Les derniers avis (9612 avis)

Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carmen Cru
Carmen Cru

3.5 J'ai enfin pu lire des albums de cette série qui me semblait être le dernier classique de Fluide Glacial qui me restait à lire. J'ai bien aimé et je comprends que ce personnage soit devenu un des personnages cultes du magazine. Cette vieille femme est attachante dans sa méchanceté. Le ton de la série est plutôt glauque avec un peu de satire sociale. Le point fort est sans aucun doute le dessin de Lelong qui va à merveille avec le ton de la série. Le noir et blanc est sublime. C'est vraiment le genre de série qui ne marche qu'en noir et blanc car je trouve que cela aurait été moins réussi s'il y avait de la couleur. Toutefois, je trouve que pour une série humoristique je n'ai pas trop ri. J'ai souvent souri en lisant les dialogues savoureux, mais je ne me souviens pas avoir rigolé ce qui est dommage pour une série dont l'objectif est de me faire rire. Et puis il y a quelques histoires en dessous du lot, mais globalement c'est très bon. D'ailleurs, en réfléchissant bien j'augmente la note. J'aime trop le personnage et l'ambiance pour ne mettre "que" 3 étoiles.

06/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Qui veut tuer Kennedy ?
Qui veut tuer Kennedy ?

Le titre est provocateur, voire intriguant, tout le monde ayant déjà eu sa petite idée sur l'assassin de JFK. Comment une petit album d'une soixantaine de pages pourrait-il réussir à synthétiser une longue enquête ? En fait, l'enjeu de cet album est ailleurs. En effet, JFK et son assassinat n'apparaissent qu'en extrême fin d'album, après que Le Fred Blin (Frédéric Blin) ait remonté la chaîne de l'évolution. En effet, cette histoire muette nous narre les différentes étapes de l'évolution, de la bactérie aux mammifères, qui mène finalement à Lee Harvey Oswald. Autant le dire tout de suite, rien de scientifique dans cet album, que ce soit pour résoudre l'énigme des motivations du tueur, ou pour les détails de cette évolution. Par contre, j'ai été captivé par cette histoire de bactérie se transformant en une succession d'organismes vivants (aux mutations s'accélérant), traversant divers reliefs et péripéties, jusqu'à l'hominidé homicide. C'est avant tout un voyage onirique, dont l'aspect visuel est original et franchement réussi. On a là des dessins qui m'ont fait penser à des collages, à la manière des cubistes. Les décors sont quasi absents, et pourtant le peu qu'il y a fourmille paradoxalement de détails, dans une végétation et/ou un arrière plan géométrique, méticuleusement inutile. Un album qui donne sa chance à notre imagination, et dans lequel l'auteur a mis en avant ses qualités de graphiste. A feuilleter avant d'acheter, car c'est assez particulier (et la rencontre de l'album n'est pas facile non plus !), mais ça reste un album à découvrir, assez proche dans l'esprit de ce que peut publier L'Association je trouve. Merci à des maisons d'éditions comme Warum de publier ce genre d'albums, très personnels. Note réelle 3,5/5.

06/10/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kililana Song
Kililana Song

