Le Caravage

Note: 3.7/5
(3.7/5 pour 10 avis)

La vie sulfureuse du célèbre peintre italien par le maestro Manara.


1454 - 1643 : Du début de la Renaissance à Louis XIII Auteurs Italiens Biographies Italie Les Meilleurs Diptyques Les prix lecteurs BDTheque 2015 Manara Peinture et tableaux en bande dessinée Rome

Automne 1592. Michelangelo da Caravaggio dit « Le Caravage » débarque à Rome, toiles et pinceaux sous le bras. Il puise son inspiration dans l’âme de la cité éternelle, entre grandeur et décadence, et auprès des personnages hauts en couleur qu’il y rencontre. Rapidement admiré pour son talent, il sera toutefois souvent critiqué pour ses partis pris artistiques, notamment sur ses sujets religieux – il prendra ainsi pour modèle de sa Mort de la Vierge une prostituée. Une réputation aggravée par le penchant du peintre pour la violence et sa participation à de fréquentes et vives échauffourées... [Texte de présentation de l'éditeur]

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Avril 2015
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Le Caravage
Les notes (10)
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28/04/2015 | Eric2Vzoul
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Je m’attendais à autre chose et en tous les cas pas à une biographie somme toute assez classique du peintre. Mais ici l’aspect biographique l’emporte à mes yeux sur l’émotion. J’ai trouvé un enchaînement de scènes qui expliquent l’évolution artistique du Caravage mais qui laissent au second plan les sentiments des personnages qu’il croise. Pour ces derniers, on reste soit dans le stéréotype de base, soit dans l’évasif le plus complet. C’est sans doute ce qui explique pourquoi je n’ai pas été spécialement touché par la destinée du Caravage. Il me manquait un contexte plus global, une vision d’ensemble qui m’aurait permis d’entrevoir l’âme de l’artiste et ses tourments plutôt que d’avoir devant mes yeux ce portrait assez caricatural et romanesque du peintre. La fin du récit est assez expéditive, comme si Manara n’avait plus assez de matière pour un troisième tome et devait donc résumer succinctement les dernières années du Caravage pour tout faire tenir en deux tomes. Côté dessins, Manara nous met de la femme à poil à la moindre occasion. Soyons honnêtes : nous aurions été déçus s’il n’en avait pas été ainsi. Le lecteur pourra ainsi très régulièrement admirer des croupes fessues et fessées au fil du récit. Les décors sont soignés avec de très belles reproductions de tableaux ainsi que quelques scènes d’intérieur qui donnent une idée de la démesure des bâtiments de l’époque (il m’est même difficile de voir là une reproduction fidèle plutôt qu’une production fantasmée de la vision de Manara… mais ça a de la gueule !) La colorisation est assez terne à mes yeux mais elle permet de mettre en avant la qualité du trait de l’artiste. Au final, ça se laisse lire, c’est instructif pour qui ne connait pas le Caravage… mais pour moi on est loin d’un chef d’œuvre. Juste un bon emprunt de bibliothèque (voire plus si on est un inconditionnel du trait de Manara).

14/10/2019 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Manara possède un coup de crayon magique. Malheureusement, il s'est souvent heurté à un problème de scénario. Mais ici il a enfin réussi à marier les deux. Son dessin sied à merveille à cette période durant laquelle les provinces italiennes nageaient entre renaissance et décadence. Ici il limite mieux son goût pour le dénudé de sorte que lorsque cela arrive, c'est bien amené, ça colle au récit et on n'en a pas trop. Maintenant, il nous dépeint également superbement la vie de ce talent de génie qu'était le Caravage. Là où comme pour beaucoup j'avais une connaissance relative de son oeuvre, j'ignorais tout de sa vie et en apprendre les grandes lignes et les moments importants par le biais de cet ouvrage c'est super. J'attends beaucoup de la lecture du deuxième tome pour savoir si Manara parvient à bien finir son oeuvre, un autre de ses problèmes.

28/05/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Bon ben encore une fois je fais partie de la minorité. Manara raconte la vie d'un artiste peintre que je ne connaissais pas. Le premier tome est pas mal, mais je ne vois pas en quoi il est aussi formidable que tout le monde le dit. C'est bien fait, mais le scénario ne m'a pas passionné au point où je voulais tout de suite savoir la suite. Il faut dire que le peintre lui-même me laisse indifférent. J'ai préféré la catin qu'il peint comme modèle. Parmi les points forts de l'album, il y a le dessin de Manara toujours aussi sensuel lorsqu'il dessine des femmes nues (quoiqu'il y a moins de nudité et de sexe que dans la plupart des Manara que j'ai lus) et j'aime bien comment il retranscrit cette époque historique de l'Italie qui est très intéressante à découvrir. En fait, je pense que je trouve tout le monde sauf le peintre intéressant !

