Les Watchmen, 6 super-héros d'une sorte de Métropolis-Gotham City, vieillissent et commencent à songer à raccrocher. Une nuit, l'un d'entre eux, le Comédien, sorte de Captain America cynique et alcoolique, est balancé par la fenêtre par un inconnu. Rorschach, misanthrope en imper dont personne ne connaît le visage, prend l'enquête en mains.
Un scénario hallucinant de maîtrise et d'originalité. Une forêt de personnages et d'histoires secondaires qui se répondent (dont une dans la BD que lit un gamin à l'intérieur de l'histoire principale !) . De faux extraits de journaux, journaux intimes, bouquins, donnent encore plus d'épaisseur à l'histoire.
Des moments d'onirisme pur, comme le voyage sur la lune de M. Manhattan.
Ne commencez pas, vous ne lâcherez pas la série jusqu'au tome 6.
Quelle belle surprise que ces "Notes pour une histoire de guerre" ! Moi qui m'attendais raisonnablement à un récit historique, me voilà en face d'une fiction futuriste passionnante. C'est la guerre, quelque part en Europe - apparemment en Italie du fait de l'évocation de quelques noms italiens. Trois jeunes gens errent dans la campagne.
C'est en suivant leurs déambulations, à travers le témoignage de l'un d'eux, que l'on suivra le quotidien poignant de ces pauvres hères, et que l'on se fera les témoins des chamboulements de leurs existences.
En donnant à chacun de ces trois adolescents des personnalités différentes, voire même opposées, Gipi peut effectuer un remarquable travail de psychologie.
Il y a Stéphane, alias P'tit Kalibre, le plus méchant du groupe, un dur. Puis viennent Christian, un orphelin lui aussi, un peu simplet, et Julien, un gentil garçon, peut-être trop gentil et trop faible, qui a fait des études et fui sa famille pour suivre ses amis.
L'environnement est hostile, la campagne est dangereuse. Au contact de Félix, chef d'un groupe de miliciens sans scrupules, P'tit Kalibre va s'épanouir en trouvant le père qu'il lui manque et rapidement s'imposer comme le leader de son groupe d'amis.
Pour moi cette réflexion sur l'adaptation à un environnement donné, suivant les acquis venant de l'éducation, est le principal intérêt de cette oeuvre. La montée en puissance de P'tit Kalibre qui va s'endurcir, son emprise totale sur un Christian entièrement sous sa coupe morale, et la faiblesse de Julien, malgré tout assez lucide pour comprendre ce qui se passe, tout cela est montré, et même disséqué, de façon vraiment magistrale.
Un autre point intéressant de cette BD est le traitement que l'auteur fait de la guerre. Aucune scène de guerre à proprement parler, Gipi dépeint surtout son impact sur la société, le pourrissement des valeurs morales qu'elle induit, le retour à une certaine loi du plus fort (la prise de pouvoir des miliciens et de P'tit Kalibre en est l'aspect le plus criant).
De la construction du récit ressort une grande maîtrise. En outre, Gipi s'entend pour donner aux personnages qu'il met en scène une réelle épaisseur, pour les faire évoluer de façon explicite, pour mettre en évidence chaque point crucial de façon à rendre son propos clair et compréhensible pour le lecteur. A vrai dire, seule la toute fin -qui est loin d'être ratée- m'a laissé perplexe, mais c'est cette chute inattendue, loin d'embrouiller le propos, donne un relief particulier au récit.
Cette couleur grise qui passe par toutes les nuances possibles, sert très bien le récit en instaurant une ambiance triste, voire lugubre, parfois inquiétante. En tout cas, j'ai rarement vu une ambiance de guerre, un climat de chacun-pour-soi et de désespérance sociale, aussi bien rendu par l'ambiance que cette oeuvre dégage. Il faut payer une attention toute particulière aux expressions du visage, qui atteignent un haut degré d'expressivité et qui en disent parfois bien plus qu'un long discours, ce qui paraître étonnant pour un dessin qui paraît brouillon au premier abord.
"Notes pour une histoire de guerre", en adoptant ce ton neutre, en faisant vivre l'histoire de l'intérieur grâce à l'habile procédé du témoignage, atteint son but: peindre la guerre -et non la dénoncer de front. Cette BD a amplement mérité ce titre à Angoulême. Gipi est un auteur à suivre, et qui je l'espère nous sortira d'autres oeuvres aussi poignantes.
