L'action démarre dans le mensuel "Circus" n° 31 de Décembre 1985.
Action ?... Réaction plutôt... Paris a été dévasté par une guerre nucléaire. La capitale française, vide de toutes ressources, est en proie aux pires exactions. Le Prince de Mortelune y règne ; une sorte de potentat lubrique et sans scrupule. Il est normalement invincible car il possède le secret de l'immortalité.
Mortelune est néanmoins amoureux de Violhaine, la fille d'un boucher. Il suit aussi -parfois- les conseils de Barnabé, un nain à l'immense pouvoir...
Dans ce "nouveau monde" seule la quête du plaisir et les luttes pour le pouvoir suprême paraissent être les seuls buts des divers personnages.
Cette saga futuriste, au dessin baroque, bien que magnifiquement réalisée, ne m'inspire pas.
Pourtant très bon lecteur, je n'accroche pas vraiment au postulat : bombe nucléaire - Paris (entre autres) dévasté - survivants - Maître (le mauvais) des lieux - lutte pour supplanter ce maître - etc... Sincèrement, vous ne trouvez pas que ce genre d'histoire(s) a déjà été lu/vu pas mal de fois, même si c'est dans d'autres styles graphiques ?.. Enfin, ce n'est que mon (humble) opinion personnelle.
Les auteurs :
Philippe ADAMOV, dessinateur-scénariste français, est né à Londres le 27 Juin 1956. Outre cette série, Adamov est aussi connu pour Le Vent des Dieux. Mais il est également un des piliers de la série de dessins animés "Ulysse 31" de très bonne mémoire. Le saviez-vous ?...
Patrick COTHIAS, scénariste français, est né à Paris le 31 Décembre 1948. On lui doit de très nombreux scénarios de séries à succès.
Nos deux jeunes gens font leur apparition dans l'hebdo "Djin" n° 43 (3ème année) du 27 Octobre 1976.
Brunelle et Colin ?... Une jeune -mais capricieuse- princesse et son jeune page qui vont parcourir de multiples routes et vivre ensemble de nombreuses péripéties. Dans un Moyen-Age assez fantaisiste, ces adolescents n'auront cesse de se chamailler... tout en étant les meilleurs amis du monde.
Robert Génin est au scénario, François Bourgeon au dessin. Ce dernier fait déjà montre d'un excellent style personnel, au trait réaliste. Mais, accaparé par ses "Passagers du vent", Bourgeon cèdera le relais à Didier Convard dès l'opus n° 3.
Brunelle et Colin ?... Ca se laisse lire. C'est gentillet mais pas vraiment attachant. Ils vivront dans sept albums, dont le dernier édité en 1988. Je ne pense pas qu'on les reverra un jour.
Je n'en conseille pas l'achat, sauf pour les inconditionnels de Bourgeon.
Editée par Glénat, cette série paraît en Belgique sous "l'estampillage" Dupuis.
Sillage est une série dont la première chose qui marque est le dessin, plutôt réussi. Au niveau scénario, c'est malheureusement très inégal. Le meilleur tome reste à mes yeux le numéro 3, très loin au dessus de tous les autres. L'histoire avance très doucement, trop doucement en fait. Certains volumes sont totalement anecdotiques et font perdre un grand intérêt à la série.
Bref, si un seul tome mérite 4/5 ou 5/5, les autres se méritent pas plus de 3/5, voire bien moins pour certains. Une série passable au final, que je n'ai pas gardée dans ma BDthèque.
Note approximative : 1.5/5
A vrai dire, si je n'avais pas lu l'article concernant cette BD dans le tome 2 de l'Eprouvette, je ne l'aurais jamais lue.
Si je l'avais lue sans à-priori, j'aurais constaté cela :
- des petits scénarios de SF un peu désuets et sans surprise mais qui se laissent lire
- un dessin médiocre notamment du fait de couleurs affreuses
- circulez, y a rien à voir, vous pouvez toujours emprunter ça en bibliothèque si vous avez du temps à perdre
Mais voilà ce que cette BD a de spécial : la quasi-totalité de ses planches sont TOTALEMENT pompées. Sans l'article de l'Eprouvette, je ne l'aurais sans doute pas vu, même si certaines images étonnent un peu, une impression de déjà-vu, une drôle d'impression que les images d'une même case ne collent pas tellement entre elles.
