Ayako

Note: 3.68/5
(3.68/5 pour 22 avis)

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la réforme agraire imposée au Japon contraint la famille Tengé à donner ses terres. Emportée par ses intrigues et son avidité, la famille va tenter de dissimuler un horrible secret.


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Akata / Delcourt Kadokawa Shoten Kodansha Le Japon historique Les meilleurs mangas courts Seinen Tezuka

"Ayako" se déroule au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans un Japon dévasté et à la botte des Américains. Dans ce contexte social, économique et politique plus que morose, des soldats Japonais reviennent au pays. L'un d'eux, Jiro Tengé, est le second fils d'une riche et ancienne famille de propriétaires terriens. Mais la réforme agraire imposée au Japon par les Américains contraint la famille Tengé à donner ses terres. Dans ce climat tendu, Jiro joue les espions ; son frère aîné, Ishiro intrigue pour hériter de ce qui reste de la fortune des Tengé ; et la famille veut dissimuler un horrible secret.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2003
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Ayako
Les notes (22)
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18/09/2003 | ThePatrick
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Par PAco
Note: 4/5
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Voilà un moment que je n'avais pas replongé dans l'univers de Tezuka, et c'est la réédition en intégrale d'"Ayako" avec cette fin inédite en France qui m'en a donné l'occasion. Et c'est une nouvelle fois une très bonne surprise. J'ai aimé retrouver son savoir faire pour construire des histoires très riches, bien développées et contrastées. Si c'est effectivement sa marque de fabrique, je suis toujours étonné de ce contraste existant entre ce dessin tout en rondeur, voire une certaine "douceur", des personnages et le fond du récit souvent dramatique. Tezuka bâtit encore ici une véritable tragédie que n'aurait pas renié Shakespeare. Dans l'immédiate après-guerre de 39-45, le Japon vaincu doit se plier à la main mise américaine. Son système sociétal toujours plus ou moins resté engoncé dans un modèle médiéval va exploser petit à petit à coup de réformes, notamment en ce qui concerne les grands propriétaires terriens. Fini le monopole de la terre, ceux-ci vont devoir en donner une grande partie aux paysans locaux. C'est ce que va prendre pour base Tezuka avec la famille Tengé qui depuis 500 ans règne sur un domaine terrien dans le nord du Japon et où grandit la toute jeune Ayako. C'est par ce biais que Tezuka nous plonge petit à petit dans ce Japon peu connu tout en nous dépeignant l'âme humaine de façon bien sombre, comme il sait si bien le faire. Ce petit monde resté relativement clos pendant des siècles ne va pas résister à cette transition historique, et l'immondice sur la quelle elle s'est bâtit au fil du temps va exploser au fil de la série. Malgré ce dessin daté mais tellement maîtrisé, j'ai rapidement été pris par le talent narratif de l'auteur et j'ai dévoré cette intégrale de 700 pages en un rien de temps. Tezuka mérite pleinement le piédestal sur lequel il a été installé et la lectures de cette série ne fait que confirmer mon appréciation de cet auteur.

