Un souffle épique puissant et romantique se dégage de cette histoire. La jungle, l'oppression des militaires au service d'une junte sans état d'âme, une histoire d'amour plus ou moins contrariée participent en effet, à embarquer le lecteur dans un tourbillon agréable et qui tient en haleine. Mais ce qui m'a le plus intéressé, c'est le sublime travail graphique de Lepage. Ses planches sont superbes et le travail sur la couleur qui l'est tout autant, contribuent à nous embarquer de manière totale dans l'aventure.
Les couvertures quant à elles, sont remarquablement construites. Articulées autour du personnage principal représenté dans une attitude identique, elles traduisent subtilement et brillamment son évolution personnelle. Le symbolisme des vêtements que porte le jeune homme est aussi intéressant à souligner. La soutane est un peu le signe de sa soumission à l'autorité paternelle, religieuse et sociale. Les haillons semblent être le signe de son émancipation et de sa rébellion.
Quoi qu'il en soit, voila une bien belle bd.
Voilà une BD plus que sympathique ! Blanche cherche a retrouver l’assassin de sa sœur pour se venger. Ce point de départ peut paraître vu et revu, mais ce n’est pas le cas. D’abord parce que l’histoire se situe dans une époque inattendue, le Paris des années 30, et surtout parce que l’intrigue se passe dans un lieu inhabituel, un bordel…
Les auteurs ont vraiment su tirer profit de ce cadre, sans jamais être racoleur ou voyeur. L’histoire est prenante, elle avance sur un très bon rythme. Il y a je trouve un très bon équilibre entre les moments plutôt narratifs qui nous montre Blanche mal à l’aise dans cet endroit qui la répugne et les passages à rebondissements qui la font avancer dans sa quête de vengeance.
Ce mélange fait que la BD nous tient en haleine jusqu'à son dénouement, que j’ai trouvé vraiment génial. Ah oui ! J’ai aimé cette fin très bien ficelée et qui m’a vraiment surpris.
Je regrette juste que le dessin ne soit pas trop mon style, sinon j’aurais vraiment trouvé cette BD parfaite.
Comme cela avait déjà été le cas pour Quartier lointain, je suis entré dans "un ciel radieux" avec curiosité et j'en suis ressorti ému et apaisé.
Les thèmes de Taniguchi sont pourtant simples au départ. Un homme se penche sur son passé et se rend compte qu'il a oublié de vivre et surtout d'aimer. A partir de cette idée universelle, Taniguchi dans un style fluide et à la limite de la contemplation, nous invite à voir, à sentir, à ressentir la vie, par le biais de ses personnages.
Quant à moi, je n'ai jamais eu le sentiment que cette histoire était calibrée pour provoquer les larmes ou pour émouvoir facilement. L'émotion est bien là, mais elle découle simplement de la profondeur des thèmes abordés. Je crois que l'ensemble d'autant plus, que le lecteur à un minimum de recul par rapport à sa propre vie. En tant que quadra, je me suis senti en phase avec cet auteur. Les questions qu'il pose sont celles qui souvent me hantent : quel est le sens de mon chemin ? Suis je devenu celui que je rêvais d'être à vingt ans ?
Dans un ciel radieux, j'ai retrouvé avec force ces questionnements et quand le personnage de l'homme mur, sent qu'il va définitivement partir et qu'il dit adieu à ceux qu'il aime, j'ai réellement été touché. Rares sont les oeuvres qui parviennent à me toucher à ce point. Il faut vraiment qu'elle sonne juste.
Ce qui l'emporte à la lecture de ce pamphlet, car c'en est un, c'est la surprise. Je m'attendais à un lynchage façon Charlie hebdo du très (trop?) médiatique ministre de l'intérieur, et bien il y a là une enquête très approfondie sur l'ascension du petit homme de Neuilly, et sur l'envers du décor de la droite gaulliste de ces trente dernières années.
