Reconnaissable à son trait arrondi, Bruno Duhamel nous revient avec une nouvelle fable complexe et moderne. Dans ce récit où il abandonne la bichromie pour donner toutes ses couleurs à la côte Normande, Bruno Duhamel nous raconte l'histoire de Madeleine, cette petite vieille aveugle au caractère, il faut bien l'avouer, bien trempé !
En effet, elle va user de toute sa malice pour tenir tête au maire qui veut la faire partir de chez elle. Et on le comprend le maire : une tempête approche et la falaise va encore être grignotée, qui sait si la maison de Madeleine ne va pas chavirer par dessus bord ! Mais comment parvenir à ses fins sans devenir un pourfendeur de petite vieille ?
Dotée d'un dessin charmant, cette fable moderne adopte définitivement le ton de l'humour tout en étant pleine de douceur. Si l'on adore Madeleine et son caractère de cochon, on ne peut s'empêcher de trouver le maire sympathique dans son dilemme.
Bref un bon petit moment de plaisir !
Je ne connaissais rien des auteurs de cette petite série assez estimée qu’est Commando Torquemada et qui a plutôt bonne réputation ici et là.
C’est simplement la promesse d’une histoire tarantinesque en 3 tomes ainsi que le dessin anguleux et aux couleurs dictées par les événements que cette œuvre m’a réellement attiré.
En effet le style si particulier de Lemmens reste avant tout autre argument le point fort. C’est à la fois dynamique, sanglant, coloré, bi-chromique et tout simplement beau. Les premières pages m’ont mis l’eau à la bouche avec la présentation en voix off d’un personnage atypique et pas forcément sympathique qui n’attend plus rien de la vie et déteste le golf et les oiseaux. Ses réflexions très cyniques sur son environnement ainsi que ses pulsions suicidaires changent amplement la donne que l’on peut se faire d’un héros classique de bande dessinée.
Rien que les deux premières pages d’exposition plantant le personnage donc d’Ethan Fargo dans le décor valent leur pesant de cacahouètes. Et il va devenir le spectateur involontaire d’une vidéo dite snuff dont on ne comprendra (pour le moment) strictement rien. Et c’est parti pour une aventure sanglante rythmée au gré des pages par des rencontres improbables avec au choix, truands à la petite semaine, tueur psychopathe et fonctionnaires de police véreux !
Bien sur tout se règlera à coups de flingue et de bons mots dont notre zéro se fera le partisan absolu. Bref tout serait parfait dans le plus improbable des mondes s’il n’y avait un sérieux manque de rythme car on a l’impression de lire une succession de petites saynètes dans une histoire qui n’avance guère et dont la fin du premier tome tombe comme un cheveu sur la soupe sans véritable grosse information sur la trame principale.
Gageons que l’histoire va prendre son envol dès le second tome et que les différentes mécaniques vont enfin s’emboiter car on ne sait pas où les auteurs veulent nous emmener… Et pourtant cette histoire ne manque pas d’intérêt. Le personnage du pasteur rappelle curieusement Samuel L. Jackson et ses tirades bibliques lors de ses mises à mort dans Pulp Fiction. Le dessin a des airs lointains de celui de Conrad pour Les Innommables et l’univers évoqué reste relativement intéressant, le caractère désinvolte du principal protagoniste n’y étant surement pas étranger.
A suivre donc et je l’espère bientôt recommandable car il serait dommage que de tels potentiels ne soient pas mieux exploités dans les suites attendues de ce premier volet mi figue-mi raisin.
Après relecture des 2 tomes :
Paradoxalement il m'arrive très rarement de relire des séries dites abandonnées dans un souci évident de ne pas en sortir frustré. C'est avec l'annonce de la réédition d'une intégrale comprenant le dernier tome (et dessiné par Bastoche remplaçant Lemmens) que la curiosité me piqua de nouveau...
Si les dessins de Xavier Lemmens semblent moins travaillés avec un encrage moins présent notamment, c'est surtout les dialogues de Philippe Nihoul qui s'envolent vers les cimes avec des joutes verbales de haute volée entre Ethan et la jolie révolutionnaire Ines.