26/07/2018 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Je continue de poursuivre ma quête de tous les Tezuka publiés en France, et Ayako était dans les premiers que je voulais lire. Et c'est bien ce que je pensais : Tezuka reste un incroyable génie. Ce manga est dans la lignée de tous ses prédécesseurs : dessins mignons sur les personnages, hyper réaliste sur les décors, histoire bien sombre et très humaine, dénonciation des facettes les plus sombres de l'humanité, peinture de mœurs et réflexions philosophiques. On ne dirait pas comme ça, mais le bougre arrive à nous mélanger tout ça dans une histoire du Japon d'après guerre qui tient la route, mais qui est aussi très référencée. Je ne connais que très peu l'histoire du Japon, mais là je dois reconnaître que j'ai beaucoup apprécié ma découverte. Tezuka prend à prétexte les réformes agricoles pour démontrer encore une fois, toute l'imbécillité de l'être humain. Parce qu'ici, l'humanité en prend sacrément pour son grade. Tout le monde a sa part d'ombre, souvent très sombre, et au final chacun n'aura que ce qu'il mérite. C'est d'ailleurs une fin très dure, mais le manga ne prétend pas montrer quelque chose de très gentil. Comme souvent avec les lectures de Tezuka, je trouve qu'il a une vision sombre de l'être humain (connaissant l’histoire du bonhomme, c'est normal) mais qui est curieusement presque optimiste. Et c'est ça qui fait la force de Ayako. La tragédie ne se finit pas bien, mais presque. Il y a comme une note d'espoir final, et ça fait du bien. Surtout après toute la noirceur du propos. C'est le genre de manga que j'affectionne, et j'apprécie de plus en plus le travail époustouflant de Tezuka, qui mérite décidément son surnom de "Dieu du manga". Un manga mature, adulte, sombre et violent, à ne pas mettre entre toutes les mains.

14/09/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Sans avoir été totalement sous le charme, j’avoue avoir lu ces trois tomes avec entrain. Le récit est bien construit et parvient à m’instruire d’un point de vue culturel tout en captant mon attention sur ces personnages, tous plus dégénérés les uns que les autres. Faut avouer que l’image que donne Tezuka d’un certain Japon de l’après-guerre a de quoi faire peur ! Maintenant, je ne peux pas dire non plus que le destin d’Ayako m’a particulièrement ému. Non, ça se laisse lire mais ce n’est pas « scotchant », et le fait que la lecture soit relativement rapide s’avère être un atout dans mon chef pour arriver au bout de cette histoire. De plus, j’avoue avoir toujours les mêmes difficultés d’acceptation devant le côté « surjoué » des mangas. Pas mal, donc. Si, comme moi, les mangas ne sont pas votre tasse de thé mais que vous êtes curieux de découvrir cet univers, voici une porte d’entrée envisageable.

06/11/2012 (modifier)
Par Superjé
Note: 5/5

Osamu Tezuka est un de mes auteurs préférés. Après avoir lu le manga que je considérais comme son chef-d'œuvre, qu'est L'histoire des 3 Adolf et avant de lire celle que beaucoup de monde considère comme sa BD majeure ("La vie de Bouddha"), et d'autres plus vieilles et plus mineurs (Prince Norman, Next World, etc.…), j'avais envie de lire une, un peu moins connue, mais que je trouve vraiment excellente : "Ayako". Et c'est même meilleur que dans mon souvenir, c'est pourquoi je modifie mon avis en lui donnant la note maximal. D'abord il y a le dessin de Tezuka assez génial, il arrive à faire évoluer des personnes sur des dizaines d'années (ce qui est un exercice véritablement complexe, surtout avec des enfants ou des espions qui doivent changer de look souvent), tout en gardant leurs similarités au niveau du visages. Les décors sont soignés, le trait est fin : moi je suis fan. Et le scénario est un régal, c'est un drame poignant, où évoluera la pure et candide Ayako entouré d'ordures de la pire espèce qui sont sa famille, le tout s'encrant dans le Japon de l'après guerre (un décor historique, donc). On suit les aventures de plusieurs protagonistes (qu'on adorera détester pour la plupart). Et même si je trouve le début du troisième tome un peu en deçà niveau "plaisir" de lecture, le final remonte le niveau : il est génial, triste et poignant à souhait. Une des meilleurs sagas que j'ai pu lire. Un grand bravo à Tezuka pour cette œuvre forte.

