Lupo erre dans un immense vaisseau depuis plus de 40 ans, à la recherche d'une porte. Voilà en gros les seules informations que l'on a sur l'histoire pendant une bonne partie de la BD. Le scénario est flou, le concept vague, mais les décors incroyables.
Autant, je n'ai pas spécialement accroché à l'histoire. J'ai mis plus de 150 pages à m'y intéresser. Certes la fin vient éclaircir toute l'histoire, mais pour moi le mal était déjà fait, je n'étais plus dedans.
Autant, les dessins méritent à eux seul l'achat de cette BD. Ils sont d'une qualité rarement atteinte. Ils sont truffés de détails, d'une précision chirurgicale et c'est un véritable bonheur de pouvoir les contempler. Je tournais les pages et restais scotché face à toutes ces planches fabuleuses.
Même si je n'ai pas apprécié le scénario, j'ai adoré découvrir l'univers que l'auteur nous a proposé et je compte bien suivre ses prochaines réalisations à partir d'aujourd'hui.
La qualité des planches font monter ma note à 4 étoiles
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Merci à Mac Arthur d'avoir attiré mon attention sur ce manga !
L'idée de départ est vraiment excellente. Notre pauvre héros est employé dans une société inhumaine (et malheureusement ce qui lui arrive se produit vraiment au Japon) et là il va enfin pouvoir profiter de la vie grâce à une invasion de zombies ! L'idée est vraiment bien maitrisée, le personnage principal est terriblement attachant et l'humour fonctionne bien. C'est exagéré, mais pas au point où cela devient lourd comme avec plusieurs mangas humoristiques, il faut dire qu'il y aussi un côté un peu sérieux et que les auteurs équilibrent bien, ce qui donne une bonne série où le héros agit comme s'il était en vacances, alors que la société s'écroule autour de lui et qu'il y a des zombies prêts à le bouffer. On peut voir ça comme une satire sociale du monde du travail japonais, qui peut être tellement inhumain que l'apocalypse à coté c'est chouette.
Le dessin est dynamique et les expressions exagérées des personnages sont vraiment drôles. Un bon manga que j'ai envie de suivre sur plusieurs tomes.
La bataille des Thermopyles revue par Frank Miller.
J'ai découvert Frank Miller avec Daredevil et Klaus Janson à l'encrage. Une tuerie.
Graphiquement c'est une merveille, avec un découpage dans le pur style Miller. Tout en horizontalité (plus facile en format italien), verticalité et pleine page.
Le trait est précis, tantôt fin, tantôt gras, mais toujours aussi beau.
Il "joue" du noir avec raffinement. Omniprésent.
Et que serait cet album sans les superbes couleurs de Lynn Varley.
L'histoire du roi Léonidas premier et de ses 300 Spartiates, l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique et des guerres médiques.
Miller a su en faire une adaptation très personnelle.
Quelle efficacité dans le déroulé du récit, aucun temps mort.
A lire absolument.
j'avais entendu parler de cette bande dessinée il y a longtemps, et je l'ai enfin découverte et lue à l'occasion de la sortie du quatrième tome.
Elle mérite tout à fait son excellente réputation.
Riad Sattouf a un talent étonnant, celui de nous faire vivre un véritable voyage dans le temps et dans l'âge, car tout son récit se passe à hauteur d'enfant, sans la moindre niaiserie, et commence au crépuscule des espoirs qu'avaient pu faire naître les "despotes éclairés" dont on avait pu penser qu'ils allaient moderniser leur pays et faire accéder leurs concitoyens à une meilleure qualité de vie. On oublie que Kaddhafi ou même Hafez El Assad (dont la violente répression de la rébellion d'Homs n'était pas connue à l'époque) étaient considérés non pas comme des potentats corrompus et sanguinaires, mais comme des dirigeants rationnels, modernes, ouverts.
Puis les années passent, les guerres d'Irak, l'influence de l'Arabie Saoudite, la dureté des conditions de vie et les inégalités en Lybie et en Syrie passent en toile de fond - avec le contraste des pages se déroulant en France où tout n'est pas simple surtout pour un garçon s'appelant Sattouf, mais où notamment l'influence bienfaisante ou malicieuse des grands-parents vient éclairer les souvenirs, mais ce n'est pas un lourd cours de géopolitique qui passe, mais des éléments plus ou moins bien compris par le jeune Riad, et qui éclairent l'évolution de son père, très probablement déçu dans ses espérances initiales de jeune homme, qu'il a ensuite rejetées avec amertume comme une occidentalisation dont il ne voulait plus. Progressivement par la force des choses la mère de Riad devient plus présente et apporte une autre tonalité au récit.
