Ne mégotons pas ; franchement bien et coup de cœur pour cette BD.
Mais prenons les choses dans l'ordre. Publiée chez Rackham éditions, cette histoire se présente dans un joli petit format avec un soin tout particulier accordé à la couverture et son dos tissé. Déjà auteur de Cendres, l'espagnol Alvaro Ortiz n'en n'est donc pas à son coup d'essai et l'on retrouve ici son trait simple voire naïf, le tout teinté d'humour un peu noir et qui fait mouche. Du dessin je ne dirai pas grand chose d'autre sinon que, si, tout cela n'est pas très fouillé, mais là n'est pas l'essentiel.
Notre héros s’appelle Malmö Rodriguez et vit encore chez ses parents, il ne fait pas grand chose de ses journées et se rêve en écrivain. Son oncle décède, il récupère les chats de celui-ci et entreprend un voyage pour les vendre à un mystérieux collectionneur. Pas de spoil mais il faut savoir que ce collectionneur est un accro aux objets ayant été en relation avec des sérial killers. Après la transaction, Malmö loupe son car et se voit contraint de passer la nuit au motel où il entame une relation avec la patronne et décide de rester dans ce bled paumé.
Peu à peu, il en vient à fréquenter de plus en plus le collectionneur qui lui raconte l'histoire des objets qu'il expose partout chez lui. La vocation d'écrivain de Malmö peut s'épanouir, il va rédiger le catalogue de la collection.
Vous en dire plus serait gâcher le suspense qui, s'il n'est pas insoutenable, révèle tout de même son lot de surprises et mérite qu'on le découvre peu à peu.
Pour écrire son scénario, A. Ortiz s'est appuyé sur une solide documentation sur les meurtriers en série et plus particulièrement ces collectionneurs qui de par le monde sont à la recherche d'objets insolites. Ne vous attendez cependant pas à une thèse savante sur le profil de ces tueurs, l'accumulation de ces objets aurait même de quoi faire sourire, ("collectionite" quand tu nous tiens !). Dans ce village un brin paumé de ce qui pourrait être le Middle West, les mentalités ne sont pas particulièrement évoluées et le drame jamais bien loin. Tranquillement, pourrait-on dire, les choses se mettent en place et le twist final est tout ce qu'il y a de savoureux même si on le sentait poindre.
Au final, nous sommes devant une BD qui n'a pas l'air de grand chose mais qui se révèle plus subtile qu'il n'y paraît pour le plus grand bonheur du lecteur.
Vous êtes donc fortement invités pour une lecture plus que sympathique.
Cet album, dont je guettais la sortie depuis quelques temps, est un des albums incontournables de cette rentrée.
Avec Nury et Dorison au scénario, je ne pouvais que m'attendre à une bonne surprise. Par contre, je ne connaissais pas le dessin de Laurent Astier, qui m'a un peu surpris. Son style oscille sans cesse entre le dessin réaliste et la caricature. D'ailleurs, dans les bonus de la (superbe) version en noir et blanc, Laurent Astier ne cesse de faire référence à Alain Delon, Lino Ventura, Gérard Depardieu, ou encore Pierre Fresnay pour dessiner ses personnages principaux.
Librement adapté d'un roman de Pierre Siniac " Sous l'aile noire des rapaces", cette bande dessinée est littéralement jubilatoire.
Les situations sont souvent drôles, cela flingue à tout va et cela ne va pas sans rappeler le film "les Morfalous", normal, c'est tiré d'un ouvrage dudit Siniac.
Cette adaptation qui mêle à la fois la comédie, la tragédie et l'aventure, vous fait passer un très agréable moment de lecture.
Pour ma part, je retiens ce titre comme un des meilleurs de cette rentrée.
Le format choisi, assez inhabituel, pour la version couleur peut surprendre mais le travail de Laurence Croix sur la couleur est tout à fait remarquable et mérite d'être souligné.
Il faut souligner une édition en noir et blanc, avec un format plus grand, plus classique, accompagné d'un bonus assez conséquent, qui rend hommage au superbe dessin de Laurent Astier.
Ne pouvant opter pour l'une ou l'autre des versions, j'ai acheté les deux...
Dans la débâcle de Juin 40, je vous invite à vous plonger dans ce casse assez surprenant, où les rebondissements ne sont pas rares.
Bonne lecture.
L'envers de la société de consommation !
Après Punk Rock et mobile homes et Mon ami Dahmer, Derf Backderf nous fait visiter, avec Trashed, les coulisses des sociétés modernes. Un envers du décor peu reluisant, exhumé de ses souvenirs, où s'entassent jour après jour les poubelles de l'humanité. L'histoire est tirée de son expérience, entre 1979 et 1980, en tant que ripeur.
Alors qu'il vient de stopper ses études, J.B., 21 ans, traîne chez ses parents dans une banlieue de l'Ohio. Souhaitant quitter le domicile familial pour ne plus subir les pressions de sa mère, il parcourt les petites annonces et finit par se retrouver engagé comme éboueur contractuel au côté de Mike, un ancien ami de lycée, et de protagonistes hauts en couleur tels que Wile E., Magee, Marv et Betty le camion-benne.
