Les derniers avis (39863 avis)

Par Nijal
Note: 5/5
Couverture de la série La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)

Avant d'appréhender "La Jeunesse de Picsou", il convient en guise d'introduction de donner quelques informations d'ordre historique. Le personnage de Balthazar Picsou a été créé en 1947 par Carl Barks, qui pendant 20 années façonnera son univers: les Rapetou, Gontran, Flairsou, Gripsou, Géo Trouvetou, Miss Tick, les Castors Juniors, Donaldville, et bien évidemment Donald et ses neveux, rares personnages qui ne sont pas création de Carl Barks. En 1987, Don Rosa entreprend de se plonger dans l'étude studieuse des 6000 pages de BD léguées par Carl Barks, et au début des années 90 est rédigée "la Jeunesse de Picsou", fondée sur tout l'héritage de Carl Barks. A noter qu'il ne faut pas confondre l'école américaine avec toutes les autres écoles, en particulier l'école italienne qui s'est éloigné de cet héritage. En connaissance de cause, on ne peut qu'être abasourdi par la rigueur de Don Rosa -plus peut-être qu'Alan Moore-, qui a recherché avec minutie le plus infime détail laissé par Carl Barks, a cherché le moyen de l'exploiter, et qui au final a réussi à tisser des liens solides entre sa "jeunesse" et les histoires de Carl Barks, créant un ensemble cohérent du point de vue scénaristique. Du point de vue de la forme, là aussi la cohérence est de mise. La plupart des épisodes font en moyenne 25 pages. Chaque épisode est précédé par un dessin d'une page, et dans chaque épisode on retrouve des constantes de construction, comme cette en-tête de présentation au début de la première page. Le dessin est d'une clarté impeccable, mais paradoxalement assez fouillé, et dans ce style tout en rondeur propre à Disney. Le tout permet une lecture d'une remarquable fluidité. Mais qu'en est-il du personnage principal, Picsou ? Dans le premier épisode, on le voit enfant d'une famille pauvre d'Ecosse en 1877, aux prises avec une famille ennemie pour sauver leur domaine ancestral puis un Picsou adolescent qui va s'envoler vers l'Amérique; le dernier épisode présente un Picsou affaibli en 1947, qui, en lutte contre les Rapetou, va vivre une sorte de " renaissance "... Et entre temps ? La saga tient presque de l'épopée historique. Des bords du Mississipi jusqu'à l'Australie, Picsou parcourt le monde en quête de fortune. C'est l'occasion pour Don Rosa de nous faire revivre des événements historiques tels que la conquête de l'ouest américain, les ruées vers l'or, le naufrage du Titanic, et des allusions subtiles sur la révolution Russe, le krach de Wall Street, la colonisation, etc. Mais plus qu'une épopée historique, "la Jeunesse de Picsou" tient avant tout de l'épopée humaine. Sur 70 ans, Picsou ne reste pas monolithique. Certains ont pu avancer que les personnages traités par Don Rosa étaient moins ambigus et moins profonds -du point de vue de leur personnalité- que ceux traités par Carl Barks, ce qui est en partie vrai, mais il n'en reste pas moins vrai que Don Rosa a effectué un remarquable travail en nous retraçant l'évolution contrastée du caractère de Picsou: adolescent naïf, il s'endurcit, au fur et à mesure qu'il découvre le monde et les hommes, mais toujours en restant honnête. Après son unique acte de malhonnêteté, son ascension impressionnante trouvera son épilogue dans la déchéance et la solitude. Ma foi, je dois dire que les deux derniers épisodes, ceux retraçant l'ascension et la "chute" sont pour moi les plus poignants. J'ai lu pour la première fois "La Jeunesse de Picsou" à l'âge de 10 ans, et depuis elle ne m'a plus jamais quitté, elle est devenue un ferment de mon identité, tant l'histoire de celui qui a réussi en étant "plus dur que les gros durs, plus malin que les petits malins, et en restant honnête et carré" s'est gravée dans mon esprit d'une encre indélébile. Afin d'éviter la déception, il est important de garder à l'esprit que ce fleuron de la production Disney qu'est "la Jeunesse de Picsou" est avant tout destinée aux enfants et aux pré-adolescents. Il n'empêche qu'elle a, et avec elle toute la production de Don Rosa, fait des années 90 la plus grande période pour l'univers Picsou depuis les années 50.

