Formidable !
Gros, très gros coup de coeur pour cette BD que j'ai trouvée superbe graphiquement d'une part, et pleine d'une énorme poésie et de beaucoup d'émotion d'autre part.
Jamais je n'avais été aussi touché par une BD dédiée à une musique mais aussi à une atmosphère, une ambiance, celle du bayou, celle de l'Amérique profonde, telle qu'on l'imagine emplie de vieille magie vaudou et de puissants sortilèges émotionnels.
Seul regret, les récits sont un peu courts et les planches, quoique épatantes, ne comportent souvent que peu de cases, voire une unique image.
Mais alors le dessin de Toppi...!!
Entièrement réalisé à l'encre de chine, avec quelques traits de crayonné encore visibles par en-dessous, il offre des fresques et une mise en page impressionnantes de beauté et de force évocatrice. J'avais déjà admiré son talent dans des oeuvres telles que Sharaz-De ou Le Collectionneur mais je pense préférer encore davantage la technique finalement plus simple et plus crue qu'il utilise ici.
C'est beau !
Et les récits eux aussi sont beaux. J'ai été totalement envoûté par l'ambiance de ces derniers. Vaudou et bayou pour le premier. Baraque abandonnée de noirs et vieille casse perdue au fond de l'Amérique profonde pour l'autre. Fantômes et démons. Et par dessus tout cela, le blues non pas seulement comme une musique mais comme une ambiance, une force émotionnelle, un sortilège qui touche les âmes et appelle à la magie.
Si vous appréciez le style graphique de Toppi, si vous appréciez les récits à l'ambiance magique et un peu onirique, cette BD est un immanquable du genre !
Enfin le troisième tome de la série est arrivé pour agrémenter nos vacances.
Une bd fraîche et pleine d'humour pour tous les amateurs ou non de cyclisme, un grand moment de décontraction et de détente.
Des personnages dans lesquels on se retrouve !!!
Ils sont vraiment très forts pour nous faire rire.
Ceux qui pensaient que le gentil Denver serait le dernier dinosaure n’ont jamais affronté la terreur de la forêt. Loin de la vision du genre de La Geste des Chevaliers Dragons, "Raghnarok" allie tout ce que l’on souhaite d’une bd : De l’action, du rire, des frissons, et surtout un dessin inattendu dans l’heroïc fantasy.
Le premier tome pose les bases d’une nouvelle ère clownesque. Les ambiances sont travaillées, et collent parfaitement au style recherché, cependant le trait des personnages m’a un peu déçu. Mais c’était avant la révélation du cinquième tome.
Alors que les premiers dessins prennent vie par la mise en couleur de la bd, ce dernier album se suffirait en noir et blanc. Boulet a atteint un stade qui propulse le jeune dragon à un niveau d’où j’espère, il saura prendre son envol.
Fans d’humour décalé, laissons-nous happer par la fantasy de cette série, qui, pour révolutionner le genre, prend le parti du dragon.
Puis-je vous parler du VRAI Captain Britain, tel qu'imaginé en... 1976 ?...
Son nom est Brian Braddock. Victime d'un grave accident de moto, Brian est sur le point de décéder. Mais il est sauvé grâce à l'intervention de Merlin l'Enchanteur et d'une fée : la Déesse des Ciels du Nord.
Ils l'ont désigné comme "l'élu", lequel sera défenseur de l'Angleterre.
Brian portera au cou l'amulette de la Justice, un pendentif qui guide vers lui une énergie mystique et le transforme en un Captain Britain doté de super pouvoirs. Vêtu d'un costume magique au lion d'Angleterre sur la poitrine, porteur d'un masque aux couleurs nationales, il sera porteur du Sceptre-Etoile qui sera son arme de combat.
C'est en 1976 que Chris Claremont (scénariste) et Herb Trimpe au dessin imaginent ce super-héros anglais pour la "Marvel Comics".