Partis en pleine jungle inhospitalière dans l'objectif de trouver les clés de l'énigme suscitée par le fameux "Snuff" du premier tome, ce duo atypique ne cesse de se défier ou de se culbuter.
Cette curieuse odyssée ressemble finalement aux aventures de Tintin époque Oreille Cassée sous acides, le regard cynique et désabusé de Ethan offre un contrepoids d'humour noir bienvenu face à des personnages délirants.
Encore une belle réussite d'une oeuvre qui semble hermétique au premier abord mais qui se lit avec facilité dans une ligne claire dépouillée mais originale.
Je croise très fort les doigts pour connaître la conclusion (google est votre ami si vous tapez "Snuff Sandawe") mais si par malheur elle ne se ferait pas, je vous encourage à emprunter les 2 tomes existants pour vous faire votre propre opinion sur un titre maudit mais pas dénué d'intérêt.
Corto déchaine les passions, cela se ressent jusque dans les commentaires de bdtheque. La plupart des détracteurs trouvent ça ennuyeux au possible, pas particulièrement beau et franchement compliqué.
Et je comprends tout à fait. En fait, chaque fois que je feuillette un des albums, sans véritablement rentrer dedans, je me demande pourquoi je les possède tous. C'est souvent assez compliqué, un peu perché et, parfois, les dessins de certaines cases sont assez brouillons.
En réalité, je pense que Corto Maltese est une des bd les plus inaccessibles que je connaisse, dans le sens où c'est vraiment spécial, il faut accrocher.
Et moi, dès que je me mets sérieusement dedans, je ne peux plus en sortir. Je me retrouve happé dans un univers poétique mais très ancré dans le réel et l'histoire. J'apprécie réellement la justesse et l'ancrage historiques. Et ce petit côté mystique qu'il y a dans les albums me branche bien. Il y a toujours des histoires de conte, de magie, de légende...
Entrer dans Corto, c'est entrer dans un univers particulier et unique, avec des histoires toujours rocambolesques et des personnages souvent très hauts en couleur. Mention spéciale à "ce fou de Raspoutine", cet espèce de diable qui accompagne le héros même contre son gré et dont il ne peut, à son regret, se passer. L'autre personnage qui m'a marqué est Cush, le guerrier dans "Les Ethiopiques" qui massacre allègrement mais ne raterait pour rien au monde la pause thé.
Certes, parfois, les dialogues sont assez compliqué et c'est assez intello. Mais je trouve que ça colle bien au dessin et au propos.
Quant au dessin, je reconnais qu'il est assez spécial. Mais personnellement, je suis un grand fan. Je trouve ça magnifique (même si parfois inégal). Je pourrais contempler certaines planches pendant des heures, comme des tableaux. Après ça reste très personnel.
Au final, je ne peux que conseiller. Mais il faut vraiment s'y plonger. Pour commencer, je ne conseille pas forcément La Ballade De La Mer Salée, car c'est assez lourd pour un début. Et comme il n'y a pas besoin de lire dans l'ordre, il vaut mieux commencer par Les Ethiopiques (qui est, je pense, mon préféré), par exemple, ou par La Jeunesse, qui sont bien plus courts.
Tome 1
J'avoue avoir mis du temps à acquérir ce volume.
A cause peut-être de Lupano himself, sur lequel mon avis est toujours très partagé : selon moi, il publie du très bon comme L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu mais aussi, du moins réussi comme L'Assassin qu'elle mérite.
Et là il a fallu attendre de lire les critiques dithyrambiques ici ou là pour enfin me lancer dans la lecture.
Et bien un seul mot me vient après avoir refermé ce premier opus : jubilatoire !
Un scénario très réussi, mêlant humour, nostalgie et dérision ; servi par un dessin très dynamique de Cauuet. Rien que le gag du fusil (page 42, planche quasi muette) m' a fait hurler de rire.
Les dialogues font mouche à chaque fois et je n'attends qu'une seule chose : lire la suite (même si ce premier volume peut presque se suffire à lui même).
Bien construite, drôle, cette équipée sauvage du 3ème âge est une des meilleures bandes dessinées de l'année, à mon humble avis.