Les mots me manquent pour décrire cette magnifique bande dessinée traversée par un puissant souffle mystique ! « Kililana Song » est une réussite sur tous les tableaux, tant pour le scénario que le dessin, et on se doute que raconter une histoire de manière fluide avec autant de personnages n’a pas dû être une mince affaire. Parmi ceux-ci, le plus important est peut-être bien cet arbre imposant, mausolée naturel d’un illustre héros du pays gardé par le vieux chamane et menacé par un projet industriel géant. Benjamin Flao semble avoir été littéralement porté par ce récit vibrant d’humanisme et de spiritualité, avec ses somptueuses aquarelles qui jaillissent par moments tels des bouquets chatoyants de lumière exprimant l’indicible. Mais Flao sait rester dans la retenue quand il s’agit d’exprimer le silence d’une mer calme, évitant ainsi à son histoire de tomber dans la grandiloquence par ce graphisme à l’équilibre très subtil, avec un trait alliant à la fois assurance et fragilité. De façon remarquable, l’auteur a su représenter les personnages dans des poses très naturelles et très vivantes, l’aspect inachevé du dessin passant ainsi au second plan. Quant à la narration, son intérêt réside dans la grande variété de protagonistes, ce qui autorise une passionnante diversité de points de vue. Le jeune Naïm joue un peu le rôle de fil rouge, à la fois attachant dans sa soif inextinguible de liberté et son insoumission vis-à-vis de son grand frère, qui s’est donné pour mission d’en faire un bon petit musulman. Celui-ci n’hésite pas à le pourchasser dans les rues pour l’obliger à suivre les cours à la madrass, alors que Naïm refuse de se laisser dresser « comme un petit animal parfaitement idiot »… Ce qui au passage confère à l’histoire une tonalité burlesque assez réjouissante. Et si la bêtise religieuse est pertinemment épinglée ici, le néo-colonialisme occidental n’est pas en reste. La communauté d’expatriés blancs venus pour le business, au mépris de la population locale, est dépeinte de manière peu reluisante, le plus emblématique étant le crétin blond jetsetter et junkie venu au Kenya pour la vie facile. En comparaison, le capitaine à la gouaille « vieille école » apparaîtrait presque sympathique, comme dans cette scène jubilatoire du bar où il fait parfaitement ressortir la lâcheté et la morgue de ses compatriotes, se targuant lui-même d’être un « authentique fils de pute, un animal dangereux, ex-para, ex-légionnaire, ex-mercenaire, ce que l’on fait de pire en la matière ! » Tous les représentants de la bêtise humaine en prennent pour leur grade dans ce diptyque, mélange d’aventure, de critique politique et d’onirisme rageur. En matière de BD, on mesure le chemin parcouru depuis « Tintin au Congo » où l’Afrique était décrite comme un continent peuplé de grands enfants que l’Homme blanc, « dans sa générosité toute désintéressée », s’était donné pour mission d’instruire et d’éduquer. Certes, le colonialisme est toujours là, avec un visage plus lisse et néanmoins plus sournois, mais l’angle descriptif s’est élargi, soucieux de tous les points de vue. Rejoignant les incontournables du neuvième art, « Kililana Song » est une merveilleuse chanson, un conte moderne qui devrait imprimer pour longtemps votre âme par son intelligence et sa beauté poétique.

04/10/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bouffon
Bouffon

Ma foi si ça ne vaut pas un coup de cœur c'est un peu à désespérer du genre humain! Au travers de ce "conte" médiéval, Zidrou au scénario nous donne une magnifique leçon d'humanité et de tolérance. S'il n'y avait que cela certains esprits chagrins pourraient même se laisser aller à dire que cette histoire est gentillette et ne révolutionnera pas le genre. En supplément donc, et par l'intermédiaire de son narrateur, personnage poignant s'il en est, Zidrou s'attaque mine de rien grâce à quelques réflexions bien senties à des préjugés qui ont agité notre société il y a peu, sans parler d'un discours antimilitariste de fort bon aloi. C'est donc en partie de l'art de dire en phrases concises et percutantes des choses que tout un chacun connait dont il s'agit ici, mais que personnellement je trouve fort utile de ressasser, tant l'oreille humaine est versatile et prompte à oublier les évidences. Au delà du côté merveilleux et fantastique de l'histoire, ( je réveille les morts grâce à un baiser ), je pense qu'il restera de ce conte, qu'il faut voir comme une allégorie de nos sociétés actuelles, beaucoup plus qu'une lecture superficielle laisserait à penser. A ce jour je ne sais si cette BD "marche", mais je reste persuadé que sur la durée cela deviendra un incontournable, sinon dans la carrière des auteurs mais aussi dans l'esprit des amateurs. Le dessin de F. Porcel, s'éloigne de l'iconographie moyenâgeuse de la couverture et propose un style réaliste dont le point d'orgue est son héros, Glaviot devenu Bouffon, qui possède, comme il est dit toute la beauté du monde circonscrite dans le regard. Laid magnifique, d'une laideur repoussante mais paradoxalement mal sainement attirante, ce bouffon tel qu'il nous est montré attire notre sympathie et c'est la le tour de force des auteurs. Mine de rien et c'est avec le plus d'objectivité possible que j'énonce ce fait, voila une œuvre plus grandiose qu'il n'y parait. J'y apporterais la même réserve que l'avis précédent, la fin peut paraitre s'étirer, cependant j'y voit surtout un hommage à notre narrateur, personnage moins en retrait qu'il semble, son histoire et ce qu'il a à nous dire n'étant pas anodin. Alors bien sur à lire et certainement à posséder dans ses étagères, coup de cœur!

