Je m’attaque à la BD que je recevais à chaque Noël. Toujours cette attente pour découvrir l’identité bordel. C’était un grand moment de BD et à la relecture je ne peux que me réjouir d’avoir – fait rare – une collection aussi longue…
Longue, mais il a bien fallu s'arrêter. Et là, il y a plusieurs écoles. On est presque tous d’accord pour dire que jusqu’au tome 8, c’est du génie si on aime le genre action à suspens. Vraiment du génie. Je gobe tout ce qui se passe sous mes yeux, les rebondissements sont bien foutus et malgré leur fréquence, eh bah moi je n’arrive pas à me dire que c’est abracadabrantesque, ni redondant. Le cycle à Greenfalls (surtout la nuit du 3 août et 13 contre Un) a été super puissant à mes yeux, même si les tomes précédents étaient déjà grandioses. Ensuite le petit tour au Costa Verde m’a suffisamment plu pour garder la confiance, la sauce prend toujours même si nous apprenons moins de choses essentielles.
Ensuite, oui…peut-être…bon… C’est moins fou. Sauf que la magie a pu toujours opérer. Je peux comprendre la lassitude des dessins, sauf que je me sens toujours bien. L’action réaliste, les gueules de Ken très rétro, ces crapules ou les cas soc’ et les baby dolls m’ont toujours plu. Les visages sont un peu crispés, c’est vrai, mais ça ne m’ennuie pas, bien au contraire. Je regarde les traits avec tous ces détails qui créent la vieillesse d’un individu, la naïveté d’un autre, l’intelligence de celle-ci, la brutalité de celui-là…
Et ce qui a pu continuer à m’emporter dans cette saga, c’est peut-être le casting. Sans cesse renouvelé, je trouve difficile de reprocher la présence de si nombreux personnages secondaires. On finit forcément par être marqué par certains ou, au moins, intéressés par beaucoup… En tout cas, ça a été mon cas et c’est ce qui, je trouve, fait toute la richesse de cette série. Et parmi ses personnages, les femmes ont une place de choix. Ok elles tombent amoureuses de notre héros comme des mouches, mais elles restent des femmes fatales, foncièrement indépendantes, que l’on se plaît à retrouver plus tard parfois. Bien que le Major Jones ne soit pas, à mon sens, la plus réussie, j’ai trouvé le jeu du chat et de la souris très plaisant tout du long.
Au même titre que d’autres auteurs, ça ne me dérange pas que Van Hamme pioche ou « copie » des idées de récit. La Mémoire dans la Peau de Robert Ludlum sort en 1981 et le premier tome de XIII en 1984. Aussi le scénario et les années de publications laissent à penser que c’est un secret de Polichinelle. Pour qui le voit comme un blâme, je trouve ça discutable: car c’est ne pas reconnaître qu’il y a quand même eu un vrai travail fourni pour le support BD et c’est oublié tous ces films/musiques/tableaux que vous aimez sûrement et qui sont issus d’idées déjà explorées par le passé et par quelqu’un d’autre (ou bien on croit avoir tout inventé, ce qui devient prétentieux).
Mon dernier achat est et restera le tome 21 + 5 Mystery. Je me souviens juste m’être un peu forcé à les lire jusqu’à actionner le coup de frein à main définitif. De base, je dirais que la série a une certaine complexité dans le récit mais qu’elle n’a pas trop de profondeur dans les idées qui s’en dégagent. C’est un suspens fait d’actions et faut aimer, point. Alors si les auteurs n’arrivent plus à me tenir en haleine, ça devient malheureusement une vraie daube à mes yeux. Je choisis de retirer une étoile pour ça: il faut s'arrêter. Pas besoin d'être sévère, pas possible de mettre cette série au placard, mais c’est vrai que le fait de lire « Série en cours » me laisse un goût amer. Tant mieux si d'autres arrivent encore à s'éclater avec les nouveaux tomes.
Côté conseil : ultra grand maximum, prenez le risque d’aller jusqu’au tome 19, avec la Version Irlandaise qui a été une très belle surprise… Mais l’aspect immanquable de XIII restera avant tout l’aventure jusqu’au tome 8 inclus, et disons jusqu’au 13 par extension (un petit tour au Costa Verde ne peut pas faire de mal).
------------------------------------------------------------------------------------------------------
Note: je viens de lire l'avis de fuuhuu, c'est vrai que j'avais XIII aussi (GameCube). Quand j'y repense, c'était un vrai plaisir, je l'ai saigné et je crois bien que je serais trop heureux d'y jouer à nouveau!!
La série du magazine Lucha Libre que j'ai préférée...
L'ambiance est top et le scénario fun...c'est un peu moins déjanté et bourrin que les autres séries de Frissen sorties dans ce mag (comme Luchadores Five ou Tequila ).
Le dessin est moins original que pour les autres séries mais plus lisible, ce qui contribue à renforcer le plaisir de lecture.
