Voilà un chouette petit album !
Comment fait-on les BDs ? A cette question Alain Dary, professeur des écoles, se propose de répondre de la manière la plus ludique qui soit, en scénarisant une BD. Loin du didactisme, il propose une explication très joyeuse, très claire, et qui plus est, accessible aux adultes curieux de savoir comment, de façon un peu empirique, on peut créer une BD.
Au dessin difficile de trouver mieux de Mickaël Roux pour un album destiné aux enfants. Son dessin tout rond, aussi expressif qu'efficace, lui permet de jongler avec plusieurs ambiances, bien aidé par son complice de toujours ou presque, Dawid.
A lire. Pour tous. A noter que BD Boum, l'association qui organise le festival de Blois, a participé à la réalisation de cet album.
Quand j'ai commencé le second cycle de la guerre des Sambre, j'étais certainement le plus dubitatif face à cette exploitation commerciale. Or, je n'ai rien contre le succès commercial dès lors que c'est justifié par la qualité. Et c'est bien le cas en l'espèce ! Il faut véritablement se plonger dans cette saga et remonter l'origine de cette malédiction pour succomber totalement aux charmes et aux délices d'une lecture franchement agréable.
L'écrin est toujours aussi somptueux et on passe un agréable moment de lecture. Le second tome confirme une qualité à la fois graphique et narrative. Et puis, il y a surtout le démarrage en fanfare du second cycle à savoir "Werner et Charlotte" dont le personnage de la mère Jeanne-Sophie est véritablement charismatique au point de voler la vedette à ce couple et d'être représenté en couverture.
J'ai été agréablement surpris par autant de virtuosité dans la capacité de l'auteur à renouveler le scénario et ceux malgré une erreur de taille dans la datation (si elle a conçue Charlotte alors qu'elle n'avait que 14 ans que sa fille a désormais 13 ans dans le récit, comment peut-elle avoir 30 ans ? Mathématiquement, cela fait 27 ! A croire qu'il n'y a pas de relecture sérieuse avant parution à grand renfort de publicité). Cependant, on ne va pas rester sur un aspect négatif lié après tout à un simple détail. Encore une fois , l'ensemble demeure de la plus haute qualité pour le plus grand bonheur des fans de la série Sambre.
Le scénario se tient et le graphisme est de toute beauté. On remarquera que cette fois-ci, les yeux rouges sont représentés dans le camp des hommes en la personne de Werner Von Gotha. Une belle histoire d'amour en perspective avec une mère qui fera tout pour s'opposer. Cela promet !
D'ailleurs, le second tome tient toutes ses promesses avec une ambiance des plus réussies et un final des plus révélateurs. On est véritablement embarqué dans le monde de la noblesse de la cour impériale d'Autriche au siècle des lumières avec tous ces petits jeux d'intrigues. On retrouve la même folie amoureuse qui semble traverser les générations. J'aime cette série car on constate une égale qualité tout au long des albums. On est franchement comblé.
Le troisième tome qui vient refermer ce cycle sera l'un des plus marquants en ce qui concerne la chute finale avec une révélation fracassante. C'est manifestement du grand art. Je ne pensais pas que cette série tiendrait sur la distance mais l'auteur nous prouve le contraire. La comtesse Jeanne-Sophie restera dans les annales tant le personnage retient l'attention par son côté manipulateur ! Elle va nous manquer. Ceux qui aiment cette saga vont être ravi par cette série.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4,5/5
Quel plaisir de lire cet album ! Armures, blasons, châteaux ... Les dessins sont précis et détaillés mais pour autant les cases ne sont pas trop chargées. Et les couleurs sont superbes et en parfaite harmonie avec le trait. On trouve sur chaque page une petite dominante de couleur du meilleur effet. Il ne faut que quelques pages pour plonger dans cet univers chevaleresque et moyenâgeux.
Et l'histoire contient tout ce qu'il faut pour finir d'immerger le lecteur dans ce récit. L'esprit médiéval, la rivalité entre les peuples normands et saxons, l'estime pour les chevaliers, tout cela est parfaitement retranscrit.
Que dire enfin de ces duels entre chevaliers, de ce tournoi où la renommée de chacun se joue ? Perchés sur leurs chevaux, les hommes en armures vont en découdre à grand coup de lance. C'est ainsi que débute la légende d'Ivanhoé... Évidement il n'y a que très peu de suspens quand à l'issue du combat, mais qu'importe, l'ambiance est là. On s'y croirait et ça fait tout.