04/10/2015 (MAJ le 04/10/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nous, les morts
Nous, les morts

Aïe, Aïe, les amis, voilà du lourd, du costaud, de l'original en diable, de la belle ouvrage en sorte ! Je suis un fan de l'uchronie, en tant qu'amateurs de BD, vous devez, si, si, connaitre ces magnifiques livres de M. Moorcock, "Gloriana, la reine inassouvie", "Pavane" de K. Roberts, et le grandiose "Maitre du haut château" de P. K. Dick, enfin j'arrête là, mais tapez Uchronie et Littérature sur le Net et vous n'aurez a priori que de bons conseils. Ici donc une uchronie comme nous aurions pu la rêver du temps où, sur les bancs de l'école, on nous apprenait que les fiers Espagnols et Portugais avaient su envahir, massacrer et contaminer tout un peuple, que dis-je, des peuples et des cultures aussi millénaires que les nôtres. Je me souviens, ado, découvrant au cinéma "Aguirre, la colère de Dieu". Film lancinant où je comprenais déjà que les choses n'étaient pas si roses que l'on avait bien voulu me le dire, la civilisation à coups de sabres et de goupillons me semblait bien ignorante de l'autre, et à cette époque, quand on ne connaissait pas l'autre, on lui tapait sur la tronche (Nous sommes bien sûr d'accord pour dire que les choses ont bien changé depuis ces funestes temps !). Je m'égare, je m'égare. Quoique ! Cette BD a aussi ce mérite, celui peut-être de faire réfléchir, du moins si l'on prend le temps de la réflexion de se dire que la "Conquista", si elle permit d'ouvrir l'horizon de l'humanité, fut aussi l'occasion de détruire des cultures aussi intéressantes que les autres. Hop là, j'entends déjà quelques sceptiques qui mettront en avant ces abominables sacrifices humains en haut de pyramides ruisselantes de sang. Niark, niark, allez je ne rajoute rien et vous laisse réfléchir à deux ou trois trucs que notre monde occidental avait à cette époque déjà perpétué sur ses propres populations. Je devais arrêter de m'égarer ! Donc, que voilà une bonne série, d'abord parce que, comme je l'ai laissé supposer lors de mes égarements, elle prend le contre-pied de l'histoire officielle (C'est ça l'uchronie !) et c'est un premier point que je trouve fort jubilatoire. Ensuite les choses, les événements, les personnages ne sont pas manichéens. Il y a chez ces "Inkas" de braves couillons dont on se demande comment ils ont pu asservir les autres peuples de leur continent, voire même quelques indiens Lakotas qui, si je ne m'abuse, sont plutôt situés en Amérique du Nord. Alors que dire ? Après quelques échos ici ou là je me suis dit "c'est quoi cette histoire ? Des zombies, des hommes revenus d'entre les morts, on ne sait trop pourquoi. Ah oui il y a aussi des Incas en ballons et un poil de sexe. Ben on fonce !". Et par tous les diables nous ne sommes pas déçus. Cette BD est intelligente, elle renouvelle le genre de l'uchronie, des histoires de zombies mais jamais dans le style racoleur, gore et tutti quanti. Les mouvements d'un monde à l'autre sont parfaitement orchestrés, aidés en cela par un dessin mais surtout une colorisation juste excellents. Donc surtout ne vous arrêtez pas à cette histoire de zombies, oubliez ce que vous connaissez, il faut absolument découvrir ce petit bijou d'originalité, d'inventivité, d'humour. Comme dirait l'autre, faites tourner. En cette joyeuse journée, voilà donc une majoration suite à la sortie du tome 3: Ben ça tourne! Ça virevolte même, si ça continue à ce rythme cette tétralogie va vite devenir culte. Pour être couillu ça l'est. Dans ce tome voilà donc que les orthodoxes en prennent aussi pour leur grade avec ce petit épisode où les "mordus" accèdent à une sorte de paradis terrestre entre les bras de charmantes ingénues. Puis direction le céleste empire où si l'on fornique un peu moins on est aussi fourbe que dans les autres contrées. Toujours des va et vient entre les différents lieux de l'intrigue et même si l'action est un peu ralentie, j'attends la conclusion avec une impatience non dissimulée.

