Les derniers avis (39892 avis)

Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman - Un long Halloween
Batman - Un long Halloween

Glissement du pouvoir - Pour pouvoir pleinement apprécier cette histoire, il faut mieux avoir déjà lu Batman année un. Jeph Loeb part de cette version des débuts de Batman pour élaborer l'impact de Batman sur l'équilibre des pouvoirs dans Gotham. Il utilise donc les personnages introduits dans Year One. L'apparition de Batman dans Gotham remet en cause la mainmise de la famille Falcone sur la pègre, la police et les politiques. Dans le sillage de Batman surgissent des individus fortement dérangés tels que Catwoman qui a défiguré Carmine Falcone, Joker qui semble mû par une folie meurtrière sans raison, Solomon Grundy (une force de la nature), Scarecrow (un homme qui joue sur la peur) et Riddler (???). Au milieu de ces alliances changeantes et des règlements de compte qui en découlent, un tueur sévit dans Gotham abattant une victime à chaque vacance ou jour férié. de son coté, Bruce Wayne tâtonne encore pour parfaire ses méthodes de travail, ce qui le pousse à s'allier avec Harvey Dent et avec James Gordon. Par contre, il n'arrive pas à choisir quelle attitude adopter vis à vis de Selina Kyle. Jeph Loeb et Tim Sale avaient déjà collaboré ensemble sur le personnage de Batman pour trois histoires courtes se déroulant à Halloween (Des ombres dans la nuit) avec un résultat très convaincant. À la demande d'Archie Goodwin, ils reviennent pour cette histoire qui sera suivi par Amère victoire, puis par l'épilogue consacré à Catwoman dans Catwoman à Rome (et bien d'autres pour Marvel). Jeph Loeb entremêle habilement l'héritage de Frank Miller, avec une histoire de gangsters, avec le tissage des premières relations entre les personnages principaux de l'univers de Batman, avec une vraie enquête pour savoir qui est le meurtrier, avec des réflexions sur l'apparition de personnages costumés à moitié (ou complètement) fous dans une ville corrompue. Et il a conçu son histoire en ayant en tête les points forts de Tim Sale. Ce dernier utilise un style qui repose sur de grandes cases (donc peu de cases par page), de gros aplats de noir, des visages qu'il caricature pour les tirer vers le symbolisme, des exagérations physiques qui font ressortir l'aspect d'icones des héros et des criminels. Pour autant son sens de la composition lui permet de capter le mouvement et de s'inscrire dans un art vraiment séquentiel, même à 3 cases par pages. Et Jeph Loeb lui laisse de nombreuses pages pour mettre en valeur ses illustrations. C'est tout à l'honneur de Loeb et de Sale qu'ils arrivent à amalgamer les différentes composantes de leur histoire pour aboutir à un tout cohérent (un petit peu long à mon goût, je préfère Amère victoire dont le rythme est mieux maîtrisé) qui renouvelle intelligemment les histoires de flics et voyous en intégrant harmonieusement des personnages costumés pas si facile que ça à rendre crédibles. Cerise sur le gâteau : Bruce Wayne brille de mille feux dans des scènes le mettant en lumière en tant que Batman, en tant que membre de la haute société, en tant que détective…, sans pour autant en faire un violent psychopathe.

11/09/2024 (modifier)
Couverture de la série Luc Junior
Luc Junior

Souvenir d'enfance, la Libre Junior était le supplément jeunesse hebdomadaire du journal "La libre Belgique" dans le milieu des années 50. Beaucoup de nostalgie donc de la part d'un gamin de 1949. Je lisais aussi l'hebdo du journal Tintin. A cette époque, Uderzo et Goscinny publiaient exclusivement en Belgique ds.Tintin essentiellement, avec Oumpah-Pah et la Libre (qui existe toujours, journal catholique)...

