Les derniers avis (9717 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Before Watchmen - Minutemen
Before Watchmen - Minutemen

Le controversé « Before Watchmen » débarque enfin en France. Urban Comics ne fait pas les choses à moitié et commence par l’arc que beaucoup considèrent comme le meilleur de cet univers originellement crée par Alan Moore. Darwyn Cooke nous conte les aventures des Minutemen, groupe de superhéros précédant les Watchmen et ayant officié dans les années 40. Les personnages sont donc pour la plupart nouveaux : Captain Metropolis, Hooded Justice, Dollar Bill et Mothman. Mais on y retrouve quand même des noms familiers : Hollis Mason, premier homme hibou, et voix narrative de cette histoire, Sally Jupiter, première incarnation de Silk Spectre (elle passera la main à sa fille Laurie dans Watchmen) et le comédien dans sa toute jeunesse. Après un premier chapitre un peu longuet chargé de présenter tout ce beau monde, l’intrigue décolle et devient passionnante : le « présent » se situe dans les années 60 alors que Hollis Mason, à la retraite, est sur le point de publier un livre racontant toute la vérité sur les Minutemen. Ces révélations sont loin de plaire aux autres ex-membres du groupe, et nous sont racontées par une série de flashbacks nous ramenant lors des faits dans les années 40. C’est habile, bien écrit, on y découvre un groupe gangrené par des tensions internes, des secrets inavouables, des fortes têtes, et leurs actions étaient loin du model de moralité présenté dans les journaux. Non content de nous pondre ce qui est considéré comme le meilleur scenario de cet univers « avant Watchmen », Darwyn Cooke s’occupe également du dessin, et avec brio. Son style un peu retro est parfait pour représenter les années 40. Du beau boulot. Un excellent chapitre « Avant Watchmen » présentant une intrigue intéressante et des personnages aux personnalités complexes et bien développées. A lire !

16/01/2014 (modifier)
Par Altaïr
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lastman
Lastman

Je ne lis plus beaucoup de BDs, et le nombre de BDs qui m'étonnent et m'enthousiasment est devenu assez faible. Mais j'avais envie de poster un avis sur Lastman, parce que c'est mon gros coup de coeur du moment. Lastman, c'est hyper bien foutu, fun à chaque page. C'est impossible de faire dessin et découpage plus dynamiques, et les dialogues sont d'une fluidité exemplaire, les personnages extra... et le scénario est super potache, mais avec un petit truc en plus, hyper malin, hyper plaisant. Et une terrible envie de lire la suite à la fin de chaque tome ! Lastman, c'est un vrai manga à la française, le premier probablement : pas une pâle copie, mais une œuvre personnelle et ambitieuse qui a bien digéré les codes du mangas pour mieux les mettre en œuvre. Et contrairement à ce qui a été écrit plus bas, je trouve pour ma part que le tome 3 est le meilleur à ce jour. Bref, Lastman, c'est bon, mangez-en !

14/01/2014 (modifier)
Par bouche
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Camargue rouge
Camargue rouge

Camargue rouge est une bande dessinée historique de qualité tant par le dessin que par le texte. Elle traite d'un épisode historique peu connu, la rencontre entre des indiens d’Amérique et du peuple camarguais (issu de peuples d'origines différentes comme les gitans, éleveurs de bétails...). Cette rencontre qui dura plusieurs mois est le fruit du hasard. Elle aura pour cadre un bateau transportant les indiens d'Amérique et des rangers qui faisaient un show représentant les principales batailles de la conquête de l'Ouest dans toute l'Europe fortement endommagée. Les indiens découvrent alors un peuple nomade aux multiples croyances... Michel Faure, auteur de nombreuses bandes dessinées historiques, donne envie d'une part de redécouvrir notre belle Camargue, et montre d'autre part l'image que l'on se faisait du Far-West. Une image d'Epinal encore importante de nos jours (à travers des shows ou aujourd'hui des films). En effet, l'image du cow-boy et de l'indien que nous avons est malheureusement erronée, peu de garçons vachers avaient une arme, au niveau des vêtements aussi... Comme la venus noire, on souhaitait montrer une image... rien qu'une image... Lors de ma rencontre avec Michel Faure au festival de BD de Saint-Denis de la Réunion, nous avons longuement discuté ensemble. Là où il vit depuis longtemps, c'est amusant, il dispose d'un petit ranch...