Tome 2
Certes j'avais mis du temps à acquérir le premier volume de cette série mais je m'étais régalé à la lecture.
Pour la sortie du tome 2, je me suis littéralement précipité de l'acheter. Mais j'avoue que, comme certains, j'ai trouvé qu'une fois passé la bonne surprise du premier volume, cet opus n'en avait pas la fraicheur.
Si certaines situations m'ont fait sourire ici (le running gag de la baguette de pain), les auteurs n'atteignent pas le niveau du volume précédent.
En entrecoupant trop d'intrigues (la recherche d'un amour de jeunesse, la visite de l'île de la Tordue, le projet de Mimile...), Lupano casse un peu le rythme de la lecture (d'où une baisse de note).
Dommage, mais la barre était plaçée bien haut.
Cela reste tout de même une lecture plaisante.
tome 4
Signe peut-être d'une lassitude, je ne me suis pas précipité vers l'achat de cet opus , me contentant de l'emprunter à la médiathèque plus d'un mois après sa sortie.
Certes, la fraicheur du premier album n'y est plus mais ce quatrième volume se lit avec plaisir, multipliant le niveau de lectures (le côté politique avec les "zadistes", le côté familial avec l'histoire de la famille de Sophie, et le côté mystérieux avec "le trésor des papys") Je regrette quelque peu que notre vieux trio soit mis en second plan dans cette aventure qui privilégie ici l'histoire de Sophie, mais avec Jojo, le couvreur, j'ai retrouvé la verve du premier volume.
Un album correct mais une série qui finit par s'essouffler tout de même
La Valise arrive comme un petit OVNI dans le monde de la bd en ce début d’année.
Tout d’abord, l’objet est beau : un format Comic Book agréable, une couverture réussie à tous les niveaux... On ne peut qu’être happé par le livre.
Sur la forme : la Valise possède une forte personnalité graphique. Car design travaillé, découpage dynamique et utilisation de la couleur qui épouse merveilleusement le rythme du récit. Un beau cahier bonus à la fin montre que le background a été creusé.
Sur le fond : impossible de ne pas voir certaines allusions à la seconde guerre mondiale. Néanmoins, on évite ici une morale platement manichéenne, et c’est heureux. Cela amène plusieurs questions, certaines très générales (je reste dans le vague pour ne pas spolier) d’autres spécifiques à l’histoire (sur le rôle et le positionnement de la passeuse).
Sans rien dévoiler, j’ai trouvé dommage la prise de position de l’épilogue, quand l’histoire elle même ne choisissait pas son camp. C’est un choix que je trouve contestable même s’il peut s’expliquer.
Le personnage de la passeuse, au vu de son histoire et de ses caractéristiques pourrait être développé sur plusieurs tomes mais cela ne semble pas devoir être le cas, que ce soit par peur de la redondance ou simplement par envie de faire autre chose.
Pour un coup d’essai, le sympathique trio de jeunes auteurs impose sa griffe. Gageons que le prochain projet sera tout aussi réussi.
Après moult hésitations je note 3/5 et « coup de cœur ». C’est VRAIMENT pas mal, mais je n’ai pas le déclic du franchement bien. Néanmoins, le soin apporté à l’œuvre et l’audace scénaristique et graphique ne me laissent pas indifférent.
A noter que la bd est inspirée d’un (très) court métrage réalisé par la même équipe.
Dragon Ball est devenu assez rapidement au fil des années un monument commercial. Qu'il s'agisse de la série d'animation ou des nombreux produits dérivés, retour sur ce que l'on peut raisonnablement appeler en 2018 le grand père du Shonen.
Dragon Ball, c'est l'histoire classique d'un petit garçon aussi mignon que naïf et doté d'une force considérable dans un monde parallèle ressemblant à notre planète mais dans une époque indéterminée où les technologies sont assez avancées mais où l'on peut également croiser dinosaures et influences japonaises médiévales.
Son Goku possède une boule de cristal (parmi 7 disponibles) héritée de son grand père adoptif et qui va attirer nombre de convoitises car selon une légende ancestrale, celui qui les réunit invoque Shenron un dragon capable de réaliser les voeux les plus fous.