11/01/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

La peinture du Caravage, très sombre, est de celles qui me touchent, mais je ne connaissais pas du tout la vie de l’artiste. Manara semble ici avoir été fidèle à la réalité, si j’en crois le spécialiste qui préface cet album : eh bien quelle vitalité (même si je le trouve quelque peu immature) ! En tout cas, même si vous n’êtes pas amateur de peinture de la renaissance, cet album possède suffisamment de qualités pour vous captiver. D’abord parce que Manara, comme d’habitude, démontre qu’il n’a pas perdu la main : son coup de crayon est vraiment très bon ! Pour dessiner des femmes bien sûr (encore qu’ici elles ne soient pas toujours dénudées et soumises aux fantasmes d’hommes délurés – même si c’est en partie le cas : mais c’est ici justifié par l’Histoire). Mais aussi pour les autres personnages ou les décors, vraiment tous réussis (j’ai été accroché dès les premières planches, avec ce pont au milieu de la campagne). Ensuite, et c’est moins habituel pour Manara, le scénario tient la route et n’est pas qu’un prétexte à des scènes érotiques. Je le trouve là mieux inspiré par exemple que dans sa précédente incursion dans la renaissance (avec le scénario décevant de Jodorowski). Bref, un premier tome prometteur, qui donne réellement envie de voir la suite. Note réelle 3,5/5.

22/12/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Il est rare que j'apprécie autant une BD de Manara. Autant je trouve son dessin superbe, autant ses séries m'ont toujours plus ou moins déçu parce que trop faciles, trop racoleuses ou trop de violence gratuite quand il aborde des sujets historiques comme dans Borgia (même si cette dernière vient en réalité du scénario de Jodorowsky). Mais avec cette série, Le Caravage, nous avons les qualités indéniables de Manara sans presque aucun défaut en contrepartie. Alors oui, les filles sont souvent nues et leurs corps sont trop parfaits et trop sensuels pour ne pas y voir une touche racoleuse très italienne et très habituelle chez Manara. Mais cette nudité et l'érotisme de ces femmes s'accordent plutôt bien au récit historique. Et pour ce qui est de ce dernier, c'est excellent. Manara met en scène une Italie du 16e siècle et surtout une ville de Rome assez grandioses dans leur beauté et leur dépaysement historique. On y sent de nombreuses influences, gravures romantiques ou dessins de Piranese, et le tout est parfaitement digéré par son style graphique impeccable et envoûtant. Et en même temps, le réalisme est bien présent. L'histoire du jeune peintre surdoué qu'on connaîtra plus tard sous le nom de Caravage est pleine de vie, de dynamisme et d'intérêt. On sent la fougue du personnage, sa passion, ses emportements et la vie complexe et mouvementée qui s'ensuit. Il n'est pas forcément attachant, mais il est indéniablement intéressant et le suivre ainsi ressemble presque à un récit d'aventures sans céder à la biographie ennuyeuse. De la belle ouvrage à même de plaire aux amateurs d'Histoire, d'Art et de récits impétueux !

16/11/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

On va dire que je suis du courant des suivistes mais ce n'est pas vraiment le cas. Certes, 4 étoiles également pour cette série qui débute et qui est consacré au peintre italien le Caravage. A mon crédit, j'ai toujours aimé le dessin de Milo Manara qui est à la fois sensuelle et sensationnelle. On dirait même qu'avec cette série, Manara tient son chef d'oeuvre tant il excèlle dans une perfection du trait et de l'utilisation des couleurs. Les femmes sont belles et les tableaux sont à croquer (ou plutôt le contraire). Il y a une véritable quête dans la recherche de la beauté. Cela ressemble un peu au travail qu'il a effectué sur la série Borgia scénarisé par Jodorowsky qui avait déjà pour cadre la ville éternelle de Rome. Pour le reste, c'est un plaisir que de découvrir la vie de ce peintre de génie exalté qui n'hésitait pas à défendre la veuve et l'orphelin. Il mourra jeune à 38 ans. Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec ce héros du Thalys Spencer Stone qui a bien failli terminer ses jours en défendant une jeune femme deux mois après son acte de bravoure. La comparaison s'arrête là. Le Caravage est une oeuvre qui séduit incontestablement ce qui explique le flot de bonnes critiques.

