Je me suis rendue compte récemment que je n’avais jamais lu le troisième tome de cette série, que je possède pourtant depuis un certain temps. Ça m'a donné envie de relire les deux premiers tomes avant de lire le troisième.
Cette seconde lecture n'a fait que confirmer le bien que je pense de cette série. En enchainant les trois tomes, j'ai pu apprécier le fait que chaque tome propose un cadre et une ambiance différente : j’ai particulièrement apprécié l’ambiance western du premier tome, et l’atmosphère de Miami dans le troisième.
Les scénarios et les personnages ne sont pas follement originaux, mais ça n’a pas grande importance. Ce qui fait la réelle force de cette série, c’est la réalisation : la narration, le découpage, les cadrages, et bien sûr le superbe dessin de Brüno magnifié par les couleurs de Laurence Croix. Certaines planches sont magnifiques, à condition bien sûr d’apprécier le dessin de Brüno qui est très particulier et ne plait sans doute pas à tout le monde ; personnellement je suis très admirative de son travail, je me suis surprise plusieurs fois à arrêter ma lecture pour admirer certaines planches. Je trouve en plus qu’il retranscrit à merveille les ambiances, et sur ce point je pense que le travail de Laurence Croix aux couleurs y est pour beaucoup.
Je suis plus mitigée concernant la voix off, je la trouve parfois un peu trop présente ; en revanche son utilisation dans certaines scènes est très réussie (je pense notamment à la scène avec le serpent dans le premier tome qui est assez marquante).
Quoiqu’il en soit c’est une série qui mérite à mes yeux les critiques élogieuses qu’elle a pu recevoir, je suis sous le charme alors même que je ne suis pas vraiment la cible privilégiée de ce genre de récits. Mais devant autant de talent il est difficile de résister.
Ion Mud est une aventure de science fiction qui de déroule dans un vaisseau spatial gigantesque, un héros dont les souvenirs sont flous cherche une porte pour retrouver son passé, le scénario peut sembler classique mais le talent de l'auteur va faire toute la différence.
Pas une seconde d'ennui en suivant notre héros pendant son parcours, l'auteur sait nous capter en permanence en distillant des nouveaux personnages avec des caractères à chaque fois différents, les explications sur les rapports entre les personnages construisent un univers toujours intéressant.
Un dessin en noir et blanc avec des cases qui décrivent un vaisseau spatial avec beaucoup de détails techniques. Des vues qui permettent d'imaginer la taille du vaisseau et la représentation réussie des créatures donne l'ambiance d'un univers violent et il nous fait ressentir le danger de la mission d'un vieil homme. Le dessin participe à la qualité de cette bd en nous plongeant dans cette quête énigmatique.
La fin ne fait pas qu'élucider certains évènements précédents et conclure cette histoire, elle donne un nouvelle signification à tout le récit et cette fin réussie place cette bd dans la catégorie des bonnes surprises.
Je n'ai pas joué aux jeux vidéos Danganronpa, mais j'avais vu l'adaptation en animé et j'avais bien aimé. Lorsque j'ai vu l'adaptation en manga, je n'ai pas résisté à l'idée d'acheter le premier tome. Après l'avoir lu et adoré, je suis allé chercher le reste !
Donc un groupe d'élève se retrouve dans une école dirigée par un robot-ours bien méchant qui les force à jouer à un jeu de mort: pour sortir de l'établissement, vous devez tuer un camarade de classe et ne pas se faire prendre. Si durant le procès, les autres élèves se trompent de coupable, ils vont se faire exécuter et vous sortez, s'ils devinent que vous être le coupable, c'est vous qui vous faites exécuter !
C'est un bon thriller avec un coté délirant (Il faut pas s'attendre à un truc réaliste, mais il y a tout de même de la logique, c'est pas juste un gros délire), la plupart des personnages ont des personnalités exagérées et le robot-ours aime l'humour noir et foutre la pagaille. J'ai trouvé le scénario prenant et je ressentais de la tension alors que je savais ce qui allait se passer ! La plupart des personnages sont attachants, j'aime bien les moments où ils doivent réfléchir pour trouver ce qui s'est passé, coller les indices ensembles, discuter entre-eux avec des arguments et des contre-arguments, etc. Les seuls défauts sont que parfois ça va un peu vite et qu'il y a des scènes qui étaient mieux rendues en animation.