Mais voilà, des cases entières, des personnages, des décors, quasiment tout dans cette BD a été purement et simplement décalqué sur des bandes-dessinées d'auteurs tels que Victor De La Fuente, Juan Gimenez, Paolo Serpieri, Pepe Moreno et quelques autres. Et quand ce n'est pas sur d'autres dessins, ce sont des photos qui sont recopiées ou simplement utilisées en décor, notamment pour les vues spatiales. Les cases ressemblent en fait à de drôles de photo-montages à base de morceaux d'autres BDs. Du pompage intégral, de A à Z. Et ce qui n'est pas pompé se repère très vite puisque ce sont précisément les zones de dessins qui sont très mal dessinées, visages de personnages et autres décors dignes d'un débutant en dessin.
Comme il est dit dans l'Eprouvette : incroyable qu'un éditeur comme Glénat/Comics USA aie pu laisser passer ça et publier cette BD.
Ceci étant dit, l'auteur semble jouer un petit peu sur le fait qu'il ait tout pompé : le récit englobant les nouvelles de SF, récit mettant en scène un équivalent de l'auteur lui-même présentant à un éditeur (Glénat d'ailleurs) les histoires de cet album, se termine par ces quelques mots : "je dessine souvent d'après photo" et "j'ai réussi à lui fourguer un album complet. Mais faudra encore peaufiner le droïde nègre si on veut passer à tous les coups."
Impressionnant...
Mais ça n'en reste pas moins une BD nulle et moche, même si elle se lit et attirera sans conteste le lecteur au courant de sa particularité.
Pierre Tombal creuse sa première tombe dans l'hebdo Spirou n° 2372 du 29 Septembre 1983.
Pierre Tombal ?... C'est tout simple : il est fossoyeur de son état. Un fossoyeur comme on se l'imagine : la casquette vissée sur la tête, une cigarette au bec, la pelle en mains.
Et il a beaucoup de flegme, le Pierre. Heureusement, car il s'en passe des choses dans "son" cimetière. Les "habitants" ne sont pas "muets comme des tombes" et ne profitent que très peu d'un repos qu'ils croient éternel.
Ses premiers gags sont courts, en une planche, puis passeront en récits complets suite à l'avidité des lecteurs. Il est vrai que la série est on ne peut plus originale.
Cauvin et Hardy nous balancent un cocktail d'humour noir. Vérifiez dans vos albums : vous trouverez parfois sur les tombes les noms de collègues dessinateurs, scénaristes, amis de ce duo... et encore de ce monde !...
Problème pourtant : malgré que nos deux auteurs se renouvellent, force est de constater une certaine lassitude. En fait, Pierre Tombal, c'est comme au théâtre : une histoire, un lieu. Et lorsqu'on voit trop souvent la même pièce, on finit par en avoir plus qu'un certain détachement.
A raison d'un album par an (au-moins) la série continue pourtant son chemin. Le trait nerveux de Hardy, les scénarios -parfois au vitriol- de Cauvin, en sont sûrement pour quelque chose...
Je ne conseille pas l'achat de la série, mais quelques albums "de première jeunesse" sont -toutefois- à posséder.
Une phrase pourrait résumer cette série : "Il ne faut pas rire de la mort, ça me fait marrer !"
Les auteurs :
Marc HARDY, dessinateur-scénariste belge, est né à Liège le 15 Août 1957. Outre notre ami Pierre, il a collaboré à la série "Les Franval", a créé La Patrouille des Libellules, "Garonne et Guitare" sur un scénario de Mythic.