Lecture fortement recommandée pour tous les amateurs de ce genre d'aventures épiques.
Tome 2 et 3
Une lecture toujours plaisante que la suite et fin de ce récit, mais je suis un peu moins emballé que par le premier tome. Le dessin est toujours aussi beau, rien à redire la dessus. C'est plus du coté de l'histoire qu'il faut chercher si je dois trouver des choses à redire.
Je trouve un peu dommage que notre héros soit quasi absent du tome 2 et ne fasse son retour que tard dans le tome 3. Dans le second opus on assiste à un long siège d'un château et un combat qui s'étale sur un peu trop de pages à mon gout. On ne ressent pas trop l'esprit chevaleresque qui flottait sur le tome 1 et son superbe tournoi. Heureusement on retrouve un peu cette ambiance sur la fin.
En conclusion, une série série bien sympa qui permet de (re)découvrir la légende d'Ivanhoé.
Une très bonne série, incontestablement.
Tout d'abord, malgré une longevité importante, la qualité reste la marque de fabrique constante de cette BD de Sokal.
Alors, évidemment, certains tomes m'ont plus plu que d'autres, si je devais en citer quelques uns, ce serait: "La marque de Raspoutine", "La mort douce", ou encore, "L'île noyée"...
Chaque tome nous transporte dans un univers original, et c'est à chaque fois un grand plaisir et une immense surprise de savoir où notre détective aviaire va nous emmener.
Graphiquement, c'est également une belle réussite. Les personnages sont très bien croqués et les mimiques des animaux anthropomorphes sont bien choisies.
La colorisation n'est pas en reste, suivant souvent le ton morne du scénario et l'humeur désabusée du célèbre policier: gris, noir, marron...
Un autre aspect positif qui m'a sauté aux yeux après la lecture de quelques albums, c'est la rigueur apportée aux dialogues. Le français y est impeccable, l'orthographe soignée, les réparties fluides, et le niveau soutenu.
Dans ces dialogues on retrouve ça et là une touche d'humour, que ce soit de l'humour noir ou grivois.
Bref, cette découverte, assez tardive, de ce monument du neuvième art, a été très enrichissante pour moi.
A tester d'urgence pour celles et ceux qui ne se sont pas encore laissés tenter !
( 178 )
Un dessin tout en rondeur et répétitif, des albums qui se lisent très vite, des couleurs très datées et sans nuance.
Et pourtant, c'est souvent drôle. Non pas d'un humour de rentre dedans, au forceps, mais au contraire fait de poésie, de désuet et d'absurdité revendiqués.
Si les albums de Mordillo, qui jouent toujours sur un gag visuel, peuvent paraître lassants, j'y vois moi une créativité toujours renouvelée.
Je possède les Opus et d'autres "thématiques" ("Mordillogolf"; "Mordillo football"). Je ne les relie pas tous les jours ni en intégralité dans la foulée, mais j'en relis souvent des extraits, et toujours avec plaisir.
Il y a là un ton, intéressant et original, que je n'ai pas retrouvé ailleurs.
Note réelle: 3,5/5
Cré nom di djou, quelle belle série !..
C’est d’abord une histoire VRAIE !...
Eh oui, elle relate des faits authentiques où des paysans de Valmèges, un village du Beaujolais, sont partis pour l’Amérique afin d’y fonder un monde nouveau. Ces gueux seront appelés « Les Ventres Noirs » (authentique).
Sur ces faits historiques, Giroud a construit une trame narrative vraiment habile. Son scénario général déboule sur une véritable épopée vraiment agréable de lecture. Les rebondissements foisonnent et l’on suit avec un réel plaisir les aventures de ces nouveaux robinsons.
De Carpentrie y va également d’un sacré coup de patte, dans un style réaliste qui n’est pas sans rappeler celui de Hermann. Il a ainsi créé une sacrée galerie de « gueules », aisément repérables, qui facilitent ainsi une lecture graphique aisée.
La mise en scène des planches et le découpage offrent ainsi au lecteur une mise en scène qui attire le regard.
Les détails historiques, les costumes, les us et coutumes, le modus vivendi d’époque ne sont pas oubliés et ajoutent un « plus » à la vraisemblance de l’ensemble.
Le découpage du scénario permet aussi des moments de « pause ». Des moments de tendresse, bienvenus, découpent les faits héroïques… pour ensuite mieux faire rebondir ces derniers.