Un bon thriller en ce qui me concerne.
Les thèmes de la vengeance, de l'amour, de la nature, de l'apprentissage, de mondes différents qui cohabitent sont exposés simplement mais de manière redoutablement efficace. Une histoire bien écrite dans un bel album. Peut-être le monde des hommes semble un peu trop caricatural mais cela étant largement balancé par la complexité et la subtilité du monde animal...
Récit cauchemardesque tout en symbole qui nous entraîne dans les méandres d’une étrange ville « gothamienne », un Beyrouth parallèle ou plutôt dans le capharnaüm du cerveau usé de Farid, l'unique.
Sur Terre, il semble contrôler et oublier ses démons, mais dans ses rêves, cette ville avoisinant la Terre, c’est tout l’inverse et la folie prend le dessus, les souvenirs refont surface, son pays et sa ville, ses peurs, ses pulsions, la guerre traumatique, ses amours perdues, l'art, son héros de jeunesse… Tous, se mélangent dans sa tête et sous nos yeux dans un bordel mélancoliquement magnifique. Puisse le bus s’arrêter et l’élu sauver l’unique de son aveuglement.
Cet album est intriguant, déroutant, la couverture hypnotique et le graphisme réellement intéressant, sorte de lavis entre sépia et noir et blanc. Je pense que le format aurait mérité à être plus grand et le dos toilé pour un contenant plus noble et permettre une meilleure incursion dans le récit.
Damien est un photographe en partie usé par la monotonie de sa vie, de la vie en général. Il vit la sienne par procuration à travers l’écran de son appareil photo. Lassé aussi par sa famille et son boulot, il n’arrive pas à dormir et passe ses nuits sur un sentier breton, entre terre et mer, entre réalité et rêve. En effet, il se laisse rêver à une aventure de vol et de meurtre.
En parallèle, il croise sur ce sentier d’étranges individus qu’il observe, photographie, parfois il dialogue avec. Il est alors un instant où le rêve et la réalité se joignent et Damien va se retrouver malgré lui protagoniste d’une aventure mêlant meurtres réels, enquête, trésor caché et discorde familiale.
Insomnies est un curieux polar entre réalité et rêve, ennui et aventure, nuit et lumière. Insomnies ou quand enfin la routine se détraque et quand l’ennui de la vie terne que nous vend la société fait place à des nuits d’insomnies qui cernent au plus près ce qui était enfoui.
Ce récit est presque un huis-clos entre feutre et lavis. Quelques personnages se croisent, se recroisent, se lisent, se cherchent, dans une ambiance sombre, onirique et parfois dérangeante. Le texte à la double-page 90-91, résume assez bien ce récit : « à trop rêver d’aventure, on finit par la vouloir et à trop la vouloir, on finit par y croire et à trop y croire, on finit par la vivre ».
Ce récit réussit à perdre le lecteur pour l’emmener au plus près des ressentis et questionnements de Damien, tout en restant captivant jusqu’à sa conclusion inattendue, le tout servi par un dessin maîtrisé et plus qu’agréable pour les yeux. Une lecture recommandable.
Une surprise que cet album !
Très peu attiré par la couverture et le graphisme des premières pages où l'on découvre les abords campagnards d'une banlieue (par définition pas très glamour), deux personnages assez laids, des prostituées assez vulgaires, et Eustis notre héros qui quand il apparaît avec sa bouteille de rouge à la bouche est affublé de toutes ces qualités (pas très glamour, laid et vulgaire), c'est à la page 14 que j'ai compris que tout pouvait changer.
On s'y retrouve en effet plongé dans un autre univers, où Eustis est un satyre (au sens mythologique du terme, bien sûr), et visuellement je me suis pris une pure claque ! Du coup, en retournant sur les pages précédents, l'évidence de leur qualité graphique saute au yeux, même si ce qu'elles représentent n'est pas forcément beau.
