Tâchez de quitter cette terre en l'ayant rendue meilleure que vous l'avez trouvée, et quand votre tour viendra de mourir, vous mourrez heureux en pensant que, en chaque occasion, vous n'avez pas perdu votre temps, mais que vous avez fait de votre mieux. C'est par cette citation de Robert Stephenson Baden-Powell que commencent innocemment les aventures de Paul au parc.
C'est le septième tome de la série des Paul et nous faisons un retour sur son enfance. Nous avons là le meilleur car l'auteur qui livre un récit autobiographique semble être à son apogée quant à la maturité de l'écriture avec cette recherche constante de la simplicité. Il réussit à nous faire vivre tout ces petits rien qui rappelle l'enfance sur fond de crise du fameux Octobre noir québécois avec une grande Histoire qui rejoint la petite. Nous plongerons également dans le monde du scoutisme avec la découverte de valeurs telles que l'amitié, le partage ou encore la solidarité. Sous des couverts très légers, l'auteur aborde des thématiques politiques très sérieuses. On sera fort loin des clichés habituels.
Et puis, et surtout, il y aura cette fin plus que tragique alors qu'on ne s'y attendait pas. La phrase introductive livrera tout son sens. On sort totalement atterré par une telle lecture qui reste authentique en dépit de tout. Une œuvre qui séduit et qui nous prend par les tripes. Une explosion inattendue qui touchera en plein cœur les lecteurs. C'est l'album à lire de toute urgence !
De la belle ouvrage quand même ! C'est simple, simplissime dans sa conception, même. Aucune fioriture dans le dessin, un début qui annonce la fin de chaque strip, et hop !
Mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? C'est désuet, mais terriblement concret. C'est efficace. Hop ! Hop ! Hop !
Et c’est drôle (d'un humour plus ou moins noir), ce qui est le plus important, non ? La morale, qui conclut souvent les strips pourrait être édifiante. Mais elle n’est que réjouissante. Ou pas. Mais on a envie de lire la page suivante.
Francis veut, fait, rêve, échoue, mais on suit ses courtes pérégrinations, en connaissant d’avance la fin, qui justifie les moyens. Et hop ! Francis nous a fait passer de bons moments.
Quelle fraîcheur ! C’est simplement bon, et on en redemande. Et on vous en conseille la lecture!
Ce bouquin fait partie des œuvres nécessaires au devoir de mémoire. Dans notre village, le 11 novembre est célébré avec les enfants de l'école pour perpétuer et passer le témoin de la (re)connaissance de l'horreur. C'est une bonne chose (à mes yeux). Mais il ne faut pas pour autant se dédouaner des passages obscures de notre passé et c'est en cela que je remercie l'auteur de ce livre que je ne connaissais pas au demeurant. Et merci aussi à EP de sortir ce genre d'ouvrage, cette politique éditoriale est tout à leur honneur et j'apprécie de plus en plus cette maison d'édition.
Le chapitre illustré par cette BD est bien sombre, l'internement des Tsiganes dans ce camp de concentration. Mais l'auteur s'en empare en documentant merveilleusement bien son bouquin. Je ne suis pas fan du dessin, trop fouillis pour moi malgré une qualité de trait indéniable. Pour autant, ce n'est pas dérangeant du tout bien au contraire. C'est une œuvre majeure à lire, faire lire, faire découvrir, pour qu'à l'heure de certains discours nauséabonds, nous restions vigilants aux valeurs que nous laissons.
Comme Ems et Erik l'ont souligné dans leur post, au delà de l'environnement historique se pose bien évidemment la question du choix individuel devant l'indicible mais aussi celle d'une lutte muette mais ferme contre tous les abus, et ce à tout moment (ici dans l'immédiat après guerre, moment de flottement et de tension forte qui a vu des exactions abominables.
La BD sort grandie par ce type de livre. Merci
J'avais beaucoup aimé les Chroniques Birmanes, qui malgré quelques défauts (à mes yeux) révélaient une critique fine et intelligente de la junte du Myanmar. C'est avec grand appétit que je me suis plongé dans cette chronique nord coréenne.