Oubliée, si non inconnue, « Missouri » est toujours considérée comme série en cours. C’est vrai qu’il y a encore beaucoup de choses à écrire et à dessiner sur ces Ventres Noirs. Mais elle s’est arrêtée voici 20 ans et il m’étonnerait fort que je la retrouve un jour. Et c’est bien dommage.
J’ai lu quelque chose de vrai, de bien et de beau. Que demander de plus ?…
Une très bonne cote de ma part. Et ce n’est pas volé !…
"Ma Dalton", "La diligence", ou encore "Le chasseur de primes" sont encore aujourd'hui pour moi, lorsque je les relis, et alors que l'effet de surprise n'est plus là pour jouer son rôle, de véritables mines à gags.
Cette capacité qu'a Goscinny à créer des archétypes, qui s'intègrent à la trame générale, à mélanger gags visuels et bons mots (même si pas de jeux de mots, Morris n'étant pas fan...), et surtout à le faire sur la longue durée, est plus qu'incroyable !
Alors, bien sûr, tous les albums ne méritent pas cette note. Mais c'est le cas de beaucoup d'entre eux, et certains valent plus ! S'ajoute à cela le caractère patrimonial de la série, dont je ne peux faire totalement abstraction. Même si on ne note pas une statue.
Quant à Lucky Luke lui-même, "l'homme qui tire plus vite que son ombre", il n'est que la caricature impassible et infaillible de tous ces héros de l'ouest, sur papier ou sur écran, toujours plus rapides, plus précis et plus malins que leurs adversaires. Comme ici c'est pour rire, le sang ne coule pas...
A noter qu'on a réussi à trouver un défaut à ce héros qu'on croyait parfait, puisqu'il n'a pu garder sa clope au bec et a du la remplacer par un brin d'herbe. Même un défenseur de la loi doit s'y soumettre, fut-elle absurde et hypocrite.
Et puis, parmi tous les personnages plus ou moins récurrents qui gravitent autour du justicier sans peur et sans reproche, il y a quand même la plus belle palette de crétins à l'ouest du Pecos. Joe Dalton, le méchant abruti, et son grand frère Averell, l'imbécile heureux, mais aussi Rantanplan, la bête bête.
Bref, beaucoup de personnages sont ici "à l'ouest", les quelques paroles prenant du recul et philosophant en off sont prononcées par le cheval Jolly Jumper - comme Milou le fait ailleurs...
Pas de commentaire sur les Lucky Luke parus après la mort de Goscinny. Pas lus. Pas eu envie de le faire...
Mais cela laisse une cinquantaine d'albums à lire (même si les premiers de Morris seul sont clairement moins bons), la main près du holster, prêt à dégainer un rire.
Petit livre, mais belle réussite que ce Cercle Vicieux, dont le titre et la couverture nous narguent, nous promettent la solution à la petite énigme délivrée par l'histoire.
Le procédé, proche des idées de l'oubapo, n'est peut-être pas nouveau, mais il est ici très bien exploité. Et n'étouffe pas la narration, loufoque à souhait. Un exercice de style, mais avec du style !
Les personnages rondouillards, assez récurrents chez Lécroart (en tout cas dans ses livres de la collection Mimolette de l'Association), collent je trouve très bien à cette histoire.
C'est vraiment une des plus belles réussites de l'auteur (dont je vous encourage fortement à découvrir les autres productions !!!), dont je recommande la lecture et l'achat (peu coûteux), comme une porte d'entrée vers d'autres œuvres proches par l'esprit (du même auteur ou de M. A. Mathieu par exemple).
Magnifique ! Quel plaisir de lire une suite au Pouvoir des innocents, première série de Luc Brunschwig et Laurent Hirn (1er tome paru en 1992 – ça ne nous rajeunit pas) qui n’a pas pris une ride (je l’ai relue avant de m’attaquer aux Enfants de Jessica).
Pourtant ce n’était pas gagné. L’attente fut longue, et j’attendais beaucoup de cette suite. Un début un peu mou sur fond de campagne électorale ne fit que renforcer mes craintes… et puis l’intrigue décolle après quelques pages et mes doutes volèrent en éclats... que c’est bon !
