Les derniers avis (9624 avis)

Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gemma
Gemma

Voià une BD que j'ai découverte en cherchant, pour ma fille, des albums mettant en scène des héroïnes, dans des rôles valorisants et pas hypersexués. Ce qui est une sorte de défi dans le monde encore très masculin de la BD... Bref, Gemma répond tout à fait aux critères. Le dessin rappelle la ligne claire souple et dynamique des grandes séries du journal de Spirou dans les années 70-80. Avec des situations sans doute plus riches en adrénaline qu'à l'époque, aux références clairement cinématographiques. Je pense à une poursuite en voiture à travers les rues de Paris, où on se croirait presque dans Jason Bourne. N'étaient les deux enfants de Gemma, à l'arrière de la voiture, se demandant bien si leur mère n'est pas devenue folle... Les scénarios, efficaces et concis, tiennent systématiquement en un album et ne s'embarrassent pas de multiples histoires secondaires, l'action pure occupant déjà une large part des 46 pages réglementaires. On est quelque part entre Gil Jourdan et James Bond. Le fil conducteur de la série tient à la double identité de Gemma, espionne des services secrets français lorsqu'elle part en mission, maman poule le reste du temps. La ficelle a déjà servi au cinéma (la Totale, True Lies...) comme en bande dessinée, sous une forme un peu différente (Soda). Mais elle fonctionne. S'ajoute à cela la relation complexe qu'entretient Gemma avec son père, vieil original qui fut aussi son Pygmalion et son premier supérieur hiérarchique comme espionne. Mère, fille, épouse, espionne... la pauvre Gemma a bien du mal à faire tenir ses multiples vies ensemble. Et c'est ce qui donne du sel à ses missions : Gemma est un cas rare d'espion capable d'accélérer les opérations à l'autre bout du monde pour être à l'heure à un goûter d'anniversaire ou de prendre ses enfants au téléphone pendant une poursuite au Bengladesh. Une très bonne série pour pré-ados, qui parvient à renouveler le genre à partir d'un dessin et d'éléments de scénario assez classiques au départ.

16/09/2012 (modifier)
Couverture de la série Un peu de bois et d'acier
Un peu de bois et d'acier

Après la lecture du précédent album de Chabouté, j’avais juré qu’on ne m’y reprendrait plus tant ce récit m’avait déçu. Et puis… Et puis, j’ai vu ce projet et cette idée toute simple de conter le quotidien d’un banc public. Et je me suis dit que ce genre d’histoire, c’est ce que je préfère chez Chabouté ! Et puis j’ai lu les premières planches, j’ai aimé le soin accordé à la mise en page… Je ne voyais pas encore ce qu’un album entier pourrait donner mais je me suis mis à saliver… Et, dès la parution, je n’ai pas résisté. Et c’est tant mieux ! Avec ce récit, Chabouté renoue avec le muet. La mise en page est aérée, le découpage soigné. Et tandis que les pages défilent, ce sont de multiples instants de vie que nous, lecteurs, happons. Notre regard se fait voyeur. Ces vies nous touchent… alors que nous n’en voyons que d’éphémères fragments. Dieu que c’est bien fait ! Chabouté excelle dans ce noir et blanc sans nuance, dans cet art de saisir un regard, dans cette maitrise de la pose. Et si, bien vite, on imagine ce qui attend certains des usagers de ce banc public, l’humanité qui se dégage du récit est telle que jamais je n’ai été déçu (malgré quelques clichés). Un récit original, vite lu malgré sa taille mais que je relirai encore souvent. Un poil en dessous de « Tout seul » mais un album qui me réconcilie pleinement avec son auteur. Des comme ça, j’en redemande !!!

15/09/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Lumières de Tyr
Les Lumières de Tyr

Chouette one-shot, qui nous amène au Liban dans les années 1985. On y découvre la vie quotidienne, menée tant bien que mal par les habitants. Et dans ce semi-chaos, des enfants décident d'aider leurs amis, familles, voisins, en parcourant la ville pour rétablir le courant. Je ne sais pas si l'anecdote est vraie, mais elle a le mérite d'être vraiment sympathique et bien utilisée, Safieddine en faisant le centre de son récit. Lequel est bien servi par le graphisme expressif de Xavier Jimenez, parfois un peu maladroit, mais plutôt intéressant. Un album fort sympathique.