On retrouve le trait simpliste de l'auteur mais pour autant très efficace car il ne prend pas le dessus sur le propos, il le souligne avec malice et à propos.
La grande différence avec l'opus que j'ai découvert avant, réside dans l'humour mieux manié encore (était-ce possible). Comme je l'avais souligné, cette patte québécoise dans le traitement humoristique de faits dramatiques est exceptionnelle. Le rapprochement 1984/Corée du Nord, tout est dit dans cette approche.
On retrouve avec joie également cette relation à l'autre, tantôt absurde, tantôt égoïste qui faisait le sel des Chroniques. Et cette fois, je pense que le background est plus causant pour les occidentaux et nettement plus présent. Du coup, c'est en tout cas mon ressenti, on est peut-être plus conscient du despotisme ambiant.
Décidément, Delisle est un auteur que je prends plaisir à découvrir et dont l'œuvre prendra une grande place dans ma biblio personnelle.
Après "Petite souris... grosse bêtise", le duo gagnant Dauvillier/Kokor nous propose une nouvelle BD sur les peurs/jeux de l'enfance.
Cette fois-ci c'est le thème du copain imaginaire, ce substitut onirique lorsque la solitude est trop grande pour l'enfant... Manon subit son antagonisme quotidien avec son frère jumeau, et s'invente donc un ami, un éléphant blanc, qui loge dans son placard. elle le retrouve lorsqu'elle se sent mal, seule, un peu mise à l'écart. Ensemble ils discutent, ils jouent, ils se font des mamours. Ce n'est pas gnangnan, accessible à tous, et comme d'habitude, superbement écrit.
Après nous avoir enchantés lors de leur première collaboration, Kokor en remet une couche dans l'illustration de cette petite histoire, dans un style qui rappelle celui de divers livres illustrés pour enfants, avec une mise en scène aérée en trois bandes.
Fortement recommandé pour les parents et leurs enfants à l'imagination fertile...
Le premier commentaire que j'ai eu à la lecture de cette BD, c'est "Ahh ! C'est moche !"
Et effectivement, cette BD n'a pas beaucoup pour elle visuellement parlant : le dessin est franchement passable, à la limite du moche souvent, les couleurs sont atroces, les yeux souffrent dans la lecture. Pour autant, il faut souligner que les cases sont bien faites, autant dans la composition que dans les cadrages ou les expressions. Mais c'est moche !
Ajouté à cela une narration qui privilégie énormément les textes, faisant des bulles énormes, souvent mélangées, ce qui ralentit considérablement la lecture, alors que l'on recherche l'ordre des textes, et surtout, qu'est-ce qu'il faut lire !
Et pourtant, j'ai adoré cette BD ! Aussi incroyable que cela puisse paraitre, je l'ai trouvée extraordinaire.
Déjà, il faut souligner que Lauzier est un auteur qui est passé par Philosophie, ce qui se ressent pas mal d'ailleurs. Car cette BD, c'est philosophie et réflexion à la clé !
La grande force de Lauzier, c'est d'avoir su distiller tout au long du récit un humour très fin et souvent inattendu, ce qui permet d'éviter la satire sociale lourde et pesante. Ici la finesse du propos est admirable.
Car l'allègement du propos est nécessaire ! En faisant une sorte de chronique de société sur cet homme qui fait sa crise de la trentaine, Lauzier passe la société au vitriol, et c'est pas joli.
Le résumé le plus simple serait : "Tous pourris". Car ici, tout le monde en prend pour son grade, chacun a ses côtés sombres, ses lâchetés et ses faiblesses, et surtout avec ses envies, ses aspirations. Le monde est rempli d'ambitieux, et pour y arriver, chacun est prêt à bouffer l'autre. Une jungle, où l'homme redevient animal.