Quant au scénario, il est riche en rebondissements mais reste plus cohérent que dans les séries citées plus haut.
Bref, c'est pour moi la meilleure série du lot et ça vaut vraiment le coup d'être lu...
Avec beaucoup de recul et pas mal de honte, Sandrine Kerion nous raconte son adolescence alors qu’elle s’était retrouvée endoctrinée par les théories du complot sur les extraterrestres et les OVNI. Pire, elle était convaincue d’avoir vu des soucoupes volantes, et d’avoir été contactée par eux…
Aujourd’hui, à 40 ans, elle publie une véritable thèse sur le sujet, pour essayer de comprendre comment ce genre d’autosuggestion est possible. « J'ai vu les soucoupes » se présente donc comme un exposé détaillé (et parfois un peu verbeux) de l’histoire de l’ufologie. Elle parle des principaux courants de pensée, des nombreux individus qui ont contribué aux différentes théories, des bouquins de son père et des émissions télévisées (très à la mode dans les années 90) qui ont nourri son obsession… et puis des réseaux sociaux, qui ont permis plus récemment à ces théories de toucher beaucoup plus de gens. Elle parle, enfin, des dégâts que cet endoctrinement quasi-religieux a causé dans sa vie (anorexie, dépression, phobies).
Une séance d’autothérapie fascinante, et superbement documentée et argumentée…
Buddy Longway, tout a déjà été dit sur cette série, des critiques dithyrambiques etc.. etc.. , alors je ne serais pas long sur le sujet, je voyais ce titre à la bibliothèque mais quand j'ouvrais le livre le style graphique faisait vieillot et me rebutait , et là j'ai franchi le pas . . . je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds. ah lala damn!!! là je comprends pourquoi il y a tant d'éloges envers cette série .
Buddy Longway c'est une ode à la nature et un hymne à l'humanisme mais c'est aussi une sacrée tragédie.
Le dessin que je trouvais moche dans le tome 1 on n'y fait même plus attention et il s'améliore dans les tomes suivants.
Cette fin tragique il fallait oser j'ai trouvé cela hyper couillu de la part de l'auteur et c'est ce qui rend cette série résolument mature et mythique.
MAGISTRALE.
Je lorgnais cette série dès le tome 1 en 2017, me demandant quand je pourrais la lire, en devinant que ça pouvait me plaire, j'ai une sorte de flair pour ça, et autant dire si je suis patient d'avoir attendu aujourd'hui, aidé aussi par des impondérables qui m'ont fait oublier un temps la série, mais cette fois ça y est, j'ai tout lu et je me suis régalé !
Matz et Xavier donnent vie à un nouveau héros aventurier au physique de beau gosse charismatique, dans une sorte de western contemporain ; c'est dans un style proche de Wayne Shelton, de Mexicana, de Tosca, de Largo Winch et avec un petit air de Bernard Prince aussi, bref un combo extra et très séduisant, avec un héros qui se planque dans plusieurs endroits de la planète parce qu'il est rattrapé par son passé, et qu'il a le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et de se fourrer dans des embrouilles pas possibles.
Les auteurs n'ont pas peur de marcher sur un terrain déjà très fréquenté, avec des situations archi vues, des ingrédients ultra éprouvés et en enquillant une tonne de clichés. Mais allez savoir pourquoi, c'est tellement bien torché, avec des scénarios bien ficelés, des personnages secondaires bien travaillés et qui ont la gueule de l'emploi, que malgré toutes ces conventions, je marche à fond dedans, je fonce même, je prend un vrai plaisir à me lancer dans cette série qui a l'énergie des meilleurs thrillers, qui avance vite, avec des séquences remuantes, des parties de flingues, de la castagne et du suspense. Faut dire que le tome 1 démarre en trombe et met de suite dans l'ambiance, on voit aussitôt à quoi on va être confronté, à une sorte de mélange de genres qu'on retrouve dans des bandes que j'ai citées plus haut, avec un ton de western pour la forme, une action moderne située de nos jours pour le fond, et une psychologie bien étudiée, juste ce qu'il faut pour pas alourdir la série qui vise avant tout à détendre.
L'aspect cosmopolite des lieux où circulent Tango et son acolyte, dont chaque album se déroule dans un pays différent, apporte un plus indéniable et donne une touche exotique non négligeable ; les décors d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud sont très chouettes, ça change des Bd qui se situent toujours aux Etats-Unis, j'adore ce composant que je considère comme étant l'un des plus efficaces de la série qui est facile à lire, qui se lit assez vite et qui ne prend pas la tête. C'est classique et ça ne renouvelle rien mais c'est tellement prenant que j'ai lu les 5 albums d'affilée sans faiblir, et je me suis vraiment régalé. En plus ce sont des histoires complètes par albums, on ne voit plus guère ce procédé de nos jours, même s'il y a quand même un cheminement, une continuité ; mes préférés sont les 2 premiers albums, en Bolivie et aux Bahamas, le tome 3 m'ayant paru le moins intéressant...