Raoul CAUVIN, scénariste de nationalité belge, est né à Antoing le 26 Septembre 1938. Un pondeur d'idées. A scénarisé de très nombreuses et fort connues séries telles : Les Tuniques Bleues, les Femmes en Blanc, Pauvre Lampil, "Le Vieux Bleu", Godaille et Godasse, Cupidon, Les Psy et autres joyeusetés...
Rien de bien transcendant dans cette bd à l’humour bon enfant. Pas de gros éclats de rires, juste quelques sourires esquissés au détour d’une page. Quelques idées intéressantes, des anachronismes parsemés de ci de là et des gags qui utilisent souvent le même ressort narratif. Mais le tout reste léger et vite lu. Un bon point pour les dessins de Tranchand que je trouve vraiment sympathiques et reconnaissables entre mille. A emprunter, pourquoi pas ?
A l’époque de sa sortie, je me souviens que "Relais & Mago" avait bénéficié de pas mal de publicité sur le net. Bizarrement, aucune des librairies spécialisées que je fréquentais ne l’avait reçue. Ce n’est que très récemment que j’ai eu l’occasion de lire le premier opus, après l’avoir déniché dans un bac à occaz.
D’après les dires des auteurs, ils souhaitaient faire de l’Heroic Fantasy délirante et burlesque dans l’esprit de Terry Pratchett et des Monty Pythons… Ils sont loin d’avoir atteint leur objectif selon moi. Le récit manque cruellement d’originalité et de maturité. Je déplore l’absence de double niveau de lecture, ce qui rend cette série clairement orientée teenager. L’histoire est parsemée de références nombreuses. Mais on a la désagréable impression que ces clins d’oeils sont insérés de manière artificielle et sans aucune finesse. De plus, le lecteur ne doit pas fournir le moindre effort pour les découvrir. Personnellement, voir Frodon passer dans une case, ça ne me fait pas marrer. De plus, j’ai été peu réceptif à cet humour qui sent le "déjà vu". Pour moi, ça tombe à plat.
Côté dessin, il n’est pas désagréable mais sans saveur particulière. Le trait reste un peu trop rectiligne pour insuffler un tant soit peu de dynamisme au dessin. Bon, Gossuin (le héros, pas Elodie) arrive à récupérer une larme de femme crocodile à la fin de l’album et à faire copain-copain avec un garou. Je suppose qu’il réussira à trouver une dent de pharaon orc dans l’opus suivant... qu’il ne me tarde pas de lire.
Pour conclure, la réelle innovation apportée par les auteurs est l’interactivité de la série avec le lecteur grâce à des petits boucliers qui renvoient au site internet "www.relaismago.com" où l’univers est davantage développé. Toutefois, cette innovation n’en est plus une depuis que le site bénéficie d’un accès restreint.
Un scénario que l'on pourrait qualifier de... facile et pour ma part sans grand intérêt, des dessins qui ne sont pas à la hauteur de ceux présentés sur la couverture, bref une Bédé alimentaire....
Aucun plaisir n'est ressorti de la lecture de ces 2 tomes si ce n'est le temps passé sur mon canapé moelleux.
Une série à éviter pour ne pas juger trop hâtivement Juan Gimenez qui nous a tout de même habitués à mieux.
Au vu du titre je pensais que cette BD traitait d'un sujet un peu plus brûlant, il n'en est rien.
Chauzy et Jonquet nous présentent ici un monde assez décalé et son système administratif complètement embourbé par les procédures et la paperasserie, rendant les usagers complètement fous, pressés les uns contre les autres dans d'interminables files d'attentes.
En introduisant un trublion dans cet univers, les auteurs nous montrent l'affrontement de la vieille garde et la nouvelle école. On ne peut pas dire que tout ça soit bien excitant...
On tente de se moquer gentiment de l'administration, mais cette représentation flirtant maladroitement avec l'absurde ne m'a ni fait rire, ni convaincu.
Trop décalé pour être qualifiée de subversive, cette BD ne m'a passionné à aucun moment.
Les dessins de Chauzy, sont toujours très réussis et agréables à regarder, cela ne suffit pas pour autant à rendre cet album indispensable.
