Voici donc l'autre suite au "Pouvoir des Innocents", qui se passe entre cette série et Les Enfants de Jessica. Les sorties des deux séries vont, je pense, être quasiment simultanées, histoire de donner une double résonance à cette saga remarquable.
Ici nous apprenons donc comment Joshua Logan s'est rendu aux autorités, et comment il prépare sa défense. Mais bien sûr cela ne va pas se passer comme il le souhaite, puisque presque dix ans plus tard, il sera toujours en prison (ceci n'est pas un spoiler, puisque révélé dans le tome 1 de Les Enfants de Jessica, sorti avant ce premier tome). Que s'est-il donc passé dans l'intervalle ? Beaucoup de choses, dès ce premier tome ; là encore le récit est divisé en plusieurs fils narratifs, puisqu'on suit Joshua, sa femme, l'avocat qui a accepté, contre vents et marées, de le défendre, mais aussi Jessica Ruppert, dont l'intégrité est mise à mal par les révélations de l'ancien soldat des forces spéciales... Et d'autres encore ; mais on n'est absolument pas perdu, ce diable de Luc Brunschwig nous prend d'entrée dans ses rets pour ne pas nous lâcher.
Avec le tome 3 les personnages s'affirment, leurs relations s'installent et les tournants sont multiples. Le récit de Luc Brunschwig est toujours aussi limpide, malgré l'écheveau très serré des intrigues. J'adore.
Et, avantage pour ceux qui n'auraient pas lu Le Pouvoir des innocents ou dont le souvenir serait lointain, l'album propose non seulement un rapide résumé de la série originale, mais également de nombreux éléments disséminés au fil des pages pour tout se remettre en mémoire. Diabolique, je vous dis.
Comme Laurent Hirn, malgré son grand talent, n'est pas en mesure d'assurer le dessin des deux séries et de les sortir de façon suffisamment rapprochée, l'exécution graphique est confiée à David Nouhaud, dessinateur de Maxime Murene, toujours sous la supervision de Hirn. Celui-ci fait un boulot impeccable, assez proche de celui de son collègue, rendant cette lecture très agréable à suivre pour les yeux.
Indispensable.
Tiens, ça faisait un moment qu'Ankama ne nous avait pas sorti un bouquin de cet acabit. Loin de moi l'idée de dénigrer leur catalogue récent, mais il faut avouer qu'en termes d'originalité, je n'ai pas vu passer beaucoup de titres remarquables ces derniers temps.
C'est plutôt en termes d'originalité que cet album se pose. Il met donc en scène son auteure, Florence Dupré la Tour, visiblement un peu déboussolée par une situation familiale et professionnelle compliquée, qui bascule dans la schizophrénie et en fait le sujet d'un blog, puis d'un livre. Ce qui est intéressant, c'est la structure de l'ensemble : Cigish, double maléfique de Florence, apparaît de façon un peu aléatoire, sans but autre que de cramer un peu plus son autre face. Chaque épisode est suivi par une sélection de commentaires, positifs ou négatifs, qui apportent une profondeur au récit. Ce qui est fort, à un moment, c'est que l'auteure annonce qu'elle incarne l'un de ses commentateurs, sous un pseudo bien sûr. Une nouvelle dimension. Dès lors, on se demande ce qui, dans tout ça, est authentique. L'ensemble ne serait-il qu'une sorte de vaste farce, un projet éditorial aux implications incalculables ? Au sein des commentateurs, pourtant, se cachent des éditeurs, certains auteurs comme James ou terreur graphique. Dupré la Tour évoque, en creux, sa condition précaire d'auteurs, mais aussi la relation compliquée qu'elle entretient, et tous les auteurs avec elle, avec les éditeurs, les critiques, et même une certaine frange puante des lecteurs, les chasseurs de dédicaces, qui deviennent des acteurs importants de son récit.
Son dessin, que certains parmi ses haters qualifient de sous-Sfar, lui permet une palette d'expressions et de formes quasi-illimitée, servant à merveille ses délires.
Au final c'est un album qui est passionnant par moments, un peu lents par d'autres, mais qui propose une intéressante variation sur le dilemme de l'auteur, le rapport aux jeux de rôle et qui met surtout en valeur la palette des possibilités narratives qu'offre le multimedia autour d'un récit dessiné.
Et si Don Quichotte vivait aujourd'hui ? Il ne manquerait certes pas d'injustices à combattre ni de nobles causes à défendre…
Mike Cervantès est un laissé pour compte du rêve américain. Au fond de son bled perdu d'Arizona, il vivote en jouant les cowboys dans un village pour touristes. Parce qu'il fume de la marijuana, le shériff local lui pourri la vie et il fait un séjour en prison. C'est « pour fuir les conneries » qu'ils s'engage dans l'armée et se retrouve en Afghanistan. Fait prisonnier par les talibans, amputé d'un bras, Mike revient traumatisé au pays. L'armée lui offre une jolie prothèse mais personne ne calme son sentiment de révolte face à une société dont les discours remplis d'autosatisfaction ne suffisent pas à masquer les injustices sociales.