05/07/2015 (MAJ le 02/10/2015) (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nous, les morts
Nous, les morts

Audacieux, culotté, atypique, commercialement suicidaire….. Les mots me manquent au final pour décrire la sensation après avoir lu ce qui restera surement l’un des livres les moins attractifs de ce début d’année tant les auteurs prennent un malin plaisir à prendre le lecteur à contrepied et à lui proposer exactement tout l’inverse de ce qu’un amateur d’histoires zombiesques lambda est en droit d’attendre… Nous sommes en 2015 et cela fait à présent un petit bout de temps que les histoires de zombies envahissent les étals de nos librairies avec plus ou moins de qualité (Walking Dead et Zombies de Péru et Cholet sont directement dans le haut du panier et presque tout le reste flirte avec le médiocre ou le convenu) aussi il est franchement encourageant de voir et lire un tel OVNI sorti de nulle part…. Nulle part ? Les auteurs ne sont pas des inconnus, à ma gauche, Igor Kordey bien connu des amateurs de comics comme de bd franco-belge avec un trait que je n’aime pas des masses initialement mais que j’ai réussi à apprivoiser à l’issue de cette lecture et à ma droite (pas celle des futurs Républicains :) ) Darko Macan à l’écriture d’un scénario bien malin et déstabilisant dont je suis encore surpris que Guy Delcourt en ait accepté les conditions tant je doute fortement du succès commercial pour cette tétralogie… Et pourtant l’ensemble ne manque pas de qualités et encore moins d’audace. Pensez donc à un univers contemporain où l’Europe serait peuplée de zombies doté de parole et d’un appétit féroce pour la chair humaine mais qui n’aurait pas évolué d’un pouce et serait encore sous l’ère du Moyen-Âge. A l’origine de tout cela, la Peste Noire empêcherait donc les humains de gouter à une mort bien mérité un peu à la manière de Zorn et Dirna de JDM. Après une remarquable introduction sur ce fléau, on change d’univers et de couleurs pour embrasser le soleil d’Amérique du Sud et du peuple inca qui a su lui évoluer techniquement (par des dirigeables volants) mais pas vraiment moralement (ça fornique allègrement façon Game of Thrones la série et ça complote tout aussi allègrement). Ce bon peuple inca qui n’a pas pu se faire exterminer par les zombies européens reste avide de pouvoir et a eu vent d’une fontaine de jouvence en Europe. Une expédition (volante donc, la mer c’est trop ringard) est mise en place pour trouver ce « secret » de la vie éternelle à des fins politiques… La lecture du bien nommé « Nous, les morts » risque d’en déstabiliser plus d’un. J’ai du m’y reprendre à deux fois pour bien suivre et comprendre cette géniale leçon d’humour noir sur la cupidité de l’homme et en saisir les règles tout comme les enjeux. Il n’y a pas un seul personnage sympathique à sortir du lot, c’est un peu l’équivalent du film classique italien « Affreux, sales et méchants » où les « zombies » ou plutôt les ressuscités gourmands sont relégués au second plan en tant que prétexte pour cette uchronie bien