Pour moi, c'est un vrai coup de cœur : j'ai flashé pour le titre puis pour le dessin (rondouillard et tendre) et enfin pour les histoires.
Les personnages sont attachants, les histoires simples, poétiques, avec quelques bagarres d'enfants comme dans la vie des écoles de notre enfance (sans violence gratuite) ;
enfin c'est l'effet que ça m'a fait !
Cette BD ramène un peu de fraîcheur dans le genre, tout en abordant les soucis que peuvent rencontrer les enfants en grandissant ; pas de vulgaire, pas de sang, rien de bétifiant : un vrai bonheur que ce Jojo !
Belle et épaisse BD au grand format, c'est sa couverture sobre et élégante qui m'a attiré. Et je n'ai vraiment pas été déçu !
L'ensemble du récit de Là où vont nos pères est muet. Cela permet d'autant plus de profiter du graphisme de toute beauté et de son message universel.
Le dessin, alternant petites vignettes et plus grandes images toutes en teintes sépia ou grises, est semblable à ces vieilles photos délavées. Réaliste, très soigné, il est beau sur chaque case. Et surtout il y a ces grandes images en une planche, voire en une double page... A chacune de ces planches, j'ai eu le même sentiment percutant : "Wouaaah !"
Wouah ! C'est beau ! Comme de beaux tableaux, comme des belles gravures du début du siècle, comme de superbes photos d'un monde imaginaire !
Cette BD est un recueil d'oeuvres d'art et ne serait-ce que pour cela, elle vaut déjà son achat.
Mais le scénario n'est pas en reste car il est simple mais également de toute beauté.
Il raconte le départ d'un père de famille, obligé de quitter son pays natal et d'émigrer pour chercher fortune et tenter d'apporter un jour une vie meilleure à sa femme et sa fille. Abandonnant une cité prolétaire assombrie de noires fumées reptiliennes, il traverse l'océan pour arriver... non pas en Amérique mais dans une Amérique Imaginaire, un monde presque féerique tant il est différent, un monde étrange et surtout étranger, où tout est différent pour notre héros. La nourriture, les animaux, les transports, la langue, l'écriture, tout est aussi nouveau pour le héros que pour le lecteur qui découvre avec lui ce monde bizarre et neuf.
Ce pays surprenant est bien sûr une métaphore des Etats-Unis, mais présentée avec brio de manière à montrer à quel point un immigré peut se retrouver perdu dans un tel environnement étranger à tout ce qu'il connaît. Comme il est dur de s'y intégrer, de trouver où loger, de trouver un travail...
Et pourtant dans ce pays, il va trouver des gens comme lui, d'autres immigrés qui ont tous leurs histoires à raconter, leurs vies à partager.
La narration totalement muette fonctionne très bien. Seul petit reproche, certains moments sont un peu moins faciles à suivre, rendus ardus par la même incompréhension du Nouveau Monde que le héros doit affronter.
Là où vont nos pères est à mes yeux l'antithèse de la BD La Jungle de Kuper. Cette dernière présentait l'immigration et le travail aux USA comme un lente déchéance vers un destin de plus en plus sordide. Ici, c'est tout l'inverse, l'effarement du début menant à une fascination pour ce nouveau monde aussi étrange que fabuleux et lumineux.
Et pour me plaire encore davantage, c'est une histoire qui finit bien, comme je les aime.
Un beau coup de coeur pour cette superbe BD !
Un nouveau BD-blog publié en album et celui-ci est l'un des tous meilleurs.
Monsieur Le Chien, c'est un dessin tout à fait réussi et expressif mettant en scène un humour acide, légèrement subversif et plein d'auto-dérision.
Les éditions Theloma nous offre un album grand et dense qui se lit en prenant son temps car chaque gag de Monsieur Le Chien est complexe et bavard mais tellement jouissif. De vrais éclats de rire, voire un plaisir sadique à se moquer avec Le Chien de ce qui l'entoure et de lui-même. Tout est en digressions, en réflexions délirantes et en joyeux auto-apitoiement.