Ce qui est frappant, c'est le côté non-héroïque du protagoniste : entre le discours moralisateurs à deux sous qu'il nous sert dans les premières pages, ses considérations dans les suivantes et son ego démesuré qui transparait dans toutes les pages, il n'est pas fait pour paraitre gentil. Et que dire des relations avec sa femme (en fait, avec LES femmes !).
Et pourtant, plus le récit avance, et plus on se prend de pitié pour ce garçon qui finalement est juste "banal", pas bon ni mauvais, juste "banal", comme le dit si bien Natacha. On le plaint, on se rend compte qu'il est rentré dans un monde qu'il ne connaissait pas et qu'il allait se faire bouffer.
Je trouve que cette BD est acide à tout les étages. D'aucuns y voient une critique du monde Show-biz, personnellement j'y vois une critique des cadres moyens également, ainsi que des artistes. Après tout, le protagoniste n'est qu'une victime au début. Un choc au moment où il se remet en question, le dérapage est amorcé.
Cette BD est vraiment intéressante à plus d'un niveau. Car si l'humour prédomine, on sent aussi la volonté de faire une histoire plus humaine, et les moments de tendresse sont assez beaux (notamment cette superbe scène où le héros demande à sa fille si il est méchant. Sublime). De même, certains passages semblent cruels, très poussés dans la méchanceté, mais toujours avec un humour grince-dent par dessus. Un cocktail que j'ai trouvé détonnant.
Et surtout, quelle morale ! Sublime ! Ces pages finales, réunissant tous les protagonistes (ou presque) dans une débauche de sourires faux-cul, de paillettes et de mondanités, dans une foule anonyme et pourtant tellement présente, envahissante. Un final en beauté pour une oeuvre qui le méritait.
En somme, j'ai été conquis par cette BD. Une réflexion et une dénonciation très efficace, qui n'a pas tellement vieilli quand on considère son âge canonique de 34 ans ! Toujours autant d'actualité, ce passage à vide alors qu'un monde merveilleux semble être au bout de nos doigts. Mais le paradis n'existe pas ici-bas ! Le monde est crapuleux et mauvais, partout où nous sommes. Seulement on le masque des fois plus qu'on ne le croit.
Une œuvre qui mérite un 4/5 largement, mais je ne mettrais pas un 5/5 pour les raisons évoquées au début, qui gâchent franchement le tout.
Lisez-le, je pense qu'elle en vaut largement la peine ! En tout cas, elle a su me combler.
Quel plaisir!
Jusque là je n'étais adepte que de la franco-belge et j'ai choisi Ikigami, Monster et Quartier lointain (grâce aux avis de notre site préféré !) pour me lancer dans le manga. Autant avec les 2 autres je savais ne prendre aucun risque, autant avec Ikigami (seulement 2 avis postés à l'époque) je ne savais pas où j'allais.
Bien m'en a pris, et c'est pourquoi je poste aujourd'hui car cette série vaut le détour.
Je ne suis pas spécialiste de manga mais l'histoire est cohérente et bien menée, le dessin colle parfaitement à l'ambiance et au scénario et j'ai beaucoup aimé le format de 2 épisodes par histoire.
Pour moi le fait que la série s'arrête en 10 tomes est plutôt une bonne chose, les auteurs manga ont parfois tendance à un peu trop s'enflammer et j'ai peur que l'on ait fini par tourner en rond.
A découvrir sans hésiter.
Que dire ?! Quand le dessin magnifiquement maîtrisé met en lumière un scénario aussi prenant et bien huilé on ne peut que s'incliner devant tant de talent.
Tout y est : des personnages bien choisis aux traits psychologiques intéressants. Une histoire passionnante, une ambiance à couper le souffle. Jamais BD ne m'avait tant fait rentrer dans une histoire.
A ne pas rater!
Blast
Blast, premier tome… juste superbe.
Manu Larcenet est un artiste, un vrai. Depuis « Ex Abrupto » j’en suis convaincu et Blast ne fait que rajouter de l’eau à mon moulin.
