Le chat ?… c'est comme une sorte de miroir. Il est toujours face au lecteur, bien habillé et cravaté.
Le chat ?… une sorte d'intellectuel qui nous parle d'interrogations profondes … ou débiles. Quand ce n'est pas de lui-même ; car il adore que l'on parle de lui, le chat…
Le chat ?… une vision vraiment caustique du non-sens, un véritable voyage en absurdie ; un voyage où il fait bon se laisser emmener…
Le chat ?… un esprit loufoquement cartésien, un graphisme simplissime qui, l'air de rien, n'en a que plus d'attrait. Pourquoi, d'ailleurs, faire compliqué alors que le "très simple" lui réussit si bien.
Le chat ?… comme le disait Greg (Achille Talon) : "Un vrai coup de canon dans le ciel de la plaisanterie !"…
Il est apparu le 22 Mars 1983 dans le quotidien belge "Le Soir". Et ça va faire 25 ans que ça dure. Et très bien même…
Aldébaran ?… ça ne ressemble pas aux codes habituels des séries de space-opéra ; et c'est -en partie- cela qui fait sa force.
Léo a ici créé un univers vraiment personnel, avec ses codes et ses développements. Son imaginaire déborde vraiment dans son descriptif imaginé d'une flore et d'une faune réellement novatrices.
Et tout cela est mis au sujet d'un scénario solide bien qu'assez simple dans son postulat de départ : des phénomènes aquatiques très étranges se produisent sur la première planète à avoir été colonisée par la race humaine.
Deux ados d'abord, un groupe formé ensuite, vont partir à la recherche d'une créature marine à l'intelligence supérieure ; laquelle serait responsable de ces phénomènes qui secouent la planète.
Convenu que tout ça ?… un peu, quand même… mais la trame est si dense, les personnages très bien "étudiés" qu'on se laisse agréablement séduire par cette longue histoire vraiment soignée.
Du bien beau travail… et en solo s'il vous plaît !…surtout que l'ensemble permet aussi de se poser moult questions sur le devenir d'un monde… notre monde ?..
En ouvrant cet album, j'ai cru tout d'abord à un récit plutôt destiné à la jeunesse et je craignais un humour assez prévisible voire répétitif. Que nenni ! Oh, l'ambiance du récit est relativement légère, la narration est aérée et très fluide et le tout pourrait plaire aussi aux jeunes lecteurs, mais l'histoire fait preuve parfois d'une cruauté, d'un sadisme et d'un peu de non-sens qui raviront davantage les adultes. En outre, l'humour est très varié et souvent surprenant et, ça, ça me plait aussi beaucoup.
Le dessin de Yoann fait aussitôt penser, dans son trait, à celui dont il use pour Toto l'ornithorynque. Personnages simples mais très expressifs, postures animales très réussies tout en étant très humaines et souvent vraiment drôles.
Je suis moins enchanté cependant par la colorisation à l'aquarelle qui a certes l'avantage d'être fraiche et efficace mais dont j'aime assez peu la technique, les bavures et le mélange des couleurs. Ma déception est d'autant plus grande parce que je connais l'incroyable talent de Yoann en matière de colorisation avec une technique plus proche de la gouache sur la plupart de ses autres oeuvres.
Le récit est structuré sous la forme de gags et, même s'ils ne sont pas vraiment hilarants, tous ou presque sont, au minimum, amusants. Quelques-uns sont très drôles.
J'apprécie surtout cet aspect "réaliste" de ce monde animal où la mort est très présente et où la cruauté et la bêtise sont monnaie courante. Chaque personnage est en fait un anti-héros en puissance, parfois bête, parfois égoïste, souvent idiot, parfois méchant et presque toujours borné d'esprit. Mais ils sont en même temps attachants, amusants et fidèles à l'esprit de l'animal qu'ils représentent.
Une bonne BD, fraîche, amusante, pas vraiment indispensable mais attachante et très plaisante.
Souvent, les séries à succès ont droit à des séries dérivées. Les Schtroumpfs n'échappent pas à la règle. Cette série dérivée est inspirée du tome 8 ("histoires de Schtroumpfs") car comme pour ce tome, cette série ne conte pas une aventure des schtroumpfs mais 44 gags par tome, comme tout bon strip qui se respecte.