Le dessin ressort bien même si je trouve qu'il passe légèrement moins bien imprimé que sur écran. Cela tient peut-être à la mise en page éclatée (sans contours de cases) qui donnent une impression très légèrement brouillonne à l'ensemble.
Je suis aussi légèrement déçu de la couverture un peu trop molle de cette édition qui donne une impression de manque de solidité à l'objet.
Mais si l'on prend en compte la densité de cet album, la somme d'humour qu'il contient et de rire qu'il entraîne, je trouve qu'il vaut tout à fait son prix.
Je suis une passionnée de BD, mais jusqu'ici, je n'avais pas de "BD préférée". Monster Allergy a littéralement changé le cours de mon existence. Pour moi, dans mon cœur, c'est la plus belle BD du monde.
Les couleurs sont absolument superbes et on voit que chaque trait de crayon a été fait avec dévouement. Les textes sont rigolos et les personnages attachants. Je conseille à tous les terriens de lire ce chef d’œuvre de la BD italienne !!!
L’avis précédent m’a pas mal étonnée, à croire que je n’ai pas lu le même manga...
Dire que le début n’est pas très compréhensible est quand même exagéré. Ce n’est pas comme si on savait tout sur tout le monde quand on commence la lecture d’une nouvelle série. On découvre petit à petit et on devine le reste. Et pour moi, aucun problème de compréhension pour ce manga.
Des premiers tomes que j’ai lu ressort la difficulté pour une personne handicapée 1/ d’accepter son handicap 2/ de le faire accepter par les autres 3/ de reprendre une vie "normale" et ici sportive avec le basket en fauteuil roulant.
Tout cela apporte une vision que l’on n’a pas forcément tant que l’on n’est pas confronté à ce type de situation. Et je pense que cela est assez bien raconté pour faire ressentir à une personne comme moi les sentiments des différents personnages. Chacun en est à un stade différent mais à la fois identique au niveau de sa vie : le désir de réussir malgré son handicap... Celui-ci peut être physique mais aussi caractériel.
Pour couronner le tout, on ne peut pas dire que les dessins soient ratés, au contraire. Ils sont vraiment d’un style que j’apprécie beaucoup et en plus, font ressortir sans peine les sentiments et les détails de chaque personnage.
J’ai vraiment accroché à cette histoire de telle façon que je me sentais proche des persos et émus avec eux... Certains diront que je suis trop sensible et que ça joue... Moi je dis que c’est tout simplement bien écrit :)
Le point négatif est la sortie assez espacée des tomes car ce n’est pas la priorité de l’auteur... Quel dommage...
Comment résister à cette petite BD avec ses personnages principaux tout aussi attachants les uns que les autres ?
Certains diront que c’est chiant à lire car il n’y a rien qui fasse peur, pas de meurtre, pas d’arme, pas de blonde à forte poitrine. Non, il n’y a rien de tout ça. Il y a là tout simplement la vie de tous les jours. Simple, sans artifice, une histoire passionnante en elle-même avec une identification aux personnages toute aussi aisée.
Non seulement tout ceci est raconté naturellement mais en plus, c’est graphiquement réussi. On a l’impression d’être à la fois dans du franco/belge mais également dans un manga.
J’ai immédiatement accroché sur la couverture mais quand j’ai feuilleté le premier tome, j’ai craqué. Le second, paru il y a peu, est une réussite également. On voit une évolution dans les dessins mais c’est bien sûr pour plus de bonheur :)
Alors bien sûr commençons par le début, cette histoire est bien évidemment la suite d'une autre disponible sur CD-rom et pour comprendre ce premier volume il faut bien évidemment avoir lu (et vu) le premier épisode des aventures d'Hyleyn... (allez sur sinkhashop vous trouverez le CD-rom en vente, il inclut le début de l'histoire qui explique tout et don cet épisode mais en version CD )
Ensuite pour ce qui est de mon avis, moi qui ai lu le début de l'histoire je peux vous dire qu'il n'a rien de décevant, les graphiques sont tout simplement magnifiques et vraiment bien travaillés, et ensuite l'histoire est intéressante (pour ceux qui aiment la science-fiction) et différente de ce que l'on a l'habitude de lire... après dire que les graphiques sont moches, c'est exagérer, que l'on apprécie pas je veux bien le comprendre mais de là à dire que c'est moche... bref là n'est pas la question!