Découvrant par hasard l'œuvre et la vie de son illustre homonyme, Mike Cervantès s’identifie à Miguel Cervantès, qui fut lui aussi mutilé, prisonnier et marginalisé dans la société de son époque. Révolté par l'Amérique contemporaine, Mike devient une sorte de Don Quichotte, mais les moulins à vents sont devenus légions dans l'Amérique actuelle…
Dans un road movie intelligent et désabusé, Lax nous entraîne dans les pas de ce personnage hors norme, révélant l'envers du décor d'une Amérique qui ne fait plus rêver. Mike Cervantès évolue parmi les migrants latinos, les exclus de l'économie, les expropriés de la crise des subprimes, les indiens qui végètent dans les réserves, les abrutis acculturés et les clochards. Il montre comment la société américaine, anesthésiée par les médias et la bien-pensance, oublie le sens des valeurs qu'elle prétend défendre.
Le récit, servi par de superbes dessins au lavis, est teinté d'une désespérance pleine d'ironie. Cependant, au fil de ses errances, Cervantès rencontre de belles personnes qui prouvent que si la société perd son humanité, certains individus valent encore d'être défendus par de vaillants chevaliers… Même si le combat de Cervantès est perdu d'avance, on rêve de marcher à ses côtés.
Cet album qui m'a rappelé la tonalité de Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter) de Michael Cimino, un de mes films préféré, peut-être le discours le plus intelligent que l'on ait jamais tenu sur la guerre et ses conséquences sur la société.
Cervantès est la synthèse réussie entre l'Amédée de L'Aigle sans orteils et Le Choucas redresseur de torts. Une saine lecture en ces temps d'individualisme, qui confirme l'immense talent et la profonde sensibilité humaniste de Christian Lax.
Voilà une série très plaisante à suivre, à condition de la prendre pour ce qu'elle est : un récit d'aventure destiné aux jeunes adolescents (mais pas que).
Tout d’abord, le cadre : les courses de chars dans l’Empire romain. Voilà une manière originale d’aborder cette époque déjà si souvent exploitée ! Et comme les auteurs semblent bien documentés sur le sujet, le théâtre de cette fiction nous est présenté d'une manière assez crédible. Bien sûr, les courses sont très spectaculaires, mais les auteurs évitent d'en faire trop. Exagérées, oui (évidemment, serais-je tenté de dire), mais pas délirantes.
De plus, avoir choisi l’Espagne comme point de départ du récit est, je trouve, très judicieux : les auteurs sont d’origine ibérique, d’une part et cette région de l’Empire romain n’est finalement que peu exploité dans les récits du genre, d’autre part.
Ensuite vient le dessin. Un trait propre et immédiat, hérité du franco-belge de la grande époque, influencé par le dessin d’animation, soigné dans ses décors, dynamique, expressif. Du bel ouvrage ! Et même le saut temporel du premier tome (12 ans séparent l’introduction du reste du récit) ne pose pas de problème quand il s’agit de reconnaître les personnages (que ce soit un enfant devenu jeune adulte, un adulte devenu vieux ou une matrone devenue… matrone mais en pire). J’aime vraiment beaucoup ce trait un peu carré et très typé, même si certains chevaux me paraissent étrangement longs.
Le récit, en lui-même, est des plus classiques. Un jeune orphelin va suivre les traces de son père à son corps défendant. Il devra faire face à ses vieux démons mais aussi à un cruel adversaire. Sa route croisera celle d’une jolie esclave, d’un mystérieux gladiateur et d’influents notables romains. Le nombre de personnages importants n’excède pas la dizaine, ce qui permet de rapidement s’y retrouver tout en offrant plusieurs champs d’investigation. Ces multiples relations donnent aux auteurs la possibilité de nous présenter divers aspects de la réalité historique de l'époque. C'est souvent instructif (pour un jeune lecteur, hein, pas pour un historien) sans jamais être lourdingue.
J’ai également apprécié le fait que les auteurs n’hésitent pas à tuer l’un ou l’autre personnage sans tenir compte du fait que les lecteurs s’y seraient attachés ou pas. Cette façon d’aborder les choses crée une tension, permet de rendre certains personnages détestables et de donner à ce récit des allures de drame antique.
Le troisième tome devrait nous emmener en Gaule. Je m’en réjouis à l’avance. A mes yeux, Gloria Victis est une très belle série 'grand public', conçue pour être appréciée par de jeunes adolescents sans que leurs parents ne trouvent ça infantilisant.
Mais quelle claque! Autant visuelle qu'en se qui concerne le scénario.
Avant d'y revenir, voici donc l'histoire de Marin un jeune thésard qui arrive à Brest afin de rencontrer un bouquiniste qui posséderait un inédit de Pierre Mac Orlan, sujet de la thèse. A son arrivée, Marin alors qu'il s'apprête à découvrir le précieux manuscrit reçoit un coup qui l'assomme, il se réveille plus tard, nu comme un ver et retourné à la librairie, trouve son propriétaire mort. La police s'en mêle, Marin doit fuir et tenter grâce à une mystérieuse carte de s'innocenter.
Sommes nous ici face à une sorte de mise en abimes? Sans doute, en effet tout le ressort dramatique qui conduit le héros en divers points de la ville de Brest s’appuie sur l’œuvre de Mac Orlan. Grâce à de subtils détails, les différents récits de l'auteur sont habilement convoqués dans ce gigantesque jeu de piste ou le héros joue sa vie. Attention! pas besoin d'avoir lu un seul livre de cet auteur n'y même d'avoir entendu parler de lui. Ceci n'est pas une œuvre pour l’intelligentsia, il s'agit avant tout d'un polar rondement, voir diaboliquement mené. Cette quête est tout sauf vieillotte, si elle s'ancre dans des écrits qui se situent au début du siècle dernier, la modernité du propos est évidente et ce n'est pas l'utilisation d'une carte au trésor qui empoussière les choses.