Le reste de l'album sera bien sûr à la hauteur. Le style graphique changera souvent, pour des scènes entières ou quelques cases, et les emprunts artistiques seront nombreux. Parmi ceux que j'ai reconnus ou cru reconnaître il y a la représentation des morts au Mexique lors de la fête des morts, des représentations grecques, du Van Gogh, un peu de Monet, de Roy Lichtenstein, de Mucha, etc. Et même sans connaître ces références, visuellement on en prendra plein les yeux, sans esbrouffe, et toujours à bon escient.
L'histoire, elle, est une quête. Une pure quête. Eustis, dont on aura eu connaissance de l'histoire dans les quelques premiers chapitres, exilé de son monde divin, cherche à y retourner. Et pour cela, contexte mythologique oblige, il doit accomplir une quête, qui le fera passer par tout un nombre d'étapes qu'il ne connaît pas encore. Bien que n'affectionnant pas ce genre de scénario, je me suis volontiers laissé emporter par celle-ci, bercé par le graphisme magnifique et les touches d'humour assez nombreuses, graphiques ou textuelles. Il y a des choses qu'il faut faire d'une certaine manière, Professeur... On ne peut pas arriver aux Enfers en bus !
Et il faut avouer qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer. Tout cela est mené tambour battant, et chaque étape est l'occasion de découvrir des aspects souvent peu connus de la mythologie. L'ensemble n'est pas du tout inquiétant mais plutôt bon enfant, même les passages qui avaient un potentiel anxiogène élevé. Seul le passage où Eustis le satyre est puni par Artémis l'est un peu. Quelle idée aussi, que de contrarier une déesse...
Au final cet album s'est révélé un pur régal pour les yeux, une lecture fort agréable, et même assez drôle. Je ne sais pas si je le relirai, mais ç'a été un vrai plaisir que de le découvrir.
En voilà un d’épouvantail qui porte bien son nom. Ce personnage singulier et naïf, fait de rêves et de paille, flâne à travers champs en se posant des questions sur le sens de la vie. Au gré de ses balades poétiques, des amis animaux, chat et oiseaux, l’aident dans sa quête de réponses et le font grandir. L'émouvantail est un personnage touchant, sensible et teinté de mélancolie.
Tout dans ces quatre premiers tomes est douceur de miel, poésie et rayon de soleil. Ces récits courts sont plutôt destinés à de jeunes lecteurs, cependant chaque planche étant un plaisir rétinien, ils conviennent à tout âge. Le trait de Renaud Dillies et sa mise en page sont lyriques, renforcés par les couleurs légères de Christophe Bouchard.
Cette série jeunesse, pleine de qualités et vectrice de valeurs essentielles, est à s’offrir, à offrir à chaque enfant autour de soi, à partager, car c’est une réelle bouffée de soleil et de poésie.
Récit autobiographie teinté d’imaginaire du royaume de l’enfance. Baudoin danse sa plume en pleins et déliés pour former mots et dessins qui se répondent et se mêlent pour raconter un temps passé, une liberté d’époque, une jeunesse pleine de vie et une vocation d’artiste en devenir.
Il raconte son frère, Piero, son frangin, son poteau, avec poésie, mélancolie et espoir. Et si les rêves étaient le chemin à suivre ?
J’aime beaucoup ce roman graphique qui offre un portrait d’enfance et d’adolescence, un rappel au rêve, un parfum d’ancien temps, une tranche de vie. Le trait tout de noir et blanc est sensible, parfois brouillon comme le sont les souvenirs. Le ton est juste, sans filtre.
En somme, Piero est un bel album sur la fratrie et la passion du dessin servi par un auteur de talent.