Rapidement rejoint par Bulma qui recherche ces boules puis par une pléthore de personnages les plus dingues, le manga va s'attarder sur les aventures de tout ce petit groupe ainsi que l'évolution de Son Goku qui deviendra au fil des tomes un adulte de plus en plus puissant face à des adversaires coriaces.
Le mélange des genres, humour, aventures et bastons, ne sera pas toujours d'une grande finesse mais la capacité de Toriyama pour imaginer un univers simple mais cohérent et rebondir d'une situation à une autre sans se prendre les pieds dans le cordon va faire de ce récit une légende.
Car les dessins au style rond sont de toute beauté et les cadrages des nombreux combats sont d'une lisibilité sans égal. Bien sur, les ficelles sont grosses et nombreuses, les arc même parfois répétitifs mais il émane une telle originalité dans l'univers de Dragon Ball qu'il est franchement difficile de décrocher tant on s'attache à tous les personnages.
Si la première époque reste ma préférée pour l'humour grivois et rocambolesque, la seconde partie (ou Dragon Ball Z) captive tout autant par l'intensité de ses combats et de l'escalade des pouvoirs invoqués.
On y remarque aussi quelques allusions misogynes pas très futées et qui ne passeraient plus aujourd'hui (les premiers tomes datent quand même des années 80 à une époque où se moquer des homosexuels était encore toléré) et la gent féminine reste encore cantonnée à des rôles de potiches mais si on passe outre ces reproches et que la montée en puissance constante des différents protagonistes ne lasse pas, Dragon Ball reste encore aujourd'hui une lecture des plus recommandables avec un plaisir de lecture sans cesse renouvelé.
Quand l'aventure et l'action se mêlent à l'Histoire et à un récit particulièrement instructif. Les Enfants de la Résistance, c'est l'histoire de trois gamins dans un petit village du centre de la France occupée qui, à partir de 1940, vont s'engager d'eux-mêmes dans un mouvement personnel de résistance à l'Occupation, rejoignant peu à peu le parcours des "vrais" résistants plus adultes. C'est une description intelligente de la vie sous l'Occupation. C'est aussi une manière subtile de montrer, en suivant le parcours d'enfants auxquels les jeunes lecteurs peuvent s'identifier, celui que des résistants adultes ont pu réellement suivre dans ces années là.
Tout est crédible, documenté, et pas manichéen. Les personnages sont bons. On y voit des nazis détestables et des allemands bien plus humains, des français dont l'opinion peut évoluer, notamment dans leur vision de Pétain et de la nécessité ou non de résister à l'envahisseur. Le récit est réaliste, avec son lot de malheurs et de risques mortels, mais aussi un vrai sens de l'aventure et un récit prenant. Et surtout la progression du scénario est très réussie, avec un engagement de plus en plus fort des héros et une situation qui montre de plus en plus son sérieux et son danger. Tout s’enchaîne de manière naturelle et on découvre sans s'en rendre compte que de simples enfants sont finalement devenus aussi engagés et efficaces à leur échelle que les meilleurs résistants.
Qui plus est, le dessin est lui aussi très bon et agréable, tant sur le plan du trait et de la mise en scène que des couleurs.
Bref, c'est vraiment du tout bon comme lecture, enrichissante et prenante, et aussi bien adaptée à de jeunes lecteurs qu'à des adultes.
Dans les années 80, nous avions comme "héros" X-Or, le Shérif de l'Espace. Depuis les années 2000, place à Cosmik Roger le Pochtron de l'Espaaaaaaaace !
Conçu à l'origine et en solo par Julien-CDM comme une parodie de Valerian (sans Laureline) puis rejoint au scénario dès le second tome par Mo-CDM jusqu'à l'ultime tome 7 de la série, Cosmik Roger fait partie des rares bds de Fluide Glacial trouvant grâce à mes yeux.
Roger est un looser incompétent envoyé dans les étoiles par le Président de la Terre, une planète au bord de l'asphyxie due à un énorme souci de surpopulation. Roger a pour mission de trouver une nouvelle planète dans la galaxie prête à accueillir tous les Terriens mais ses préoccupations sont toutes autres : il n'aspire qu'à tirer des gonzesses et se foutre minable au bar local tenu par son meilleur ami : l'alien barman Xub.
