Je serais peut-être un peu long mais pas autant qu'il le faudrait pour vanter les mérites de cette superbe série.
Comme l'a dit sagera dans son post (un peu plus bas) il est rare que la collaboration soit abordée en bande dessinée . Mais pas seulement en bd , c'est souvent le cas dans tous les genres, on parle plus souvent de résistance à l'occupant que de collaboration(même si c'est un peu moins le cas aujourd'hui que dans les années 60 à 80 ).
Traiter de collaboration équivaut à faire resurgir dans les mémoires la période la plus noire de l'histoire de France. L'occupation, la collaboration,la participation française à la déportation des Juifs sont restées durant une longue période des "sujets tabous". Aujourd'hui encore ces faits peuvent embarrasser certaines personnes.
Joseph Joanovici est une personnalité qui a été accusée de collaboration , c'est donc un personnage controversé de l'histoire de France et c'est sans doute pour cela que cette série est intéressante à lire et je dirai même vivement conseillée (par moi même , la plupart des posteurs de ce site et même par la revue Historia).
Comme le rappelle Fabien Nury Joanovici a quand même aidé la résistance mais malheureusement il avait profité de l'occupation pour s'enrichir(comme beaucoup d'autres).
Cette série jette un pavé dans la mare car elle peut faire comprendre aux lecteurs qu'à cette époque il était difficile de choisir son camp et de survivre.
Henri Lafont (le chef de la Carlingue , surnom de la Gestapo française) a dit à un de ces avocats qu'il avait choisi la Gestapo car il ne connaissait pas de résistants et qu'il ne savait pas ce que c'était.
C'est sans doute pour cela que ce thème est encore aujourd'hui difficile à aborder car si la situation se reproduisait est ce que tous les Français choisiraient le "bon camp"?
La série écrite par l'excellent scénariste qu'est Fabien Nury est vraiment une réussite car elle nous permet de retourner dans cette France d'avant, pendant et d'aprés guerre avec toutes ces horreurs qu'elle a pu connaître , comme la collaboration, la déportation , l'épuration.
Il mêle l'histoire à la fiction avec brio, je pense en particulier aux scènes qui mettent en présence Joanovici au docteur Pétiot , elles sont absolument ahurissantes ( je ne suis pas sûr que ces deux personnages se soient plusieurs fois croisés , en tout cas je ne l'ai vu écrit nulle part, dans ce que j'ai lu bien sûr).
En ce qui concerne le dessin je ne pense pas qu'un autre style de dessin aurait aussi bien collé à l'histoire que celui de Sylvain Vallée. Les personnages sont tous d'un réalisme impressionnant.
Comment faire autrement que de conseiller la lecture et même l'achat de cette magnifique série qui n'est rien d'autre à mon sens qu'un remarquable travail de mémoire sur une période troublée et que tous doivent connaître.
1h40 en semaine, la nuit… CETTE nuit… Plus un bruit dans ma rue, tout le monde semble endormi…
Alors que je devrais l’être également depuis longtemps, la curiosité d’ouvrir la belle intégrale du Réseau Bombyce obsède mes pensées…
J’y trouve beaucoup de similitudes… Dans ce Bordeaux intemporel aux accents industriels de début de XXème siècle, Eustache et Mouche, deux montes-en-l ’air discrets et doués, profitent de la sérénité de leur ville pour y commettre des larcins via un système de câblage unique reliant les bâtiments entre eux.
Malheureusement ce qu’ils sont sur le point de trouver va leur ramener plus d’ennuis que de monnaie trébuchante en poche.. Un film interdit où de respectables notables s’adonnent au viol collectif sur des demoiselles d’une autre classe sociale avant de les achever dans la plus vaine cruauté…
Dès lors les deux compagnons n’auront de cesse d’échapper à un complot tentaculaire qui va bouleverser leurs vies respectives. Le réseau Bombyce, comme la « rousse », cette police locale les surnomme, va devoir jouer serré pour déjouer les pièges tendus par un nombre incalculable de prédateurs quitte à faire ressurgir le passé et remettre leurs propres convictions en jeu …
Difficile d’en dire davantage sans déflorer un scénario original mais clairement basé sur le désespoir d’une lutte inégale. Ce qu’il faut retenir de cette aventure concocté par le doué Cecil adoubé par un Corbeyran pas encore très connu et reconnu pour l’époque de sa parution initiale, c’est la force d’un récit qui vous happe dans un univers inédit, imaginaire et merveilleux mais qui s’effrite dès qu’on en relève les porosités et autres vices cachés.
Le duo inhabituel du grand farfadet romantique, Eustache et du petit nain mutilé, Mouche fait justement… mouche. Les dialogues sont ciselés au couteau pour nous faire apprécier un énième buddy movie avec des personnages charismatiques auquel tout peut arriver, l’action comme l’inattendu sous des relents de violence mal maitrisés. On peut ressortir éprouvé de cette lecture qui ne laisse peu de chance au hasard tout comme au destin inéluctable de cette guerre sociale et sombre.
Ce mélange de sentiments, d’action et de vengeance s’articule dans un univers steampunk suggéré et omniprésent mais jamais pesant pour le lecteur. Corbeyran ayant quitté l’aventure à l’issue du second tome pour des divergences diverses avec Cecil, ce dernier rectifie le tir d’une histoire partie pour s’étaler en offrant un dernier opus qui règle les comptes, soulève quelques surprises et en profite pour parfaire ses dessins, ses couleurs et une histoire qu’il inscrit dans le marbre.