C'est donc un puzzle infernal que doit résoudre Marin au gré d'indices disséminés tout au long de son parcours nocturne dans Brest. Ponctuée de rencontres improbables mais hautement anxiogènes, sa quête avance au rythme de ses déambulations.
Visuellement c'est superbe. Briac le dessinateur, également responsable de la couleur, nous livre des illustrations qui sont pratiquement des tableaux ou rien n'est figé. C'est humide, poisseux, glauque, violent, sordide, en un mot grandiose. Hénaurme même, à l'image du commissaire de police Bourrel, qui n'a rien à voir avec son homonyme pépère de la télévision, et qui poursuit Marin, plus par amour pour la belle Marguerite par qui il s'est fait éconduire que par esprit de justice. Mais je m'égare, comme Marin.
Pour avoir vu Briac travailler en petits coup de pinceaux nets, nerveux, puis plus doux, précis, ajoutant ici une touche de blanc, tamponnant là avec un vulgaire Sopalin, je peux vous assurer que si de prime abord le dessin vous semble sombre et peu évident, c'est qu'il demande un effort. Un effort car face à du grand art comme ici il faut se sortir des choses plus classiques que nous avons l'habitude de voir. Bravo vraiment, en plus le mec est très sympa.
Alors quoi? Courrez y! Ne boudez pas votre plaisir, voilà une BD avec un dessin superbe, un scénario bien plus complexe qu'il n'y parait mais facile à lire, (Bravo la aussi à Arnaud Le Gouëfflec), qui est pour moi un coup de cœur pas loin d'être culte.
Le très talentueux Manara se fait biographe pour dépeindre la vie du Caravage.
Il nous avait déjà montré son goût pour les fastes et les excès de l'Italie de la Renaissance dans Borgia. Ici encore, il excelle à dépeindre les palais somptueux comme les bas-fonds romains.
Manara prend plaisir à créer une galerie de personnages hauts en couleur ; peintre, escrocs, prostituées, spadassins, cardinaux, larbins et barbiers s'agitent dans une société à la fois décadente et puritaine. L'artiste a le sens du mouvement et tous ont une grâce qui n'appartient qu'à lui. Ses femmes, nobles ou putains, sont toujours d'une beauté irréelle, stéréotypée certes, mais inimitable.
La Rome de la fin du Seicento est restituée de manière époustouflante. Le mélange des ruines antiques et des bâtiments branlants et délabrés qui s'y sont incrustés devient un décor de théâtre majestueux. Une mention spéciale pour la toute première case qui présente un pont fortifié dans la campagne romaine, mais aussi pour la Porte Nevia, l'auberge de Lupa, la prison de Tor di Nona…
L'attrait de cet album tient également à la mise en couleur. Manara s'applique particulièrement dans la restitution des lumières pour se montrer digne de son sujet. L'album est marqué dès les premières planches par les tons chauds d'un crépuscule doré. Les clairs obscurs des scènes nocturnes (l'arrivée à Rome, la scène de la Taverne…) sont particulièrement réussis.
En résumé, Le Caravage de Manara est avant tout un régal visuel.
Et l'histoire ? Manara semble se reconnaître dans son personnage, mais le scénario n'offre guère de surprises. Nous assistons à l'ascension d'un grand peintre, l'un des plus grands de son époque. Une œuvre magistrale de réalisme, mais surtout des toiles où transparaît une passion bouillonnante, quel que soit le sujet abordé… Le caractère bouillant du Caravage lui vaut nombre d'ennuis avec la justice et avec l'Église, certaines toiles sont censurées et brûlées, il fait quelques séjours derrière les barreaux… mais continue à produire des chefs d'œuvres.
Nul besoin d'être un amateur éclairé de peinture pour apprécier ce bel album, premier d'un diptyque dont j'attends la conclusion avec une réelle impatience.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire une série avec plus de 10 tomes. D'ailleurs, je n'ai pas pu lire toute la série car ma bibliothèque n'avait pas le premier tome et les tomes 17 à 20 et je ne pense pas trouver cette série à la librairie car elle est un peu oubliée de nos jours. Enfin, je pense que j'ai lu assez de tomes pour pouvoir noter !
Une chose que j'ai adorée avec Mac Coy c'est comment sa situation évolue au fil des tomes (c'est d'ailleurs dommage que je n'ai pas pu lire tous les tomes car il y a clairement eu des changements entre le tome 16 et 21) et cette évolution est intéressante. Les tomes ont chacun une histoire indépendante, mais je trouve qu'il faut lire la série en ordre afin de l'apprécier complétement.
Les scénariis ne réinventent pas le western, mais malgré le fait que les auteurs réutilisent des clichés déjà vus dans d'autres western ils arrivent à créer une certaine originalité et qu'ils réutilisent de manière intéressante ces clichés. Un autre point fort de cette série sont les personnages qui sont souvent haut en couleur et mémorables. J'aime aussi les moments plus humoristiques.
Le dessin est bon quoique la colorisation n'est pas toujours au top. Le dessinateur sait dessiner de belles gueules, mais, paradoxalement, j'ai eu parfois, au début, un peu de difficulté à différencier certains personnages sur certaines cases (notamment Mac Coy et son copain Charley dans les premiers tomes). Mais ce défaut n'a pas du tout brisé mon enthousiasme pour cette série que doivent lire les amateurs de western !