Un bon super-héros, parmi d'autres, mais qui passera ultérieurement dans diverses mains.
Alan Davis le "reprend" en 1984. Le costuma change, le caractère aussi. La personnalité de Brian sera même plus développée. Aux scénarios c'est alors Alan Moore qui crée des histoires plus structurées dans leurs développements.
Malgré cela, Captain Britain n'aura pas le succès qu'il aurait pu escompter. Trop "national", pas assez charismatique ?...
Il disparaît en 1986 alors qu'il a rejoint "Excalibur" -un groupe formé d'autres super-héros- en compagnie de son ami, la mutante Reggan.
Peut-être veille-t-il encore sur la "perfide Albion", là-bas, en haut d'une vieille tour de Londres ?... Mais ça, seuls ses créateurs le savent...
Un héros un peu oublié, c'est vrai, que Panini a fait redécouvrir en 2006 (mais que les dessins sont laids !!!...) mais qui, pour moi, vaut surtout par l'histoire -et le dessin- parue en 1980.
Un comics étonnant : le concept de base n'a l'air de rien mais il permet l'utilisation d'un personnage vraiment spécial, à la morale toute particulière. Résultat, une enquête assez standard au départ suit un déroulement surprenant, prenant, novateur dans ses implications. C'est difficile à exprimer.
Ce qu'il faut comprendre, c'est le postulat de base : Mickael Jones a subi un an de torture très développées, il a été laissé éveillé en permanence, souffrant à en mourir 24h sur 24, et absorbant un flot ininterrompu de données horribles et douloureuses. Il a survécu mais est désormais totalement insensible : plus d'émotion, plus d'envie, plus de douleur, mais un esprit toujours aussi vif et une vraie hargne dans son comportement.
Du coup, cet homme n'a plus du tout la même morale que le reste de l'humanité. La vie l'indiffère, il peut plonger droit dans les dangers sans aucune crainte. Ceux avec qui il travaille peuvent bien mourir, ça ne ferait que l'ennuyer mais ne le toucherait strictement pas. Et quand il est menacé, sa réaction est immédiate : il cherche tout de suite à tuer celui qui pourrait lui nuire que ce soit maintenant ou plus tard. La logique de survie poussée à l'extrême dans un sens, mais également une froideur qui n'a rien d'animale.
Et pourtant Jones n'est pas un méchant : il est sympathique avec son entourage, il a de vrais amis, il est prêt à aider son prochain et favorisera toujours le démuni contre le puissant. Il est dans le camp des gentils. Mais c'est le genre de gentil qu'on rêve de pouvoir être, celui qui n'aura jamais peur de rien même pas de perdre des proches, celui qui n'a pas de limites, celui qui n'hésitera pas une seconde à tuer celui qui l'emmerde, que ce soit son propre employeur, une jolie jeune fille ou un tueur lancé à ses trousses. Bref, l'intouchable au service de la justice (expéditive).
Résultat, Desolation Jones est un comics violent. Ce n'est vraiment pas une lecture pour les enfants. Dans le premier album paru chez Panini, nous suivons une enquête pour retrouver des vidéos porno tournées par Adolf Hitler. Un sujet assez rocambolesque amené ainsi, mais il cache bien sûr beaucoup de choses bien plus complexes. Il n'empêche qu'il nous fera entrer dans ce que Los Angeles connaît de plus sordide, découvrir le milieu du porno glauque, écouter le récit de l'expérience d'une actrice qui connaît bien le système et en profite, avoir un aperçu des pires magouilles des services secrets américains, et au milieu de tout ça bien sûr beaucoup de morts violentes.
Et pourtant, tout passe facilement, rien n'est là pour choquer, juste pour faire le constat réfléchi de comment une enquête se déroulerait avec un limier sans aucune émotion. Et c'est à la fois intelligent, prenant et parfois jouissif. Etonnant en effet de devoir admettre qu'un petit maigrelet peut se révéler bien plus dangereux et efficace que le plus balaise des tueurs juste parce qu'il s'en fout de souffrir physiquement comme mentalement, et n'aurait aucun remords à massacrer son ennemi.
