J'ai acheté cette BD au salon Bulles en Nord de Lys-lez-Lannoy.
J'ai été attiré par la perspective de me procurer, pour la première fois de ma vie, une avant première, et, de plus, de pouvoir rencontrer le dessinateur (très sympa, d'ailleurs), pour une dédicace.
C'était aussi l'occasion de remporter le trophée de "l'impatient".....
Il s'agit d'une série de running gags, qui raconte une histoire, au même titre que Le Retour à la terre, ou Z comme don Diego, par exemple.
Le style graphique est des plus simples, avec des gros nez et des couleurs vives.
C'est globalement dans la même veine que ce que Sti produit pour les enfants (comme Les Rabbit, par exemple).
Bien évidemment ce style colle bien au ton de la BD, qui n'est absolument pas sérieuse et un tantinet déjantée.
Pour parler franchement, je ne m'attendais pas à quelque chose de plaisant en achetant cet album. Je pensais tomber sur des gags plats, répétitifs, ou poussifs.
Et bien, fort heureusement, non !
Les gags m'ont souvent décroché un sourire, et certains m'ont vraiment fait rire.
Alors, bien sûr, le niveau reste assez irrégulier sur tout l'album, qui est assez long, mais c'est bien normal.
Globalement, c'est une bonne surprise et j'ai vraiment passé un bon moment.
A lire à petites doses...
J'espère que le tome 2 surfera sur la même vague.
Ce polar nous plonge au coeur de la manipulation médiatique, de la fascination qu'exercent les tueurs en série sur le public et sur le bénéfice qu'en tirent les media...
Dans un théâtre d'ombres et de faux-semblants, Sébastien Viozat nous emmène dans la peau d'un tueur... Et bien sûr on n'en sort pas indemne, d'autant plus qu'une question va planer sur toute l'histoire : le tueur est-il celui que l'on croit ? c'est plutôt habile, et on suit sans problème le scénariste dans la progression du récit.
Au dessin, Cédrick le Bihan, dont c'est à ma connaissance le premier album, a un style réaliste assez maîtrisé, j'aime beaucoup. Sa technique semble être du crayonné extrêmement poussé, donc pas d'encrage, mais la finesse de celui-ci lui permet sans problème de s'en passer.
Un bon petit thriller.
Après avoir lu cette série j’ai eu quelques difficultés avec la plupart de mes autres lectures, les visuels me paraissant toujours pauvres, les décors inexistants et les couleurs fades, soupirant sans cesse car rien ou presque ne trouvait grâce à mes yeux. J’ai même été obligée de relire certaines B.D. qui m’avaient laissée totalement indifférente, incapable de rentrer dans les histoires tant les visuels étaient insignifiants comparativement à celui de Requiem.
Sans jouer l‘amoureuse transie d‘Olivier Ledroit, il faut bien admettre que peu d’auteurs peuvent rivaliser avec cette bête du pinceau, ce demi-fou des couleurs éclatantes et envoûtantes, ce découpeur de cases à l’arrache, que vous croyez, mais qui sont minutieusement millimétrées. Unique en son genre, Requiem ça ne se lit pas mais se regarde avant tout, car c’est le graphisme qui dicte le sens de lecture des planches.
Toute série, même culte, comportera toujours quelques défauts, ne serait-ce dû qu’à la subjectivité de chacun. Le principal défaut de cette série étant et de loin le plus gros, presque l’unique, que seuls trois tomes ont été édités en tirage de tête très grand format, alors que moi je les veux tous !
Ensuite, il est vrai que comme certains l’ont dit sur le tome 6 ou 7, il faudrait que je me replonge dedans pour être précise, apparaît un certain humour un peu malvenu et surtout trop décalé par rapport aux tomes précédents, il surprend et fait un peu tache, heureusement ça ne concerne qu’un seul tome, même si une vague de légèreté souffle sur les tomes suivants.
Il est vrai aussi, les auteurs l’ont confirmé eux-mêmes en interview, qu’aimant tant cette série ils ont eu tendance à vouloir développer trop de personnages, et ont été obligés de limiter leurs désirs. Effectivement parfois j’aurais bien aimé retourner aux sources de l’histoire, mais les nouveaux venus sont tout aussi intéressants, moi je prends tout, je ne suis pas difficile. D’autant que j’adore le monde créé par Mills avec, comme dit ironiquement Pasukare dans son avis : « les gentils méchants, les méchants pas beaux, les méchants sans honneur, les méchants avec honneur et les méchants méchants qui trahissent les méchants gentils », tout cela dans un monde ultra gothique où tout est inversé, où la cruauté est de rigueur et la pitié une tare interdite.
Les personnages fourmillent et le rôle donné aux personnages historiques est judicieux et intéressant. De plus, les femmes ne sont pas que des potiches, elles ont aussi des rôles principaux et du caractère, ce qui est tout à fait jouissif.
Requiem c’est une série à tenter, même si ce n’est a priori pas dans vos goûts, il serait dommage de se priver d’un tel délice.
