Si vous voulez commencer par le début de l’histoire, ne cherchez plus : c’est ici ! On y découvre les origines du justicier masqué, la transformation de Bruce Wayne en Batman, et les premiers pas du héros. Le récit est tonique, pas de temps morts et les dialogues hyper efficaces. La voix off aide à fluidifier l’album qui se lit d’une traite. C’est vrai qu’il nous manque encore des clés de compréhension, notamment la raison de son absence de Gotham, mais aussi comment du jour au lendemain ils se retrouve équipé de pied en cap avec des armes secrètes hyper efficaces, mais ça viendra en son temps. Dans cet album, on assiste aussi à la naissance de la relation Batman/Gordon et aux déconvenues de ce lieutenant d’une intégrité à toute épreuve. Que dire du dessin ? J’ai aimé le côté volontairement vintage. On est un peu surpris au début, on se demande même si on va vraiment aimer mais oui… ça fonctionne très bien. Le découpage et la mise en page sont très réussis, assurant un rythme dynamique au scénario. Un très bon album pour partir à la découverte de Batman.
Voila une belle Bd historique qui démarre très bien avec un tome 1 qui lance bien l'histoire sur la fameuse guerre des Boxers et la résistance des légations étrangères lors des 55 jours de Pékin. Et pourtant, cette période historique ne me passionne pas des masses, mais je sais pas pourquoi, je sentais bien cette série et j'avais envie de la lire depuis longtemps puisque je l'avais mise en envie dans mon blog ; sans doute attiré par le dessin de Goepfert. C'est donc chose faite, j'ai eu les 3 albums en occase à un bon prix. Le sujet de départ est évoqué dans une autre Bd aussi intéressante : Tombelaine.
La narration se scinde en 2 blocs distincts : d'un côté les turpitudes de Constantin en Chine, de l'autre l'angoisse de sa famille en France à Saint-Germain-en-Laye, qui s'inquiète de sa disparition. Le récit prend nettement une tournure feuilletonesque et des allures de roman-feuilleton avec des ressorts classiques et bien amenés, dans une trame complètement romanesque où le héros est pris dans un engrenage dramatique et inextricable. C'est aussi une saga familiale. Constantin est victime des événements liés aux Boxers mais aussi de la vindicte d'un officier, rival et animé d'une vengeance qui fait tout pour lui nuire ; il est sauvé par un certain Tchang à qui il avait lui-même sauvé la vie (si ça rappelle pas le Lotus Bleu ça...). Il est dommage que Goepfert ait lâché la série au bout de 3 albums pour aller reprendre une autre série Vécu chez Glénat, du coup la série n'a pas de final, mais malgré ça, c'est très intéressant, bien documenté, les rebondissements sont bien maîtrisés, l'ensemble est palpitant, c'est une série que j'ai lue avec beaucoup de plaisir. C'est une Bd à découvrir, elle n'est pas parmi les plus connues de la collection Vécu.
Le dessin de Goepfert est très agréable à l'oeil, j'ai toujours apprécié son trait sur ses autres bandes, il est dans la tradition d'une néo-Ligne Claire propre aux auteurs des Bd Vécu et rappelle un peu celui de Juillard ; il livre des planches soignées, fluides et bien détaillées, j'aime ce type de dessin sur une Bd historique.
Cet album très attendu d’Aimée de Jongh est un véritable choc visuel et sensoriel, ce qui en fait assurément un événement pour cette année 2021. C’est à partir d’un fait historique un peu oublié, le Dust Bowl — un phénomène météorologique lié à la sécheresse qui provoqua la misère et la fuite des paysans principalement du Texas, de l’Oklahoma et du Kansas, de 1931 à 1937 —, que l’autrice néerlandaise a conçu seule cette fiction hors normes. Elle s’est inspirée également des nombreuses photographies en noir et blanc, pour certaines très célèbres, témoignant de cette catastrophe inédite et dont une partie montrait les habitants de la région dans une immense détresse. Si John Steinbeck a évoqué dans « Les Raisins de la colère » l’exode vers la Californie de ces populations plongées dans la misère, il n’a en revanche que peu traité la question de ce dérèglement climatique dû à l’activité humaine, peut-être le premier de cette ampleur dans l’histoire de l’humanité.