Pour ce qui est de ce tome si vous voulez l'acheter et connaître l'histoire je vous conseille d'acheter en premier lieu le CD-rom sur lequel se trouve le premier épisode de sinkha. Dans ce premier épisode est posé le décor, les explications, les personnages, l'histoire, où débute-elle, etc. Bref si on a pas lu et vu le premier épisode de sinkha forcément quand on se retrouve plongé dans cette histoire avec la BD on est totalement perdu...
Mais à mon avis cette histoire en vaut vraiment le coup il faut simplement être dans le bain, dans l'ambiance et pour ça (je me répète mais bon) la lecture du CD-rom est indispensable!!!
Sur ce moi je vais m'acheter la suite parce que j'aime tout simplement cette histoire, voilà pour mon avis détaillé et mes conseils...
J’ai lu HK dans sa version remasterisée, où les couleurs ont été retravaillées et de nouvelles planches ajoutées. Je ne sais pas à quoi les pages ressemblaient avant, mais je salue ce travail car j’ai particulièrement apprécié le graphisme de la série. On sent dans le dessin une inspiration manga, mais ce n’est pas rare dans les BD scénarisées par Morvan. Les couleurs sont plutôt chaudes voire assez flashes. Les bâtiments futuristes sont vraiment une réussite, on s’y croirait presque.
Bref j’aime beaucoup et ça donne envie de rentrer dans la BD.
Et justement le contenu est bon. C’est vrai que les hommes ont tendance à tous avoir des pectoraux façon bodybuilding et les femmes des poitrines encore plus imposantes que celle de Pamela Anderson, mais l’intrigue est assez captivante. Il y a pas mal d’action, et le scénario est suffisamment bien construit pour être intéressant, surtout pendant les 2 premiers tomes.
Le 3 est peut-être un peu en dessous, j’ai l’impression que l’intrigue perd un peu en consistance, que Karl et Cedrick s’en sortent plus ou moins par une pirouette (par rapport à la situation à la fin du tome 2). M’enfin, il n’empêche que j’ai fini la lecture du cycle avec toujours autant d’intérêt.
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Watchmen
Les Watchmen, 6 super-héros d'une sorte de Métropolis-Gotham City, vieillissent et commencent à songer à raccrocher. Une nuit, l'un d'entre eux, le Comédien, sorte de Captain America cynique et alcoolique, est balancé par la fenêtre par un inconnu. Rorschach, misanthrope en imper dont personne ne connaît le visage, prend l'enquête en mains. Un scénario hallucinant de maîtrise et d'originalité. Une forêt de personnages et d'histoires secondaires qui se répondent (dont une dans la BD que lit un gamin à l'intérieur de l'histoire principale !) . De faux extraits de journaux, journaux intimes, bouquins, donnent encore plus d'épaisseur à l'histoire. Des moments d'onirisme pur, comme le voyage sur la lune de M. Manhattan. Ne commencez pas, vous ne lâcherez pas la série jusqu'au tome 6.
Notes pour une histoire de guerre
Quelle belle surprise que ces "Notes pour une histoire de guerre" ! Moi qui m'attendais raisonnablement à un récit historique, me voilà en face d'une fiction futuriste passionnante. C'est la guerre, quelque part en Europe - apparemment en Italie du fait de l'évocation de quelques noms italiens. Trois jeunes gens errent dans la campagne. C'est en suivant leurs déambulations, à travers le témoignage de l'un d'eux, que l'on suivra le quotidien poignant de ces pauvres hères, et que l'on se fera les témoins des chamboulements de leurs existences. En donnant à chacun de ces trois adolescents des personnalités différentes, voire même opposées, Gipi peut effectuer un remarquable travail de psychologie. Il y a Stéphane, alias P'tit Kalibre, le plus méchant du groupe, un dur. Puis viennent Christian, un orphelin lui aussi, un peu simplet, et Julien, un gentil garçon, peut-être trop gentil et trop faible, qui a fait des études et fui sa famille pour suivre ses amis. L'environnement est hostile, la campagne est dangereuse. Au contact de Félix, chef d'un groupe de miliciens sans scrupules, P'tit Kalibre va s'épanouir en trouvant le père qu'il lui manque et rapidement s'imposer comme le leader de son groupe d'amis. Pour moi cette réflexion sur l'adaptation à un environnement donné, suivant les acquis venant de l'éducation, est le principal intérêt de cette oeuvre. La montée en puissance de P'tit