Tome 11
Je suis un peu déçue du visuel qui perd de façon significative en qualité sur de nombreuses cases, surtout les plus petites. Globalement je trouve la colorisation un peu moins travaillée que sur les tomes précédents, ça m'a un peu gâchée ma lecture, car pour moi Requiem c'est à 70 % du plaisir visuel.
L'histoire elle avance et reprend la trame principale.
Je laisse tout de même la note de culte en espérant que la suite sera à la hauteur de mes espérances.
D'abord, les couvertures.
Pour moi un chef-d'oeuvre d'épure, avec ce corps féminin meurtri sur fond de cocotiers sur la plage, et ce personnage étrange, habillé de façon ancienne. Une place réduite réservée aux éléments bibliographiques, pour laisser respirer au maximum cette superbe illustration. La couverture du second tome continue sur le même tempo, avec ce corps féminin somptueux en train de tomber... Un package original (aspect "abîmé", bonus dont on va reparler en fin d'album...) qui va aussi, du moins je l'espère, contribuer à faire sortir cette série du lot.
L'histoire est originale ; elle début avec l'arrivée d'un personnage (flic ou privé) sur l'île de Tahiti, où les traditions séculaires cohabitent avec l'administration française (présente depuis moins de 40 ans) et la présence d'un missionnaire catholique au fort caractère et à la foi à géométrie variable. Il semble s'intéresser à une histoire vieille de plusieurs années, mais la fougue sensuelle d'une jeune maorie va quelque peu ralentir ses investigations. Et puis surviennent simultanément deux évènements qui vont troubler la quiétude ilienne : d'abord la mort inexpliquée, a priori accidentelle, d'une jeune fille, puis de deux. Et ensuite, conséquence de la guerre qui vient de se déclarer en Europe, l'attaque de Papeete par deux croiseurs allemands. La petite histoire et la grande entremêlées, c'est toujours un cocktail détonnant, pour peu que le scénariste sache où il va.
Et c'est le cas de Didier Quella-Guyot, qui distille avec bonheur ses éléments, ne révélant pas tous ses plans mais faisant tout de même avancer le récit, entre moments de quiétude et crise. Dans le second tome, tandis qu'une pluie de feu s'abat sur Papeete, Combaud avance dans son enquête est découvre les tenants et les aboutissants de l'affaire qui l'amène sur l'île, mais aussi le fin mot des meurtres commis sur place.
Il s'est adjoint les services de Sébastien Morice, avec lequel il avait réalisé l'année dernière Le Café des Colonies ; ici le dessinateur se révèle très à son aise, limite prodigieux. Ses couleurs ont quelque chose d'envoûtant, de sensuel, de chaud. Elles s'accordent parfaitement avec un dessin dont la ligne claire atteint une sorte de sommet dans l'épure, avec des cadrages variés, allant plus qu'à leur tour au ras du sol pour montrer des pieds qui fuient, éloignant sa caméra pour nous montrer une vue de l'île ou d'un bateau militaire en maraude, bref, je suis charmé. Tout juste râlerai-je à propos de quelques cases aux tons trop sombres par rapport au sujet. Le deuxième petit point négatif est la taille réduite des lettrages reprenant les lettres des personnages. Un défaut qui a d'ailleurs été corrigé pour le second tome. A noter un bonus sur le second tome, consacré aux véritables acteurs de l'histoire, le commandant militaire, le gouverneur et le responsable de la Poste locale.
Après la lecture enchaînée des deux tomes, c'est un petit pincement au coeur. Car en effet j'ai eu l'impression que les affaires se résolvaient de manière un peu précipitée (et qu'un troisième tome n'aurait en fait pas été de trop). Autre regret de quitter l'archipel enchanteur de Tahiti, qui le temps de deux albums, étend son envoûtement sur les lecteurs... Un goût de trop peu, donc, en partie compensé par la promesse des deux auteurs de nous livrer prochainement un autre récit aux antipodes.
Un mystère pour moi cette série. Je ne suis pas passéiste. J'exècre normalement les films et livres nostalgiques qui veulent donner l'impression de "c'était mieux avant" (style les enfants du marais). Et pourtant là je me régale.
Le pitch : Dans le Japon d'après guerre, Akihiro un jeune urbain est envoyé chez sa grand-mère à la campagne. Cette dernière est pauvre mais a un sacré tempérament, une philosophie et un mode de vie qui vont influencer et marquer durablement la vie du garçon.
Cette bd est divisée en courts chapitres qui chacun narre un événement, une anecdote. Tout est frais dans cette bd. Le graphisme sans être extraordinaire est mignon tout plein. C'est drôle, parfois émouvant. C'est la bd qui illustre idéalement la formule de 7 à 77 ans. Pour l'occidental, elle permet une plongée dans le mode de vie japonais. Elle est donc aussi très instructive. C'est un peu comme Nonombà sans le fantastique (et encore on est au Japon donc le folklore fantastique est parfois présent : fantôme etc).