La narration impeccable, faite de longues plages de silence où le dessin prend le dessus, associée à une mise en page aux plans très serrés, souvent en pleine page, nous emporte telle une tornade au cœur de l’histoire. Et si la comparaison est facile, elle n’en est pas moins vraie… Le lecteur est littéralement immergé dans cette atmosphère suffocante aux tonalités oscillant entre le gris beige et le brun orangé. Visuellement, c’est aussi magnifique que la situation des habitants appauvris par la catastrophe n’est tragique, et l’esthétique soignée n’enlève rien à la puissance de l’image. Le cadrage est saisissant, comme si l’autrice avait cherché à nous mettre le nez dans ces vents de sable pour nous faire mieux ressentir l’âpreté d’une situation dont les victimes ont littéralement « mordu la poussière ». Le trait sensible et réaliste d’Aimée de Jongh retranscrit parfaitement les états d’âme de ces gens livrés à eux-mêmes, pris dans la nasse du désespoir et pour une bonne partie captifs d’une terre maudite, sans même avoir les moyens financiers de la quitter…
Le jeune héros, John, va vivre, à travers cette première expérience professionnelle en tant que photographe, un véritable parcours initiatique qui va le plonger dans des abîmes existentiels. Très vite, malgré sa jeunesse, le douteval’envahir quant à l’éthique de la fonction qui lui a été assignée par le journal qui vient de l’embaucher : prendre des clichés suivant des thématiques très précises, un rien cyniques dans leur aspect factuel, car déjà à l’époque, le « choc des photos » était nécessaire pour augmenter les ventes. Mais il n’est pas pour autant question de porter un jugement trop sévère sur ces photographies, dont la mise en scène pouvait travestir la réalité pour la rendre plus percutante. Car sans ces témoignages sur pellicule (et ces portraits saisissants, dont certains ont marqué la conscience collective), qu’aurions-nous su de cette tragédie et quelles traces en aurait gardé l’Histoire ? Aimée de Jongh elle-même aurait-elle pu réaliser cet album ? Pourtant, John, ce garçon sensible et empathique, l’est peut-être un peu trop pour exercer un métier se résumant à observer le monde dans sa dureté, où le photographe croit se protéger derrière la froideur mécanique de son objectif…
En plus de toutes les qualités narratives et graphiques de ce one-shot, ce qui le rend encore plus marquant, plus prégnant, est la façon dont les faits décrits résonnent puissamment avec les problématiques environnementales de notre époque. On imagine sans peine qu’une telle catastrophe puisse désormais se reproduire sous n’importe quelle latitude, surtout quand l’actualité nous annonce que la côte Ouest du Canada ou la Sibérie subissent des températures approchant les 50° Celsius…
Nul doute que « Jours de sable » marquera les esprits pour longtemps et ne passera pas inaperçu. La maison Dargaud, qui l’a bien compris, a doté l’ouvrage d’une qualité éditoriale on ne peut plus seyante, renforcée par un excellent choix visuel pour la double couverture et un minimalisme stylé pour la couverture intérieure. Avec ce petit plus qui n’est rien d’autre qu’une déclaration d’amour à l’objet papier : la cordelette marque-page. Avec une réussite aussi évidente, qui pourra encore oser prétendre que le neuvième art est une affaire de mecs et nier l’importance des autrices ?
J'ai mis un peu de temps avant d'acheter cet album, je dois dire que je ne savais pas trop à quoi m'attendre et j'avais été très déçu par les dernières reprises signées Morvan-Munuera ou Yoann et Velhmann. De son côté, je trouve que la collection "Le Spirou de…" avait alterné le bon et le moins bon.
J'aime bien le dessin de Fabrice Tarrin qui pastiche admirablement le style de l'école de Marcinelle, notamment sur une série nommée Violine aujourd'hui un peu oubliée. Tarrin avait déjà travaillé sur un Spirou avec Yann dans un scénario assez oubliable.
L'idée de base est plutôt drôle répandre le communisme sur toute la planète en enlevant Champignac. L'aventure est enlevée et pleine de rebondissements et la double lecture est intéressante.