JJJ
Ma lecture de cet album partait plutôt bien. Les scénarios de Christin, même s'ils se répètent parfois, sont souvent intéressants et originaux. Et le dessin de Vern, ici, rappelle grandement les débuts de Bilal avec le même Christin.
Ce dessin est tout à fait correct. On finit cependant par se lasser de ces décors tracés à la règle, ce qui rend les voitures particulièrement affreuses par exemple. Et on se lasse aussi de ne voir des visages que des profils, face et trois-quarts sans aucune autre alternative. Cependant, la colorisation est à mon sens très bonne et donne un bel aspect à l'ensemble malgré les défauts et manquements du dessin.
L'histoire commence comme une banale histoire d'espionnage avec un agent secret qui suit les ordres et les bouts de piste qu'on lui donne. Mais très vite, son histoire va se transformer en jeu de pistes, en rencontres de contacts en contacts avec des méthodes assez ridicules pour mener d'un contact à l'autre. On se demande où cela nous mène et surtout quel est l'intérêt de ce jeu de pistes.
Et la vérité éclate hélas assez rapidement : la structure du récit est incohérente et ridicule. En effet, on est baladé en même temps que cet agent secret inutile pour être menés à une conclusion à laquelle tout le monde est convié, à un endroit que tout le monde connaissait finalement sauf le héros et où logiquement le héros aurait dû être envoyé directement par ses patrons plutôt que d'avoir à suivre sa succession de péripéties sans intérêt. Et pourquoi l'amener là ? Pour résoudre en deux secondes d'une manière que n'importe qui aurait pu faire une... super intrigue à base d'armes bactériologiques à laquelle on croit autant qu'à la cohérence du récit.
Une mauvaise utilisation à mon sens de l'imagination de Christin et de sa connaissance des réseaux pro-communistes et des relations Est-Ouest en Europe au début des années 80 car le récit qui en ressort est aussi ennuyeux que bidon.
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Les Eaux de Mortelune
L'action démarre dans le mensuel "Circus" n° 31 de Décembre 1985. Action ?... Réaction plutôt... Paris a été dévasté par une guerre nucléaire. La capitale française, vide de toutes ressources, est en proie aux pires exactions. Le Prince de Mortelune y règne ; une sorte de potentat lubrique et sans scrupule. Il est normalement invincible car il possède le secret de l'immortalité. Mortelune est néanmoins amoureux de Violhaine, la fille d'un boucher. Il suit aussi -parfois- les conseils de Barnabé, un nain à l'immense pouvoir... Dans ce "nouveau monde" seule la quête du plaisir et les luttes pour le pouvoir suprême paraissent être les seuls buts des divers personnages. Cette saga futuriste, au dessin baroque, bien que magnifiquement réalisée, ne m'inspire pas. Pourtant très bon lecteur, je n'accroche pas vraiment au postulat : bombe nucléaire - Paris (entre autres) dévasté - survivants - Maître (le mauvais) des lieux - lutte pour supplanter ce maître - etc... Sincèrement, vous ne trouvez pas que ce genre d'histoire(s) a déjà été lu/vu pas mal de fois, même si c'est dans d'autres styles graphiques ?.. Enfin, ce n'est que mon (humble) opinion personnelle. Les auteurs : Philippe ADAMOV, dessinateur-scénariste français, est né à Londres le 27 Juin 1956. Outre cette série, Adamov est aussi connu pour Le Vent des Dieux. Mais il est également un des piliers de la série de dessins animés "Ulysse 31" de très bonne mémoire. Le saviez-vous ?... Patrick COTHIAS, scénariste français, est né à Paris le 31 Décembre 1948. On lui doit de très nombreux scénarios de séries à succès.