J'en suis au tome 5 pour l'instant et pas de lassitude. Je pense que sur la longueur cela va sans doute se répéter un peu. C'est selon moi une série qu'il faut lire par petite dose, un tome ou chapitre par ci par là pour ne pas se lasser. Surtout pas d'indigestion. Un manga que ma femme dévore aussi. 4.5/5
Voilà certainement la série manga la plus folle et conne du moment. Après le très angoissant et claustrophobe Dragon Head, Minetaro Mochizuki s'offre une récréation festive. Il épure son trait et son propos et décide de faire une pure bd de divertissement. Il utilise tous les poncifs du seinen et shonen et joue avec.
Funako lycéenne experte en sport de combat et véritable garçon manqué dans la tête (mais pas dans son corps heureusement) vit seule avec son père. Elle hérite d'une carte au trésor léguée par son marin de grand père. Cette carte indiquant la banque légendaire des pirates va provoquer bien des convoitises.
Elle va se battre avec des pirates puis se lier avec certains pour partir à la recherche de cette île. On va croiser des pirates portant des masques de catcheurs, des requins blancs géants, des cimetières de bateaux inexistants sur les cartes, des tempêtes et des bastons.
Là où l'auteur fait fort c'est qu'il inscrit cet archétype de l'histoire de pirates dans le monde moderne créant ainsi une dichotomie entre le réalisme de l'univers et la folie des situations. De plus, l'auteur s'est amusé à utiliser tous les angles et situations possibles pour nous montrer la culotte de Funako. On peut aussi rajouter la poitrine.
Je me marre et attend avec un plaisir coupable le tome 5 qui j'espère viendra plus vite que le tome 4. NOTE IMPOSSIBLE /5
J'ai découvert cet album à cause des différents articles polémiques lus sur le net (Figaro, l'Express, la Dépêche, etc). Si l'album plait plutôt aux journalistes, il déchaîne un torrent de haine de certains intégristes religieux et (ou) homophobes. Un site catho a même déposé une plainte pour faire interdire l'ouvrage. Il divise aussi beaucoup les amateurs du dessinateur Hergé. Je décide donc de me faire ma propre opinion. Surprise, je me rends compte que je connais un peu Laurent Colonnier. Je les ai croisés lui et ses avatars sur différents forums (bdparadisio, bulledair, bdgest) depuis les années que je navigue sur les sites de bandes dessinées. Ses interventions me l'ont souvent rendu assez antipathique. Partant du principe qu'il ne faut pas juger une œuvre sur son auteur mais sur son contenu et trouvant que Colonnier avait trouvé une très bonne idée, j'ai donc acheté hier cet album avec une légère angoisse. Une idée même en or ne fait pas forcément un bon ouvrage, l'auteur aura-t-il réussi à faire une bonne bd ?
Colonnier le fait et encore plus encore. J'ai lu hier soir un livre subtil, fin, émouvant, érudit, recherché, maitrisé et tout cela en rendant l'ouvrage limpide et indéniablement grand public. Certains s'étonnent de l'absence de réaction venant de Moulinsart. Quel mot pourrait-il venir du saint siège à part : MERCI.
Merci d'avoir remis en lumière le créateur souvent trop à l'ombre du mythe commercial Tintin. Je ne suis ni un tintinophile (bien qu'ayant lu tous les albums) ni un exégète d'Hergé. Pour le lecteur lambda que je suis, Hergé c'est souvent un nom qu'on m'a appris à prononcer avec des pincettes. "C'est bien gentil Tintin mais l'auteur était assez nauséeux avec ses pensées religieuses réactionnaires d’extrême droite" nous rabâche-t-on même à l'école.
Alors il est agréable de trouver un auteur qui cherche à faire percevoir l'homme qui était derrière ce pseudo Hergé : Georges Rémi. On retrouve un Rémi dans la galère dans le Bruxelles d'avant-guerre. D'ailleurs tout le décorum des années 30 est parfaitement rendu avec plein de détails assez fins. On va entrer dans sa vie et son processus créatif. On croisera aussi les personnages l'ayant inspiré pour la Castafiore, Tournesol, des références à Haddock. Je me fiche de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. L'important est que tout parait plausible, vraisemblable et à vrai dire à la fin de la lecture on espère que cela s'est effectivement passé comme cela.
Qu'en est-il de cette pseudo polémique sur la relation Tchang et Georges ? J'y vois une très belle relation d'amitié. 2 hommes qui se sont trouvés et qui se sont enrichis et influencés l'un l'autre. On évoque à peine une hypothétique liaison amoureuse sur une planche assez subtile qui ne montre rien. Si on est choqué par cela alors on peut brûler La confusion des sentiments de Zweig. D'ailleurs cette bd m'a souvent fait penser à ce roman.
Y a-t-il d'autres choses qui pourraient choquer les ayants droits ? Le fait que Georges et sa femme emploient des expressions xénophobes ? C'est oublier l'état d'esprit des européens de cette époque. On lit bien pire chez ce génial écrivain qu'est Orwell. Peut-être parce que Georges Rémi apparaît très influençable à la fois aux idées catholiques par sa femme ou aux idées anti-japonaises de son ami Tchang ? Il n'en paraît que plus humain et ouvert à l'autre. Peut être car son évolution graphique ne serait pas de son seul fait mais grandement influencé par son ami chinois ? Il me semblait que c'était un fait acquis. Je ne vois que le fait d'apprendre que Rémi ne voulait pas d'enfant car il pensait ne pas être un bon père (entre autre de sa stérilité supposée). Je crois que c'est la peur de tous les hommes. La polémique est ridicule et montre un climat homophobe français. D'ailleurs, la trame générale de l'histoire s'attarde plus sur l'utilisation d'Hergé par les amis de Tchang en instrument de propagande anticapitaliste que sur cette pseudo relation amoureuse entre les deux hommes.