16/10/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
L'avatar du posteur Canarde

Une BD d'aventure à conseiller chaudement. Un scénario haletant qui met en scène la vie du Caravage, pleine de rebondissements, qui va des bas-fonds aux prélats de la Rome renaissante, qui manie le pinceau, l'épée et les reins aussi (pas de passage vraiment obscène mais des traversées de bordels récurrentes). Une grande habileté du dessin et de la lumière, des personnages parfois un peu schématiques mais servis par des dialogues sobres. Je connaissais très bien Caravage pour avoir croqué beaucoup de ses tableaux au début de mes études : c'est un des premiers peintres de la Renaissance à avoir réduit le cadrage à une composition rapprochée sur les personnages, où le décors disparait presque. C'est extrêmement formateur pour toucher du doigt ce qu'est la composition (forme, couleurs et lumières). On sent que Manara cultive son admiration pour le maître, comme si on entrait dans ses tableaux, exception faite des décors, quasi absents chez Caravage, qui sont plutôt repris d'autres peintres ou graveurs. Cela donne une ambiance un peu jaunie qui est le seul bémol que je ferais : un monde sans bleu qui a tendance à éloigner le lecteur de l'histoire (en particulier les ciels beiges qui sont plutôt cuculs). Ce sont les tableaux du Caravage reproduits dans l'histoire qui sont les images les plus vigoureuses : Manara réussit un tour de force pour capter sur un format minuscule toute l'acuité du regard du maître, parfois teintée d'ironie ou de provocation, mais toujours dans un relief déconcertant. Bravo Manara ! Le scénario et la peinture du Caravage sont parfaitement tressés et mis en valeur l'un par l'autre. J'en redemande !

23/08/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Je connaissais surtout de nom Le Caravage, ne m'intéressant que de loin à le peinture, j'avais vu quelques toiles dans des bouquins, ce style m'avait pas mal frappé car il rompait avec celui des peintres de son époque, attachés au maniérisme. Le Caravage a su très tôt capter le problème de la lumière et ses possibilités expressives. Toute son oeuvre sera donc basée sur l'exploitation de la fonction dramatique de la lumière qui lui fera produire des oeuvres religieuses violentes, qui seront jugées parfois indécentes par l'Eglise, en partie de par ses modèles recrutés au sein du peuple et des courtisanes. On le voit bien dans cette Bd qui constitue après Borgia une sorte d'apothéose graphique et narrative de Manara. Lorsqu'il décide de raconter la vie un peu chaotique de ce peintre exceptionnel, Manara produit probablement une de ses meilleures Bd ; sa narration n'est pas dénuée de sens ou biscornue comme dans certaines de ses autres oeuvres, on voit parfaitement que quand il possède un sujet fort, le grand artiste italien sait se montrer à la hauteur. Je ne connaissais pas les étapes de la vie du Caravage, et j'en ai appris réellement car Manara n'a rien transformé , j'ai vérifié ensuite dans une encyclopédie ; la plupart des grands personnages vus ici ont existé, et le grand peintre a bien connu une vie aventureuse qui lui valut plusieurs démêlées avec la justice. Cette vie hédoniste et cette passion de la plastique expressive sont bien montrées aussi. Après la narration, restait le dessin, et là c'est du grand art, du très haut niveau. Manara s'est vraiment appliqué en rendant au Caravage un fabuleux hommage appuyé et admiratif, on sent qu'il l'aime ce personnage, il se projette un peu en lui. Les décors romains fastueux sont véritablement sublimés par le crayon d'un dessinateur exceptionnel. Le décor urbain de la Renaissance italienne est prodigieux, magnifié par l'élégance du trait ; la sensualité aussi, domaine que connait bien Manara, elle n'est pas absente évidemment dans une telle époque historique où les moeurs étaient très libres, mais il n'en abuse pas tant que ça, rien n'est montré gratuitement comme ça peut l'être dans certaines autres de ses Bd à fort caractère érotique. Ses grandes cases sont souvent remplies de petits détails intéressants à scruter, la finesse de l'encrage (surtout sur les personnages) et la délicatesse des couleurs donnent à cette Bd une beauté à couper le souffle.