D’une certaine façon cette nouvelle série parvient même à consolider la série originale : tout y était millimétré, certes, mais certains lecteurs avaient remarqué (peut-être avec raison) que « c’est bien gentil tout ça, mais c’est trop beau, trop facile, dans la vraie vie, ça ne marcherait jamais ». Et bien « Les enfants de Jessica » nous ramène justement à la réalité, et nous propose de découvrir l’implémentation difficile des projets fous de Jessica, et les conséquences parfois spectaculaires de sa politique « tout social ».
Le 2eme tome approfondit l’intrigue et développe brillamment les bases posées dans le premier. L’histoire avance à grands pas, avec une aisance remarquable. Vraiment, Luc et Laurent ont peaufiné leur art depuis la série originale. L’écriture est habile, on est à des années lumières du manichéisme de nombreuses histoires du genre. Un début de révolte du peuple en fin d’album va-t-elle peser lourd contre la machine capitaliste mondiale ? Impossible de savoir où nous mène Luc.
On suit certains personnages depuis maintenant 7 tomes (8 si on compte le premier tome de l’autre série parallèle Car l'enfer est ici), donc inutile de préciser que leur personnalité est développée et souvent complexe, comme dans toutes les séries récentes de l’auteur d’ailleurs.
Une série à la fois politisée et humaine (preuve que les deux ne sont pas incompatibles), prenante et remarquablement écrite. Vivement la suite !
De prime abord, Big Baby n'avait rien d'attirant à mes yeux, ni ce titre peu évocateur, ni cette couverture limite hideuse avec cet enfant monstrueux à tête de foetus ou d'alien de l'area 51 !!!
Seule la 4ème de couverture avec ses jouets mélimélo me rappelant un vieil album des Cocteau Twins et l'espoir de lire un nouveau titre de Charles Burns m'ont convaincu d'aller au delà des apparences... Et bien mal m'en a pris car voici à nouveau une petite pépite du catalogue Cornelius...
D’ailleurs une fois le bouquin refermé, j’ai beaucoup pensé au film « Blue Velvet » de David Lynch qui n’avait pas son pareil pour dépeindre une violence désincarnée et absurde derrière les volets d’une petite bourgade américaine tranquille et « propre » sur elle… Big Baby, c’est un peu tout cela au travers des yeux volontairement obliques d’un enfant de la classe moyenne.
Tony est un enfant unique et choyé par ses parents malgré son physique peu engageant et guère charismatique. Ce « Big Baby » raffole de comics qu’il lit à la tombée de la nuit seul dans son lit et rompt consciemment ou inconsciemment les limites de son imaginaire en ne faisant plus qu’un seul univers avec le réel.
Une piscine en construction chez le voisin ? Tony y voit une sombre invasion d’hommes taupes dans ce carré mystérieux chaque nuit…
Deux ados en proie à une maladie vénérienne ? L’enfant perçoit une menace extra-terrestre digne des EC Comics ou autres 4ème dimension.
Les récits sont palpitants et suffisamment bien construits pour y semer le doute. Burns est un maître de la narration et il sait rendre extraordinaire une histoire à priori banale sans jamais remettre en cause le surnaturel qui intervient presque de façon insidieuse dans le quotidien.
Quelle est la part de vérité ou de fantasme ? Difficile de le dire ou de le prévoir mais là où certains trouvent ce style « glacial », je le vois plus comme une ode à la jeunesse avec cette peur du noir et toutes ces histoires que tout enfant inventait au fond de son lit pour se faire frisonner ou se rassurer.
Le point d’orgue intervient avec la dernière histoire « Blood Club » avec une maitrise absolue dans la description de ces camps d’ados où il fallait faire un tas de trucs débiles pour se rendre intéressant auprès des autres…
Aucun doute possible : Big Baby c’est Charles Burns lui-même, un « grand enfant » qui signe avec ce bel ouvrage une sortie en apothéose vers l’âge adulte.
Non content de livrer un dessin impeccable et des histoires dont on a de cesse de vouloir en connaitre le dénouement, j’ai ressenti de la tendresse et une certaine poésie plus mélancolique que macabre.
De surcroit l’histoire relatant les « maladies » des deux ados est une ébauche qui servira plus tard de base à l’auteur pour établir son gigantesque Black Hole.
Big Baby est une grande œuvre méconnue et une introduction parfaite au monde de Charles Burns dont vous gouterez et savourerez ses histoires décalées. Voici une excellente entrée en matière dans les comics underground de qualité.
Vraiment excellent comme le dit Piehr en plus de proposer un hommage alternatif et respectueux aux années 50.
