Après la lecture des quatre premiers cycles (soit douze albums).
Impossible de parler de Carmen Mc Callum sans faire un parrallèle avec Travis tellement ses séries sont complémentaires et possèdent une grande similitude : même scénariste ; même découpage d'histoire en arc ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les mêmes ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution , au débuit ils oeuvrent pricipalement sant état d'ame pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte.
Bien sûr, dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on a jamais le temps de s'ennuyer.
De plus, comme sité dans un précédent avis, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ces personnages dans ce monde si particulier.
Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre.
Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables.
Au premier abord le personnage de Carmen peut sembler antipathique et froit mais quoi de plus normal pour une mercenaire et puis elle s'humanisera au fil des différents arcs qui, au passage, ne se vallent pas tous en terme de qualité scénaristique.
A ce propos, j'ai trouvé que le premier beaucoup moins bon que les autres.
Enfin, certains ont critiqué les dessins mais moi je les trouve plus que corrects car ils réussissent bien à retranscrire une action présente à outrance.
Juste un petit bémol consernant certain albums qui bénéficient d'un colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tome 7) voire même catastrophique (tome 12).
Bref, une série de science fiction survitamniée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la coloristion laisse à désirer et que le premier cycle soit le moins réussi car il ne constitue pas vraiment la meilleure accroche pour ceux qui veulent commencer la série.
En voilà un récit foutraque qui démarre à 100 à l’heure comme un jeu video genre GTA avec un bellatre blond roulant des mécaniques et une grosse américaine en dévalant les vallées et en décoiffant les bimbos avant de s’arrêter faire le plein chez un ami pour le voir se faire emporter les bijoux de famille par une plante carnivore géante !
Notre héros voit donc une mystérieuse menace se développer sur toute la planète massacrer l’espère humaine masculine au grand complet avant de se faire capturer lui-même par la reine Hildegarde, nouvelle reine matriarcale et despote d’amazones embrigadées vers un culte de la « racine verte » et bien disposée à utiliser MurphY le dernier homme comme élément reproducteur !
Voilà comment résumer le premiers tiers d’une aventure complètement débile et survitaminée qui ne pourrait tenir la route sans l’énergie communicante d’un Michael Sanlaville faisant ses preuves en solo en amorce d’un Lastman tout aussi dopé et doté des meilleurs atouts pour s’en défendre : un scénario digne d’un film Z, de superbes dessins colorés jusqu’à l’écoeurement et un rythme digne d’un film d’animation japonais où le mot d’ordre serait action non stop !
On se marre devant cette bande de crétins reconstituée d’un transexuel, une nonne efarouchée et d’un gamin effronté venant réconforter notre bellatre crétin mais sanguin !
Quelques scènes de pure reproduction avec les créatures les plus désirables parsèment les pages d’une folie sous acides des plus jouissives. Le tout est bon enfant mais l’auteur parsème son œuvre ultra référentielle mais unique d’une critique acerbe et intelligente de la religion comme aliénation de l’esprit entre deux absurdités des personnages tarés qu’il met en scène (ne pas louper les excès de colère grandioses de la reine Hildegarde grimée comme le boss M.Bison du jeu vidéo Street Fighter).
Le pire c’est que ça fonctionne, ça fonctionne même si bien que le bouquin se dévore en un rien de temps, un petit moment de folie purement gratuite et génératrice de sourires. J’ai rarement vu dans une bd franco-belge autant de cadrages et de découpages aussi bien fichus. C’est plus un bouquin qu’on lit mais carrément un dessin animé qui prend forme sous nos yeux ébahis.
Michael Sanlaville se fait plaisir et donne énormément de plaisir également au lecteur. Si les scènes très explicites d’orgies ou de plans gore interviennent à rythme régulier et dispensent la lecture du grand public, le Fléau Vert est un peu le contrepoint du Lorna de Brüno ou son exact complément.
C’en est presque dommage que l’histoire se consomme en un temps record mais c’est peut-être le prix à payer pour conserver un rythme d’action aussi élevé. Michael Sanlaville est un auteur que je ne connaissais qu’au travers de son travail avec Vives sur Lastman mais il a tous les atouts d’un grand et gageons que ce Fléau Vert devienne un jour une œuvre très convoitée d’un auteur qui n’a déjà plus rien à prouver de son immense talent.