Brunelle et Colin
Nos deux jeunes gens font leur apparition dans l'hebdo "Djin" n° 43 (3ème année) du 27 Octobre 1976. Brunelle et Colin ?... Une jeune -mais capricieuse- princesse et son jeune page qui vont parcourir de multiples routes et vivre ensemble de nombreuses péripéties. Dans un Moyen-Age assez fantaisiste, ces adolescents n'auront cesse de se chamailler... tout en étant les meilleurs amis du monde. Robert Génin est au scénario, François Bourgeon au dessin. Ce dernier fait déjà montre d'un excellent style personnel, au trait réaliste. Mais, accaparé par ses "Passagers du vent", Bourgeon cèdera le relais à Didier Convard dès l'opus n° 3. Brunelle et Colin ?... Ca se laisse lire. C'est gentillet mais pas vraiment attachant. Ils vivront dans sept albums, dont le dernier édité en 1988. Je ne pense pas qu'on les reverra un jour. Je n'en conseille pas l'achat, sauf pour les inconditionnels de Bourgeon. Editée par Glénat, cette série paraît en Belgique sous "l'estampillage" Dupuis.
Sillage
Sillage est une série dont la première chose qui marque est le dessin, plutôt réussi. Au niveau scénario, c'est malheureusement très inégal. Le meilleur tome reste à mes yeux le numéro 3, très loin au dessus de tous les autres. L'histoire avance très doucement, trop doucement en fait. Certains volumes sont totalement anecdotiques et font perdre un grand intérêt à la série. Bref, si un seul tome mérite 4/5 ou 5/5, les autres se méritent pas plus de 3/5, voire bien moins pour certains. Une série passable au final, que je n'ai pas gardée dans ma BDthèque.
Souvenirs d'avenir
Note approximative : 1.5/5 A vrai dire, si je n'avais pas lu l'article concernant cette BD dans le tome 2 de l'Eprouvette, je ne l'aurais jamais lue. Si je l'avais lue sans à-priori, j'aurais constaté cela : - des petits scénarios de SF un peu désuets et sans surprise mais qui se laissent lire - un dessin médiocre notamment du fait de couleurs affreuses - circulez, y a rien à voir, vous pouvez toujours emprunter ça en bibliothèque si vous avez du temps à perdre Mais voilà ce que cette BD a de spécial : la quasi-totalité de ses planches sont TOTALEMENT pompées. Sans l'article de l'Eprouvette, je ne l'aurais sans doute pas vu, même si certaines images étonnent un peu, une impression de déjà-vu, une drôle d'impression que les images d'une même case ne collent pas tellement entre elles. Mais voilà, des cases entières, des personnages, des décors, quasiment tout dans cette BD a été purement et simplement décalqué sur des bandes-dessinées d'auteurs tels que Victor De La Fuente, Juan Gimenez, Paolo Serpieri, Pepe Moreno et quelques autres. Et quand ce n'est pas sur d'autres dessins, ce sont des photos qui sont recopiées ou simplement utilisées en décor, notamment pour les vues spatiales. Les cases ressemblent en fait à de drôles de photo-montages à base de morceaux d'autres BDs. Du pompage intégral, de A à Z. Et ce qui n'est pas pompé se repère très vite puisque ce sont précisément les zones de dessins qui sont très mal dessinées, visages de personnages et autres décors dignes d'un débutant en dessin. Comme il est dit dans l'Eprouvette : incroyable qu'un éditeur comme Glénat/Comics USA aie pu laisser passer ça et publier cette BD. Ceci étant dit, l'auteur semble jouer un petit peu sur le fait qu'il ait tout pompé : le récit englobant les nouvelles de SF, récit mettant en scène un équivalent de l'auteur lui-même présentant à un éditeur (Glénat d'ailleurs) les histoires de cet album, se termine par ces quelques mots : "je dessine souvent d'après photo" et "j'ai réussi à lui fourguer un album complet. Mais faudra encore peaufiner le droïde nègre si on veut passer à tous les coups." Impressionnant... Mais ça n'en reste pas moins une BD nulle et moche, même si elle se lit et attirera sans conteste le lecteur au courant de sa particularité.