L'autre grand atout de cette Bd, c'est bien sûr son dessin, il est clair que s'il n'y avait pas un dessin du calibre de Xavier, ça serait sans doute plus ennuyeux ; c'est dessiné avec application et un grand soin, j'aime le beau trait fluide, sensuel et réaliste de Xavier qui livre des paysages superbes et des vues très cartes postales en utilisant une mise en page très aérée, avec de grands cadrages.
Voila donc une bande qui possède toutes les recettes d'une bonne Bd populaire de qualité, et appelée à devenir une nouvelle référence de la BD d'aventure, si ce n'est déjà fait. Attention cependant à un truc qui pourrait la pénaliser : le système narratif et la trame de chaque album sont pratiquement identiques, il ne faudrait pas que ça devienne trop répétitif au point de couler la série, ça serait vraiment dommage.
Le Loup des Mers mériterait de devenir un grand classique de la BD. Pour la seconde fois Riff Reb’s m’embarque complètement dans cette odyssée. Avec A Bord De l’Etoile Matutine, l’auteur propose de transmettre des histoires terriblement puissantes.
L’écriture est incroyable. Les mises en scène sont pleines de vie. L’évolution des personnages est un vrai régal. Le Loup est d’un mystère sans fond et le raconteur gagne clairement son lot d’intérêts au fil de l’histoire.
L’approche philosophique est concrète, franche. Riff Reb’s continue d'explorer le nihilisme, qui atteint ici son paroxysme. L'idée est personnifiée par un capitaine terrifiant et misanthrope qui se confronte aux moralistes, ceux-là qui n’ont jamais remis en cause ni questionné les valeurs qui les guident. Tout est fait de nuance, les dialogues dégagent des problématiques profondes et je trouve très intelligent d’avoir fait en sorte que le scénario soit une grande histoire faite de « mises en pratiques » philosophiques.
Le décor maritime est grandiose, lugubre et mortifère avec ce doux parfum poétique. La bichromie me plonge dans l’ambiance et le dessin laisse sans voix.
Même si c'est un one shot, je conseillerais de lire la trilogie maritime selon l'ordre de parution, dans le sens où le premier volet est basée sur l'ambiance générale, tandis que ce second récit se concentre sur la pensée de deux individus, essentiellement. J'ai bien aimé ce système d'entonnoir, on n'en finit pas de découvrir des choses.
J’ai un profond respect pour le travail de Riff Rebb’s, qui mérite une place digne dans l’histoire de la bande dessinée. A posséder et à partager.
Très bon scénario, excellent dessin ! J’aime beaucoup de ce fait Brüno. Cette chasse au trésor bidon est bien menée, c’est maitrisé d’un bout à l’autre et dynamique. Les personnages ont été travaillés, ils ont de vrais parcours de vie et des caractères bien trempés. La question qui se pose est : lequel de la bande a trahi les autres, quinze ans auparavant ? Et c’est cette quête qui mène le récit et qui crée la tension qui monte au fil des pages. C’est un très bon western. A lire…
Hell's Kitchen (la cuisine du diable) est un quartier de New York situé à Manhattan délimité par les 34e et 59e rues, par la 8e avenue et l'Hudson River. On en trouve la première référence concernant ce quartier en 1881, dans le reportage d'un journaliste qui avait visité celui-ci pour couvrir une affaire de meurtres multiples. Il parlait de « Hell's Kitchen » à propos d'un immeuble donnant sur la 39e rue et la 10e avenue et déclarait que la zone tout entière était probablement la plus répugnante de toute la ville. Aujourd’hui tout a changé mais au début du 19ième siècle ce quartier faisait froid dans le dos.
Connaissant particulièrement ce quartier de big apple, je ne pouvais pas faire l’impasse sur cette série. Et je vous le dis tout de go, les amateurs de ce New York des années 30 - une époque révolue - ne seront pas déçus.
Anthony Poucet n’a que 13 ans. Ses parents ont été assassinés lors d’une fusillade. La guerre des gangs fait rage. Que cela tienne, il ne va pas baisser les bras et il va prendre en main sa vie en se faufilant telle une anguille entre les différents groupes mafieux. Cela le mènera tout droit vers le caïd de l’époque, le fameux Al Capone.
Alors oui ça bouge. Le sang coule à flot. On suit les pérégrinations de cet avorton qui n’a pas froid aux yeux avec délice.
C’est subtil mais oui il y a un peu du Charles Perrault dans ce récit. Un peu de barbe bleue et de cendrillon. Clin d’œil très sympathique de la part des auteurs à ce célèbre homme de lettres français. Mais ce n’est pas tout. Poussez les murs ! Eliott Ness est aussi de la partie. Quel casting au final avec cette série.