Anecdotique mais jouissif, une lecture idéale pour affronter l’hiver mais qui ne plaira forcément pas à tout le monde.
Tout simplement une des meilleures séries très jeune public que j'ai lues ! Vraiment un gros coup de cœur pour ce Anuki !
C'est beau, intelligent, subtil et divertissant... Que demander de mieux pour se mettre à la BD ?! Car cette série, avec 3 titres à son actif aujourd'hui, réussit le pari de captiver son lecteur grâce aux aventures d'un petit indien, le tout sans texte, grâce à une excellente narration graphique.
Stéphane Sénégas au dessin et Frédéric Maupomé au scénario forment un duo plus qu'efficace et qu'il faudra suivre attentivement ! Car derrière ce petit Anuki aux allures assez simplistes se cache beaucoup de talent. Que ce soit dans la narration ou l'expressivité des personnages (humains ou animaux) on est rapidement conquis par cet univers proposé, et on saute sur l'album suivant pour retrouver Anuki, sa tribu et son environnement.
Une BD jeunesse à offrir ou s'offrir sans se poser de questions !
Olivier Peru est décidément un très bon scénariste. Après ses excellents Assassin et Zombies, j'ai enfin pu découvrir le diptyque "Mjöllnir". Ici, l'histoire des dieux nordiques est revisitée de manière très originale (Thor et Loki sont réincarnés en nain et humain et partent à la reconquête d'Asgard pour se venger de leur père Odin).
Une histoire, sombre, très violente (graphiquement, mais pas que), poignante. Une épopée vraiment très bien racontée et mise en scène, portée par de fantastiques dessins.
Et n'oublions pas le petit plus génial : un peu à la manière du Bilbo de Peter Jackson, rarement un nain aura été aussi classe.
C'est à mes yeux, la meilleure BD traitant de ces dieux nordiques, même si c'est aussi l'une de celles qui s'écartent le plus du mythe originel, si tant est qu'il y en a un seul.
J'aime bien ce que fait Christophe Bec. Enfin, la plupart de ses oeuvres. Et notamment ses courtes séries de série B.
Sarah en est une, qui tire sur l'horrifique et le gore. Le très gore, même. Il s'agit d'une série noire, très noire, et oppressante, très oppressante. Un peu comme son Pandemonium (mais les deux histoires n'ont rien à voir).
La montée en puissance de Sarah se fait sur les trois tomes jusqu'à la toute fin particulièrement marquante et qui va à l'encontre de tout ce qu'on peut lire en matière de BD. Pas d'optimise, pas de pessimisme, juste cette fin "incroyable". Etonnant et réellement marquant. Bravo.
Une histoire sombre, dure, dans un farwest un peu sale. Un western comme je les aime. Pas de couleurs criardes, pas de bons sentiments (ou si peu), pas de happy end. Juste la dure loi du farwest, celle qui m'a fait aimer le genre.
Les dessins sont de toute beauté, et le nombre de pages inhabituellement élevé permet de vraiment s'attarder sur les persos et construire une histoire riches sur plusieurs époques.
L'une des meilleures BD de Van Hamme, et la meilleure avec son compère Rosinsky (avec Le grand pouvoir du Chninkel, bien sûr).
Lu il y a plusieurs mois de cela mais le sentiment reste inchangé, j’ai « dévoré » Quartier lointain, un de mes gros coup de cœur cette année.
Jiro Tanigushi s’adresse aux personnes nostalgiques, ceux qui vivent avec des regrets et qui rêveraient de revenir dans leur passé pour changer certains évènements. Il n’y a pas besoin d’être quarantenaire comme le personnage principal, le coup de blues de la nostalgie tout le monde l'a déjà ressenti et peut être même davantage ceux qui se situent dans la vingtaine car ils viennent juste de sortir de cette période charnière où tout est possible qu’est l’adolescence, âge où les gens sont un peu coincés et empotés, et dans lequel replonge le personnage principal, un quadra désabusé par sa vie, miné par la pression de son boulot et de sa famille qui ne le respecte pas comme chef patriarche, un thème que je trouve assez récurent dans les mangas.
Voyage t-il vraiment dans le passé ou alors n’est-ce qu’un rêve ? On ne le saura qu’à la toute fin.
