l’est pas l’intrigue, suite de réflexions très littéraires autour de l’art, de la création, autour d’un artiste et de la femme qui lui sert de modèle. Une sorte d’exercice de style qui m’a un peu laissé de côté, et j’en suis désolé. Note réelle 2,5/5.

14/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Automne en baie de Somme
Automne en baie de Somme

Et bien ! J’en attendais sans doute de trop après lecture de l’avis de Ro et en partant du fait que j’ai bien aimé jusqu’à présent les scénarios de Pelaez, mais je dois bien avouer être franchement resté sur ma faim à la lecture de cette intrigue policière. Car il s’agit bel et bien d’une enquête policière et non d’une évocation historique ou d’un récit de vie. Par conséquent, pour me convaincre, il faut que celle-ci tienne la route. Or là, la manière dont cette enquête est résolue est d’une facilité assez incroyable, limite stupide. Pourtant nous avons tous les personnages utiles à l’intrigue. Une victime chef d’entreprise trop propre sur lui pour être honnête. Sa femme au caractère fort qui en fait une coupable toute désignée. La maîtresse au profil classique, suave modèle pour peintres. L’enquêteur pour qui cette enquête réveille de douloureux souvenirs. Rien à dire pour cette galerie de personnages, c’est exactement ce qu’il faut. Pourtant le cadre est plaisant. Bon ! Pas franchement original étant donné la prolifération d’œuvres qui utilisent Paris (oui, parce que la baie de Somme, c’est juste un détail dans ce récit) et le changement de siècle comme théâtres de leur histoire mais cette période et cette ville dégagent le romantisme qui convient. Pourtant le dessin et le découpage sont bons. Bon si la couverture et la référence à Alfons Mucha font très « Belle Epoque », le trait d’Alexis Chabert et surtout sa colorisation (mais aussi certaines vues, notamment l’intérieur d’un café dans lequel je m’attendais à croiser Hélène Andrée devant son verre d’absinthe) me rappellent bien plus le style impressionniste mais ce n’est pas grave et de toute façon conforme à l’époque. Un peu trompeur sur la marchandise au vu de la couverture (je m'attendais à avoir un découpage des planches plus audacieux) mais agréable à regarder. Mais franchement, à mes yeux l’enquête policière ne tient pas la route. Pourquoi l’enquêteur doit-il attendre la fin du récit pour trouver l’origine du problème alors même que cette origine semble être un secret de polichinelle et qu’il a passé son temps à interroger l’entourage de la victime ? C’est juste… absurde, pas plausible. Et à partir du moment où l’on a cette explication, tout l’édifice s’écroule. Le comportement de la femme de la victime devient lui aussi absurde. Quant à l’enquêteur, il passe juste pour un nigaud incompétent à mes yeux. Non, franchement du point de vue de la résolution de l’enquête policière, centre névralgique du récit, c’est une grosse déception ! Ah oui, et puis le coup de la victime qui, avant de mourir, plutôt que d’écrire le nom de son bourreau, préfère écrire un code incompréhensible pour le désigner, ben ça non plus je ne trouve pas ça crédible pour deux balles ! Franchement, c'est encore plus tordu que quand on donne un indice à la con pour la couverture mystère du jour, rien que pour le plaisir de voir patauger ceux qui cherchent... Sauf que là, le but était de désigner le coupable et non de faire galérer les enquêteurs (et donc ce n'est pas cohérent). Donc voilà ! C’est con parce qu’il y avait beaucoup d’atouts mais cette enquête policière ne m’a pas du tout convaincu.

14/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Benjamin et Benjamine
Benjamin et Benjamine