Car il est impossible de refermer le bouquin sans y repenser un seul moment, charmé ou horrifié de tant de péripéties qui sont finalement uniques au 9ème art. Œuvre malade ou amputée pour certains ou parfait coup de cœur graphique et narratif, le réseau Bombyce ne laisse personne indifférent et c’est bien là tout sa force. Un bel ouvrage définitif que j’aurais pu facilement zapper et qui peut rester dispensable mais qui a tout à fait sa place dans ma collection et que je ne regrette pas un moment d’avoir lu. Une seconde lecture approfondira ce ressenti, un ressenti digne du Peter Pan de Loisel et qui en fait une œuvre contrariée, peut-être, vivante et cruelle surement. A recommander sans hésitations, il est grand temps pour moi de me coucher dans l’espoir de retrouver un peu de la magie et de la poésie macabre du réseau Bombyce dans des ouvrages de cette qualité…
Finalement terriblement humain et pas formaté…
Une "série" qui nous fait voir les super héros sous un jour différent.
Le scénario est plutôt sombre, addictif mais surtout très bien ficelé. Nous voilà devant une sorte d'enquète policière au déroulement atypique puisque menée sous la forme d'une alternance de moments passés et présents.
Chaque personnage y joue un role prépondérant et ils possèdent tous une psychologie propre et recherchée.
Le thème colle bien avec l'actualité de l'époque (milieu des années 80), cette peur de l'apocalypse nucléaire en pleine guerre froide qui traduit une sorte de sentiment de malaise que l'on ressent souvent dans les oeuvres de Moore.
Le seul défaut réside pour moi dans les dessins qui ne s'avèrent au demeurant pas mauvais mais d'un style assez vieillot et avec des couleurs beaucoup trop "flashy" à mon goût.
Bref, nous voilà devant une histoire de super héros aussi époustouflante que peu banale et comme seul Alan Moore sait les écrire. Un ensemble qui aurait pu atteindre la perfection si les dessins avaient été à la hauteur de ce scénario tout simplement génial du début à la fin.
Pour mon centième avis posté sur le site, j’ai eu envie de marquer le coup, symboliquement, en choisissant une série déjà multi-avisée, archi-connue, mais qui a gardé pour moi toute la fraîcheur de la nouveauté.
C’est aussi un hommage à René Goscinny. Qui a beaucoup fait pour sortir la bande dessinée du créneau d’édification bien pensante de la jeunesse où elle était souvent confinée. Qui a beaucoup fait pour faire connaître des auteurs très différents (et aussi très différents de ce qu’il faisait ou aimait) au travers du magazine Pilote. Qui a porté très haut la créativité de scénarii dans des séries très populaires – et à juste titre. Et qui a enrichi l’imaginaire de tout un chacun de personnages, d’expressions, qui le rendent inoubliable alors même que son nom s’estompe pour les générations actuelles.
Mais comme il ne s’agit pas ici de dresser des statues, mais d’aviser une série d’albums, entrons dans le vif d’un sujet toujours bien vivant : Astérix. La mère de toutes les lectures de bandes dessinées pour moi. Dont j’ai emprunté les premiers à ma bibliothèque municipale, le mercredi après midi, puis que j’ai lu, relu, rerelu après que mes parents me les aient tous achetés. Je suis donc tombé dedans quand j’étais petit et, comme Obélix, j’en redemande !
Le dessin d’Uderzo, qui a évolué comme d’autres grandes séries vers une forme plus "ronde" , plus aboutie et dynamique, est je trouve un très bon complément au texte. Une réelle symbiose entre les deux s’était établie.
En fait, ce qui fait le succès d’Astérix, c’est avant tout les scénarii de Goscinny – ce que sa disparition en 1977 a cruellement démontré, eu égard à l’affadissement total de la série qui semble parfois être « tombée sur la tête », pour paraphraser une des dernières catastrophes parues sous ce nom.
En effet, comme pour d’autres séries (Lucky Luke ou Iznogoud par exemple), Goscinny a emporté l’âme d’Astérix dans sa tombe…dans laquelle il doit se retourner régulièrement en voyant ce que « ça » donne…
Ces scénarii justement, bourrés d’allusions aux « people » (même si ce terme est anachronique), aux actualités, aux modes de l’époque, comment se fait-il que cinquante ans plus tard ils se révèlent encore « adaptés » à un lectorat qui s’est singulièrement renouvelé ? Et comment expliquer que le succès de ce héros franchouillard ait été presque équivalent en Allemagne ?
C’est que Goscinny, au-delà de quelques écarts, avait sans doute atteint à l’intemporel, à l’universel dans l’humour (comme on peut le dire et le vérifier, toutes proportions gardées, de Chaplin). Au passage, plus que d’aventure, c’est plutôt dans la catégorie humour que je rangerais cette série dans les « immanquables » du site…
En matière d’humour, Goscinny joue sur les anachronismes (qui sont autant de clins d’œil adressés au lecteur), sur la pseudo érudition expliquant l’étymologie de noms de lieux ou de personnes, sur les clichés ancrés dans l’imaginaire collectif… En fait, si Astérix a réussi à toucher toutes les générations, de 7 à 77 ans pour utiliser le slogan d’un grand concurrent, c’est aussi qu’il propose plusieurs degrés de lecture. C’est une mine dont on n’extrait les trésors qu’au fur et à mesure que nous avons à disposition les outils pour le faire.
Mes relectures s’espacent – j’espère toujours, sans succès, arriver à en oublier les histoires, pour pouvoir bénéficier à nouveau de la surprise d’un gag, d’une réplique, d’une situation. Mais si la surprise n’est plus là, le plaisir est lui toujours intact, et le rire aussi. C’est aussi pour moi la première lecture (et relecture !) que j’ai partagée avec mon fils, ce qui nous vaut régulièrement des fous rires alimentés par ce plaisir commun.
Sur le grand nombre d’albums, tous n’atteignent pas la note maximum que j’attribue à la série (je souhaite ne noter ici que la période Goscinny donc !). Mais franchement, on en est rarement loin.