Le graphisme est vraiment bien avec de nombreux détails notamment sur les arrières plans. Le trait est précis. Le découpage alterne des plans horizontaux et verticaux permettant de donner du rythme au récit. Petite précision, la colorisation sépia est vraiment bien utilisée permettant de favoriser l’atmosphère noire et fascinante des années 30.
Je vous invite à déguster un verre de whisky – oui c’est autorisé – pour mieux appréhender la prohibition avec en fond sonore, un air jazzy. Vous pourrez ainsi vous mettre à table dans la cuisine du diable. Bon appétit ou plutôt bonne lecture de cette série entre conte pour les enfants et histoire mafieuse pour les adultes.
Malgré un graphisme qui ne m'attirait vraiment pas, j'ai adoré cet album.
Un jour le personnage central, Lubin, développe une deuxième personnalité, qui prend sa place un jour sur deux avec une régularité de métronome. Ceci étant posé, si vous pensez que c'est la recherche de la cause de cette "affection" ou d'une solution médicale ou psychologique qui sera le sujet de cette histoire, alors vous faites fausse route.
Lubin, un peu passif, accepte en effet de subir cette situation comme s'il n'y avait pas de solution, et c'est la cohabitation de ces deux personnalités et les problématiques qu'elle pose - organisation quotidienne, vie amicale, travail, famille, petites amies, etc. - qui occuperont une assez large première partie.
Mais bientôt cette coexistence devient difficile, et le deuxième Lubin prend le pas sur l'original, et ce d'une manière croissante. Le jour sur deux d'existence devient un jour sur trois, quatre, cinq, et la vie du Lubin d'origine se réduit à peau de chagrin, et nous avons là la deuxième partie du récit. On pensera inévitablement à L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, mais ici, même s'il y a de la tension, on n'est absolument pas dans le même registre.
Cette deuxième partie occupera tout le reste de la vie de Lubin. Le récit prend ici des allures de voyage dans le temps, puisque selon son point de vue le Lubin original revient en faisant des sauts dans le temps de plus en plus espacés. Du coup le monde change, ses relations vieillissent, le deuxième Lubin vit sa vie, et c'est l'original qui est devenu l'intrus, anomalie qu'il faut éliminer.
Et la fin, que dire de la fin ? Ahlala, qu'elle est bien trouvée et mise en scène, cette fin ! Belle et sombre, désespérément belle, atrocement sombre...
Une excellente surprise, donc que cette histoire qui mêle des thématiques diverses, et qui parvient - très bonne idée - à nous faire voyager dans le temps sous couvert de schizophrénie.
L'histoire d'une jeune chienne destinée à devenir gardienne d'une ferme des environs de Paris au 19e siècle et qui se retrouve finalement exilée dans les rues de la capitale, rêvant d'y exercer sa passion pour la peinture.
C'est une histoire à la Disney, dans la lignée des 101 Dalmatiens, Bernard et Bianca ou la Belle et le Clochard, où les animaux côtoient les humains normalement, mais forment également leur propre société parallèle. En même temps, Stephen Desberg a tenté d'en extraire un récit plutôt mature, s'adressant finalement à tous publics et pas seulement à la jeunesse.
C'est ainsi par exemple que dans les sous-sols du Moulin Rouge on trouve son équivalent où des animaux de toutes les races s'amusent ensemble et profitent de la vie festive du Paris de 1889. Et tandis que les impressionistes peignent Montmartre et ses environs, la petite chienne Ecoline trempe aussi ses pattes dans la peinture pour exercer son art et tenter d'en vivre.
Desberg a pu compter sur l'art de Teresa Martínez, illustratrice pour enfants d'origine mexicaine, qui se lance ici avec brio dans sa première bande dessinée. Son style se révèle particulier car il combine un trait épuré et rond assez enfantin, avec de superbes couleurs plus adultes. Cela donne des personnages animaliers mignons et attachants, des décors simples et efficacement évocateurs, et surtout de très belles peintures lumineuses et colorées qui rendent expressément hommage aux maîtres de l'Impressionisme. On y reconnaitra forcément l'influence directe des grands noms de l'époque, Monet, Renoir, Van Gogh ou encore Toulouse-Lautrec. Objectivement, j'ai adoré ces planches et l'ambiance qu'elles dégagent. Elles permettent en outre de redonner une belle vie au Paris de l'époque, lui offrant au passage une atmosphère presque merveilleuse.
L'intrigue pour sa part m'a légèrement moins enthousiasmé. Aussi agréable soit-elle, elle se révèle manquer un peu d'accroche et d'originalité. Les pesonnages y sont très sympathiques, mais les aventures qu'ils vivent sont légèrement convenues, avec presque un petit air de déjà-vu ou du moins un manque d'envergure.