Pierre Tombal
Pierre Tombal creuse sa première tombe dans l'hebdo Spirou n° 2372 du 29 Septembre 1983. Pierre Tombal ?... C'est tout simple : il est fossoyeur de son état. Un fossoyeur comme on se l'imagine : la casquette vissée sur la tête, une cigarette au bec, la pelle en mains. Et il a beaucoup de flegme, le Pierre. Heureusement, car il s'en passe des choses dans "son" cimetière. Les "habitants" ne sont pas "muets comme des tombes" et ne profitent que très peu d'un repos qu'ils croient éternel. Ses premiers gags sont courts, en une planche, puis passeront en récits complets suite à l'avidité des lecteurs. Il est vrai que la série est on ne peut plus originale. Cauvin et Hardy nous balancent un cocktail d'humour noir. Vérifiez dans vos albums : vous trouverez parfois sur les tombes les noms de collègues dessinateurs, scénaristes, amis de ce duo... et encore de ce monde !... Problème pourtant : malgré que nos deux auteurs se renouvellent, force est de constater une certaine lassitude. En fait, Pierre Tombal, c'est comme au théâtre : une histoire, un lieu. Et lorsqu'on voit trop souvent la même pièce, on finit par en avoir plus qu'un certain détachement. A raison d'un album par an (au-moins) la série continue pourtant son chemin. Le trait nerveux de Hardy, les scénarios -parfois au vitriol- de Cauvin, en sont sûrement pour quelque chose... Je ne conseille pas l'achat de la série, mais quelques albums "de première jeunesse" sont -toutefois- à posséder. Une phrase pourrait résumer cette série : "Il ne faut pas rire de la mort, ça me fait marrer !" Les auteurs : Marc HARDY, dessinateur-scénariste belge, est né à Liège le 15 Août 1957. Outre notre ami Pierre, il a collaboré à la série "Les Franval", a créé La Patrouille des Libellules, "Garonne et Guitare" sur un scénario de Mythic. Raoul CAUVIN, scénariste de nationalité belge, est né à Antoing le 26 Septembre 1938. Un pondeur d'idées. A scénarisé de très nombreuses et fort connues séries telles : Les Tuniques Bleues, les Femmes en Blanc, Pauvre Lampil, "Le Vieux Bleu", Godaille et Godasse, Cupidon, Les Psy et autres joyeusetés...
Smith et Wesson
Rien de bien transcendant dans cette bd à l’humour bon enfant. Pas de gros éclats de rires, juste quelques sourires esquissés au détour d’une page. Quelques idées intéressantes, des anachronismes parsemés de ci de là et des gags qui utilisent souvent le même ressort narratif. Mais le tout reste léger et vite lu. Un bon point pour les dessins de Tranchand que je trouve vraiment sympathiques et reconnaissables entre mille. A emprunter, pourquoi pas ?
Relais & Mago
A l’époque de sa sortie, je me souviens que "Relais & Mago" avait bénéficié de pas mal de publicité sur le net. Bizarrement, aucune des librairies spécialisées que je fréquentais ne l’avait reçue. Ce n’est que très récemment que j’ai eu l’occasion de lire le premier opus, après l’avoir déniché dans un bac à occaz. D’après les dires des auteurs, ils souhaitaient faire de l’Heroic Fantasy délirante et burlesque dans l’esprit de Terry Pratchett et des Monty Pythons… Ils sont loin d’avoir atteint leur objectif selon moi. Le récit manque cruellement d’originalité et de maturité. Je déplore l’absence de double niveau de lecture, ce qui rend cette série clairement orientée teenager. L’histoire est parsemée de références nombreuses. Mais on a la désagréable impression que ces clins d’oeils sont insérés de manière artificielle et sans aucune finesse. De plus, le lecteur ne doit pas fournir le moindre effort pour les découvrir. Personnellement, voir Frodon passer dans une case, ça ne me fait pas marrer. De plus, j’ai été peu réceptif à cet humour qui sent le "déjà vu". Pour moi, ça tombe à plat. Côté dessin, il n’est pas désagréable mais sans saveur particulière. Le trait reste un peu trop rectiligne pour insuffler un tant soit peu de dynamisme au dessin. Bon, Gossuin (le héros, pas Elodie) arrive à récupérer une larme de femme crocodile à la fin de l’album et à faire copain-copain avec un garou. Je suppose qu’il réussira à trouver une dent de pharaon orc dans l’opus suivant... qu’il ne me tarde pas de lire. Pour conclure, la réelle innovation apportée par les auteurs est l’interactivité de la série avec le lecteur grâce à des petits boucliers qui renvoient au site internet "www.relaismago.com" où l’univers est davantage développé. Toutefois, cette innovation n’en est plus une depuis que le site bénéficie d’un accès restreint.