couillue ! A partir du moment où on accepte un tel postulat, ce n’est que du plaisir car il s’en passe des choses pour un tome introductif qui illustre parfaitement son thème : la série B et une farce sincère de la condition humaine qui, morte ou vivante, reste toujours aussi cupide. Le découpage est juste parfait, il ne manque rien finalement après une courte déception (je ne m’attendais vraiment pas à cela) pour faire de cette œuvre audacieuse un futur petit chef d’œuvre en devenir si Macan poursuit son rythme et ses idées originales. Pensez donc ! Pas de zombies façon Walking Dead, les Incas envahissent l’Europe et éradiquent les Aztèques ! La reconstitution de ce monde fictif est juste parfaite avec quelques planches magnifiques dont une église détruite par un atterrissage forcé et une attaque de dirigeables digne d’un film de pirates ! Bref vous aurez bien compris que j’ai pris un pied pas possible avec cette gourmandise qu’il ne faut absolument pas classer en parodie mais bien en grand fleuron d’humour noir subtil. Très très fort et la suite arrive déjà en juin ! J’en serais donc car une telle audace se doit d’être récompensée ! Tome 2 : Consécration ! Tous les bons espoirs fondés dans cette série sont non seulement renouvelés mais décuplés avec un tome 2 passionnant posant pour de bon les bases et les enjeux de toute l'histoire ! Entre un humour noir des plus salvateurs avec ce peuple Inca observant le peuple européen putréfié comme s'il s'agissait de bons sauvages (tout est inversé !), la "création" du grand méchant qui risque de dominer les deux dernières oeuvres et la reconstitution d'une sinistre ville de Londres abandonnée des vivants, ce titre regorge suffisamment de trouvailles et de rebondissements pour en garantir la pérennité sur les deux derniers tomes que j'attends à présent avec une impatience difficile à cacher. Rajouter à cela une intrigue secondaire mais pas inintéressante sur base de complots en terre maya à fortes connotation de "Game of Thrones" et vous tenez clairement la nouveauté 2015 la plus innovante, surprenante et rafraîchissante qui soit ! Tome 3 : Curieusement ce nouveau chapitre, sobrement intitulé "Le Céleste Empire" pour sa référence au peuple des Hans, adopte un rythme beaucoup plus calme là où les événements se précipitaient pour les deux premiers tomes. C'est toujours aussi agréable à lire mais à un tome de la conclusion, je me demande bien comment en sera la conclusion que j'attends du coup peut-être avec plus d'impatience à présent. A l'instar d'une halte hivernale, Macan prend son temps pour jouer avec ses personnages quitte à reléguer les fameux morts-vivants à de rares mais toujours aussi jouissives interventions. Suite et fin dans le tome 4 donc... Marre des zombies ? Essayez "Nous, les morts", dépaysement garanti avec un Igor Kordey en pleine possession de ses moyens et reconstituant des décors imposants sur base de cranes fracassés ! Un bijou d'humour noir appelé d'ors et déjà à devenir culte pour tout amateur d'art déviant mais vivifiant !

