Les derniers avis (9720 avis)

Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fleur de peau
Fleur de peau

Avec ce nouveau recueil, Charles Burns s’empare de l’intérêt du lecteur de la première page pour ne plus le lâcher à l’issue de la dernière… Ces trois histoires semblent inégales (de par leur substance ou nombre de pages) mais sont toutes reliées entre elles par un fil conducteur narratif tendant à uniformiser l’ensemble de l’œuvre de Burns dans un seul et même univers (comme Criminal ou Sin City). C’est d’ailleurs « Big Baby » qui ouvre le bal des festivités en observant les mœurs bizarres de son nouveau voisin, Dog Boy. En effet ce dernier est un jeune homme aimable et discret mais a tendance à se comporter comme un chien depuis une greffe coronaire issue de cet aninal ! Une fois les présentations faites, on quitte complètement Big Baby pour se consacrer aux difficultés pour Dog Boy de s’intégrer en tant qu’individu différent et surtout de se trouver l’âme sœur… La seconde histoire, bien plus dense va s’attarder sur la vie complète de Bliss Blister devenu prédicateur malgré lui sous l’égide d’un dieu ou d’un extra-terrestre et ses méthodes pour préparer les foules à une fin du monde. La dernière histoire risque de refroidir plus d’un jeune couple récemment uni avec la non-consommation du mariage par John Dough qui inquiète de plus en plus son épouse par ses absences répétées… Que cachent donc tous ces mystères ? Chaque histoire commence là où la précédente s’arrête par un jeu de miroirs reflétés. Il y a même une légère référence à la maladie évoquée dans la seconde histoire de Big Baby (et qui amorce encore plus celle de Black Hole à venir) et comme presque un automatisme avec cet auteur, chacune de ces histoires est tout simplement passionnante à lire… Bien plus encore que El Borbah et Big Baby, le malaise se fait plus présent. D’une histoire d’amour presque classique avec Dog Boy, on passe à une histoire mystique aussi terrifiante qu’elle pourrait être réelle, dangers d’une « foi »aveugle en sus pendant que la dernière est aussi courte qu’elle devient angoissante… Comme pour mieux enrober son discours, Charles Burns se joue d’une narration très fluide, nous rendant chacun de ses protagonistes attachants et sans porter un seul jugement. Dog Boy est attachant alors qu’on est pris de pitié pour la vie sentimentale et familiale loupée de Bliss Blister et qu’on souhaiterait le meilleur pour Linda, jeune épouse éconduite. Ces récits, écrits juste avant Black hole, témoignent de la grande régularité de son auteur. L’œuvre est unique et continue. Le style d’encrages contrastés et de noirs profonds peut déplaire mais ce style figé que je retrouve également chez Mezzo et Pirus n’est pas pour me déplaire bien au contraire. La lecture est complètement aisée grâce à un joli découpage des différentes actions et on ne s’ennuie pas une minute devant ces récits étranges et délicieusement délurés. La lecture me parait même trop rapide et j’en redemande. Il serait surement amusant de trouver Charles Burns dans un registre plus léger et moins dramatique mais Dog Boy est justement là pour nous rappeler qu’il peut passer de l’humour noir acide à une ambiance bien plus pesante (avec Burn Again, la seconde histoire). Dommage que cet auteur ne soit pas plus productif pour le plaisir de mes lectures nocturnes mais c’est un fait finalement opportun pour mes économies :)