Une fois de plus, ce qu’écrit Fabien Nury me plaît beaucoup. Cette histoire de gangster froid, taillé à la serpe (au sens propre comme au figuré) nous tient en haleine du début à la fin de chaque album. Il y a du rythme, de la violence, pas mal de sang et des dialogues froids et bruts, eux-aussi. Personnellement, j’aime beaucoup le dessin de Brüno, brutal, carré, aux aplats de couleurs vraiment top ! D’une efficacité incroyable ! Le scénario n’a rien de terriblement original, mais l’ensemble est puissant, différent des histoires de gangsters classiques. Un très bon polar noir, bien maîtrisé, avec une très bonne alchimie entre le dessin et le récit. Encore du très bon Nury/Brüno…
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Tyler Cross
Je me suis rendue compte récemment que je n’avais jamais lu le troisième tome de cette série, que je possède pourtant depuis un certain temps. Ça m'a donné envie de relire les deux premiers tomes avant de lire le troisième. Cette seconde lecture n'a fait que confirmer le bien que je pense de cette série. En enchainant les trois tomes, j'ai pu apprécier le fait que chaque tome propose un cadre et une ambiance différente : j’ai particulièrement apprécié l’ambiance western du premier tome, et l’atmosphère de Miami dans le troisième. Les scénarios et les personnages ne sont pas follement originaux, mais ça n’a pas grande importance. Ce qui fait la réelle force de cette série, c’est la réalisation : la narration, le découpage, les cadrages, et bien sûr le superbe dessin de Brüno magnifié par les couleurs de Laurence Croix. Certaines planches sont magnifiques, à condition bien sûr d’apprécier le dessin de Brüno qui est très particulier et ne plait sans doute pas à tout le monde ; personnellement je suis très admirative de son travail, je me suis surprise plusieurs fois à arrêter ma lecture pour admirer certaines planches. Je trouve en plus qu’il retranscrit à merveille les ambiances, et sur ce point je pense que le travail de Laurence Croix aux couleurs y est pour beaucoup. Je suis plus mitigée concernant la voix off, je la trouve parfois un peu trop présente ; en revanche son utilisation dans certaines scènes est très réussie (je pense notamment à la scène avec le serpent dans le premier tome qui est assez marquante). Quoiqu’il en soit c’est une série qui mérite à mes yeux les critiques élogieuses qu’elle a pu recevoir, je suis sous le charme alors même que je ne suis pas vraiment la cible privilégiée de ce genre de récits. Mais devant autant de talent il est difficile de résister.
Ion Mud
Ion Mud est une aventure de science fiction qui de déroule dans un vaisseau spatial gigantesque, un héros dont les souvenirs sont flous cherche une porte pour retrouver son passé, le scénario peut sembler classique mais le talent de l'auteur va faire toute la différence. Pas une seconde d'ennui en suivant notre héros pendant son parcours, l'auteur sait nous capter en permanence en distillant des nouveaux personnages avec des caractères à chaque fois différents, les explications sur les rapports entre les personnages construisent un univers toujours intéressant. Un dessin en noir et blanc avec des cases qui décrivent un vaisseau spatial avec beaucoup de détails techniques. Des vues qui permettent d'imaginer la taille du vaisseau et la représentation réussie des créatures donne l'ambiance d'un univers violent et il nous fait ressentir le danger de la mission d'un vieil homme. Le dessin participe à la qualité de cette bd en nous plongeant dans cette quête énigmatique. La fin ne fait pas qu'élucider certains évènements précédents et conclure cette histoire, elle donne un nouvelle signification à tout le récit et cette fin réussie place cette bd dans la catégorie des bonnes surprises.
Danganronpa - Trigger Happy Havoc (The Animation)
Je n'ai pas joué aux jeux vidéos Danganronpa, mais j'avais vu l'adaptation en animé et j'avais bien aimé. Lorsque j'ai vu l'adaptation en manga, je n'ai pas résisté à l'idée d'acheter le premier tome. Après l'avoir lu et adoré, je suis allé chercher le reste ! Donc un groupe d'élève se retrouve dans une école dirigée par un robot-ours bien méchant qui les force à jouer à un jeu de mort: pour sortir de l'établissement, vous devez tuer un camarade de classe et ne pas se faire prendre. Si durant le procès, les autres élèves se trompent de coupable, ils vont se faire exécuter et vous sortez, s'ils devinent que vous être le coupable, c'est vous qui vous faites exécuter ! C'est un bon thriller avec un coté délirant (Il faut pas s'attendre à un truc réaliste, mais il y a tout de même de la logique, c'est pas juste un gros délire), la plupart des personnages ont des personnalités exagérées et le robot-ours aime l'humour noir et foutre la pagaille. J'ai trouvé le scénario prenant et je ressentais de la tension alors que je savais ce qui allait se passer ! La plupart des personnages sont attachants, j'aime bien les moments où ils doivent réfléchir pour trouver ce qui s'est passé, coller les indices ensembles, discuter entre-eux avec des arguments et des contre-arguments, etc. Les seuls défauts sont que parfois ça va un peu vite et qu'il y a des scènes qui étaient mieux rendues en animation. Un bon thriller en ce qui me concerne.
