Les derniers avis (39907 avis)

Par Jugurtha
Note: 4/5
Couverture de la série Flor de Luna
Flor de Luna

Une très bonne surprise : le mélange de séquences actuelles et de scènes se déroulant au XIXème siècle aurait pu être indigeste, il n'en est rien. Le récit débute sur les chapeaux de roue, sur une scène brutale et mystérieuse qui annonce le retour sur les origines d'un grand exploitant de tabac, ce qui justifie le retour vers un passé lointain. La partie du récit se déroulant au XIXème siècle use d'éléments connus, mais parvient à créer une histoire intéressante, mélange efficace d'action et d'aventure, et on ne pourra pas nier à partir de là une imagination fertile de la part des auteurs qui ont su également utiliser une solide documentation. Boisserie et Stalner possèdent un sens du découpage soutenu et leur album ne souffre d'aucun temps mort, en même temps qu'il parvient toujours à maintenir l'intérêt. Le retour au présent à la fin de l'album rompt un peu le charme exotique qui s'est développé tout au long de ce premier album, mais il n'en tisse qu'un peu plus les liens complexes d'une intrigue qui, on le devine, s'étale sur plusieurs générations (et donc albums). Pour une mise en place, tout s'annonce donc pour le mieux, d'autant que les personnages ne sont pas des enfants de choeur, et qu'ils conservent une bonne part de leur mystére. Dessin exemplaire de clarté et de réalisme de la part de Stalner, ici associé à Lambert, et les deux dessinateurs livrent une partie graphique où l'on reconnait le style du premier conjugué à un encrage nerveux et élégant qui donne un trait beau et original. Bref, un très bon premier album, mélange réussi d'aventure et de policier, qui annonce de beaux moments de la part d'auteurs à suivre.

30/09/2007 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série L'Âme du Kyudo
L'Âme du Kyudo

Hirata fait ici un impressionnant travail de reconstitution historique. Il présente à travers la destinée de quelques personnages la difficulté d'une discipline de tir à l'arc toute particulière consistant à faire passer le plus grand nombre de flèches par-delà un préau de 120 mètres de long. Ceci doit être fait sur l'équivalent de 24 heures en tirant chaque flèche de manière instinctive à un rythme effréné. Celui qui obtient le titre de "premier sous le ciel" fait honneur à tout son clan. Chacun des fiefs engloutit une fortune colossale afin de former de jeunes kyudoka à battre le record. Le dessin est plutôt bon avec de magnifiques perspectives sur la longueur du préau à traverser. De plus je trouve qu'ici le dessin d'Hirata est beaucoup plus fin que dans "Satsuma" dans lequel il me semblait plus gras et sale. Même si le point commun persiste avec ses autres gekiga dans la représentation assez peu différenciée de ses personnages. L'ouvrage est imposant, de très bonne facture, et avec une foultitude d'annexes dont une interview assez longue que j'avoue n'avoir pas pris le temps de lire. Le tout est assez long, voire un peu lent, certains iront jusqu'à dire ennuyeux par moments surtout s'ils n'accrochent pas du tout au propos de l'artiste. Pour ma part je n'ai pas été écoeuré vu qu'il m'a fallu plusieurs soirées pour en venir à bout. Je ne pense pas que je prendrai du plaisir à le relire de sitôt. On sent l'implication de l'auteur dans son travail, il s'est rendu sur les lieux de cette "compétition". On ressent bien le respect qu'il a pour ses héros d'un autre temps prêts à se sacrifier pour la gloire et l'honneur. A se faire seppuku sans broncher pour laver la honte dont ils pensent être la source en cas d'échec. On peut se demander combien d'hommes se sont donnés la mort de la sorte à cette époque tant il y a de telles scènes décrites rien que dans le présent ouvrage. Je me demande même si Hirata, tant ancré dans son personnage plutôt passéiste, ne fait pas l'apologie d'une ère à laquelle il aurait tout simplement voulu vivre, niant notre société d'aujourd'hui qui a perdu toutes ses valeurs.