Bon, bien sûr, on l'aura compris, ce n'est pas à l'honneur du principal intéressé, mais force est de constater qu'il est devenu plutôt compliqué de le critiquer sans être l'objet d'un redressement fiscal ou de menaces diverses. Je n'irai donc pas jusqu'à le plaindre.
Plus précisément, c'est le machiavélisme de Nicolas Sarkozy qui est visé, trait de caractère indispensable pour parvenir au pouvoir dans une démocratie présidentielle, où il faut d'abord éliminer les rivaux de son bord avant d'affronter l'autre camp.
Pour finir, c'est plutôt bon, bien que partial, et en tout cas c'est distrayant et instructif.
A quand une bd sur les autres candidats ?
J'ai hésité à mettre 4 ou 5/5. Finalement je penche pour culte. Le seul bémol ayant été pour moi la transformation de Tetsuo en cet énorme monstre écœurant, scènes que je n'ai jamais bien pu "digérer".
Sinon, je suis immédiatement tombé amoureux de la série dès le premier volume acheté en 1990. Et j'attendais avec impatience les 15 jours avant la sortie du suivant.
Oui parce que au fait : je suis étonné de voir qu'apparemment personne ne semble connaître le fait qu'avant l'édition des 14 gros volumes couleurs, AKIRA sortait dans les kiosques à journaux en fascicules souples couleurs d'une 60aine de pages environ pour la modique somme de 16 Fr !
Et je les possède tous ! Achetés quinzaine après quinzaine jusqu'au N° 31. Car ensuite l'édition en fascicules s'est arrêtée et j'ai dû finir ma collection avec les gros albums en question.
Hahaha ! J'espère que vous êtes jaloux !
Sinon, que dire de plus ? Pour moi aussi, la découverte de cette série a été un coup de poing par l'originalité du découpage, le rendu des effets de vitesse, les couleurs, les scènes de violence jouissives... du grand art !
Une série entre policier, western moderne et fantastique. Le mélange des genres est plutôt bien réussi et au bout de 3 tomes toujours aussi plaisante à lire bien que l’on ait le sentiment que beaucoup de zones d’ombre restent encore à découvrir et que l’on ne sache pas très bien ce que recherchent les protagonistes.
Toutefois, tous les 2 tomes correspondent à une histoire pouvant se lire de manière indépendante.
Le dessin, lui, est soigné et les couleurs impeccables.
Une série qui arrive à me tenir en haleine et que je vais continuer à suivre de près.
Excellente série mettant en scène un flegmatique 'Bob" Cobalt et une décidément charmante Paprika à la recherche de disparus qui sont autant d'originaux nous entraînant dans un univers drôle et mystérieux.
Menées tambour battant par un Greg et un Fahrer au mieux de leur forme, ces histoires injustement méconnues sont en effet un savant cocktail d'ironie et de suspense, comme sait si bien les conter le scénariste.
Fahrer n'est pas en reste avec son dessin puissant et fluide, brossant une galerie de personnages aux trognes incroyables ou aux silhouettes (décidément) bien agréables.
Les années n'ont pas démodé ces aventures, les véhicules ou les pantalons patt'd'éph ajouteront tout au plus un peu de nostalgie à l'ensemble.
A découvrir sans hésiter pour les amateurs des auteurs ou de policiers (et les autres...).
Avis après lecture des 2 premiers tomes.
Superbe début pour cette série avec un univers cohérent et vaste permettant de multiples rebondissements pour les prochains tomes. Les 2 premiers tomes se lisent avec un grand plaisir, le rythme est soutenu mais la trame reste cohérente. Le dessin est original et intéressant, la colorisation est propre et bien choisie. Pour l'instant, je n'en pense que du bien, j'ai hâte de voir la suite paraître.
Voilà une série en tome comme on en croise rarement. Une sorte d'astéroïde de la BD. Pardon du Comics.
Pour commencer, je suis tombé à genoux devant le style graphique de ces deux tomes. C'est superbe, plus proche du graphisme d'art que du dessin de BD. C'est un Artiste avec un grand "A" qui a œuvré et c'est merveilleux.