Par contre, beaucoup de chefs d’œuvre du genre. La liste de mes albums préférés est bien longue, je n’en citerai que quelques uns, dans le désordre : « Astérix et Cléopâtre » (qui a permis à Alain Chabat de montrer qu’on pouvait - à condition d’avoir du talent, servir et renouveler l’œuvre sans la trahir) ; « Astérix aux jeux olympiques » ( qui a permis de montrer qu’on pouvait – à condition de ne pas avoir d’idée et/ou de talent, rendre insipide au cinéma un album très drôle et le trahir), « Le cadeau de César » ; « Le domaine des dieux » ; « Astérix et le chaudron » , « Le bouclier arverne », « Astérix en Corse », « Les lauriers de César », « La zizanie », « Le devin », etc … enfin bref, de quoi graver quelques titres sur le menhir d’Obélix !
Les personnages entourant le héros, même secondaires, sont excellents : les habitants du village, très typés et sources de gags récurrents (le village et ses « habitudes » étant lui-même une sorte de personnage), César (qui sur-joue)… Et dans chaque album, quelques créations savoureuses (les centurions d’ « Astérix légionnaire » ; Pépé ; Tullius Detritus…).
Quant au héros, Astérix, il n’a pas cette image de perfection, de sérieux qui colle à Tintin. Même si Obélix est là pour insuffler une part de folie, de surprise, Astérix garde assez de malice pour ne pas être un personnage trop fat.
A noter que, comme souvent, le cinéma n’a pas forcément rendu service à cette série. Les dessins animés « figent » les personnages et ne sont le plus souvent qu’une version « faibles » des albums (même si plusieurs ne s’en sortent pas si mal) – et « Les douze travaux d’Astérix » me laissent la même impression, quand bien même Goscinny et Uderzo l’ont eux-mêmes dirigé. Les films, celui de Chabat mis à part (je n’ai pas vu le dernier, « Au service de sa majesté »), sont navrants et on ne peut qu’espérer que les jeunes qui les voient passeront outre et liront quand même les albums si ce n’est pas fait avant. Ces films renforcent le marchandising, déjà important du temps de Goscinny, mais qui atteint quand même aujourd’hui des sommets. En cela le personnage d’Astérix (parc d’attractions y compris) est un réel concurrent du grand cousin Mickey.
Bref, je ferme cette longue parenthèse, et rajoute mes quelques lignes de louanges aux nombreux avis précédents. Malgré ses défauts (que j’ai probablement en partie occultés, même s’il est vrai qu’ils sont essentiellement concentrés dans les derniers tomes), cette série peut sans conteste être qualifiée de culte, et mérite évidemment de multiples lectures !
Bien reçue et notée 5/5 !
Que voilà une petite série résolument sympathique à lire !
Le ton employé est proche de la perfection, pour moi, tant il est baigné de tendre ironie. Larcenet et Ferri se moquent d’eux-mêmes, de leurs proches et de leurs voisins avec une telle tendresse qu’ils parviennent à me faire aimer le genre humain jusque dans ses travers.
La structure hybride (des gags en demies planches s’enchainent pour construire une histoire suivie) est parfaitement maitrisée et peut servir de référence dans ce domaine.
Le dessin est simple et expressif. Un soin tout particulier semble avoir été accordé aux expressions du visage, et c’est important.
Au fil des tomes, la galerie s’enrichit de seconds rôles savoureux.
Avec un concept aussi étriqué (la vie quotidienne d’un auteur de bandes dessinées qui décide de s’installer à la campagne), le risque de rapidement tourner en rond était grand. Pourtant les auteurs parviennent constamment à me surprendre. Bien sûr, certains gags sont faciles, d’autres n’atteignent pas leur cible, mais la majorité d’entre eux m’a touché, tantôt en me faisant rire, tantôt par la tendresse qui s’en dégage.
Enfin, mention spéciale et pensée émue à Francis Cabrel, victime innocente de la série…
Franchement bien !!
Tome 1
Grandiose ce nouveau cycle du troisième testament.
Pourtant, j'ai eu peur en débutant la lecture : cela commencait comme "Quo Vadis", le roman de Henryk Sienkiewicz (le triomphe d'un général à Rome, l'idée de brûler la Rome éternelle , faire porter la responsabilité aux chrétiens....) puis se transformait en "Ben-Hur" avec la déchéance de Julius, le tout sur un fond de naissance du christianisme, sans oublier la fille naïve... bref que du déjà vu.
Mais le scénario de Dorison et d'Alex Alice vient tellement apporter de méandres dans ce récit qu'on en oublie les références à ces péplums pour évoluer plus vers une histoire mystérieuse que vers une aventure classique.
Et que dire des dessins de Robin Recht à la fois si proche de l'ambiance défini par Alex Alice dans le précédent cycle mais aussi très personnel. Quelques scènes font d'ailleurs écho à certaines situations du livre IV du Troisième Testament : le combat sur le pic de Nigmigiv et celui de Julius avec l'énigmatique et imperturbable chrétien. Le dessin de Recht est beaucoup moins sombre que dans Totendom, avec des décors et personnages beaucoup plus travaillés.
Je vous invite à dévorer ces 80 premières pages d'une saga qui, avec ce premier volume, sera aussi fascinante que le précédent cycle.
Tome 2
Je suis un inconditionnel du « Troisième testament », que je relis régulièrement depuis des années. Aussi, je me suis précipité vers le pré quel dès sa parution.
J’avoue que j’ai eu du mal à m’habituer au dessin de Thimothée Montaigne, après celui de Robin Recht , dessinateur du premier volume: un encrage plus épais, un dessin moins fouillé mais au fil des pages, j’ai oublié ces petites imperfections et la comparaison avec le trait de Recht, pour me concentrer sur l’histoire. En effet, grâce aux couleurs de François Lapierre, les différences finissent par s’estomper.
En outre, des mises en pages originales et soignées (l’entrée dans Babylone, par exemple) rappellent les mises en scène osées de « Julius #1 »
Avec ce second volume, intitulé bizarrement « la révélation 1/2 », nous suivons la quête de Sar Ha Sarim à travers le désert. Certes, nous n’avançons pas beaucoup dans cette recherche du « Troisième testament » mais cette errance dans le désert nous permet de faire le parallèle entre la vie de Jésus et de ce (nouveau ?) Prophète. Le scénario est assez intrigant pour nous donner envie de connaitre la suite.