05/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Gaston. Comme le gars Raoul des Tontons flingueurs, un simple prénom qui a la capacité d'étirer les zygomatiques. Gaston Lagaffe. Une série "patrimoniale" de la bd franco-belge, et comme toute série qui "dure", il a connu des (très) hauts et quelques moins hauts. Mais, fait remarquable, le niveau s'est toujours maintenu élevé, et tous les strips m'ont au minimum arraché un sourire, et la plupart du temps une bonne rigolade, même après rererelecture ! Franquin. Un coup de crayon simple, mais au combien efficace, au service d'histoires, d'idées simples elles aussi, mais qui font mouche - peut-être suis-je trop cœur de cible? Même si Franquin a eu recours à des collègues/copains de chez Dupuis (Jidéhem par exemple) pour certains gags, son imagination sans borne me laisse pantois. Série commencée en catimini dans Spirou et qui s'est poursuivie sur un grand nombre d'années, Gaston Lagaffe permet de voir évoluer et se perfectionner le style de Franquin. Cela lui a aussi permis de créer une fabuleuse galerie de personnages secondaires, qui ne sont pas des faire valoir. Le chat surexcité, la mouette rieuse déprimée, De Maesmeker et le running gag de ses contrats jamais signés, les alter égo de-chez-Smith-en-face ou d'ailleurs, Mademoiselle Jeanne et les représentants de l'autorité, du bon sens que sont Fantasio, Prunelle, mais aussi Longtarin, tout un univers, dans lequel Lagaffe traine son inadaptation au principe de réalité. Comme Franquin, nous avons tous un Gaston en nous, plus ou moins refoulé. Et quel visionnaire dans l'inutilité que ce Gaston ! Gaston Lagaffe n'est pas le premier ni le dernier anti-héros. Mais ce n'est pas un loser. On ne s'apitoie pas sur son sort, on l'envie. On envie sa soif de vivre, sa volonté de faire abstraction des contraintes : que du positif, pour ce personnage qui cumule les échecs ! L'achat de Gaston Lagaffe devrait être remboursé par la Sécurité sociale ! Sinon, je préfère la seconde période ou période Prunelle à la période Fantasio, pour les gags, mais aussi parce que le dessin est devenu plus abouti. Mais je recommande la lecture et relecture de l'ensemble des Lagaffe, ce rêveur doux dingue qui ne voit le mal nulle part, alors qu'il semble être partout dans les Idées Noires (lecture au moins aussi réjouissante pour découvrir l'autre facette du génial Franquin).

04/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Petite histoire du grand Texas
Petite histoire du grand Texas

Que voilà un album jouissif ! Un format à l'italienne - mais c'est un grand format pour cet éditeur, qui réalise par ailleurs de très bons flip books!- , plein de qualités. Texte et illustrations sont souvent en décalage, mais c'est un des leviers de leur humour, plutôt grinçant et cynique. D'ailleurs c'est cet effet chorale en canon qui m'a fait monter la note de 3 à 4 étoiles. En effet, l'Histoire dont il est question ici est souvent - raccourcis aidant- une compilation d'histoires, qui font sens, alors que les dessins, souvent minimalistes, laissent toute sa chance à notre imagination et/ou à nos connaissances pour aller plus loin qu'ils ont bien voulu nous amener. Bref, loin d'un cours formaté, nous avons là une vision décapante - même si ce n'est pas un brûlot, de la marche en avant du "progrès". Et comme en plus on s'amuse en la lisant, je vous en conseille l'achat.

02/11/2012 (modifier)
Par Superjé
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Derniers jours d'Ellis Cutting
Les Derniers jours d'Ellis Cutting

Lire une BD de la collection Bayou, c'est l'assurance de lire une BD au minimum différente mais souvent, d'une grande qualité (exemple Aya de Yopougon, Chaque chose, Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, etc...). Cet album ne fait pas exception à la règle en proposant un western décalé mais se basant sur les clichés et codes du genre. Le graphisme est extrêmement réussi, j'adore ce style. Sans fioriture mais assez éloigné de la ligne-claire, avec des personnages aux looks soignés et une colorisation subtile, astucieuse dans les décors et finalement assez chaude pour une histoire se passant en hiver. La narration est aussi de très bonne facture, donc la partie visuelle de l'album est d'une grande réussite. Le scénario n'est pas en reste puisqu'il propose une bonne histoire, prenante et je dois le dire, assez poignante, qui nous conte, comme vous vous en doutez, les derniers jours d'Ellis Cutting, criminel notoire recherché. Une réussite pour un premier album : 3.5/5 !