13/01/2014 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Animal lecteur
Animal lecteur

Je me délecte d’animal lecteur à raison d’un strip par semaine depuis qu’il a fait son apparition dans les pages de Spirou. Libon est un auteur complet que j’apprécie autant pour son humour que pour son dessin. Ici, il s’est associé à Sergio Salma pour fournir de la matière à ses crobars. Les strips, mettant en scène les aléas de la vie d’un libraire, font mouche quasi coup sur coup. Il y a de temps à autre un strip moins percutant mais l’ensemble se révèle d’un niveau très très bon (surtout pour les zygomatiques !). A mon avis, l’art du strip est un art des plus difficiles car tout doit tenir en quelques cases. Pari réussi pour Salma et Libon ! Bref, je suis agréablement surpris de voir une parution en album de ces strips destinés initialement à égayer les pages d’un magasine bd ... si seulement le prix eu été en adéquation avec le format. Chaudement recommandé donc, mais seulement à la lecture car achat dispensable en raison de son prix prohibitif ! 14.50€ pour un format qui en vaut 8 ou 10 tout au plus, c'est du foutage de G. ...

10/05/2010 (MAJ le 12/01/2014) (modifier)
Couverture de la série Sept pistoleros
Sept pistoleros

Comme le souligne Mac Arthur, films et acteurs de légende ont inspiré cet album. Dès le début, le scénariste avise le lecteur que cet album est un hommage respectueux au western italien qui a fait les beaux jours d'un certain cinéma populaire. Et effectivement, on a droit à une multitude de clins d'oeil qu'il faut savoir déchiffrer au fil des images qui doivent être scrutées avec intérêt ; les clins d'oeil sont également présents dans les noms de lieux, de personnages, les vêtements... il y a même un clin d'oeil au dialogue des Tontons Flingueurs, c'est dire si ça ratisse large, mais il y a une belle allusion directe aux 7 Mercenaires qui sont évoqués page 47, même si l'hommage est surtout dirigé vers les films de Sergio Leone, de la trilogie des dollars à Mon Nom est Personne, je pense notamment à ce dernier où l'explosion de la page 40 et la charge de la page 46 m'ont fortement rappelé celles de la Horde sauvage sur la musique de Morricone. La mise en page adopte également un style cinématographique avec des plans typiques, ainsi que les visages, puisque le personnage du vétéran n'est autre que celui de Lee Van Cleef qui a pour véritable nom le colonel Mortimer. La lecture peut se faire d'une traite pour s'immerger dans l'histoire, puis on peut la relire pour déceler toutes les références. C'est un beau scénario, tragique mais bien structuré, et joliment illustré, même si on regrette que les portraits des 7 pistoleros ne soient pas un peu plus creusés. Les scènes d'action sont certes dignes du western italien, rugueuses, brutales et en même temps presque chorégraphiées, la poudre parle de façon crue. On perçoit enfin dans cet album un désenchantement qui marque la fin d'une époque héroïque, lorsque tous ces vieux héros de l'Ouest auront disparu, laissant la place à un monde moderne et industrialisé ; de ce côté-là, la bande effleure le western crépusculaire et m'a beaucoup rappelé le très beau Silverado qui en 1985 revisitait le western hollywoodien de la même façon. Mais ça reste avant tout un bon divertissement au dessin soigné, où percent cependant de légers défauts çà et là, l'essentiel étant que les connaisseurs s'y retrouvent et que l'amateur de western soit content, c'est mon cas.

11/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Tyler Cross
Tyler Cross

Beau, violent, superbe. Un polar très noir au dessin minimaliste et carré qui colle rudement bien à l'ambiance. Même si le scénario est plutôt classique, la mise en scène et le découpage sont vraiment superbes. J'aime décidément beaucoup ce que fait ce scénariste. Note : 4,5/5 (4/5 + coup de cœur)

10/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Mezek
Mezek

Rien ne me prédestinait à lire cette Bd ; en feuilletant l'album en bibliothèque, j'y voyais des avions, et depuis longtemps, les bandes d'aviation m'ennuient vite. Et puis finalement, je me suis lancé dans cette aventure où j'ai fait mieux connaissance avec le contexte historique de 1948 juste après la création de l'Etat d'Israël, sur lequel j'étais très mal renseigné. Après la présentation des personnages, l'album alterne les séquences d'aviation avec des séquences plus intimistes. J'avoue que la partie aviation très technique m'aurait vite lassé s'il n'y avait eu les rapports humains entre les différents protagonistes, car les vrais héros de cette histoire ne sont pas les avions, mais bel et bien Björn le pilote mercenaire, et les 3 femmes qui gravitent autour de lui, telles Oona, Tzipi et Jackie, sans oublier Modi et quelques autres pilotes. Yann développe ces rapports humains de belle façon dans un scénario très sérieux qui laisse peu de place à son humour habituel, mais qu'il combine habilement avec d'authentiques événements (l'attaque du bateau de l'Irgoun). D'autre part, la chute finale surprend et clôt un récit bien structuré. De son côté, Juillard alors en pleine période de reprise de Blake et Mortimer aux contraintes graphiques jacobsiennes, retrouve le velouté de son trait toujours si séduisant qui donne beaucoup de sensualité à ses personnages féminins, mais dont le seul petit défaut est de dessiner des visages masculins assez semblables et parfois peu faciles à identifier ; c'est en tout cas ce qui m'a aussi emballé dans cet album que je n'aurais probablement pas voulu lire s'il n'y avait pas eu du beau dessin à la Juillard. Un très joli récit.