Graphiquement on hérite du meilleur de la série mère, avec un dessin parfaitement maitrisé. Après tout c'est le studio Peyo qui est encore aux commandes, cela paraît donc logique.
Du côté des gags, c'est assez drôle, on est proche de l'esprit des Boule et Bill avec un humour gentil, propret (policé diront les mauvaises langues) et qui ne dénature en rien l'esprit de l'oeuvre originale.
Pour ceux qui possèdent déjà la totalité de la série mère ou qui préfère le strip aux aventures, cette série est parfaite. Alors schtroumpfez-la vite :-).
Cette série est vraiment une bonne surprise. Sur fond d’enquête pour retrouver ce qui s’apparente à un meurtrier en série, les 2 premiers albums sortent de l’ordinaire par l’originalité du traitement.
Les séquences alternent 2 histoires parallèles, une complètement silencieuse et très mystérieuse et l’autre présentant l’enquête. Dès le début, on se doute que ces 2 chemins vont se croiser mais on ne sait pas trop dans quel sens et finalement tout s’éclaircit au fil du récit. La partie enquête est très bien menée, dans un ton très en phase avec l’époque (début du XXème siècle) et j’ai beaucoup apprécié la personnalité des 2 enquêteurs, un homme et une femme, auxquels le scénariste a adjoint de très bon dialogues. Ceci contraste complètement avec l’autre partie du récit qui est complètement muette et qui instaure un silence vraiment malsain.
La réalisation graphique n’est pas en reste dans un style très affirmé avec une mise en couleur originale et très réussie. Les mises en page sont généralement originales et innovatrices, et le dessinateur n’a pas été avare de prises de vues complexes et impressionnantes. On pourra quand même regretter parfois des visages un peu changeants d’une case à une autre et des corps un peu déformés, mais le tout est quand même dans un style très agréable. Pour ce qui est des décors, ils correspondent parfaitement à l’époque et aux différents lieux traversés, c’est du très bon travail.
J’ai vraiment accroché à ces 2 premiers tomes que j’ai lus avec beaucoup de plaisir.
Comme l'aviseur précédent, j'ai découvert "Travis Karmatronics" avec le tome huit de la série. J'avais été un peu refroidi par Carmen+Travis - les Récits, que je n'avais vraiment pas aimé, mais pour le coup je me trompais lourdement.
J'adore le ton de cette série. Le monde virtuel est un modèle de créativité. En plus, Pacman, comme on pourrait s'en douter, est un de mes personnages de bd favori. Et là, dans la toile, on le sent, comment dire... libre.
Bon, le problème, c'est que j'apprends par ailleurs qu'il n'y aura certainement pas de suite. Ca laisse tout de même un petit goût d'inachevé...
Vraiment dommage.
"Euh… tu te moques de moi, là ?…"
"Ben non… et en plus c'est vraiment bien fait !…"
(ceci est une partie de dialogue entre ma belle-fille et moi lorsqu'elle m'a amené, voici quelques semaines, la série de Candy…)
Candy?… je m'en souviens très bien ; une des grandes séries animées -tous publics- importées du Japon et qui a fait les nombreux beaux jours d'une chaîne de télé française. Et c'est vrai que j'en ai regardé des épisodes à l'époque…
Mais "Candy" en BD. Qu'allais-je découvrir ?…
Ben, l'air de rien, c'est vraiment pas mal réalisé. J'ai à nouveau suivi ce très long mélodrame de Candy White, une petite orpheline ; et ce jusqu'au début de sa vie d'adulte.
Candy ?…un long roman feuilleton que j'ai dégusté avec plaisir, tome après tome. C'est vrai, difficile d'en refermer un sans en avoir l'envie d'en ouvrir un nouveau. Un véritable soap-opera où, adoptée -et après avoir vécu moult aventures mélodramatiques- elle deviendra infirmière et tombera amoureuse d'Albert, un jeune écologiste convaincu.
Une fin heureuse pour une série qui attachante, avec ce qu'il faut de joies, de peines, d'espoirs, de déchirures…. Bref, ce qui fait souvent la vie de tout un chacun.
Bon graphisme à souligner ; plus précis, "pointu" que la série animée en elle-même.