Bref, malgré quelques petits soucis de clarté et complexité de l'enquête, malgré l'aspect glauque et violent du récit, j'ai été vraiment captivé par ma lecture. La narration est très bonne, les dialogues réussis, le dessin excellent, la mise en page parfois juste un peu embrouillée (notamment parce qu'elle est parfois en double page parfois pas et que je m'y suis un peu perdu par moment). Et surtout, l'ambiguïté et l'intelligence du traitement de ce héros très original et de ses réactions font toute la force et l'intérêt de ce comics.
Bref, c'est une très bonne BD. Warren Ellis (Nextwave, Planetary, Transmetropolitan) devient vraiment l'un de mes auteurs préférés.
Ah oui que c'est bien !....
Capitaine Cormorant ?... c'est un redresseur de torts qui navigue sur les 7 mers dans la seconde moitié du 16ème siècle. Son "coin" préféré ?... les Indes orientales.
Un vrai loup solitaire aussi, dont le principal ennemi est le capitaine Unccimo.
Pas vraiment récente, cette série, car créée en 1962 par Hugo Pratt seul. En Europe, elle ne sera publiée -d'abord- qu'en Italie dès le 4 Octobre 1967 dans le "petit format" Sgt. Kirk.
On ne la découvre en France qu'à partir de 1977 dans une sorte d'album composé de sérigraphies, seulement tiré à 240 (!) exemplaires, numéroté et signé.
Une belle série, en noir et blanc, qui nous balance dans l'aventure avec un grand "A". Et c'est vrai que j'ai apprécié ce personnage ; un individu honnête, joyeux, respectueux des lois quand elles sont justes mais dont il se moque bien lorsqu'elles sont appliquées à outrance.
Ce postulat, d'ailleurs, me fait penser au film "l'Aigle des Mers" avec Errol Flynn dont un album broché (que je possède) a été édité en 1932 et dessiné par Bourlès.
Capitaine Cormorant ?... de la bonne BD "d'évasion", au contenu "exotique", où l'on s'attache au personnage principal et à ses quelques rares amis ; un personnage d'ailleurs qui, par son caractère indépendant, préfigure déjà Corto Maltese.
3.5
Une série que j'aime bien et qui ne semble pas avoir beaucoup de fans.
Je connais cette série depuis que je suis jeune et même aujourd'hui je lis un album de temps à autre et j'ai toujours le même plaisir que lorsque j'avais moins de 10 ans. J'aime bien les series qui décrivent l'univers de la bande dessinée et de ce côté-là je suis gai. J'aime bien l'ambiance de la rédaction de Spirou, les personnages sont rigolos et l'humour de Zidrou me fait rire. J'aime bien aussi le dessin de Bercovici.
En revanche, c'est clair que si on n'aime pas trop le journal de Spirou des années 1990-2000, vous risquez de vous ennuyer ferme.
Superbe !!!
Un thriller de très grande qualité, à l'ambiance étouffante. Je suis assez d'accord avec la critique précédente, notamment sur le graphisme et quelques dénouements assez prévisibles ; aussi y ajouterai-je quelques réflexions personnelles.
Pour moi le fil conducteur et l'intérêt principal de l'ouvrage résident dans la personnalité extrêmement complexe que Bézian donne à "Boon", qui apparaît presque être, selon moi, son personnage principal. Il m'apparaît être un très grand maniaque, à tendance mégalomane, par son besoin d'être constamment reconnu par les autres, la police, les medias, la psychose de l'opinion publique... Le pire ennemi de Boon, c'est l'indifférence, l'oubli, qu'il soit sentimental (il ne peut tuer quelqu'un qu'il n'aime pas), ou plus généralement collectif. De la même façon, il ne peut nuire à quelqu'un qu'il indiffère, c'est dans la terreur qu'il déclenche qu'il trouve la force de tuer. Paradoxalement à cela, il ne s'assume pas, craint son reflet dans le miroir, ce qui semble aussi en faire un grand dépressif. Ceci trouve-il son origine dans la frustration due à la perte des repères familiaux (la maison de sa mère, qu'il insulte carrément) ? On peut le supposer. Bref un homme en quête de reconnaissance, un caméléon paradoxalement en mal d'identité.