Chaque planche est superbe. Ce petit pavé est tout en noir en blanc, excepté les fameux blast. Mais d’un noir et blanc riche de nuances.
Chaque case ressemble à une esquisse, faite d’aquarelles, de jets de peintures savamment utilisés. Pour moi c’est un vrai régal pour les yeux.
Niveau scénario, Larcenet tape fort là aussi.
On part à la limite du thriller, où on soupçonne des choses pas très belles et les infos n’arrivent qu’au compte gouttes. Mais le rythme est habile, nous laissant à cette limite de la frustration qui fait que l’on dévore l’histoire.
J’ai été tenu en haleine du début à la fin.
Ce premier tome ne semble être qu’une introduction, une mise en bouche à ce qui va suivre. J’ai hâte…
Après la lecture du troisième tome, force est de constater que Blast est la nouvelle œuvre majeure de Larcenet. Et force est de constater qu’il est fort ce Larcenet !
Graphiquement, Larcenet ne lâche rien sur la durée (objectivement, peut être un petit coup de mou sur le début du second tome où Polza a des traits un peu plus grossiers, mais celui qui a perdu sa femme, ne viendra pas la chercher là.). Tout est là pour appuyer la force de ce récit : les dessins d’enfants pour le Blast, ces représentations majestueuses des moaï qui envahissent les case de leurs présences, ces gros plans sur Polza qui nous livre sa version des faits (dont la teneur nous est encore bien obscure).
A ce stade Larcenet gère son scénario de main de maître, avec des informations livrées avec une grande justesse, qui nous donne envie d’en savoir plus, mais de se laisser bercer par le rythme de narration de Polza. Larcenet illustre parfaitement ici que l’important n’est pas le bout du chemin, mais le voyage qui nous y mène. Il alterne habilement des scènes d’une rare force (cette image cauchemardesque faite par Polza de ce père qui tient son enfant dans les bras un couteau à la main m’a vraiment frappé par sa froideur et le côté glaçant d’une telle situation.)
Il nous est livré à chaque tome une galerie de personnages marquants autour desquels va s’articuler un pan de la narration de Polza.
Là encore, vivement la suite…
Agréable petit moment de lecture que celui offert par ce diptyque.
L’histoire n’est plus à présenter et même si vous n’avez pas lu le roman, vous savez de quoi il retourne. A titre personnel, j’ai lu le roman… que je trouvais bon mais court. Une adaptation sous la forme d’un diptyque me semblait donc intéressante (les récits courts étant à mon avis plus faciles à adapter que les romans fleuves).
Ce sont deux auteurs espagnols qui s’y collent et le moins que je puisse dire, c’est qu’ils s’en sortent avec les honneurs.
Tout d’abord, il y a ce trait. Sombre, caricatural, expressif et hachuré. Ce style convient parfaitement à l’histoire. Les hachures nous rappellent les gravures de l’époque, la noirceur des planches reflète celle de l’âme de mr Hyde, le trait caricatural assure toute l’expressivité nécessaire aux personnages de ce récit. Parfois, les planches sont un peu trop sombres et il est alors difficile de discerner les détails du dessin, c’est là le seul reproche que je puisse formuler vis-à-vis du travail de Pere Mejan.
Le scénario est très fidèle au roman, quand bien même il n’en est pas une copie conforme (ce qu'il n'est pas loin d'être tout de même). Le travail d’adaptation est soigné et j’ai retrouvé le charme du récit de Stevenson.
Je me demanderai toujours si le suspense aurait fonctionné au cas où je n’aurais jamais entendu parler de cette histoire. Question sans réponse puisque, comme je le disais, tout le monde (ou presque) connait la trame générale de ce récit. Ici, bien sûr, il s’agit plutôt d’apprécier la progression dramatique et la reconstitution historique, et ce fut mon cas.
Pas mal du tout, et même très proche d’un franchement bien. Il ne s’agirait pas d’une « simple » adaptation, j’aurais d’ailleurs sans doute opté pour cette dernière cote. Avis aux amateurs du genre.