On se laisse toutefois porter par le charme tendre de l'ensemble et la beauté des planches. L'album se présente comme un one-shot mais l'auteur se laisse la possibilité d'une suite formée d'histoires en un tome. Si c'est le cas, je les lirai avec plaisir.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
XIII
Je m’attaque à la BD que je recevais à chaque Noël. Toujours cette attente pour découvrir l’identité bordel. C’était un grand moment de BD et à la relecture je ne peux que me réjouir d’avoir – fait rare – une collection aussi longue… Longue, mais il a bien fallu s'arrêter. Et là, il y a plusieurs écoles. On est presque tous d’accord pour dire que jusqu’au tome 8, c’est du génie si on aime le genre action à suspens. Vraiment du génie. Je gobe tout ce qui se passe sous mes yeux, les rebondissements sont bien foutus et malgré leur fréquence, eh bah moi je n’arrive pas à me dire que c’est abracadabrantesque, ni redondant. Le cycle à Greenfalls (surtout la nuit du 3 août et 13 contre Un) a été super puissant à mes yeux, même si les tomes précédents étaient déjà grandioses. Ensuite le petit tour au Costa Verde m’a suffisamment plu pour garder la confiance, la sauce prend toujours même si nous apprenons moins de choses essentielles. Ensuite, oui…peut-être…bon… C’est moins fou. Sauf que la magie a pu toujours opérer. Je peux comprendre la lassitude des dessins, sauf que je me sens toujours bien. L’action réaliste, les gueules de Ken très rétro, ces crapules ou les cas soc’ et les baby dolls m’ont toujours plu. Les visages sont un peu crispés, c’est vrai, mais ça ne m’ennuie pas, bien au contraire. Je regarde les traits avec tous ces détails qui créent la vieillesse d’un individu, la naïveté d’un autre, l’intelligence de celle-ci, la brutalité de celui-là… Et ce qui a pu continuer à m’emporter dans cette saga, c’est peut-être le casting. Sans cesse renouvelé, je trouve difficile de reprocher la présence de si nombreux personnages secondaires. On finit forcément par être marqué par certains ou, au moins, intéressés par beaucoup… En tout cas, ça a été mon cas et c’est ce qui, je trouve, fait toute la richesse de cette série. Et parmi ses personnages, les femmes ont une place de choix. Ok elles tombent amoureuses de notre héros comme des mouches, mais elles restent des femmes fatales, foncièrement indépendantes, que l’on se plaît à retrouver plus tard parfois. Bien que le Major Jones ne soit pas, à mon sens, la plus réussie, j’ai trouvé le jeu du chat et de la souris très plaisant tout du long. Au même titre que d’autres auteurs, ça ne me dérange pas que Van Hamme pioche ou « copie » des idées de récit. La Mémoire dans la Peau de Robert Ludlum sort en 1981 et le premier tome de XIII en 1984. Aussi le scénario et les années de publications laissent à penser que c’est un secret de Polichinelle. Pour qui le voit comme un blâme, je trouve ça discutable: car c’est ne pas reconnaître qu’il y a quand même eu un vrai travail fourni pour le support BD et c’est oublié tous ces films/musiques/tableaux que vous aimez sûrement et qui sont issus d’idées déjà explorées par le passé et par quelqu’un d’autre (ou bien on croit avoir tout inventé, ce qui devient prétentieux). Mon dernier achat est et restera le tome 21 + 5 Mystery. Je me souviens juste m’être un peu forcé à les lire jusqu’à actionner le coup de frein à main définitif. De base, je dirais que la série a une certaine complexité dans le récit mais qu’elle n’a pas trop de profondeur dans les idées qui s’en dégagent. C’est un suspens fait d’actions et faut aimer, point. Alors si les auteurs n’arrivent plus à me tenir en haleine, ça devient malheureusement une vraie daube à mes yeux. Je choisis de retirer une étoile pour ça: il faut s'arrêter. Pas besoin d'être sévère, pas possible de mettre cette série au placard, mais c’est vrai que le fait de lire « Série en cours » me laisse un goût amer. Tant mieux si d'autres arrivent encore à s'éclater avec les nouveaux tomes. Côté conseil : ultra grand maximum, prenez le risque d’aller jusqu’au tome 19, avec la Version Irlandaise qui a été une très belle surprise… Mais l’aspect immanquable de XIII restera avant tout l’aventure jusqu’au tome 8 inclus, et disons jusqu’au 13 par extension (un petit tour au Costa Verde ne peut pas faire de mal). ------------------------------------------------------------------------------------------------------ Note: je viens de lire l'avis de fuuhuu, c'est vrai que j'avais XIII aussi (GameCube). Quand j'y repense, c'était un vrai plaisir, je l'ai saigné et je crois bien que je serais trop heureux d'y jouer à nouveau!!
Les Tikitis
La série du magazine Lucha Libre que j'ai préférée... L'ambiance est top et le scénario fun...c'est un peu moins déjanté et bourrin que les autres séries de Frissen sorties dans ce mag (comme Luchadores Five ou Tequila ). Le dessin est moins original que pour les autres séries mais plus lisible, ce qui contribue à renforcer le plaisir de lecture. Quant au scénario, il est riche en rebondissements mais reste plus cohérent que dans les séries citées plus haut. Bref, c'est pour moi la meilleure série du lot et ça vaut vraiment le coup d'être lu...