28/10/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Choucas
Le Choucas

Les éditions Dupuis viennent de publier une intégrale du Choucas, un beau pavé de 300 pages au format souple, noir et blanc, d'une taille légèrement réduite et d'un prix franchement attractif. Pensez : presque 50% moins cher que les albums à l'unité, voilà qui a de quoi attirer le chaland. Et en chaland chanceux que je suis, c'est via cette intégrale que j'ai découvert ce Choucas dont j'avais beaucoup entendu parler en bien. Abordons tout d'abord l'aspect graphique. Le trait de Lax est excellent et profite de la maîtrise que lui ont apporté des oeuvres à succès déjà nombreuses (Azrayen, L'Aigle sans orteils, etc.). Il nous offre des planches pleines de vie, belles et fluides à la lecture. L'intégrale est en noir et blanc, la série originelle en couleurs, oui mais... mais non seulement Lax avait pensé initialement son détective en noir et blanc, mais surtout son dessin s'accommode excellemment bien de l'absence de couleurs. Les planches sont belles, contrastées, parfaites pour créer l'ambiance du polar. Maigre reproche : l'absence de couleurs n'aide pas à distinguer les origines ethniques de certains personnages, ce n'est par exemple qu'au bout de quelques dialogues qu'on comprend que le taxi Gabin est d'origine Africaine, idem pour les indiens Québécois de la 6e affaire. Mais venons-en au récit. Je ne suis guère amateur de polar. Les livres de la Série Noire et autres Léo Malet ne m'ont jamais captivé, pas plus que les films de Bogart et compagnie. Pourtant dès les premières pages, j'ai accroché au personnage du Choucas. Tout d'abord parce que nous savons d'où il vient, dernier rescapé du prolétariat, on découvre dans l'introduction de sa première affaire comment il est passé du statut d'ouvrier au chômage à celui de détective privé. Ensuite, et surtout, parce que ses histoires sont bourrées d'humour. Sous un aspect sombre et sérieux, les dialogues et textes narratifs du Choucas sont emplis de bonnes réparties, de jeux de mots, de dialogues parfois hilarants. La narration graphique n'est pas en reste puisqu'elle se combine excellemment à ces boutades humoristiques et se permet souvent quelques folies à base de symboles et autres images amusantes insérées dans le récit pour en faire ressortir les idées. Et les scénarios eux-mêmes sont de la partie pour amuser le lecteur. Le ton est donné avec le premier tome dont l'enquête se finalise face à une crapule aux ambitions aussi ridicules que dévastatrices. Dès sa première affaire, on réalise combien le Choucas n'a rien d'un héros invincible : parfois minable, souvent maladroit, il a le plus souvent besoin de l'aide que son charisme lui attire heureusement pour résoudre ses enquêtes et se sortir du pétrin dans lequel il plonge plus qu'à l'occasion. Ca le rend d'autant plus attachant, loin de la froideur blasée d'un détective de polar typique. Le Choucas est un cocktail entre polar noir et humour, pour de vraies enquêtes qui passionneront l'amateur du genre tout en amusant tous les lecteurs.

28/10/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Jacques Le Gall
Jacques Le Gall

Jacques Le Gall ?... Une bien chouette série concoctée par deux "pointures" de la BD : Jean-Michel Charlier aux scénarios, Mitacq (La Patrouille des Castors) au dessin. Le Gall ?... Il me fait penser à Mouche, le rouquin des "Castors" qui aurait grandi et pris de l'assurance. C'est en 1959 que Le Gall fait son apparition, dans l'hebdo Pilote n°1 du 29 Octobre 1959. Il y termine sa carrière dans le n° 390 du 13 Avril 1967. J'avoue que j'aime vraiment bien. C'est vrai qu'il ne faut pas trop chercher matière à réflexion dans les histoires ; Charlier balançant ici de sacrés scénarios qui mêlent aventure, tension dramatique, explosivité. C'est vraiment rocambolesque, on n'y croit pas une seconde... mais c'est bien attachant. Les premières histoires bénéficient -et c'est le verbe- d'un magnifique "noir et blanc" très esthétique ; les différentes planches étant réalisées au lavis. Contrastes, profondeur, "faux relief" attirent l'oeil, le font apprécier le travail d'artiste. Surchargé de travail, Mitacq confiera ensuite le graphisme à René Follet ; lequel poursuit la série dans une belle continuité. Jacques le Gall ?... Une belle série qui aurait dû continuer, mais qui s'arrête suite au décès de Charlier en 1989 ; lequel -chose rare- n'en avait écrit aucun scénario d'avance. Les albums : 4 aventures seront éditées. Des rééditions suivront, sous d'autres couvertures et titres différents. On trouve encore les E.O., mais vraiment occasionnellement. Une bonne "intégrale" en deux tomes permet d'apprécier -en une sorte de deuxième jeunesse- les aventures de ce jeune "baroudeur".