Constitué de petites histoires de 2 à 8 pages, Cosmik Roger aurait pu rapidement tourner en rond mais il n'en est rien grâce à la foisonnante imagination de leurs auteurs pour tourner en dérision ce pauvre Roger, un être frimeur, cupide et râleur dans des aventures riches en péripéties diverses, absurdes mais variées.
Le dessin de Julien-CDM déjà apprécié pour ma part dans Zumbies est juste superbe et fourmille de détails aussi bien mis en valeur par le noir et blanc du premier tome que les couleurs des suivants. Son bestiaire alien est impressionnant de variété et prête à la rigolade en permanence.
Les histoires sont dans l'ensemble toutes d'un très bon niveau de poilade. Il y a effectivement quelques gags qui tombent à plat notamment dans les chutes mais ils doivent se compter sur les doigts d'une main tant l'ensemble prête à rire et sourire tant dans la construction habile de récits (avec parfois même quelques twists ingénieux) que dans les dialogues savoureux.
Qu'il s'agisse de la vengeance du Général Gore dans le troisième tome, de son obsession pour s'accoupler avec toute créature possédant des gros seins ou de faire revivre Elvis Presley au travers d'un groupe rock intersidéral, les mésaventures de Cosmik Roger sont trash, inventives, drôles mais surtout divertissantes et le remède parfait à toute déprime.
Très peu connu du grand public visiblement, il est temps de profiter des belles intégrales pour découvrir ou redécouvrir ce loser magnifique !!!!!
Cette série du binôme Dugomier-Ers (déjà auteur des Les Démons d'Alexia et de Hell School) a une indéniable dimension pédagogique. Et un rapide coup d’œil sur le cahier situé à la fin des albums suffira à vous en convaincre.
Les auteurs ont donc décidé de nous (et quand je dis « nous », je pense plus particulièrement aux jeunes adolescents) parler de la vie quotidienne sous l’occupation allemande. Pour ce faire, ils nous proposent un trio central très classique (deux garçons, une fille, tous trois âgés de 12,13 ans au début de l’histoire) auquel le jeune lecteur s’identifiera sans problème. L’usage d’un faux journal intime et de la narration à la première personne accentue directement l’empathie ressentie pour ces personnages (c’est classique mais ça marche à tous les coups, pourquoi s’en priver ?)
L’histoire en elle-même n’est pas des plus originales et la série souffrira, je pense, de la comparaison avec « La Guerre des Lulus ». Mais comparaison n’est pas raison. Cette création se démarque de la très bonne série susnommée dans le sens où elle cherche véritablement à instruire le lecteur. Et si le fil narratif se présente sous une forme très classique de récit d’aventure, la conception du scénario permet aux auteurs de parler de multiples sujets sur un ton plus professoral, plus didactique.
Et, honnêtement, un divertissement qui rend moins con, je trouve toujours ça bon à prendre. Et comme dès le début, le propos se veut nuancé (il y a du bon et du mauvais partout, chez l’occupé comme chez l’occupant, et pas toujours là où l’on croit le voir de prime abord), la série interpelle et incite à réflexion. De plus, après quatre tomes, l'équilibre entre volonté d'instruire et souhait de distraire a été trouvé. Nous sommes maintenant très proches des personnages et leurs aventures ne sont plus du tout forcées (ce qui pouvait encore paraître être le cas dans le premier tome, comme si les auteurs voulaient tellement parler de certains aspects de la France sous l'occupation qu'ils forçaient leur scénario à aller dans la bonne direction). Les tomes 3 et 4, à ce titre, offrent vraiment un excellent récit d'aventure même sans tenir compte de sa dimension historique. Je dirais même que la série ne cesse de s'améliorer au fil des tomes.
Enfin, il y a le dessin de Benoit Ers. Ce franco-belge bien typé garantit un plaisir de lecture, une facilité d’accès, l’expressivité et le dynamisme nécessaires pour convaincre un jeune lecteur (et les autres aussi, moi le premier) à jeter un œil aux planches… avant de ne plus pouvoir interrompre sa lecture. Cette opposition entre un dessin très frais et des propos plus sombres est devenue une des marques de fabrique des réalisations du duo. Nul doute que cette série ne fera pas exception à la règle.