Le temps des deux cent quarante pages constituant l'ouvrage, nous suivons leurs tournées sous la pluie, la chaleur étouffante de l'été ou les tempêtes hivernales glaciales. L'auteur nous immerge dans l'intimité de nos boites en ferrailles, mais aussi dans le quotidien de ceux qui les ramassent, confrontés aux torpilles jaunes (bouteilles en plastique pleines d'urine lancées par les camionneurs qui ne veulent pas s'arrêter pour ne pas perdre une seconde), à la prolifération d'asticots, aux sacs-poubelle mal fermés ou bon marché qui se déchirent, aux habitants les plus dérangés de la ville, aux chiens errants et aux bureaucrates qui dirigent la cité à coups de magouilles, copinage et corruption, les poussant à réaliser des travaux qui sortent du cadre du métier : ramassage de gros objets et d'animaux morts sur la route, transport de bois pour les amis de la direction, etc. Par des anecdotes croustillantes et des chiffres plus qu'édifiants, il ne se contente pas de nous conter une histoire, il questionne l'évolution des ordures au fil des années, le recyclage et la biodégradation. Il pose un regard critique, empreint d'un certain humour noir, sur la société de l'obsolescence, du jetable et de l'emballage à outrance, en croquant avec mordant le devenir du contenu des sacs plastiques que nous déposons régulièrement devant chez nous.
Habitués à voir disparaître les amas de détritus de nos trottoirs dans les heures qui suivent leur dépôt, le processus de la collecte est un acquis dont nous aurions bien du mal à nous passer. Pourtant, l'impact sur la planète et notre avenir est loin d'être anodin, avec des décharges et des champs d’enfouissement toujours plus grands, une pollution en expansion notamment par l'écoulement de liquides toxiques dans les nappes phréatiques et des délais de décomposition bien trop longs. L'être humain, sans s'en rendre compte, vit au milieu de ses déchets. Finalement le constat est sévère : le recyclage est un grand mot... Bienvenue à l'ère du stockage des rebuts !
Derf Backderf signe ici une extraordinaire épopée de la moisson des ordures, mêlant l'expérience à la fiction et appuyant son propos par une documentation méticuleuse sur l'industrie de la poubelle, tout en continuant à évoquer les petites villes des banlieues américaines.
L'ouvrage est aussi l'occasion d'un retour à ses débuts dans le roman graphique en prolongeant son travail sur le sujet qui avait vu une première version de 50 pages récompensée par une nomination aux Eisner Awards.
Une pépite à lire incontestablement !
KanKr
Je voudrais faire court.
Ce n'est pas aisé il y a tant à en dire : Grandiose, incomparable et surtout admirable.
Découpage ciselé avec maestria, sens de l'ellipse remarquable, densité du récit,
protagonistes principaux et secondaires caractéristiques, dessins somptueux, concordance pointilleuse et rigoureuse des différents épisodes avec l' Histoire, narration et dialogues impeccables, couleurs délicieuses. Bourgeon ne cède à aucun à peu près, et confère à cette série une dimension pharamineuse et saillante.
En un mot donc : admirable. Admirable car, comme la définition du mot l'indique, ce travail mérite et attire l'admiration.
François Bourgeon en impose dans le monde de la bande dessinée et c'est bien normal.
Allons y joyeusement et sans détours : ce livre jeunesse est tout simplement la plus jolie expérience en 3D anaglyphe que je connaisse.
Anaglyphe ? Kézaco ? Tout simplement ce procédé « vintage » de lunettes 3D en rouge et bleu comme on peut le deviner dès la couverture de ce beau livre qui séduira aussi les grands.
Sommairement il s’agit d’une aventure toute bête et sans paroles d’un scaphandrier aux formes arrondies allant faire un petit tour dans les profondeurs de l’océan. Ses péripéties nous placent au cœur des abysses dans un noir d’encre (le principe de carte à gratter avec son noir si puissant confère un sentiment de solitude et d’infiniment petit des plus spectaculaires)… Attendez-vous donc à être émerveillé par ces grandes pages de toute beauté (Matthias Picard offre des fresques de toute beauté avec une faune aquatique étonnante et quelques surprises….)
L’histoire se termine par un encart de 4 pages et une jolie conclusion. Facile et déjà vue certes mais qui donne envie de vite s’y replonger … sous-entendu que votre vue est reposée car oui, les dessins sont superbes mais bonjour les migraines au-delà de 5 minutes de lecture…
Par ailleurs l’album se lit très très vite, trop vite mais suffisamment néanmoins pour justifier le prix élevé mais conséquent de ces quelques minutes de bonheur.
Je déplore simplement que l’éditeur n’ait pas opté pour un rangement optimal des 2 paires accompagnant ce livre (il s’agit de lunettes collées dans leur logement plastique simplement en fin d’ouvrage) afin d’en faire l’objet exceptionnel que ce livre mérite.
C’est en tous cas une très chouette expérience et un livre à retenir pour faire un cadeau qui plaira à coup sûr, de 7 à 77 ans !
Magnifique!