Pour moi c'est très sympa Cross Fire.
Certes, on peut dire que le sujet est convenu, qu'on a déjà lu des tas de fois ce genre de récit mêlant espionnage et ésotérisme. Jean-Luc Sala, chantre du pur divertissement, y ajoute des explosions et des jolies filles. Ça pète dans tous les coins, il y a des clins d'oeil de temps en temps, mais qu'est-ce que c'est jouissif quand même !
Le dessin de Pierre Mony n'est pas étranger à ce plaisir de lecture. On sent qu'il passe un niveau au cours du tome 2, ses personnages sont plus expressifs, ses cadrages plus diversifiés et la mise en couleurs est vraiment remarquables par moments.
Dans les tomes 5 et 6, c'est encore plus prégnant, il n'est pas loin de la maturité, tandis que Jean-Luc Sala densifie son histoire.
Bref, c'est cool, c'est frais, et on n'en demande pas plus.
J'ai lu ce manga sans trop savoir de quoi cela parlait. En fait, depuis quelques temps vu qu'il n'y a plus trop de posteurs de mangas sur le site je fais des recherches sur le catalogue de ma bibliothèque afin de voir quels mangas ne se trouvent pas dans la base de BDTheque. J'espère que vous prenez conscience de mon sacrifice (ben oui c'est dur de lire plein de shojos chiants).
Donc tout ça pour dire que j'étais plutôt surpris lorsque j'ai commencé ma lecture. Pour arrêter le vieillissement de la population, le gouvernement japonais à créé un programme où les jeunes célibataires de 18 ans se retrouvent ensemble pendant un mois et si vous n'avez pas trouvé l'âme sœur vous devenez un paria. Ça a l'air vachement sympa comme programme.
J'ai vite trouvé ce sujet intéressant surtout qu'en plus les personnages sont attachants et qu'il y a plein de retournements de situations. Je ne savais jamais ce qu'il allait se passer ensuite et la psychologie des personnages est bien utilisée. Franchement, j'ai lu les trois premiers tomes sans m'arrêter et j'avais même envie de mettre culte.
Sauf qu'arrive le quatrième avec son premier chapitre qui conclut l'histoire de manière un peu rapide. C'est mignon, mais un peu rapide. Évidemment, vous vous demandez si ce tome ne fait qu'un chapitre. Ben non en fait après on suit un autre happy project. C'est pas totalement mauvais, mais je pense que j'étais trop déçu (je pensais que j'allais lire un dernier tome avec plein de rebondissements sur l'histoire que j'avais aimée durant trois tomes, pas que j'allais lire une autre histoire !) pour essayer d'apprécier ces nouveaux personnages.
Je mets tout de même 4 étoiles et un coup de cœur car cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un manga aussi captivant malgré sa fin moyenne.
Beau premier tome, très enlevé, rapide comme l'éclair et bouillonnant de questions intimes. J'ai classé ça dans policier parce que c'est plein de poursuites en voitures, de flingues et de dealers, mais ça pourrait aussi être dans roman graphique.
Pacifique est un beau grand noir qui essaye de sortir du merdier illégal dans lequel il s'est fourré il y a longtemps. Son prénom semble aussi bien porté que l'océan: pour camoufler la puissance effrayante derrière un calme imPACIble. Le vrai héros, droit malgré la tourmente.
Les méchants n'ont pas des gueules de méchant, ils font leur boulot de méchant, comme un banquier, pas plus, pas moins. Les filles ne sont pas des pétasses à gros lolos perchées sur des talons aiguilles, c'est des filles comme vous et moi, peut-être un peu plus paumées, mais ça se discute...
L'enchaînement des scènes est ce qui me plait le plus: comme dans Belleville Story, (pourtant c'était un autre scénariste) on n'a pas une minute pour reprendre son souffle : même quand le héros médite, seul dans le silence, c'est comme si on entendait l’imbroglio des ennuis qui s'agitent dans son crâne.
Pour le dessin, je sais qu'il ne plaira pas à tout le monde, moi il m'emballe, c'est une sorte d'enfant caché de Sfar et de Vivès, rapide, approximatif parfois, mais toujours expressif. Des points de fuite en bas pour accélérer encore le parcours de la bagnole pied au plancher, des raccourcis à la Mantegna (le christ mort, pour les initiés !), d'autres beaucoup plus hasardeux, mais qui disent le mouvement, des gribouillis élégants (p19, les pieds nus du type allongé qui sortent du jean, je trouve ça tellement sensuel...).
Les couleurs assez douces d'Isabelle Merlet servent habilement à donner une composition à l'ensemble des pages.
Bref j'adore, et j'ai hâte de lire la suite, je vous tiendrai au courant...
A la lecture du deuxième tome, je suis un peu déçue: ça ralentit bigrement, peut-être finir en deux tomes aurait été plus tendu vers l'objectif. Le personnage reste attachant mais le scénario patine...
Après lecture du troisième tome, il faut admettre que l'intrigue retombe sur ses pieds, donc la composition générale était bien vue, le rôle du père de Paci prend un caractère prophétique assez habile...c'est vraiment sympathique mais le découpage est mal ajusté dans le milieu...
Et le premier tome est quand même le meilleur.