28/10/2006 (modifier)
Par Quentin
Note: 4/5
Couverture de la série Corps à corps (Aire Libre)
Corps à corps (Aire Libre)

La lecture de la critique d'Okilebo m'a donné envie de relire hier "Corps à corps", que j'avais lu et bien aimé à sa sortie mais dont je ne gardais qu'un très vague souvenir au sujet de la chirurgie esthétique, de l'angoisse de la vieillesse et de la mort, et des rapports avec les parents. Je suis toujours partagé vis-à-vis d'une BD dont j'ai quasi tout oublié. Je suis à la fois heureux de pouvoir la redécouvrir et la déguster comme au premier jour, mais je me demande en même temps si cela veut dire que l'album n'est pas mémorable. En fait, je crois que c'est une caractéristique commune des BD traitant des sujets de société : on a un entrecroisement de différents personnages ayant chacun des valeurs et des problèmes différents - et c'est ça dont il faut se souvenir, au lieu du scénario qui n'est là que pour servir la réflexion. Une réflexion qui, dans le cas présent, est efficace et intéressante. L'album décrit une partie de notre société du début du 3e millénaire, dans laquelle on reconnaîtra tous des gens de notre entourage (à défaut de s'y reconnaître soi-même). C'est bien vu.

28/10/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Sous-sols du Révolu
Les Sous-sols du Révolu

Ce n'est peut-être pas le meilleur album de M-A Mathieu ni le plus original, ce n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre à même de plaire à tout public, mais les Sous-sols du Révolu est un très bon album qui fourmille d'idées excellentes. Il nous emmène dans les profondeurs du Musée du Révolu, ou bien du Musée du Voleur, ou de l'Oeuvre du Muselé, ou de... Bref, un Musée du Louvre magnifié, onirique, comme M-A Mathieu sait si bien retranscrire son univers absurde et ordonné à la fois. On retrouve une structure de récit proche de L'ascension sauf que ce sont vers les profondeurs mystérieuses que nos deux héros se dirigent. On retrouve des jeux sur l'image et des réflexions sur l'art qui rappelleront Julius Corentin Acquefacques. Des décors et des planches dans le style typique de l'auteur. Bref, l'amateur de M-A Mathieu ne sera pas dépaysé. Chaque chapitre nous amène à découvrir une portion des coulisses du Musée, lieux et métiers qui ont indubitablement une origine réelle mais qui sont ici sublimés comme dans un rêve aux allures gothiques et absurdes. Réflexions autour de l'art, des métiers du musée, de l'histoire de l'art. Les idées sont nombreuses, les éclairs d'intelligence aussi, et l'humour est bien présent amenant de vrais éclats de rire au cours de la lecture. Il faut cependant avouer que le rythme un peu lent et l'ambiance typique de M-A Mathieu ne pourra peut-être plaire à tout public. Il manque en effet quelque chose qui donne véritablement envie au lecteur d'aller jusqu'au bout de l'intrigue. Il faut accrocher aux idées et à l'humour de l'auteur sans quoi l'ennui a des chances de surgir. Par bonheur, moi j'y ai accroché. Un grand moment de lecture pour un album qui manque peut-être un tout petit peu de liant pour forger un souvenir inoubliable dans l'esprit du lecteur.

28/10/2006 (modifier)
Couverture de la série Toto l'ornithorynque
Toto l'ornithorynque

C'est la 1ere BD que j'ai offerte à ma fille. Elle ne lit pas encore très bien mais qu'importe, elle adore plonger dans ces pages éclatantes de couleurs. Imaginez l'enfant, tout seul, dans le canapé du salon, sous une petite lumière, et qui s'évade gentiment dans son monde, le regard attentif aux moindres détails de la page. De plus, les histoires sont empreintes de magie, d'amitié, de nature sauvage, d'aventure. Tout ce qui fait rêver les minots. Alors voilà, pas d'hésitation, faites découvrir cette belle série aux jeunes BDphiles en herbe, vous toucherez juste.