Tout est dedans : Chasse au trésor, hold-up, drame amoureux, chocs des cultures, mécanique des fluides, cavalcades, combats à l'épée, chansons provençales, machiavélisme politique, camaraderie burlesque et dégâts des eaux... vous avez tout en deux tomes parfaitement construits, dans un rythme tendu mais pas précipité. Les personnages ont le temps de se densifier, au fils des dialogues savoureux.
L'action s'enroule autour du fameux trésor des templiers sur lequel le garde des sceaux Nogaret veut mettre la main à tout prix. Mais Martin de Troyes, notre héros, templier rescapé de la purge royale, se refuse à laisser ce trésor qu'il a contribué à construire.
Si vous chercher à comprendre les tenants et les aboutissants du sacrifice des templiers, vous serrez déçus: leur rôle de banquier sur les chemins de la croisade, peu commun à l'époque où l'usure est réservée aux juifs, est passé sous silence. Et on a l'impression que Philippe IV le Bel cherche simplement à renflouer ses caisses sur le dos d'innocents...
En revanche si vous souhaitez rester scotchés 3 heures à lire à coté d'un bon feu de cheminée, alors c'est l'idéal.
Le trait nerveux et presque rageur, est calqué sur le caractère fougueux de Martin qui se sent victime d'une injustice et responsable de son ordre puisque tous ses chefs sont emprisonnés. La troupe autour du héros abrite des seconds couteaux plein de personnalité eux aussi. Les personnages sont très bien caractérisés et leurs expressions réussies avec très peu de traits. Toutes les intrigues s'imbriquent parfaitement, dans une sorte de spirale qui se referme sur les personnages dans la dernière ligne droite.
Allez-y, vous ne le regretterez pas!
« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir… » disait la chanson. Et on peut en effet, après cette plongée en apnée dans les entrailles d’une certaine armée, de la douleur de Manu Larcenet, chercher à respirer de nouveau.
On est évidemment là très loin de la grosse déconne Fluide, de la pochade « Donjon », ou d’une certaine introspection tranquille glissée dans Le Retour à la terre. Sa part d’ombre, Larcenet la réserve plus aux Rêveurs.
Larcenet nous livre là, de manière à la fois pudique, intelligente, mais aussi sans concession, la violente expérience qu’a été pour lui le service militaire. Et dans sa dénonciation je retrouve en partie ce que comme lui ou d’autres j’ai connu pendant mes « classes ». C’est-à-dire l’abus fait par des hommes sur d’autres hommes parce qu’on leur donne un pouvoir. C’est-à-dire l’abrutissement, la lobotomisation volontaire, dans un milieu clos sur lui-même où l’obéissance prime sur la réflexion et l’intelligence (encore que Larcenet montre, avec ce qui est arrivé à Marco, que l’obéissance ne garantit pas de s’en sortir).
En formatant les « appelés », l’armée déshumanisait les individus, avec des méthodes employées ailleurs par des systèmes totalitaires.
Mais ici Larcenet ne donne pas dans la critique de comptoir, le pathos inutile, son propos est au contraire d’une froideur, d’une précision quasi chirurgicale. Voilà pour le fond. Pour la forme, il alterne des esquisses volontairement brouillonnes, noires et difficiles à « lire » et des personnages patatoïdes à la Trondheim lorsqu’il se représente dialoguant avec sa mère.
Ces passages avec sa mère – outre la différence graphique avec les reste des dessins, sont aussi importants car ces moments d’humour permettent de respirer. Ils permettent aussi à Larcenet d’illustrer, avec l’incompréhension entre lui et sa mère, qu’on ne peut se faire une idée réelle de son expérience sans l’avoir vécue. Et j’avoue qu’après les passages avec sa mère, on ressent à la reprise de la lecture un peu du malaise qui étreignait Larcenet à l’idée « d’y retourner ». Et ces passages s’avèrent au final presque aussi violents que le reste !
A lire, évidemment !
Ca fait un petit moment que je n'étais pas venu refaire des critiques sur ce site, mais là je me suis senti obligé d'en parler.
Enfin un manga adolescent comme j'avais envie d'en lire !
En effet, la lecture de cette série m'a portée comme rarement, et je suis sorti enchanté de l'ensemble de la série. C'est une petite merveille pour laquelle je ne remercierais jamais assez l'ami qui me les a prêté.
Je trouve ce manga particulièrement remarquable, car à l'instar de Happy!, j'y ai retrouvé tout les codes du manga Shonen mais exploité de façon bien plus que correct. Et c'est tout ce que j'adore.
Le principe est le même que celui de n'importe quel shonen : un héros qui se trouve un don, découvre un univers, exploite son don jusqu'à devenir le meilleur, se trouve des amis, et enfin parvient au sommet tant convoité malgré les obstacles toujours plus difficiles.
Là où ce manga fait fort, c'est qu'en partant de cette trame de base plus que revue, il développe le monde de la musique et du rock de manière plus que réaliste. Entre les difficultés monétaires, les labels et les guerres de gros sous, les festivals et les difficultés (ah, la pluie sur le matériel ...), tout est fait pour nous plonger dans l'ambiance exact du monde difficile et impitoyable de la musique contemporaine, où chacun tente de bouffer l'autre. Et ça j'apprécie énormément !