Kalibre qui va s'endurcir, son emprise totale sur un Christian entièrement sous sa coupe morale, et la faiblesse de Julien, malgré tout assez lucide pour comprendre ce qui se passe, tout cela est montré, et même disséqué, de façon vraiment magistrale. Un autre point intéressant de cette BD est le traitement que l'auteur fait de la guerre. Aucune scène de guerre à proprement parler, Gipi dépeint surtout son impact sur la société, le pourrissement des valeurs morales qu'elle induit, le retour à une certaine loi du plus fort (la prise de pouvoir des miliciens et de P'tit Kalibre en est l'aspect le plus criant). De la construction du récit ressort une grande maîtrise. En outre, Gipi s'entend pour donner aux personnages qu'il met en scène une réelle épaisseur, pour les faire évoluer de façon explicite, pour mettre en évidence chaque point crucial de façon à rendre son propos clair et compréhensible pour le lecteur. A vrai dire, seule la toute fin -qui est loin d'être ratée- m'a laissé perplexe, mais c'est cette chute inattendue, loin d'embrouiller le propos, donne un relief particulier au récit. Cette couleur grise qui passe par toutes les nuances possibles, sert très bien le récit en instaurant une ambiance triste, voire lugubre, parfois inquiétante. En tout cas, j'ai rarement vu une ambiance de guerre, un climat de chacun-pour-soi et de désespérance sociale, aussi bien rendu par l'ambiance que cette oeuvre dégage. Il faut payer une attention toute particulière aux expressions du visage, qui atteignent un haut degré d'expressivité et qui en disent parfois bien plus qu'un long discours, ce qui paraître étonnant pour un dessin qui paraît brouillon au premier abord. "Notes pour une histoire de guerre", en adoptant ce ton neutre, en faisant vivre l'histoire de l'intérieur grâce à l'habile procédé du témoignage, atteint son but: peindre la guerre -et non la dénoncer de front. Cette BD a amplement mérité ce titre à Angoulême. Gipi est un auteur à suivre, et qui je l'espère nous sortira d'autres oeuvres aussi poignantes.
Jojo
Pour moi, c'est un vrai coup de cœur : j'ai flashé pour le titre puis pour le dessin (rondouillard et tendre) et enfin pour les histoires. Les personnages sont attachants, les histoires simples, poétiques, avec quelques bagarres d'enfants comme dans la vie des écoles de notre enfance (sans violence gratuite) ; enfin c'est l'effet que ça m'a fait ! Cette BD ramène un peu de fraîcheur dans le genre, tout en abordant les soucis que peuvent rencontrer les enfants en grandissant ; pas de vulgaire, pas de sang, rien de bétifiant : un vrai bonheur que ce Jojo !
Là où vont nos pères
Belle et épaisse BD au grand format, c'est sa couverture sobre et élégante qui m'a attiré. Et je n'ai vraiment pas été déçu ! L'ensemble du récit de Là où vont nos pères est muet. Cela permet d'autant plus de profiter du graphisme de toute beauté et de son message universel. Le dessin, alternant petites vignettes et plus grandes images toutes en teintes sépia ou grises, est semblable à ces vieilles photos délavées. Réaliste, très soigné, il est beau sur chaque case. Et surtout il y a ces grandes images en une planche, voire en une double page... A chacune de ces planches, j'ai eu le même sentiment percutant : "Wouaaah !" Wouah ! C'est beau ! Comme de beaux tableaux, comme des belles gravures du début du siècle, comme de superbes photos d'un monde imaginaire ! Cette BD est un recueil d'oeuvres d'art et ne serait-ce que pour cela, elle vaut déjà son achat. Mais le scénario n'est pas en reste car il est simple mais également de toute beauté. Il raconte le départ d'un père de famille, obligé de quitter son pays natal et d'émigrer pour chercher fortune et tenter d'apporter un jour une vie meilleure à sa femme et sa fille. Abandonnant une cité prolétaire assombrie de noires fumées reptiliennes, il traverse l'océan pour arriver... non pas en Amérique mais dans une Amérique Imaginaire, un monde presque féerique tant il est différent, un monde étrange et surtout étranger, où tout est différent pour notre héros. La nourriture, les animaux, les transports, la langue, l'écriture, tout est aussi nouveau pour le héros que pour le lecteur qui découvre avec lui ce monde bizarre et neuf. Ce pays surprenant est bien sûr une métaphore des