J'ai vu les soucoupes
Avec beaucoup de recul et pas mal de honte, Sandrine Kerion nous raconte son adolescence alors qu’elle s’était retrouvée endoctrinée par les théories du complot sur les extraterrestres et les OVNI. Pire, elle était convaincue d’avoir vu des soucoupes volantes, et d’avoir été contactée par eux… Aujourd’hui, à 40 ans, elle publie une véritable thèse sur le sujet, pour essayer de comprendre comment ce genre d’autosuggestion est possible. « J'ai vu les soucoupes » se présente donc comme un exposé détaillé (et parfois un peu verbeux) de l’histoire de l’ufologie. Elle parle des principaux courants de pensée, des nombreux individus qui ont contribué aux différentes théories, des bouquins de son père et des émissions télévisées (très à la mode dans les années 90) qui ont nourri son obsession… et puis des réseaux sociaux, qui ont permis plus récemment à ces théories de toucher beaucoup plus de gens. Elle parle, enfin, des dégâts que cet endoctrinement quasi-religieux a causé dans sa vie (anorexie, dépression, phobies). Une séance d’autothérapie fascinante, et superbement documentée et argumentée…
Buddy Longway
Buddy Longway, tout a déjà été dit sur cette série, des critiques dithyrambiques etc.. etc.. , alors je ne serais pas long sur le sujet, je voyais ce titre à la bibliothèque mais quand j'ouvrais le livre le style graphique faisait vieillot et me rebutait , et là j'ai franchi le pas . . . je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds. ah lala damn!!! là je comprends pourquoi il y a tant d'éloges envers cette série . Buddy Longway c'est une ode à la nature et un hymne à l'humanisme mais c'est aussi une sacrée tragédie. Le dessin que je trouvais moche dans le tome 1 on n'y fait même plus attention et il s'améliore dans les tomes suivants. Cette fin tragique il fallait oser j'ai trouvé cela hyper couillu de la part de l'auteur et c'est ce qui rend cette série résolument mature et mythique. MAGISTRALE.
Tango (Xavier/Matz)
Je lorgnais cette série dès le tome 1 en 2017, me demandant quand je pourrais la lire, en devinant que ça pouvait me plaire, j'ai une sorte de flair pour ça, et autant dire si je suis patient d'avoir attendu aujourd'hui, aidé aussi par des impondérables qui m'ont fait oublier un temps la série, mais cette fois ça y est, j'ai tout lu et je me suis régalé ! Matz et Xavier donnent vie à un nouveau héros aventurier au physique de beau gosse charismatique, dans une sorte de western contemporain ; c'est dans un style proche de Wayne Shelton, de Mexicana, de Tosca, de Largo Winch et avec un petit air de Bernard Prince aussi, bref un combo extra et très séduisant, avec un héros qui se planque dans plusieurs endroits de la planète parce qu'il est rattrapé par son passé, et qu'il a le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et de se fourrer dans des embrouilles pas possibles. Les auteurs n'ont pas peur de marcher sur un terrain déjà très fréquenté, avec des situations archi vues, des ingrédients ultra éprouvés et en enquillant une tonne de clichés. Mais allez savoir pourquoi, c'est tellement bien torché, avec des scénarios bien ficelés, des personnages secondaires bien travaillés et qui ont la gueule de l'emploi, que malgré toutes ces conventions, je marche à fond dedans, je fonce même, je prend un vrai plaisir à me lancer dans cette série qui a l'énergie des meilleurs thrillers, qui avance vite, avec des séquences remuantes, des parties de flingues, de la castagne et du suspense. Faut dire que le tome 1 démarre en trombe et met de suite dans l'ambiance, on voit aussitôt à quoi on va être confronté, à une sorte de mélange de genres qu'on retrouve dans des bandes que j'ai citées plus haut, avec un ton de western pour la forme, une action moderne située de nos jours pour le fond, et une psychologie bien étudiée, juste ce qu'il faut pour pas alourdir la série qui vise avant tout à détendre. L'aspect cosmopolite des lieux où circulent Tango et son acolyte, dont chaque album se déroule dans un pays différent, apporte un plus indéniable et donne une touche exotique non négligeable ; les décors d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud sont très chouettes, ça change des Bd qui se situent toujours aux Etats-Unis, j'adore ce composant que je considère comme étant l'un des plus efficaces de la série qui est facile à lire, qui se lit assez vite et qui ne prend pas la tête. C'est classique et ça ne renouvelle rien mais c'est tellement prenant que j'ai lu les 5 albums d'affilée sans faiblir, et je me suis vraiment régalé. En plus ce sont des histoires complètes par albums, on ne voit plus guère ce procédé de nos jours, même s'il y a quand même un cheminement, une continuité ; mes préférés sont les 2 premiers albums, en Bolivie et aux Bahamas, le tome 3 m'ayant paru le moins intéressant... L'autre grand atout de cette Bd, c'est bien sûr son dessin, il est clair que s'il n'y avait pas un dessin du calibre de Xavier, ça serait sans doute plus ennuyeux ; c'est dessiné avec application et un grand soin, j'aime le beau trait fluide, sensuel et réaliste de Xavier qui livre des paysages superbes et des vues très cartes postales en utilisant une mise en page très aérée, avec de grands cadrages. Voila donc une bande qui possède toutes les recettes d'une bonne Bd populaire de qualité, et appelée à devenir une nouvelle référence de la BD d'aventure, si ce n'est déjà fait. Attention cependant à un truc qui pourrait la pénaliser : le système narratif et la trame de chaque album sont pratiquement identiques, il ne faudrait pas que ça devienne trop répétitif au point de couler la série, ça serait vraiment dommage.