Il y a beaucoup de passages très drôles, d'autres plus mélancoliques, certains pourraient être très durs s'ils étaient présentés de façon directe, mais là encore la magie de Riad Sattouf est de nous les faire éprouver tels que lui les a vécues enfants, avec une dose d'innocence et d'incompréhension qui a parfois des effets très comiques.
En sus de son talent de conteur et scénariste, Riad Sattouf illustre son histoire avec un trait très juste et très vivant, expressif et drôle. Pour l'anecdote, c'est amusant de découvrir que Riad s'est inspiré des univers de Lovecraft, Moebius et Conan dans ses premières oeuvres d'enfant / ado dessinateur.
Après lecture des 2 premiers tomes qui m'ont attiré de par leurs très jolies couvertures !
Il s’agit d’une bd animalière politique très agréable à lire.
En préface Xavier Dorison cite ses diverses sources d’inspiration dont « La ferme des animaux » de George Orwell. Pour les intéressés, le film « L’ombre de Staline » dépeint la genèse de ce roman.
Cette bd narre une dictature imposant des mesures spoliatrices et liberticides aux individus sous prétexte du bien collectif : au final la loi du plus fort règne et non l’état de droit.
Comment se défendre d’un tel système autoritaire ?, c’est le propos des deux premiers tomes.
Le débat par rapport au fait de renverser la dictature par les armes ou par la non coopération non violente m’ont rappelé le prêtre (Jeremy Irons) et le mercenaire (Robert de Niro) dans le merveilleux film « Mission ». Jeremy Irons répondant à De Niro « si la seule possibilité pour gagner est de prendre les armes alors ce monde n’est pas pour moi, je ne saurais y vivre ».
Relater cette thématique sous forme de fable avec des personnages animaliers est une excellente idée. Le symbolisme des animaux donne au propos une intensité plus forte que ne l’aurait fait une histoire avec des humains. Du coup, cette bd prend un air sympathique de fable de la Fontaine. La présence des animaux rend aussi la lecture de ce drame plus ludique.
Le graphisme et la colorisation sont très réussis, ne font pas Walt Disney, ce qui aurait pu être une facilité et un écueil pour une bd animalière ; de surcroît le dessin est très accessible.
Pour terminer, l’action est bien présente, il y a de nombreux rebondissements.
J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, j’ai dévoré ces premiers tomes, j’attends avec impatience les deux prochains.
Si j'ai préféré Voyage aux îles de la désolation par les thèmes abordés et l'ambiance marine, je confirme un intérêt réel pour Emmanuel Lepage. Et le mot qui résume cette BD reste le même: émerveillement.
Il sait mener sa barque. Pour la deuxième fois, je retrouve la même trame qui me plaît chez cet auteur: il ne sait pas vraiment où il met les pieds, il s'est documenté du lieu mais comprend que le voyage bousculera ses idées reçues et son imagination... Et puis, dans ce récit encore, on ressent une vraie évolution du point de vue de l'auteur, à travers sa belle écriture autant qu'à travers ses superbes croquis. Vraiment superbes.
Émotionnellement, les premières planches ont été difficiles à lire: des chiffres qui traduisent le désastre, des citations qui provoquent horreur et indignation... mais là encore ça évolue. Tout en expliquant les faits et l'histoire de cette tragédie, l'auteur cherche à nous faire voir le verre à moitié plein. Culotté me direz-vous. Oui peut-être, sauf que c'est vraiment enchaîné de manière intelligente pour comprendre son point de vue et, en ce qui me concerne, y adhérer.
Lisez donc cette œuvre d'Emmanuel Lepage, éternel émerveillé dont les œuvres permettent d'alimenter l'espoir, sans jamais tomber dans la naïveté (bien au contraire !!)
----------------------
Note : je trouve l'approche d'Emmanuel Lepage équivalente à celle de Vincent Munier, photographe animalier connu et reconnu, surnommé "l'éternel émerveillé" dans un reportage disponible gratuitement sur Youtube : "l'extraordinaire photographe animalier Vincent Munier", de la chaîne Passe-moi les jumelles. Ce reportage m'avait scotché.
