Les derniers avis (9619 avis)

Par Pedrolito
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Come Prima
Come Prima

Il s'agit de la première oeuvre d'Alfred qu'il m'est donné de lire et elle a visé juste! Je ne peux que vous recommander vivement la lecture de ce Come Prima. On part sur une histoire basique, un road movie entre deux frères que la vie a séparés mais racontée avec un talent fou qu'on a l'impression de redécouvrir le genre! Dès l'entame les personnages touchent le lecteur pour ne plus jamais le lâcher, et l'apparition du père dans le texte vient fouetter le plus sentimentalo-réfractaire des lecteurs. La suite n'est que beauté scénaristique et graphique portée par une simplicité déconcertante... comme quoi, c'est simple après tout l'art de la bande dessinée! Je n'en raconterai guerre plus pour vous laisser dévorer cette oeuvre comme j'ai pu le faire. A noter une très très bonne utilisation du flashback. Bref, simplicité, émotion sont les maitres mots de ce Come Prima que je recommande les yeux fermés: une des oeuvres incontournables de cette année.

24/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Vito
Vito

Petit bijou au niveau du graphisme, Vito a également tout pour me plaire au niveau du scénario. Une histoire pleine de mystère, de personnages fantastiques et attachants, le tout servi par le superbe dessin de Stalner et ses décors sublimes et riches de la Sicile d'après-guerre. Après m'avoir déçue avec La Zone, grâce à ce scénario Stalner remonte entièrement dans mon estime. Dans le tome 2, le côté fantastique de l'histoire prend de l'ampleur. Certains mystères s'éclairent, d'autres apparaissent ou s'épaississent...bref, vivement la suite !

23/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Taches du Léopard
Les Taches du Léopard

Petit conte animalier de Kipling sur l'évolution (que je ne connaissais absolument pas - le conte, pas l'évolution), très bien revisité par Sean Tulien et Pedro Rodriguez. J'aime beaucoup l'interaction entre les personnages et le narrateur (qui énerve royalement les animaux), ça amène un petit plus comique à l'histoire. Le dessin de Pedro Rodriguez est très dynamique, expressif et enfantin. La bonne bouille de ses personnages peut faire penser aux dessins animés. Un album pour enfants (très bon moyen de leur faire aborder les classiques) mais qui peut très bien plaire aux adultes qui cherchent à passer un petit moment agréable. En tout cas moi j'ai passé un bon moment en le lisant. J'ajoute un coup de coeur pour le mettre un petit cran au dessus de l'autre titre dans la même série, La Peau du Rhinocéros.

23/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

Il ne se passe rien de particulier dans cette BD, pas vraiment de suspense, juste des tranches de vie toutes simples d'une maman et de son grand fils handicapé. Et pourtant une fois l'album commencé, je n'ai pas pu le lacher avant la fin. Parfois drôle, souvent émouvant mais jamais misérabiliste. Zidrou fait passer parfaitement tout l'amour que Catherine a pour "son gros bonhomme en chocolat". Même si la tâche est parfois difficile, surtout vu son grand âge, elle assumera son rôle de maman jusqu'au bout. Pour ce qui est du dessin, le trait très expressif de Roger montre à merveille toute l'émotion qui passe dans les visages et les yeux des protagonistes. Les couleurs sont tout en nuances, discrètes comme Catherine. Et puis mention particulière pour le titre que j'adore. J'avoue que c'est ça qui m'a intriguée et attirée en premier vers l'album. Très bel hommage à ces personnes de l'ombre qui se "battent" chaque jour pour rendre la vie plus facile et agréable aux personnes handicapées. Achat vivement conseillé !