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Gaspard et le phylactère magique
Voilà un chouette petit album ! Comment fait-on les BDs ? A cette question Alain Dary, professeur des écoles, se propose de répondre de la manière la plus ludique qui soit, en scénarisant une BD. Loin du didactisme, il propose une explication très joyeuse, très claire, et qui plus est, accessible aux adultes curieux de savoir comment, de façon un peu empirique, on peut créer une BD. Au dessin difficile de trouver mieux de Mickaël Roux pour un album destiné aux enfants. Son dessin tout rond, aussi expressif qu'efficace, lui permet de jongler avec plusieurs ambiances, bien aidé par son complice de toujours ou presque, Dawid. A lire. Pour tous. A noter que BD Boum, l'association qui organise le festival de Blois, a participé à la réalisation de cet album.
La Guerre des Sambre - Werner & Charlotte
Quand j'ai commencé le second cycle de la guerre des Sambre, j'étais certainement le plus dubitatif face à cette exploitation commerciale. Or, je n'ai rien contre le succès commercial dès lors que c'est justifié par la qualité. Et c'est bien le cas en l'espèce ! Il faut véritablement se plonger dans cette saga et remonter l'origine de cette malédiction pour succomber totalement aux charmes et aux délices d'une lecture franchement agréable. L'écrin est toujours aussi somptueux et on passe un agréable moment de lecture. Le second tome confirme une qualité à la fois graphique et narrative. Et puis, il y a surtout le démarrage en fanfare du second cycle à savoir "Werner et Charlotte" dont le personnage de la mère Jeanne-Sophie est véritablement charismatique au point de voler la vedette à ce couple et d'être représenté en couverture. J'ai été agréablement surpris par autant de virtuosité dans la capacité de l'auteur à renouveler le scénario et ceux malgré une erreur de taille dans la datation (si elle a conçue Charlotte alors qu'elle n'avait que 14 ans que sa fille a désormais 13 ans dans le récit, comment peut-elle avoir 30 ans ? Mathématiquement, cela fait 27 ! A croire qu'il n'y a pas de relecture sérieuse avant parution à grand renfort de publicité). Cependant, on ne va pas rester sur un aspect négatif lié après tout à un simple détail. Encore une fois , l'ensemble demeure de la plus haute qualité pour le plus grand bonheur des fans de la série Sambre. Le scénario se tient et le graphisme est de toute beauté. On remarquera que cette fois-ci, les yeux rouges sont représentés dans le camp des hommes en la personne de Werner Von Gotha. Une belle histoire d'amour en perspective avec une mère qui fera tout pour s'opposer. Cela promet ! D'ailleurs, le second tome tient toutes ses promesses avec une ambiance des plus réussies et un final des plus révélateurs. On est véritablement embarqué dans le monde de la noblesse de la cour impériale d'Autriche au siècle des lumières avec tous ces petits jeux d'intrigues. On retrouve la même folie amoureuse qui semble traverser les générations. J'aime cette série car on constate une égale qualité tout au long des albums. On est franchement comblé. Le troisième tome qui vient refermer ce cycle sera l'un des plus marquants en ce qui concerne la chute finale avec une révélation fracassante. C'est manifestement du grand art. Je ne pensais pas que cette série tiendrait sur la distance mais l'auteur nous prouve le contraire. La comtesse Jeanne-Sophie restera dans les annales tant le personnage retient l'attention par son côté manipulateur ! Elle va nous manquer. Ceux qui aiment cette saga vont être ravi par cette série. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4,5/5
Ivanhoé
Quel plaisir de lire cet album ! Armures, blasons, châteaux ... Les dessins sont précis et détaillés mais pour autant les cases ne sont pas trop chargées. Et les couleurs sont superbes et en parfaite harmonie avec le trait. On trouve sur chaque page une petite dominante de couleur du meilleur effet. Il ne faut que quelques pages pour plonger dans cet univers chevaleresque et moyenâgeux. Et l'histoire contient tout ce qu'il faut pour finir d'immerger le lecteur dans ce récit. L'esprit médiéval, la rivalité entre les peuples normands et saxons, l'estime pour les chevaliers, tout cela est parfaitement retranscrit. Que dire enfin de ces duels entre chevaliers, de ce tournoi où la renommée de chacun se joue ? Perchés sur leurs chevaux, les hommes en armures vont en découdre à grand coup de lance. C'est ainsi que débute la légende d'Ivanhoé... Évidement il n'y a que très peu de suspens quand à l'issue du combat, mais qu'importe, l'ambiance est là. On s'y croirait et ça fait tout. Lecture fortement recommandée pour tous les amateurs de ce genre d'aventures épiques. Tome 2 et 3 Une lecture toujours plaisante que la suite et fin de ce récit, mais je suis un peu moins emballé que par le premier tome. Le dessin est toujours aussi beau, rien à redire la dessus. C'est plus du coté de l'histoire qu'il faut chercher si je dois trouver des choses à redire. Je trouve un peu dommage que notre héros soit quasi absent du tome 2 et ne fasse son retour que tard dans le tome 3. Dans le second opus on assiste à un long siège d'un château et un combat qui s'étale sur un peu trop de pages à mon gout. On ne ressent pas trop l'esprit chevaleresque qui flottait sur le tome 1 et son superbe tournoi. Heureusement on retrouve un peu cette ambiance sur la fin. En conclusion, une série série bien sympa qui permet de (re)découvrir la légende d'Ivanhoé.