Un album documentaire excellent.
Les auteurs parviennent à aborder la problématique du réchauffement climatique d'une main de maître. Autant j'ai l'habitude de lire des ouvrages traitant ce sujet, autant je n'ai jamais autant apprécié ma lecture qu'ici. On est loin des discours de "monsieur-je-sais-tout", des "bobo-écolo" ou autres personnages insupportables. On est au contraire dans un dialogue posé et agréable entre 2 hommes, préoccupés par le réchauffement climatique et cherchant vraiment à comprendre d'où il vient, ses conséquences et ce qu'il est possible de faire pour le contrer.
L'ouvrage est donc construit sous une forme de dialogue, entrecoupé par presque toutes les questions que l'on peut se poser sur le climat.
C'est sérieux, intelligent, très pédagogue et le tout, agrémenté d'un excellent humour pour alléger notre lecture.
Je conseille donc cette BD à tout le monde, et ne manquerai pas d'en faire la pub dans les écoles, afin qu'un maximum de personnes et de jeunes lisent cet ouvrage.
4 étoiles + coup de coeur
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Je réécris mon avis après la lecture des 5 tomes.
Je pense que le seul (petit) reproche qu’on puisse faire à cette série (et c’est d’ailleurs déjà noté dans les avis plus négatifs) est une narration un peu nébuleuse : personnages multiples, passages d’une scène à une autre, voire d’une époque à une autre, bref, une narration « à la Brunschwig ». Personnellement je suis fan, mais je comprends qu’on puisse y être hermétique.
L’histoire est prenante et remarquablement écrite. Chaque tome apporte de nouveaux éléments et ajoute une couche supplémentaire au récit. L’univers mis en place, ses personnages, leur passé, leur personnalité, tout est parfaitement maîtrisé. Les révélations successives m’ont tenu en haleine, et la fin m’a beaucoup plu.
Le dessin de Ricci est magistral. Il fourmille de détails, et la composition des planches est très réussie… les couleurs lumineuses contribuent à l’ambiance futuriste et technologique. Le design m’a un peu rappelé le jeu vidéo Bioshock.
Une superbe série, et un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Je relis cette série 20 ans après l’avoir découverte, et j’adore toujours.
L’histoire paraît très simple au début, mais se complique petit à petit pour devenir absolument passionnante à partir du deuxième tome. Plusieurs lectures seront nécessaires pour en saisir tous les détails… quelle richesse ! Et cette richesse se retrouve aussi dans la psychologie des personnages, qui évolue beaucoup au cours des 3 tomes. Amitié, haine, trahison... On ne retrouve pas le manichéisme souvent associé au genre.
Le dessin de Ségur, très détaillé et aux couleurs pastelles un peu vieillottes, est certes moins accessible que la « fantasy Soleil », mais il est néanmoins superbe. Les mondes visités sont d'une richesse incroyable, que cela soit au niveau de la faune, de la flore ou simplement des paysages. Les cadrages sont aussi très bien faits, avec de nombreux plans originaux (zooms sur des éléments du décors, vues éloignées...)
Une quête inoubliable, et une série culte.
Au bowling vous jouez pour faire des strikes ! Dans ma quête de BD, je fouille, je furète, je chine pour trouver l’album qui cochera toutes cases. Je veux voir toutes les quilles tomber. Avec « goodnight paradise » - oui Messieurs Dames - tous les items qui font une BD sublime sont réunis. Graphisme délicat et détaillé, découpage rythmé, scénario efficace qui ne s’essouffle pas, de nombreux rebondissements, colorisation juste, des décors soignés, un épilogue que tu ne vois pas arriver ou encore des personnages fouillés.
Une lecture d’une seule traite bien évidemment avec le sentiment d’avoir été un lecteur privilégié. Tu fermes cette BD avec la sensation d’avoir découvert un album sublime qui restera une référence. Magique moment durant lequel le monde s’est arrêté me permettant d’atteindre l’extase. Je m’agenouille donc pour dire un énorme bravo à Joshua Dysart et à Alberto Ponticelli pour cette œuvre magistrale.
Vous pouvez / vous devez vous procurer cet album en espérant que mon ressenti sera le vôtre.
5 étoiles bien évidemment. Je ne dirais pas « culte » peut être un peu démesuré comme notation mais énormissime BD !