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Car l'enfer est ici (Le Pouvoir des innocents - cycle 2)
Voici donc l'autre suite au "Pouvoir des Innocents", qui se passe entre cette série et Les Enfants de Jessica. Les sorties des deux séries vont, je pense, être quasiment simultanées, histoire de donner une double résonance à cette saga remarquable. Ici nous apprenons donc comment Joshua Logan s'est rendu aux autorités, et comment il prépare sa défense. Mais bien sûr cela ne va pas se passer comme il le souhaite, puisque presque dix ans plus tard, il sera toujours en prison (ceci n'est pas un spoiler, puisque révélé dans le tome 1 de Les Enfants de Jessica, sorti avant ce premier tome). Que s'est-il donc passé dans l'intervalle ? Beaucoup de choses, dès ce premier tome ; là encore le récit est divisé en plusieurs fils narratifs, puisqu'on suit Joshua, sa femme, l'avocat qui a accepté, contre vents et marées, de le défendre, mais aussi Jessica Ruppert, dont l'intégrité est mise à mal par les révélations de l'ancien soldat des forces spéciales... Et d'autres encore ; mais on n'est absolument pas perdu, ce diable de Luc Brunschwig nous prend d'entrée dans ses rets pour ne pas nous lâcher. Avec le tome 3 les personnages s'affirment, leurs relations s'installent et les tournants sont multiples. Le récit de Luc Brunschwig est toujours aussi limpide, malgré l'écheveau très serré des intrigues. J'adore. Et, avantage pour ceux qui n'auraient pas lu Le Pouvoir des innocents ou dont le souvenir serait lointain, l'album propose non seulement un rapide résumé de la série originale, mais également de nombreux éléments disséminés au fil des pages pour tout se remettre en mémoire. Diabolique, je vous dis. Comme Laurent Hirn, malgré son grand talent, n'est pas en mesure d'assurer le dessin des deux séries et de les sortir de façon suffisamment rapprochée, l'exécution graphique est confiée à David Nouhaud, dessinateur de Maxime Murene, toujours sous la supervision de Hirn. Celui-ci fait un boulot impeccable, assez proche de celui de son collègue, rendant cette lecture très agréable à suivre pour les yeux. Indispensable.
Cigish ou le Maître du Je
Tiens, ça faisait un moment qu'Ankama ne nous avait pas sorti un bouquin de cet acabit. Loin de moi l'idée de dénigrer leur catalogue récent, mais il faut avouer qu'en termes d'originalité, je n'ai pas vu passer beaucoup de titres remarquables ces derniers temps. C'est plutôt en termes d'originalité que cet album se pose. Il met donc en scène son auteure, Florence Dupré la Tour, visiblement un peu déboussolée par une situation familiale et professionnelle compliquée, qui bascule dans la schizophrénie et en fait le sujet d'un blog, puis d'un livre. Ce qui est intéressant, c'est la structure de l'ensemble : Cigish, double maléfique de Florence, apparaît de façon un peu aléatoire, sans but autre que de cramer un peu plus son autre face. Chaque épisode est suivi par une sélection de commentaires, positifs ou négatifs, qui apportent une profondeur au récit. Ce qui est fort, à un moment, c'est que l'auteure annonce qu'elle incarne l'un de ses commentateurs, sous un pseudo bien sûr. Une nouvelle dimension. Dès lors, on se demande ce qui, dans tout ça, est authentique. L'ensemble ne serait-il qu'une sorte de vaste farce, un projet éditorial aux implications incalculables ? Au sein des commentateurs, pourtant, se cachent des éditeurs, certains auteurs comme James ou terreur graphique. Dupré la Tour évoque, en creux, sa condition précaire d'auteurs, mais aussi la relation compliquée qu'elle entretient, et tous les auteurs avec elle, avec les éditeurs, les critiques, et même une certaine frange puante des lecteurs, les chasseurs de dédicaces, qui deviennent des acteurs importants de son récit. Son dessin, que certains parmi ses haters qualifient de sous-Sfar, lui permet une palette d'expressions et de formes quasi-illimitée, servant à merveille ses délires. Au final c'est un album qui est passionnant par moments, un peu lents par d'autres, mais qui propose une intéressante variation sur le dilemme de l'auteur, le rapport aux jeux de rôle et qui met surtout en valeur la palette des possibilités narratives qu'offre le multimedia autour d'un récit dessiné.