Graphiquement ce n'est pas réellement le style de dessins que j’apprécie habituellement. Je trouve d'ailleurs que pour un hommage au maître du mouvement qu'était Hergé, le dessin est trop figé, trop statique à mon goût. J'y retrouve d'ailleurs plus une influence de Jacobs que d'Hergé. Par contre, toutes les cases sont incroyablement composées et souvent fourmillent de détails. L'abord n'est pas facile mais une fois qu'on est dedans on profite pleinement. De la belle ouvrage en fait.
En conclusion, on tient là pour moi un des musts de cette année. Une bd qu'on sent mûrement réfléchie, pensée durant des années par l'auteur. Une bd hommage à un grand auteur de bande dessinée que je trouve beaucoup plus réussie que le Gringos locos paru aussi cette année. Une autre bd ayant soulevé une polémique. Est-ce un moyen marketing ? Dommage ?
4.5/5
Incroyable qu'il ait fallu attendre 13 ans pour voir ce petit bijou (originellement paru en 1999) débarquer en France. Shaun Tan est principalement connu chez nous pour sa bande dessinée Là où vont nos pères, mais il a également réalisé de nombreux « picture books » (livres illustrés) lors de sa longue carrière d'illustrateur.
« La chose perdue » est sans doute l'un de mes préférés. L'histoire est remplie de symbolisme, invite à la réflexion et titille les sens. Chaque lecteur s’en fera sa propre interprétation, ce qui je pense était le but de l’auteur. J’y ai personnellement vu une fable sociale un peu cynique parlant de renfermement sur soi-même, mais également positive et humaine, avec ce personnage prenant sur lui pour aider cette « chose » à trouver sa place dans notre société.
La narration est à la frontière entre le livre illustré (textes en voix off) et l'art séquentiel (enchainements de cases). L'album se lit assez rapidement, mais on y replonge facilement, ne serait-ce que pour admirer les illustrations. Le dessin est magistral, regardez-moi ces planches, ces compositions, ces couleurs, et surtout ce style reconnaissable entre mille, entre collage de photos et dessin traditionnel.
L'adaptation en film d'animation est une réussite, et a d'ailleurs gagné l'Oscar du meilleur court métrage en 2011. Ce dernier est inclus dans la VF sous la forme d'un DVD bonus... Vraiment sympa, j'ai personnellement lu l'album en VO, et j'ai dû débourser 5 euros pour télécharger le film sur iTunes. Coup de chapeau à l'éditeur !
Je vous encourage vivement à découvrir ce superbe album. Filez aussi lire notre interview de Shaun Tan.
Des albums comme celui-ci, j’en redemande ! L’aspect documentaire de « Photo de la Favela » est intéressant au possible, mais sans devenir trop technique ou barbant. L’auteur met en effet le côté humain en avant, et la lecture est aisée et plaisante. On découvre cette cité fascinante au travers les yeux naïfs d’un enfant, mais l’enfant grandit, et son point de vue change. Son attachement à ce quartier et son entêtement à vouloir le photographier, le faire découvrir au monde, finit par porter ses fruits et faire de lui un photographe de renom. L’album se conclut d’ailleurs sur une sélection de superbes photos (je vous en ai mis deux dans la galerie)
Le dessin en noir et blanc « arrondi » possède un charme indéniable. Les personnages presque « cartoon » sont facilement reconnaissables. On peut toutefois noter des petits soucis de lisibilité sur certains plans rapprochés, mais rien de bien grave.
« Photo de la Favela » est un témoignage poignant, une bouffée d’air frais et d’optimisme, et une histoire très humaine. Avis aux fans de BD reportage !
Le jeu de pourpre m’a envouté du début à la fin. C’est tout d’abord peut-être à cause de l’exotisme qui s’en dégage : nous sommes sur les hauteurs de l’Himalaya à une période ancestrale. Mais surtout à cause du caractère mystique de l’intrigue. Makyo a inventé toute une religion avec son histoire, sa mythologie et ses implications politiques. Et c’est proprement génial : non seulement c’est plein d’imagination et aussi délirant que dans un scénario de Jodorowsky mais c’est aussi parfaitement cohérent de a à z. Le tout est bouclé sans aucune longueur en quatre tomes qui peuvent se lire d’une traite.
Le dessin de Rocco est réaliste, classique et irréprochable. Il met en valeur avec sobriété ce très beau scénario.
Un chef d’œuvre en quatre tomes pour 15 € dans sa version intégrale petit format (les planches ne souffrent pas trop de la réduction), on peut difficilement faire mieux en rapport qualité/prix. Indispensable.