L'action se passe dans les années 50, pendant la guerre froide et le titre est un hommage appuyé à une autre légende du 9ème art Tintin.
Avec cette histoire, j'ai retrouvé un peu de la verve qui manquait aux albums de Spirou depuis Tome et Janry. J'exclurai pour ma part le Spirou d'Emile Bravo qui est un chef d'œuvre d'un autre registre.
Ce qui fait l'intérêt de Spirou chez les Soviets est son côté méta : on retrouve ainsi Monsieur Dupuis en anticommuniste patenté, Lebrac, Gaston, Demesmaeker, Boulier, Raoul Cauvin en un monsieur R sorte d'équivalent du Q bondien et j'en passe… soit tout l'univers du journal Spirou qu'un lecteur comme moi connaissait bien à travers les gags de Gaston. Nos héros se font aussi passer pour des journalistes de Vaillant (ancêtre de Pif gadget) magazine français de bd proche du PCF.
Le dessin de Tarrin montre un réel dynamisme, il rappelle celui de Franquin des années 50 dans le style de la mauvaise tête.
Un album qui ravira les vieux amateurs comme moi, mais qui, à mon avis, pourra faire rire les jeunes générations.
Voilà 3 albums magnifiques. Plutôt adepte des zombies, j’y allais avec un peu d’appréhension sur cette série. J’ai eu tort. Immédiatement j’ai adhéré à l’histoire. Ici les mortels ne se transforment pas en d’affreux zombies avides de chair fraiche mais en des loups affamés. Et pour assouvir leurs envies, ces gastronomes sanguinaires se contenteront de viande humaine. Et je peux vous assurez, ils sont voraces et ce n’est pas facile pour qu’ils soient rassasiés.
La population américaine doit gérer une épidémie dévastatrice. Le virus est contagieux. Les hommes se transforment peu à peu en une meute de loups cruels et insensibles à son prochain. Ce sont leurs estomacs qui les guident désormais. Malheur à celui qui sera mordu. La transformation est presque immédiate.
Petite particularité, ces loups-garous ont un avantage énormissime. Ils peuvent prendre l’apparence humaine et se fondre dans l’anonymat pour mieux égorger leurs prochaines victimes. Seule la décapitation permet de venir à bout de ces monstres. Pour se défendre, les miraculés survivants ont du boulot s’ils veulent échapper à ces nouveaux prédateurs !
Franchement cela le fait. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. J’ai lu les 3 albums d’une seule traite. Dommage que tout soit en noir et blanc. Cela aurait eu de la gueule avec des planches rouge sang.
On pense à Walking Dead bien évidemment avec cette histoire post apocalyptique. Des survivants qui s’adaptent pour survivre dans un monde cruel et impitoyable. J’adore World War Wolves. C’est à croquer sans modération. Si vous avez faim je suis sûr que vous dévorez cette série et que vous vous en mettrez plein les babines. Bon appétit.
Avec un dessin et une noirceur qui font parfois penser à Burns ou Winshluss, un trait fin et très beau, Jürg a vraiment fait du bon boulot (comme l’éditeur d’ailleurs, avec cette couverture cartonnée très épaisse et cette mise en pages aérée).
Un visuel attractif donc, et une intrigue qui ne l’est pas moins, même si elle peut surprendre ! En effet, dans un décor mal défini, post-apocalyptique en tout cas, nous suivons les mésaventures d’un petit bonhomme (à mi-chemin d’un gros bébé et d’une créature extra-terrestre), avec un découpage des chapitres en forme de compte à rebours qui nous laisse rapidement à penser que la fin ne sera pas joyeuse (voir le dessin de couverture, déjà…).
Il n’y a d’ailleurs pas grand-chose de joyeux dans cette histoire, franchement très très noire ! Seules quelques rares passages apportent un peu de répit et d’oxygène au lecteur et à notre héros (lorsqu’il croise une petite fille, ou une biche et son faon). Mais même ces passages sont rapidement balayés par une violence et un nihilisme assez forts.
Ce struggle for life implacable et désespéré m’a fait penser à No comment d’Ivan Brun. A ne pas lire dans un moment de blues, le pessimisme règne. Mais à lire, vraiment, c’est très noir, mais très bon et beau, un récit qui marque.