Pour autant, il a fallu que les éditions Glénat lancent un coffret réunissant l’album et le making-of de 108 pages pour me convaincre d’acheter cette deuxième partie (le changement de dessinateur, le changement de pagination, et sans doute un nombre d’albums encore non définis pour clore cette série m’ayant à première vue refroidit), grand collectionneur devant l’éternel et admirateur de crayonnés en noir et blanc que je suis !
Car c’est un supplément de grande qualité édité par Glénat, avec page de gauche le storyboard d’Alex Alice, et page de droite, les recherches et crayonnés de Thimothée Montaigne.
Un régal pour les yeux , un must pour les collectionneurs
Une agréable lecture.
Après ma grosse déception sur Habibi, j'avais un peu peur de me lancer dans cette entreprise.
En fait, ce pavé de près de 600 pages est très fluide à lire, et d'ailleurs je l'ai lu sur une seule journée.
L'histoire est touchante, pas toujours passionnante sur certains passages, mais on sent bien le côté authentique et autobiographique de cette tranche de vie de Craig Thompson.
Je me suis identifié à lui sur certains sentiments: la cruauté des enfants/ados à l'école, la remise en cause des écrits religieux, avec une très belle phrase en fin d'ouvrage (page 549 si je me souviens bien), qui signifie qu'il est très peu probable que la pensée de Dieu soit transmise sous une forme matérielle.
Les sentiments sont bien exprimés, soit sous forme de dialogue, soit plus finement, et souvent remarquablement, sous forme imagée.
Graphiquement, c'est un superbe noir et blanc, qui ressemble beaucoup au trait que l'on peut voir dans Habibi, avec des effets graphiques sur des doubles-pages, des arabesques, des dessins de vitraux d'église.
Une franche réussite, qui me réconcilie avec cet auteur.
(194)
Cela faisait longtemps que j'avais lu une série aussi drôle ! Bon, j'avoue que j'ai un peu moins accroché au deuxième tome (qui contient tout de même des moments sympathiques), mais le premier tome est tellement génial que je m'en fiche pas mal car cela faisait longtemps que je n'avais pas rigolé comme ça.
J'aime surtout la manière dont l'auteur montre la différence entre ce que montre Hollywood et la réalité. C'est à la fois drôle, éducatif et rempli d'imagination. Je ne savais jamais quel serait le prochain sujet abordé et j'aime être surpris.
Le dessin est franchement bon et le personnage de la scientifique avec une moustache est très drôle. Vraiment une des meilleures bandes dessinées humoristiques de ces dernières années.
C'est une chouette rêverie que nous présente ici Stanislas, dans la collection Patte de mouche, dont le format est parfaitement adapté à ce court récit onirique et muet.
C'est une histoire simple, qui se lit vite, très vite, et qu'on relit aussi vite je trouve. Une belle découverte, et un coup de coeur pour ma première lecture de Stanislas !
J’adore « Okko » et pourtant l’appellation « culte » serait presque un peu excessive car les scénarios ne sont pas intrinsèquement originaux. Le premier cycle table sur les vampires, le second sur les zombies et le troisième surtout sur la magie. Ma préférence, pour l’instant, va au « cycle de l’eau », qui est à mes yeux le plus original et aussi peut-être parce qu’étant le tout premier, on y découvre l’univers « Okko ». Le « cycle de la terre » est plus classique et l’impression de déjà-vu est furieusement présente. Quant au « cycle de l’air », plus surprenant que le précédent, il comporte un peu trop de combats, à mon goût évidemment, mais ce n’est pas gênant car le plaisir visuel prend le relais.
Malgré ces « tous petits défauts », à mettre impérativement entre guillemets, il y a une ambiance particulière qui fait que je suis totalement tombée sous le charme de cette série.
Charme dû aux personnages attachants et originaux, et à une dose de fantastique bien dosée et présente quasiment à chaque instant du récit. Ce Japon issu d’une autre dimension, ponctué de mots et de titres japonais, malgré son haut niveau de fantastique m’a paru presque réel, et il a été extrêmement jouissif de m’y balader.
Le graphisme évidemment y est pour beaucoup, je n’aurai cependant qu’un seul et unique reproche. Dans les premiers tomes la colorisation a tendance à être ton sur ton, les décors et personnages se confondent un peu trop par moments, ce qui n’est plus du tout le cas dans le « cycle de l’air » que je trouve parfait à tous les niveaux.
La seule chose qui manque à cette série c’est son édition en Format de Luxe, comme celui sorti pour Long John Silver. J’ai vu et possède même quelques Tirages de Tête en noir et blanc, et bien que le dessin soit très beau, la colorisation lui apporte, à mes yeux, un plus non négligeable, mettant en valeur chaque détail des décors et habillements des personnages, et qui nous propulsent totalement dans ce monde magique et hypnotique.
Le cycle du feu
Une autre bonne aventure en compagnie d'Okko et de sa troupe, bien que le feu ne soit pas suffisamment présent dans le récit à mon goût, surtout dans le second tome, où il est quasiment absent.
En ce qui concerne le dessin, le papier du tome 8 est plus mat et le rendu moins lumineux. Par ailleurs la colorisation est sensiblement différente des tomes précédents, les couleurs ne sont pas tout à fait les mêmes, moins raffinées je dirais, avec l'apport d'un bleu presque désagréable car il détonne trop et devient agaçant.
Je laisse ma note maximale, car je suis une inconditionnelle de cet univers, mais j'espère que pour le cycle du vide le visuel sera de même facture que les tomes 1 à 7, car s'il suit la pente du tome 8, je serai forcément un peu déçue.