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Paul au parc
Tâchez de quitter cette terre en l'ayant rendue meilleure que vous l'avez trouvée, et quand votre tour viendra de mourir, vous mourrez heureux en pensant que, en chaque occasion, vous n'avez pas perdu votre temps, mais que vous avez fait de votre mieux. C'est par cette citation de Robert Stephenson Baden-Powell que commencent innocemment les aventures de Paul au parc. C'est le septième tome de la série des Paul et nous faisons un retour sur son enfance. Nous avons là le meilleur car l'auteur qui livre un récit autobiographique semble être à son apogée quant à la maturité de l'écriture avec cette recherche constante de la simplicité. Il réussit à nous faire vivre tout ces petits rien qui rappelle l'enfance sur fond de crise du fameux Octobre noir québécois avec une grande Histoire qui rejoint la petite. Nous plongerons également dans le monde du scoutisme avec la découverte de valeurs telles que l'amitié, le partage ou encore la solidarité. Sous des couverts très légers, l'auteur aborde des thématiques politiques très sérieuses. On sera fort loin des clichés habituels. Et puis, et surtout, il y aura cette fin plus que tragique alors qu'on ne s'y attendait pas. La phrase introductive livrera tout son sens. On sort totalement atterré par une telle lecture qui reste authentique en dépit de tout. Une œuvre qui séduit et qui nous prend par les tripes. Une explosion inattendue qui touchera en plein cœur les lecteurs. C'est l'album à lire de toute urgence !
Francis
De la belle ouvrage quand même ! C'est simple, simplissime dans sa conception, même. Aucune fioriture dans le dessin, un début qui annonce la fin de chaque strip, et hop ! Mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? C'est désuet, mais terriblement concret. C'est efficace. Hop ! Hop ! Hop ! Et c’est drôle (d'un humour plus ou moins noir), ce qui est le plus important, non ? La morale, qui conclut souvent les strips pourrait être édifiante. Mais elle n’est que réjouissante. Ou pas. Mais on a envie de lire la page suivante. Francis veut, fait, rêve, échoue, mais on suit ses courtes pérégrinations, en connaissant d’avance la fin, qui justifie les moyens. Et hop ! Francis nous a fait passer de bons moments. Quelle fraîcheur ! C’est simplement bon, et on en redemande. Et on vous en conseille la lecture!
Tsiganes
Ce bouquin fait partie des œuvres nécessaires au devoir de mémoire. Dans notre village, le 11 novembre est célébré avec les enfants de l'école pour perpétuer et passer le témoin de la (re)connaissance de l'horreur. C'est une bonne chose (à mes yeux). Mais il ne faut pas pour autant se dédouaner des passages obscures de notre passé et c'est en cela que je remercie l'auteur de ce livre que je ne connaissais pas au demeurant. Et merci aussi à EP de sortir ce genre d'ouvrage, cette politique éditoriale est tout à leur honneur et j'apprécie de plus en plus cette maison d'édition. Le chapitre illustré par cette BD est bien sombre, l'internement des Tsiganes dans ce camp de concentration. Mais l'auteur s'en empare en documentant merveilleusement bien son bouquin. Je ne suis pas fan du dessin, trop fouillis pour moi malgré une qualité de trait indéniable. Pour autant, ce n'est pas dérangeant du tout bien au contraire. C'est une œuvre majeure à lire, faire lire, faire découvrir, pour qu'à l'heure de certains discours nauséabonds, nous restions vigilants aux valeurs que nous laissons. Comme Ems et Erik l'ont souligné dans leur post, au delà de l'environnement historique se pose bien évidemment la question du choix individuel devant l'indicible mais aussi celle d'une lutte muette mais ferme contre tous les abus, et ce à tout moment (ici dans l'immédiat après guerre, moment de flottement et de tension forte qui a vu des exactions abominables. La BD sort grandie par ce type de livre. Merci
Pyongyang
J'avais beaucoup aimé les Chroniques Birmanes, qui malgré quelques défauts (à mes yeux) révélaient une critique fine et intelligente de la junte du Myanmar. C'est avec grand appétit que je me suis plongé dans cette chronique nord coréenne. On retrouve le trait simpliste de l'auteur mais pour autant très efficace car il ne prend pas le dessus sur le propos, il le souligne avec malice et à propos. La grande différence avec l'opus que j'ai découvert avant, réside dans l'humour mieux manié encore (était-ce possible). Comme je l'avais souligné, cette patte québécoise dans le traitement humoristique de faits dramatiques est exceptionnelle. Le rapprochement 1984/Corée du Nord, tout est dit dans cette approche. On retrouve avec joie également cette relation à l'autre, tantôt absurde, tantôt égoïste qui faisait le sel des Chroniques. Et cette fois, je pense que le background est plus causant pour les occidentaux et nettement plus présent. Du coup, c'est en tout cas mon ressenti, on est peut-être plus conscient du despotisme ambiant. Décidément, Delisle est un auteur que je prends plaisir à découvrir et dont l'œuvre prendra une grande place dans ma biblio personnelle.