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La Fin du Monde (Paquet)
J'ai acheté cette BD au salon Bulles en Nord de Lys-lez-Lannoy. J'ai été attiré par la perspective de me procurer, pour la première fois de ma vie, une avant première, et, de plus, de pouvoir rencontrer le dessinateur (très sympa, d'ailleurs), pour une dédicace. C'était aussi l'occasion de remporter le trophée de "l'impatient"..... Il s'agit d'une série de running gags, qui raconte une histoire, au même titre que Le Retour à la terre, ou Z comme don Diego, par exemple. Le style graphique est des plus simples, avec des gros nez et des couleurs vives. C'est globalement dans la même veine que ce que Sti produit pour les enfants (comme Les Rabbit, par exemple). Bien évidemment ce style colle bien au ton de la BD, qui n'est absolument pas sérieuse et un tantinet déjantée. Pour parler franchement, je ne m'attendais pas à quelque chose de plaisant en achetant cet album. Je pensais tomber sur des gags plats, répétitifs, ou poussifs. Et bien, fort heureusement, non ! Les gags m'ont souvent décroché un sourire, et certains m'ont vraiment fait rire. Alors, bien sûr, le niveau reste assez irrégulier sur tout l'album, qui est assez long, mais c'est bien normal. Globalement, c'est une bonne surprise et j'ai vraiment passé un bon moment. A lire à petites doses... J'espère que le tome 2 surfera sur la même vague.
Le Tueur du Bois Mesdames
Ce polar nous plonge au coeur de la manipulation médiatique, de la fascination qu'exercent les tueurs en série sur le public et sur le bénéfice qu'en tirent les media... Dans un théâtre d'ombres et de faux-semblants, Sébastien Viozat nous emmène dans la peau d'un tueur... Et bien sûr on n'en sort pas indemne, d'autant plus qu'une question va planer sur toute l'histoire : le tueur est-il celui que l'on croit ? c'est plutôt habile, et on suit sans problème le scénariste dans la progression du récit. Au dessin, Cédrick le Bihan, dont c'est à ma connaissance le premier album, a un style réaliste assez maîtrisé, j'aime beaucoup. Sa technique semble être du crayonné extrêmement poussé, donc pas d'encrage, mais la finesse de celui-ci lui permet sans problème de s'en passer. Un bon petit thriller.
Requiem - Chevalier Vampire
Après avoir lu cette série j’ai eu quelques difficultés avec la plupart de mes autres lectures, les visuels me paraissant toujours pauvres, les décors inexistants et les couleurs fades, soupirant sans cesse car rien ou presque ne trouvait grâce à mes yeux. J’ai même été obligée de relire certaines B.D. qui m’avaient laissée totalement indifférente, incapable de rentrer dans les histoires tant les visuels étaient insignifiants comparativement à celui de Requiem. Sans jouer l‘amoureuse transie d‘Olivier Ledroit, il faut bien admettre que peu d’auteurs peuvent rivaliser avec cette bête du pinceau, ce demi-fou des couleurs éclatantes et envoûtantes, ce découpeur de cases à l’arrache, que vous croyez, mais qui sont minutieusement millimétrées. Unique en son genre, Requiem ça ne se lit pas mais se regarde avant tout, car c’est le graphisme qui dicte le sens de lecture des planches. Toute série, même culte, comportera toujours quelques défauts, ne serait-ce dû qu’à la subjectivité de chacun. Le principal défaut de cette série étant et de loin le plus gros, presque l’unique, que seuls trois tomes ont été édités en tirage de tête très grand format, alors que moi je les veux tous ! Ensuite, il est vrai que comme certains l’ont dit sur le tome 6 ou 7, il faudrait que je me replonge dedans pour être précise, apparaît un certain humour un peu malvenu et surtout trop décalé par rapport aux tomes précédents, il surprend et fait un peu tache, heureusement ça ne concerne qu’un seul tome, même si une vague de légèreté souffle sur les tomes suivants. Il est vrai aussi, les auteurs l’ont confirmé eux-mêmes en interview, qu’aimant tant cette série ils ont eu tendance à vouloir développer trop de personnages, et ont été obligés de limiter leurs désirs. Effectivement parfois j’aurais bien aimé retourner aux sources de l’histoire, mais les nouveaux venus sont tout aussi intéressants, moi je prends tout, je ne suis pas difficile. D’autant que j’adore le monde créé par Mills avec, comme dit ironiquement Pasukare dans son avis : « les gentils méchants, les méchants pas beaux, les méchants sans honneur, les méchants avec honneur et les méchants méchants qui trahissent les méchants gentils », tout cela dans un monde ultra gothique où tout est inversé, où la cruauté est de rigueur et la pitié une tare interdite. Les personnages fourmillent et le rôle donné aux personnages historiques est judicieux et intéressant. De plus, les femmes ne sont pas que des potiches, elles ont aussi des rôles principaux et du caractère, ce qui est tout à fait jouissif. Requiem c’est une série à tenter, même si ce n’est a priori pas dans vos goûts, il serait dommage de se priver d’un tel délice. Tome 11 Je suis un peu déçue du visuel qui perd de façon significative en qualité sur de nombreuses cases, surtout les plus petites. Globalement je trouve la colorisation un peu moins travaillée que sur les tomes précédents, ça m'a un peu gâchée ma lecture, car pour moi Requiem c'est à 70 % du plaisir visuel. L'histoire elle avance et reprend la trame principale. Je laisse tout de même la note de culte en espérant que la suite sera à la hauteur de mes espérances.