30/09/2007 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Carnets d'Orient
Carnets d'Orient

"Carnets d’Orient" raconte l’histoire algérienne de sa conquête en 1836 à son indépendance, à la fin des années 50. Les cinq volumes du premier cycle nous plongent dans une grande saga familiale sur la colonisation, où romances, amours secrètes et intrigues se multiplient. Le second cycle commence en 1954, à la veille de l'insurrection. C'est un formidable hommage à l'Algérie. J'aime bien lorsqu'on raconte l'Histoire sans préjugés avec un grand souci de précision mais sans tomber dans l'académisme style pionniers du nouveau monde... C'est mieux qu'à l'Ecole où on nous a caché bien des choses... On y voit par exemple les vaincus de certaines guerres, 1870, la Commune, l’Indochine, vivre leurs combats d’Algérie sous l’emprise de ce qu’ils viennent de traverser. Ces dessins sont emplis de chaleur et de poésie à la fois. C'est véritablement beau ! Ce récit conduit de toute évidence à une lecture réfléchie loin de tout manichéisme. Une belle oeuvre sinon l'une des meilleures sagas historiques.

30/09/2007 (modifier)
Par Adrien
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lendemains de cendres
Lendemains de cendres

Lorsque que le neuvième art mélange Histoire et fiction, il est patent que l'impact est juste et puissant. La division des événements historiques par le biais des cases permet de s'attarder sur des parcelles de vie, ancrées dans une réalité vécue. A jamais, la bande dessinée nous fait preuve de son efficience lorsqu'elle devient un moyen pour une fin historique. Elle est mémoire, elle devient peu à peu une nouvelle arme contre l'ineffable de l'Histoire. Sera, qui signe ici la fin d'un cycle sur la dictature des Khmers Rouges au Cambodge, s'installe avec ferveur et raison au niveau du panthéon des témoins de l'Histoire par le crayon, avec autant de puissance qu'un Art Spiegelman. Ce livre de 120 planches est une merveille de l'art séquentiel, Sera nous plonge par l'intensité d'une narration frivole et multi langues dans les décombres d'un pays bouleversé. Il parcourt avec brio les degrés de l'âme humaine, de ces hommes et de ces femmes, qui représentent une humanité meurtrie, désenchantée et écorchée. La narration se mêle avec le documentaire, le dessinateur s'insère avec omniprésence dans son récit, comme pour s'allier avec ses personnages, comme pour nous prouver qu'il prouve. Les personnages, chez Sera, sont des reflets de tous les hommes, de nous tous qui devons comprendre et ne pas oublier que l'homme est capable du pire. Les personnages nous fixent du regard, ils sont multiples, mais jamais anonymes car centrés dans l'image. Ils nous prennent comme témoins, comme porteurs d'une mémoire qui ne doit jamais disparaître. On les sent vivre. Là est l'art de Sera, les personnages transcendent la feuille de papier, ils sont opaques, on sent une existence et une vie, ils semblent réels. C'est pourquoi, incontestablement, ce livre est bouleversant. On ressent l'horreur et la puanteur de la terre, on entend les sons, le vent silencieux, le cliquetis des armes. Lendemains de cendres est une synesthésie, une prouesse de la bande dessinée. Chaque case est un délice visuel, les techniques se mélangent et s'épousent. Essentielle et singulière, cette oeuvre incontournable de Sera est un cri de renaissance pour un neuvième art, trop souvent en manque de perfection.