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Ion Mud
Lupo erre dans un immense vaisseau depuis plus de 40 ans, à la recherche d'une porte. Voilà en gros les seules informations que l'on a sur l'histoire pendant une bonne partie de la BD. Le scénario est flou, le concept vague, mais les décors incroyables. Autant, je n'ai pas spécialement accroché à l'histoire. J'ai mis plus de 150 pages à m'y intéresser. Certes la fin vient éclaircir toute l'histoire, mais pour moi le mal était déjà fait, je n'étais plus dedans. Autant, les dessins méritent à eux seul l'achat de cette BD. Ils sont d'une qualité rarement atteinte. Ils sont truffés de détails, d'une précision chirurgicale et c'est un véritable bonheur de pouvoir les contempler. Je tournais les pages et restais scotché face à toutes ces planches fabuleuses. Même si je n'ai pas apprécié le scénario, j'ai adoré découvrir l'univers que l'auteur nous a proposé et je compte bien suivre ses prochaines réalisations à partir d'aujourd'hui. La qualité des planches font monter ma note à 4 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Bucket List of the dead
Merci à Mac Arthur d'avoir attiré mon attention sur ce manga ! L'idée de départ est vraiment excellente. Notre pauvre héros est employé dans une société inhumaine (et malheureusement ce qui lui arrive se produit vraiment au Japon) et là il va enfin pouvoir profiter de la vie grâce à une invasion de zombies ! L'idée est vraiment bien maitrisée, le personnage principal est terriblement attachant et l'humour fonctionne bien. C'est exagéré, mais pas au point où cela devient lourd comme avec plusieurs mangas humoristiques, il faut dire qu'il y aussi un côté un peu sérieux et que les auteurs équilibrent bien, ce qui donne une bonne série où le héros agit comme s'il était en vacances, alors que la société s'écroule autour de lui et qu'il y a des zombies prêts à le bouffer. On peut voir ça comme une satire sociale du monde du travail japonais, qui peut être tellement inhumain que l'apocalypse à coté c'est chouette. Le dessin est dynamique et les expressions exagérées des personnages sont vraiment drôles. Un bon manga que j'ai envie de suivre sur plusieurs tomes.
300
La bataille des Thermopyles revue par Frank Miller. J'ai découvert Frank Miller avec Daredevil et Klaus Janson à l'encrage. Une tuerie. Graphiquement c'est une merveille, avec un découpage dans le pur style Miller. Tout en horizontalité (plus facile en format italien), verticalité et pleine page. Le trait est précis, tantôt fin, tantôt gras, mais toujours aussi beau. Il "joue" du noir avec raffinement. Omniprésent. Et que serait cet album sans les superbes couleurs de Lynn Varley. L'histoire du roi Léonidas premier et de ses 300 Spartiates, l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique et des guerres médiques. Miller a su en faire une adaptation très personnelle. Quelle efficacité dans le déroulé du récit, aucun temps mort. A lire absolument.
L'Arabe du futur
j'avais entendu parler de cette bande dessinée il y a longtemps, et je l'ai enfin découverte et lue à l'occasion de la sortie du quatrième tome. Elle mérite tout à fait son excellente réputation. Riad Sattouf a un talent étonnant, celui de nous faire vivre un véritable voyage dans le temps et dans l'âge, car tout son récit se passe à hauteur d'enfant, sans la moindre niaiserie, et commence au crépuscule des espoirs qu'avaient pu faire naître les "despotes éclairés" dont on avait pu penser qu'ils allaient moderniser leur pays et faire accéder leurs concitoyens à une meilleure qualité de vie. On oublie que Kaddhafi ou même Hafez El Assad (dont la violente répression de la rébellion d'Homs n'était pas connue à l'époque) étaient considérés non pas comme des potentats corrompus et sanguinaires, mais comme des dirigeants rationnels, modernes, ouverts. Puis les années passent, les guerres d'Irak, l'influence de l'Arabie Saoudite, la dureté des conditions de vie et les inégalités en Lybie et en Syrie passent en toile de fond - avec le contraste des pages se déroulant en France où tout n'est pas simple surtout pour un garçon s'appelant Sattouf, mais où notamment l'influence bienfaisante ou malicieuse des grands-parents vient éclairer les souvenirs, mais ce n'est pas un lourd cours de géopolitique qui passe, mais des éléments plus ou moins bien compris par le jeune Riad, et qui éclairent l'évolution de son père, très probablement déçu dans ses espérances initiales de jeune homme, qu'il a ensuite rejetées avec amertume comme une occidentalisation dont il ne voulait plus. Progressivement par la force des choses la mère de Riad devient plus présente et apporte une autre tonalité au récit. Il y a beaucoup de passages très drôles, d'autres plus mélancoliques, certains pourraient être très durs s'ils étaient présentés de façon directe, mais là encore la magie de Riad Sattouf est de nous les faire éprouver tels que lui les a vécues enfants, avec une dose d'innocence et d'incompréhension qui a parfois des effets très comiques. En sus de son talent de conteur et scénariste, Riad Sattouf illustre son histoire avec un trait très juste et très vivant, expressif et drôle. Pour l'anecdote, c'est amusant de découvrir que Riad s'est inspiré des univers de Lovecraft, Moebius et Conan dans ses premières oeuvres d'enfant / ado dessinateur.