Une vraiment bien bonne série manga…
Encore une fois, Bourgeon a fait une recherche impressionnante sur l’époque : les costumes, les décors, les us et coutumes des différents protagonistes et surtout les dialogues ; du vrai vieux français avec de l’argot de l’époque (autant dire que parfois on entrave que dalle). Il faut avouer que pour tout comprendre, cette série demande une concentration considérable et pour certaines pages il est indispensable de les lire plusieurs fois. Mais quel bonheur… après celle-ci, les autres séries se passant au moyen-âge vous paraîtront risibles, même les parties fantastiques avec les lutins sont limites crédible tant le résultat paraît authentique.
Les deux premiers tomes baignent dans l’onirisme le plus complet et pour peu que vous soyez réceptifs, vous plongez dans les rêves de ces insolites compagnons. Le troisième tome est un pur chef d’œuvre, le dessin est nettement meilleur, l’histoire complexe, les enjeux plus grands, la psychologie des personnages est plus poussé. Ce dernier opus est le meilleur c’est indéniable, mais paradoxalement c’est celui qui m’a le plus déçu car il ne suit pas l’histoire des deux premiers ou si peu. On se demande si finalement les deux premières histoires ont réellement servi à quelque chose, alors qu’elles sonnaient tellement juste avec le titre énigmatique de la série. Ce problème de construction m’empêche de la considérer comme culte.
Par contre moi qui n’aime pas en général le physique de ses héroïnes (Isa, Mary ou encore Cyann), j’ai trouvé la Mariotte très bien réalisée. Bref un must.
Les séries de François Bourgeon sont visiblement des incontournables de la bande dessinée. Et il suffit d’en lire une pour comprendre pourquoi.
C’est sans nul doute difficile à aborder, un graphisme singulier, des couleurs vieillottes, beaucoup de texte et un vocabulaire tellement riche que l’on perd parfois pied. Mais ce dernier critère rend ses œuvres uniques, la documentation ultra-poussée de l’auteur donne une incroyable authenticité à ses histoires.
Dans celle-ci, Bourgeon décortique le monde de la marine du 17ème siècle. Il nous entraîne sur les mers et les océans en compagnie d’une fille de noble désavouée et d’un simple marin.
Isa et Hoel, pour fuir une France hostile, suivent le commerce triangulaire, la déportation des esclaves africains, poussés par le vent de l’aventure avec un grand A. Une histoire plausible qui vous tient en haleine dans un contexte historique terriblement authentique. Grâce aux charismes des quelques personnages principaux on suit avec bonheur ce voyage teinté d’humour, de violence, d’érotisme, de suspense.
On pourrait en parler pendant des heures, mieux vaut la lire et la relire.
Rah, j'adore ce que faisait Claire Brétécher dans les années 60-70 ! On ne voit plus de nos jours de BDs humoristiques d'un tel mordant. Sans compter que la satyre de la religion semble être un sujet tabou en BD : il suffit de voir le thème "spiritualité et religion" de ce merveilleux site pour s'en convaincre... Claire Brétécher éssuiera d'ailleurs de fortes désapprobations du lectorat du "nouvel oservateur" où sont parues certaines de ces planches.
S'inspirant de faits réels de la vie de Thérèse d'Avila (son amitié avec Jean de la Croix, sa passion pour la vie des martyrs quand elle était petite, sa santé précaire, sa boulimie d'écriture, son côté "batisseuse de couvents"), Brétécher nous prouve qu'en fait la Sainte était sans doute une femme (très) libérée, féministe avant l'heure, dotée d'un sens aigü des affaires... Un portrait de femme attachant, décalé et hilarant, plein de sous-entendus sexuels qui devaient faire rougir les lecteurs de "Pilote" qui lisaient le début de ses aventures au côté de celles d'Astérix et Valérian à l'époque !
Pour beaucoup de gens, les BDs de Claire Brétécher de cette période (je pense notamment aux Frustrés) sont très datées. Pourtant, je trouve qu'elles n'ont rien perdu de leur actualité, et même s'il est moins "à la mode" de traiter de ces thèmes, ils n'en perdent pas leur acuité pour autant. En tous cas, "la vie passionnée de Thérèse d'Avila" trouve un écho chez moi, et me fait littéralement mourir de rire (sauf la dernière histoire de l'album, beaucoup moins drôle).
