Fleur de peau (Skin Deep)

Note: 4/5
(4/5 pour 3 avis)

Vertigineuse plongée dans la chair d'une Amérique plus proche de l'Enfer que du Purgatoire, FLEUR DE PEAU regroupe trois des plus envoûtantes histoires dessinées par Charles Burns. Explorant des territoires apocalyptiques où les corps mutilés se font l'écho physique des âmes malades, il décrit avec une implacable précision ces terreurs ancestrales et ces désirs inavouables qui, tapis au plus profond de nos entrailles, n'attendent pour ressurgir qu’un signe d'épouvante. Et l'épouvante est là, incontrôlable, qui nous submerge, nous dévore et nous condamne... Du grand Art.


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Vertigineuse plongée dans la chair d'une Amérique plus proche de l'Enfer que du Purgatoire, FLEUR DE PEAU regroupe trois des plus envoûtantes histoires dessinées par Charles Burns. Explorant des territoires apocalyptiques où les corps mutilés se font l'écho physique des âmes malades, il décrit avec une implacable précision ces terreurs ancestrales et ces désirs inavouables qui, tapis au plus profond de nos entrailles, n'attendent pour ressurgir qu’un signe d'épouvante. Et l'épouvante est là, incontrôlable, qui nous submerge, nous dévore et nous condamne... Du grand Art.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Mars 2005
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Fleur de peau
Les notes (3)
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05/11/2012 | Jetjet
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L'avatar du posteur Noirdésir

Si j’ai bien aimé ma lecture, je place quand même cet album un léger cran en dessous de Big Baby, du même auteur et dans la même collection. Le dessin, et plus généralement l’habillage graphique (style, colorisation) sont toujours aussi bons, avec un Noir et Blanc sans nuance, qui ajoute à l’étrange, à la noirceur qui innerve les histoires développées par Burns. Si Big Baby apparaît au début de la première histoire, ce n’est que pour l’introduire, et les trois histoires courtes qui composent cet album nous font découvrir de nouveaux protagonistes (comme Dog Boy par exemple, personnage à la fois loufoque et attachant, trainant avec lui une ambiance d’humour absurde, en même temps que défendant une histoire d’amour qui fait fi des préjugés). S’inspirant des revues de fantastique, Burns en profite en plus comme souvent pour distiller une critique de la société américaine (par exemple des dérives des prédicateurs chrétiens dans l’histoire centrale, la plus longue). Album très sympathique, que les fans de l’auteur – et les autres – liront avec plaisir. Note réelle 3,5/5.

02/06/2019 (modifier)
Par cac
Note: 4/5

Très très bon album constitué de trois histoires qui apportent leur petit frisson d'effroi. Je m'étonne de voir qu'un seul avis sur un one shot aussi bien datant d'il y a dix ans, par un auteur qui me semble plutôt apprécié ici et chez un éditeur, à savoir Cornélius, qui est plutôt réputé pour proposer de la bande dessinée d’auteur de très bon niveau et des ouvrages à la qualité physique soignée. Charles Burns, maître du noir et blanc, livre des histoires distillant une douce atmosphère d'angoisse. Partant d’un postulat absurde comme celle de Dog Boy, un garçon qui se comporte comme un chien allant jusqu'à enterrer des os dans les jardins la nuit, il surprend par ses scénarios. Sa mise en scène de la jeunesse préfigure ce que sera Black hole, son oeuvre majeure plusieurs fois récompensée.

10/06/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

Avec ce nouveau recueil, Charles Burns s’empare de l’intérêt du lecteur de la première page pour ne plus le lâcher à l’issue de la dernière… Ces trois histoires semblent inégales (de par leur substance ou nombre de pages) mais sont toutes reliées entre elles par un fil conducteur narratif tendant à uniformiser l’ensemble de l’œuvre de Burns dans un seul et même univers (comme Criminal ou Sin City). C’est d’ailleurs « Big Baby » qui ouvre le bal des festivités en observant les mœurs bizarres de son nouveau voisin, Dog Boy. En effet ce dernier est un jeune homme aimable et discret mais a tendance à se comporter comme un chien depuis une greffe coronaire issue de cet aninal ! Une fois les présentations faites, on quitte complètement Big Baby pour se consacrer aux difficultés pour Dog Boy de s’intégrer en tant qu’individu différent et surtout de se trouver l’âme sœur… La seconde histoire, bien plus dense va s’attarder sur la vie complète de Bliss Blister devenu prédicateur malgré lui sous l’égide d’un dieu ou d’un extra-terrestre et ses méthodes pour préparer les foules à une fin du monde. La dernière histoire risque de refroidir plus d’un jeune couple récemment uni avec la non-consommation du mariage par John Dough qui inquiète de plus en plus son épouse par ses absences répétées… Que cachent donc tous ces mystères ? Chaque histoire commence là où la précédente s’arrête par un jeu de miroirs reflétés. Il y a même une légère référence à la maladie évoquée dans la seconde histoire de Big Baby (et qui amorce encore plus celle de Black Hole à venir) et comme presque un automatisme avec cet auteur, chacune de ces histoires est tout simplement passionnante à lire… Bien plus encore que El Borbah et Big Baby, le malaise se fait plus présent. D’une histoire d’amour presque classique avec Dog Boy, on passe à une histoire mystique aussi terrifiante qu’elle pourrait être réelle, dangers d’une « foi »aveugle en sus pendant que la dernière est aussi courte qu’elle devient angoissante… Comme pour mieux enrober son discours, Charles Burns se joue d’une narration très fluide, nous rendant chacun de ses protagonistes attachants et sans porter un seul jugement. Dog Boy est attachant alors qu’on est pris de pitié pour la vie sentimentale et familiale loupée de Bliss Blister et qu’on souhaiterait le meilleur pour Linda, jeune épouse éconduite. Ces récits, écrits juste avant Black hole, témoignent de la grande régularité de son auteur. L’œuvre est unique et continue. Le style d’encrages contrastés et de noirs profonds peut déplaire mais ce style figé que je retrouve également chez Mezzo et Pirus n’est pas pour me déplaire bien au contraire. La lecture est complètement aisée grâce à un joli découpage des différentes actions et on ne s’ennuie pas une minute devant ces récits étranges et délicieusement délurés. La lecture me parait même trop rapide et j’en redemande. Il serait surement amusant de trouver Charles Burns dans un registre plus léger et moins dramatique mais Dog Boy est justement là pour nous rappeler qu’il peut passer de l’humour noir acide à une ambiance bien plus pesante (avec Burn Again, la seconde histoire). Dommage que cet auteur ne soit pas plus productif pour le plaisir de mes lectures nocturnes mais c’est un fait finalement opportun pour mes économies :)

05/11/2012 (modifier)