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Il était une fois en France
Je serais peut-être un peu long mais pas autant qu'il le faudrait pour vanter les mérites de cette superbe série. Comme l'a dit sagera dans son post (un peu plus bas) il est rare que la collaboration soit abordée en bande dessinée . Mais pas seulement en bd , c'est souvent le cas dans tous les genres, on parle plus souvent de résistance à l'occupant que de collaboration(même si c'est un peu moins le cas aujourd'hui que dans les années 60 à 80 ). Traiter de collaboration équivaut à faire resurgir dans les mémoires la période la plus noire de l'histoire de France. L'occupation, la collaboration,la participation française à la déportation des Juifs sont restées durant une longue période des "sujets tabous". Aujourd'hui encore ces faits peuvent embarrasser certaines personnes. Joseph Joanovici est une personnalité qui a été accusée de collaboration , c'est donc un personnage controversé de l'histoire de France et c'est sans doute pour cela que cette série est intéressante à lire et je dirai même vivement conseillée (par moi même , la plupart des posteurs de ce site et même par la revue Historia). Comme le rappelle Fabien Nury Joanovici a quand même aidé la résistance mais malheureusement il avait profité de l'occupation pour s'enrichir(comme beaucoup d'autres). Cette série jette un pavé dans la mare car elle peut faire comprendre aux lecteurs qu'à cette époque il était difficile de choisir son camp et de survivre. Henri Lafont (le chef de la Carlingue , surnom de la Gestapo française) a dit à un de ces avocats qu'il avait choisi la Gestapo car il ne connaissait pas de résistants et qu'il ne savait pas ce que c'était. C'est sans doute pour cela que ce thème est encore aujourd'hui difficile à aborder car si la situation se reproduisait est ce que tous les Français choisiraient le "bon camp"? La série écrite par l'excellent scénariste qu'est Fabien Nury est vraiment une réussite car elle nous permet de retourner dans cette France d'avant, pendant et d'aprés guerre avec toutes ces horreurs qu'elle a pu connaître , comme la collaboration, la déportation , l'épuration. Il mêle l'histoire à la fiction avec brio, je pense en particulier aux scènes qui mettent en présence Joanovici au docteur Pétiot , elles sont absolument ahurissantes ( je ne suis pas sûr que ces deux personnages se soient plusieurs fois croisés , en tout cas je ne l'ai vu écrit nulle part, dans ce que j'ai lu bien sûr). En ce qui concerne le dessin je ne pense pas qu'un autre style de dessin aurait aussi bien collé à l'histoire que celui de Sylvain Vallée. Les personnages sont tous d'un réalisme impressionnant. Comment faire autrement que de conseiller la lecture et même l'achat de cette magnifique série qui n'est rien d'autre à mon sens qu'un remarquable travail de mémoire sur une période troublée et que tous doivent connaître.
Le Réseau Bombyce
1h40 en semaine, la nuit… CETTE nuit… Plus un bruit dans ma rue, tout le monde semble endormi… Alors que je devrais l’être également depuis longtemps, la curiosité d’ouvrir la belle intégrale du Réseau Bombyce obsède mes pensées… J’y trouve beaucoup de similitudes… Dans ce Bordeaux intemporel aux accents industriels de début de XXème siècle, Eustache et Mouche, deux montes-en-l ’air discrets et doués, profitent de la sérénité de leur ville pour y commettre des larcins via un système de câblage unique reliant les bâtiments entre eux. Malheureusement ce qu’ils sont sur le point de trouver va leur ramener plus d’ennuis que de monnaie trébuchante en poche.. Un film interdit où de respectables notables s’adonnent au viol collectif sur des demoiselles d’une autre classe sociale avant de les achever dans la plus vaine cruauté… Dès lors les deux compagnons n’auront de cesse d’échapper à un complot tentaculaire qui va bouleverser leurs vies respectives. Le réseau Bombyce, comme la « rousse », cette police locale les surnomme, va devoir jouer serré pour déjouer les pièges tendus par un nombre incalculable de prédateurs quitte à faire ressurgir le passé et remettre leurs propres convictions en jeu … Difficile d’en dire davantage sans déflorer un scénario original mais clairement basé sur le désespoir d’une lutte inégale. Ce qu’il faut retenir de cette aventure concocté par le doué Cecil adoubé par un Corbeyran pas encore très connu et reconnu pour l’époque de sa parution initiale, c’est la force d’un récit qui vous happe dans un univers inédit, imaginaire et merveilleux mais qui s’effrite dès qu’on en relève les porosités et autres vices cachés. Le duo inhabituel du grand farfadet romantique, Eustache et du petit nain mutilé, Mouche fait justement… mouche. Les dialogues sont ciselés au couteau pour nous faire apprécier un énième buddy movie avec des personnages charismatiques auquel tout peut arriver, l’action comme l’inattendu sous des relents de violence mal maitrisés. On peut ressortir éprouvé de cette lecture qui ne laisse peu de chance au hasard tout comme au destin inéluctable de cette guerre sociale et sombre. Ce mélange de sentiments, d’action et de vengeance s’articule dans un univers steampunk suggéré et omniprésent mais jamais pesant pour le lecteur. Corbeyran ayant quitté l’aventure à l’issue du second tome pour des divergences diverses avec Cecil, ce dernier rectifie le tir d’une histoire partie pour s’étaler en offrant un dernier opus qui règle les comptes, soulève quelques surprises et en profite pour parfaire ses dessins, ses couleurs et une histoire qu’il inscrit dans le marbre. Car il est impossible de refermer le bouquin sans y repenser un seul moment, charmé ou horrifié de tant de péripéties qui sont finalement uniques au 9ème art. Œuvre malade ou amputée pour certains ou parfait coup de cœur graphique et narratif, le réseau Bombyce ne laisse personne indifférent et c’est bien là tout sa force. Un bel ouvrage définitif que j’aurais pu facilement zapper et qui peut rester dispensable mais qui a tout à fait sa place dans ma collection et que je ne regrette pas un moment d’avoir lu. Une seconde lecture approfondira ce ressenti, un ressenti digne du Peter Pan de Loisel et qui en fait une œuvre contrariée, peut-être, vivante et cruelle surement. A recommander sans hésitations, il est grand temps pour moi de me coucher dans l’espoir de retrouver un peu de la magie et de la poésie macabre du réseau Bombyce dans des ouvrages de cette qualité… Finalement terriblement humain et pas formaté…
Watchmen
Une "série" qui nous fait voir les super héros sous un jour différent. Le scénario est plutôt sombre, addictif mais surtout très bien ficelé. Nous voilà devant une sorte d'enquète policière au déroulement atypique puisque menée sous la forme d'une alternance de moments passés et présents. Chaque personnage y joue un role prépondérant et ils possèdent tous une psychologie propre et recherchée. Le thème colle bien avec l'actualité de l'époque (milieu des années 80), cette peur de l'apocalypse nucléaire en pleine guerre froide qui traduit une sorte de sentiment de malaise que l'on ressent souvent dans les oeuvres de Moore. Le seul défaut réside pour moi dans les dessins qui ne s'avèrent au demeurant pas mauvais mais d'un style assez vieillot et avec des couleurs beaucoup trop "flashy" à mon goût. Bref, nous voilà devant une histoire de super héros aussi époustouflante que peu banale et comme seul Alan Moore sait les écrire. Un ensemble qui aurait pu atteindre la perfection si les dessins avaient été à la hauteur de ce scénario tout simplement génial du début à la fin.