23/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Vous aimez la peinture? Cet album est fait pour vous! Vous n'y connaissez rien en peinture? Cet album est fait pour vous! OK bonjour l'accroche! Mais franchement quelle claque! Alors bien sûr je connaissais Manara et ses BD érotiques ou carrément porno. A leur lecture nous avions compris que l'homme était un grand de la bande dessinée qui entre autre dessinait les femmes d'une manière qui avouons le nous faisait un peu grimper le thermomètre. Alors que le maître est aujourd'hui au crépuscule de sa carrière, cela ne l'empêche pas d'être une fois de plus redoutable. Première page: une tuerie ! Cadrage, perspective, ambiance, couleur, que manque t'il : rien! Ensuite l'auteur nous emmène à Rome dans les années 1400 et des brouettes. Un Borgia, (l'homme connait) est sur le trône papal, l'unité italienne est encore bien lointaine et les États Cités ont encore de beaux jours devant eux. Chaque duc ou prince cherche à s'attacher les services des plus grands artistes de ce qui fondera le quattrocento, pépinière de talents qui marqueront durablement la peinture des siècles à venir. En dehors du fait de ressusciter la Rome de l'époque en planches plus sublimes les unes que le autres, Manara nous donne à voir une société qui vit, qui bouillonne, qui boit, qui fornique, qui se fout sur la tronche pour des broutilles, des couleurs, des femmes. Bref on sent la vie, pas des plus tranquille mais entière. Alors bien sûr l'histoire est balisée et ne contient que peu d'incertitudes, Il Caravagio, en homme de son époque est truculent, jouisseur, hâbleur mais dès qu'il prend un pinceau en main c'est le génie qui parle. Son travail sur la lumière est pour son époque complètement novateur et il va révolutionner toute le peinture de son temps. Le plus fabuleux dans cette histoire c'est comment Manara arrive sur cette BD à retranscrire cette lumière, ces effets d'ombres et tout quoi! Nous nous amuserons de voir que certains seins devaient être cachés ou qu'une prostituée ne puisse servir de modèle pour une vierge à l'enfant et se transforme en Marie Madeleine repentante. Alors quoi : Feuilleter cet album? Non point. Le lire? Oui. L'acheter ? Certainement! Manara est un grand, oubliez quelques bandes qu'il a pu nous proposer. Tout y est. Du classique, et nul doute que si la bande dessinée avait existé à l'époque, Le Caravage en aurait été un des pionniers.

18/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

Le très talentueux Manara se fait biographe pour dépeindre la vie du Caravage. Il nous avait déjà montré son goût pour les fastes et les excès de l'Italie de la Renaissance dans Borgia. Ici encore, il excelle à dépeindre les palais somptueux comme les bas-fonds romains. Manara prend plaisir à créer une galerie de personnages hauts en couleur ; peintre, escrocs, prostituées, spadassins, cardinaux, larbins et barbiers s'agitent dans une société à la fois décadente et puritaine. L'artiste a le sens du mouvement et tous ont une grâce qui n'appartient qu'à lui. Ses femmes, nobles ou putains, sont toujours d'une beauté irréelle, stéréotypée certes, mais inimitable. La Rome de la fin du Seicento est restituée de manière époustouflante. Le mélange des ruines antiques et des bâtiments branlants et délabrés qui s'y sont incrustés devient un décor de théâtre majestueux. Une mention spéciale pour la toute première case qui présente un pont fortifié dans la campagne romaine, mais aussi pour la Porte Nevia, l'auberge de Lupa, la prison de Tor di Nona… L'attrait de cet album tient également à la mise en couleur. Manara s'applique particulièrement dans la restitution des lumières pour se montrer digne de son sujet. L'album est marqué dès les premières planches par les tons chauds d'un crépuscule doré. Les clairs obscurs des scènes nocturnes (l'arrivée à Rome, la scène de la Taverne…) sont particulièrement réussis. En résumé, Le Caravage de Manara est avant tout un régal visuel. Et l'histoire ? Manara semble se reconnaître dans son personnage, mais le scénario n'offre guère de surprises. Nous assistons à l'ascension d'un grand peintre, l'un des plus grands de son époque. Une œuvre magistrale de réalisme, mais surtout des toiles où transparaît une passion bouillonnante, quel que soit le sujet abordé… Le caractère bouillant du Caravage lui vaut nombre d'ennuis avec la justice et avec l'Église, certaines toiles sont censurées et brûlées, il fait quelques séjours derrière les barreaux… mais continue à produire des chefs d'œuvres. Nul besoin d'être un amateur éclairé de peinture pour apprécier ce bel album, premier d'un diptyque dont j'attends la conclusion avec une réelle impatience.

28/04/2015 (modifier)