Léo Roa
Un scénario que l'on pourrait qualifier de... facile et pour ma part sans grand intérêt, des dessins qui ne sont pas à la hauteur de ceux présentés sur la couverture, bref une Bédé alimentaire.... Aucun plaisir n'est ressorti de la lecture de ces 2 tomes si ce n'est le temps passé sur mon canapé moelleux. Une série à éviter pour ne pas juger trop hâtivement Juan Gimenez qui nous a tout de même habitués à mieux.
Du papier faisons table rase
Au vu du titre je pensais que cette BD traitait d'un sujet un peu plus brûlant, il n'en est rien. Chauzy et Jonquet nous présentent ici un monde assez décalé et son système administratif complètement embourbé par les procédures et la paperasserie, rendant les usagers complètement fous, pressés les uns contre les autres dans d'interminables files d'attentes. En introduisant un trublion dans cet univers, les auteurs nous montrent l'affrontement de la vieille garde et la nouvelle école. On ne peut pas dire que tout ça soit bien excitant... On tente de se moquer gentiment de l'administration, mais cette représentation flirtant maladroitement avec l'absurde ne m'a ni fait rire, ni convaincu. Trop décalé pour être qualifiée de subversive, cette BD ne m'a passionné à aucun moment. Les dessins de Chauzy, sont toujours très réussis et agréables à regarder, cela ne suffit pas pour autant à rendre cet album indispensable. JJJ
Le Mycologue et le Caïman
Ma lecture de cet album partait plutôt bien. Les scénarios de Christin, même s'ils se répètent parfois, sont souvent intéressants et originaux. Et le dessin de Vern, ici, rappelle grandement les débuts de Bilal avec le même Christin. Ce dessin est tout à fait correct. On finit cependant par se lasser de ces décors tracés à la règle, ce qui rend les voitures particulièrement affreuses par exemple. Et on se lasse aussi de ne voir des visages que des profils, face et trois-quarts sans aucune autre alternative. Cependant, la colorisation est à mon sens très bonne et donne un bel aspect à l'ensemble malgré les défauts et manquements du dessin. L'histoire commence comme une banale histoire d'espionnage avec un agent secret qui suit les ordres et les bouts de piste qu'on lui donne. Mais très vite, son histoire va se transformer en jeu de pistes, en rencontres de contacts en contacts avec des méthodes assez ridicules pour mener d'un contact à l'autre. On se demande où cela nous mène et surtout quel est l'intérêt de ce jeu de pistes. Et la vérité éclate hélas assez rapidement : la structure du récit est incohérente et ridicule. En effet, on est baladé en même temps que cet agent secret inutile pour être menés à une conclusion à laquelle tout le monde est convié, à un endroit que tout le monde connaissait finalement sauf le héros et où logiquement le héros aurait dû être envoyé directement par ses patrons plutôt que d'avoir à suivre sa succession de péripéties sans intérêt. Et pourquoi l'amener là ? Pour résoudre en deux secondes d'une manière que n'importe qui aurait pu faire une... super intrigue à base d'armes bactériologiques à laquelle on croit autant qu'à la cohérence du récit. Une mauvaise utilisation à mon sens de l'imagination de Christin et de sa connaissance des réseaux pro-communistes et des relations Est-Ouest en Europe au début des années 80 car le récit qui en ressort est aussi ennuyeux que bidon.