Je ne connaissais pas Bézian, mais son style m'a vraiment accroché. Il va devenir pour moi un auteur intéressant aux multiples ouvrages à découvrir.
Ben, j'aime vraiment bien !... Passionné du Moyen Age, j'ai plongé de bon coeur dans cette série qui mêle réalité historique et fantastique.
Bon, il y a des erreurs, c'est vrai ; l'action (les Jacqueries) est censée se passer au 13ème siècle alors qu'elle s'est réellement produite au 14ème.
N'empêche ; les personnages "sentent" l'époque et leur caractères, us et coutumes sont très bien rendus par le dessin expressif de Bordes. Ce dernier y va d'un très bon graphisme réaliste coulé dans une mise en page attractive, pleine de vie, parfois "brute de brute" et où les atmosphères de ce temps-là sont vraiment bien rendues.
Le scénario ?... des récits intéressants mais où le "non-initié" question Moyen Age pourrait éventuellement un peu s'y perdre.
Mais cela mène à une lecture active où les pages fourmillent de scènes attractives qui parsèment un très bon découpage des planches.
Belle palette de couleurs, aussi, qui renforce récit et dessin.
Pas très connue cette série. Un peu rébarbative au vu du contenu historique ?... Si vous en trouvez un tome un jour, plongez-y de bon coeur. Les algues vous attendent leur "bras" ouverts...
Pour moi, le western en bd c’était Blueberry, soit une série qui me gonfle lourdement (jamais avisé parce que pas mon style donc je m’abstiens). Mais en voyant tous les excellents avis concernant celle-ci et étant un grand fan de Marini, je me suis jeté à l’eau.
Les couleurs m’ont frappé, je m’attendais à quelque chose de plus net comme dans Gipsy et c’est finalement ce qui donne énormément de puissance et de crédit à l’illustration, on se sent oppressé par la chaleur et la crasse qui règne aux limites de ce qu’il reste du far west.
Le contexte historique est intéressant, en règle générale on s’intéresse beaucoup plus à l’époque du susdit far west ou de la guerre de sécession mais jamais à cette période transitoire où les cowboys laissaient petit à petit la place aux hommes dits civilisés. Ce contexte influe directement sur la psychologie des 2 principaux antagonistes, l’un est un homme réfléchi, civilisé, l’homme du futur, l’autre est un amoureux de la nature et de sa virginité, l’homme du passé.
L’intrigue que nous proposent les auteurs n’est pas d’une très grande originalité mais elle a le mérite de nous tenir en haleine et même si le dénouement est peut-être assez facile, il reste surprenant et impossible à deviner. Seul petit défaut, on aimerait que ce soit plus long, côtoyer un peu plus les sales gueules des saloons suintant l’alcool et la sueur ; un troisième tome n’aurait pas été du luxe pour nous servir un peu plus d’action et/ou de mystère.
La dernière version intégrale présente quelques commentaires de Desberg nous apprenant qu’il a tiré son récit de faits et de personnages réels. Matt Montgomery aurait visiblement perdu sa famille puis serait parti à la recherche de la vérité avant de disparaître sans laisser de traces. Seuls un frère et une sœur Montgomery retrouvés à Los Angeles le siècle suivant peuvent nous rapprocher de lui.
C’est cette petite part d’authenticité, qui s’ajoutant à la virtuosité des auteurs, donne ce côté fascinant à cette terrible histoire.