Etats-Unis, mais présentée avec brio de manière à montrer à quel point un immigré peut se retrouver perdu dans un tel environnement étranger à tout ce qu'il connaît. Comme il est dur de s'y intégrer, de trouver où loger, de trouver un travail... Et pourtant dans ce pays, il va trouver des gens comme lui, d'autres immigrés qui ont tous leurs histoires à raconter, leurs vies à partager. La narration totalement muette fonctionne très bien. Seul petit reproche, certains moments sont un peu moins faciles à suivre, rendus ardus par la même incompréhension du Nouveau Monde que le héros doit affronter. Là où vont nos pères est à mes yeux l'antithèse de la BD La Jungle de Kuper. Cette dernière présentait l'immigration et le travail aux USA comme un lente déchéance vers un destin de plus en plus sordide. Ici, c'est tout l'inverse, l'effarement du début menant à une fascination pour ce nouveau monde aussi étrange que fabuleux et lumineux. Et pour me plaire encore davantage, c'est une histoire qui finit bien, comme je les aime. Un beau coup de coeur pour cette superbe BD !
Monsieur le Chien
Un nouveau BD-blog publié en album et celui-ci est l'un des tous meilleurs. Monsieur Le Chien, c'est un dessin tout à fait réussi et expressif mettant en scène un humour acide, légèrement subversif et plein d'auto-dérision. Les éditions Theloma nous offre un album grand et dense qui se lit en prenant son temps car chaque gag de Monsieur Le Chien est complexe et bavard mais tellement jouissif. De vrais éclats de rire, voire un plaisir sadique à se moquer avec Le Chien de ce qui l'entoure et de lui-même. Tout est en digressions, en réflexions délirantes et en joyeux auto-apitoiement. Le dessin ressort bien même si je trouve qu'il passe légèrement moins bien imprimé que sur écran. Cela tient peut-être à la mise en page éclatée (sans contours de cases) qui donnent une impression très légèrement brouillonne à l'ensemble. Je suis aussi légèrement déçu de la couverture un peu trop molle de cette édition qui donne une impression de manque de solidité à l'objet. Mais si l'on prend en compte la densité de cet album, la somme d'humour qu'il contient et de rire qu'il entraîne, je trouve qu'il vaut tout à fait son prix.
Monster Allergy
Je suis une passionnée de BD, mais jusqu'ici, je n'avais pas de "BD préférée". Monster Allergy a littéralement changé le cours de mon existence. Pour moi, dans mon cœur, c'est la plus belle BD du monde. Les couleurs sont absolument superbes et on voit que chaque trait de crayon a été fait avec dévouement. Les textes sont rigolos et les personnages attachants. Je conseille à tous les terriens de lire ce chef d’œuvre de la BD italienne !!!
Real
L’avis précédent m’a pas mal étonnée, à croire que je n’ai pas lu le même manga... Dire que le début n’est pas très compréhensible est quand même exagéré. Ce n’est pas comme si on savait tout sur tout le monde quand on commence la lecture d’une nouvelle série. On découvre petit à petit et on devine le reste. Et pour moi, aucun problème de compréhension pour ce manga. Des premiers tomes que j’ai lu ressort la difficulté pour une personne handicapée 1/ d’accepter son handicap 2/ de le faire accepter par les autres 3/ de reprendre une vie "normale" et ici sportive avec le basket en fauteuil roulant. Tout cela apporte une vision que l’on n’a pas forcément tant que l’on n’est pas confronté à ce type de situation. Et je pense que cela est assez bien raconté pour faire ressentir à une personne comme moi les sentiments des différents personnages. Chacun en est à un stade différent mais à la fois identique au niveau de sa vie : le désir de réussir malgré son handicap... Celui-ci peut être physique mais aussi caractériel. Pour couronner le tout, on ne peut pas dire que les dessins soient ratés, au contraire. Ils sont vraiment d’un style que j’apprécie beaucoup et en plus, font ressortir sans peine les sentiments et les détails de chaque personnage. J’ai vraiment accroché à cette histoire de telle façon que je me sentais proche des persos et émus avec eux... Certains diront que je suis trop sensible et que ça joue... Moi je dis que c’est tout simplement bien écrit :) Le point négatif est la sortie assez espacée des tomes car ce n’est pas la priorité de l’auteur... Quel dommage...