Papeete 1914
D'abord, les couvertures. Pour moi un chef-d'oeuvre d'épure, avec ce corps féminin meurtri sur fond de cocotiers sur la plage, et ce personnage étrange, habillé de façon ancienne. Une place réduite réservée aux éléments bibliographiques, pour laisser respirer au maximum cette superbe illustration. La couverture du second tome continue sur le même tempo, avec ce corps féminin somptueux en train de tomber... Un package original (aspect "abîmé", bonus dont on va reparler en fin d'album...) qui va aussi, du moins je l'espère, contribuer à faire sortir cette série du lot. L'histoire est originale ; elle début avec l'arrivée d'un personnage (flic ou privé) sur l'île de Tahiti, où les traditions séculaires cohabitent avec l'administration française (présente depuis moins de 40 ans) et la présence d'un missionnaire catholique au fort caractère et à la foi à géométrie variable. Il semble s'intéresser à une histoire vieille de plusieurs années, mais la fougue sensuelle d'une jeune maorie va quelque peu ralentir ses investigations. Et puis surviennent simultanément deux évènements qui vont troubler la quiétude ilienne : d'abord la mort inexpliquée, a priori accidentelle, d'une jeune fille, puis de deux. Et ensuite, conséquence de la guerre qui vient de se déclarer en Europe, l'attaque de Papeete par deux croiseurs allemands. La petite histoire et la grande entremêlées, c'est toujours un cocktail détonnant, pour peu que le scénariste sache où il va. Et c'est le cas de Didier Quella-Guyot, qui distille avec bonheur ses éléments, ne révélant pas tous ses plans mais faisant tout de même avancer le récit, entre moments de quiétude et crise. Dans le second tome, tandis qu'une pluie de feu s'abat sur Papeete, Combaud avance dans son enquête est découvre les tenants et les aboutissants de l'affaire qui l'amène sur l'île, mais aussi le fin mot des meurtres commis sur place. Il s'est adjoint les services de Sébastien Morice, avec lequel il avait réalisé l'année dernière Le Café des Colonies ; ici le dessinateur se révèle très à son aise, limite prodigieux. Ses couleurs ont quelque chose d'envoûtant, de sensuel, de chaud. Elles s'accordent parfaitement avec un dessin dont la ligne claire atteint une sorte de sommet dans l'épure, avec des cadrages variés, allant plus qu'à leur tour au ras du sol pour montrer des pieds qui fuient, éloignant sa caméra pour nous montrer une vue de l'île ou d'un bateau militaire en maraude, bref, je suis charmé. Tout juste râlerai-je à propos de quelques cases aux tons trop sombres par rapport au sujet. Le deuxième petit point négatif est la taille réduite des lettrages reprenant les lettres des personnages. Un défaut qui a d'ailleurs été corrigé pour le second tome. A noter un bonus sur le second tome, consacré aux véritables acteurs de l'histoire, le commandant militaire, le gouverneur et le responsable de la Poste locale. Après la lecture enchaînée des deux tomes, c'est un petit pincement au coeur. Car en effet j'ai eu l'impression que les affaires se résolvaient de manière un peu précipitée (et qu'un troisième tome n'aurait en fait pas été de trop). Autre regret de quitter l'archipel enchanteur de Tahiti, qui le temps de deux albums, étend son envoûtement sur les lecteurs... Un goût de trop peu, donc, en partie compensé par la promesse des deux auteurs de nous livrer prochainement un autre récit aux antipodes.