14/09/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

« Un groupe de loups, c'est une horde. Un groupe de vaches, c'est un troupeau. Un groupe d'hommes, c'est souvent une bande de cons. ». Cette phrase tirée du chat de Geluck résume bien la tragique histoire magistralement mise en scène par Wilfried Lupano et en image par Jérémie Moreau. Petit bijou en un tome, adapté d'une légende trainant de-ci de-là le long des côtes anglaises, qui verra un pauvre singe faire office de paratonnerre à la haine et la folie des hommes. Cette consternante réalité due à la bêtise, l'ignorance et la peur de l'autre nous rappelle que cette violence latente n'est pas née d'hier, et l'actualité de ces derniers jours à propos d'un navet américain sur l'islam ne peut que me conforter dans cet opinion... Et c'est le talent de Lupano qui fait la différence. Loin de tomber dans le conte philosophique à 2 balles, il sait de par ses personnages et la structuration de son récit éviter une déroute à la Trafalgar. Ajoutez une petite surprise finale qui remets cette tragédie dans une nouvelle perspective, et le tour de force est joué ! Et puis, y'a le dessin de Jérémie Moreau. Auteur inconnu au bataillon pour ce qui me concerne, mais quelle énergie et expressivité dans son coup de patte ! On sent déjà le caractère et la singularité du trait qui devrait le mener bien loin s'il continue comme ça ! Il joue merveilleusement des cadrages et de la lumière de sa couleur pour intensifier le récit et la dramaturgie de certaines scènes. Ses personnages sont tout aussi plein de vie que de connerie et ça déborde dans tous les sens, jusqu'au non-retour... Bref, une BD surprenante et pleine de force doublé d'un pamphlet contre la connerie humaine. A découvrir sans tarder !

14/09/2012 (modifier)
Couverture de la série Chroniques Outremers
Chroniques Outremers

Cela faisait un petit moment que je tournais autour du tome 1 mais un feuilletage rapide m'avait fait peur. Pas beaucoup de texte. J'appréhendais une lecture trop rapide, 5 minutes et puis c'est tout. Finalement avec la sortie du tome 3, j'ai craqué. Bien m'en a pris. Certes, le défaut que je craignais est là mais avec 3 tomes à lire cela passe mieux. De plus, il y a le temps de lecture effectif et la marque que laisse cette lecture dans notre tête. Pour moi, cette empreinte est grande. Le pouvoir d'évocation du dessin, la puissance de l'intrigue pourtant minimaliste ont fait que quand je ferme les yeux c'est à cette bd que je pense. Est ce la peur que je ressens dès que je suis sur un bateau qui fait que les récits de marine me plaisent tant? Aucune idée. Des lecteurs ont signalé une parenté de cette bd avec Corto Maltese. Elle est effective et assumée par l'auteur ( un des marins est un clone de Corto enrobé). Cependant, j'y vois surtout des traces des romans de Henri de Monfreid et de Jack London ( Le loup des mers). Pour les aventuriers, il n'y a plus de continents à découvrir. L’Aventure c'est la mer. On n'est plus des pirates mais des contrebandiers. On fait sa loi sur son bateau. La guerre est là. On en profite. On fait des affaires avec qui paie le plus. Tant pis pour la morale. Le Floc'h campe des personnages intéressants et absolument pas manichéens. Ils sont même souvent plus horribles que sympathiques. Ainsi, plusieurs scènes du tome 1 font froids dans le dos. L’histoire n'est pas follement originale et la trame générale fait preuve d'une certaine langueur juste secouée ( je me répète) par des épisodes assez violents. Il s'agit juste d'une invitation au voyage très bien menée. Le découpage et la fluidité du récit sont exemplaires. On reconnait bien là le passé de storyboarder de Le Floc’h. Enfin, revenons au dessin. Je ne connaissais pas Le Floc'h. C'est une belle découverte. Au départ, le dessin paraît simpliste mais progressivement son pouvoir d'évocation fait effet. Certaines planches sont proches de tableaux abstraits. Il réussit l'exploit d'évoquer les tempêtes, le soleil qui se couche à l'horizon avec 2 couleurs et très peu de traits. Le tome 3 est le moins bon. Nous ne sommes plus sur l'océan mais sur un fleuve. Un marin est fait pour être en mer. La proximité de la terre leur sied moins. Bruno Le Floc’h minimalisme encore plus son trait. On ne peut lui reprocher un relâchement car les 3 tomes ont été réalisé en même temps car l'auteur voyait cela en one-shot. Cela lui fût refusé par son éditeur pour des soi-disant raisons marketing. Je pense que le trait éthéré du dessinateur a pour but de coller à l'état de dégradation physique et mentale du capitaine Tana. Un peu comme si le lecteur voyait le monde par les yeux embrumés par la morphine de Tana. De plus, le background historique est riche et rarement vu en bande dessinée. J'apprécie également que la révolution mexicaine ne soit pas encore montrée sous un jour glorieux. Cela n'en parait que plus réaliste. Vraiment un bel ouvrage un 4.5/5 coup de cœur