Bonjour !
J'ai attendu et attendu l'arrivée du deuxième Tome, mais pas de bol, il ne veut pas sortir ! Quel dommage d'abandonner une histoire aussi distrayante à travers le monde de l'art et la machine à remonter le temps ! ALLEZ AU TAF, on veut une suite !
Excellent!
Un humour bien propre à l'univers, un peu trash et sombre parfois, mais c'est ça qu'on aime!
Personnages plus qu'attachants, développement de l'histoire intéressant.
Les dessins sont certes simplistes comparés aux mangas "shonen" populaires, mais le trait de dessin à son charme et reste cohérent tout le long des 27 tomes actuellement sortis, et j'aime beaucoup!
Certains moments paraissent enfantin (ou "family-friendly") pour que le chapitre d'après traite de thèmes sombres et parfois glauques. Le tout rendant l'histoire assez orienté vers un public-cible adulte en vu des sujets abordés. Cette dissonance entre les moments et le style de dessin "Wholesome" et les moments glauques renforcent un humour sombre et cynique, qui pourrait en rebuter plus d'un, si l'ont est pas friand de ce type d'humour.
Je recommande à un publique assez âgé!
Evidemment, si on est à la recherche de l'univers traditionnel de Spirou et Fantasio, on sera forcément un peu dérouté.
Néanmoins, il est difficile de quitter cette BD une fois qu'on l'a commencée. Le scénario est riche et tient le lecteur en haleine.
J'ai fait lire ces ouvrages à des personnes de mon entourage de tous âges qui ont tous apprécié. On notera l'approche pédagogique qui se marie à merveille avec la fiction.
Mon coup de cœur des 3 dernières années.
Trouver les mots pour pareil plaisir, c'est difficile. Un seul pourrait résumer le tout : émerveillement.
Dubitatif au démarrage, je deviens définitivement convaincu lorsque Emmanuel Lepage découvre et se confronte à la vie dans ces îles ("vie" à prendre dans tous les sens que vous voulez). L'évolution de son carnet de voyages est très intéressante : d'une position d'observateur qui, grosso modo, décrit ce qu'il voit et qui il rencontre, il s'émancipe peu à peu, presque naturellement, jusqu'à exprimer son propre point de vue et libérer des ressentis sans filtre aucun. Comme si toute la magnificence de l'environnement et la pureté de l'air lui avait donné les idées claires.
Les croquis mis en BD sont époustouflants, du portrait à l'environnement en passant par le navire ou la faune. C'est rare d'avoir une qualité de ce niveau. Véridique : deux illustrations en doubles page m'ont laissé échappé un nom d'oiseau impossible à contenir. Ces superbes croquis sont entre-coupées de cases aux dessins grisâtres élégants qui permettent de nous conforter dans l'idée que nous lisons bien une BD au sens propre.
Quel carnet de voyages! Quel documentaire! Quelle richesse ! 30 jours denses résumés en 150 planches de bonheur. On découvre un mode de vie, celui de ces scientifiques, marins et invités qui choisissent de vivre loin de leurs proches pour une période plus ou moins longues. On découvre l'histoire de l'humanité aussi, que l'on pourrait surnommer de tragédie humaine tant la colonisation de ces terres par l'Homme a pu bousculer un écosystème endémique ou même la mort de sa propre existence. Mais on découvre aussi, et surtout, cet éternel émerveillement sur ce qui nous entoure et sur la nécessité absolue de sauver ce qu'il reste à sauver, et retrouver ce qui n'est pas complètement perdu.
Emmanuel Lepage, bien que narrateur permanent, reste assez en retrait niveau discours pour céder la place à la beauté picturale et naturelle des choses et des hommes. L'émerveillement, c'est l'espoir qui continue de briller, et peut-être que l'auteur partage cette idée.
Voilà, c'est le genre de BD qui me remplit de joie et où l'on peut se sentir universellement moins con que la veille. A parcourir sans modération pour voyager, apprendre et enrichir son champ de vision.