C’est étrange mais j’ai l’impression que ce manga m’a particulièrement touché parce qu’à l’instar de son auteur j’ai un peu partagé les mêmes regrets (l’auteur se souviens qu’il passait trop de temps à glander alors que le monde entier s’ouvrait à lui dehors) et les mêmes phases de bonheur : j’aime les scènes qu’il passe en famille et avec ses amis à la plage en bord de mer, ça me rappelle mes vacances d’été avant la rentrée scolaire.
Et puis à travers la quête du personnage pour comprendre le départ précipité de son père, l’auteur abordera la seconde guerre mondiale vécue côté japonais, là encore j’ai trouvé cela passionnant.
Seul regret : j’aurai souhaité plus d’euphorie chez Hiroshi, je m’imagine à sa place et je me dis que la plupart d’entre nous se seraient lâchés beaucoup plus que lui. Après c’est peut être la mentalité japonaise…
Les dessins sont de toutes beautés, les retranscriptions du Japon de l’époque sont très bien rendues et le trait de Tanigushi n’est pas tout à fait typé « manga », le dessin a des influences européennes et je pense que c’est en partie pour cette raison qu’il est tant apprécié sur notre continent.
Une œuvre sensible et intelligente qui mérite d’être lue.
J’avais sélectionné cette BD il y a de nombreuses années en me basant sur les avis positifs de bdtheque, je l’ai enfin trouvée dans une librairie d’occasions et je ne regrette absolument pas mon achat.
Il y a une chose certaine : ce n’est sûrement pas la couverture qui vous incite à l’achat elle est très moche et directement on l'associe à un scénario type « Rambo fait le ménage sur la planète rouge ».
Et pourtant c’est excellent, le bataillon des lâches est en fait 5 soldats qui refusent de se soumettre à une bataille dont l’issue fatale est certaine, ils organisent donc une fuite courageuse vers la planète Terre.
L’histoire est traitée simplement sans « effets spéciaux » si j’ose dire , une sorte de huis-clos où psychologie et philosophie sont employées à profusion , en un mot : super.
Le dessin est fin principalement les décors, les personnages sont moins bien représentés et la colorisation est de qualité inégale, l’ambiance est très bien retranscrite.
Excellent one shot, incontournable !
Suite à un cataclysme nucléaire, l'Angleterre tombe sous la coupe d'une dictature qui fait régner la censure et une discipline rigoureuse.
Un homme va se dresser contre ce régime totalitaire et fachiste.
Une fois de plus Moore n'a pas son pareil pour nous dépeindre un monde assez proche du notre dans lequel évolue des personnages à tel point torturés et haut en couleur que l'on ne peut qu'accrocher immédiatement à l'histoire.
Il est clair que le personnage du héros est de loin le plus emblématique et charismatique de la série ; d'ailleurs il représente des valeurs trés fortes (anarchisme, vengeance, révolte contre l'ordre établi) et qui sont chères à l'auteur.
Personne ne peut rester de marbre face à ce héros qui symbolise autant de chose.
De plus, comme dans Watchmen, le récit se déroule sous la forme d'une sorte d'habile puzzle géant dont la construction met en avant tout le talent et l'ingéniosité déployés par l'auteur.
Hélas ce récit, sur le fond trés brillant, possède aussi quelques imperfections.
En effet, il manque parfois de rythme mais surtout il s'avère plutot complexe demandant une attention permanente pour en saisir tous les rouages et subtilités ; en cela le film du même nom reste beaucoup plus fluide et compréhensible tout en gardant parfaitement l'esprit de la BD.
Et puis les dessins font beaucoup trop années 80 et semblent avoir bien mal vieillis.
Bref, comme Watchmen V pour Vendetta reste une oeuvre majeure et incontournable de Moore car malgrés quelques petits défauts le récit est impressionant de subtilité et d'ingéniosité.
J’avoue très simplement que je n’aurais jamais pris la peine de lire l’intégrale piochée par hasard dans la bibliothèque d’une amie si l’envie de lire une bd connue mais sans attrait à mes yeux ne se serait manifestée.
En effet, qu’il s’agisse du titre mielleux ou de la couverture post-romantique à souhait, rien ne laissait présager de l’engouement dont je vais tacher de vous faire part dans les lignes suivantes…
Il s’agit d’un énième monde post-apocalyptique illustré à merveille par Béatrice Tillier et repris par un second dessinateur, Franck Leclercq dont on fustige le travail mais qui a l’immense mérite de prolonger le travail graphique des deux premiers tomes sans en atténuer la qualité. Rien que pour cela et le rôle ingrat qu’on a pu lui attribuer, il mérite à la fois respect et coup de chapeau.