16/04/2015 (MAJ le 01/10/2015) (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shadowslayer
Shadowslayer

Shadowslayer dispose d’un statut particulier. Il s’agit d’une œuvre unique en son genre, la perle méconnue des années 1990 que l’on ne citera jamais comme un classique et pour cause, presque tout le monde en a oublié jusqu’à l’existence car ce tome ne connaîtra jamais de suite endeuillé par la tragique disparition de son talentueux dessinateur Eric Larnoy. L’association rare d’un auteur issu du comics britannique underground (Pat Mills est à l’origine Marshal Law et du Judge Dredd, excusez du peu) et d’un auteur français était un événement. Préfigurer des univers sombres et gothiques dans une ambiance poisseuse était un fait peu commun et nul doute que ce style si particulier d’hommes en noir inquiétants et au style rétro a pu influencer des œuvres majeures au cinéma comme le classique Dark City d’Alex Proyas. Mais revenons en à l’essentiel avec ce curieux anti héros effrayant qui choisit ses victimes et les élimine avant que leur action ne soit irrémédiable pour l’humanité. Cette variation du Judge Dredd (traquer et juger) s’accompagne d’une mise en scène audacieuse avec cadrages et découpages complexes pouvant rebuter. Néanmoins les dessins sont esquissés comme de véritables peintures torturées et font d’autant plus regretter une suite qui ne viendra jamais d’autant plus que pas mal de points restaient effectivement à éclaircir. Un bon achat pour le côté historique de la chose, le plaisir d’une première lecture si on tombe sur cet ovni dont la couverture semble vous dévorer l’esprit dans un bac à soldes mais en l’état, je peux comprendre la frustration de ne jamais en connaître hélas la suite. Shadowslayer portait en lui tous les prémisses d’une série à longue haleine pouvant tenir la dragée haute à des œuvres équivalentes du label américain Vertigo.

29/09/2015 (modifier)
Couverture de la série Une année au lycée
Une année au lycée

Une année au lycée, sous-titré “Guide de survie en milieu lycéen” réussit l'exploit d'être un témoignage drôle et juste à la fois. L'auteur, Fabrice Erre est un être hybride qui exerce les fonctions de professeur d'Histoire-Géographie tout en étant dessinateur de bandes dessinées. Une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde… et vice-versa. Il nous a déjà livré quelques albums en solo (Démonax et Le Roux) et les deux volumes franchement marrants de Z comme don Diego avec Fabcaro au scénario. Ici, il s'attache à nous relater son expérience quotidienne de prof d'histoire-géographie et c'est une vraie réussite ! Je vous en parle en tant que collègue de l'auteur : mêmes si certaines anecdotes ou situations peuvent vous paraître outrées voire impossibles, je vous l'assure, tout est vrai là-dedans ! Des phases d'exaltation de l'enseignant porté par sa mission sacrée découragées par l'apathie et la paresse des potaches aux envolées surréalistes de l'adolescent décérébré qui essaie de disserter en réunissant les rares bribes désordonnées de souvenirs fumeux, en passant par l'angoisse existentielle du professionnel confronté aux limites de son savoir supposé encyclopédique, rien de ce qui figure dans ce recueil de gags n'a été inventé. Tous les professeurs sont confrontés à ces situations qui les poussent parfois aux limites du découragement, jusqu'à sombrer par moments dans un profond découragement qui les pousse à l'aquoibonisme (voir le gag intitulé “bulletins” et vous comprendrez). Le génie de Patrice Erre, c'est qu'il utilise toute cette matière pour réaliser un album extrêmement drôle, fait de courtes histoires, ou de gags en une planche (“neige” page 91, génialement observé !). Même s'il évoque une « réalité fictionnalisée », ici, tout est vrai, et à peine exagéré, c'est pour cela que l'humour fait mouche. Rien à voir avec l'humour patapouf à la Claude Zidi d'une série comme Les Profs. Côté graphique, ce n'est pas forcément ce que je préfère. C'est du dessin d'humour, très caricatural, simple, avec des décors minimalistes. L'école Fluide Glacial… (Mais on trouve dans cette revue des auteurs qui travaillent beaucoup plus salement, sans pour autant parvenir à être drôles.) Le traitement des personnages par Patrice Erre me rappelle un peu celui de Clarke, dans la bonne période, quand il dessinait ses Histoires à lunettes (Durant les travaux, l'exposition continue...) ; il y a pire comme comparaison ! En somme, le dessin de Patrice Erre colle bien au style et au sujet. J'ai beaucoup ri à la lecture de ce one-shot et dès que je rentre de vacances, j'en fais profiter mes collègues. Certains sont rétifs à la bande dessinée (beaucoup pensent encore qu'un prof, ça doit lire des livres sans images), mais je crois que je tiens le moyen de les convertir… Je pense que cet album séduira aussi un lectorat très large. Après lecture du tome 2… J'avais adoré le premier volume, c'est donc avidement que je me suis rué sur ce second tome d'Une année au lycée. Eh bien, franchement, cette deuxième saison ne s'imposait pas ! Le soufflé retombe carrément… La fraîcheur et l'originalité du tome 1 cèdent la place à une série de gags répétitifs. Oh, bien sûr, on se bidonne toujours par moments, mais les idées vraiment drôles sont cantonnées dans les gags en une case. C'est du dessin de presse plus que de la BD. Dommage, mais honnêtement l'achat du tome 2 n'est pas obligatoire. Non pas qu'il soit mauvais, mais parce qu'il est à la limite de faire chuter la note de ce qui n'aurait jamais dû devenir une série… Il suffit d'ailleurs d'en consulter les meilleurs feuilles sur Internet. Car Fabrice Erre alimente un blog dans lequel il publie très régulièrement ces planches, et je crois que cette régularité nuit à son efficacité comique. Il devrait prendre le temps de se renouveler s'il compte réaliser d'autres chroniques annuelles de son expérience au lycée.