Une sacrée mamie
Un mystère pour moi cette série. Je ne suis pas passéiste. J'exècre normalement les films et livres nostalgiques qui veulent donner l'impression de "c'était mieux avant" (style les enfants du marais). Et pourtant là je me régale. Le pitch : Dans le Japon d'après guerre, Akihiro un jeune urbain est envoyé chez sa grand-mère à la campagne. Cette dernière est pauvre mais a un sacré tempérament, une philosophie et un mode de vie qui vont influencer et marquer durablement la vie du garçon. Cette bd est divisée en courts chapitres qui chacun narre un événement, une anecdote. Tout est frais dans cette bd. Le graphisme sans être extraordinaire est mignon tout plein. C'est drôle, parfois émouvant. C'est la bd qui illustre idéalement la formule de 7 à 77 ans. Pour l'occidental, elle permet une plongée dans le mode de vie japonais. Elle est donc aussi très instructive. C'est un peu comme Nonombà sans le fantastique (et encore on est au Japon donc le folklore fantastique est parfois présent : fantôme etc). J'en suis au tome 5 pour l'instant et pas de lassitude. Je pense que sur la longueur cela va sans doute se répéter un peu. C'est selon moi une série qu'il faut lire par petite dose, un tome ou chapitre par ci par là pour ne pas se lasser. Surtout pas d'indigestion. Un manga que ma femme dévore aussi. 4.5/5
Maiwai
Voilà certainement la série manga la plus folle et conne du moment. Après le très angoissant et claustrophobe Dragon Head, Minetaro Mochizuki s'offre une récréation festive. Il épure son trait et son propos et décide de faire une pure bd de divertissement. Il utilise tous les poncifs du seinen et shonen et joue avec. Funako lycéenne experte en sport de combat et véritable garçon manqué dans la tête (mais pas dans son corps heureusement) vit seule avec son père. Elle hérite d'une carte au trésor léguée par son marin de grand père. Cette carte indiquant la banque légendaire des pirates va provoquer bien des convoitises. Elle va se battre avec des pirates puis se lier avec certains pour partir à la recherche de cette île. On va croiser des pirates portant des masques de catcheurs, des requins blancs géants, des cimetières de bateaux inexistants sur les cartes, des tempêtes et des bastons. Là où l'auteur fait fort c'est qu'il inscrit cet archétype de l'histoire de pirates dans le monde moderne créant ainsi une dichotomie entre le réalisme de l'univers et la folie des situations. De plus, l'auteur s'est amusé à utiliser tous les angles et situations possibles pour nous montrer la culotte de Funako. On peut aussi rajouter la poitrine. Je me marre et attend avec un plaisir coupable le tome 5 qui j'espère viendra plus vite que le tome 4. NOTE IMPOSSIBLE /5
Georges & Tchang - Une histoire d'amour au vingtième siècle
J'ai découvert cet album à cause des différents articles polémiques lus sur le net (Figaro, l'Express, la Dépêche, etc). Si l'album plait plutôt aux journalistes, il déchaîne un torrent de haine de certains intégristes religieux et (ou) homophobes. Un site catho a même déposé une plainte pour faire interdire l'ouvrage. Il divise aussi beaucoup les amateurs du dessinateur Hergé. Je décide donc de me faire ma propre opinion. Surprise, je me rends compte que je connais un peu Laurent Colonnier. Je les ai croisés lui et ses avatars sur différents forums (bdparadisio, bulledair, bdgest) depuis les années que je navigue sur les sites de bandes dessinées. Ses interventions me l'ont souvent rendu assez antipathique. Partant du principe qu'il ne faut pas juger une œuvre sur son auteur mais sur son contenu et trouvant que Colonnier avait trouvé une très bonne idée, j'ai donc acheté hier cet album avec une légère angoisse. Une idée même en or ne fait pas forcément un bon ouvrage, l'auteur aura-t-il réussi à faire une bonne bd ? Colonnier le fait et encore plus encore. J'ai lu hier soir un livre subtil, fin, émouvant, érudit, recherché, maitrisé et tout cela en rendant l'ouvrage limpide et indéniablement grand public. Certains s'étonnent de l'absence de réaction venant de Moulinsart. Quel mot pourrait-il venir du saint siège à part : MERCI. Merci d'avoir remis en lumière le créateur souvent trop à l'ombre du mythe commercial Tintin. Je ne suis ni un tintinophile (bien qu'ayant lu tous les albums) ni un exégète d'Hergé. Pour le lecteur lambda que je suis, Hergé c'est souvent un nom qu'on m'a appris à prononcer avec des pincettes. "C'est bien gentil Tintin mais l'auteur était assez nauséeux avec ses pensées religieuses réactionnaires d’extrême droite" nous rabâche-t-on même à l'école. Alors il est agréable de trouver un auteur qui cherche à faire percevoir l'homme qui était derrière ce pseudo Hergé : Georges Rémi. On retrouve un Rémi dans la galère dans le Bruxelles d'avant-guerre. D'ailleurs tout le décorum des années 30 est parfaitement rendu avec plein de détails assez fins. On va entrer dans sa vie et son processus créatif. On croisera aussi les personnages l'ayant inspiré pour la Castafiore, Tournesol, des références à Haddock. Je me fiche de savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. L'important est que tout parait plausible, vraisemblable et à vrai dire à la fin de la lecture on espère que cela s'est effectivement passé comme cela. Qu'en est-il de cette pseudo polémique sur la relation Tchang et Georges ? J'y vois une très belle relation d'amitié. 