Un certain Cervantès
Et si Don Quichotte vivait aujourd'hui ? Il ne manquerait certes pas d'injustices à combattre ni de nobles causes à défendre… Mike Cervantès est un laissé pour compte du rêve américain. Au fond de son bled perdu d'Arizona, il vivote en jouant les cowboys dans un village pour touristes. Parce qu'il fume de la marijuana, le shériff local lui pourri la vie et il fait un séjour en prison. C'est « pour fuir les conneries » qu'ils s'engage dans l'armée et se retrouve en Afghanistan. Fait prisonnier par les talibans, amputé d'un bras, Mike revient traumatisé au pays. L'armée lui offre une jolie prothèse mais personne ne calme son sentiment de révolte face à une société dont les discours remplis d'autosatisfaction ne suffisent pas à masquer les injustices sociales. Découvrant par hasard l'œuvre et la vie de son illustre homonyme, Mike Cervantès s’identifie à Miguel Cervantès, qui fut lui aussi mutilé, prisonnier et marginalisé dans la société de son époque. Révolté par l'Amérique contemporaine, Mike devient une sorte de Don Quichotte, mais les moulins à vents sont devenus légions dans l'Amérique actuelle… Dans un road movie intelligent et désabusé, Lax nous entraîne dans les pas de ce personnage hors norme, révélant l'envers du décor d'une Amérique qui ne fait plus rêver. Mike Cervantès évolue parmi les migrants latinos, les exclus de l'économie, les expropriés de la crise des subprimes, les indiens qui végètent dans les réserves, les abrutis acculturés et les clochards. Il montre comment la société américaine, anesthésiée par les médias et la bien-pensance, oublie le sens des valeurs qu'elle prétend défendre. Le récit, servi par de superbes dessins au lavis, est teinté d'une désespérance pleine d'ironie. Cependant, au fil de ses errances, Cervantès rencontre de belles personnes qui prouvent que si la société perd son humanité, certains individus valent encore d'être défendus par de vaillants chevaliers… Même si le combat de Cervantès est perdu d'avance, on rêve de marcher à ses côtés. Cet album qui m'a rappelé la tonalité de Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter) de Michael Cimino, un de mes films préféré, peut-être le discours le plus intelligent que l'on ait jamais tenu sur la guerre et ses conséquences sur la société. Cervantès est la synthèse réussie entre l'Amédée de L'Aigle sans orteils et Le Choucas redresseur de torts. Une saine lecture en ces temps d'individualisme, qui confirme l'immense talent et la profonde sensibilité humaniste de Christian Lax.
Gloria Victis
Voilà une série très plaisante à suivre, à condition de la prendre pour ce qu'elle est : un récit d'aventure destiné aux jeunes adolescents (mais pas que). Tout d’abord, le cadre : les courses de chars dans l’Empire romain. Voilà une manière originale d’aborder cette époque déjà si souvent exploitée ! Et comme les auteurs semblent bien documentés sur le sujet, le théâtre de cette fiction nous est présenté d'une manière assez crédible. Bien sûr, les courses sont très spectaculaires, mais les auteurs évitent d'en faire trop. Exagérées, oui (évidemment, serais-je tenté de dire), mais pas délirantes. De plus, avoir choisi l’Espagne comme point de départ du récit est, je trouve, très judicieux : les auteurs sont d’origine ibérique, d’une part et cette région de l’Empire romain n’est finalement que peu exploité dans les récits du genre, d’autre part. Ensuite vient le dessin. Un trait propre et immédiat, hérité du franco-belge de la grande époque, influencé par le dessin d’animation, soigné dans ses décors, dynamique, expressif. Du bel ouvrage ! Et même le saut temporel du premier tome (12 ans séparent l’introduction du reste du récit) ne pose pas de problème quand il s’agit de reconnaître les personnages (que ce soit un enfant devenu jeune adulte, un adulte devenu vieux ou une matrone devenue… matrone mais en pire). J’aime vraiment beaucoup ce trait un peu carré et très typé, même si certains chevaux me paraissent étrangement longs. Le récit, en lui-même, est des plus classiques. Un jeune orphelin va suivre les traces de son père à son corps défendant. Il devra faire face à ses vieux démons mais aussi à un cruel adversaire. Sa route croisera celle d’une jolie esclave, d’un mystérieux gladiateur et d’influents notables romains. Le nombre de personnages importants n’excède pas la dizaine, ce qui permet de rapidement s’y retrouver tout en offrant plusieurs champs d’investigation. Ces multiples relations donnent aux auteurs la possibilité de nous présenter divers aspects de la réalité historique de l'époque. C'est souvent instructif (pour un jeune lecteur, hein, pas pour un historien) sans jamais être lourdingue. J’ai également apprécié le fait que les auteurs n’hésitent pas à tuer l’un ou l’autre personnage sans tenir compte du fait que les lecteurs s’y seraient attachés ou pas. Cette façon d’aborder les choses crée une tension, permet de rendre certains personnages détestables et de donner à ce récit des allures de drame antique. Le troisième tome devrait nous emmener en Gaule. Je m’en réjouis à l’avance. A mes yeux, Gloria Victis est une très belle série 'grand public', conçue pour être appréciée par de jeunes adolescents sans que leurs parents ne trouvent ça infantilisant.