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Le Chat
Le chat ?… c'est comme une sorte de miroir. Il est toujours face au lecteur, bien habillé et cravaté. Le chat ?… une sorte d'intellectuel qui nous parle d'interrogations profondes … ou débiles. Quand ce n'est pas de lui-même ; car il adore que l'on parle de lui, le chat… Le chat ?… une vision vraiment caustique du non-sens, un véritable voyage en absurdie ; un voyage où il fait bon se laisser emmener… Le chat ?… un esprit loufoquement cartésien, un graphisme simplissime qui, l'air de rien, n'en a que plus d'attrait. Pourquoi, d'ailleurs, faire compliqué alors que le "très simple" lui réussit si bien. Le chat ?… comme le disait Greg (Achille Talon) : "Un vrai coup de canon dans le ciel de la plaisanterie !"… Il est apparu le 22 Mars 1983 dans le quotidien belge "Le Soir". Et ça va faire 25 ans que ça dure. Et très bien même…
Aldébaran
Aldébaran ?… ça ne ressemble pas aux codes habituels des séries de space-opéra ; et c'est -en partie- cela qui fait sa force. Léo a ici créé un univers vraiment personnel, avec ses codes et ses développements. Son imaginaire déborde vraiment dans son descriptif imaginé d'une flore et d'une faune réellement novatrices. Et tout cela est mis au sujet d'un scénario solide bien qu'assez simple dans son postulat de départ : des phénomènes aquatiques très étranges se produisent sur la première planète à avoir été colonisée par la race humaine. Deux ados d'abord, un groupe formé ensuite, vont partir à la recherche d'une créature marine à l'intelligence supérieure ; laquelle serait responsable de ces phénomènes qui secouent la planète. Convenu que tout ça ?… un peu, quand même… mais la trame est si dense, les personnages très bien "étudiés" qu'on se laisse agréablement séduire par cette longue histoire vraiment soignée. Du bien beau travail… et en solo s'il vous plaît !…surtout que l'ensemble permet aussi de se poser moult questions sur le devenir d'un monde… notre monde ?..
Fennec
En ouvrant cet album, j'ai cru tout d'abord à un récit plutôt destiné à la jeunesse et je craignais un humour assez prévisible voire répétitif. Que nenni ! Oh, l'ambiance du récit est relativement légère, la narration est aérée et très fluide et le tout pourrait plaire aussi aux jeunes lecteurs, mais l'histoire fait preuve parfois d'une cruauté, d'un sadisme et d'un peu de non-sens qui raviront davantage les adultes. En outre, l'humour est très varié et souvent surprenant et, ça, ça me plait aussi beaucoup. Le dessin de Yoann fait aussitôt penser, dans son trait, à celui dont il use pour Toto l'ornithorynque. Personnages simples mais très expressifs, postures animales très réussies tout en étant très humaines et souvent vraiment drôles. Je suis moins enchanté cependant par la colorisation à l'aquarelle qui a certes l'avantage d'être fraiche et efficace mais dont j'aime assez peu la technique, les bavures et le mélange des couleurs. Ma déception est d'autant plus grande parce que je connais l'incroyable talent de Yoann en matière de colorisation avec une technique plus proche de la gouache sur la plupart de ses autres oeuvres. Le récit est structuré sous la forme de gags et, même s'ils ne sont pas vraiment hilarants, tous ou presque sont, au minimum, amusants. Quelques-uns sont très drôles. J'apprécie surtout cet aspect "réaliste" de ce monde animal où la mort est très présente et où la cruauté et la bêtise sont monnaie courante. Chaque personnage est en fait un anti-héros en puissance, parfois bête, parfois égoïste, souvent idiot, parfois méchant et presque toujours borné d'esprit. Mais ils sont en même temps attachants, amusants et fidèles à l'esprit de l'animal qu'ils représentent. Une bonne BD, fraîche, amusante, pas vraiment indispensable mais attachante et très plaisante.