Mais de quoi parle cette histoire au juste ? Simplement d’une histoire d’amour impossible entre deux êtres artificiels créés de toutes pièces par un Gepetto reclus dans un monde en déliquescence et à la recherche de l’âme absolue, l’égal en tous points d’une beauté intérieure comme extérieure.
Malheureusement l’univers décrit, mélange de dictature steampunk dans une architecture digne de la Renaissance, est un piège pour toute forme d’espoir et les décors aussi superbes soient ils (et ils le sont) deviennent le cadre d’une guerre civile inhumaine balayant tout espoir et séparant l’automate amoureux d’une fée incomplète et muette d’une histoire d’amour improbable…
J’avoue que les réflexions de l’automate Jam jouant de façon parfois trop répétitive et appuyée sur la relation romantique qu’il souhaiterait vivre avec « sa » fée sont parfois un peu « too much » mais le monde est si habilement mis en scène et le récit rythmé et se jouant sur plusieurs époques que je n’ai eu de cesse d’aller au bout de ce récit atypique.
La poésie « cucul » est par ailleurs contrebalancée par une cruauté sans égal et quelques scènes très dures à représenter mais intelligemment mises en scène et dont je tairais les propos pour ne pas en dévoiler la teneur. C’est d’ailleurs cet équilibre périlleux qui rend l’intégralité du récit si palpitant à lire jusqu’à la dernière page de cet amour impossible mais plutôt original.
Une fois ma lecture achevée, je n’avais qu’une idée en tête : acquérir ce précieux livre qui me rappelle toutes proportions gardées le Réseau Bombyce avec lequel il partage une réputation d’œuvre maudite mais achevée dans la douleur qui me plait au plus haut point…
Ne vous laissez pas abuser par le titre et la couverture aguichante, ce récit est un véritable coup de poing servi par des planches de toute beauté. Un classique que j’ai failli occulter et dont je salue le curieux hasard qui me l’a placé entre les mains.
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Carmen Mc Callum
Après la lecture des quatre premiers cycles (soit douze albums). Impossible de parler de Carmen Mc Callum sans faire un parrallèle avec Travis tellement ses séries sont complémentaires et possèdent une grande similitude : même scénariste ; même découpage d'histoire en arc ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les mêmes ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution , au débuit ils oeuvrent pricipalement sant état d'ame pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte. Bien sûr, dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on a jamais le temps de s'ennuyer. De plus, comme sité dans un précédent avis, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ces personnages dans ce monde si particulier. Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre. Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables. Au premier abord le personnage de Carmen peut sembler antipathique et froit mais quoi de plus normal pour une mercenaire et puis elle s'humanisera au fil des différents arcs qui, au passage, ne se vallent pas tous en terme de qualité scénaristique. A ce propos, j'ai trouvé que le premier beaucoup moins bon que les autres. Enfin, certains ont critiqué les dessins mais moi je les trouve plus que corrects car ils réussissent bien à retranscrire une action présente à outrance. Juste un petit bémol consernant certain albums qui bénéficient d'un colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tome 7) voire même catastrophique (tome 12). Bref, une série de science fiction survitamniée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la coloristion laisse à désirer et que le premier cycle soit le moins réussi car il ne constitue pas vraiment la meilleure accroche pour ceux qui veulent commencer la série.