Canardo
Une très bonne série, incontestablement. Tout d'abord, malgré une longevité importante, la qualité reste la marque de fabrique constante de cette BD de Sokal. Alors, évidemment, certains tomes m'ont plus plu que d'autres, si je devais en citer quelques uns, ce serait: "La marque de Raspoutine", "La mort douce", ou encore, "L'île noyée"... Chaque tome nous transporte dans un univers original, et c'est à chaque fois un grand plaisir et une immense surprise de savoir où notre détective aviaire va nous emmener. Graphiquement, c'est également une belle réussite. Les personnages sont très bien croqués et les mimiques des animaux anthropomorphes sont bien choisies. La colorisation n'est pas en reste, suivant souvent le ton morne du scénario et l'humeur désabusée du célèbre policier: gris, noir, marron... Un autre aspect positif qui m'a sauté aux yeux après la lecture de quelques albums, c'est la rigueur apportée aux dialogues. Le français y est impeccable, l'orthographe soignée, les réparties fluides, et le niveau soutenu. Dans ces dialogues on retrouve ça et là une touche d'humour, que ce soit de l'humour noir ou grivois. Bref, cette découverte, assez tardive, de ce monument du neuvième art, a été très enrichissante pour moi. A tester d'urgence pour celles et ceux qui ne se sont pas encore laissés tenter ! ( 178 )
Mordillo
Un dessin tout en rondeur et répétitif, des albums qui se lisent très vite, des couleurs très datées et sans nuance. Et pourtant, c'est souvent drôle. Non pas d'un humour de rentre dedans, au forceps, mais au contraire fait de poésie, de désuet et d'absurdité revendiqués. Si les albums de Mordillo, qui jouent toujours sur un gag visuel, peuvent paraître lassants, j'y vois moi une créativité toujours renouvelée. Je possède les Opus et d'autres "thématiques" ("Mordillogolf"; "Mordillo football"). Je ne les relie pas tous les jours ni en intégralité dans la foulée, mais j'en relis souvent des extraits, et toujours avec plaisir. Il y a là un ton, intéressant et original, que je n'ai pas retrouvé ailleurs. Note réelle: 3,5/5
Missouri
Cré nom di djou, quelle belle série !.. C’est d’abord une histoire VRAIE !... Eh oui, elle relate des faits authentiques où des paysans de Valmèges, un village du Beaujolais, sont partis pour l’Amérique afin d’y fonder un monde nouveau. Ces gueux seront appelés « Les Ventres Noirs » (authentique). Sur ces faits historiques, Giroud a construit une trame narrative vraiment habile. Son scénario général déboule sur une véritable épopée vraiment agréable de lecture. Les rebondissements foisonnent et l’on suit avec un réel plaisir les aventures de ces nouveaux robinsons. De Carpentrie y va également d’un sacré coup de patte, dans un style réaliste qui n’est pas sans rappeler celui de Hermann. Il a ainsi créé une sacrée galerie de « gueules », aisément repérables, qui facilitent ainsi une lecture graphique aisée. La mise en scène des planches et le découpage offrent ainsi au lecteur une mise en scène qui attire le regard. Les détails historiques, les costumes, les us et coutumes, le modus vivendi d’époque ne sont pas oubliés et ajoutent un « plus » à la vraisemblance de l’ensemble. Le découpage du scénario permet aussi des moments de « pause ». Des moments de tendresse, bienvenus, découpent les faits héroïques… pour ensuite mieux faire rebondir ces derniers. Oubliée, si non inconnue, « Missouri » est toujours considérée comme série en cours. C’est vrai qu’il y a encore beaucoup de choses à écrire et à dessiner sur ces Ventres Noirs. Mais elle s’est arrêtée voici 20 ans et il m’étonnerait fort que je la retrouve un jour. Et c’est bien dommage. J’ai lu quelque chose de vrai, de bien et de beau. Que demander de plus ?… Une très bonne cote de ma part. Et ce n’est pas volé !…