18/09/2007 (MAJ le 14/05/2011) (modifier)
Par GiZeus
Note: 4/5

A travers Ayako, Tezuka nous embarque en réalité à la découverte du Japon d'après la Seconde Guerre Mondiale, soumis par les américains. Cette période d'après guerre est très riche en bouleversements politiques puisqu'elle va marquer le déclin des grands propriétaires terriens, groupe dont fait partie le père d'Ayako. Tiens en parlant de famille, force est de constater que la dynastie Tengé regorge de bien de surprises. que je préfère vous laisser le plaisir, ou plutôt l'horreur, de découvrir. En effet, dans Ayako rien n'est rose. On y trouve toute sorte de personnages, ce qui participe grandement à la variété de la série. Du gros méchant au coeur pur, tous les personnages font preuve d'une humanité déconcertante. On ne peut qu'être pris de compassion envers cette fillette innocente, subissant le coup du sort, et dont les vociférations répétées ne pourront que susciter l'apitoiement du lecteur. On ne pourra non plus s'empêcher de réprimer un certain élan de sympathie quand Ayako goûtera par instants, quelques gouttes de bonheur rapidement diluées dans un océan de malheur. Bref, l'histoire se concentre logiquement autour d'Ayako, que l'on suivra tout au long de la série, passant progressivement du stade de petite fille à adulte. Quant au dessin de Tezuka, il est impressionnant de maturité. Des décors magistraux, somptueux, une finesse du détail exquise, des hachures maîtrisées... Et surtout, fait notable concernant Tezuka, la rondeur des personnages est atténuée par rapport à d'autres réalisations précédentes, tel que Phénix - L'oiseau de feu. Emouvant, bourré d'humanité, rondement construit, ce manga bénéficie d'atouts solides pour vous divertir.

19/04/2010 (modifier)
Par Pasukare
Note: 3/5
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Bizarre, vraiment bizarre cette histoire… Tezuka a vraiment fait preuve d'imagination pour donner vie à cette famille de dérangés. Mais à y regarder de plus près, je me rends compte que ce n'est pas plus farfelu ni édifiant que ce que les japonais sont capables de faire pour le sens de l'honneur et la réputation de leur famille dans d'autre histoires se déroulant à des époques plus reculées. Je dois dire que j'ai plutôt été agréablement surprise par le dessin, même s'il n'est pas parfait.. Cependant, trois tomes pour raconter la vie d'Ayako sur plus de vingt ans, ça fait des épisodes qui s'enchaînent sans transition et sans qu'on ait vraiment le temps de s'attacher aux personnages. Globalement et sur plus des trois quarts de ma lecture, j'étais plus partie pour un 2/5 mais la fin est plutôt bonne et c'est tout de même assez intéressant d'entrevoir ce que pouvait être ce pays à cette époque, même si je préfère les temps plus anciens pour cela. Malgré cette nouvelle petite déception après Métropolis, je n'hésiterai pas à continuer à explorer la Tezukathèque pour y trouver mon bonheur !

05/09/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

J’ai eu affaire à une histoire « noire », très même… Ayako ?… elle est née des amours du vieux chef de famille avec sa belle-fille. Dans les deux premiers tomes, j’avais suivi l’enfance et l’adolescence d’Ayako, née des amours du vieux chef de famille et de sa belle-fille… une curieuse famille d’ailleurs où l’on n’y trouve que turpitudes, fausseté et magouilles en tous genres. Et Ayako va devenir une sorte de « tache » sur l’honneur. Elle va grandir sans jamais voir la lumière du jour, dans une cave où elle est condamnée à vivre. Curieusement son frère, revenu de la guerre, et par opportunisme, va servir les forces américaines avant de gérer une organisation mafieuse (le brave garçon, va !…) Mais, Ayako s’enfuit et va essayer de survivre seule. Fiction familiale d’un genre assez morbide ?… C’est plutôt la narration d’un Japon dans l’immédiat après-guerre (celle de 40-45) ; un Japon qui va se retrouver dans un véritable effondrement de ses valeurs. Moi qui n’aime pas trop le (la ?) manga, je dois dire ici que j’ai lu une sorte de quintessence du savoir-faire nippon en matière de BD. Bien aimé.