27/10/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Le Spirit
Le Spirit

C'est vieux, c'est vrai... Mais qu'est-ce que c'est tout bon !... Le "Spirit" fait son apparition -remarquée-, sous forme de strip journalier, dans le quotidien US "Chicago Tribune" daté du 2 Juin 1940. Succès immédiat !... Et il y a de quoi !... Aux commandes, Will Eisner se livre à une véritable parodie jouissive de la BD classique de l'époque. Son graphisme -noir et blanc- renouvelle même le genre. Un véritable jeu d'ombres et de lumière. Le découpage des planches est original ; du véritable "cinéma sur papier". J'apprécie ces plongées, contre-plongées, plans larges ou rapprochés, zooms... un véritable ensemble qui confère une très belle unité de plans et d'action à la série. Qui plus est, nombre de scénarios paraissent avoir été écrits avec une certaine désinvolture ; mais il s'agit en fait d'une sorte de "nouvelle écriture" qui s'écarte des stéréotypes textuels de l'époque. Un véritable "monde à part" créé par ce diable d'Eisner. Ce strip journalier va se prolonger jusqu'en Février 1944, mais sous la férule d'autres dessinateurs. En effet, Eisner a été mobilisé dans l'armée !.. En 1945, revenu à la vie civile, Will reprend son personnage. Assisté de quelques collaborateurs, il balance le Spirit dans moult aventures rocambolesques ; ce jusqu'en 1952. La série va alors s'arrêter jusqu'en 1966. Cette année-là, Eisner se remet à sa planche à dessin et réalise... un pastiche de sa propre série !... C'est la fin de ce héros complètement "à part". Eisner ne dessinera que de nouvelles couvertures pour diverses éditions qui paraîtront dans les années 70, mais "the dream is over"... Qu'en dire ?... Une série surprenante, novatrice de ton, de style, de fond et de forme. Un héros complètement "hors du temps", mais dans la meilleure veine du genre. Véritable cas à part, le Spirit est d'ailleurs considéré comme une des plus belles séries de l'époque. Et il le mérite... LES ALBUMS : Là, il n'est pas facile de s'y retrouver ; de nombreuses maisons d'éditions affichant ce héros dans leur(s) catalogue(s). 1. Humanoïdes Associés : 5 albums de 1977 à 1980. 2. Futuropolis ("copyright") : 3 albums de 1981 à 1983. 3. Futuropolis (Icare) : 1 album en 1981 4. Ed. Neptune : 5 albums de 1982 à 1984 5. Albin Michel : 3 albums de 1985 à 1987 6. Ed. Peplum : 3 albums de 1989 à 1990 7. Vents d'Ouest : 1 album en 1996 8. Soleil Productions : 7 albums "Intégrale" de 2002 à 2005. Cette intégrale doit encore se poursuivre. Que puis-je vous conseiller ?... Sans parti pris aucun : les 3 albums "à l'italienne" de la collection "Copyright", "l'intégrale" de chez Soleil -toujours en cours. Notices infos sur auteur, collaborateurs divers, parutions périodiques en France et francophonie : voir dans la fenêtre "série".

27/10/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Pourquoi j'ai tué Pierre
Pourquoi j'ai tué Pierre

Je serai bref, car beaucoup de choses ont déjà été dites : ce livre est une très grande histoire autobiographique, peut-être l'un des meilleurs albums de cette rentrée 2006. L’histoire évoque les actes sexuels commis par un prêtre sur la personne du scénariste du livre Olivier Ka, lorsqu’il avait l’âge de 12 ans. C’est pour exorciser ses démons qu’Olivier Ka a décidé d’écrire cette histoire : son histoire, avec l’aide d’Alfred au dessin. Sur un thème difficile, les auteurs réalisent une oeuvre intimiste, assez pudique, où l'on sent à chaque page une douleur diffuse. Le dessin d'Alfred est toujours aussi original, renforcé par une colorisation adéquate. Un livre vraiment beau, touchant et qui évoque, avec justesse, un malaise, dont il est difficile de se défaire.

27/10/2006 (modifier)
Couverture de la série Rg Veda
Rg Veda

C'est un manga que j'affectionne tout particulièrement. Les dessins sont somptueux, l'histoire est pleine de rebondissements. Je ne peux que le conseiller... Il est vraiment superbe. Merci à Clamp pour ce beau manga !

27/10/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Gai-Luron
Gai-Luron

Une des premières œuvres de Gotlib ; Gai-Luron est d'ailleurs une des créations du maître que je préfère. Le personnage, proche du célèbre Droopy, est amusant et les situations frisent parfois l’absurde. Certaines planches sont d'une grande richesse dans la recherche d'une exploitation des codes de la bande dessinée. Le jeu sur les cadres, les plans et angles de vue était très novateur. Le problème, c’est que le texte est un peu trop abondant et cela peut rebuter la jeune génération. De plus, il est parfois un peu compliqué de saisir toute la portée référentielle des gags. Cependant, ne boudons pas notre plaisir car cette série est à lire et à relire et le travail de réédition de Fluide est d'excellente qualité.

27/10/2006 (modifier)