L'Immeuble d'en face
Comment résister à cette petite BD avec ses personnages principaux tout aussi attachants les uns que les autres ? Certains diront que c’est chiant à lire car il n’y a rien qui fasse peur, pas de meurtre, pas d’arme, pas de blonde à forte poitrine. Non, il n’y a rien de tout ça. Il y a là tout simplement la vie de tous les jours. Simple, sans artifice, une histoire passionnante en elle-même avec une identification aux personnages toute aussi aisée. Non seulement tout ceci est raconté naturellement mais en plus, c’est graphiquement réussi. On a l’impression d’être à la fois dans du franco/belge mais également dans un manga. J’ai immédiatement accroché sur la couverture mais quand j’ai feuilleté le premier tome, j’ai craqué. Le second, paru il y a peu, est une réussite également. On voit une évolution dans les dessins mais c’est bien sûr pour plus de bonheur :)
Sinkha
Alors bien sûr commençons par le début, cette histoire est bien évidemment la suite d'une autre disponible sur CD-rom et pour comprendre ce premier volume il faut bien évidemment avoir lu (et vu) le premier épisode des aventures d'Hyleyn... (allez sur sinkhashop vous trouverez le CD-rom en vente, il inclut le début de l'histoire qui explique tout et don cet épisode mais en version CD ) Ensuite pour ce qui est de mon avis, moi qui ai lu le début de l'histoire je peux vous dire qu'il n'a rien de décevant, les graphiques sont tout simplement magnifiques et vraiment bien travaillés, et ensuite l'histoire est intéressante (pour ceux qui aiment la science-fiction) et différente de ce que l'on a l'habitude de lire... après dire que les graphiques sont moches, c'est exagérer, que l'on apprécie pas je veux bien le comprendre mais de là à dire que c'est moche... bref là n'est pas la question! Pour ce qui est de ce tome si vous voulez l'acheter et connaître l'histoire je vous conseille d'acheter en premier lieu le CD-rom sur lequel se trouve le premier épisode de sinkha. Dans ce premier épisode est posé le décor, les explications, les personnages, l'histoire, où débute-elle, etc. Bref si on a pas lu et vu le premier épisode de sinkha forcément quand on se retrouve plongé dans cette histoire avec la BD on est totalement perdu... Mais à mon avis cette histoire en vaut vraiment le coup il faut simplement être dans le bain, dans l'ambiance et pour ça (je me répète mais bon) la lecture du CD-rom est indispensable!!! Sur ce moi je vais m'acheter la suite parce que j'aime tout simplement cette histoire, voilà pour mon avis détaillé et mes conseils...
HK
J’ai lu HK dans sa version remasterisée, où les couleurs ont été retravaillées et de nouvelles planches ajoutées. Je ne sais pas à quoi les pages ressemblaient avant, mais je salue ce travail car j’ai particulièrement apprécié le graphisme de la série. On sent dans le dessin une inspiration manga, mais ce n’est pas rare dans les BD scénarisées par Morvan. Les couleurs sont plutôt chaudes voire assez flashes. Les bâtiments futuristes sont vraiment une réussite, on s’y croirait presque. Bref j’aime beaucoup et ça donne envie de rentrer dans la BD. Et justement le contenu est bon. C’est vrai que les hommes ont tendance à tous avoir des pectoraux façon bodybuilding et les femmes des poitrines encore plus imposantes que celle de Pamela Anderson, mais l’intrigue est assez captivante. Il y a pas mal d’action, et le scénario est suffisamment bien construit pour être intéressant, surtout pendant les 2 premiers tomes. Le 3 est peut-être un peu en dessous, j’ai l’impression que l’intrigue perd un peu en consistance, que Karl et Cedrick s’en sortent plus ou moins par une pirouette (par rapport à la situation à la fin du tome 2). M’enfin, il n’empêche que j’ai fini la lecture du cycle avec toujours autant d’intérêt.