Les Frustrés

Note: 2.29/5
(2.29/5 pour 14 avis)

De 1973 à 1980, dans les pages du Nouvel Obs, Claire Bretécher signe chaque semaine le portrait des Frustrés qui lui vaut d'être qualifiée de « meilleure sociologue de l'année » en 76 par Roland Barthes.


Claire Bretécher La BD au féminin Les petits éditeurs indépendants Linus

Elle croque, certes avec tendresse, mais surtout avec une lucidité impitoyable ces Français snobs, intellos, gauchisants et surtout totalement largués. Ces pages sont un témoignage de tous nos travers et le meilleur moyen de se rendre compte que rien n'a changé depuis 50 ans, de Frustrés nous sommes juste devenus des bobos, mais les symptômes sont les mêmes.

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1975
Statut histoire Strips - gags 5 tomes parus

Couverture de la série Les Frustrés © Bretecher 1975
Les notes
Note: 2.29/5
(2.29/5 pour 14 avis)
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18/04/2002 | Clémentine
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Par Canarde
Note: 4/5
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Je suis retombée sur ces albums souples dans une broquante et j'ai eu envie de les lire alors que quand ils traînaient sur le canapé de mes parents (début des années 80), je n'en voyais pas l'intérêt. Je comprends que cela ne soulève pas l'enthousiasme : ça nous met le nez dans le caca, on sent les doigts rentrer dans notre nuque : ce n'est pas drôle parce qu'il n'y a pas de bouc émissaire extérieur sur qui taper : tous les personnages adultes sont ridicules, snobs, et le patriarchat des années 70 est extrêmement bien décrit. De droite, de gauche, hommes, femmes, intellos, populaires, tous et toutes ( nous) se font rouler dans la farine de leurs a priori sociaux crétins. Contrairement à beaucoup d'autres aviseurs, je trouve que ça n'a pas pris une ride : Retaillau et Rousseau, sont dans le bateau de Bretecher. Ce n'est pas drôle, c'est peut-être ça qu'on appelle grinçant : on sent le dégoût que l'autrice éprouve pour la bienpensance qui l'environne... Et non je ne suis pas très d'accord avec le nouveau chapeau de BDtheque : pas de la tendresse, de l'agacement froid. Bravo à elle en tout cas pour avoir été presque la seule femme de la BD sociale française, pendant des années, sans que ça ne fasse rien bouger... pas assez drôle, trop proche de la réalité, trop woke ( éveillée ) en somme. Et non ce ne sont pas des histoires de gonzesses, "frustrés" est au masculin pluriel, soit le neutre de la langue française à son époque.

24/08/2025 (MAJ le 11/03/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 1/5
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J'ai essayé de lire cette série à plusieurs moments de ma vie, sans jamais réussir à accrocher. Quand j'étais enfant déjà, elle me tombait des mains : je n'arrivais tout simplement pas à la lire. Adolescent, j'ai retenté d'en relire un album par curiosité mais je me suis tellement ennuyé que je l'ai refermé au bout de quelques pages. Et récemment, adulte, j'ai retenté car après tout c'est une série réputée et Bretecher a marqué de son empreinte féminine la BD de l'époque Pilote... mais ce fut sans plus de succès. Sur l'album entier que j'ai tenté de relire hier (le tome 5), je n'ai souri qu'une seule fois, et encore sur une blague que je connaissais déjà chez Coluche, donc probablement inspirée d'ailleurs. Tout le reste du temps, j'ai soupiré d'ennui, en attendant que ça se termine. L'humour ne fonctionne absolument pas sur moi, et c'est évidemment rédhibitoire pour une série de ce type. Il faut dire que je ne suis déjà pas très sensible au dessin de Bretécher. Le trait est très minimaliste mais je le trouve brouillon, et les personnages ne me plaisent pas visuellement. Le lettrage et la mise en scène des dialogues, très bavards, n'aident pas non plus à rendre la lecture fluide. Mais ce qui me laisse surtout à distance, c'est le monde que la série décrit. Toute cette galerie de personnages me paraît profondément agaçante : ils parlent beaucoup, commentent tout, intellectualisent leurs relations... et m'exaspèrent très vite. On sent bien qu'il s'agit d'une satire d'un certain milieu, probablement une intelligentsia urbaine des années 1970, entre bourgeois bohèmes, parisiens cultivés et héritiers de l'esprit post-soixante-huitard, mais je dois avouer que je reste complètement extérieur à cet univers. Je ne m'y reconnais pas du tout, et je n'arrive même pas vraiment à cerner précisément le type de personnages que l'autrice caricature. Malgré son statut d'oeuvre importante et son succès critique relatif, cette série n'est tout simplement pas mon monde. Je comprends qu'on puisse y voir un témoignage social ou générationnel, mais pour ma part la lecture a surtout été une longue suite de soupirs et d'envies que ça s'arrête.