La Nuit Mac Orlan
Mais quelle claque! Autant visuelle qu'en se qui concerne le scénario. Avant d'y revenir, voici donc l'histoire de Marin un jeune thésard qui arrive à Brest afin de rencontrer un bouquiniste qui posséderait un inédit de Pierre Mac Orlan, sujet de la thèse. A son arrivée, Marin alors qu'il s'apprête à découvrir le précieux manuscrit reçoit un coup qui l'assomme, il se réveille plus tard, nu comme un ver et retourné à la librairie, trouve son propriétaire mort. La police s'en mêle, Marin doit fuir et tenter grâce à une mystérieuse carte de s'innocenter. Sommes nous ici face à une sorte de mise en abimes? Sans doute, en effet tout le ressort dramatique qui conduit le héros en divers points de la ville de Brest s’appuie sur l’œuvre de Mac Orlan. Grâce à de subtils détails, les différents récits de l'auteur sont habilement convoqués dans ce gigantesque jeu de piste ou le héros joue sa vie. Attention! pas besoin d'avoir lu un seul livre de cet auteur n'y même d'avoir entendu parler de lui. Ceci n'est pas une œuvre pour l’intelligentsia, il s'agit avant tout d'un polar rondement, voir diaboliquement mené. Cette quête est tout sauf vieillotte, si elle s'ancre dans des écrits qui se situent au début du siècle dernier, la modernité du propos est évidente et ce n'est pas l'utilisation d'une carte au trésor qui empoussière les choses. C'est donc un puzzle infernal que doit résoudre Marin au gré d'indices disséminés tout au long de son parcours nocturne dans Brest. Ponctuée de rencontres improbables mais hautement anxiogènes, sa quête avance au rythme de ses déambulations. Visuellement c'est superbe. Briac le dessinateur, également responsable de la couleur, nous livre des illustrations qui sont pratiquement des tableaux ou rien n'est figé. C'est humide, poisseux, glauque, violent, sordide, en un mot grandiose. Hénaurme même, à l'image du commissaire de police Bourrel, qui n'a rien à voir avec son homonyme pépère de la télévision, et qui poursuit Marin, plus par amour pour la belle Marguerite par qui il s'est fait éconduire que par esprit de justice. Mais je m'égare, comme Marin. Pour avoir vu Briac travailler en petits coup de pinceaux nets, nerveux, puis plus doux, précis, ajoutant ici une touche de blanc, tamponnant là avec un vulgaire Sopalin, je peux vous assurer que si de prime abord le dessin vous semble sombre et peu évident, c'est qu'il demande un effort. Un effort car face à du grand art comme ici il faut se sortir des choses plus classiques que nous avons l'habitude de voir. Bravo vraiment, en plus le mec est très sympa. Alors quoi? Courrez y! Ne boudez pas votre plaisir, voilà une BD avec un dessin superbe, un scénario bien plus complexe qu'il n'y parait mais facile à lire, (Bravo la aussi à Arnaud Le Gouëfflec), qui est pour moi un coup de cœur pas loin d'être culte.
Le Caravage
Le très talentueux Manara se fait biographe pour dépeindre la vie du Caravage. Il nous avait déjà montré son goût pour les fastes et les excès de l'Italie de la Renaissance dans Borgia. Ici encore, il excelle à dépeindre les palais somptueux comme les bas-fonds romains. Manara prend plaisir à créer une galerie de personnages hauts en couleur ; peintre, escrocs, prostituées, spadassins, cardinaux, larbins et barbiers s'agitent dans une société à la fois décadente et puritaine. L'artiste a le sens du mouvement et tous ont une grâce qui n'appartient qu'à lui. Ses femmes, nobles ou putains, sont toujours d'une beauté irréelle, stéréotypée certes, mais inimitable. La Rome de la fin du Seicento est restituée de manière époustouflante. Le mélange des ruines antiques et des bâtiments branlants et délabrés qui s'y sont incrustés devient un décor de théâtre majestueux. Une mention spéciale pour la toute première case qui présente un pont fortifié dans la campagne romaine, mais aussi pour la Porte Nevia, l'auberge de Lupa, la prison de Tor di Nona… L'attrait de cet album tient également à la mise en couleur. Manara s'applique particulièrement dans la restitution des lumières pour se montrer digne de son sujet. L'album est marqué dès les premières planches par les tons chauds d'un crépuscule doré. Les clairs obscurs des scènes nocturnes (l'arrivée à Rome, la scène de la Taverne…) sont particulièrement réussis. En résumé, Le Caravage de Manara est avant tout un régal visuel. Et l'histoire ? Manara semble se reconnaître dans son personnage, mais le scénario n'offre guère de surprises. Nous assistons à l'ascension d'un grand peintre, l'un des plus grands de son époque. Une œuvre magistrale de réalisme, mais surtout des toiles où transparaît une passion bouillonnante, quel que soit le sujet abordé… Le caractère bouillant du Caravage lui vaut nombre d'ennuis avec la justice et avec l'Église, certaines toiles sont censurées et brûlées, il fait quelques séjours derrière les barreaux… mais continue à produire des chefs d'œuvres. Nul besoin d'être un amateur éclairé de peinture pour apprécier ce bel album, premier d'un diptyque dont j'attends la conclusion avec une réelle impatience.
Mac Coy
Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à lire une série avec plus de 10 tomes. D'ailleurs, je n'ai pas pu lire toute la série car ma bibliothèque n'avait pas le premier tome et les tomes 17 à 20 et je ne pense pas trouver cette série à la librairie car elle est un peu oubliée de nos jours. Enfin, je pense que j'ai lu assez de tomes pour pouvoir noter ! Une chose que j'ai adorée avec Mac Coy c'est comment sa situation évolue au fil des tomes (c'est d'ailleurs dommage que je n'ai pas pu lire tous les tomes car il y a clairement eu des changements entre le tome 16 et 21) et cette évolution est intéressante. Les tomes ont chacun une histoire indépendante, mais je trouve qu'il faut lire la série en ordre afin de l'apprécier complétement. Les scénariis ne réinventent pas le western, mais malgré le fait que les auteurs réutilisent des clichés déjà vus dans d'autres western ils arrivent à créer une certaine originalité et qu'ils réutilisent de manière intéressante ces clichés. Un autre point fort de cette série sont les personnages qui sont souvent haut en couleur et mémorables. J'aime aussi les moments plus humoristiques. Le dessin est bon quoique la colorisation n'est pas toujours au top. Le dessinateur sait dessiner de belles gueules, mais, paradoxalement, j'ai eu parfois, au début, un peu de difficulté à différencier certains personnages sur certaines cases (notamment Mac Coy et son copain Charley dans les premiers tomes). Mais ce défaut n'a pas du tout brisé mon enthousiasme pour cette série que doivent lire les amateurs de western !