13/09/2012 (modifier)
Par Pierig
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

Franchement, je ne vois rien à reprocher à ce one shot qui allie graphisme personnel de grande qualité et scénario sans fausse note. Cet album est l’occasion de découvrir une histoire de fou qu’on a peine à croire qu’elle eu réellement existé. Mais comme on dit, il n’y a pas de fumée sans feu et la bêtise humaine est sans bornes. Alors pourquoi pas ? Finalement peu importe la part de fiction que comporte ce récit. Il met en lumières l’ignorance humaine et ses conséquences brutales qu’elle peut occasionner. Tout le monde en prend pour son grade, français comme anglais. Wilfrid Lupano a l’intelligence de ne pas asséner de morale, elle s’impose d’elle même. De plus, une révélation en toute fin d’album apporte une toute autre dimension à ce récit qui aurait pu se cantonner à un fait divers local. Félicitations aussi à Jérémie Moreau . . . Je ne m’étendrai pas sur la qualité de ses planches, un petit tour dans la galerie est plus parlant. Un auteur à suivre de près ! Culte pour moi car sans défauts.

13/09/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lorna
Lorna

Ouksébon !!! J'adore ! Merci M'sieur Brüno ! Moi qui n'avais jamais réussi à me lancer dans Commando colonial, qui m'étais plongé dans Junk sans trop de conviction, pour finalement beaucoup apprécier ce diptyque, j'ai commencé à apprécier le talent du bougre quand il s'est allié avec Fabien Nury pour Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle... Et voilà, que je tombe sur sa dernière production en solo en passant chez mon libraire préféré : "Lorna". Faut dire qu'avec une couverture pareille, c'est le genre d'album qui vous fait facilement de l’œil quand vous êtes un mec. Et le meilleur est à l'intérieur ! Amateur d'histoire bien déjantée, voici mon Graal de la rentrée ! Du grand n'importe nawak distillé avec intelligence, sans jamais se prendre au sérieux, et sans non plus tirer sur la bride. Brüno se lâche et on en prend plein les mirettes ! En allant chercher les meilleurs ingrédients dans des registres hétéroclites, passant du savant fou, à la SF la plus délirante, le tout pimenté de scène de sexe bien explicites, on plonge littéralement dans ce petit pavé jaune avec délectation. Les personnages sont truculents à souhait et le délire monte en puissance de façon crescendo pour un bouquet final digne d'un mythique film Série B mâtiné de Cronenberg et/ou de Tarantino. Et le dessin n'est pas en reste ! Car graphiquement, Brüno trouve ici son rythme de croisière. Son album composé tout en bichromie jaune/blanc en impose. Son trait est lâché, fluide, mais toujours aussi minimaliste. Il en profite pour jouer avec les compositions et les cadrages pour rendre son délire très riche et dynamique. La narration coule tout comme les répliques fusent, le tout s’entremêlant et renforçant chacun pour un album qui tient plus que la route ! Une lecture jubilatoire qui montre que le petit grain de folie qui pointe son nez de temps en temps n'a pas encore disparu. Comme j'aime à le dire, "Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière"