Mon copain secret
Après "Petite souris... grosse bêtise", le duo gagnant Dauvillier/Kokor nous propose une nouvelle BD sur les peurs/jeux de l'enfance. Cette fois-ci c'est le thème du copain imaginaire, ce substitut onirique lorsque la solitude est trop grande pour l'enfant... Manon subit son antagonisme quotidien avec son frère jumeau, et s'invente donc un ami, un éléphant blanc, qui loge dans son placard. elle le retrouve lorsqu'elle se sent mal, seule, un peu mise à l'écart. Ensemble ils discutent, ils jouent, ils se font des mamours. Ce n'est pas gnangnan, accessible à tous, et comme d'habitude, superbement écrit. Après nous avoir enchantés lors de leur première collaboration, Kokor en remet une couche dans l'illustration de cette petite histoire, dans un style qui rappelle celui de divers livres illustrés pour enfants, avec une mise en scène aérée en trois bandes. Fortement recommandé pour les parents et leurs enfants à l'imagination fertile...
La Course du rat
Le premier commentaire que j'ai eu à la lecture de cette BD, c'est "Ahh ! C'est moche !" Et effectivement, cette BD n'a pas beaucoup pour elle visuellement parlant : le dessin est franchement passable, à la limite du moche souvent, les couleurs sont atroces, les yeux souffrent dans la lecture. Pour autant, il faut souligner que les cases sont bien faites, autant dans la composition que dans les cadrages ou les expressions. Mais c'est moche ! Ajouté à cela une narration qui privilégie énormément les textes, faisant des bulles énormes, souvent mélangées, ce qui ralentit considérablement la lecture, alors que l'on recherche l'ordre des textes, et surtout, qu'est-ce qu'il faut lire ! Et pourtant, j'ai adoré cette BD ! Aussi incroyable que cela puisse paraitre, je l'ai trouvée extraordinaire. Déjà, il faut souligner que Lauzier est un auteur qui est passé par Philosophie, ce qui se ressent pas mal d'ailleurs. Car cette BD, c'est philosophie et réflexion à la clé ! La grande force de Lauzier, c'est d'avoir su distiller tout au long du récit un humour très fin et souvent inattendu, ce qui permet d'éviter la satire sociale lourde et pesante. Ici la finesse du propos est admirable. Car l'allègement du propos est nécessaire ! En faisant une sorte de chronique de société sur cet homme qui fait sa crise de la trentaine, Lauzier passe la société au vitriol, et c'est pas joli. Le résumé le plus simple serait : "Tous pourris". Car ici, tout le monde en prend pour son grade, chacun a ses côtés sombres, ses lâchetés et ses faiblesses, et surtout avec ses envies, ses aspirations. Le monde est rempli d'ambitieux, et pour y arriver, chacun est prêt à bouffer l'autre. Une jungle, où l'homme redevient animal. Ce qui est frappant, c'est le côté non-héroïque du protagoniste : entre le discours moralisateurs à deux sous qu'il nous sert dans les premières pages, ses considérations dans les suivantes et son ego démesuré qui transparait dans toutes les pages, il n'est pas fait pour paraitre gentil. Et que dire des relations avec sa femme (en fait, avec LES femmes !). Et pourtant, plus le récit avance, et plus on se prend de pitié pour ce garçon qui finalement est juste "banal", pas