Le Fléau vert
En voilà un récit foutraque qui démarre à 100 à l’heure comme un jeu video genre GTA avec un bellatre blond roulant des mécaniques et une grosse américaine en dévalant les vallées et en décoiffant les bimbos avant de s’arrêter faire le plein chez un ami pour le voir se faire emporter les bijoux de famille par une plante carnivore géante ! Notre héros voit donc une mystérieuse menace se développer sur toute la planète massacrer l’espère humaine masculine au grand complet avant de se faire capturer lui-même par la reine Hildegarde, nouvelle reine matriarcale et despote d’amazones embrigadées vers un culte de la « racine verte » et bien disposée à utiliser MurphY le dernier homme comme élément reproducteur ! Voilà comment résumer le premiers tiers d’une aventure complètement débile et survitaminée qui ne pourrait tenir la route sans l’énergie communicante d’un Michael Sanlaville faisant ses preuves en solo en amorce d’un Lastman tout aussi dopé et doté des meilleurs atouts pour s’en défendre : un scénario digne d’un film Z, de superbes dessins colorés jusqu’à l’écoeurement et un rythme digne d’un film d’animation japonais où le mot d’ordre serait action non stop ! On se marre devant cette bande de crétins reconstituée d’un transexuel, une nonne efarouchée et d’un gamin effronté venant réconforter notre bellatre crétin mais sanguin ! Quelques scènes de pure reproduction avec les créatures les plus désirables parsèment les pages d’une folie sous acides des plus jouissives. Le tout est bon enfant mais l’auteur parsème son œuvre ultra référentielle mais unique d’une critique acerbe et intelligente de la religion comme aliénation de l’esprit entre deux absurdités des personnages tarés qu’il met en scène (ne pas louper les excès de colère grandioses de la reine Hildegarde grimée comme le boss M.Bison du jeu vidéo Street Fighter). Le pire c’est que ça fonctionne, ça fonctionne même si bien que le bouquin se dévore en un rien de temps, un petit moment de folie purement gratuite et génératrice de sourires. J’ai rarement vu dans une bd franco-belge autant de cadrages et de découpages aussi bien fichus. C’est plus un bouquin qu’on lit mais carrément un dessin animé qui prend forme sous nos yeux ébahis. Michael Sanlaville se fait plaisir et donne énormément de plaisir également au lecteur. Si les scènes très explicites d’orgies ou de plans gore interviennent à rythme régulier et dispensent la lecture du grand public, le Fléau Vert est un peu le contrepoint du Lorna de Brüno ou son exact complément. C’en est presque dommage que l’histoire se consomme en un temps record mais c’est peut-être le prix à payer pour conserver un rythme d’action aussi élevé. Michael Sanlaville est un auteur que je ne connaissais qu’au travers de son travail avec Vives sur Lastman mais il a tous les atouts d’un grand et gageons que ce Fléau Vert devienne un jour une œuvre très convoitée d’un auteur qui n’a déjà plus rien à prouver de son immense talent. Anecdotique mais jouissif, une lecture idéale pour affronter l’hiver mais qui ne plaira forcément pas à tout le monde.
Anuki
Tout simplement une des meilleures séries très jeune public que j'ai lues ! Vraiment un gros coup de cœur pour ce Anuki ! C'est beau, intelligent, subtil et divertissant... Que demander de mieux pour se mettre à la BD ?! Car cette série, avec 3 titres à son actif aujourd'hui, réussit le pari de captiver son lecteur grâce aux aventures d'un petit indien, le tout sans texte, grâce à une excellente narration graphique. Stéphane Sénégas au dessin et Frédéric Maupomé au scénario forment un duo plus qu'efficace et qu'il faudra suivre attentivement ! Car derrière ce petit Anuki aux allures assez simplistes se cache beaucoup de talent. Que ce soit dans la narration ou l'expressivité des personnages (humains ou animaux) on est rapidement conquis par cet univers proposé, et on saute sur l'album suivant pour retrouver Anuki, sa tribu et son environnement. Une BD jeunesse à offrir ou s'offrir sans se poser de questions !
Mjöllnir
Olivier Peru est décidément un très bon scénariste. Après ses excellents Assassin et Zombies, j'ai enfin pu découvrir le diptyque "Mjöllnir". Ici, l'histoire des dieux nordiques est revisitée de manière très originale (Thor et Loki sont réincarnés en nain et humain et partent à la reconquête d'Asgard pour se venger de leur père Odin). Une histoire, sombre, très violente (graphiquement, mais pas que), poignante. Une épopée vraiment très bien racontée et mise en scène, portée par de fantastiques dessins. Et n'oublions pas le petit plus génial : un peu à la manière du Bilbo de Peter Jackson, rarement un nain aura été aussi classe. C'est à mes yeux, la meilleure BD traitant de ces dieux nordiques, même si c'est aussi l'une de celles qui s'écartent le plus du mythe originel, si tant est qu'il y en a un seul.