11/09/2024 (modifier)
Par ethanos
Note: 4/5
Couverture de la série West Legends
West Legends

Je laisse un avis uniquement sur le premier tome de cette série de 'one shots' supposés relater la vie de grandes figures de l'Ouest américain, ce premier ouvrage étant consacré au légendaire Wyatt Earp, comme indiqué dans le titre. Il faut d'ailleurs prêter un petit peu attention à ce titre 'Wyatt Earp's last hunt' pour tout de suite bien comprendre que l'on est ici sur un épisode (fictif) de la fin de la vie de Earp, sa dernière chasse, sans rapport avec le fameux 'gunfight at the OK Corral', ni même avec la suite un peu moins connue de cet épisode, à savoir cette guerre personnelle entre les frères Earp, et plus singulièrement Wyatt, et Ike Stanton, le chef du gang des 'Cowboys' (si, si, c'était bien le nom du gang en question). Si cela vous intéresse, il existe un ''docu-série'' initialement diffusé sur Netflix, avec la voix de Ed Harris pour guider le spectateur qui relate très bien tout ça, et l'ampleur assez incroyable que cette affaire a pris, d'abord en Arizona, puis dans tout le pays. On pourra d'ailleurs questionner le choix qui a été fait de laisser le titre en anglais, au risque de tromper involontairement certains lecteurs qui s'attendrait à revoir le fameux épisode du duel avec Doc Holliday et tous les autres, dans l'enclos à chevaux de Tombstone. Comme cela a déjà été expliqué, nous sommes ici dans une sorte d'enquête policière qui, comme souvent dans certains westerns, fait le lien entre un monde qui disparait (celui de la conquête de l'Ouest, des guerres indiennes, des 'gunslingers', et donc des hommes comme Earp), et un autre qui prend petit à petit le dessus (celui de la modernité, des grandes villes, de l'industrie, etc). Ce thème des héros d'un ancien temps qui, progressivement, disparaissent à été souvent traité (on pensera ici à différentes BDs sur cette même époque), mais, il faut bien avouer que le ressort narratif fonctionne à merveille, ici comme ailleurs. Ce qui est vrai pour les 'good guys' l'est tout autant pour leurs pendants du côté obscur, les 'badies', qui ne sont plus seulement des 'outlaws' au mauvais caractère, et à la gâchette un peu facile, non, ici, on est déjà dans le meurtrier moderne, version industrielle, des serial killers. A ce titre, l'histoire narrée dans cet ouvrage n'est finalement pas si différente, ou pas si éloignée de celle que l'on peut lire dans le roman de Caleb Carr : The Alienist (adapté également en film), avec les premiers tueurs en série. Et, il faut bien dire que ce choix a priori un peu surprenant, est un pari gagnant. Le lecteur, tout comme le personnage de Earp, éprouve un sentiment d'étrangeté à découvrir cette aventure purement citadine, n'ayant que de lointains rapports avec l'Ouest sauvage, mais on a plaisir à suivre cette enquête, émaillée de références à la vie 'précédente' de notre héros, le suspense est prenant, et l'ensemble tient vraiment la route. Oh, bien sûr, on pourra regretter le ''barbecue final' (je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher...), et cette fascination pour la violence poussée à son paroxysme que l'on trouve dans de nombreuses BDs de nos jours. On pourra également regretter la façon dont, par endroits au moins, et plus ou moins volontairement, les américains natifs, pour ne pas employer le mot 'indiens', sont un peu essentialisés, et souvent renvoyés à de supposées caractéristiques qui les rapprocheraient de la nature à la fois belle et sauvage, de manière positive ou négative (sagesse vs violence presque animale), tout cela a un petit côté un peu stéréotypé. Mais, soyons honnêtes, globalement, le scénario proposé ici fonctionne bien, voire très bien, malgré ces quelques réserves. Reste la question du dessin de Lorusso, et du travail sur les couleurs de Nanjan, qui, je dois l'avouer, me laissent plus sceptique, sans que je ne m'explique tout à fait la chose. Le dessin est propre, efficace, rien à dire, mais..., peut-être un peu trop moderne pour cette histoire. Je résumerais mon sentiment en disant que je n'ai pas l'impression que cela soit un dessin pour du western, même s'il s'agit là, j'en ai bien conscience d'un argument très subjectif, et sans réel fond qui n'engage que moi. Au final, puisque c'est un peu le jeu d'évaluer la qualité des oeuvres critiquées, j'opterai pour un bon 3,5 / 5 pour toutes les raisons indiquées, que j'arrondirai à 4/5, pour le côté 'surprise' , et la façon assez inattendue avec laquelle on fait du neuf (les crimes en série) avec du vieux (nos héros du far-west). Bref, l'opposition, mais aussi la complémentarité, entre deux mondes.