Cross Fire
Pour moi c'est très sympa Cross Fire. Certes, on peut dire que le sujet est convenu, qu'on a déjà lu des tas de fois ce genre de récit mêlant espionnage et ésotérisme. Jean-Luc Sala, chantre du pur divertissement, y ajoute des explosions et des jolies filles. Ça pète dans tous les coins, il y a des clins d'oeil de temps en temps, mais qu'est-ce que c'est jouissif quand même ! Le dessin de Pierre Mony n'est pas étranger à ce plaisir de lecture. On sent qu'il passe un niveau au cours du tome 2, ses personnages sont plus expressifs, ses cadrages plus diversifiés et la mise en couleurs est vraiment remarquables par moments. Dans les tomes 5 et 6, c'est encore plus prégnant, il n'est pas loin de la maturité, tandis que Jean-Luc Sala densifie son histoire. Bref, c'est cool, c'est frais, et on n'en demande pas plus.
Happy Project
J'ai lu ce manga sans trop savoir de quoi cela parlait. En fait, depuis quelques temps vu qu'il n'y a plus trop de posteurs de mangas sur le site je fais des recherches sur le catalogue de ma bibliothèque afin de voir quels mangas ne se trouvent pas dans la base de BDTheque. J'espère que vous prenez conscience de mon sacrifice (ben oui c'est dur de lire plein de shojos chiants). Donc tout ça pour dire que j'étais plutôt surpris lorsque j'ai commencé ma lecture. Pour arrêter le vieillissement de la population, le gouvernement japonais à créé un programme où les jeunes célibataires de 18 ans se retrouvent ensemble pendant un mois et si vous n'avez pas trouvé l'âme sœur vous devenez un paria. Ça a l'air vachement sympa comme programme. J'ai vite trouvé ce sujet intéressant surtout qu'en plus les personnages sont attachants et qu'il y a plein de retournements de situations. Je ne savais jamais ce qu'il allait se passer ensuite et la psychologie des personnages est bien utilisée. Franchement, j'ai lu les trois premiers tomes sans m'arrêter et j'avais même envie de mettre culte. Sauf qu'arrive le quatrième avec son premier chapitre qui conclut l'histoire de manière un peu rapide. C'est mignon, mais un peu rapide. Évidemment, vous vous demandez si ce tome ne fait qu'un chapitre. Ben non en fait après on suit un autre happy project. C'est pas totalement mauvais, mais je pense que j'étais trop déçu (je pensais que j'allais lire un dernier tome avec plein de rebondissements sur l'histoire que j'avais aimée durant trois tomes, pas que j'allais lire une autre histoire !) pour essayer d'apprécier ces nouveaux personnages. Je mets tout de même 4 étoiles et un coup de cœur car cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un manga aussi captivant malgré sa fin moyenne.
Paci
Beau premier tome, très enlevé, rapide comme l'éclair et bouillonnant de questions intimes. J'ai classé ça dans policier parce que c'est plein de poursuites en voitures, de flingues et de dealers, mais ça pourrait aussi être dans roman graphique. Pacifique est un beau grand noir qui essaye de sortir du merdier illégal dans lequel il s'est fourré il y a longtemps. Son prénom semble aussi bien porté que l'océan: pour camoufler la puissance effrayante derrière un calme imPACIble. Le vrai héros, droit malgré la tourmente. Les méchants n'ont pas des gueules de méchant, ils font leur boulot de méchant, comme un banquier, pas plus, pas moins. Les filles ne sont pas des pétasses à gros lolos perchées sur des talons aiguilles, c'est des filles comme vous et moi, peut-être un peu plus paumées, mais ça se discute... L'enchaînement des scènes est ce qui me plait le plus: comme dans Belleville Story, (pourtant c'était un autre scénariste) on n'a pas une minute pour reprendre son souffle : même quand le héros médite, seul dans le silence, c'est comme si on entendait l’imbroglio des ennuis qui s'agitent dans son crâne. Pour le dessin, je sais qu'il ne plaira pas à tout le monde, moi il m'emballe, c'est une sorte d'enfant caché de Sfar et de Vivès, rapide, approximatif parfois, mais toujours expressif. Des points de fuite en bas pour accélérer encore le parcours de la bagnole pied au plancher, des raccourcis à la Mantegna (le christ mort, pour les initiés !), d'autres beaucoup plus hasardeux, mais qui disent le mouvement, des gribouillis élégants (p19, les pieds nus du type allongé qui sortent du jean, je trouve ça tellement sensuel...). Les couleurs assez douces d'Isabelle Merlet servent habilement à donner une composition à l'ensemble des pages. Bref j'adore, et j'ai hâte de lire la suite, je vous tiendrai au courant... A la lecture du deuxième tome, je suis un peu déçue: ça ralentit bigrement, peut-être finir en deux tomes aurait été plus tendu vers l'objectif. Le personnage reste attachant mais le scénario patine... Après lecture du troisième tome, il faut admettre que l'intrigue retombe sur ses pieds, donc la composition générale était bien vue, le rôle du père de Paci prend un caractère prophétique assez habile...c'est vraiment sympathique mais le découpage est mal ajusté dans le milieu... Et le premier tome est quand même le meilleur.