bon ni mauvais, juste "banal", comme le dit si bien Natacha. On le plaint, on se rend compte qu'il est rentré dans un monde qu'il ne connaissait pas et qu'il allait se faire bouffer. Je trouve que cette BD est acide à tout les étages. D'aucuns y voient une critique du monde Show-biz, personnellement j'y vois une critique des cadres moyens également, ainsi que des artistes. Après tout, le protagoniste n'est qu'une victime au début. Un choc au moment où il se remet en question, le dérapage est amorcé. Cette BD est vraiment intéressante à plus d'un niveau. Car si l'humour prédomine, on sent aussi la volonté de faire une histoire plus humaine, et les moments de tendresse sont assez beaux (notamment cette superbe scène où le héros demande à sa fille si il est méchant. Sublime). De même, certains passages semblent cruels, très poussés dans la méchanceté, mais toujours avec un humour grince-dent par dessus. Un cocktail que j'ai trouvé détonnant. Et surtout, quelle morale ! Sublime ! Ces pages finales, réunissant tous les protagonistes (ou presque) dans une débauche de sourires faux-cul, de paillettes et de mondanités, dans une foule anonyme et pourtant tellement présente, envahissante. Un final en beauté pour une oeuvre qui le méritait. En somme, j'ai été conquis par cette BD. Une réflexion et une dénonciation très efficace, qui n'a pas tellement vieilli quand on considère son âge canonique de 34 ans ! Toujours autant d'actualité, ce passage à vide alors qu'un monde merveilleux semble être au bout de nos doigts. Mais le paradis n'existe pas ici-bas ! Le monde est crapuleux et mauvais, partout où nous sommes. Seulement on le masque des fois plus qu'on ne le croit. Une œuvre qui mérite un 4/5 largement, mais je ne mettrais pas un 5/5 pour les raisons évoquées au début, qui gâchent franchement le tout. Lisez-le, je pense qu'elle en vaut largement la peine ! En tout cas, elle a su me combler.
Ikigami - Préavis de mort
Quel plaisir! Jusque là je n'étais adepte que de la franco-belge et j'ai choisi Ikigami, Monster et Quartier lointain (grâce aux avis de notre site préféré !) pour me lancer dans le manga. Autant avec les 2 autres je savais ne prendre aucun risque, autant avec Ikigami (seulement 2 avis postés à l'époque) je ne savais pas où j'allais. Bien m'en a pris, et c'est pourquoi je poste aujourd'hui car cette série vaut le détour. Je ne suis pas spécialiste de manga mais l'histoire est cohérente et bien menée, le dessin colle parfaitement à l'ambiance et au scénario et j'ai beaucoup aimé le format de 2 épisodes par histoire. Pour moi le fait que la série s'arrête en 10 tomes est plutôt une bonne chose, les auteurs manga ont parfois tendance à un peu trop s'enflammer et j'ai peur que l'on ait fini par tourner en rond. A découvrir sans hésiter.
Universal War One
Que dire ?! Quand le dessin magnifiquement maîtrisé met en lumière un scénario aussi prenant et bien huilé on ne peut que s'incliner devant tant de talent. Tout y est : des personnages bien choisis aux traits psychologiques intéressants. Une histoire passionnante, une ambiance à couper le souffle. Jamais BD ne m'avait tant fait rentrer dans une histoire. A ne pas rater!