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Batman - Année Un (Year One)
Si vous voulez commencer par le début de l’histoire, ne cherchez plus : c’est ici ! On y découvre les origines du justicier masqué, la transformation de Bruce Wayne en Batman, et les premiers pas du héros. Le récit est tonique, pas de temps morts et les dialogues hyper efficaces. La voix off aide à fluidifier l’album qui se lit d’une traite. C’est vrai qu’il nous manque encore des clés de compréhension, notamment la raison de son absence de Gotham, mais aussi comment du jour au lendemain ils se retrouve équipé de pied en cap avec des armes secrètes hyper efficaces, mais ça viendra en son temps. Dans cet album, on assiste aussi à la naissance de la relation Batman/Gordon et aux déconvenues de ce lieutenant d’une intégrité à toute épreuve. Que dire du dessin ? J’ai aimé le côté volontairement vintage. On est un peu surpris au début, on se demande même si on va vraiment aimer mais oui… ça fonctionne très bien. Le découpage et la mise en page sont très réussis, assurant un rythme dynamique au scénario. Un très bon album pour partir à la découverte de Batman.
Le Lys noir
Voila une belle Bd historique qui démarre très bien avec un tome 1 qui lance bien l'histoire sur la fameuse guerre des Boxers et la résistance des légations étrangères lors des 55 jours de Pékin. Et pourtant, cette période historique ne me passionne pas des masses, mais je sais pas pourquoi, je sentais bien cette série et j'avais envie de la lire depuis longtemps puisque je l'avais mise en envie dans mon blog ; sans doute attiré par le dessin de Goepfert. C'est donc chose faite, j'ai eu les 3 albums en occase à un bon prix. Le sujet de départ est évoqué dans une autre Bd aussi intéressante : Tombelaine. La narration se scinde en 2 blocs distincts : d'un côté les turpitudes de Constantin en Chine, de l'autre l'angoisse de sa famille en France à Saint-Germain-en-Laye, qui s'inquiète de sa disparition. Le récit prend nettement une tournure feuilletonesque et des allures de roman-feuilleton avec des ressorts classiques et bien amenés, dans une trame complètement romanesque où le héros est pris dans un engrenage dramatique et inextricable. C'est aussi une saga familiale. Constantin est victime des événements liés aux Boxers mais aussi de la vindicte d'un officier, rival et animé d'une vengeance qui fait tout pour lui nuire ; il est sauvé par un certain Tchang à qui il avait lui-même sauvé la vie (si ça rappelle pas le Lotus Bleu ça...). Il est dommage que Goepfert ait lâché la série au bout de 3 albums pour aller reprendre une autre série Vécu chez Glénat, du coup la série n'a pas de final, mais malgré ça, c'est très intéressant, bien documenté, les rebondissements sont bien maîtrisés, l'ensemble est palpitant, c'est une série que j'ai lue avec beaucoup de plaisir. C'est une Bd à découvrir, elle n'est pas parmi les plus connues de la collection Vécu. Le dessin de Goepfert est très agréable à l'oeil, j'ai toujours apprécié son trait sur ses autres bandes, il est dans la tradition d'une néo-Ligne Claire propre aux auteurs des Bd Vécu et rappelle un peu celui de Juillard ; il livre des planches soignées, fluides et bien détaillées, j'aime ce type de dessin sur une Bd historique.