11/02/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5
L'avatar du posteur Gaston

Ayako, c'est l'histoire d'une petite fille sacrifiée pour le bien d'une famille égoïste. Une famille décadente qui passe leur temps à étouffer les affaires gênantes avec leur fric et leur pouvoir. Mais les temps changent et plusieurs de leurs terrains appartiennent maintenant à des fermiers à cause des réformes. On assiste à cette descente de pouvoir en même temps que la vie d'Ayako qui est enfermée à cause d'un secret de famille horrible. C'est un excellent drame que nous livre Osamu Tezuka. Les personnages sont parfois gentils, parfois cruels et sans scrupule. Le meilleur exemple est sans aucun doute Jiro qui aime bien Ayako, mais sera responsable du secret de famille qui enfermera Ayako. Il n'est pas gentil ou méchant, il est humain comme tous les autres personnages. Des humains avec des doutes et des faiblesses, capables du meilleur et du pire. La partie où on voit Ayako grandir dans sa 'cachette' est ma préférée. Malgré qu'elle soit emprisonnée, elle garde l'espoir et ça la rend encore plus attachante.

01/12/2007 (MAJ le 03/12/2007) (modifier)
Par yorgovann
Note: 5/5

Je n’étais pas un amateur des mangas, je croyais que cela restait adressé à un public jeune, dans la même veine que les dessins animés de mon enfance. Avec Ayako j’allais tomber de haut… Ce n’est que tout récemment (depuis le début de l’année) que j’ai commencé à lire des mangas, en débutant par Quartier lointain, encensé à juste raison par les bédéphiles, et d’autres mangas de bonnes factures … Donc commençant à m’y intéresser, je m’attaquais a l’œuvre de Mr Tezuka. Et là ! La claque… Si les dessins au début me rebutaient (depuis j’ai appris à connaître et à aimer le style Tezuka…) je suis très vite entré dans cette histoire très noire, très glauque. Contrairement à ce qui a été dit, pour ma part les personnages ne sont nullement manichéens mais bien tristement humains. Bien que situés dans un contexte historique particulier, cette histoire aurait pu être écrite dans n’importe quel pays et de tous temps. Donc l’histoire du japon d’après guerre reste secondaire, l’intérêt de cette œuvre est plus sociologique. On y retrouve toutes les défauts inhérents à chaque société avec les codes d’honneurs qui font commettre les plus flagrantes injustices, les perversions de certains individus et la lâcheté du plus grands nombres. Ce qui ne gâte rien, c’est que la fin se termine par une astucieuse parabole et tout cela en seulement 3 tomes. Chapeau bas ! J’ai lu depuis pas mal de Tezuka comme le très bon L'histoire des 3 Adolf, MW..., mais Ayako est le plus marquant. Avec la génialissime série Gen d'Hiroshima, Ayako fait partie des chefs d’œuvres mangas ou tout simplement de la BD.

25/05/2006 (modifier)
Par deajazz
Note: 4/5

Ayako est une trilogie digne du Parrain. Elle nous plonge dans le japon d’après guerre nous permettant à la fois de découvrir le système familial de la société rurale japonaise mais également de porter un regard sur la situation politique d’après guerre dans cette partie du monde. Bref, c’est complexe mais d’un grand intérêt car cela nous ouvre à un monde rarement traité chez nous en occident. A cela s’ajoute une saga familiale dont les ingrédients principaux sont l’amour, la jalousie, la haine et la vengeance. Cette série rend également compte de la rigidité existant dans certaine famille et de cet esprit archaïque où la réputation d’une famille prévaut sur le bien-être de ses membres. Bref, un scénario riche et mené tout en finesse. Coté dessin, je dois avouer éprouver quelques difficultés. C’est du vieux manga empreint de Wall Disney… Il est étonnant de voir les personnages et de se dire qu’ils sont censés représenter des japonais… M’enfin l’intrigue nous permet de passer outre cet aspect et nous offre un très agréable moment de lecture pour lecteur averti.

21/05/2005 (modifier)