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Blues
Formidable ! Gros, très gros coup de coeur pour cette BD que j'ai trouvée superbe graphiquement d'une part, et pleine d'une énorme poésie et de beaucoup d'émotion d'autre part. Jamais je n'avais été aussi touché par une BD dédiée à une musique mais aussi à une atmosphère, une ambiance, celle du bayou, celle de l'Amérique profonde, telle qu'on l'imagine emplie de vieille magie vaudou et de puissants sortilèges émotionnels. Seul regret, les récits sont un peu courts et les planches, quoique épatantes, ne comportent souvent que peu de cases, voire une unique image. Mais alors le dessin de Toppi...!! Entièrement réalisé à l'encre de chine, avec quelques traits de crayonné encore visibles par en-dessous, il offre des fresques et une mise en page impressionnantes de beauté et de force évocatrice. J'avais déjà admiré son talent dans des oeuvres telles que Sharaz-De ou Le Collectionneur mais je pense préférer encore davantage la technique finalement plus simple et plus crue qu'il utilise ici. C'est beau ! Et les récits eux aussi sont beaux. J'ai été totalement envoûté par l'ambiance de ces derniers. Vaudou et bayou pour le premier. Baraque abandonnée de noirs et vieille casse perdue au fond de l'Amérique profonde pour l'autre. Fantômes et démons. Et par dessus tout cela, le blues non pas seulement comme une musique mais comme une ambiance, une force émotionnelle, un sortilège qui touche les âmes et appelle à la magie. Si vous appréciez le style graphique de Toppi, si vous appréciez les récits à l'ambiance magique et un peu onirique, cette BD est un immanquable du genre !
Les vélo maniacs
Enfin le troisième tome de la série est arrivé pour agrémenter nos vacances. Une bd fraîche et pleine d'humour pour tous les amateurs ou non de cyclisme, un grand moment de décontraction et de détente. Des personnages dans lesquels on se retrouve !!! Ils sont vraiment très forts pour nous faire rire.
Raghnarok
Ceux qui pensaient que le gentil Denver serait le dernier dinosaure n’ont jamais affronté la terreur de la forêt. Loin de la vision du genre de La Geste des Chevaliers Dragons, "Raghnarok" allie tout ce que l’on souhaite d’une bd : De l’action, du rire, des frissons, et surtout un dessin inattendu dans l’heroïc fantasy. Le premier tome pose les bases d’une nouvelle ère clownesque. Les ambiances sont travaillées, et collent parfaitement au style recherché, cependant le trait des personnages m’a un peu déçu. Mais c’était avant la révélation du cinquième tome. Alors que les premiers dessins prennent vie par la mise en couleur de la bd, ce dernier album se suffirait en noir et blanc. Boulet a atteint un stade qui propulse le jeune dragon à un niveau d’où j’espère, il saura prendre son envol. Fans d’humour décalé, laissons-nous happer par la fantasy de cette série, qui, pour révolutionner le genre, prend le parti du dragon.
Captain Britain (Artima)
Puis-je vous parler du VRAI Captain Britain, tel qu'imaginé en... 1976 ?... Son nom est Brian Braddock. Victime d'un grave accident de moto, Brian est sur le point de décéder. Mais il est sauvé grâce à l'intervention de Merlin l'Enchanteur et d'une fée : la Déesse des Ciels du Nord. Ils l'ont désigné comme "l'élu", lequel sera défenseur de l'Angleterre. Brian portera au cou l'amulette de la Justice, un pendentif qui guide vers lui une énergie mystique et le transforme en un Captain Britain doté de super pouvoirs. Vêtu d'un costume magique au lion d'Angleterre sur la poitrine, porteur d'un masque aux couleurs nationales, il sera porteur du Sceptre-Etoile qui sera son arme de combat. C'est en 1976 que Chris Claremont (scénariste) et Herb Trimpe au dessin imaginent ce super-héros anglais pour la "Marvel Comics". Un bon super-héros, parmi d'autres, mais qui passera ultérieurement dans diverses mains. Alan Davis le "reprend" en 1984. Le costuma change, le caractère aussi. La personnalité de Brian sera même plus développée. Aux scénarios c'est alors Alan Moore qui crée des histoires plus structurées dans leurs développements. Malgré cela, Captain Britain n'aura pas le succès qu'il aurait pu escompter. Trop "national", pas assez charismatique ?... Il disparaît en 1986 alors qu'il a rejoint "Excalibur" -un groupe formé d'autres super-héros- en compagnie de son ami, la mutante Reggan. Peut-être veille-t-il encore sur la "perfide Albion", là-bas, en haut d'une vieille tour de Londres ?... Mais ça, seuls ses créateurs le savent... Un héros un peu oublié, c'est vrai, que Panini a fait redécouvrir en 2006 (mais que les dessins sont laids !!!...) mais qui, pour moi, vaut surtout par l'histoire -et le dessin- parue en 1980.