Le Château des Animaux
Après lecture des 2 premiers tomes qui m'ont attiré de par leurs très jolies couvertures ! Il s’agit d’une bd animalière politique très agréable à lire. En préface Xavier Dorison cite ses diverses sources d’inspiration dont « La ferme des animaux » de George Orwell. Pour les intéressés, le film « L’ombre de Staline » dépeint la genèse de ce roman. Cette bd narre une dictature imposant des mesures spoliatrices et liberticides aux individus sous prétexte du bien collectif : au final la loi du plus fort règne et non l’état de droit. Comment se défendre d’un tel système autoritaire ?, c’est le propos des deux premiers tomes. Le débat par rapport au fait de renverser la dictature par les armes ou par la non coopération non violente m’ont rappelé le prêtre (Jeremy Irons) et le mercenaire (Robert de Niro) dans le merveilleux film « Mission ». Jeremy Irons répondant à De Niro « si la seule possibilité pour gagner est de prendre les armes alors ce monde n’est pas pour moi, je ne saurais y vivre ». Relater cette thématique sous forme de fable avec des personnages animaliers est une excellente idée. Le symbolisme des animaux donne au propos une intensité plus forte que ne l’aurait fait une histoire avec des humains. Du coup, cette bd prend un air sympathique de fable de la Fontaine. La présence des animaux rend aussi la lecture de ce drame plus ludique. Le graphisme et la colorisation sont très réussis, ne font pas Walt Disney, ce qui aurait pu être une facilité et un écueil pour une bd animalière ; de surcroît le dessin est très accessible. Pour terminer, l’action est bien présente, il y a de nombreux rebondissements. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, j’ai dévoré ces premiers tomes, j’attends avec impatience les deux prochains.
Un printemps à Tchernobyl
Si j'ai préféré Voyage aux îles de la désolation par les thèmes abordés et l'ambiance marine, je confirme un intérêt réel pour Emmanuel Lepage. Et le mot qui résume cette BD reste le même: émerveillement. Il sait mener sa barque. Pour la deuxième fois, je retrouve la même trame qui me plaît chez cet auteur: il ne sait pas vraiment où il met les pieds, il s'est documenté du lieu mais comprend que le voyage bousculera ses idées reçues et son imagination... Et puis, dans ce récit encore, on ressent une vraie évolution du point de vue de l'auteur, à travers sa belle écriture autant qu'à travers ses superbes croquis. Vraiment superbes. Émotionnellement, les premières planches ont été difficiles à lire: des chiffres qui traduisent le désastre, des citations qui provoquent horreur et indignation... mais là encore ça évolue. Tout en expliquant les faits et l'histoire de cette tragédie, l'auteur cherche à nous faire voir le verre à moitié plein. Culotté me direz-vous. Oui peut-être, sauf que c'est vraiment enchaîné de manière intelligente pour comprendre son point de vue et, en ce qui me concerne, y adhérer. Lisez donc cette œuvre d'Emmanuel Lepage, éternel émerveillé dont les œuvres permettent d'alimenter l'espoir, sans jamais tomber dans la naïveté (bien au contraire !!) ---------------------- Note : je trouve l'approche d'Emmanuel Lepage équivalente à celle de Vincent Munier, photographe animalier connu et reconnu, surnommé "l'éternel émerveillé" dans un reportage disponible gratuitement sur Youtube : "l'extraordinaire photographe animalier Vincent Munier", de la chaîne Passe-moi les jumelles. Ce reportage m'avait scotché.