10/03/2026 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
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Claire Bretécher, le "rayon X" du Neuvième Art. ;) Quelle jouissance, ces portraits sans concession de toute une génération de la population Française, pleine d'auto-suffisance pour certains mais, surtout, complètement dépassée par la mutation des rythmes du quotidien, bouleversés par cet afflux d'informations culturelles incessant et impossible à assimiler ainsi que par le vertige de nouveautés de cette époque hallucinée de la fin des années soixante-dix. Pour en avoir été témoin via le quotidien de mes parents et de mes sœurs ainées -toutes deux ont eu un mal fou à s'adapter aux années quatre-vingt, beaucoup moins pailletées !- je ne peux que constater la précision de l'analyse -très spontanée et incroyablement talentueuse- de l'artiste, qui pointe les difficultés réelles que peut éprouver toute une société quand elle subit, sans y être préparée, un conditionnement sociologique qui la pousse à adopter des comportements pas du tout raccords avec ses aspirations naturelles, profondes et légitimes. Le consumérisme à tout va, la nécessité d'être au courant de tout et n'importe quoi, tout en étant dans l'incapacité de pouvoir réagir, la remise en question de tant de valeurs mais sans aucun recul quant à la validité des révolutions vendues par les médias... C'est très Parisien et plutôt axé "Bobos", cette catégorie sociale dont je ne savais rien avant la lecture de ces Frustrés, si bien nommés -je suis issu d'un milieu économique plutôt pépère (pour qui sait travailler !) au moment des faits : mon père était artisan maçon dans le Sud-Est- mais il m'était pourtant impossible de ne pas faire le parallèle entre ces intellectuels de gauche de la capitale, incroyablement psychorigides dans leurs points de vue volontairement -et très lâchement !- limités, et ma parenté beaucoup moins "up to date", mais pareillement influencée et détournée de ce qui aurait dû être ses préoccupations les plus basiques/logiques. Un témoignage éclatant et hilarant -si on apprécie le mix super-personnel de Claire !- d'une époque qui a vu l'adoubement des médias comme seule référence de la réalité, et l'étape la plus décisive dans le formatage d'une grosse frange de la nation, persuadée -enfin, qui continue à se le faire croire...- d'avoir raison sur tout. Un état de fait toujours et plus que jamais d'actualité. Culte.

26/10/2023 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série qui ne m’a jamais accroché. J’ai pourtant essayé plusieurs fois, étant donnée sa notoriété, mais je n’y ai jamais trouvé grand-chose d’intéressant. D’abord parce que je n’apprécie pas le dessin de Bretécher. Le trait est plutôt minimaliste (mais d’autres en usent avec bonheur) et je ne trouve pas beaux les personnages qu’elle dessine. Les histoires ensuite ne me font pas plus aimer cette série. La critique de certains milieux – essentiellement parisiens, me semble plus relever du clin d’œil de bon aloi que de la réelle critique sociale. La série n’est elle-même qu’un objet social, témoignage d’une certaine époque : les bobos de l’époque pouvaient sûrement la lire en se donnant des airs de gauchistes… Et puis, ce qui est quand même rédhibitoire pour ce genre de série, elle ne me fait pas du tout rire ! Et je ne sais pas si elle était plus efficace à l’époque de sa publication.