Sarah
J'aime bien ce que fait Christophe Bec. Enfin, la plupart de ses oeuvres. Et notamment ses courtes séries de série B. Sarah en est une, qui tire sur l'horrifique et le gore. Le très gore, même. Il s'agit d'une série noire, très noire, et oppressante, très oppressante. Un peu comme son Pandemonium (mais les deux histoires n'ont rien à voir). La montée en puissance de Sarah se fait sur les trois tomes jusqu'à la toute fin particulièrement marquante et qui va à l'encontre de tout ce qu'on peut lire en matière de BD. Pas d'optimise, pas de pessimisme, juste cette fin "incroyable". Etonnant et réellement marquant. Bravo.
Western
Une histoire sombre, dure, dans un farwest un peu sale. Un western comme je les aime. Pas de couleurs criardes, pas de bons sentiments (ou si peu), pas de happy end. Juste la dure loi du farwest, celle qui m'a fait aimer le genre. Les dessins sont de toute beauté, et le nombre de pages inhabituellement élevé permet de vraiment s'attarder sur les persos et construire une histoire riches sur plusieurs époques. L'une des meilleures BD de Van Hamme, et la meilleure avec son compère Rosinsky (avec Le grand pouvoir du Chninkel, bien sûr).
Quartier lointain
Lu il y a plusieurs mois de cela mais le sentiment reste inchangé, j’ai « dévoré » Quartier lointain, un de mes gros coup de cœur cette année. Jiro Tanigushi s’adresse aux personnes nostalgiques, ceux qui vivent avec des regrets et qui rêveraient de revenir dans leur passé pour changer certains évènements. Il n’y a pas besoin d’être quarantenaire comme le personnage principal, le coup de blues de la nostalgie tout le monde l'a déjà ressenti et peut être même davantage ceux qui se situent dans la vingtaine car ils viennent juste de sortir de cette période charnière où tout est possible qu’est l’adolescence, âge où les gens sont un peu coincés et empotés, et dans lequel replonge le personnage principal, un quadra désabusé par sa vie, miné par la pression de son boulot et de sa famille qui ne le respecte pas comme chef patriarche, un thème que je trouve assez récurent dans les mangas. Voyage t-il vraiment dans le passé ou alors n’est-ce qu’un rêve ? On ne le saura qu’à la toute fin. C’est étrange mais j’ai l’impression que ce manga m’a particulièrement touché parce qu’à l’instar de son auteur j’ai un peu partagé les mêmes regrets (l’auteur se souviens qu’il passait trop de temps à glander alors que le monde entier s’ouvrait à lui dehors) et les mêmes phases de bonheur : j’aime les scènes qu’il passe en famille et avec ses amis à la plage en bord de mer, ça me rappelle mes vacances d’été avant la rentrée scolaire. Et puis à travers la quête du personnage pour comprendre le départ précipité de son père, l’auteur abordera la seconde guerre mondiale vécue côté japonais, là encore j’ai trouvé cela passionnant. Seul regret : j’aurai souhaité plus d’euphorie chez Hiroshi, je m’imagine à sa place et je me dis que la plupart d’entre nous se seraient lâchés beaucoup plus que lui. Après c’est peut être la mentalité japonaise… Les dessins sont de toutes beautés, les retranscriptions du Japon de l’époque sont très bien rendues et le trait de Tanigushi n’est pas tout à fait typé « manga », le dessin a des influences européennes et je pense que c’est en partie pour cette raison qu’il est tant apprécié sur notre continent. Une œuvre sensible et intelligente qui mérite d’être lue.
Le Bataillon des lâches
J’avais sélectionné cette BD il y a de nombreuses années en me basant sur les avis positifs de bdtheque, je l’ai enfin trouvée dans une librairie d’occasions et je ne regrette absolument pas mon achat. Il y a une chose certaine : ce n’est sûrement pas la couverture qui vous incite à l’achat elle est très moche et directement on l'associe à un scénario type « Rambo fait le ménage sur la planète rouge ». Et pourtant c’est excellent, le bataillon des lâches est en fait 5 soldats qui refusent de se soumettre à une bataille dont l’issue fatale est certaine, ils organisent donc une fuite courageuse vers la planète Terre. L’histoire est traitée simplement sans « effets spéciaux » si j’ose dire , une sorte de huis-clos où psychologie et philosophie sont employées à profusion , en un mot : super. Le dessin est fin principalement les décors, les personnages sont moins bien représentés et la colorisation est de qualité inégale, l’ambiance est très bien retranscrite. Excellent one shot, incontournable !