23/04/2014 (MAJ le 28/09/2015) (modifier)
Couverture de la série Comment faire fortune en juin 40
Comment faire fortune en juin 40

Du tout bon ! Un récit d'aventures viril qui ne se pose pas trop de questions, avec ce qu'il faut de rebondissement et de drames, accompagnés d'une note d'humour à la Audiard, mais sans jamais sombrer dans la référence pesante… Du côté des influences cinématographiques, on dépasse Les Morfalous ; je trouve que cette histoire se hisse au niveau de films comme Cent mille dollars au soleil ou encore De l'or pour les braves. Un histoire de mecs virils, pas finauds, souvent cyniques, mais au grand cœur. C'est vrai que j'aurais bien vu Bébel, Lino Ventura et Blier dans ces rôles-là. Pas très sérieux, finalement ; les scénaristes ont fidèlement restitué l'esprit de Pierre Siniac, auteur prolifique de la célèbre "Série noire". La dimension comique que l'on devine en filigrane sous le récit balaie le tragique des situations, et c'est très bien comme ça. Nury et Dorison s'amusent et c'est un plaisir de suivre leur équipe de bras cassés dans cette course-poursuite haletante. Bonne idée aussi de livrer un one-shot de 112 planches, un travail complet et abouti. Le dessin d'Astier, assez réaliste pour que l'on croie à ce récit rocambolesque, mais avec juste ce qu'il faut de caricature pour qu'on ne le prenne pas totalement au sérieux, contribue à cette belle réussite. En somme, Comment faire fortune en juin 40 est la meilleure surprise de la rentrée.

28/09/2015 (modifier)
Par cidain
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série A l'assaut des démocraties
A l'assaut des démocraties

L'assaut des démocraties était à la base le premier album d'une collection (Le Prix De La Liberté) comprenant cinq tomes. Malheureusement le décès du scénariste Jules Metz (anciennement présentateur météorologique de la chaine belge RTBF) surnommé monsieur météo mit fin au projet... Il n'en reste pas moins que ce récit du début de la 2ème guerre mondiale est très détaillé et aurait très bien pu être un classique dans le genre grâce à une documentation recherche et un dessin de Willy Vassaut détaillé et fidèle. Il existe une BD intitulée "le prix de la liberté" du même dessinateur sortie il y a quelques années, mais je doute qu'il s'agisse d'une suite.

27/09/2015 (modifier)