Desolation Jones
Un comics étonnant : le concept de base n'a l'air de rien mais il permet l'utilisation d'un personnage vraiment spécial, à la morale toute particulière. Résultat, une enquête assez standard au départ suit un déroulement surprenant, prenant, novateur dans ses implications. C'est difficile à exprimer. Ce qu'il faut comprendre, c'est le postulat de base : Mickael Jones a subi un an de torture très développées, il a été laissé éveillé en permanence, souffrant à en mourir 24h sur 24, et absorbant un flot ininterrompu de données horribles et douloureuses. Il a survécu mais est désormais totalement insensible : plus d'émotion, plus d'envie, plus de douleur, mais un esprit toujours aussi vif et une vraie hargne dans son comportement. Du coup, cet homme n'a plus du tout la même morale que le reste de l'humanité. La vie l'indiffère, il peut plonger droit dans les dangers sans aucune crainte. Ceux avec qui il travaille peuvent bien mourir, ça ne ferait que l'ennuyer mais ne le toucherait strictement pas. Et quand il est menacé, sa réaction est immédiate : il cherche tout de suite à tuer celui qui pourrait lui nuire que ce soit maintenant ou plus tard. La logique de survie poussée à l'extrême dans un sens, mais également une froideur qui n'a rien d'animale. Et pourtant Jones n'est pas un méchant : il est sympathique avec son entourage, il a de vrais amis, il est prêt à aider son prochain et favorisera toujours le démuni contre le puissant. Il est dans le camp des gentils. Mais c'est le genre de gentil qu'on rêve de pouvoir être, celui qui n'aura jamais peur de rien même pas de perdre des proches, celui qui n'a pas de limites, celui qui n'hésitera pas une seconde à tuer celui qui l'emmerde, que ce soit son propre employeur, une jolie jeune fille ou un tueur lancé à ses trousses. Bref, l'intouchable au service de la justice (expéditive). Résultat, Desolation Jones est un comics violent. Ce n'est vraiment pas une lecture pour les enfants. Dans le premier album paru chez Panini, nous suivons une enquête pour retrouver des vidéos porno tournées par Adolf Hitler. Un sujet assez rocambolesque amené ainsi, mais il cache bien sûr beaucoup de choses bien plus complexes. Il n'empêche qu'il nous fera entrer dans ce que Los Angeles connaît de plus sordide, découvrir le milieu du porno glauque, écouter le récit de l'expérience d'une actrice qui connaît bien le système et en profite, avoir un aperçu des pires magouilles des services secrets américains, et au milieu de tout ça bien sûr beaucoup de morts violentes. Et pourtant, tout passe facilement, rien n'est là pour choquer, juste pour faire le constat réfléchi de comment une enquête se déroulerait avec un limier sans aucune émotion. Et c'est à la fois intelligent, prenant et parfois jouissif. Etonnant en effet de devoir admettre qu'un petit maigrelet peut se révéler bien plus dangereux et efficace que le plus balaise des tueurs juste parce qu'il s'en fout de souffrir physiquement comme mentalement, et n'aurait aucun remords à massacrer son ennemi. Bref, malgré quelques petits soucis de clarté et complexité de l'enquête, malgré l'aspect glauque et violent du récit, j'ai été vraiment captivé par ma lecture. La narration est très bonne, les dialogues réussis, le dessin excellent, la mise en page parfois juste un peu embrouillée (notamment parce qu'elle est parfois en double page parfois pas et que je m'y suis un peu perdu par moment). Et surtout, l'ambiguïté et l'intelligence du traitement de ce héros très original et de ses réactions font toute la force et l'intérêt de ce comics. Bref, c'est une très bonne BD. Warren Ellis (Nextwave, Planetary, Transmetropolitan) devient vraiment l'un de mes auteurs préférés.