Si le manga exploite la veine de l'humour, notamment avec le personnage de Chiba, il sait aussi jouer intelligemment avec ça, en rendant toujours les protagonistes plus humain que de simples figurants dans l'arrière-plan. Au final, personne n'est forcément un salaud, mais tout le monde a ses parts sombres (le meilleur restant que le beau gosse ténébreux est à moitié alcoolique tout au long de l'histoire). Et là encore, ça fait plaisir !
D'ailleurs l'auteur ne se prive pas pour rajouter des entractes plutôt sombre dans l'histoire. De manière générale, si le ton est sympathique et rafraichissant, il reste des parts plutôt sérieuses. J'ai notamment énormément apprécié le fait que le héros quitte le lycée pour faire son groupe, et se retrouve donc dans des boulots de merde. Eh oui, la vie est dure quand on commence comme artiste !
Et par dessus toutes ces qualités, l'auteur nous livre également de belles histoires d'amour, à la fois amusante et respirant la sincérité. Plusieurs fois j'ai été surpris du propos de l'auteur qui passe outre les codes du genre pour accélérer des histoires et nous livrer de belles petites perles. C'est bête comme chou, mais j'ai énormément apprécié ce traitement des personnages.
Je pourrais encore développer pendant un petit moment, mais plutôt que d'écrire une critique de deux cent lignes, je préfère vous conseiller de lire ce manga qui dénote complètement dans le genre des shonen, à la fois pour son ambiance rock extrêmement bien retranscrite, mais également pour son traitement, son sérieux, son humour qui fait souvent mouche, son réalisme, et enfin et surtout, pour son incroyable talent à vous coller un sourire sur la face.
Après deux relectures, je conserve cette impression très forte et inspirante qui se dégage de l'ensemble de l'oeuvre. J'aurais volontiers poussé la note jusqu'au 5, mais c'aurait été un poil trop d'enthousiasme. En revanche le coup de coeur est certifié !
Cet album est surprenant. C'est d'abord la couverture que je trouve sublime, et interpellante. deux personnages, l'un visiblement une femme, l'autre un homma rmé, matchent dans une eau transparente, avec une belle plage en fond.
Une scène qui n'est pas dans l'album, même si tous les éléments y sont. La plge, c'est celle de Salvador de Bahia, sur la côte brésilienne, théâtre d'un fait divers qui va constituer l'essentiel de l'hisoire. Deux pêcheurs attrapent des poissons à proximité d'un fort à la dynamite. Un vieil homme, militaire retraité, discute avec un petit delaer, constate le délit, et le persuade d'appeler les autorités. C'est richard, flic en civil, qui hérite de l'histoire et se lance dans l'appréhension des contrevenants. On bascule ensuite dans une sorte de clip musical, un vaudeville à la brésilienne avec une petite dizaine de personnages. Car pendant ce temps le couple de Richard est en train de badsculer, avec Keira qui se pose des questions.
J'ai été littéralement soufflé. 150 pages sur les 180 que compte l'album content des scènes simultanées se déroulant sur 5 minutes de temps. C'est un montage ultra-serré, entrecoupé de flashes-bacs très fort (sur les aptitudes de Richard, mais aussi sa vie de couple minable). Un instant avec de multiples tensions, entre arrestation musclée, dilemnes personnels et petits trafics.
Les personnages sont très subtils, on n'a pas de bons angéliques et de mauvais démoniaques, simplement plusieurs personnes qui essaient de vivre dans le Brésil d'aujourd'hui.
Le style de Quintanilha est clairement ibérique, c'est une ligne claire mâtinée de comics un peu figée, mais cela se justifie vue le point de vue narratif (des instantanés, des arrêts sur image en pagaille).
Vraie belle surprise, surtout au niveau narratif, même si le propos est un peu banal.
Fabuleux, si, si j'ose, fabuleux tant au niveau du scénario que du graphisme. Oubliez l'oncle Walt et je ne peux que vivement conseiller la lecture de l’œuvre originale et sa suite moins connue mais aussi époustouflante "De l'autre côté du miroir".
Ce roman à été disséqué, analysé, psychanalysé et à quel que soit degré, la façon dont il est lu et abordé, il possède une puissance évocatrice qui sublime l'imaginaire de tout un chacun.
Le dessin est à mille lieux de l'iconographie habituelle et particulièrement de celle qu'en à donner Disney, ici l'histoire est abordé plus comme un cauchemar que comme un joli rêve de petite fille. Des couleurs sombres donc mais lumineuses. Si l'on veut bien lire les choses l'on s'aperçoit d'ailleurs que c'est le registre du récit. Je ne remercierais jamais assez les auteurs de ne pas avoir expurgé le texte et les évènements du texte d'origine. La scène sur la plage et le thé chez le chapelier fou, tout comme le procès Kafkaïen final.
C'est une BD et une histoire qui se méritent, dans le sens ou il faut prendre son temps pour apprécier le texte d'une part et d'autre part les magnifiques dessins de Xavier Collette. Faites lire!!