30/09/2007 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5
Couverture de la série Elias le maudit
Elias le maudit

Proche de l’imaginaire des classiques de l’Héroic-Fantasy, Elias le maudit possède son lot de figures ressassées. Une quête, de la sorcellerie, des créatures fantastiques, des monstres hideux et une galerie de compagnons d’aventure plutôt communs (un zwerg, sorte de lutin anthropophage, un colosse du pays des glaces et une superbe femme médecin). Et dans mon esprit sectaire, il n’y avait que fort peu de chances qu’il s’extraie de l'inépuisable salmigondis de pauvretés que peut produire un genre si fécond. Imbécile de moi ! Car sans faire preuve d’une abondante originalité, cette série possède néanmoins quelques atouts et tire plus qu’honorablement son épingle du jeu. La trame imaginée par Sylviane Corgiat est réellement captivante et elle a insufflé à son récit une atmosphère très noire et des plus étouffante. Le héros évolue dans un monde décadent en proie aux épidémies, un univers obscurantiste, sauvage et violent. Antipathique et impitoyable, cet ancien roi conquérant assoiffé de pouvoir est plus méchant que les méchants et nous épargne ainsi un manichéisme rédhibitoire. Ici, c’est le mal contre le mal. On se bat, pille, brûle, torture et tue. On ne rigole pas souvent et c’est tant mieux. Il est également appréciable de constater avec quelle intelligence la scénariste a exploité la composante occulte. L’histoire ne baigne pas dans une ambiance de magie permanente, à l’image d’un Lanfeust par exemple. Son emploi est tout en retenue, la plupart du temps légitime et n’est pas prétexte à des scènes exclusivement concoctées pour justifier une étiquette fantasy pur jus. Encore une fois, c’est tant mieux. Le graphisme de Corrado Mastantuono, s’il ne fait pas preuve d’une grande personnalité, est tout de même percutant. Quelquefois inégal, plutôt précis et très dynamique, il s’appuie sur un découpage assez inventif pour donner tout son rythme à la narration. On le sent très légèrement évoluer au cours de l’aventure, la ligne se devinant plus assurée et débarrassée de ses quelques inconstances. La colorisation est plaisante, sans fioriture et ses tonalités sombres s’adaptent parfaitement à l’esprit de l’ensemble. Si tous les éléments propres au genre sont bien présents, les auteurs ont su raisonnablement s’écarter des sentiers battus pour éviter habilement l’écueil des poncifs. L’œuvre qu’ils nous livrent en devient palpitante au point qu’il est difficile de sortir son nez des trois tomes avant d’avoir clos le dernier.

30/09/2007 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Innommables
Les Innommables

J'aime beaucoup cette série qui était innovatrice pour l'époque. C'est rempli de personnages minables, de sang, de sexe, de drogue... J'adore ! Yann et Conrad font exploser les tabous dans cette bd hilarante qui tire sur tout ce qui bouge. Je vous conseille surtout les 5 albums qui composent la saga en Chine. La psychologie des personnages est bien emmenée. On voit tout de suite que les personnages sont sans scrupules et feront tous pour arriver à leurs fins. Le scénario est composé d'histoires qui se croisent et se décroisent au rythme des albums. Le dessin de Conrad, excellent au début, rend bien l'atmosphère que veut mettre Yann dans la série.

29/09/2007 (modifier)
Par Reznik
Note: 4/5
Couverture de la série Zéro absolu
Zéro absolu