Capitaine Cormorant
Ah oui que c'est bien !.... Capitaine Cormorant ?... c'est un redresseur de torts qui navigue sur les 7 mers dans la seconde moitié du 16ème siècle. Son "coin" préféré ?... les Indes orientales. Un vrai loup solitaire aussi, dont le principal ennemi est le capitaine Unccimo. Pas vraiment récente, cette série, car créée en 1962 par Hugo Pratt seul. En Europe, elle ne sera publiée -d'abord- qu'en Italie dès le 4 Octobre 1967 dans le "petit format" Sgt. Kirk. On ne la découvre en France qu'à partir de 1977 dans une sorte d'album composé de sérigraphies, seulement tiré à 240 (!) exemplaires, numéroté et signé. Une belle série, en noir et blanc, qui nous balance dans l'aventure avec un grand "A". Et c'est vrai que j'ai apprécié ce personnage ; un individu honnête, joyeux, respectueux des lois quand elles sont justes mais dont il se moque bien lorsqu'elles sont appliquées à outrance. Ce postulat, d'ailleurs, me fait penser au film "l'Aigle des Mers" avec Errol Flynn dont un album broché (que je possède) a été édité en 1932 et dessiné par Bourlès. Capitaine Cormorant ?... de la bonne BD "d'évasion", au contenu "exotique", où l'on s'attache au personnage principal et à ses quelques rares amis ; un personnage d'ailleurs qui, par son caractère indépendant, préfigure déjà Corto Maltese.
Le Boss
3.5 Une série que j'aime bien et qui ne semble pas avoir beaucoup de fans. Je connais cette série depuis que je suis jeune et même aujourd'hui je lis un album de temps à autre et j'ai toujours le même plaisir que lorsque j'avais moins de 10 ans. J'aime bien les series qui décrivent l'univers de la bande dessinée et de ce côté-là je suis gai. J'aime bien l'ambiance de la rédaction de Spirou, les personnages sont rigolos et l'humour de Zidrou me fait rire. J'aime bien aussi le dessin de Bercovici. En revanche, c'est clair que si on n'aime pas trop le journal de Spirou des années 1990-2000, vous risquez de vous ennuyer ferme.
Les Garde-Fous
Superbe !!! Un thriller de très grande qualité, à l'ambiance étouffante. Je suis assez d'accord avec la critique précédente, notamment sur le graphisme et quelques dénouements assez prévisibles ; aussi y ajouterai-je quelques réflexions personnelles. Pour moi le fil conducteur et l'intérêt principal de l'ouvrage résident dans la personnalité extrêmement complexe que Bézian donne à "Boon", qui apparaît presque être, selon moi, son personnage principal. Il m'apparaît être un très grand maniaque, à tendance mégalomane, par son besoin d'être constamment reconnu par les autres, la police, les medias, la psychose de l'opinion publique... Le pire ennemi de Boon, c'est l'indifférence, l'oubli, qu'il soit sentimental (il ne peut tuer quelqu'un qu'il n'aime pas), ou plus généralement collectif. De la même façon, il ne peut nuire à quelqu'un qu'il indiffère, c'est dans la terreur qu'il déclenche qu'il trouve la force de tuer. Paradoxalement à cela, il ne s'assume pas, craint son reflet dans le miroir, ce qui semble aussi en faire un grand dépressif. Ceci trouve-il son origine dans la frustration due à la perte des repères familiaux (la maison de sa mère, qu'il insulte carrément) ? On peut le supposer. Bref un homme en quête de reconnaissance, un caméléon paradoxalement en mal d'identité. Je ne connaissais pas Bézian, mais son style m'a vraiment accroché. Il va devenir pour moi un auteur intéressant aux multiples ouvrages à découvrir.