Astérix
Pour mon centième avis posté sur le site, j’ai eu envie de marquer le coup, symboliquement, en choisissant une série déjà multi-avisée, archi-connue, mais qui a gardé pour moi toute la fraîcheur de la nouveauté. C’est aussi un hommage à René Goscinny. Qui a beaucoup fait pour sortir la bande dessinée du créneau d’édification bien pensante de la jeunesse où elle était souvent confinée. Qui a beaucoup fait pour faire connaître des auteurs très différents (et aussi très différents de ce qu’il faisait ou aimait) au travers du magazine Pilote. Qui a porté très haut la créativité de scénarii dans des séries très populaires – et à juste titre. Et qui a enrichi l’imaginaire de tout un chacun de personnages, d’expressions, qui le rendent inoubliable alors même que son nom s’estompe pour les générations actuelles. Mais comme il ne s’agit pas ici de dresser des statues, mais d’aviser une série d’albums, entrons dans le vif d’un sujet toujours bien vivant : Astérix. La mère de toutes les lectures de bandes dessinées pour moi. Dont j’ai emprunté les premiers à ma bibliothèque municipale, le mercredi après midi, puis que j’ai lu, relu, rerelu après que mes parents me les aient tous achetés. Je suis donc tombé dedans quand j’étais petit et, comme Obélix, j’en redemande ! Le dessin d’Uderzo, qui a évolué comme d’autres grandes séries vers une forme plus "ronde" , plus aboutie et dynamique, est je trouve un très bon complément au texte. Une réelle symbiose entre les deux s’était établie. En fait, ce qui fait le succès d’Astérix, c’est avant tout les scénarii de Goscinny – ce que sa disparition en 1977 a cruellement démontré, eu égard à l’affadissement total de la série qui semble parfois être « tombée sur la tête », pour paraphraser une des dernières catastrophes parues sous ce nom. En effet, comme pour d’autres séries (Lucky Luke ou Iznogoud par exemple), Goscinny a emporté l’âme d’Astérix dans sa tombe…dans laquelle il doit se retourner régulièrement en voyant ce que « ça » donne… Ces scénarii justement, bourrés d’allusions aux « people » (même si ce terme est anachronique), aux actualités, aux modes de l’époque, comment se fait-il que cinquante ans plus tard ils se révèlent encore « adaptés » à un lectorat qui s’est singulièrement renouvelé ? Et comment expliquer que le succès de ce héros franchouillard ait été presque équivalent en Allemagne ? C’est que Goscinny, au-delà de quelques écarts, avait sans doute atteint à l’intemporel, à l’universel dans l’humour (comme on peut le dire et le vérifier, toutes proportions gardées, de Chaplin). Au passage, plus que d’aventure, c’est plutôt dans la catégorie humour que je rangerais cette série dans les « immanquables » du site… En matière d’humour, Goscinny joue sur les anachronismes (qui sont autant de clins d’œil adressés au lecteur), sur la pseudo érudition expliquant l’étymologie de noms de lieux ou de personnes, sur les clichés ancrés dans l’imaginaire collectif… En fait, si Astérix a réussi à toucher toutes les générations, de 7 à 77 ans pour utiliser le slogan d’un grand concurrent, c’est aussi qu’il propose plusieurs degrés de lecture. C’est une mine dont on n’extrait les trésors qu’au fur et à mesure que nous avons à disposition les outils pour le faire. Mes relectures s’espacent – j’espère toujours, sans succès, arriver à en oublier les histoires, pour pouvoir bénéficier à nouveau de la surprise d’un gag, d’une réplique, d’une situation. Mais si la surprise n’est plus là, le plaisir est lui toujours intact, et le rire aussi. C’est aussi pour moi la première lecture (et relecture !) que j’ai partagée avec mon fils, ce qui nous vaut régulièrement des fous rires alimentés par ce plaisir commun. Sur le grand nombre d’albums, tous n’atteignent pas la note maximum que j’attribue à la série (je souhaite ne noter ici que la période Goscinny donc !). Mais franchement, on en est rarement loin. Par contre, beaucoup de chefs d’œuvre du genre. La liste de mes albums préférés est bien longue, je n’en citerai que quelques uns, dans le désordre : « Astérix et Cléopâtre » (qui a permis à Alain Chabat de montrer qu’on pouvait - à condition d’avoir du talent, servir et renouveler l’œuvre sans la trahir) ; « Astérix aux jeux olympiques » ( qui a permis de montrer qu’on pouvait – à condition de ne pas avoir d’idée et/ou de talent, rendre insipide au cinéma un album très drôle et le trahir), « Le cadeau de César » ; « Le domaine des dieux » ; « Astérix et le chaudron » , « Le bouclier arverne », « Astérix en Corse », « Les lauriers de César », « La zizanie », « Le devin », etc … enfin bref, de quoi graver quelques titres sur le menhir d’Obélix ! Les personnages entourant le héros, même secondaires, sont excellents : les habitants du village, très typés et sources de gags récurrents (le village et ses « habitudes » étant lui-même une sorte de personnage), César (qui sur-joue)… Et dans chaque album, quelques créations savoureuses (les centurions d’ « Astérix légionnaire » ; Pépé ; Tullius Detritus…). Quant au héros, Astérix, il n’a pas cette image de perfection, de sérieux qui colle à Tintin. Même si Obélix est là pour insuffler une part de folie, de surprise, Astérix garde assez de malice pour ne pas être un personnage trop fat. A noter que, comme souvent, le cinéma n’a pas