15/02/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Le 15 octobre 1973, C. Brétécher surprend et amuse les adultes du Nouvel Observateur, hebdo d'actualité qui se réclame à gauche ; malgré ça, elle va prendre à rebrousse-poil pendant presque 8 ans les intellectuels de gauche et leur conformisme en usant d'un humour très acéré, voire même d'une férocité souriante. Mais pas seulement les intellos parisiens empêtrés dans leurs contradictions ; seront aussi visés les jeunes cadres progressistes, les femmes pseudo-libérées, les militantes féministes aigries, les faux marginaux étranglés par le système, les infatués qui ont tout vu, savent tout et méprisent ceux qui ne leur ressemblent pas, les parents incapables d' éduquer leurs gosses, les égoïstes, les nombrilistes.... aucun n'est épargné dans ce tableau précis en petites touches acerbes d'un univers social assez désespérant. Tout le monde est épinglé avec un indicible plaisir par le crayon de Brétécher au style graphique volontairement dépouillé qui va à l'essentiel ; le décor est esquissé, c'est voulu, seuls comptent les personnages. Face à cette vision pas tendre de notre époque, où nul n'acceptera évidemment de se reconnaître (mais où chacun y verra un proche ou un voisin), les lecteurs du Nouvel Obs, pas rancuniers, pourront éventuellement s'identifier à ces personnages qui dialoguent de façon creuse et refont le monde à leur image. Mais surtout, ils feront paradoxalement le succès de cette bande qui va devenir la meilleure des critiques sociales du parisianisme et d'une partie de la population française. Seulement voila, je crains fort que ce reflet d'une époque soit comme pour les Tranches de vie de Lauzier, trop dépassé ; le regard incisif de Brétécher décelant les tares, les snobismes et les ridicules est valable pour les années 70, pas pour nos années 2000, les mentalités ayant bien changées ; aussi , les jeunes générations seront-elles forcément en décalage en lisant cette Bd, et auront du mal à saisir certaines caractéristiques propres à cette époque de fortes remises en question. L'oeuvre reste intéressante sur le plan sociologique uniquement. De mon côté, même si je reconnais la valeur en son temps de cette bande, son humour n'est pas trop ma tasse de thé.

23/12/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 1/5
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Frustré, on peut l'être en refermant le premier tome de cette bd! Il est clair que cela ne me donne pas envie de persévérer pour un second. Un dessin minimaliste associé à des gags vaseux dont l'effet retombe aussi net. Que sont les frustrés? Ce sont les témoins d'une certaine intelligentsia parisienne bien-pensante. Les personnages tiennent des propos qui se veulent corrosifs et caustiques d'une société des années 70. Cette bd est aujourd'hui totalement dépassée voire désuète. Une curiosité pour sociologue à la rigueur. En effet, du fond d'un canapé, on pouvait refaire le monde à cette époque.

05/02/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 1/5
L'avatar du posteur Gaston

J'ai envie de faire un jeu de mot avec ce que je ressens envers cette série et le titre de ce dernier, mais je ne le ferai pas car ça serait très pitoyable. Pitoyable est aussi le mot que je qualifierai pour décrire les 'gags' présents dans les albums. Ils ne me font pas rire du tout et j'ai à peine souri. Pour tout dire, je me suis ennuyé en lisant les tomes. J'ai cherché en vain un truc drôle, mais je n'ai rien trouvé. En plus, le lettrage est très difficile à lire ! La seule qualité que je trouve dans 'Les frustrés' c'est les dessins que je trouve sympathiques.

28/04/2008 (modifier)
Par Ems
Note: 1/5

Pour jouer le jeu je mets un avis même si j'estime perdre mon temps une seconde fois après la lecture. Il s'agit d'un avis personnel qui n'engage que moi. Je n'aime pas ce que fait C. Bretécher, ni le dessin, ni les semblants d'histoires qui ne me touchent vraiment pas. C'est facile d'accès mais ça ne décolle pas !!! De nos jours je trouve ce genre de productions sans intérêt. A lire avec d'envisager un achat, ce qui préservera de toute mauvaise surprise.

31/03/2008 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Les Frustrés font leur première apparition dans "Le Nouvel Observateur" n° 466 du 15 Octobre 1973. Les "Frustrés" ?... Le reflet d'une certaine époque. Claire Bretécher y décrit les moeurs, us et coutumes d'une certaine "intelligentia" parisienne. Ironique et sans complaisance, elle y va de sa pertinence pour nous offrir féministes, militants, adeptes du "moi pour le je" qui refont le monde au travers d'un certain nombrilisme. Véritable critique sociale d'alors, plébiscitée même par les lecteurs de ce journal, "Les Frustrés" recevra un accueil qui vire quasi au triomphe. C'est humoristique, intelligent, finement "croqué" par un graphisme qui -s'il paraît simpliste- est en réalité nerveux et efficace. "Les Frustrés" ?... Le reflet d'une certaine époque. Oui. Bien que... voyez-vous beaucoup de différences avec celle actuelle ?...

09/09/2006 (modifier)
Par narvik
Note: 2/5

Note :1.5/5. Bon, Brétécher, ça n’a jamais été ma tasse de thé. Et cette bd ne m’a pas botté plus que les autres. Les dessins ne sont pas terribles, les scénarii ne me plaisent pas, me font rarement sourire. Je m’ennuie…

30/04/2006 (modifier)