Ville avoisinant la Terre

Note: 2.33/5
(2.33/5 pour 3 avis)

Première œuvre d’un auteur libanais, cette bande dessinée aux accents surréalistes est un appel au soulèvement contre les pouvoirs iniques, doublé d’une réflexion philosophique sur la condition humaine.


Farid Tawill, Beyrouthin ordinaire, rentre du bureau un soir pour découvrir que l'immeuble où il vit avec sa famille a disparu et que la cité où il est né n'est plus la même. D'étranges créatures hantent ses rues méconnaissables - transsexuel philosophe, propagandiste verbeux et manipulateur, foules hystériques tueuses de chiens, le tout sous l'oeil d'un Batman obèse, figure tutélaire de cette ville avoisinant la Terre, dont le rayonnement si proche teinte d'angoisse sa nuit perpétuelle. Une atmosphère de violence et de sourde sexualité sature ce dédale livré au chaos. Complètement perdu, Farid se réfugie chez son ami Émile, qui vient de quitter femme et enfants pour s'installer avec sa maîtresse, la languide Ani, qui porte le nom d'un village rendu au désert et pose sur le monde un regard fataliste. À mesure que la nuit avance, les fantômes, les remords, les espérances et les échecs du passé assiègent Farid. Ce constat de l'absurdité et de la futilité de nos actes trouve son apogée dans une quadruple mort.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Octobre 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Ville avoisinant la Terre
Les notes (3)
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05/11/2016 | Blue Boy
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L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà un album intriguant et atypique, d'un auteur libanais inconnu de moi jusqu'ici. C'est le côté graphique qui m'a d'abord attiré. L'utilisation du Noir et Blanc, avec une sorte de lavis jouant sur des nuances de Gris, l'aspect des personnages, très allongés, tout cela donne quelque chose d'original et d'intéressant. Mais hélas, pour ce qui est de l'histoire, elle m'a moins captivé. Jouant davantage sur la rêverie, la dérive, que sur l'action proprement dite, elle avait pourtant de quoi me séduire. Mais il y manque je pense un je ne sais quoi, une petite touche d'humour ou de poésie, pour que j'en garde un souvenir plus marquant. Un album à feuilleter avant d'acheter, mais qui peut séduire certains lecteurs curieux.

01/07/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 1/5
L'avatar du posteur Erik

C'est typiquement le genre de bd que je n'aime pas. On va nager dans les délires d'un homme qui cherche son immeuble. "La folie est comme l'oubli : un don de Dieu" dit un dicton arabe. C'est sans doute vrai car je vais oublier très vite cette oeuvre. Pour autant, c'est vrai qu'elle recèle de qualités graphiques indéniables d'autant que c'est la première bd franco-belge d'un auteur libanais. Il faut sans doute être imprégné de toute cette folie pour comprendre le sens de toutes ces situations absurdes. Mais comme dit, cela n'a jamais été ma tasse de thé. Je me suis profondément ennuyé à cette lecture.

20/11/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue Boy

D’emblée, cette bande dessinée retient l’attention par ce graphisme unique au lavis noir et blanc, avec des personnages à l’aspect à la fois réaliste et caricatural. Par moments, on est plus proche de la peinture que de la BD. Rien d’étonnant quand on sait que l’auteur est peintre et illustrateur, en l’occurrence Jorj A.Mhaya, d’origine libanaise. Impossible de classer cette œuvre tant elle est personnelle, empruntant à des genres connus (thriller, fantastique, comics US de super-héros) revisités sous un angle poético-philosophique. Traversée par une angoisse sourde et une frénésie de fin des temps, la narration est caractéristique d’un auteur né dans un pays souffrant d’une guerre civile éruptive depuis des décennies, avec à la clé moult questionnements sur la condition humaine et l’absurdité du monde. Force est de constater que ce récit surréaliste aux tonalités kafkaïennes, si intrigant soit-il, souffre d’un scénario pas suffisamment charpenté et de personnages trop anecdotiques. Si le message que l’auteur cherche à faire passer est perceptible (on doit se révolter contre les cinglés qui nous aliènent et nous gouvernent), il manque la profondeur nécessaire pour en faire une œuvre vraiment marquante. A l’instar du titre, trop bizarre, pas évident à retenir (traduction trop littérale ?), et par conséquent un peu bancal. C’est bien dommage, car « Ville avoisinant la Terre » sort de l’ordinaire et a été élaboré avec sincérité, mais on pourra aussi faire preuve d’indulgence dans la mesure où il s’agit d’un premier album. Achat : oui pour les qualités graphiques

05/11/2016 (modifier)