forcément rendu service à cette série. Les dessins animés « figent » les personnages et ne sont le plus souvent qu’une version « faibles » des albums (même si plusieurs ne s’en sortent pas si mal) – et « Les douze travaux d’Astérix » me laissent la même impression, quand bien même Goscinny et Uderzo l’ont eux-mêmes dirigé. Les films, celui de Chabat mis à part (je n’ai pas vu le dernier, « Au service de sa majesté »), sont navrants et on ne peut qu’espérer que les jeunes qui les voient passeront outre et liront quand même les albums si ce n’est pas fait avant. Ces films renforcent le marchandising, déjà important du temps de Goscinny, mais qui atteint quand même aujourd’hui des sommets. En cela le personnage d’Astérix (parc d’attractions y compris) est un réel concurrent du grand cousin Mickey. Bref, je ferme cette longue parenthèse, et rajoute mes quelques lignes de louanges aux nombreux avis précédents. Malgré ses défauts (que j’ai probablement en partie occultés, même s’il est vrai qu’ils sont essentiellement concentrés dans les derniers tomes), cette série peut sans conteste être qualifiée de culte, et mérite évidemment de multiples lectures ! Bien reçue et notée 5/5 !
Le Retour à la terre
Que voilà une petite série résolument sympathique à lire ! Le ton employé est proche de la perfection, pour moi, tant il est baigné de tendre ironie. Larcenet et Ferri se moquent d’eux-mêmes, de leurs proches et de leurs voisins avec une telle tendresse qu’ils parviennent à me faire aimer le genre humain jusque dans ses travers. La structure hybride (des gags en demies planches s’enchainent pour construire une histoire suivie) est parfaitement maitrisée et peut servir de référence dans ce domaine. Le dessin est simple et expressif. Un soin tout particulier semble avoir été accordé aux expressions du visage, et c’est important. Au fil des tomes, la galerie s’enrichit de seconds rôles savoureux. Avec un concept aussi étriqué (la vie quotidienne d’un auteur de bandes dessinées qui décide de s’installer à la campagne), le risque de rapidement tourner en rond était grand. Pourtant les auteurs parviennent constamment à me surprendre. Bien sûr, certains gags sont faciles, d’autres n’atteignent pas leur cible, mais la majorité d’entre eux m’a touché, tantôt en me faisant rire, tantôt par la tendresse qui s’en dégage. Enfin, mention spéciale et pensée émue à Francis Cabrel, victime innocente de la série… Franchement bien !!
Le Troisième Testament - Julius
Tome 1 Grandiose ce nouveau cycle du troisième testament. Pourtant, j'ai eu peur en débutant la lecture : cela commencait comme "Quo Vadis", le roman de Henryk Sienkiewicz (le triomphe d'un général à Rome, l'idée de brûler la Rome éternelle , faire porter la responsabilité aux chrétiens....) puis se transformait en "Ben-Hur" avec la déchéance de Julius, le tout sur un fond de naissance du christianisme, sans oublier la fille naïve... bref que du déjà vu. Mais le scénario de Dorison et d'Alex Alice vient tellement apporter de méandres dans ce récit qu'on en oublie les références à ces péplums pour évoluer plus vers une histoire mystérieuse que vers une aventure classique. Et que dire des dessins de Robin Recht à la fois si proche de l'ambiance défini par Alex Alice dans le précédent cycle mais aussi très personnel. Quelques scènes font d'ailleurs écho à certaines situations du livre IV du Troisième Testament : le combat sur le pic de Nigmigiv et celui de Julius avec l'énigmatique et imperturbable chrétien. Le dessin de Recht est beaucoup moins sombre que dans Totendom, avec des décors et personnages beaucoup plus travaillés. Je vous invite à dévorer ces 80 premières pages d'une saga qui, avec ce premier volume, sera aussi fascinante que le précédent cycle. Tome 2 Je suis un inconditionnel du « Troisième testament », que je relis régulièrement depuis des années. Aussi, je me suis précipité vers le pré quel dès sa parution. J’avoue que j’ai eu du mal à m’habituer au dessin de Thimothée Montaigne, après celui de Robin Recht , dessinateur du premier volume: un encrage plus épais, un dessin moins fouillé mais au fil des pages, j’ai oublié ces petites imperfections et la comparaison avec le trait de Recht, pour me concentrer sur l’histoire. En effet, grâce aux couleurs de François Lapierre, les différences finissent par s’estomper. En outre, des mises en pages originales et soignées (l’entrée dans Babylone, par exemple) rappellent les mises en scène osées de « Julius #1 » Avec ce second volume, intitulé bizarrement « la révélation 1/2 », nous suivons la quête de Sar Ha Sarim à travers le désert. Certes, nous n’avançons pas beaucoup dans cette recherche du « Troisième testament » mais cette errance dans le désert nous permet de faire le parallèle entre la vie de Jésus et de ce (nouveau ?) Prophète. Le scénario est assez intrigant pour nous donner envie de connaitre la suite. Pour autant, il a fallu que les éditions Glénat lancent un coffret réunissant l’album et le making-of de 108 pages pour me convaincre d’acheter cette deuxième partie (le changement de dessinateur, le changement de pagination, et sans doute un nombre d’albums encore non définis pour clore cette série m’ayant à première vue refroidit), grand collectionneur devant l’éternel et admirateur de crayonnés en noir et blanc que je suis ! Car c’est un supplément de grande qualité édité par Glénat, avec page de gauche le storyboard d’Alex Alice, et page de droite, les recherches et crayonnés de Thimothée Montaigne. Un régal pour les yeux , un must pour les collectionneurs