Les références de Kent Williams aux pinceaux sont Schiele, Klimt, Bacon…C'est dire si l'inspiration va chercher loin.
Et le contraste de cette claque graphique est accentué avec certaines coupures où l'on revient ''à la réalité'' avec l'histoire de ce roi qui meurt lentement. Le dessin devient alors enfantin créant une coupure, mais bizarrement dans le contexte de cette BD, ce coté simpliste prend un envers triste et mélancolique. Le coté enfantin des représentations des êtres vivants par de simples traits devenant alors des expressions des fantômes et des cadavres vivants, seuls et tristes.
Le trait est net, sûr, énergique, parfois même violent. Le dessin colle admirablement à l'histoire.
Une force de caractère rare. Et malgré ce style complètement atypique, la BD reste claire et limpide de bout en bout. Contrairement à La Hyene de Corbeyran et Stéphane Thanneur où le style graphique était lui aussi complètement novateur, mais m'avait perdu, dérouté et avait brisé le charme possible de la BD, "Blood" est une merveille de réalisation graphique.
L'histoire pour sa part est surprenante, lancinante. D'un rythme assez lent, les auteurs en profitent pour nous piéger et nous attirer, nous absorber dans cette histoire d'amour hors du temps. Pendant longtemps, tous les personnages restent énigmatiques, sans nom et le dessin symboliste aide grandement à inspirer et injecter cette pointe de mystère ensorcelant.
La manière de conter est lancinante, envoûtante, s'armant de lourds silences, de longs moments de solitude, régulière et oppressante comme une armée en marche au son des grands tambours, terriblement effrayant mais en même temps tellement fascinant…
Ce n'est pas une histoire de BD classique, le style de narration se rapproche des grands textes bibliques ou mythologiques. Une façon supplémentaire d'appuyer sur la corde des grands rêves humains et aussi et surtout de ses craintes.
Si le titre de la BD peut laisser penser un instant que ce titre sera sanguinolent, à ma grande surprise, il n'en est rien. Non, il s'agit ici de la recherche initiatique d'un homme perdu, la recherche de son moi intérieur grâce à son moi extérieur.
Le monde des vampires parait bien loin…mais est tellement oppressant !
A essayer absolument.
Black hole... rien que le nom déjà en lui-même m'attirait. Et puis ce beau livre, au papier épais, avec sur la couverture le dessin fascinant d'une jeune femme en noir et blanc, au trait très élégant, dont les yeux sont masqués par un bandeau rouge...
Black Hole m'attirait donc depuis longtemps, mais j'hésitais à franchir le pas de l'achat. La peur d'être déçue par un livre tout de même un peu cher (mais qui les vaut amplement).
J'ai finalement franchi le pas, et ne le regrette en rien. A vrai dire, il y a longtemps qu'une BD ne m'avait pas autant enthousiasmée. J'ai eu l'impression de tenir entre mes mains la BD parfaite : pas une seule baisse de régime, pas une seule maladresse, juste une qualité immense et constante d'un bout à l'autre du livre.
Le graphisme est tout d'abord très beau : un noir et blanc épais, une ligne sure et vraiment élégante, très expressionniste. Mais c'est surtout le scénario qui m'a captivée, le parcours de ces adolescents tous attachants et les manifestations de cette étrange maladie.
On pense au sida, bien sûr, mais en même temps à une métaphore de l'adolescence, de la découverte de l'amour et du sexe, de son animalité, de ses doutes, du mal-être, de son besoin d'émancipation.
Black Hole est un récit extraordinaire. Et la qualité du livre en lui-même, le côté "intégrale" qui permet de tout lire d'une traite et de vraiment se plonger dans cette histoire qui ne souffre pas de pauses, en fait une BD vraiment essentielle... le jury de Mr Trondheim à Angoulême ne s'y est pas trompé.