V pour Vendetta
Suite à un cataclysme nucléaire, l'Angleterre tombe sous la coupe d'une dictature qui fait régner la censure et une discipline rigoureuse. Un homme va se dresser contre ce régime totalitaire et fachiste. Une fois de plus Moore n'a pas son pareil pour nous dépeindre un monde assez proche du notre dans lequel évolue des personnages à tel point torturés et haut en couleur que l'on ne peut qu'accrocher immédiatement à l'histoire. Il est clair que le personnage du héros est de loin le plus emblématique et charismatique de la série ; d'ailleurs il représente des valeurs trés fortes (anarchisme, vengeance, révolte contre l'ordre établi) et qui sont chères à l'auteur. Personne ne peut rester de marbre face à ce héros qui symbolise autant de chose. De plus, comme dans Watchmen, le récit se déroule sous la forme d'une sorte d'habile puzzle géant dont la construction met en avant tout le talent et l'ingéniosité déployés par l'auteur. Hélas ce récit, sur le fond trés brillant, possède aussi quelques imperfections. En effet, il manque parfois de rythme mais surtout il s'avère plutot complexe demandant une attention permanente pour en saisir tous les rouages et subtilités ; en cela le film du même nom reste beaucoup plus fluide et compréhensible tout en gardant parfaitement l'esprit de la BD. Et puis les dessins font beaucoup trop années 80 et semblent avoir bien mal vieillis. Bref, comme Watchmen V pour Vendetta reste une oeuvre majeure et incontournable de Moore car malgrés quelques petits défauts le récit est impressionant de subtilité et d'ingéniosité.
Fée et tendres Automates
J’avoue très simplement que je n’aurais jamais pris la peine de lire l’intégrale piochée par hasard dans la bibliothèque d’une amie si l’envie de lire une bd connue mais sans attrait à mes yeux ne se serait manifestée. En effet, qu’il s’agisse du titre mielleux ou de la couverture post-romantique à souhait, rien ne laissait présager de l’engouement dont je vais tacher de vous faire part dans les lignes suivantes… Il s’agit d’un énième monde post-apocalyptique illustré à merveille par Béatrice Tillier et repris par un second dessinateur, Franck Leclercq dont on fustige le travail mais qui a l’immense mérite de prolonger le travail graphique des deux premiers tomes sans en atténuer la qualité. Rien que pour cela et le rôle ingrat qu’on a pu lui attribuer, il mérite à la fois respect et coup de chapeau. Mais de quoi parle cette histoire au juste ? Simplement d’une histoire d’amour impossible entre deux êtres artificiels créés de toutes pièces par un Gepetto reclus dans un monde en déliquescence et à la recherche de l’âme absolue, l’égal en tous points d’une beauté intérieure comme extérieure. Malheureusement l’univers décrit, mélange de dictature steampunk dans une architecture digne de la Renaissance, est un piège pour toute forme d’espoir et les décors aussi superbes soient ils (et ils le sont) deviennent le cadre d’une guerre civile inhumaine balayant tout espoir et séparant l’automate amoureux d’une fée incomplète et muette d’une histoire d’amour improbable… J’avoue que les réflexions de l’automate Jam jouant de façon parfois trop répétitive et appuyée sur la relation romantique qu’il souhaiterait vivre avec « sa » fée sont parfois un peu « too much » mais le monde est si habilement mis en scène et le récit rythmé et se jouant sur plusieurs époques que je n’ai eu de cesse d’aller au bout de ce récit atypique. La poésie « cucul » est par ailleurs contrebalancée par une cruauté sans égal et quelques scènes très dures à représenter mais intelligemment mises en scène et dont je tairais les propos pour ne pas en dévoiler la teneur. C’est d’ailleurs cet équilibre périlleux qui rend l’intégralité du récit si palpitant à lire jusqu’à la dernière page de cet amour impossible mais plutôt original. Une fois ma lecture achevée, je n’avais qu’une idée en tête : acquérir ce précieux livre qui me rappelle toutes proportions gardées le Réseau Bombyce avec lequel il partage une réputation d’œuvre maudite mais achevée dans la douleur qui me plait au plus haut point… Ne vous laissez pas abuser par le titre et la couverture aguichante, ce récit est un véritable coup de poing servi par des planches de toute beauté. Un classique que j’ai failli occulter et dont je salue le curieux hasard qui me l’a placé entre les mains.