12/09/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Zigeuner
Zigeuner

Ceci est une histoire vraie... Celle d'un jeune homme, né en Allemagne, mais dont les parents sont des Tsiganes... Un jeune homme dont la passion pour la bagarre, puis la boxe, l'amènera aux portes de la gloire... Simplement, c'était en 1933. Et à cette époque, il ne faisait pas bon avoir une autre couleur de peau Outre-Rhin... C'est le scénariste Nathaniel Legendre qui s'est emparé de cette histoire, tellement symptomatique et symbolique de l'Allemagne nazie... Contre vents et marées, et bien pire encore, Johan Trollmann, alias Zigeuner (le tsigane en allemand) va pourtant assouvir sa passion, mais... jusqu'à quel point ? Le tome 1 s'achève sur un constat semble-t-il sans appel, j'aimerais savoir comment l'histoire se poursuit... Car le scénariste arrive à nous faire aimer ce garçon, sans en faire des tonnes, sans larmoyance... J'aime beaucoup le trait de Jordi Planellas, ce dessinateur andorran au style semi-réaliste plutôt enjôleur. Malgré quelques faiblesses dans les morphologies, il fait déjà preuve d'un sens de la mise en scène assez marqué ; le travail sur les couleurs de Florence Fantini est quant à lui remarquable, tout en dégradé de tons ocrés, révélant la richesse de cette gamme chromatique. A suivre, donc.

12/09/2012 (modifier)
Par Miranda
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Prunelle
Prunelle

Tome 1 : Très belle surprise avec juste un seul et unique défaut, le lettrage est un peu trop petit. Il faut sans cesse avancer et reculer la bd, un coup on l'avance et on lit les bulles, un coup on l'éloigne pour regarder le dessin avec plus de recul, un grand format aurait été préférable. Cette bd est dans la course d’Angoulême 2011 pour la sélection jeunesse mais elle s’adresse au plus grand nombre, sans limite d‘âge, et je pense qu'elle a toutes ses chances de gagner. On y apprend les bases de la mythologie grecque de façon très ludique et intelligente. Un lexique en fin d’album nous présente chaque personnage. C’est aussi bourré de jeux de mots et d’humour. Le dessin est magnifique avec des couleurs somptueuses pleines de gaité et un trait fin qui met en valeur chaque petit détail. A noter le prix très modique pour 76 planches. Tome 2 : Le première chose qui saute aux yeux c'est le changement graphique et même si c'est assez joli, comparativement au premier tome j'ai ressenti une grande frustration de ne pas retrouver l’émerveillement visuel de ce premier opus. La finesse du trait laisse place à un trait plutôt gras et les couleurs sont aussi moins nuancées, globalement c'est plus proche d'un dessin exclusivement jeunesse. Vu que la série comportera 3 tomes il faudra changer encore de style dans le dernier, afin qu'il y ait une unité globale, en somme : 3 tomes 3 styles, car si le dernier est comme le second, pour le coup, ce sera une grande déception visuelle. Pour ce qui est du scénario, j'ai trouvé ce tome un peu plus batailleur et le ton est aussi un peu plus enfantin. Évidemment c'est un série jeunesse mais c'était moins marqué dans le premier tome, ça m'a un peu agacée par moments. L'humour est présent mais peut-être aussi de manière moins appuyée que dans ce fameux premier tome ! En bref, ce second tome est un peu en-dessous du précédent, mais reste une lecture agréable, surtout pour le public visé. D'autant qu'en fin d'ouvrage un lexique des différents personnages permet d'apprendre tout en s'amusant.

30/11/2010 (MAJ le 11/09/2012) (modifier)
Couverture de la série Liar Game
Liar Game

Cette histoire est tout de suite prenante. J'avais peur que cela s'essouffle rapidement mais le scénario est astucieux, le jeu du Liar-Game évolue, les manches se suivent mais ne se ressemblent pas. Les adversaires non plus d'ailleurs. Plusieurs aspects sont intéressants dans cette histoire bien ficelée : le côté psychologique est passionnant mais le côté mathématique nous prouve l'ingéniosité du scénariste. Les premiers tomes s'enchainent et l'histoire évolue rapidement. Plus on avance dans l'histoire plus les liens entre les adversaires deviennent complexes, ce qui ralenti un peu le rythme général mais c'est tout l'intérêt que de s'attarder sur les rapports humains dans cette situation. Il n'existe pas de violence dans la série (c'est l'une des règles du jeu), tout n'est qu'astuce et manipulation... Les dessins ne sont pas mauvais. Ils sont agréables, en particuliers pour s'y retrouver dans les nombreux personnages : chaque personnage est physiquement très différent des autres (et souvent accompagné d'un surnom), c'est très visuel et on ne s'y perd pas. Le seul point négatif c'est que chaque début de chapitre commence par la fin du précédent, c'est assez lourd quand on a une lecture continue et ça casse inutilement le rythme. Très bonne série avec actuellement 12 Tomes qui méritent qu'on s'y attarde. Addiction au jeu garantie !

10/09/2012 (modifier)