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Murderabilia
Ne mégotons pas ; franchement bien et coup de cœur pour cette BD. Mais prenons les choses dans l'ordre. Publiée chez Rackham éditions, cette histoire se présente dans un joli petit format avec un soin tout particulier accordé à la couverture et son dos tissé. Déjà auteur de Cendres, l'espagnol Alvaro Ortiz n'en n'est donc pas à son coup d'essai et l'on retrouve ici son trait simple voire naïf, le tout teinté d'humour un peu noir et qui fait mouche. Du dessin je ne dirai pas grand chose d'autre sinon que, si, tout cela n'est pas très fouillé, mais là n'est pas l'essentiel. Notre héros s’appelle Malmö Rodriguez et vit encore chez ses parents, il ne fait pas grand chose de ses journées et se rêve en écrivain. Son oncle décède, il récupère les chats de celui-ci et entreprend un voyage pour les vendre à un mystérieux collectionneur. Pas de spoil mais il faut savoir que ce collectionneur est un accro aux objets ayant été en relation avec des sérial killers. Après la transaction, Malmö loupe son car et se voit contraint de passer la nuit au motel où il entame une relation avec la patronne et décide de rester dans ce bled paumé. Peu à peu, il en vient à fréquenter de plus en plus le collectionneur qui lui raconte l'histoire des objets qu'il expose partout chez lui. La vocation d'écrivain de Malmö peut s'épanouir, il va rédiger le catalogue de la collection. Vous en dire plus serait gâcher le suspense qui, s'il n'est pas insoutenable, révèle tout de même son lot de surprises et mérite qu'on le découvre peu à peu. Pour écrire son scénario, A. Ortiz s'est appuyé sur une solide documentation sur les meurtriers en série et plus particulièrement ces collectionneurs qui de par le monde sont à la recherche d'objets insolites. Ne vous attendez cependant pas à une thèse savante sur le profil de ces tueurs, l'accumulation de ces objets aurait même de quoi faire sourire, ("collectionite" quand tu nous tiens !). Dans ce village un brin paumé de ce qui pourrait être le Middle West, les mentalités ne sont pas particulièrement évoluées et le drame jamais bien loin. Tranquillement, pourrait-on dire, les choses se mettent en place et le twist final est tout ce qu'il y a de savoureux même si on le sentait poindre. Au final, nous sommes devant une BD qui n'a pas l'air de grand chose mais qui se révèle plus subtile qu'il n'y paraît pour le plus grand bonheur du lecteur. Vous êtes donc fortement invités pour une lecture plus que sympathique.
Comment faire fortune en juin 40
Cet album, dont je guettais la sortie depuis quelques temps, est un des albums incontournables de cette rentrée. Avec Nury et Dorison au scénario, je ne pouvais que m'attendre à une bonne surprise. Par contre, je ne connaissais pas le dessin de Laurent Astier, qui m'a un peu surpris. Son style oscille sans cesse entre le dessin réaliste et la caricature. D'ailleurs, dans les bonus de la (superbe) version en noir et blanc, Laurent Astier ne cesse de faire référence à Alain Delon, Lino Ventura, Gérard Depardieu, ou encore Pierre Fresnay pour dessiner ses personnages principaux. Librement adapté d'un roman de Pierre Siniac " Sous l'aile noire des rapaces", cette bande dessinée est littéralement jubilatoire. Les situations sont souvent drôles, cela flingue à tout va et cela ne va pas sans rappeler le film "les Morfalous", normal, c'est tiré d'un ouvrage dudit Siniac. Cette adaptation qui mêle à la fois la comédie, la tragédie et l'aventure, vous fait passer un très agréable moment de lecture. Pour ma part, je retiens ce titre comme un des meilleurs de cette rentrée. Le format choisi, assez inhabituel, pour la version couleur peut surprendre mais le travail de Laurence Croix sur la couleur est tout à fait remarquable et mérite d'être souligné. Il faut souligner une édition en noir et blanc, avec un format plus grand, plus classique, accompagné d'un bonus assez conséquent, qui rend hommage au superbe dessin de Laurent Astier. Ne pouvant opter pour l'une ou l'autre des versions, j'ai acheté les deux... Dans la débâcle de Juin 40, je vous invite à vous plonger dans ce casse assez surprenant, où les rebondissements ne sont pas rares. Bonne lecture.