Urgence climatique
Un album documentaire excellent. Les auteurs parviennent à aborder la problématique du réchauffement climatique d'une main de maître. Autant j'ai l'habitude de lire des ouvrages traitant ce sujet, autant je n'ai jamais autant apprécié ma lecture qu'ici. On est loin des discours de "monsieur-je-sais-tout", des "bobo-écolo" ou autres personnages insupportables. On est au contraire dans un dialogue posé et agréable entre 2 hommes, préoccupés par le réchauffement climatique et cherchant vraiment à comprendre d'où il vient, ses conséquences et ce qu'il est possible de faire pour le contrer. L'ouvrage est donc construit sous une forme de dialogue, entrecoupé par presque toutes les questions que l'on peut se poser sur le climat. C'est sérieux, intelligent, très pédagogue et le tout, agrémenté d'un excellent humour pour alléger notre lecture. Je conseille donc cette BD à tout le monde, et ne manquerai pas d'en faire la pub dans les écoles, afin qu'un maximum de personnes et de jeunes lisent cet ouvrage. 4 étoiles + coup de coeur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Urban
Je réécris mon avis après la lecture des 5 tomes. Je pense que le seul (petit) reproche qu’on puisse faire à cette série (et c’est d’ailleurs déjà noté dans les avis plus négatifs) est une narration un peu nébuleuse : personnages multiples, passages d’une scène à une autre, voire d’une époque à une autre, bref, une narration « à la Brunschwig ». Personnellement je suis fan, mais je comprends qu’on puisse y être hermétique. L’histoire est prenante et remarquablement écrite. Chaque tome apporte de nouveaux éléments et ajoute une couche supplémentaire au récit. L’univers mis en place, ses personnages, leur passé, leur personnalité, tout est parfaitement maîtrisé. Les révélations successives m’ont tenu en haleine, et la fin m’a beaucoup plu. Le dessin de Ricci est magistral. Il fourmille de détails, et la composition des planches est très réussie… les couleurs lumineuses contribuent à l’ambiance futuriste et technologique. Le design m’a un peu rappelé le jeu vidéo Bioshock. Une superbe série, et un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Légendes des Contrées Oubliées
Je relis cette série 20 ans après l’avoir découverte, et j’adore toujours. L’histoire paraît très simple au début, mais se complique petit à petit pour devenir absolument passionnante à partir du deuxième tome. Plusieurs lectures seront nécessaires pour en saisir tous les détails… quelle richesse ! Et cette richesse se retrouve aussi dans la psychologie des personnages, qui évolue beaucoup au cours des 3 tomes. Amitié, haine, trahison... On ne retrouve pas le manichéisme souvent associé au genre. Le dessin de Ségur, très détaillé et aux couleurs pastelles un peu vieillottes, est certes moins accessible que la « fantasy Soleil », mais il est néanmoins superbe. Les mondes visités sont d'une richesse incroyable, que cela soit au niveau de la faune, de la flore ou simplement des paysages. Les cadrages sont aussi très bien faits, avec de nombreux plans originaux (zooms sur des éléments du décors, vues éloignées...) Une quête inoubliable, et une série culte.
Goodnight paradise
Au bowling vous jouez pour faire des strikes ! Dans ma quête de BD, je fouille, je furète, je chine pour trouver l’album qui cochera toutes cases. Je veux voir toutes les quilles tomber. Avec « goodnight paradise » - oui Messieurs Dames - tous les items qui font une BD sublime sont réunis. Graphisme délicat et détaillé, découpage rythmé, scénario efficace qui ne s’essouffle pas, de nombreux rebondissements, colorisation juste, des décors soignés, un épilogue que tu ne vois pas arriver ou encore des personnages fouillés. Une lecture d’une seule traite bien évidemment avec le sentiment d’avoir été un lecteur privilégié. Tu fermes cette BD avec la sensation d’avoir découvert un album sublime qui restera une référence. Magique moment durant lequel le monde s’est arrêté me permettant d’atteindre l’extase. Je m’agenouille donc pour dire un énorme bravo à Joshua Dysart et à Alberto Ponticelli pour cette œuvre magistrale. Vous pouvez / vous devez vous procurer cet album en espérant que mon ressenti sera le vôtre. 5 étoiles bien évidemment. Je ne dirais pas « culte » peut être un peu démesuré comme notation mais énormissime BD !