Jours de sable
Cet album très attendu d’Aimée de Jongh est un véritable choc visuel et sensoriel, ce qui en fait assurément un événement pour cette année 2021. C’est à partir d’un fait historique un peu oublié, le Dust Bowl — un phénomène météorologique lié à la sécheresse qui provoqua la misère et la fuite des paysans principalement du Texas, de l’Oklahoma et du Kansas, de 1931 à 1937 —, que l’autrice néerlandaise a conçu seule cette fiction hors normes. Elle s’est inspirée également des nombreuses photographies en noir et blanc, pour certaines très célèbres, témoignant de cette catastrophe inédite et dont une partie montrait les habitants de la région dans une immense détresse. Si John Steinbeck a évoqué dans « Les Raisins de la colère » l’exode vers la Californie de ces populations plongées dans la misère, il n’a en revanche que peu traité la question de ce dérèglement climatique dû à l’activité humaine, peut-être le premier de cette ampleur dans l’histoire de l’humanité. La narration impeccable, faite de longues plages de silence où le dessin prend le dessus, associée à une mise en page aux plans très serrés, souvent en pleine page, nous emporte telle une tornade au cœur de l’histoire. Et si la comparaison est facile, elle n’en est pas moins vraie… Le lecteur est littéralement immergé dans cette atmosphère suffocante aux tonalités oscillant entre le gris beige et le brun orangé. Visuellement, c’est aussi magnifique que la situation des habitants appauvris par la catastrophe n’est tragique, et l’esthétique soignée n’enlève rien à la puissance de l’image. Le cadrage est saisissant, comme si l’autrice avait cherché à nous mettre le nez dans ces vents de sable pour nous faire mieux ressentir l’âpreté d’une situation dont les victimes ont littéralement « mordu la poussière ». Le trait sensible et réaliste d’Aimée de Jongh retranscrit parfaitement les états d’âme de ces gens livrés à eux-mêmes, pris dans la nasse du désespoir et pour une bonne partie captifs d’une terre maudite, sans même avoir les moyens financiers de la quitter… Le jeune héros, John, va vivre, à travers cette première expérience professionnelle en tant que photographe, un véritable parcours initiatique qui va le plonger dans des abîmes existentiels. Très vite, malgré sa jeunesse, le douteval’envahir quant à l’éthique de la fonction qui lui a été assignée par le journal qui vient de l’embaucher : prendre des clichés suivant des thématiques très précises, un rien cyniques dans leur aspect factuel, car déjà à l’époque, le « choc des photos » était nécessaire pour augmenter les ventes. Mais il n’est pas pour autant question de porter un jugement trop sévère sur ces photographies, dont la mise en scène pouvait travestir la réalité pour la rendre plus percutante. Car sans ces témoignages sur pellicule (et ces portraits saisissants, dont certains ont marqué la conscience collective), qu’aurions-nous su de cette tragédie et quelles traces en aurait gardé l’Histoire ? Aimée de Jongh elle-même aurait-elle pu réaliser cet album ? Pourtant, John, ce garçon sensible et empathique, l’est peut-être un peu trop pour exercer un métier se résumant à observer le monde dans sa dureté, où le photographe croit se protéger derrière la froideur mécanique de son objectif… En plus de toutes les qualités narratives et graphiques de ce one-shot, ce qui le rend encore plus marquant, plus prégnant, est la façon dont les faits décrits résonnent puissamment avec les problématiques environnementales de notre époque. On imagine sans peine qu’une telle catastrophe puisse désormais se reproduire sous n’importe quelle latitude, surtout quand l’actualité nous annonce que la côte Ouest du Canada ou la Sibérie subissent des températures approchant les 50° Celsius… Nul doute que « Jours de sable » marquera les esprits pour longtemps et ne passera pas inaperçu. La maison Dargaud, qui l’a bien compris, a doté l’ouvrage d’une qualité éditoriale on ne peut plus seyante, renforcée par un excellent choix visuel pour la double couverture et un minimalisme stylé pour la couverture intérieure. Avec ce petit plus qui n’est rien d’autre qu’une déclaration d’amour à l’objet papier : la cordelette marque-page. Avec une réussite aussi évidente, qui pourra encore oser prétendre que le neuvième art est une affaire de mecs et nier l’importance des autrices ?