Trashed
L'envers de la société de consommation ! Après Punk Rock et mobile homes et Mon ami Dahmer, Derf Backderf nous fait visiter, avec Trashed, les coulisses des sociétés modernes. Un envers du décor peu reluisant, exhumé de ses souvenirs, où s'entassent jour après jour les poubelles de l'humanité. L'histoire est tirée de son expérience, entre 1979 et 1980, en tant que ripeur. Alors qu'il vient de stopper ses études, J.B., 21 ans, traîne chez ses parents dans une banlieue de l'Ohio. Souhaitant quitter le domicile familial pour ne plus subir les pressions de sa mère, il parcourt les petites annonces et finit par se retrouver engagé comme éboueur contractuel au côté de Mike, un ancien ami de lycée, et de protagonistes hauts en couleur tels que Wile E., Magee, Marv et Betty le camion-benne. Le temps des deux cent quarante pages constituant l'ouvrage, nous suivons leurs tournées sous la pluie, la chaleur étouffante de l'été ou les tempêtes hivernales glaciales. L'auteur nous immerge dans l'intimité de nos boites en ferrailles, mais aussi dans le quotidien de ceux qui les ramassent, confrontés aux torpilles jaunes (bouteilles en plastique pleines d'urine lancées par les camionneurs qui ne veulent pas s'arrêter pour ne pas perdre une seconde), à la prolifération d'asticots, aux sacs-poubelle mal fermés ou bon marché qui se déchirent, aux habitants les plus dérangés de la ville, aux chiens errants et aux bureaucrates qui dirigent la cité à coups de magouilles, copinage et corruption, les poussant à réaliser des travaux qui sortent du cadre du métier : ramassage de gros objets et d'animaux morts sur la route, transport de bois pour les amis de la direction, etc. Par des anecdotes croustillantes et des chiffres plus qu'édifiants, il ne se contente pas de nous conter une histoire, il questionne l'évolution des ordures au fil des années, le recyclage et la biodégradation. Il pose un regard critique, empreint d'un certain humour noir, sur la société de l'obsolescence, du jetable et de l'emballage à outrance, en croquant avec mordant le devenir du contenu des sacs plastiques que nous déposons régulièrement devant chez nous. Habitués à voir disparaître les amas de détritus de nos trottoirs dans les heures qui suivent leur dépôt, le processus de la collecte est un acquis dont nous aurions bien du mal à nous passer. Pourtant, l'impact sur la planète et notre avenir est loin d'être anodin, avec des décharges et des champs d’enfouissement toujours plus grands, une pollution en expansion notamment par l'écoulement de liquides toxiques dans les nappes phréatiques et des délais de décomposition bien trop longs. L'être humain, sans s'en rendre compte, vit au milieu de ses déchets. Finalement le constat est sévère : le recyclage est un grand mot... Bienvenue à l'ère du stockage des rebuts ! Derf Backderf signe ici une extraordinaire épopée de la moisson des ordures, mêlant l'expérience à la fiction et appuyant son propos par une documentation méticuleuse sur l'industrie de la poubelle, tout en continuant à évoquer les petites villes des banlieues américaines. L'ouvrage est aussi l'occasion d'un retour à ses débuts dans le roman graphique en prolongeant son travail sur le sujet qui avait vu une première version de 50 pages récompensée par une nomination aux Eisner Awards. Une pépite à lire incontestablement ! KanKr
Les Passagers du vent
Je voudrais faire court. Ce n'est pas aisé il y a tant à en dire : Grandiose, incomparable et surtout admirable. Découpage ciselé avec maestria, sens de l'ellipse remarquable, densité du récit, protagonistes principaux et secondaires caractéristiques, dessins somptueux, concordance pointilleuse et rigoureuse des différents épisodes avec l' Histoire, narration et dialogues impeccables, couleurs délicieuses. Bourgeon ne cède à aucun à peu près, et confère à cette série une dimension pharamineuse et saillante. En un mot donc : admirable. Admirable car, comme la définition du mot l'indique, ce travail mérite et attire l'admiration. François Bourgeon en impose dans le monde de la bande dessinée et c'est bien normal.
Jim Curious
Allons y joyeusement et sans détours : ce livre jeunesse est tout simplement la plus jolie expérience en 3D anaglyphe que je connaisse. Anaglyphe ? Kézaco ? Tout simplement ce procédé « vintage » de lunettes 3D en rouge et bleu comme on peut le deviner dès la couverture de ce beau livre qui séduira aussi les grands. Sommairement il s’agit d’une aventure toute bête et sans paroles d’un scaphandrier aux formes arrondies allant faire un petit tour dans les profondeurs de l’océan. Ses péripéties nous placent au cœur des abysses dans un noir d’encre (le principe de carte à gratter avec son noir si puissant confère un sentiment de solitude et d’infiniment petit des plus spectaculaires)… Attendez-vous donc à être émerveillé par ces grandes pages de toute beauté (Matthias Picard offre des fresques de toute beauté avec une faune aquatique étonnante et quelques surprises….) L’histoire se termine par un encart de 4 pages et une jolie conclusion. Facile et déjà vue certes mais qui donne envie de vite s’y replonger … sous-entendu que votre vue est reposée car oui, les dessins sont superbes mais bonjour les migraines au-delà de 5 minutes de lecture… Par ailleurs l’album se lit très très vite, trop vite mais suffisamment néanmoins pour justifier le prix élevé mais conséquent de ces quelques minutes de bonheur. Je déplore simplement que l’éditeur n’ait pas opté pour un rangement optimal des 2 paires accompagnant ce livre (il s’agit de lunettes collées dans leur logement plastique simplement en fin d’ouvrage) afin d’en faire l’objet exceptionnel que ce livre mérite. C’est en tous cas une très chouette expérience et un livre à retenir pour faire un cadeau qui plaira à coup sûr, de 7 à 77 ans !