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Muchacho
Un souffle épique puissant et romantique se dégage de cette histoire. La jungle, l'oppression des militaires au service d'une junte sans état d'âme, une histoire d'amour plus ou moins contrariée participent en effet, à embarquer le lecteur dans un tourbillon agréable et qui tient en haleine. Mais ce qui m'a le plus intéressé, c'est le sublime travail graphique de Lepage. Ses planches sont superbes et le travail sur la couleur qui l'est tout autant, contribuent à nous embarquer de manière totale dans l'aventure. Les couvertures quant à elles, sont remarquablement construites. Articulées autour du personnage principal représenté dans une attitude identique, elles traduisent subtilement et brillamment son évolution personnelle. Le symbolisme des vêtements que porte le jeune homme est aussi intéressant à souligner. La soutane est un peu le signe de sa soumission à l'autorité paternelle, religieuse et sociale. Les haillons semblent être le signe de son émancipation et de sa rébellion. Quoi qu'il en soit, voila une bien belle bd.
Miss Pas Touche
Voilà une BD plus que sympathique ! Blanche cherche a retrouver l’assassin de sa sœur pour se venger. Ce point de départ peut paraître vu et revu, mais ce n’est pas le cas. D’abord parce que l’histoire se situe dans une époque inattendue, le Paris des années 30, et surtout parce que l’intrigue se passe dans un lieu inhabituel, un bordel… Les auteurs ont vraiment su tirer profit de ce cadre, sans jamais être racoleur ou voyeur. L’histoire est prenante, elle avance sur un très bon rythme. Il y a je trouve un très bon équilibre entre les moments plutôt narratifs qui nous montre Blanche mal à l’aise dans cet endroit qui la répugne et les passages à rebondissements qui la font avancer dans sa quête de vengeance. Ce mélange fait que la BD nous tient en haleine jusqu'à son dénouement, que j’ai trouvé vraiment génial. Ah oui ! J’ai aimé cette fin très bien ficelée et qui m’a vraiment surpris. Je regrette juste que le dessin ne soit pas trop mon style, sinon j’aurais vraiment trouvé cette BD parfaite.
Un ciel radieux
Comme cela avait déjà été le cas pour Quartier lointain, je suis entré dans "un ciel radieux" avec curiosité et j'en suis ressorti ému et apaisé. Les thèmes de Taniguchi sont pourtant simples au départ. Un homme se penche sur son passé et se rend compte qu'il a oublié de vivre et surtout d'aimer. A partir de cette idée universelle, Taniguchi dans un style fluide et à la limite de la contemplation, nous invite à voir, à sentir, à ressentir la vie, par le biais de ses personnages. Quant à moi, je n'ai jamais eu le sentiment que cette histoire était calibrée pour provoquer les larmes ou pour émouvoir facilement. L'émotion est bien là, mais elle découle simplement de la profondeur des thèmes abordés. Je crois que l'ensemble d'autant plus, que le lecteur à un minimum de recul par rapport à sa propre vie. En tant que quadra, je me suis senti en phase avec cet auteur. Les questions qu'il pose sont celles qui souvent me hantent : quel est le sens de mon chemin ? Suis je devenu celui que je rêvais d'être à vingt ans ? Dans un ciel radieux, j'ai retrouvé avec force ces questionnements et quand le personnage de l'homme mur, sent qu'il va définitivement partir et qu'il dit adieu à ceux qu'il aime, j'ai réellement été touché. Rares sont les oeuvres qui parviennent à me toucher à ce point. Il faut vraiment qu'elle sonne juste.