Le Loup des Mers
Le Loup des Mers mériterait de devenir un grand classique de la BD. Pour la seconde fois Riff Reb’s m’embarque complètement dans cette odyssée. Avec A Bord De l’Etoile Matutine, l’auteur propose de transmettre des histoires terriblement puissantes. L’écriture est incroyable. Les mises en scène sont pleines de vie. L’évolution des personnages est un vrai régal. Le Loup est d’un mystère sans fond et le raconteur gagne clairement son lot d’intérêts au fil de l’histoire. L’approche philosophique est concrète, franche. Riff Reb’s continue d'explorer le nihilisme, qui atteint ici son paroxysme. L'idée est personnifiée par un capitaine terrifiant et misanthrope qui se confronte aux moralistes, ceux-là qui n’ont jamais remis en cause ni questionné les valeurs qui les guident. Tout est fait de nuance, les dialogues dégagent des problématiques profondes et je trouve très intelligent d’avoir fait en sorte que le scénario soit une grande histoire faite de « mises en pratiques » philosophiques. Le décor maritime est grandiose, lugubre et mortifère avec ce doux parfum poétique. La bichromie me plonge dans l’ambiance et le dessin laisse sans voix. Même si c'est un one shot, je conseillerais de lire la trilogie maritime selon l'ordre de parution, dans le sens où le premier volet est basée sur l'ambiance générale, tandis que ce second récit se concentre sur la pensée de deux individus, essentiellement. J'ai bien aimé ce système d'entonnoir, on n'en finit pas de découvrir des choses. J’ai un profond respect pour le travail de Riff Rebb’s, qui mérite une place digne dans l’histoire de la bande dessinée. A posséder et à partager.
Junk
Très bon scénario, excellent dessin ! J’aime beaucoup de ce fait Brüno. Cette chasse au trésor bidon est bien menée, c’est maitrisé d’un bout à l’autre et dynamique. Les personnages ont été travaillés, ils ont de vrais parcours de vie et des caractères bien trempés. La question qui se pose est : lequel de la bande a trahi les autres, quinze ans auparavant ? Et c’est cette quête qui mène le récit et qui crée la tension qui monte au fil des pages. C’est un très bon western. A lire…
La Cuisine du Diable
Hell's Kitchen (la cuisine du diable) est un quartier de New York situé à Manhattan délimité par les 34e et 59e rues, par la 8e avenue et l'Hudson River. On en trouve la première référence concernant ce quartier en 1881, dans le reportage d'un journaliste qui avait visité celui-ci pour couvrir une affaire de meurtres multiples. Il parlait de « Hell's Kitchen » à propos d'un immeuble donnant sur la 39e rue et la 10e avenue et déclarait que la zone tout entière était probablement la plus répugnante de toute la ville. Aujourd’hui tout a changé mais au début du 19ième siècle ce quartier faisait froid dans le dos. Connaissant particulièrement ce quartier de big apple, je ne pouvais pas faire l’impasse sur cette série. Et je vous le dis tout de go, les amateurs de ce New York des années 30 - une époque révolue - ne seront pas déçus. Anthony Poucet n’a que 13 ans. Ses parents ont été assassinés lors d’une fusillade. La guerre des gangs fait rage. Que cela tienne, il ne va pas baisser les bras et il va prendre en main sa vie en se faufilant telle une anguille entre les différents groupes mafieux. Cela le mènera tout droit vers le caïd de l’époque, le fameux Al Capone. Alors oui ça bouge. Le sang coule à flot. On suit les pérégrinations de cet avorton qui n’a pas froid aux yeux avec délice. C’est subtil mais oui il y a un peu du Charles Perrault dans ce récit. Un peu de barbe bleue et de cendrillon. Clin d’œil très sympathique de la part des auteurs à ce célèbre homme de lettres français. Mais ce n’est pas tout. Poussez les murs ! Eliott Ness est aussi de la partie. Quel casting au final avec cette série. Le graphisme est vraiment bien avec de nombreux détails notamment sur les arrières plans. Le trait est précis. Le découpage alterne des plans horizontaux et verticaux permettant de donner du rythme au récit. Petite précision, la colorisation sépia est vraiment bien utilisée permettant de favoriser l’atmosphère noire et fascinante des années 30. Je vous invite à déguster un verre de whisky – oui c’est autorisé – pour mieux appréhender la prohibition avec en fond sonore, un air jazzy. Vous pourrez ainsi vous mettre à table dans la cuisine du diable. Bon appétit ou plutôt bonne lecture de cette série entre conte pour les enfants et histoire mafieuse pour les adultes.