Schtroumpferies
Souvent, les séries à succès ont droit à des séries dérivées. Les Schtroumpfs n'échappent pas à la règle. Cette série dérivée est inspirée du tome 8 ("histoires de Schtroumpfs") car comme pour ce tome, cette série ne conte pas une aventure des schtroumpfs mais 44 gags par tome, comme tout bon strip qui se respecte. Graphiquement on hérite du meilleur de la série mère, avec un dessin parfaitement maitrisé. Après tout c'est le studio Peyo qui est encore aux commandes, cela paraît donc logique. Du côté des gags, c'est assez drôle, on est proche de l'esprit des Boule et Bill avec un humour gentil, propret (policé diront les mauvaises langues) et qui ne dénature en rien l'esprit de l'oeuvre originale. Pour ceux qui possèdent déjà la totalité de la série mère ou qui préfère le strip aux aventures, cette série est parfaite. Alors schtroumpfez-la vite :-).
John Lord
Cette série est vraiment une bonne surprise. Sur fond d’enquête pour retrouver ce qui s’apparente à un meurtrier en série, les 2 premiers albums sortent de l’ordinaire par l’originalité du traitement. Les séquences alternent 2 histoires parallèles, une complètement silencieuse et très mystérieuse et l’autre présentant l’enquête. Dès le début, on se doute que ces 2 chemins vont se croiser mais on ne sait pas trop dans quel sens et finalement tout s’éclaircit au fil du récit. La partie enquête est très bien menée, dans un ton très en phase avec l’époque (début du XXème siècle) et j’ai beaucoup apprécié la personnalité des 2 enquêteurs, un homme et une femme, auxquels le scénariste a adjoint de très bon dialogues. Ceci contraste complètement avec l’autre partie du récit qui est complètement muette et qui instaure un silence vraiment malsain. La réalisation graphique n’est pas en reste dans un style très affirmé avec une mise en couleur originale et très réussie. Les mises en page sont généralement originales et innovatrices, et le dessinateur n’a pas été avare de prises de vues complexes et impressionnantes. On pourra quand même regretter parfois des visages un peu changeants d’une case à une autre et des corps un peu déformés, mais le tout est quand même dans un style très agréable. Pour ce qui est des décors, ils correspondent parfaitement à l’époque et aux différents lieux traversés, c’est du très bon travail. J’ai vraiment accroché à ces 2 premiers tomes que j’ai lus avec beaucoup de plaisir.
Travis Karmatronics
Comme l'aviseur précédent, j'ai découvert "Travis Karmatronics" avec le tome huit de la série. J'avais été un peu refroidi par Carmen+Travis - les Récits, que je n'avais vraiment pas aimé, mais pour le coup je me trompais lourdement. J'adore le ton de cette série. Le monde virtuel est un modèle de créativité. En plus, Pacman, comme on pourrait s'en douter, est un de mes personnages de bd favori. Et là, dans la toile, on le sent, comment dire... libre. Bon, le problème, c'est que j'apprends par ailleurs qu'il n'y aura certainement pas de suite. Ca laisse tout de même un petit goût d'inachevé... Vraiment dommage.
Candy Candy
"Euh… tu te moques de moi, là ?…" "Ben non… et en plus c'est vraiment bien fait !…" (ceci est une partie de dialogue entre ma belle-fille et moi lorsqu'elle m'a amené, voici quelques semaines, la série de Candy…) Candy?… je m'en souviens très bien ; une des grandes séries animées -tous publics- importées du Japon et qui a fait les nombreux beaux jours d'une chaîne de télé française. Et c'est vrai que j'en ai regardé des épisodes à l'époque… Mais "Candy" en BD. Qu'allais-je découvrir ?… Ben, l'air de rien, c'est vraiment pas mal réalisé. J'ai à nouveau suivi ce très long mélodrame de Candy White, une petite orpheline ; et ce jusqu'au début de sa vie d'adulte. Candy ?…un long roman feuilleton que j'ai dégusté avec plaisir, tome après tome. C'est vrai, difficile d'en refermer un sans en avoir l'envie d'en ouvrir un nouveau. Un véritable soap-opera où, adoptée -et après avoir vécu moult aventures mélodramatiques- elle deviendra infirmière et tombera amoureuse d'Albert, un jeune écologiste convaincu. Une fin heureuse pour une série qui attachante, avec ce qu'il faut de joies, de peines, d'espoirs, de déchirures…. Bref, ce qui fait souvent la vie de tout un chacun. Bon graphisme à souligner ; plus précis, "pointu" que la série animée en elle-même. Une vraiment bien bonne série manga…