Blast
Blast Blast, premier tome… juste superbe. Manu Larcenet est un artiste, un vrai. Depuis « Ex Abrupto » j’en suis convaincu et Blast ne fait que rajouter de l’eau à mon moulin. Chaque planche est superbe. Ce petit pavé est tout en noir en blanc, excepté les fameux blast. Mais d’un noir et blanc riche de nuances. Chaque case ressemble à une esquisse, faite d’aquarelles, de jets de peintures savamment utilisés. Pour moi c’est un vrai régal pour les yeux. Niveau scénario, Larcenet tape fort là aussi. On part à la limite du thriller, où on soupçonne des choses pas très belles et les infos n’arrivent qu’au compte gouttes. Mais le rythme est habile, nous laissant à cette limite de la frustration qui fait que l’on dévore l’histoire. J’ai été tenu en haleine du début à la fin. Ce premier tome ne semble être qu’une introduction, une mise en bouche à ce qui va suivre. J’ai hâte… Après la lecture du troisième tome, force est de constater que Blast est la nouvelle œuvre majeure de Larcenet. Et force est de constater qu’il est fort ce Larcenet ! Graphiquement, Larcenet ne lâche rien sur la durée (objectivement, peut être un petit coup de mou sur le début du second tome où Polza a des traits un peu plus grossiers, mais celui qui a perdu sa femme, ne viendra pas la chercher là.). Tout est là pour appuyer la force de ce récit : les dessins d’enfants pour le Blast, ces représentations majestueuses des moaï qui envahissent les case de leurs présences, ces gros plans sur Polza qui nous livre sa version des faits (dont la teneur nous est encore bien obscure). A ce stade Larcenet gère son scénario de main de maître, avec des informations livrées avec une grande justesse, qui nous donne envie d’en savoir plus, mais de se laisser bercer par le rythme de narration de Polza. Larcenet illustre parfaitement ici que l’important n’est pas le bout du chemin, mais le voyage qui nous y mène. Il alterne habilement des scènes d’une rare force (cette image cauchemardesque faite par Polza de ce père qui tient son enfant dans les bras un couteau à la main m’a vraiment frappé par sa froideur et le côté glaçant d’une telle situation.) Il nous est livré à chaque tome une galerie de personnages marquants autour desquels va s’articuler un pan de la narration de Polza. Là encore, vivement la suite…
L'Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Agréable petit moment de lecture que celui offert par ce diptyque. L’histoire n’est plus à présenter et même si vous n’avez pas lu le roman, vous savez de quoi il retourne. A titre personnel, j’ai lu le roman… que je trouvais bon mais court. Une adaptation sous la forme d’un diptyque me semblait donc intéressante (les récits courts étant à mon avis plus faciles à adapter que les romans fleuves). Ce sont deux auteurs espagnols qui s’y collent et le moins que je puisse dire, c’est qu’ils s’en sortent avec les honneurs. Tout d’abord, il y a ce trait. Sombre, caricatural, expressif et hachuré. Ce style convient parfaitement à l’histoire. Les hachures nous rappellent les gravures de l’époque, la noirceur des planches reflète celle de l’âme de mr Hyde, le trait caricatural assure toute l’expressivité nécessaire aux personnages de ce récit. Parfois, les planches sont un peu trop sombres et il est alors difficile de discerner les détails du dessin, c’est là le seul reproche que je puisse formuler vis-à-vis du travail de Pere Mejan. Le scénario est très fidèle au roman, quand bien même il n’en est pas une copie conforme (ce qu'il n'est pas loin d'être tout de même). Le travail d’adaptation est soigné et j’ai retrouvé le charme du récit de Stevenson. Je me demanderai toujours si le suspense aurait fonctionné au cas où je n’aurais jamais entendu parler de cette histoire. Question sans réponse puisque, comme je le disais, tout le monde (ou presque) connait la trame générale de ce récit. Ici, bien sûr, il s’agit plutôt d’apprécier la progression dramatique et la reconstitution historique, et ce fut mon cas. Pas mal du tout, et même très proche d’un franchement bien. Il ne s’agirait pas d’une « simple » adaptation, j’aurais d’ailleurs sans doute opté pour cette dernière cote. Avis aux amateurs du genre.