Spirou chez les Soviets
J'ai mis un peu de temps avant d'acheter cet album, je dois dire que je ne savais pas trop à quoi m'attendre et j'avais été très déçu par les dernières reprises signées Morvan-Munuera ou Yoann et Velhmann. De son côté, je trouve que la collection "Le Spirou de…" avait alterné le bon et le moins bon. J'aime bien le dessin de Fabrice Tarrin qui pastiche admirablement le style de l'école de Marcinelle, notamment sur une série nommée Violine aujourd'hui un peu oubliée. Tarrin avait déjà travaillé sur un Spirou avec Yann dans un scénario assez oubliable. L'idée de base est plutôt drôle répandre le communisme sur toute la planète en enlevant Champignac. L'aventure est enlevée et pleine de rebondissements et la double lecture est intéressante. L'action se passe dans les années 50, pendant la guerre froide et le titre est un hommage appuyé à une autre légende du 9ème art Tintin. Avec cette histoire, j'ai retrouvé un peu de la verve qui manquait aux albums de Spirou depuis Tome et Janry. J'exclurai pour ma part le Spirou d'Emile Bravo qui est un chef d'œuvre d'un autre registre. Ce qui fait l'intérêt de Spirou chez les Soviets est son côté méta : on retrouve ainsi Monsieur Dupuis en anticommuniste patenté, Lebrac, Gaston, Demesmaeker, Boulier, Raoul Cauvin en un monsieur R sorte d'équivalent du Q bondien et j'en passe… soit tout l'univers du journal Spirou qu'un lecteur comme moi connaissait bien à travers les gags de Gaston. Nos héros se font aussi passer pour des journalistes de Vaillant (ancêtre de Pif gadget) magazine français de bd proche du PCF. Le dessin de Tarrin montre un réel dynamisme, il rappelle celui de Franquin des années 50 dans le style de la mauvaise tête. Un album qui ravira les vieux amateurs comme moi, mais qui, à mon avis, pourra faire rire les jeunes générations.
World War Wolves
Voilà 3 albums magnifiques. Plutôt adepte des zombies, j’y allais avec un peu d’appréhension sur cette série. J’ai eu tort. Immédiatement j’ai adhéré à l’histoire. Ici les mortels ne se transforment pas en d’affreux zombies avides de chair fraiche mais en des loups affamés. Et pour assouvir leurs envies, ces gastronomes sanguinaires se contenteront de viande humaine. Et je peux vous assurez, ils sont voraces et ce n’est pas facile pour qu’ils soient rassasiés. La population américaine doit gérer une épidémie dévastatrice. Le virus est contagieux. Les hommes se transforment peu à peu en une meute de loups cruels et insensibles à son prochain. Ce sont leurs estomacs qui les guident désormais. Malheur à celui qui sera mordu. La transformation est presque immédiate. Petite particularité, ces loups-garous ont un avantage énormissime. Ils peuvent prendre l’apparence humaine et se fondre dans l’anonymat pour mieux égorger leurs prochaines victimes. Seule la décapitation permet de venir à bout de ces monstres. Pour se défendre, les miraculés survivants ont du boulot s’ils veulent échapper à ces nouveaux prédateurs ! Franchement cela le fait. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. J’ai lu les 3 albums d’une seule traite. Dommage que tout soit en noir et blanc. Cela aurait eu de la gueule avec des planches rouge sang. On pense à Walking Dead bien évidemment avec cette histoire post apocalyptique. Des survivants qui s’adaptent pour survivre dans un monde cruel et impitoyable. J’adore World War Wolves. C’est à croquer sans modération. Si vous avez faim je suis sûr que vous dévorez cette série et que vous vous en mettrez plein les babines. Bon appétit.
Ziyi
Avec un dessin et une noirceur qui font parfois penser à Burns ou Winshluss, un trait fin et très beau, Jürg a vraiment fait du bon boulot (comme l’éditeur d’ailleurs, avec cette couverture cartonnée très épaisse et cette mise en pages aérée). Un visuel attractif donc, et une intrigue qui ne l’est pas moins, même si elle peut surprendre ! En effet, dans un décor mal défini, post-apocalyptique en tout cas, nous suivons les mésaventures d’un petit bonhomme (à mi-chemin d’un gros bébé et d’une créature extra-terrestre), avec un découpage des chapitres en forme de compte à rebours qui nous laisse rapidement à penser que la fin ne sera pas joyeuse (voir le dessin de couverture, déjà…). Il n’y a d’ailleurs pas grand-chose de joyeux dans cette histoire, franchement très très noire ! Seules quelques rares passages apportent un peu de répit et d’oxygène au lecteur et à notre héros (lorsqu’il croise une petite fille, ou une biche et son faon). Mais même ces passages sont rapidement balayés par une violence et un nihilisme assez forts. Ce struggle for life implacable et désespéré m’a fait penser à No comment d’Ivan Brun. A ne pas lire dans un moment de blues, le pessimisme règne. Mais à lire, vraiment, c’est très noir, mais très bon et beau, un récit qui marque.