Ces jours qui disparaissent
Malgré un graphisme qui ne m'attirait vraiment pas, j'ai adoré cet album. Un jour le personnage central, Lubin, développe une deuxième personnalité, qui prend sa place un jour sur deux avec une régularité de métronome. Ceci étant posé, si vous pensez que c'est la recherche de la cause de cette "affection" ou d'une solution médicale ou psychologique qui sera le sujet de cette histoire, alors vous faites fausse route. Lubin, un peu passif, accepte en effet de subir cette situation comme s'il n'y avait pas de solution, et c'est la cohabitation de ces deux personnalités et les problématiques qu'elle pose - organisation quotidienne, vie amicale, travail, famille, petites amies, etc. - qui occuperont une assez large première partie. Mais bientôt cette coexistence devient difficile, et le deuxième Lubin prend le pas sur l'original, et ce d'une manière croissante. Le jour sur deux d'existence devient un jour sur trois, quatre, cinq, et la vie du Lubin d'origine se réduit à peau de chagrin, et nous avons là la deuxième partie du récit. On pensera inévitablement à L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, mais ici, même s'il y a de la tension, on n'est absolument pas dans le même registre. Cette deuxième partie occupera tout le reste de la vie de Lubin. Le récit prend ici des allures de voyage dans le temps, puisque selon son point de vue le Lubin original revient en faisant des sauts dans le temps de plus en plus espacés. Du coup le monde change, ses relations vieillissent, le deuxième Lubin vit sa vie, et c'est l'original qui est devenu l'intrus, anomalie qu'il faut éliminer. Et la fin, que dire de la fin ? Ahlala, qu'elle est bien trouvée et mise en scène, cette fin ! Belle et sombre, désespérément belle, atrocement sombre... Une excellente surprise, donc que cette histoire qui mêle des thématiques diverses, et qui parvient - très bonne idée - à nous faire voyager dans le temps sous couvert de schizophrénie.
Ecoline
L'histoire d'une jeune chienne destinée à devenir gardienne d'une ferme des environs de Paris au 19e siècle et qui se retrouve finalement exilée dans les rues de la capitale, rêvant d'y exercer sa passion pour la peinture. C'est une histoire à la Disney, dans la lignée des 101 Dalmatiens, Bernard et Bianca ou la Belle et le Clochard, où les animaux côtoient les humains normalement, mais forment également leur propre société parallèle. En même temps, Stephen Desberg a tenté d'en extraire un récit plutôt mature, s'adressant finalement à tous publics et pas seulement à la jeunesse. C'est ainsi par exemple que dans les sous-sols du Moulin Rouge on trouve son équivalent où des animaux de toutes les races s'amusent ensemble et profitent de la vie festive du Paris de 1889. Et tandis que les impressionistes peignent Montmartre et ses environs, la petite chienne Ecoline trempe aussi ses pattes dans la peinture pour exercer son art et tenter d'en vivre. Desberg a pu compter sur l'art de Teresa Martínez, illustratrice pour enfants d'origine mexicaine, qui se lance ici avec brio dans sa première bande dessinée. Son style se révèle particulier car il combine un trait épuré et rond assez enfantin, avec de superbes couleurs plus adultes. Cela donne des personnages animaliers mignons et attachants, des décors simples et efficacement évocateurs, et surtout de très belles peintures lumineuses et colorées qui rendent expressément hommage aux maîtres de l'Impressionisme. On y reconnaitra forcément l'influence directe des grands noms de l'époque, Monet, Renoir, Van Gogh ou encore Toulouse-Lautrec. Objectivement, j'ai adoré ces planches et l'ambiance qu'elles dégagent. Elles permettent en outre de redonner une belle vie au Paris de l'époque, lui offrant au passage une atmosphère presque merveilleuse. L'intrigue pour sa part m'a légèrement moins enthousiasmé. Aussi agréable soit-elle, elle se révèle manquer un peu d'accroche et d'originalité. Les pesonnages y sont très sympathiques, mais les aventures qu'ils vivent sont légèrement convenues, avec presque un petit air de déjà-vu ou du moins un manque d'envergure. On se laisse toutefois porter par le charme tendre de l'ensemble et la beauté des planches. L'album se présente comme un one-shot mais l'auteur se laisse la possibilité d'une suite formée d'histoires en un tome. Si c'est le cas, je les lirai avec plaisir.