Dans le genre, ce récit se révèle donc très bien. Le petit plus apporté par son aspect éducatif prononcé en fera un bon support dans un cadre scolaire tandis que l'aspect aventure plaira à un large public. A consommer sans modération et, je peux le dire, après quatre tomes, j'attends la suite de cette série avec une certaine impatience.
Avec Bonneville, Marvano travaille dans la continuité. De fait, Grand Prix lui avait permis de nous parler de la compétition automobile de l’entre-deux-guerres et La Brigade juive avait été l’occasion pour lui d’aborder la seconde guerre mondiale sous un angle original tout en continuant à suivre le destin de certains pilotes automobiles.
Ce récit débute donc après-guerre et se concentre (du moins pour ce premier tome) sur la période dorée du lac de Bonneville et des tentatives de record de vitesse sur terre, soit la fin des années ’50 jusqu’au cœur des années ’60 (et on peut supposer que le deuxième tome trouvera son apogée avec le record de Gary Gabelich en 1970). Et c’est un fait que ce sujet offre un parfait terreau pour un récit mêlant contexte historique, données techniques et drames humains.
L’auteur gère ces trois aspects avec talent. Le contexte historique est bien exploité avec d’utiles rappels quant aux contextes dans lesquels se trouvaient les USA et ces pilotes lors de cette folle quête de records. L’aspect technique est intéressant pour qui est attiré par la compétition automobile. L’exercice de vulgarisation est bien maîtrisé avec quelques belles anecdotes mais aussi et surtout des explications claires quant à certains choix de développement. Motorisation, aérodynamisme, direction et transmission, tout y passe… à commencer par le choix de ce site exceptionnel qu’est Bonneville Salt Flats. Les drames humains… la réalité des faits est telle qu’il n’était pas nécessaire d’en rajouter. Mais l’auteur parvient à humaniser son récit en nous offrant une jeune narratrice comme guide. L’enthousiasme de cette dernière couplé au fait que grâce à elle, le récit nous est raconté à la première personne fait que le lecteur que je suis s’est senti plus impliqué dans cette histoire. C’est classique mais, rien à faire, la narration à la première personne, ça marche toujours chez moi.
Au final, j’ai beaucoup aimé ce premier tome. Il m’a permis de replonger dans une période épique du sport mécanique, d’en apprendre un peu plus sur certains aspects techniques de ces monstres de vitesse tout en me resituant l’ensemble dans son cadre historique. Une lecture que je recommande à tous les amateurs du genre.
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Reconnaissable à son trait arrondi, Bruno Duhamel nous revient avec une nouvelle fable complexe et moderne. Dans ce récit où il abandonne la bichromie pour donner toutes ses couleurs à la côte Normande, Bruno Duhamel nous raconte l'histoire de Madeleine, cette petite vieille aveugle au caractère, il faut bien l'avouer, bien trempé ! En effet, elle va user de toute sa malice pour tenir tête au maire qui veut la faire partir de chez elle. Et on le comprend le maire : une tempête approche et la falaise va encore être grignotée, qui sait si la maison de Madeleine ne va pas chavirer par dessus bord ! Mais comment parvenir à ses fins sans devenir un pourfendeur de petite vieille ? Dotée d'un dessin charmant, cette fable moderne adopte définitivement le ton de l'humour tout en étant pleine de douceur. Si l'on adore Madeleine et son caractère de cochon, on ne peut s'empêcher de trouver le maire sympathique dans son dilemme. Bref un bon petit moment de plaisir !