Roi Ours
Les thèmes de la vengeance, de l'amour, de la nature, de l'apprentissage, de mondes différents qui cohabitent sont exposés simplement mais de manière redoutablement efficace. Une histoire bien écrite dans un bel album. Peut-être le monde des hommes semble un peu trop caricatural mais cela étant largement balancé par la complexité et la subtilité du monde animal...
Ville avoisinant la Terre
Récit cauchemardesque tout en symbole qui nous entraîne dans les méandres d’une étrange ville « gothamienne », un Beyrouth parallèle ou plutôt dans le capharnaüm du cerveau usé de Farid, l'unique. Sur Terre, il semble contrôler et oublier ses démons, mais dans ses rêves, cette ville avoisinant la Terre, c’est tout l’inverse et la folie prend le dessus, les souvenirs refont surface, son pays et sa ville, ses peurs, ses pulsions, la guerre traumatique, ses amours perdues, l'art, son héros de jeunesse… Tous, se mélangent dans sa tête et sous nos yeux dans un bordel mélancoliquement magnifique. Puisse le bus s’arrêter et l’élu sauver l’unique de son aveuglement. Cet album est intriguant, déroutant, la couverture hypnotique et le graphisme réellement intéressant, sorte de lavis entre sépia et noir et blanc. Je pense que le format aurait mérité à être plus grand et le dos toilé pour un contenant plus noble et permettre une meilleure incursion dans le récit.
Insomnies (Boudier)
Damien est un photographe en partie usé par la monotonie de sa vie, de la vie en général. Il vit la sienne par procuration à travers l’écran de son appareil photo. Lassé aussi par sa famille et son boulot, il n’arrive pas à dormir et passe ses nuits sur un sentier breton, entre terre et mer, entre réalité et rêve. En effet, il se laisse rêver à une aventure de vol et de meurtre. En parallèle, il croise sur ce sentier d’étranges individus qu’il observe, photographie, parfois il dialogue avec. Il est alors un instant où le rêve et la réalité se joignent et Damien va se retrouver malgré lui protagoniste d’une aventure mêlant meurtres réels, enquête, trésor caché et discorde familiale. Insomnies est un curieux polar entre réalité et rêve, ennui et aventure, nuit et lumière. Insomnies ou quand enfin la routine se détraque et quand l’ennui de la vie terne que nous vend la société fait place à des nuits d’insomnies qui cernent au plus près ce qui était enfoui. Ce récit est presque un huis-clos entre feutre et lavis. Quelques personnages se croisent, se recroisent, se lisent, se cherchent, dans une ambiance sombre, onirique et parfois dérangeante. Le texte à la double-page 90-91, résume assez bien ce récit : « à trop rêver d’aventure, on finit par la vouloir et à trop la vouloir, on finit par y croire et à trop y croire, on finit par la vivre ». Ce récit réussit à perdre le lecteur pour l’emmener au plus près des ressentis et questionnements de Damien, tout en restant captivant jusqu’à sa conclusion inattendue, le tout servi par un dessin maîtrisé et plus qu’agréable pour les yeux. Une lecture recommandable.