Je sors quelque peu déçu de cette intégrale de "Benjamin et Benjamine". Bien sûr je suis conscient que ces quatre récits appartiennent à une époque où la BD jeunesse avait des codes très stricts. J'aime beaucoup le graphisme d'Uderzo déjà très moderne apportant un dynamisme à ses personnages qui seraient bien orphelins sans son trait. Difficile de juger les couleurs puisque retouchées et modernisées. Je trouve que les scénarii de Goscinny sont un ton en dessous de beaucoup de ses productions des mêmes années. Dans le concept un gars-une fille je préfère de beaucoup Modeste et Pompon. C'est surtout le personnage de Benjamine que je trouve triste à mourir. Sans forme, pas élégante et potiche sans personnalité, elle est un très pauvre modèle d'identification pour le public fille de l'époque. Pas du tout l'image de Pompon, tirée à quatre épingles, autonome, grande lectrice et qui sait remettre Modeste à sa place. Quant au personnage de Benjamin, tout lui tombe dans le bec : un billet pour l'Amérique du Sud, un hochet en or, un ranch en Arizona. Je trouve que c'est une attitude très passive à l'opposée de celle d'un Jehan Pistolet qui n'hésite pas à retaper un bateau vermoulu pour courir le monde. Pour moi une production en demi-teinte.

13/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Christian Durieux - Pacific Palace
Le Spirou de Christian Durieux - Pacific Palace

L’histoire n’a pas su me toucher, malgré certaines qualités. Graphiquement, je reconnais une volonté de faire de cet hôtel quelque chose d’original, mais ça m’a laissé froid. Comme le dessin et la colorisation, que je n’ai pas trouvés à mon goût (mais je conçois très bien que d’autres y trouvent des qualités, il y en a, mais elles ne me touchent pas). Quant à l’histoire, elle se laisse lire, mais elle manque un peu d’originalité. Un dictateur d’un pays imaginaire (genre Kazakhstan) est accueilli avec sa famille et sa suite dans un hôtel, s’ensuivent quelques bisbilles avec les services secrets français, la fille du dictateur un peu rebelle, le directeur de l’hôtel (qui joue le rôle principal en fait), et donc notre duo Spirou et Fantasio (Seccotine fait quelques apparitions en présentatrice télé). Mais je trouve que c’est un peu une escroquerie de présenter ça comme une aventure de Spirou et Fantasio, tant l’histoire aurait très bien pu se passer d’eux, leur rôle pouvant être joué par d’autres. Alors, certes, Fantasio est moins versatile et guignol que d’habitude, et Spirou flirte avec la fille du dictateur. Mais ces « renouvellements » eux-mêmes montrent bien que Durieux ne souhaitait pas garder le cadre habituel, Spirou et Fantasio servant essentiellement de produit d’appel. Cela se laisse lire, mais sans plus pour l’histoire, et sans avoir de réel rapport avec l’univers de Spirou et Fantasio. Je n’y ai pas trouvé mon compte. Note réelle 2,5/5.

13/07/2022 (modifier)
Couverture de la série D'en haut, la Terre est si belle
D'en haut, la Terre est si belle

Si l’idée de départ me semblait des plus intéressantes, je dois avouer m’être ennuyé ferme à la lecture de cet album. Trop de non-dits, trop de zones laissées volontairement floues, trop d’approximations dans les dialogues (ou dans la traduction ?) et finalement un récit qui me semble n’aboutir sur rien. Si l’intention de l’auteur était de nous dresser le profil de deux personnages rongés chacun par un conflit intérieur, à la fin de cet album je dois bien avouer ne pas avoir compris en quoi consistait ces conflits. L’un, cosmonaute russe, semble être angoissé à l’idée de devoir retourner dans l’espace mais au fil du récit, j’ai eu de plus en plus de mal à comprendre l’origine de cette angoisse. L’autre, psychologue américain engagé par les soviétiques afin de guérir leur cosmonaute, est lui aussi sujet à des crises d’angoisse. Et à la fin du récit, plutôt qu’une explication claire de l’origine de cette angoisse, on découvre juste l’endroit où, sans doute, le traumatisme à la base de son état a pris forme. Le cadre du récit était pourtant prometteur : les débuts de la conquête spatiale, la guerre froide, le contexte de la guerre du Vietnam… Mais au final, on se focalise tellement sur les deux personnages centraux que ce contexte global ne sert pour ainsi dire à rien ! Le dessin n’est pas désagréable du tout. Le découpage est bon. Les dialogues sonnent parfois étrangement sans que je puisse affirmer qu’il s’agit d’un problème de traduction ou si ces dialogues étaient bancals dès la version d’origine. Au final, comme dit au début de cet avis, je me suis ennuyé ferme et je ne recommande donc pas la lecture de ce livre.