11/09/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Aventurier
L'Aventurier

Treize étrange bande dessinée. - Que signifie tout ceci ? Est-il possible que quelqu'un puisse prédire l'heure de la mort ? - En effet, c'est possible. Et si vous êtes patient, vous le verrez de vos propres yeux. Si tu connaissais le jour de ta mort, cela influencerait-il le reste de ta vie ? C'est ce qui va arriver à Anselmo, un jeune homme qui a fuit son château pour échapper à l'épidémie de peste. Sur son chemin il va rencontrer une très jolie jeune femme, Lucrézia, le coup de foudre est réciproque. Son père Géronte va tout faire pour les séparer, un homme qui a le pouvoir de prédire le jour de ta mort, ce qu'il va annoncer à Anselmo, il ne lui reste qu'un an à vivre. Et cette annonce va bouleverser sa vie, le tourmenter. La mort sera le funeste compagnon d'Anselmo. La peste fera des ravages, la guerre apportera son lot de cadavres et le bourreau exécutera les condamnés. Un récit captivant, triste, cruel, onirique, pas totalement innovant, mais c'est écrit avec talent et raconté avec justesse. Tous les personnages sont formidablement campés, d'Anselmo aux seconds rôles en passant par la surprenante Lucrézia. L'aventure est bien présente avec son lot de surprises, l'amour aussi, mais le conte n'est pas loin et réflexions, il y aura. Une BD qui soulève de nombreuses questions, à toi d'y apporter des/tes réponses. Une adaptation réussie du texte inachevé d'Arthur Schnitzler. Maintenant, parlons du visuel et d'Andrea Settimo. Je découvre ce dessinateur et c'est une merveilleuse surprise. Il retranscrit à la perfection cette Italie de 1520, les décors sont soignés et très réalistes. Toutes, j'ai bien dit toutes, les planches sont superbes. Un trait légèrement charbonneux où les nombreuses hachures apportent une texture au dessin. Une mise en page cinématographique avec de nombreuses planches sans texte, elles en disent bien plus que des mots. De superbes couleurs, tantôt vives et colorées, tantôt ternes et sombres, elles suivent les ambiances du récit. Une mention toute particulière pour ce magnifique vert caca d'oie qui envahit toute la page lorsque la peste apparaît (les dernières pages sont à tomber à la renverse). Très, très beau. Un artiste à suivre ! Un merveilleux moment de lecture. Gros coup de cœur. "Pour assurer la sécurité du plus grand nombre, la souffrance de quelques-uns est un petit prix à payer". "Si tu veux rejeter la faute sur quelque chose, fais-le sur les mots. Les mots ont le pouvoir de changer le destin d'un homme".

11/09/2024 (modifier)
Par Zablard
Note: 4/5
Couverture de la série Empires
Empires

Vraiment très sympathique ce premier album de la série, Scénario qui met en haleine tout au long de l'album, les dessins sont vraiment très beau, semblable à ce que Jarry et ses acolytes nous ont habitué dans Elfes, et l'ensemble se lit très facilement. De plus, l'album est beau et sympathique à manipuler. Belle réussite des éditions oxymore ! Note réelle 4,5

11/09/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Pont des arts
Le Pont des arts