02/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Pinocchio (Winshluss)
Pinocchio (Winshluss)

Peut-on faire du neuf avec du vieux ? Si elle s'était posée, la question ne se pose plus avec cette version de Pinocchio de l'excellent Winshluss. Cette BD a plusieurs vertus. D'abord de ne pas laisser dans mon esprit le monopole à Disney pour alimenter mon imagination concernant la petite marionnette. Pour le coup on ne peut pas confondre les deux versions ! Ensuite peut-être de permettre à l'auteur d'élargir son lectorat ? Je fais ici cette hypothèse sans bien savoir si elle est pertinente. En tout cas, entre Wizz et Buzz et d'autres séries plus underground, la palette de Winshluss s'étend aux confins de l'infini... Le livre renouvelle la vision de l'histoire et se refuse à ronronner, en multipliant les temps de respiration, les changements de rythme ou de style. C'est noir, parfois très noir, mais aussi drôle et poétique (une poésie noire là aussi évidemment): une relecture d'un classique qui a tout pour devenir elle-même classique, une très grande réussite ! Quant à l'objet livre en lui-même, Les Requins Marteaux ont fait fort: le ramage est au niveau du plumage. A lire absolument (et ce d'autant plus facilement que j'ai cru voir récemment une version en format plus petit mais surtout au prix moins élevé réédité par Les Requins)...

01/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Pour l'Empire
Pour l'Empire

Contrairement à l'avis précédent, je trouve que les dessins sont plus qu'attirants. Ces trois albums, sortis visiblement quasi en même temps, sont très originaux. Originaux par rapport à leurs compagnons de Poisson Pilote, mais surtout originaux dans le genre péplum. Originaux tout court d'ailleurs ! C'est une quête qui mène à l'infini, qui ne finit pas - et laisse le lecteur avec ses interrogations. Une ambiance qui m'a fait penser, allez savoir pourquoi, au film Dead Man, de Jim Jarmush. Comme une sorte de rêve éveillé (il ne manquait que la musique de Neil Young pour l'accompagner). Les couleurs sont vraiment superbes, et habillent d'un halo de brume, de rouille, cette aventure, dont je recommande chaudement la lecture, et donc l'achat !

01/11/2012 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Sursis
Le Sursis

L'auteur dépeint avec justesse la vie d'un petit village français sous l'occupation. On a droit à tout le panel représentatif de la population si particulière que l'on pouvait trouver à l'époque : le milicien, le résistant, les passifs qui tendent vers la collaboration et au contraire ceux se portent plus du côté de la résistance, ainsi que les neutres purs et durs. Au milieu de tout ça, notre héros sorte d'amoureux transi qui tente d'échapper aux affres de la guerre en restant cloitré dans son cloché. L'histoire générale est vraiment très bien écrite, on oscille en permanence entre humour, romance et drame ; de plus les dessins s'avèrent d'une excellente qualité. Le seul petit reproche concerne la fin, j'aurais aimé quelque chose de plus tranché et qui ne laisse aucune ambiguïté quant au devenir du héros car même si on devine ce qu'il lui arrive il subsistera toujours dans mon esprit un petit doute. Bref un très bon diptyque qui nous fait voir la seconde guerre mondiale sous un jour différent, autre que ces séries pleines de combats meurtriers.

01/11/2012 (modifier)
Par ilias
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série SinBad
SinBad

Très bonne bd ! L'univers et l'ambiance des mille et une nuits sont présents, l'histoire est captivante, les personnages aussi. Le dessin est chaleureux, notamment ceux de Bagdad en plein soir avec les souks bien retranscrits. On s'y croirait !! C'est beau c'est bon c'est génial. Je mets volontiers 5/5 tellement j'aime cet univers.