La Face karchée de Sarkozy
Ce qui l'emporte à la lecture de ce pamphlet, car c'en est un, c'est la surprise. Je m'attendais à un lynchage façon Charlie hebdo du très (trop?) médiatique ministre de l'intérieur, et bien il y a là une enquête très approfondie sur l'ascension du petit homme de Neuilly, et sur l'envers du décor de la droite gaulliste de ces trente dernières années. Bon, bien sûr, on l'aura compris, ce n'est pas à l'honneur du principal intéressé, mais force est de constater qu'il est devenu plutôt compliqué de le critiquer sans être l'objet d'un redressement fiscal ou de menaces diverses. Je n'irai donc pas jusqu'à le plaindre. Plus précisément, c'est le machiavélisme de Nicolas Sarkozy qui est visé, trait de caractère indispensable pour parvenir au pouvoir dans une démocratie présidentielle, où il faut d'abord éliminer les rivaux de son bord avant d'affronter l'autre camp. Pour finir, c'est plutôt bon, bien que partial, et en tout cas c'est distrayant et instructif. A quand une bd sur les autres candidats ?
Akira
J'ai hésité à mettre 4 ou 5/5. Finalement je penche pour culte. Le seul bémol ayant été pour moi la transformation de Tetsuo en cet énorme monstre écœurant, scènes que je n'ai jamais bien pu "digérer". Sinon, je suis immédiatement tombé amoureux de la série dès le premier volume acheté en 1990. Et j'attendais avec impatience les 15 jours avant la sortie du suivant. Oui parce que au fait : je suis étonné de voir qu'apparemment personne ne semble connaître le fait qu'avant l'édition des 14 gros volumes couleurs, AKIRA sortait dans les kiosques à journaux en fascicules souples couleurs d'une 60aine de pages environ pour la modique somme de 16 Fr ! Et je les possède tous ! Achetés quinzaine après quinzaine jusqu'au N° 31. Car ensuite l'édition en fascicules s'est arrêtée et j'ai dû finir ma collection avec les gros albums en question. Hahaha ! J'espère que vous êtes jaloux ! Sinon, que dire de plus ? Pour moi aussi, la découverte de cette série a été un coup de poing par l'originalité du découpage, le rendu des effets de vitesse, les couleurs, les scènes de violence jouissives... du grand art !
W.E.S.T
Une série entre policier, western moderne et fantastique. Le mélange des genres est plutôt bien réussi et au bout de 3 tomes toujours aussi plaisante à lire bien que l’on ait le sentiment que beaucoup de zones d’ombre restent encore à découvrir et que l’on ne sache pas très bien ce que recherchent les protagonistes. Toutefois, tous les 2 tomes correspondent à une histoire pouvant se lire de manière indépendante. Le dessin, lui, est soigné et les couleurs impeccables. Une série qui arrive à me tenir en haleine et que je vais continuer à suivre de près.
Cobalt
Excellente série mettant en scène un flegmatique 'Bob" Cobalt et une décidément charmante Paprika à la recherche de disparus qui sont autant d'originaux nous entraînant dans un univers drôle et mystérieux. Menées tambour battant par un Greg et un Fahrer au mieux de leur forme, ces histoires injustement méconnues sont en effet un savant cocktail d'ironie et de suspense, comme sait si bien les conter le scénariste. Fahrer n'est pas en reste avec son dessin puissant et fluide, brossant une galerie de personnages aux trognes incroyables ou aux silhouettes (décidément) bien agréables. Les années n'ont pas démodé ces aventures, les véhicules ou les pantalons patt'd'éph ajouteront tout au plus un peu de nostalgie à l'ensemble. A découvrir sans hésiter pour les amateurs des auteurs ou de policiers (et les autres...).
Métal (Guice/Brown)
Avis après lecture des 2 premiers tomes. Superbe début pour cette série avec un univers cohérent et vaste permettant de multiples rebondissements pour les prochains tomes. Les 2 premiers tomes se lisent avec un grand plaisir, le rythme est soutenu mais la trame reste cohérente. Le dessin est original et intéressant, la colorisation est propre et bien choisie. Pour l'instant, je n'en pense que du bien, j'ai hâte de voir la suite paraître.