Sur une rive, la littérature, sur l'autre, la peinture. - Ce tome regroupe une douzaine d'histoires courtes évoquant par ordre chronologique des relations entre un écrivain et des artistes. Sa première édition date de 2012. Il a été entièrement réalisé par Catherine Meurisse pour le scénario, les dessins et les couleurs. Il comprend quatre-vingt-quinze pages de bande dessinée. Il peut être considéré comme une suite thématique de Mes hommes de lettres : Petit précis de littérature française (2008) dans lequel elle évoquait ses écrivains de prédilection, chacun disposant d'un chapitre, l'ensemble formant une fresque de morceaux choisie de l'histoire de la littérature. Chaque histoire comprend entre deux et treize pages. Sur une rive, la littérature, sur l'autre, la peinture. Entre les deux, un pont qu'empruntent les écrivains et les peintres, fascinés par la beauté d'une toile de l'un, puisant l'inspiration d'un roman de l'autre. Voici quelques petites histoires de grandes amitiés entre les arts. - La vie de l'esprit, six pages, comment le philosophe Diderot se vide la tête au musée, tout en remplissant la nôtre. En 1765, Diderot achève sa collaboration à l'Encyclopédie. Il est temps pour lui de profiter de vacances de l'esprit, car il a donné vingt ans de sa vie à ce dictionnaire, il a enfin droit lui aussi au repos futile. Dans sa demeure, son serviteur Jacques lui apporte le courrier : des factures, une carte postale de Friedrich Melchior Grimm séjournant chez Catherine II, qui lui demande de s'occuper de sa revue. Denis Diderot décide alors de profiter de la revue de Grimm, en développant une activité de critique littéraire artistique : ses Salons, compte-rendus à la fois techniques et poétiques des expositions de l'Académie des Beaux-Arts, rédigés dès 1759, font de lui le pionnier de la critique d'art – à une époque où l'on prétend que seuls les peintres peuvent juger de la peinture. Il se livre à cet exercice avec La raie (1728) de Jean Siméon Chardin. Masterclass, huit pages, comment Delacroix casse du sucre sur le dos d'Ingres, laissant des miettes partout chez George Sand. Dans sa demeure, George Sand enjoint Eugène Delacroix à cesser de se trémousser, car ils sont attendus à dîner. le potage va refroidir. À propos de soupe, il lui demande si elle a vu la Stratonice de Jean-Auguste-Dominique Ingres. La réponse est positive : elle a trouvé ça puéril et maniéré. Elle continue : Ingres est un homme de génie, mais ce qui lui manque, c'est la moitié de la vue, la moitié de la vie, la moitié de la peinture… Grave infirmité qu'on lui pardonnerait s'il n'érigeait pas son impuissance en système. Delacroix lui suggère de juger l’œuvre, et d'oublier l'homme. Elle rétorque que c'est bien dit pour quelqu'un qui ne peut le souffrir. le problème c'est que, quand un tableau accuse une paralysie mentale à ce point, elle ne peut s'empêcher de déplorer l'erreur du maître. Sa Stratonice a l'air d'avoir un balai dans… Dans l'Antiochus. Delacroix en rajoute en lui demandant si elle a remarqué comme Ingres confond couleur et coloration. Avec Mes Hommes de lettres, l'autrice évoquait directement les écrivains qui l'ont construite en tant que personne, et en tant qu'artiste. Ici, elle évoque les grands peintres qu'elle a découverts et appréciés par l‘entremise d'écrivains célèbres, faisant preuve d'humilité, en transmettant à son tour la parole de ces grands auteurs, en s'effaçant derrière eux et leurs critiques d'art. Au cours de ces dix chapitres, elle met en scène successivement Denis Diderot comme premier critique d'art, commentant La raie de Jean Siméon Chardin (1699-1779), puis François Boucher (1703-1770), Jean-Baptiste Greuze (1725-1805). Viennent ensuite Eugène Delacroix (1798-1863) parlant peinture à Frédéric Chopin (1810-1849), en présence de George Sand (1804-1876), Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil). Théophile Gauthier (1811-1872) et sa myopie se lançant dans des travaux de critique sur Gustave Moreau, Gustave Doré, Ingres, Théodore Chassériau, et Eugène Delacroix. Charles Baudelaire (1821-1867) en 1862 transformé en guide du musée d'Orsay pour donner son avis sur les croûtes (Jean-Léon Gérôme, Amaury Duval, Jean-François Millet), puis le plus grand des plus grands (Eugène Delacroix), et un moderne (Édouard Manet). Émile Zola (1840-1902) avec Eugène Delacroix, Édouard Manet, Claude Monet, Auguste Renoir, Berthe Morisot, Edgar Degas, Gustave, Camille Pissarro, Alfred Sisley et Paul Cézanne. Marcel Proust (1871-1922) fréquentant les salons des impressionnistes pour composer le personnage du peintre Elstir. Jean Lorrain (1855-1906, Paul Alexandre Martin Duval) racontant une toile de Gustave Moreau dans son roman Monsieur de Phocas (1901). La relation entre Man Ray (1890-1976, Emmanuel Radnitsky) et Kiki de