Blankets - Manteau de neige
Une agréable lecture. Après ma grosse déception sur Habibi, j'avais un peu peur de me lancer dans cette entreprise. En fait, ce pavé de près de 600 pages est très fluide à lire, et d'ailleurs je l'ai lu sur une seule journée. L'histoire est touchante, pas toujours passionnante sur certains passages, mais on sent bien le côté authentique et autobiographique de cette tranche de vie de Craig Thompson. Je me suis identifié à lui sur certains sentiments: la cruauté des enfants/ados à l'école, la remise en cause des écrits religieux, avec une très belle phrase en fin d'ouvrage (page 549 si je me souviens bien), qui signifie qu'il est très peu probable que la pensée de Dieu soit transmise sous une forme matérielle. Les sentiments sont bien exprimés, soit sous forme de dialogue, soit plus finement, et souvent remarquablement, sous forme imagée. Graphiquement, c'est un superbe noir et blanc, qui ressemble beaucoup au trait que l'on peut voir dans Habibi, avec des effets graphiques sur des doubles-pages, des arabesques, des dessins de vitraux d'église. Une franche réussite, qui me réconcilie avec cet auteur. (194)
Tu mourras moins bête
Cela faisait longtemps que j'avais lu une série aussi drôle ! Bon, j'avoue que j'ai un peu moins accroché au deuxième tome (qui contient tout de même des moments sympathiques), mais le premier tome est tellement génial que je m'en fiche pas mal car cela faisait longtemps que je n'avais pas rigolé comme ça. J'aime surtout la manière dont l'auteur montre la différence entre ce que montre Hollywood et la réalité. C'est à la fois drôle, éducatif et rempli d'imagination. Je ne savais jamais quel serait le prochain sujet abordé et j'aime être surpris. Le dessin est franchement bon et le personnage de la scientifique avec une moustache est très drôle. Vraiment une des meilleures bandes dessinées humoristiques de ces dernières années.
La Chute de l'Ange
C'est une chouette rêverie que nous présente ici Stanislas, dans la collection Patte de mouche, dont le format est parfaitement adapté à ce court récit onirique et muet. C'est une histoire simple, qui se lit vite, très vite, et qu'on relit aussi vite je trouve. Une belle découverte, et un coup de coeur pour ma première lecture de Stanislas !
Okko
J’adore « Okko » et pourtant l’appellation « culte » serait presque un peu excessive car les scénarios ne sont pas intrinsèquement originaux. Le premier cycle table sur les vampires, le second sur les zombies et le troisième surtout sur la magie. Ma préférence, pour l’instant, va au « cycle de l’eau », qui est à mes yeux le plus original et aussi peut-être parce qu’étant le tout premier, on y découvre l’univers « Okko ». Le « cycle de la terre » est plus classique et l’impression de déjà-vu est furieusement présente. Quant au « cycle de l’air », plus surprenant que le précédent, il comporte un peu trop de combats, à mon goût évidemment, mais ce n’est pas gênant car le plaisir visuel prend le relais. Malgré ces « tous petits défauts », à mettre impérativement entre guillemets, il y a une ambiance particulière qui fait que je suis totalement tombée sous le charme de cette série. Charme dû aux personnages attachants et originaux, et à une dose de fantastique bien dosée et présente quasiment à chaque instant du récit. Ce Japon issu d’une autre dimension, ponctué de mots et de titres japonais, malgré son haut niveau de fantastique m’a paru presque réel, et il a été extrêmement jouissif de m’y balader. Le graphisme évidemment y est pour beaucoup, je n’aurai cependant qu’un seul et unique reproche. Dans les premiers tomes la colorisation a tendance à être ton sur ton, les décors et personnages se confondent un peu trop par moments, ce qui n’est plus du tout le cas dans le « cycle de l’air » que je trouve parfait à tous les niveaux. La seule chose qui manque à cette série c’est son édition en Format de Luxe, comme celui sorti pour Long John Silver. J’ai vu et possède même quelques Tirages de Tête en noir et blanc, et bien que le dessin soit très beau, la colorisation lui apporte, à mes yeux, un plus non négligeable, mettant en valeur chaque détail des décors et habillements des personnages, et qui nous propulsent totalement dans ce monde magique et hypnotique. Le cycle du feu Une autre bonne aventure en compagnie d'Okko et de sa troupe, bien que le feu ne soit pas suffisamment présent dans le récit à mon goût, surtout dans le second tome, où il est quasiment absent. En ce qui concerne le dessin, le papier du tome 8 est plus mat et le rendu moins lumineux. Par ailleurs la colorisation est sensiblement différente des tomes précédents, les couleurs ne sont pas tout à fait les mêmes, moins raffinées je dirais, avec l'apport d'un bleu presque désagréable car il détonne trop et devient agaçant. Je laisse ma note maximale, car je suis une inconditionnelle de cet univers, mais j'espère que pour le cycle du vide le visuel sera de même facture que les tomes 1 à 7, car s'il suit la pente du tome 8, je serai forcément un peu déçue.