23/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Rampokan
Rampokan

"Rampokan" nous propose une histoire peu connue. En France, nous avons vécu entre 1946 et 1962, deux conflits coloniaux, en Indochine, puis en Algérie. C'est peut-être pour cette raison que nous n'avons pas prêté attention à ceux de nos voisins européens, qui furent pourtant similaires par leur violence et par les déchirements qu’ils provoquèrent chez les colonisés comme chez les métropolitains. Les Néerlandais étaient présents en Indonésie depuis le XVIIe siècle et ils considéraient que l'archipel, dont ils avaient tiré de substantiels bénéfices depuis 300 ans, leur appartenait de droit. Quand les Japonais l'occupent en 1942, les nationalistes autochtones les accueillent en libérateurs ; d'ailleurs, dès la fin de la guerre, ils proclament leur indépendance. Mais les Pays-Bas, comme les autres pays d'Europe, ne comprennent pas que le temps du colonialisme est révolu. Ils envoient des troupes afin de rétablir l'ordre. Débute alors une de ces sales guerres d'indépendance, faite d'attentats sanglants, de représailles aveugles, de massacres, de tortures où la brutalité du colonisateur répond à l’intransigeance meurtrière des indépendantistes… Une guerre qui dure 3 ans pour parvenir à un résultat prévisible, puisque l'Indonésie obtient son indépendance en 1949. Voilà pour le contexte. La mère de l'auteur, Peter Van Dongen, a vécu ce conflit et c'est à partir de certains de ses souvenirs qu'il a construit l'histoire. Le personnage principal et un fils de colons blancs, piégé en Europe par la guerre, qui découvre avec le lecteur à quel point le paradis colonial de son enfance lui est devenu étranger en une petite décennie. Envoyé dans la colonie avec l'armée hollandaise à la fin de l’année 1946, il est le témoin et l'acteur impuissant d'une guerre perdue d'avance. Van Dongen dépeint avec justesse le crépuscule de l’empire hollandais à travers une galerie de personnages en demi-teinte, sans jamais sombrer dans le manichéisme ni la caricature. La société coloniale indonésienne est présentée avec toutes ses contradictions. À travers les deux albums de son récit, cette guerre devient l’archétype des guerres coloniales. Un beau récit, nuancé, vraiment touchant. Les dessins, en noir et blanc, relevés de plages ocre, font partie de l’école de la ligne claire, qui reste très vivante chez les néerlandophones. Le trait de Van Dongen, bien maîtrisé, rappelle le travail de Bob de Moor (Barelli), ou pour évoquer des auteurs plus récents, Eric Heuvel (Jennifer jones) ou Henk Kuijpers (Franka), sauf qu’ici, l’humour n’est pas vraiment de mise, même si certaines situations liées à l’absurdité de la société coloniale peuvent faire sourire. Cependant, les choix graphiques de l'auteur permettent surtout d’introduire une distance qui tempère judicieusement la violence de certaines scènes. Peter Van Dongen a obtenu plusieurs prix aux Pays-Bas pour cette œuvre. Il est regrettable que les éditions « Vertige Graphic », qui l’ont fait paraître en 2003-2005, n’aient pas réédité ces deux albums, qu'il faut aujourd’hui rechercher chez les bouquinistes. Rampokan est vraiment un beau diptyque, une histoire forte et originale servie par un dessin maîtrisé.

22/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Le Der des ders
Le Der des ders

Cette BD est l'adaptation d'un roman, et elle permet à Tardi de mêler deux genres dans lesquels il a lourdement fait ses preuves: tout d'abord le polar parisien, et ensuite la première guerre mondiale. J'ai suivi avec délectation l'enquête de notre cher Varlot. Je suis d'accord avec Mac Arthur sur la similitude assez flagrante avec Nestor Burma, d'ailleurs, en prenant cette BD je pensais que c'était une histoire de ce célèbre détective. Nous voilà donc habilement plongés dans le Paris des années 20, avec son argot, ses premières automobiles, ses soldats revenus du front...en plus ou moins bon état, sa mode vestimentaire avec les impers et casquettes...Bref le décor est bien planté, et j'ai adoré cette ballade virtuelle. Pour le coup, l'oeuvre a encore une vertu éducative, puisque j'ai appris certains détails historiques de l'époque. L'enquête en elle-même est relativement prenante, puisqu'il n'est pas du tout évident de trouver les motivations du client de Varlot, le détective privé, personnage principal, puis celles du tueur à la moitié de l'ouvrage. La fin vient nous cueillir elle-aussi à rebrousse-poil, sans que l'on puisse s'y attendre. Graphiquement, rien à redire, c'est là aussi du Tardi tout craché: un noir et blanc qui sied à merveille à cet univers, avec ces tronches si particulières. (260)

22/10/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monkey Bizness
Monkey Bizness

Je m’attendais à un peu mieux de ce duo atypique que forment Jack, le mandrill alcoolique sanguinaire et Hammerfist, le gorille intello au verbiage facile et à la patate lourde de conséquences. Je m’attendais à mieux mais cette série est loin d’être inintéressante, de par ses graphismes assez originaux, pleins de vitalité et par ses histoires à l’humour bien bourrin. Dans cet univers post-apocalyptique, les animaux ont pris le pouvoir et les quelques humains survivants sont cantonnés dans la forêt, à la périphérie de la ville, près du cratère radioactif où à eu lieu l’explosion du missile atomique. Cocasse de voir les humains traités par les animaux exactement de la même façon que nous traitons ceux-ci. L’histoire expliquant la genèse de ce monde tordu est celle qui m’a le plus intéressé et la mieux foutue de l’album à mon sens. Je me laisserais tout de même tenter par la suite, car la base est bonne et ce « sympathique » duo pourrait bien m’accrocher plus que cela.

21/10/2013 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

Je ne savais pas de quoi parlait cet album avant d'en commencer la lecture et ce titre à rallonge ne m'a pas aidé à me faire une idée. Mais dès les toutes première pages, j'ai plongé avec bonheur dans ce récit. Immédiatement il se dégage quelque chose grâce à un dessin merveilleux et a un style narratif très accrocheur. Il y a des BD comme ça où il suffit d'en lire 2 pages pour sentir qu'on va l'aimer. Celle là fait partie de cette catégorie. Il est question du quotidien d'une vieille dame qui s'occupe de son fils handicapé. Ce sujet à priori sensible et difficile est abordé de manière remarquable. Ce n'est pas larmoyant, le résultat est touchant juste ce qu'il faut. Mais attention on ne sort pas de cette lecture attristé, bien au contraire, on en sort avec le sourire. Cette façon de voir la vie du bon coté malgré ces difficultés nous offre des scènes étonnantes. Car si certains passages montrent évidemment des moments délicats, beaucoup d'autres surprennent par leur coté amusant et positif. C'est une des forces du récit : arriver à toucher le lecteur sans vouloir forcément le faire pleurer. Une autre de ses qualités, ce sont les personnages qui sont excellents et attachants. Enfin le dernier point fort est le dessin. Il est au diapason et il nous offre des planches merveilleuses. Il n'y a que du bon à prendre dans cet album réussi en tout point !