Montparnasse (1901-1953, Alice Prin). Le chapitre suivant est consacré à la relation entre Pablo Picasso (1881-1973) et Guillaume Apollinaire (1880-1918), alors que le tableau La Joconde est dérobé au musée du Louvres. C'est enfin Honoré de Balzac (1799-1850) qui écrit le chef d’œuvre inconnu (1831) qui sera ensuite illustré par Pablo Picasso. Le lecteur est surpris de découvrir la diversité des approches pour évoquer la pratique de la critique de l'art. Diderot commente les tableaux avec fougue, Eugène Delacroix n'hésite pas à s'exprimer sur ses confrères, et Charles Baudelaire réalise la visite guidée d'un musée. D'un autre côté, l'observation des œuvres d'art et la fréquentation des peintres amènent Marcel Proust à composer un personnage peintre lui-même pour La recherche du temps perdu. Jean Lorrain écrit un roman sur la recherche du regard le mieux rendu et comment cela peut rendre fou un homme. Puis il s'agit du vol de la Joconde. La scénariste met à profit la diversité des critiques, de leur métier, de leur statut social, produisant un effet de renouvellement, évitant toute redondance. L'artiste dessine dans un registre descriptif, mêlant formes simplifiées et exagérations de l'expression des visages et des mouvements corporels. Le lecteur sourit en voyant les mimiques de Diderot, son agitation, son visage comme exploser vers le haut quand il reçoit une baffe magistrale. Chopin est irrésistible avec sa longue tignasse qui masque son visage, et ses torrents de larmes, ce qui contraste fortement avec le comportement plus posé de George Sand. Charles Baudelaire est habité par l'intention de ses émotions. Zola apparaît beaucoup plus posé et réfléchi. Proust ressemble à un vrai dandy en proie à une vive curiosité. Balzac gesticule plus. Il n'est pas possible d'accuser Catherine Meurisse d'idolâtrie vis-à-vis de ces grands écrivains, et pour autant elle les met en scène en étant en phase avec leur personnalité d'auteur. Le lecteur guette (et trouve) les ressemblances dans ces personnages historiques célèbres. Il est tout aussi impressionné par la capacité de l'artiste à évoquer les tableaux célèbres des grands peintres, avec ces traits de contour encrés et comme un peu tremblés ou mal assurés. À chaque fois, il reconnaît du premier coup d’œil l’œuvre concernée : aussi bien La raie (Chardin) que La grande odalisque (Ingres), Un enterrement à Ornans (Courbet), La liberté guidant le peuple (Delacroix), Les glaneuses (Millet), le déjeuner sur l'herbe (Manet), Les raboteurs de parquet (Caillebotte), Guernica (Picasso), etc. Il est probable qu'il découvre également quelques œuvres qu'il ne connaissait pas. Il remarque que l'artiste met en œuvre une narration visuelle variée et riche. Elle peut aussi bien passer de cases avec un arrière-plan regorgeant de détails, qu'à une suite de trois cases s'attachant au mouvement d'un personnage, avec un arrière-plan vide. Au fil des pages, le lecteur se surprend à ralentir son rythme pour prendre le temps d'admirer une case ou une prise de vue remarquables : la façade de l'habitation de Diderot, la rampe en fer forgé de l'escalier, le superbe jardin de la demeure de George Sand à Nohant, le démontage en règle du décor du tableau Stratonice et Antiochus (Ingres) par Delacroix, l'énoncé des peintres souffrant de la vue (astigmate pour El Greco, strabisme divergent pour Rembrandt, cataracte pour Monet, dégénérescence maculaire pour Degas, xanthopsie pour Van Gogh, dacryocystite pour Pissarro, sclérodermie pour Klee, hémorragie dans l’œil droit et cécité dans l’œil gauche pour Munch), Charles Baudelaire agitant son parapluie pour que les visiteurs ne le perdent pas de vue, Proust de promenant dans les plages de Monet, Boudin, et Manet, le policier se retrouvant dans les Enfers, Arsène Lupin, ou encore Vénus dans son conque et ramassant des champignons. L'art de la critique exercée par des écrivains vis-à-vis de peintres, mais pas seulement : et ça peut faire une BD, ça ? Le lecteur peut faire confiance à Catherine Meurisse pour lui raconter tout ça avec une verve et un enthousiasme communicatif, et non feint. Il sent qu'elle a apprécié de voir ces chefs d’œuvres (et quelques croûtes) par les yeux de maîtres de la langue française tentant d'exprimer leur ressenti devant ces tableaux, de décortiquer ce qui fait une grande œuvre. Il découvre des chapitres relativement courts, et denses, il n'y a qu'à songer au nombre d'artistes évoqués. Il ne se sent ni perdu, ni exclu car l'autrice évoque en majeure partie des chefs d’œuvre connus du très grand public. Il se dit qu'il retournerait bien en voir quelques-uns sur cette liste, à commencer par les Delacroix, car il les percevra différemment, avec plus de discernement après cette bande dessinée. Il se met à rêver d'un second tome sur l'art moderne.