Templiers
Magnifique! Tout est dedans : Chasse au trésor, hold-up, drame amoureux, chocs des cultures, mécanique des fluides, cavalcades, combats à l'épée, chansons provençales, machiavélisme politique, camaraderie burlesque et dégâts des eaux... vous avez tout en deux tomes parfaitement construits, dans un rythme tendu mais pas précipité. Les personnages ont le temps de se densifier, au fils des dialogues savoureux. L'action s'enroule autour du fameux trésor des templiers sur lequel le garde des sceaux Nogaret veut mettre la main à tout prix. Mais Martin de Troyes, notre héros, templier rescapé de la purge royale, se refuse à laisser ce trésor qu'il a contribué à construire. Si vous chercher à comprendre les tenants et les aboutissants du sacrifice des templiers, vous serrez déçus: leur rôle de banquier sur les chemins de la croisade, peu commun à l'époque où l'usure est réservée aux juifs, est passé sous silence. Et on a l'impression que Philippe IV le Bel cherche simplement à renflouer ses caisses sur le dos d'innocents... En revanche si vous souhaitez rester scotchés 3 heures à lire à coté d'un bon feu de cheminée, alors c'est l'idéal. Le trait nerveux et presque rageur, est calqué sur le caractère fougueux de Martin qui se sent victime d'une injustice et responsable de son ordre puisque tous ses chefs sont emprisonnés. La troupe autour du héros abrite des seconds couteaux plein de personnalité eux aussi. Les personnages sont très bien caractérisés et leurs expressions réussies avec très peu de traits. Toutes les intrigues s'imbriquent parfaitement, dans une sorte de spirale qui se referme sur les personnages dans la dernière ligne droite. Allez-y, vous ne le regretterez pas!
Presque
« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir… » disait la chanson. Et on peut en effet, après cette plongée en apnée dans les entrailles d’une certaine armée, de la douleur de Manu Larcenet, chercher à respirer de nouveau. On est évidemment là très loin de la grosse déconne Fluide, de la pochade « Donjon », ou d’une certaine introspection tranquille glissée dans Le Retour à la terre. Sa part d’ombre, Larcenet la réserve plus aux Rêveurs. Larcenet nous livre là, de manière à la fois pudique, intelligente, mais aussi sans concession, la violente expérience qu’a été pour lui le service militaire. Et dans sa dénonciation je retrouve en partie ce que comme lui ou d’autres j’ai connu pendant mes « classes ». C’est-à-dire l’abus fait par des hommes sur d’autres hommes parce qu’on leur donne un pouvoir. C’est-à-dire l’abrutissement, la lobotomisation volontaire, dans un milieu clos sur lui-même où l’obéissance prime sur la réflexion et l’intelligence (encore que Larcenet montre, avec ce qui est arrivé à Marco, que l’obéissance ne garantit pas de s’en sortir). En formatant les « appelés », l’armée déshumanisait les individus, avec des méthodes employées ailleurs par des systèmes totalitaires. Mais ici Larcenet ne donne pas dans la critique de comptoir, le pathos inutile, son propos est au contraire d’une froideur, d’une précision quasi chirurgicale. Voilà pour le fond. Pour la forme, il alterne des esquisses volontairement brouillonnes, noires et difficiles à « lire » et des personnages patatoïdes à la Trondheim lorsqu’il se représente dialoguant avec sa mère. Ces passages avec sa mère – outre la différence graphique avec les reste des dessins, sont aussi importants car ces moments d’humour permettent de respirer. Ils permettent aussi à Larcenet d’illustrer, avec l’incompréhension entre lui et sa mère, qu’on ne peut se faire une idée réelle de son expérience sans l’avoir vécue. Et j’avoue qu’après les passages avec sa mère, on ressent à la reprise de la lecture un peu du malaise qui étreignait Larcenet à l’idée « d’y retourner ». Et ces passages s’avèrent au final presque aussi violents que le reste ! A lire, évidemment !