11/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Soixante printemps en hiver
Soixante printemps en hiver

Je ressors déçu de cette lecture. Sur une thématique très proche de « Lulu Femme Nue », Ingrid Chabbert et Aimée De Jongh nous offrent le récit de l’escapade d’une sexagénaire en quête d’autre chose, d’une liberté dont elle se sent privée, d’un amour qu’elle ne ressent plus, d’une jeunesse qui s’en est allée. Graphiquement, hormis un petit détail (l’intérieur d’un combi VW aux dimensions étonnement spacieuses), j’ai bien apprécié le travail d’Aimée De Jongh. Le découpage est bon, la lisibilité est parfaite, les grandes cases sont pleines d’élégance. C’est beau à voir et agréable à lire. Au niveau du scénario, ça coince nettement plus. Tout d’abord, j’ai beaucoup de mal à comprendre le personnage central, qui me semble bien plus sujette à un caprice de mamie sans soucis réels que portée par un besoin impérieux de liberté. Au final, elle me parait même fort peu sympathique, voire vaguement pathétique. Ensuite, il y a cette thématique de l’homosexualité refoulée qui me semble ici plus opportuniste que porteuse de sens. Et puis, il y a l’âge du personnage. 60 ans, ce n’est pas spécialement vieux et, en Belgique tout du moins, ce n’est pas encore l’âge de la retraite. Or, l’héroïne ne semble avoir aucune obligation professionnelle mais aussi aucune inquiétude quant à ses finances. Cette absence d’assise matérielle du personnage me la rend improbable. Elle « sonne faux ». Enfin, et c’est la deuxième fois que je constate ce problème dans un récit d’Ingrid Chabbert, cet album souffre d’un gros problème de rythme. Le début se traine, la fin est expédiée et entre les deux, le rythme est saccadé, on saute facilement dans le temps comme dans les émotions des personnages, ce qui accentue encore cette difficulté à les comprendre et à croire en eux. Sur ce même genre de thématique, j’ai de loin préféré « Lulu Femme Nue » et « L'Obsolescence programmée de nos sentiments ». Ici, c’est juste bof bof, et c’est dommage au vu du travail fourni par Aimée De Jongh.

11/07/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Des vivants
Des vivants

Si l'intention de cette BD est bonne, son rendu ne m'a pas plu. Il s'agit de raconter l'histoire des précurseurs de la Résistance française à l'occupant nazi, un groupe essentiellement centré autour du Musée de l'Homme de Paris et ayant oeuvré à organiser en partie les premiers opposants à l'occupant et à diffuser des informations aux Français et aux combattants, notamment par le biais d'un journal clandestin. Les auteurs ont fait le choix d'un parti pris visant à s'approcher autant que possible de la vérité des faits : la totalité des dialogues des protagonistes de cet ouvrage, des personnages historiques ayant donc véritablement existé, est composée uniquement de mots qu'ils ont vraiment dits ou écrits, extraits de lettres, de discours et autres témoignages avérés. Et c'est ce parti pris qui m'a gâché la lecture. En effet, il en résulte une absence totale de narration d'une part, empêchant une lecture claire et facilement compréhensible, et d'autre part des Dialogues qui sonnent totalement faux car on ressent immédiatement qu'il s'agit de purs extraits de textes écrits n'ayant rien à voir avec du langage parlé, des dialogues parfois à l'imparfait, souvent empli de touches de lyrisme et de formules appuyées que jamais personne n'irait dire à l'oral à moins de réciter un poème. Il en découle une narration hachée, sans naturel, emplie de passages muets, de personnages jamais présentés et parmi lesquels on se perd aisément. J'ai été réticent à ce procédé dès les premières pages et je l'ai enduré tout au long de l'album qui ne présente que de très rares passages de véritables discussions entre personnages. Ca m'a littéralement empêché de m'attacher aux protagonistes, voire même de les identifier parfois car certains apparaissaient et disparaissaient sans que je comprenne qui ils étaient, quelles étaient leurs motivations et leur rôle dans ces évènements. C'est frustrant car il était intéressant de découvrir ces hommes et ces femmes à l'origine même du mot Résistance, mais la lecture de cet album me fut pénible.

10/07/2022 (modifier)