11/09/2024 (modifier)
Par Zablard
Note: 4/5
Couverture de la série Vesper
Vesper

Bonne série qui se termine sur le tome 4, je ne crois pas qu'il y en aura d'autres, en tout cas il me semble que Jeremy a dit que c'était le dernier. Graphiquement très beau, un univers qui a le mérite d'être vaste et coloré, atypique. Le scénario est bien ficelé, même si la fin semble un peu précipitée. Peut être dû au fait que c'était initialement prévu en 6 tomes. Mais sinon l'ensemble est beau et très agréable à lire, et il vaut mieux, à la limite, une série qui est finie trop vite, qu'une série qui tire en longueur et qui finit par devenir lassante.

11/09/2024 (modifier)
Par Charly37
Note: 4/5
Couverture de la série Ilenter
Ilenter

Pas d’accord avec Spooky Je trouve le dessin de Moon li plus abouti que dans Zoya (d’ailleurs à quand la suite ?) et les couleurs très agréables ! Certes, l’histoire est simple et se lit assez vite (ce qui est idéal aussi pour cex qui lisent moins) mais justement la douceur dans cette narration fait du bien. Parfait pour tous les âges !!!

11/09/2024 (modifier)
Par JD
Note: 5/5
Couverture de la série Le Scrameustache
Le Scrameustache

Vraiment très surpris de tous les avis négatifs. On parle d’une BD ciblant un public d’enfants, avec il me semble des avis négatifs par des adultes. Je raffole des dessins, des jeux de mots (même si leur force diminue avec le nombre de tomes), et des scénarios intéressants. Avec les derniers tomes, il y a quand même un moins bien, mais on ne s’en lasse pas ! C’est une BD décalée et un peu loufoque, mais qui entraîne les petits dans un domaine de la science-fiction impossible. Ça reste un jour peut être réalisable; Tintin me semble des fois très éloigné du possible.

11/09/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Sledgehammer 44
Sledgehammer 44