Beck
Ca fait un petit moment que je n'étais pas venu refaire des critiques sur ce site, mais là je me suis senti obligé d'en parler. Enfin un manga adolescent comme j'avais envie d'en lire ! En effet, la lecture de cette série m'a portée comme rarement, et je suis sorti enchanté de l'ensemble de la série. C'est une petite merveille pour laquelle je ne remercierais jamais assez l'ami qui me les a prêté. Je trouve ce manga particulièrement remarquable, car à l'instar de Happy!, j'y ai retrouvé tout les codes du manga Shonen mais exploité de façon bien plus que correct. Et c'est tout ce que j'adore. Le principe est le même que celui de n'importe quel shonen : un héros qui se trouve un don, découvre un univers, exploite son don jusqu'à devenir le meilleur, se trouve des amis, et enfin parvient au sommet tant convoité malgré les obstacles toujours plus difficiles. Là où ce manga fait fort, c'est qu'en partant de cette trame de base plus que revue, il développe le monde de la musique et du rock de manière plus que réaliste. Entre les difficultés monétaires, les labels et les guerres de gros sous, les festivals et les difficultés (ah, la pluie sur le matériel ...), tout est fait pour nous plonger dans l'ambiance exact du monde difficile et impitoyable de la musique contemporaine, où chacun tente de bouffer l'autre. Et ça j'apprécie énormément ! Si le manga exploite la veine de l'humour, notamment avec le personnage de Chiba, il sait aussi jouer intelligemment avec ça, en rendant toujours les protagonistes plus humain que de simples figurants dans l'arrière-plan. Au final, personne n'est forcément un salaud, mais tout le monde a ses parts sombres (le meilleur restant que le beau gosse ténébreux est à moitié alcoolique tout au long de l'histoire). Et là encore, ça fait plaisir ! D'ailleurs l'auteur ne se prive pas pour rajouter des entractes plutôt sombre dans l'histoire. De manière générale, si le ton est sympathique et rafraichissant, il reste des parts plutôt sérieuses. J'ai notamment énormément apprécié le fait que le héros quitte le lycée pour faire son groupe, et se retrouve donc dans des boulots de merde. Eh oui, la vie est dure quand on commence comme artiste ! Et par dessus toutes ces qualités, l'auteur nous livre également de belles histoires d'amour, à la fois amusante et respirant la sincérité. Plusieurs fois j'ai été surpris du propos de l'auteur qui passe outre les codes du genre pour accélérer des histoires et nous livrer de belles petites perles. C'est bête comme chou, mais j'ai énormément apprécié ce traitement des personnages. Je pourrais encore développer pendant un petit moment, mais plutôt que d'écrire une critique de deux cent lignes, je préfère vous conseiller de lire ce manga qui dénote complètement dans le genre des shonen, à la fois pour son ambiance rock extrêmement bien retranscrite, mais également pour son traitement, son sérieux, son humour qui fait souvent mouche, son réalisme, et enfin et surtout, pour son incroyable talent à vous coller un sourire sur la face. Après deux relectures, je conserve cette impression très forte et inspirante qui se dégage de l'ensemble de l'oeuvre. J'aurais volontiers poussé la note jusqu'au 5, mais c'aurait été un poil trop d'enthousiasme. En revanche le coup de coeur est certifié !
Tungstène
Cet album est surprenant. C'est d'abord la couverture que je trouve sublime, et interpellante. deux personnages, l'un visiblement une femme, l'autre un homma rmé, matchent dans une eau transparente, avec une belle plage en fond. Une scène qui n'est pas dans l'album, même si tous les éléments y sont. La plge, c'est celle de Salvador de Bahia, sur la côte brésilienne, théâtre d'un fait divers qui va constituer l'essentiel de l'hisoire. Deux pêcheurs attrapent des poissons à proximité d'un fort à la dynamite. Un vieil homme, militaire retraité, discute avec un petit delaer, constate le délit, et le persuade d'appeler les autorités. C'est richard, flic en civil, qui hérite de l'histoire et se lance dans l'appréhension des contrevenants. On bascule ensuite dans une sorte de clip musical, un vaudeville à la brésilienne avec une petite dizaine de personnages. Car pendant ce temps le couple de Richard est en train de badsculer, avec Keira qui se pose des questions. J'ai été littéralement soufflé. 150 pages sur les 180 que compte l'album content des scènes simultanées se déroulant sur 5 minutes de temps. C'est un montage ultra-serré, entrecoupé de flashes-bacs très fort (sur les aptitudes de Richard, mais aussi sa vie de couple minable). Un instant avec de multiples tensions, entre arrestation musclée, dilemnes personnels et petits trafics. Les personnages sont très subtils, on n'a pas de bons angéliques et de mauvais démoniaques, simplement plusieurs personnes qui essaient de vivre dans le Brésil d'aujourd'hui. Le style de Quintanilha est clairement ibérique, c'est une ligne claire mâtinée de comics un peu figée, mais cela se justifie vue le point de vue narratif (des instantanés, des arrêts sur image en pagaille). Vraie belle surprise, surtout au niveau narratif, même si le propos est un peu banal.
Alice au pays des merveilles (Glénat)
Fabuleux, si, si j'ose, fabuleux tant au niveau du scénario que du graphisme. Oubliez l'oncle Walt et je ne peux que vivement conseiller la lecture de l’œuvre originale et sa suite moins connue mais aussi époustouflante "De l'autre côté du miroir". Ce roman à été disséqué, analysé, psychanalysé et à quel que soit degré, la façon dont il est lu et abordé, il possède une puissance évocatrice qui sublime l'imaginaire de tout un chacun. Le dessin est à mille lieux de l'iconographie habituelle et particulièrement de celle qu'en à donner Disney, ici l'histoire est abordé plus comme un cauchemar que comme un joli rêve de petite fille. Des couleurs sombres donc mais lumineuses. Si l'on veut bien lire les choses l'on s'aperçoit d'ailleurs que c'est le registre du récit. Je ne remercierais jamais assez les auteurs de ne pas avoir expurgé le texte et les évènements du texte d'origine. La scène sur la plage et le thé chez le chapelier fou, tout comme le procès Kafkaïen final. C'est une BD et une histoire qui se méritent, dans le sens ou il faut prendre son temps pour apprécier le texte d'une part et d'autre part les magnifiques dessins de Xavier Collette. Faites lire!!