21/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Haute sécurité
Haute sécurité

L'univers carcéral U.S. a été vu maintes fois dans des films, toutes les grandes stars Eastwood, Kurt Russell, Stallone, Tom Hanks, Morgan Freeman, et même Tom Selleck et Van Damme ont tâté des cellules et de cet univers pesant ; d'ailleurs, le titre de la série reprend celui d'un des meilleurs films de Stallone en 1989. Ensuite, la télé a produit des séries comme Oz ou Prison Break, il ne restait donc plus que la BD pour aborder ce terrain. N'ayant pas suivi les séries TV pré-citées, j'ai abordé la Bd d'un oeil neuf si on peut dire, en ayant en mémoire que les films. Cette société brutale et abrupte donne lieu à une foule de possibiltés scénaristiques et psychologiques que les auteurs explorent avec brio ; c'est vrai que ça rappelle plein de films, mais l'univers carcéral est bien rendu, avec bien-sûr un inévitable catalogue de clichés, même celui de la gardienne canon alors que dans ce genre de poste, on y voit surtout des thons, assez bouffies. Même chose pour le gardien Skinner, une vraie tête de con sadique, et même chose pour les taulards avec un défilé de gros durs aux gueules de l'emploi, où chacun est parqué dans son camp (Blacks, Latinos, Asiatiques, Ritals...) et où chaque groupe impose ses règles et défend son territoire. Un truc me surprend quand même, c'est l'emploi de femmes dans ce genre de prison, que ce soit des gardiennes ou une directrice, est-ce vraiment conforme à la réalité ? Mais ça permet une approche différente. Les auteurs parviennent à capter les sentiments exacerbés de ce monde en huis-clos en axant l'action vue à travers les yeux du jeune bleu Aleks. Il y a parfois un peu d'humour (le clin d'oeil peu flatteur à Steven Seagal), et le dialogue est bien construit. Un vrai récit d'atmosphère, qui décrit avec acuité un monde violent régi par des codes et des lois ethniques, qui démarre par un diptyque riche et rondement mené.

21/10/2013 (modifier)
Couverture de la série Légende
Légende

Après lecture des 5 tomes du cycle 1. Savez-vous qu'il n'y a que dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes ? Avec "Légende", Swolfs le prouve puisqu'on concède volontiers que l'intrigue est traditionnelle et mille fois vue en BD et à l'écran (héritier dépossédé par un parent aidé par un conseiller en fourberie, qui vient adulte réclamer son dû). Cette recette un peu remodelée ici, fonctionne bien et parvient finalement à captiver le lecteur que je suis, et qui n'est sans doute pas assez objectif car trop admiratif du style de Swolfs qui reste un de mes dessinateurs favoris, et ce depuis Durango. N'a-t-il pas recyclé de façon virtuose le mythe vampirique avec Le Prince de la nuit et tous les clichés que ça comporte ? Ici, le plaisir du lecteur est là, malgré des situations déjà vues, et c'est ça le plus important. La narration est bien maîtrisée, chaque partie du récit est racontée en flash-back jusqu'au tome 5 où tout se rejoint. Swolfs utilise peu l'Histoire pour ne pas s'encombrer de références trop lourdes à développer (l'action a lieu d'après les architectures au XIIème siècle, au sein d'un duché de l'Empire Germanique, et on y fait allusion au cousin du roi de France). Swolfs préfère jouer sur un contexte médiéval très bien restitué avec une ambiance superbe de Moyen Age imaginaire emplie de mystères, de sortilèges, de crainte et de superstitions. La partie graphique est véritablement somptueuse, le dessin de Swolfs est toujours aussi vigoureux, sa mise en page intelligente, et ses dessins de châteaux forts sont grandioses avec des perspectives très justes (seul le donjon de Matthias semble un peu trop haut pour un donjon roman). Ses corps de femmes sont toujours autant envoûtants et ses gueules pittoresques de soudards très réussies. La colorisation de Sophie Swolfs est également très belle avec ses tons correspondant à différentes ambiances. J'ai aussi beaucoup apprécié la grande richesse du dialogue, au vocabulaire particulièrement brillant. La seule chose que je peux reprocher à cette Bd est la mort un peu facile et trop cliché de Shaggan dans ce tome 5 où Swolfs semble se précipiter pour conclure son récit ; un tel méchant aurait mérité une fin plus douloureuse. Sinon, on peut dire que Swolfs a livré là une Bd de grande qualité, bâtie pourtant sur un sujet très classique.

20/10/2013 (modifier)