Un nouveau venu dans l'univers d'Hellboy, fortement ancré dans la continuité, tout en restant accessible aux nouveaux lecteurs - Il s'agit du début d'une nouvelle série connectée au Mignolaverse (les séries Hellboy et BPRD). Ce tome peut-être lu indépendamment de ces 2 séries, tout en restant compréhensible. Il contient les 2 premières miniséries, soit 5 épisodes, initialement parus en 2013, écrits par Mike Mignola & John Arcudi, avec une mise en couleurs de Dave Stewart. - - Sledgehammer 44 (2 épisodes, dessinés et encrés par Jason Latour) - En 1944, dans une petite ville (fictive) de France (D'Ébène Chiot), une petite unité de 5 soldats doit servir de soutien à une autre unité qu'elle attend. L'unité en question est lâchée du ciel sur la ville. Elle a pour nom de code Sledgehammer : il s'agit d'une sorte de gros robot humanoïde à trois yeux, qui doit combattre un gros robot nazi. Dans la postface (1 page), John Arcudi explique que ce projet a été conçu à la demande de John Severin. Ce dernier avait illustré la deuxième aventure de Sir Edward Grey (Lost and gone forever) à l'âge de 88 ans. Il souhaitait ensuite dessiner une histoire se déroulant pendant la seconde guerre mondiale ; malheureusement il est décédé après avoir réalisé seulement quelques planches (dont 2 incluses en fin d'ouvrage). John Arcudi et Mike Mignola ont donc développé un nouveau personnage pour cette époque, s'intégrant dans le Mignolaverse, c'est-à-dire l'univers partagé d'Hellboy et du BPRD. Les lecteurs les plus attentifs identifieront la fourche d'Anum et la combinaison d'énergie Vril (voir Iron Prometheus). Les très, très, très attentifs se souviendront d'une case dans The dead (le tome 3 de la série BPRD) où l'on pouvait apercevoir l'armure de Sledgehammer. Dans cette première histoire, il s'agit d'introduire le personnage en bonne et due forme, et de montrer ses capacités face à un gros robot nazi surarmé, et d'expliquer son lien avec le soldat américain Patrick Redding. L'histoire est rapide. Mignola et Arcudi réussissent à faire exister plusieurs personnages, à donner une identité distincte à 3 soldats, en ce nombre de pages limité. L'intrigue n'est pas très originale, mais elle remplit bien sa fonction de servir de support à l'introduction de Sledgehammer, permettant d'intégrer quelques notions sur sa source de pouvoir, son lien avec l'ange Anum, et la conscience humaine qui guide cet engin de destruction. Ils trouvent même le moyen d'inclure une dimension tragique au personnage. Jason Latour détoure les formes avec un trait fin uniforme, un peu tremblé. le niveau descriptif de ses dessins est satisfaisant, en particulier l'authenticité des uniformes américains. Il a choisi une approche un peu caricaturale pour la représentation des visages. L'effet comique est assez discret pour ne pas neutraliser ni la dimension tragique du récit, ni la tension narrative des affrontements. Ces deux premiers épisodes constituent un bon prologue, introduisant un nouveau personnage qui trouve naturellement son origine dans la riche mythologie du Mignolaverse. - - Lightning war (3 épisodes, dessinés et encrés par Laurence Campbell) - Quelques mois plus tard, les nazis s'emparent d'un prototype d'avion, capturant aussi le pilote Danny Ellroy. Le docteur Helena Gallaragas réussit à faire sortir Sledghammer de sa léthargie et à le convaincre d'effectuer une mission de sauvetage pour délivrer Ellroy et récupérer le prototype. À chaque nouvelle histoire, c'est un grand plaisir de constater le niveau d'aisance que John Arcudi et Mike Mignola ont atteint dans leur narration. Ici il suffit de quelques scènes pour rendre le récit personnel et impliquer émotionnellement le lecteur. Il y a donc la situation extraordinaire de Patrick Redding. Lorsqu'Helena Gallaragas (la fille du professeur Kiryakos Gallaragas, l'inventeur de la combinaison énergie Vril) expose sa motivation à Sledgehammer, en trois pages, ils ont fait passer sa personnalité, ils ont créé un personnage de femme forte et crédible, et ils ont acquis l'empathie du lecteur pour le reste du récit. Ces trois épisodes s'avèrent bien dense, faisant le lien avec une partie de la mythologie du BPRD : une incarnation de Black Flame (Raimund Diestel), la présence de Trevor Bruttenholm, la fourche d'Anum et l'évocation de Lobster Johnston. Les auteurs insèrent une référence à Épiméthée (l'un des Titans). L'intrigue recèle plusieurs surprises complexifiant la mission de sauvetage. Il est possible de regretter des combats trop basiques, Mignola & Arcudi jouant sur l'imprécision du niveau de pouvoir de Sledgehammer pour le sortir du pétrin comme bon les arrange. D'un côté les dessins de Laurence Campbell sont plus épurés que ceux de Latour : moins de détails, beaucoup moins d'arrières plans. de l'autre côté, Campbell peaufine son encrage et ses ombres portées pour tirer ses dessins vers l'expressionisme et installer une atmosphère pétrie d'une sourde fatalité, beaucoup plus prenante que la vision plus factuelle de Latour. Campbell bénéficie de toute l'intelligence de la mise en couleurs de Dave Stewart qui palie l'absence de décors par des camaïeux assurant la continuité de l'atmosphère d'une scène d'une case à l'autre tout en renforçant les textures, et en conférant de la substance à des cieux désespérément vides sinon. Grâce à Stewart, les pages contiennent assez d'informations visuelles pour ne pas sembler trop éthérées. Cette deuxième histoire développe la situation du personnage principal, au cours d'une aventure rapide, disposant de personnages assez étoffé, de scènes d'action spectaculaire et d'enjeux dépassant le simple affrontement générique contre les nazis.

10/09/2024 (modifier)