Lucky Luke
"Ma Dalton", "La diligence", ou encore "Le chasseur de primes" sont encore aujourd'hui pour moi, lorsque je les relis, et alors que l'effet de surprise n'est plus là pour jouer son rôle, de véritables mines à gags. Cette capacité qu'a Goscinny à créer des archétypes, qui s'intègrent à la trame générale, à mélanger gags visuels et bons mots (même si pas de jeux de mots, Morris n'étant pas fan...), et surtout à le faire sur la longue durée, est plus qu'incroyable ! Alors, bien sûr, tous les albums ne méritent pas cette note. Mais c'est le cas de beaucoup d'entre eux, et certains valent plus ! S'ajoute à cela le caractère patrimonial de la série, dont je ne peux faire totalement abstraction. Même si on ne note pas une statue. Quant à Lucky Luke lui-même, "l'homme qui tire plus vite que son ombre", il n'est que la caricature impassible et infaillible de tous ces héros de l'ouest, sur papier ou sur écran, toujours plus rapides, plus précis et plus malins que leurs adversaires. Comme ici c'est pour rire, le sang ne coule pas... A noter qu'on a réussi à trouver un défaut à ce héros qu'on croyait parfait, puisqu'il n'a pu garder sa clope au bec et a du la remplacer par un brin d'herbe. Même un défenseur de la loi doit s'y soumettre, fut-elle absurde et hypocrite. Et puis, parmi tous les personnages plus ou moins récurrents qui gravitent autour du justicier sans peur et sans reproche, il y a quand même la plus belle palette de crétins à l'ouest du Pecos. Joe Dalton, le méchant abruti, et son grand frère Averell, l'imbécile heureux, mais aussi Rantanplan, la bête bête. Bref, beaucoup de personnages sont ici "à l'ouest", les quelques paroles prenant du recul et philosophant en off sont prononcées par le cheval Jolly Jumper - comme Milou le fait ailleurs... Pas de commentaire sur les Lucky Luke parus après la mort de Goscinny. Pas lus. Pas eu envie de le faire... Mais cela laisse une cinquantaine d'albums à lire (même si les premiers de Morris seul sont clairement moins bons), la main près du holster, prêt à dégainer un rire.
Cercle vicieux
Petit livre, mais belle réussite que ce Cercle Vicieux, dont le titre et la couverture nous narguent, nous promettent la solution à la petite énigme délivrée par l'histoire. Le procédé, proche des idées de l'oubapo, n'est peut-être pas nouveau, mais il est ici très bien exploité. Et n'étouffe pas la narration, loufoque à souhait. Un exercice de style, mais avec du style ! Les personnages rondouillards, assez récurrents chez Lécroart (en tout cas dans ses livres de la collection Mimolette de l'Association), collent je trouve très bien à cette histoire. C'est vraiment une des plus belles réussites de l'auteur (dont je vous encourage fortement à découvrir les autres productions !!!), dont je recommande la lecture et l'achat (peu coûteux), comme une porte d'entrée vers d'autres œuvres proches par l'esprit (du même auteur ou de M. A. Mathieu par exemple).