Oufff... quelle tension. La situation de départ a déjà été exploitée 100 fois, surtout au cinéma, et d'ailleurs les auteurs ne cachent pas leur influences (Alien, The Thing...) mais les utilisent assez intelligemment pour ne pas que leur travail s'apparente à un vulgaire plagiat. La reprise de certains codes relève davantage de l'hommage que de l'exploitation pratique ou commerciale. Zero Absolu possède 2 atouts qui fond sortir cette série du lot : - une approche scénaristique unique, risquée et ambitieuse, fondée sur les personnages plus que sur l'action - un dessin de Bec au diapason : hyper-réaliste pour les corps et les visages (dignes du Vance de la grande époque) et audacieux de par son découpage et ses plans très cinématographiques (vision infrarouge, vue subjective, de caméras, filtres de couleurs...). Graphiquement donc, même si le faciès de certains membres du commando n’est pas parfaitement reproduits dans quelques cases (ils sont si détaillés aussi), l’œuvre est toujours singulière et ce n’est pas sur ce point qu’elle sera prise en défaut. Le revers de la médaille est que la lecture nécessite une réelle implication de la part du lecteur. Il faut parfois s'y reprendre à 2 fois pour comprendre une scène sur-découpée ou sur-dialoguée. D'autant que les sous-entendus ironiques sont légion. Certains pesteront contre le degré de concentration exigé. Pour ma part, j'apprécie toujours de ne pas être pris par la main et que les auteurs fassent confiance à la jugeote du lecteur. Comme c’est souvent le cas dans ce type de séries, la seconde partie de Zero Absolu n’apporte pas d’éléments bouleversants à l’histoire, qui demeure opaque. Si la tension ne retombe à aucun moment, les situations ont tendance à se répéter et les enjeux n’évoluent pas. Le tome III, "Incarnations", jouit d’une narration et un découpage beaucoup plus fluides, qui offrent plus de place à l’action. Bec en profite d’ailleurs pour démontrer qu’il maîtrise aussi bien les extérieurs enneigés que les intérieurs confinés. Enfin Zero Absolu bénéficie d’un dénouement plutôt sobre et réussi qui donne une certaine cohérence à l’ensemble. Voilà une série originale qui mérite la seconde chance qui lui a été offerte avec la belle réédition de 2006* et dont je recommande fortement la lecture. (*changement de couleur et relettrage appréciables qui rendent la lecture plus aisée.)

29/09/2007 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5
Couverture de la série Le Monde de Lucie
Le Monde de Lucie

Après lecture du tome 1 cartonné ("intégrale" de 96 pages). On retrouve les traces de l'ancienne collection, dans le cas présent un découpage de la BD en chapitres de 32 pages. Les 2 premiers furent assez laborieux à lire, le troisième récompensant le lecteur persévérant. Le dessin est bon, mais j'ai été dérouté par la colorisation au début, car les planches ont des couleurs dominantes bien marquées, ce qui peut étonner lorsque l'on tourne la page. Le scénario lui semble être maîtrisé, heureusement car l'intrigue n'est pas simple, il ne faudrait pas perdre les lecteurs en route. Vivement la suite.

29/09/2007 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trois fois un
Trois fois un

C'est de la bonne BD, ça ma bonne dame ! Prenez un bon écrivain, qui a fait ses preuves, comme Tonino Benacquista, apôtre de l'humour noir. Rajoutez une jeune dessinatrice pleine de culot et avec un gros talent. Faites-les se rencontrer, ou du moins leurs talents respectifs, ça donnera une BD vraiment très sympa. Les histoires de Benacquista (curieusement non crédité dans l'album, sauf tout à la fin, ce qui risque de passer inaperçu pour bien des lecteurs) sont très intéressantes, bien écrites, et assez variées. Gabrielle Piquet, dont c'est le premier album, est très influencée par Sempé et Peeters. Ca se voit dans son trait, très "nouvelle bd" sans toutefois tomber dans certains travers. Elle maîtrise son style, qui est plutôt agréable, notamment sur les scènes de foule, où elle m'a surpris. C'est un très bon premier album, dont la maquette a été soignée par Futuropolis. Une dessinatrice dont on reparlera, un bon 3,5/5 pour commencer.

29/09/2007 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Philémon
Philémon

Une oeuvre poétique comme on n'en fait plus ! Fred s'amuse vraiment dans cette oeuvre OVNI de la bd. Le principe est simple : Un naufrageur veut retourner sur le 'A' de l'océan atlantique et Philémon et son oncle vont l'aider dans chaque album par un moyen différent. (C'est une situation parfaitement normale.) J'aime beaucoup les libertés que prend Fred dans le dessin. Par exemple, Philémon atterrit parfois sur une photo ou une gravure. Le père de Philémon est un personnage génial qui ne croit pas au surnaturel même si c'est devant lui. On est toujours surpris par la qualité des albums et on ne se lasse pas de les relire. Il y a aussi en supplément, parfois, une histoire courte d'aussi bonne fracture que la grande aventure.

29/09/2007 (modifier)