Le Dieu vagabond
Une surprise que cet album ! Très peu attiré par la couverture et le graphisme des premières pages où l'on découvre les abords campagnards d'une banlieue (par définition pas très glamour), deux personnages assez laids, des prostituées assez vulgaires, et Eustis notre héros qui quand il apparaît avec sa bouteille de rouge à la bouche est affublé de toutes ces qualités (pas très glamour, laid et vulgaire), c'est à la page 14 que j'ai compris que tout pouvait changer. On s'y retrouve en effet plongé dans un autre univers, où Eustis est un satyre (au sens mythologique du terme, bien sûr), et visuellement je me suis pris une pure claque ! Du coup, en retournant sur les pages précédents, l'évidence de leur qualité graphique saute au yeux, même si ce qu'elles représentent n'est pas forcément beau. Le reste de l'album sera bien sûr à la hauteur. Le style graphique changera souvent, pour des scènes entières ou quelques cases, et les emprunts artistiques seront nombreux. Parmi ceux que j'ai reconnus ou cru reconnaître il y a la représentation des morts au Mexique lors de la fête des morts, des représentations grecques, du Van Gogh, un peu de Monet, de Roy Lichtenstein, de Mucha, etc. Et même sans connaître ces références, visuellement on en prendra plein les yeux, sans esbrouffe, et toujours à bon escient. L'histoire, elle, est une quête. Une pure quête. Eustis, dont on aura eu connaissance de l'histoire dans les quelques premiers chapitres, exilé de son monde divin, cherche à y retourner. Et pour cela, contexte mythologique oblige, il doit accomplir une quête, qui le fera passer par tout un nombre d'étapes qu'il ne connaît pas encore. Bien que n'affectionnant pas ce genre de scénario, je me suis volontiers laissé emporter par celle-ci, bercé par le graphisme magnifique et les touches d'humour assez nombreuses, graphiques ou textuelles. Il y a des choses qu'il faut faire d'une certaine manière, Professeur... On ne peut pas arriver aux Enfers en bus ! Et il faut avouer qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer. Tout cela est mené tambour battant, et chaque étape est l'occasion de découvrir des aspects souvent peu connus de la mythologie. L'ensemble n'est pas du tout inquiétant mais plutôt bon enfant, même les passages qui avaient un potentiel anxiogène élevé. Seul le passage où Eustis le satyre est puni par Artémis l'est un peu. Quelle idée aussi, que de contrarier une déesse... Au final cet album s'est révélé un pur régal pour les yeux, une lecture fort agréable, et même assez drôle. Je ne sais pas si je le relirai, mais ç'a été un vrai plaisir que de le découvrir.
L'Emouvantail
En voilà un d’épouvantail qui porte bien son nom. Ce personnage singulier et naïf, fait de rêves et de paille, flâne à travers champs en se posant des questions sur le sens de la vie. Au gré de ses balades poétiques, des amis animaux, chat et oiseaux, l’aident dans sa quête de réponses et le font grandir. L'émouvantail est un personnage touchant, sensible et teinté de mélancolie. Tout dans ces quatre premiers tomes est douceur de miel, poésie et rayon de soleil. Ces récits courts sont plutôt destinés à de jeunes lecteurs, cependant chaque planche étant un plaisir rétinien, ils conviennent à tout âge. Le trait de Renaud Dillies et sa mise en page sont lyriques, renforcés par les couleurs légères de Christophe Bouchard. Cette série jeunesse, pleine de qualités et vectrice de valeurs essentielles, est à s’offrir, à offrir à chaque enfant autour de soi, à partager, car c’est une réelle bouffée de soleil et de poésie.
Piero
Récit autobiographie teinté d’imaginaire du royaume de l’enfance. Baudoin danse sa plume en pleins et déliés pour former mots et dessins qui se répondent et se mêlent pour raconter un temps passé, une liberté d’époque, une jeunesse pleine de vie et une vocation d’artiste en devenir. Il raconte son frère, Piero, son frangin, son poteau, avec poésie, mélancolie et espoir. Et si les rêves étaient le chemin à suivre ? J’aime beaucoup ce roman graphique qui offre un portrait d’enfance et d’adolescence, un rappel au rêve, un parfum d’ancien temps, une tranche de vie. Le trait tout de noir et blanc est sensible, parfois brouillon comme le sont les souvenirs. Le ton est juste, sans filtre. En somme, Piero est un bel album sur la fratrie et la passion du dessin servi par un auteur de talent.
Tyler Cross
Une fois de plus, ce qu’écrit Fabien Nury me plaît beaucoup. Cette histoire de gangster froid, taillé à la serpe (au sens propre comme au figuré) nous tient en haleine du début à la fin de chaque album. Il y a du rythme, de la violence, pas mal de sang et des dialogues froids et bruts, eux-aussi. Personnellement, j’aime beaucoup le dessin de Brüno, brutal, carré, aux aplats de couleurs vraiment top ! D’une efficacité incroyable ! Le scénario n’a rien de terriblement original, mais l’ensemble est puissant, différent des histoires de gangsters classiques. Un très bon polar noir, bien maîtrisé, avec une très bonne alchimie entre le dessin et le récit. Encore du très bon Nury/Brüno…