01/11/2012 (modifier)
Par Seb94
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Texas Cowboys
Texas Cowboys

Très bon moment de lecture avec ce western spaghetti format puzzle. 9 chapitres au premier abord indépendants nous font suivre les péripéties de personnages bien campés et aux personnalités fortes. Au fur et à mesure de l’histoire, les pièces s’assemblent parfaitement pour former une seule et même trame assez jubilatoire. Véritable hommage au western classique, ce récit trouve son originalité par son découpage non linéaire et le chassé croisé incessant de ces différents protagonistes. Le duo d’auteur Trondheim / Bonhomme, nous livre un excellent one shot pour leur deuxième collaboration. A noter d’ailleurs que le personnage principal de « Omni-Visibilis » semble se trouver téléporté dans le présent album dans l’Ouest américain. A suivre en cas de troisième ouvrage commun entre ces deux talentueux auteurs (Ce que je souhaite vivement), si ce personnage sera toujours de la partie… Côté visuel, le dessin de Bonhomme est toujours aussi agréable et limpide. De plus, chaque chapitre à droit à sa propre couverture, façon un peu old school, ce qui donne un charme supplémentaire à cet album fortement conseillé.

01/11/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Envolée sauvage
L'Envolée sauvage

Oh là là ! Attention, coup de coeur ! Pourtant, le pari n'était pas gagné : raconter comment un jeune Juif est obligé de fuir pendant la Seconde Guerre, c'est une histoire qu'on a raconté des milliers de fois depuis 60 ans. Et pourtant, les deux jeunes auteurs de "l'Envolée sauvage" parviennent à toucher le coeur. Bien sûr, l'épicentre de l'émotion tient en la passion du petit Simon pour les oiseaux, métaphore totalement transparente de la liberté qui lui échappe. Et pourtant Laurent Galandon a réussi à sortir son récit des sentiers battus, en découpant son histoire d'une façon à la fois irrégulière, erratique, et totalement en adéquation avec son sujet : séquences de 5 ou 6 pages, ou au contraire, "moments" comprimés (ou juste évoqués" sur une seule page. Simon c'est un pauvre garçon abandonné, qui a la seule "tare" d'être circoncis. Au travers de ses paysages magnifiques, des visages à la fois disneyens et "nouvelle BD franco-belge" (celui de Simon est particulièrement soigné), Arno Monin fait lui aussi une entrée en force dans la BD en affirmant un beau talent de graphiste en devenir. cependant le tome 2 est un peu en-deça du premier, la faute sans doute à une fin un peu précipitée, malgré les bonnes idées développées dans cette suite (Simon ne recouvre pas la liberté tant espérée)... Envolées lyriques, cadrages audacieux et soigneusement choisis, les deux jeunes auteurs nous livrent un petit bijou, à fouiner au fond de la remise. En plus c'est un diptyque, qui malgré une fin un peu "juste", vaut le détour. _________________________________ Cycle 2, sur l'histoire de Ada et Lucja... Curieusement le récit m'a fait penser à "Un sac de billes", dont j'ai lu la conclusion il y a quelques jours. Nous avons en effet deux enfants, juives de Paris mais très peu au courant de leur religion, qui doivent fuir les rafles et qui se réfugient à la campagne grâce à la bienveillance de plusieurs personnes. Etant plus jeunes que les frères Joffo, elles ne sont pas occupées à "travailler", même si elles participent aux tâches ménagères du foyer où elles ont trouvé refuge. Mais la comparaison s'arrête là, car elles vont se retrouver en très fâcheuse posture vers la fin du premier tome. Le récit est linéaire, avec quelques petits flashes-backs, qui n'entravent en rien le plaisir de lecture. On sent la volonté de Laurent Galandon de proposer son récit à un public un peu plus jeune, et il le fait bien. Côté dessin c'est Hamo qui a pris le relais d'Arno Monin, et même si c'est plus rond, un poil moins "brut" comme style, c'est très plaisant. A suivre, vite.

19/09/2006 (MAJ le 30/10/2012) (modifier)