Les Compagnons du Crépuscule
Encore une fois, Bourgeon a fait une recherche impressionnante sur l’époque : les costumes, les décors, les us et coutumes des différents protagonistes et surtout les dialogues ; du vrai vieux français avec de l’argot de l’époque (autant dire que parfois on entrave que dalle). Il faut avouer que pour tout comprendre, cette série demande une concentration considérable et pour certaines pages il est indispensable de les lire plusieurs fois. Mais quel bonheur… après celle-ci, les autres séries se passant au moyen-âge vous paraîtront risibles, même les parties fantastiques avec les lutins sont limites crédible tant le résultat paraît authentique. Les deux premiers tomes baignent dans l’onirisme le plus complet et pour peu que vous soyez réceptifs, vous plongez dans les rêves de ces insolites compagnons. Le troisième tome est un pur chef d’œuvre, le dessin est nettement meilleur, l’histoire complexe, les enjeux plus grands, la psychologie des personnages est plus poussé. Ce dernier opus est le meilleur c’est indéniable, mais paradoxalement c’est celui qui m’a le plus déçu car il ne suit pas l’histoire des deux premiers ou si peu. On se demande si finalement les deux premières histoires ont réellement servi à quelque chose, alors qu’elles sonnaient tellement juste avec le titre énigmatique de la série. Ce problème de construction m’empêche de la considérer comme culte. Par contre moi qui n’aime pas en général le physique de ses héroïnes (Isa, Mary ou encore Cyann), j’ai trouvé la Mariotte très bien réalisée. Bref un must.
Les Passagers du vent
Les séries de François Bourgeon sont visiblement des incontournables de la bande dessinée. Et il suffit d’en lire une pour comprendre pourquoi. C’est sans nul doute difficile à aborder, un graphisme singulier, des couleurs vieillottes, beaucoup de texte et un vocabulaire tellement riche que l’on perd parfois pied. Mais ce dernier critère rend ses œuvres uniques, la documentation ultra-poussée de l’auteur donne une incroyable authenticité à ses histoires. Dans celle-ci, Bourgeon décortique le monde de la marine du 17ème siècle. Il nous entraîne sur les mers et les océans en compagnie d’une fille de noble désavouée et d’un simple marin. Isa et Hoel, pour fuir une France hostile, suivent le commerce triangulaire, la déportation des esclaves africains, poussés par le vent de l’aventure avec un grand A. Une histoire plausible qui vous tient en haleine dans un contexte historique terriblement authentique. Grâce aux charismes des quelques personnages principaux on suit avec bonheur ce voyage teinté d’humour, de violence, d’érotisme, de suspense. On pourrait en parler pendant des heures, mieux vaut la lire et la relire.
La vie passionnée de Thérèse d'Avila
Rah, j'adore ce que faisait Claire Brétécher dans les années 60-70 ! On ne voit plus de nos jours de BDs humoristiques d'un tel mordant. Sans compter que la satyre de la religion semble être un sujet tabou en BD : il suffit de voir le thème "spiritualité et religion" de ce merveilleux site pour s'en convaincre... Claire Brétécher éssuiera d'ailleurs de fortes désapprobations du lectorat du "nouvel oservateur" où sont parues certaines de ces planches. S'inspirant de faits réels de la vie de Thérèse d'Avila (son amitié avec Jean de la Croix, sa passion pour la vie des martyrs quand elle était petite, sa santé précaire, sa boulimie d'écriture, son côté "batisseuse de couvents"), Brétécher nous prouve qu'en fait la Sainte était sans doute une femme (très) libérée, féministe avant l'heure, dotée d'un sens aigü des affaires... Un portrait de femme attachant, décalé et hilarant, plein de sous-entendus sexuels qui devaient faire rougir les lecteurs de "Pilote" qui lisaient le début de ses aventures au côté de celles d'Astérix et Valérian à l'époque ! Pour beaucoup de gens, les BDs de Claire Brétécher de cette période (je pense notamment aux Frustrés) sont très datées. Pourtant, je trouve qu'elles n'ont rien perdu de leur actualité, et même s'il est moins "à la mode" de traiter de ces thèmes, ils n'en perdent pas leur acuité pour autant. En tous cas, "la vie passionnée de Thérèse d'Avila" trouve un écho chez moi, et me fait littéralement mourir de rire (sauf la dernière histoire de l'album, beaucoup moins drôle).