Les Enfants de Jessica (Le Pouvoir des innocents - cycle 3)
Magnifique ! Quel plaisir de lire une suite au Pouvoir des innocents, première série de Luc Brunschwig et Laurent Hirn (1er tome paru en 1992 – ça ne nous rajeunit pas) qui n’a pas pris une ride (je l’ai relue avant de m’attaquer aux Enfants de Jessica). Pourtant ce n’était pas gagné. L’attente fut longue, et j’attendais beaucoup de cette suite. Un début un peu mou sur fond de campagne électorale ne fit que renforcer mes craintes… et puis l’intrigue décolle après quelques pages et mes doutes volèrent en éclats... que c’est bon ! D’une certaine façon cette nouvelle série parvient même à consolider la série originale : tout y était millimétré, certes, mais certains lecteurs avaient remarqué (peut-être avec raison) que « c’est bien gentil tout ça, mais c’est trop beau, trop facile, dans la vraie vie, ça ne marcherait jamais ». Et bien « Les enfants de Jessica » nous ramène justement à la réalité, et nous propose de découvrir l’implémentation difficile des projets fous de Jessica, et les conséquences parfois spectaculaires de sa politique « tout social ». Le 2eme tome approfondit l’intrigue et développe brillamment les bases posées dans le premier. L’histoire avance à grands pas, avec une aisance remarquable. Vraiment, Luc et Laurent ont peaufiné leur art depuis la série originale. L’écriture est habile, on est à des années lumières du manichéisme de nombreuses histoires du genre. Un début de révolte du peuple en fin d’album va-t-elle peser lourd contre la machine capitaliste mondiale ? Impossible de savoir où nous mène Luc. On suit certains personnages depuis maintenant 7 tomes (8 si on compte le premier tome de l’autre série parallèle Car l'enfer est ici), donc inutile de préciser que leur personnalité est développée et souvent complexe, comme dans toutes les séries récentes de l’auteur d’ailleurs. Une série à la fois politisée et humaine (preuve que les deux ne sont pas incompatibles), prenante et remarquablement écrite. Vivement la suite !
Big Baby
De prime abord, Big Baby n'avait rien d'attirant à mes yeux, ni ce titre peu évocateur, ni cette couverture limite hideuse avec cet enfant monstrueux à tête de foetus ou d'alien de l'area 51 !!! Seule la 4ème de couverture avec ses jouets mélimélo me rappelant un vieil album des Cocteau Twins et l'espoir de lire un nouveau titre de Charles Burns m'ont convaincu d'aller au delà des apparences... Et bien mal m'en a pris car voici à nouveau une petite pépite du catalogue Cornelius... D’ailleurs une fois le bouquin refermé, j’ai beaucoup pensé au film « Blue Velvet » de David Lynch qui n’avait pas son pareil pour dépeindre une violence désincarnée et absurde derrière les volets d’une petite bourgade américaine tranquille et « propre » sur elle… Big Baby, c’est un peu tout cela au travers des yeux volontairement obliques d’un enfant de la classe moyenne. Tony est un enfant unique et choyé par ses parents malgré son physique peu engageant et guère charismatique. Ce « Big Baby » raffole de comics qu’il lit à la tombée de la nuit seul dans son lit et rompt consciemment ou inconsciemment les limites de son imaginaire en ne faisant plus qu’un seul univers avec le réel. Une piscine en construction chez le voisin ? Tony y voit une sombre invasion d’hommes taupes dans ce carré mystérieux chaque nuit… Deux ados en proie à une maladie vénérienne ? L’enfant perçoit une menace extra-terrestre digne des EC Comics ou autres 4ème dimension. Les récits sont palpitants et suffisamment bien construits pour y semer le doute. Burns est un maître de la narration et il sait rendre extraordinaire une histoire à priori banale sans jamais remettre en cause le surnaturel qui intervient presque de façon insidieuse dans le quotidien. Quelle est la part de vérité ou de fantasme ? Difficile de le dire ou de le prévoir mais là où certains trouvent ce style « glacial », je le vois plus comme une ode à la jeunesse avec cette peur du noir et toutes ces histoires que tout enfant inventait au fond de son lit pour se faire frisonner ou se rassurer. Le point d’orgue intervient avec la dernière histoire « Blood Club » avec une maitrise absolue dans la description de ces camps d’ados où il fallait faire un tas de trucs débiles pour se rendre intéressant auprès des autres… Aucun doute possible : Big Baby c’est Charles Burns lui-même, un « grand enfant » qui signe avec ce bel ouvrage une sortie en apothéose vers l’âge adulte. Non content de livrer un dessin impeccable et des histoires dont on a de cesse de vouloir en connaitre le dénouement, j’ai ressenti de la tendresse et une certaine poésie plus mélancolique que macabre. De surcroit l’histoire relatant les « maladies » des deux ados est une ébauche qui servira plus tard de base à l’auteur pour établir son gigantesque Black Hole. Big Baby est une grande œuvre méconnue et une introduction parfaite au monde de Charles Burns dont vous gouterez et savourerez ses histoires décalées. Voici une excellente entrée en matière dans les comics underground de qualité. Vraiment excellent comme le dit Piehr en plus de proposer un hommage alternatif et respectueux aux années 50.