2 hommes qui se sont trouvés et qui se sont enrichis et influencés l'un l'autre. On évoque à peine une hypothétique liaison amoureuse sur une planche assez subtile qui ne montre rien. Si on est choqué par cela alors on peut brûler La confusion des sentiments de Zweig. D'ailleurs cette bd m'a souvent fait penser à ce roman. Y a-t-il d'autres choses qui pourraient choquer les ayants droits ? Le fait que Georges et sa femme emploient des expressions xénophobes ? C'est oublier l'état d'esprit des européens de cette époque. On lit bien pire chez ce génial écrivain qu'est Orwell. Peut-être parce que Georges Rémi apparaît très influençable à la fois aux idées catholiques par sa femme ou aux idées anti-japonaises de son ami Tchang ? Il n'en paraît que plus humain et ouvert à l'autre. Peut être car son évolution graphique ne serait pas de son seul fait mais grandement influencé par son ami chinois ? Il me semblait que c'était un fait acquis. Je ne vois que le fait d'apprendre que Rémi ne voulait pas d'enfant car il pensait ne pas être un bon père (entre autre de sa stérilité supposée). Je crois que c'est la peur de tous les hommes. La polémique est ridicule et montre un climat homophobe français. D'ailleurs, la trame générale de l'histoire s'attarde plus sur l'utilisation d'Hergé par les amis de Tchang en instrument de propagande anticapitaliste que sur cette pseudo relation amoureuse entre les deux hommes. Graphiquement ce n'est pas réellement le style de dessins que j’apprécie habituellement. Je trouve d'ailleurs que pour un hommage au maître du mouvement qu'était Hergé, le dessin est trop figé, trop statique à mon goût. J'y retrouve d'ailleurs plus une influence de Jacobs que d'Hergé. Par contre, toutes les cases sont incroyablement composées et souvent fourmillent de détails. L'abord n'est pas facile mais une fois qu'on est dedans on profite pleinement. De la belle ouvrage en fait. En conclusion, on tient là pour moi un des musts de cette année. Une bd qu'on sent mûrement réfléchie, pensée durant des années par l'auteur. Une bd hommage à un grand auteur de bande dessinée que je trouve beaucoup plus réussie que le Gringos locos paru aussi cette année. Une autre bd ayant soulevé une polémique. Est-ce un moyen marketing ? Dommage ? 4.5/5
La Chose Perdue
Incroyable qu'il ait fallu attendre 13 ans pour voir ce petit bijou (originellement paru en 1999) débarquer en France. Shaun Tan est principalement connu chez nous pour sa bande dessinée Là où vont nos pères, mais il a également réalisé de nombreux « picture books » (livres illustrés) lors de sa longue carrière d'illustrateur. « La chose perdue » est sans doute l'un de mes préférés. L'histoire est remplie de symbolisme, invite à la réflexion et titille les sens. Chaque lecteur s’en fera sa propre interprétation, ce qui je pense était le but de l’auteur. J’y ai personnellement vu une fable sociale un peu cynique parlant de renfermement sur soi-même, mais également positive et humaine, avec ce personnage prenant sur lui pour aider cette « chose » à trouver sa place dans notre société. La narration est à la frontière entre le livre illustré (textes en voix off) et l'art séquentiel (enchainements de cases). L'album se lit assez rapidement, mais on y replonge facilement, ne serait-ce que pour admirer les illustrations. Le dessin est magistral, regardez-moi ces planches, ces compositions, ces couleurs, et surtout ce style reconnaissable entre mille, entre collage de photos et dessin traditionnel. L'adaptation en film d'animation est une réussite, et a d'ailleurs gagné l'Oscar du meilleur court métrage en 2011. Ce dernier est inclus dans la VF sous la forme d'un DVD bonus... Vraiment sympa, j'ai personnellement lu l'album en VO, et j'ai dû débourser 5 euros pour télécharger le film sur iTunes. Coup de chapeau à l'éditeur ! Je vous encourage vivement à découvrir ce superbe album. Filez aussi lire notre interview de Shaun Tan.
Photo de la Favela
Des albums comme celui-ci, j’en redemande ! L’aspect documentaire de « Photo de la Favela » est intéressant au possible, mais sans devenir trop technique ou barbant. L’auteur met en effet le côté humain en avant, et la lecture est aisée et plaisante. On découvre cette cité fascinante au travers les yeux naïfs d’un enfant, mais l’enfant grandit, et son point de vue change. Son attachement à ce quartier et son entêtement à vouloir le photographier, le faire découvrir au monde, finit par porter ses fruits et faire de lui un photographe de renom. L’album se conclut d’ailleurs sur une sélection de superbes photos (je vous en ai mis deux dans la galerie) Le dessin en noir et blanc « arrondi » possède un charme indéniable. Les personnages presque « cartoon » sont facilement reconnaissables. On peut toutefois noter des petits soucis de lisibilité sur certains plans rapprochés, mais rien de bien grave. « Photo de la Favela » est un témoignage poignant, une bouffée d’air frais et d’optimisme, et une histoire très humaine. Avis aux fans de BD reportage !
Le Jeu de Pourpre
Le jeu de pourpre m’a envouté du début à la fin. C’est tout d’abord peut-être à cause de l’exotisme qui s’en dégage : nous sommes sur les hauteurs de l’Himalaya à une période ancestrale. Mais surtout à cause du caractère mystique de l’intrigue. Makyo a inventé toute une religion avec son histoire, sa mythologie et ses implications politiques. Et c’est proprement génial : non seulement c’est plein d’imagination et aussi délirant que dans un scénario de Jodorowsky mais c’est aussi parfaitement cohérent de a à z. Le tout est bouclé sans aucune longueur en quatre tomes qui peuvent se lire d’une traite. Le dessin de Rocco est réaliste, classique et irréprochable. Il met en valeur avec sobriété ce très beau scénario. Un chef d’œuvre en quatre tomes pour 15 € dans sa version intégrale petit format (les planches ne souffrent pas trop de la réduction), on peut difficilement faire mieux en rapport qualité/prix. Indispensable.