10/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Les Somnambules
Les Somnambules

On a ici l'impression de lire des récits de rêves, comme on pouvait le faire dans les revues surréalistes d'avant guerre. Avec des images en plus. De très belles images (le dessin, et la colorisation sont très beaux je trouve). On en sort comme on se réveille, en cherchant à se souvenir, en cherchant à comprendre. ce qui n'est pas toujours possible et/ou souhaitable. J'avais lu cet album à sa sortie, et viens de m'y replonger. Même impression que la première fois, c'est à dire la traversée d'un brouillard qui se dissipe péniblement, et qu'on veut à tout prix traverser. Il faudra que j'y retourne. Et j'y retournerai, sans savoir pourquoi, mais cet album très poétique (on est là en terre de surréalisme belge) nous invite à un voyage infini. Un coup de coeur, pour une oeuvre très originale, qui risque de ne pas trouver son public. Le prix y est sans doute pour quelque chose... Note réelle 3,5/5

03/12/2012 (MAJ le 09/01/2014) (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série In God We Trust
In God We Trust

Le génie de Winshluss a encore frappé ! Après le sublime Pinocchio (Winshluss), je ne pouvais pas passer à côté de ce In God We Trust. J’ai franchement hésité à lui attribuer la note maximale mais il manque cette petite touche de génie qui faisait que Pinocchio (Winshluss) se tenait de bout en bout, avec sa trame de fond et ses personnages. Ici, il est plutôt question de saynètes et, à nouveau, l’auteur fait mouche. Sans en faire de trop, Winshluss se moque de la bible et des dogmes. Tantôt sous forme de courtes histoires, tantôt sous forme de parodies publicitaires, il arrive encore une fois à nous surprendre avec cette caricature teintée d’humour graveleux et corrosif. C’est sa patte, sa marque de fabrique et franchement, je suis fan. Comme pour Pinocchio (Winshluss), l’approche graphique de l’auteur tient du génie : selon le thème de l’histoire, il sait alterner la mise en page et le trait ou la colorisation. Comme si cela n’était pas suffisant, l’éditeur a de nouveau mis le paquet sur la qualité éditoriale ! Si vous appréciez l’auteur, je ne vois pas comment vous pourriez être déçu. Ce one-shot est une petite merveille. Vivement le prochain !

07/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Après la nuit
Après la nuit

On est assez loin du western spaghetti de type Durango ; ici, la simplicité du scénario est compensée par un western tout en atmosphère qui met en scène les illusions perdues. C'est un western lent, contemplatif, à forte dose de psychologie, au ton crépusculaire affirmé, qui rappelle certains films des années 70 comme John McCabe, Josey Wales hors la loi, Dialogue de feu, Butch Cassidy et le Kid, ou Juge et Hors la loi... à l'heure où Hollywood revisitait le genre qui avait fait sa gloire. C'est un western mélancolique qui reprend certains ingrédients habituels et un vernis d'imagerie d'Epinal, mais derrière lesquels une vision trop réaliste a fait disparaître le côté magique ; un réalisme sordide qui marque la fin des héros, car ceux-ci ont vieilli, leurs jours sont comptés, ce sont les dinosaures d'un Ouest en décrépitude, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Le jeune pistolero connaîtra une fin dérisoire, à l'image même d'un genre qui a abandonné tout romantisme au profit du cynisme. La scène de sexe torride justifie par son audace l'éclatement d'un univers qui fut jadis clinquant et folklorique. Rugueux et hostile, cru et impitoyable, le Far West offre désormais le spectacle d'un paysage morne et vide, à l'instar de la superbe couverture d'album, et des cases de début et de fin sur le patelin de Bartlesville. La construction des premières pages, sans dialogue est magistrale, le dessin est fabuleux, Guérineau a effectué un travail remarquable sur les visages, les ombres, certains éléments de décor, les cadrages ; les couleurs achèvent de rendre ce récit véritablement hypnotique, qui incite une fois qu'il est lu, à s'attarder sur la beauté des dessins. J'ai vraiment l'impression en lisant ce récit de retrouver l'équivalent en BD de ce que j'ai vu dans certains films, tout est parfaitement restitué. Une pure merveille.

07/01/2014 (modifier)