Harding was here
Bonjour ! J'ai attendu et attendu l'arrivée du deuxième Tome, mais pas de bol, il ne veut pas sortir ! Quel dommage d'abandonner une histoire aussi distrayante à travers le monde de l'art et la machine à remonter le temps ! ALLEZ AU TAF, on veut une suite !
Dofus
Excellent! Un humour bien propre à l'univers, un peu trash et sombre parfois, mais c'est ça qu'on aime! Personnages plus qu'attachants, développement de l'histoire intéressant. Les dessins sont certes simplistes comparés aux mangas "shonen" populaires, mais le trait de dessin à son charme et reste cohérent tout le long des 27 tomes actuellement sortis, et j'aime beaucoup! Certains moments paraissent enfantin (ou "family-friendly") pour que le chapitre d'après traite de thèmes sombres et parfois glauques. Le tout rendant l'histoire assez orienté vers un public-cible adulte en vu des sujets abordés. Cette dissonance entre les moments et le style de dessin "Wholesome" et les moments glauques renforcent un humour sombre et cynique, qui pourrait en rebuter plus d'un, si l'ont est pas friand de ce type d'humour. Je recommande à un publique assez âgé!
Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout
Evidemment, si on est à la recherche de l'univers traditionnel de Spirou et Fantasio, on sera forcément un peu dérouté. Néanmoins, il est difficile de quitter cette BD une fois qu'on l'a commencée. Le scénario est riche et tient le lecteur en haleine. J'ai fait lire ces ouvrages à des personnes de mon entourage de tous âges qui ont tous apprécié. On notera l'approche pédagogique qui se marie à merveille avec la fiction. Mon coup de cœur des 3 dernières années.
Voyage aux îles de la Désolation
Trouver les mots pour pareil plaisir, c'est difficile. Un seul pourrait résumer le tout : émerveillement. Dubitatif au démarrage, je deviens définitivement convaincu lorsque Emmanuel Lepage découvre et se confronte à la vie dans ces îles ("vie" à prendre dans tous les sens que vous voulez). L'évolution de son carnet de voyages est très intéressante : d'une position d'observateur qui, grosso modo, décrit ce qu'il voit et qui il rencontre, il s'émancipe peu à peu, presque naturellement, jusqu'à exprimer son propre point de vue et libérer des ressentis sans filtre aucun. Comme si toute la magnificence de l'environnement et la pureté de l'air lui avait donné les idées claires. Les croquis mis en BD sont époustouflants, du portrait à l'environnement en passant par le navire ou la faune. C'est rare d'avoir une qualité de ce niveau. Véridique : deux illustrations en doubles page m'ont laissé échappé un nom d'oiseau impossible à contenir. Ces superbes croquis sont entre-coupées de cases aux dessins grisâtres élégants qui permettent de nous conforter dans l'idée que nous lisons bien une BD au sens propre. Quel carnet de voyages! Quel documentaire! Quelle richesse ! 30 jours denses résumés en 150 planches de bonheur. On découvre un mode de vie, celui de ces scientifiques, marins et invités qui choisissent de vivre loin de leurs proches pour une période plus ou moins longues. On découvre l'histoire de l'humanité aussi, que l'on pourrait surnommer de tragédie humaine tant la colonisation de ces terres par l'Homme a pu bousculer un écosystème endémique ou même la mort de sa propre existence. Mais on découvre aussi, et surtout, cet éternel émerveillement sur ce qui nous entoure et sur la nécessité absolue de sauver ce qu'il reste à sauver, et retrouver ce qui n'est pas complètement perdu. Emmanuel Lepage, bien que narrateur permanent, reste assez en retrait niveau discours pour céder la place à la beauté picturale et naturelle des choses et des hommes. L'émerveillement, c'est l'espoir qui continue de briller, et peut-être que l'auteur partage cette idée. Voilà, c'est le genre de BD qui me remplit de joie et où l'on peut se sentir universellement moins con que la veille. A parcourir sans modération pour voyager, apprendre et enrichir son champ de vision.