Foc
Ben, j'aime vraiment bien !... Passionné du Moyen Age, j'ai plongé de bon coeur dans cette série qui mêle réalité historique et fantastique. Bon, il y a des erreurs, c'est vrai ; l'action (les Jacqueries) est censée se passer au 13ème siècle alors qu'elle s'est réellement produite au 14ème. N'empêche ; les personnages "sentent" l'époque et leur caractères, us et coutumes sont très bien rendus par le dessin expressif de Bordes. Ce dernier y va d'un très bon graphisme réaliste coulé dans une mise en page attractive, pleine de vie, parfois "brute de brute" et où les atmosphères de ce temps-là sont vraiment bien rendues. Le scénario ?... des récits intéressants mais où le "non-initié" question Moyen Age pourrait éventuellement un peu s'y perdre. Mais cela mène à une lecture active où les pages fourmillent de scènes attractives qui parsèment un très bon découpage des planches. Belle palette de couleurs, aussi, qui renforce récit et dessin. Pas très connue cette série. Un peu rébarbative au vu du contenu historique ?... Si vous en trouvez un tome un jour, plongez-y de bon coeur. Les algues vous attendent leur "bras" ouverts...
L'Etoile du Désert
Pour moi, le western en bd c’était Blueberry, soit une série qui me gonfle lourdement (jamais avisé parce que pas mon style donc je m’abstiens). Mais en voyant tous les excellents avis concernant celle-ci et étant un grand fan de Marini, je me suis jeté à l’eau. Les couleurs m’ont frappé, je m’attendais à quelque chose de plus net comme dans Gipsy et c’est finalement ce qui donne énormément de puissance et de crédit à l’illustration, on se sent oppressé par la chaleur et la crasse qui règne aux limites de ce qu’il reste du far west. Le contexte historique est intéressant, en règle générale on s’intéresse beaucoup plus à l’époque du susdit far west ou de la guerre de sécession mais jamais à cette période transitoire où les cowboys laissaient petit à petit la place aux hommes dits civilisés. Ce contexte influe directement sur la psychologie des 2 principaux antagonistes, l’un est un homme réfléchi, civilisé, l’homme du futur, l’autre est un amoureux de la nature et de sa virginité, l’homme du passé. L’intrigue que nous proposent les auteurs n’est pas d’une très grande originalité mais elle a le mérite de nous tenir en haleine et même si le dénouement est peut-être assez facile, il reste surprenant et impossible à deviner. Seul petit défaut, on aimerait que ce soit plus long, côtoyer un peu plus les sales gueules des saloons suintant l’alcool et la sueur ; un troisième tome n’aurait pas été du luxe pour nous servir un peu plus d’action et/ou de mystère. La dernière version intégrale présente quelques commentaires de Desberg nous apprenant qu’il a tiré son récit de faits et de personnages réels. Matt Montgomery aurait visiblement perdu sa famille puis serait parti à la recherche de la vérité avant de disparaître sans laisser de traces. Seuls un frère et une sœur Montgomery retrouvés à Los Angeles le siècle suivant peuvent nous rapprocher de lui. C’est cette petite part d’authenticité, qui s’ajoutant à la virtuosité des auteurs, donne ce côté fascinant à cette terrible histoire.