Blood
Voilà une série en tome comme on en croise rarement. Une sorte d'astéroïde de la BD. Pardon du Comics. Pour commencer, je suis tombé à genoux devant le style graphique de ces deux tomes. C'est superbe, plus proche du graphisme d'art que du dessin de BD. C'est un Artiste avec un grand "A" qui a œuvré et c'est merveilleux. Les références de Kent Williams aux pinceaux sont Schiele, Klimt, Bacon…C'est dire si l'inspiration va chercher loin. Et le contraste de cette claque graphique est accentué avec certaines coupures où l'on revient ''à la réalité'' avec l'histoire de ce roi qui meurt lentement. Le dessin devient alors enfantin créant une coupure, mais bizarrement dans le contexte de cette BD, ce coté simpliste prend un envers triste et mélancolique. Le coté enfantin des représentations des êtres vivants par de simples traits devenant alors des expressions des fantômes et des cadavres vivants, seuls et tristes. Le trait est net, sûr, énergique, parfois même violent. Le dessin colle admirablement à l'histoire. Une force de caractère rare. Et malgré ce style complètement atypique, la BD reste claire et limpide de bout en bout. Contrairement à La Hyene de Corbeyran et Stéphane Thanneur où le style graphique était lui aussi complètement novateur, mais m'avait perdu, dérouté et avait brisé le charme possible de la BD, "Blood" est une merveille de réalisation graphique. L'histoire pour sa part est surprenante, lancinante. D'un rythme assez lent, les auteurs en profitent pour nous piéger et nous attirer, nous absorber dans cette histoire d'amour hors du temps. Pendant longtemps, tous les personnages restent énigmatiques, sans nom et le dessin symboliste aide grandement à inspirer et injecter cette pointe de mystère ensorcelant. La manière de conter est lancinante, envoûtante, s'armant de lourds silences, de longs moments de solitude, régulière et oppressante comme une armée en marche au son des grands tambours, terriblement effrayant mais en même temps tellement fascinant… Ce n'est pas une histoire de BD classique, le style de narration se rapproche des grands textes bibliques ou mythologiques. Une façon supplémentaire d'appuyer sur la corde des grands rêves humains et aussi et surtout de ses craintes. Si le titre de la BD peut laisser penser un instant que ce titre sera sanguinolent, à ma grande surprise, il n'en est rien. Non, il s'agit ici de la recherche initiatique d'un homme perdu, la recherche de son moi intérieur grâce à son moi extérieur. Le monde des vampires parait bien loin…mais est tellement oppressant ! A essayer absolument.
Black Hole
Black hole... rien que le nom déjà en lui-même m'attirait. Et puis ce beau livre, au papier épais, avec sur la couverture le dessin fascinant d'une jeune femme en noir et blanc, au trait très élégant, dont les yeux sont masqués par un bandeau rouge... Black Hole m'attirait donc depuis longtemps, mais j'hésitais à franchir le pas de l'achat. La peur d'être déçue par un livre tout de même un peu cher (mais qui les vaut amplement). J'ai finalement franchi le pas, et ne le regrette en rien. A vrai dire, il y a longtemps qu'une BD ne m'avait pas autant enthousiasmée. J'ai eu l'impression de tenir entre mes mains la BD parfaite : pas une seule baisse de régime, pas une seule maladresse, juste une qualité immense et constante d'un bout à l'autre du livre. Le graphisme est tout d'abord très beau : un noir et blanc épais, une ligne sure et vraiment élégante, très expressionniste. Mais c'est surtout le scénario qui m'a captivée, le parcours de ces adolescents tous attachants et les manifestations de cette étrange maladie. On pense au sida, bien sûr, mais en même temps à une métaphore de l'adolescence, de la découverte de l'amour et du sexe, de son animalité, de ses doutes, du mal-être, de son besoin d'émancipation. Black Hole est un récit extraordinaire. Et la qualité du livre en lui-même, le côté "intégrale" qui permet de tout lire d'une traite et de vraiment se plonger dans cette histoire qui ne souffre pas de pauses, en fait une BD vraiment essentielle... le jury de Mr Trondheim à Angoulême ne s'y est pas trompé.