Snuff
Je ne connaissais rien des auteurs de cette petite série assez estimée qu’est Commando Torquemada et qui a plutôt bonne réputation ici et là. C’est simplement la promesse d’une histoire tarantinesque en 3 tomes ainsi que le dessin anguleux et aux couleurs dictées par les événements que cette œuvre m’a réellement attiré. En effet le style si particulier de Lemmens reste avant tout autre argument le point fort. C’est à la fois dynamique, sanglant, coloré, bi-chromique et tout simplement beau. Les premières pages m’ont mis l’eau à la bouche avec la présentation en voix off d’un personnage atypique et pas forcément sympathique qui n’attend plus rien de la vie et déteste le golf et les oiseaux. Ses réflexions très cyniques sur son environnement ainsi que ses pulsions suicidaires changent amplement la donne que l’on peut se faire d’un héros classique de bande dessinée. Rien que les deux premières pages d’exposition plantant le personnage donc d’Ethan Fargo dans le décor valent leur pesant de cacahouètes. Et il va devenir le spectateur involontaire d’une vidéo dite snuff dont on ne comprendra (pour le moment) strictement rien. Et c’est parti pour une aventure sanglante rythmée au gré des pages par des rencontres improbables avec au choix, truands à la petite semaine, tueur psychopathe et fonctionnaires de police véreux ! Bien sur tout se règlera à coups de flingue et de bons mots dont notre zéro se fera le partisan absolu. Bref tout serait parfait dans le plus improbable des mondes s’il n’y avait un sérieux manque de rythme car on a l’impression de lire une succession de petites saynètes dans une histoire qui n’avance guère et dont la fin du premier tome tombe comme un cheveu sur la soupe sans véritable grosse information sur la trame principale. Gageons que l’histoire va prendre son envol dès le second tome et que les différentes mécaniques vont enfin s’emboiter car on ne sait pas où les auteurs veulent nous emmener… Et pourtant cette histoire ne manque pas d’intérêt. Le personnage du pasteur rappelle curieusement Samuel L. Jackson et ses tirades bibliques lors de ses mises à mort dans Pulp Fiction. Le dessin a des airs lointains de celui de Conrad pour Les Innommables et l’univers évoqué reste relativement intéressant, le caractère désinvolte du principal protagoniste n’y étant surement pas étranger. A suivre donc et je l’espère bientôt recommandable car il serait dommage que de tels potentiels ne soient pas mieux exploités dans les suites attendues de ce premier volet mi figue-mi raisin. Après relecture des 2 tomes : Paradoxalement il m'arrive très rarement de relire des séries dites abandonnées dans un souci évident de ne pas en sortir frustré. C'est avec l'annonce de la réédition d'une intégrale comprenant le dernier tome (et dessiné par Bastoche remplaçant Lemmens) que la curiosité me piqua de nouveau... Si les dessins de Xavier Lemmens semblent moins travaillés avec un encrage moins présent notamment, c'est surtout les dialogues de Philippe Nihoul qui s'envolent vers les cimes avec des joutes verbales de haute volée entre Ethan et la jolie révolutionnaire Ines. Partis en pleine jungle inhospitalière dans l'objectif de trouver les clés de l'énigme suscitée par le fameux "Snuff" du premier tome, ce duo atypique ne cesse de se défier ou de se culbuter. Cette curieuse odyssée ressemble finalement aux aventures de Tintin époque Oreille Cassée sous acides, le regard cynique et désabusé de Ethan offre un contrepoids d'humour noir bienvenu face à des personnages délirants. Encore une belle réussite d'une oeuvre qui semble hermétique au premier abord mais qui se lit avec facilité dans une ligne claire dépouillée mais originale. Je croise très fort les doigts pour connaître la conclusion (google est votre ami si vous tapez "Snuff Sandawe") mais si par malheur elle ne se ferait pas, je vous encourage à emprunter les 2 tomes existants pour vous faire votre propre opinion sur un titre maudit mais pas dénué d'intérêt.
Corto Maltese
Corto déchaine les passions, cela se ressent jusque dans les commentaires de bdtheque. La plupart des détracteurs trouvent ça ennuyeux au possible, pas particulièrement beau et franchement compliqué. Et je comprends tout à fait. En fait, chaque fois que je feuillette un des albums, sans véritablement rentrer dedans, je me demande pourquoi je les possède tous. C'est souvent assez compliqué, un peu perché et, parfois, les dessins de certaines cases sont assez brouillons. En réalité, je pense que Corto Maltese est une des bd les plus inaccessibles que je connaisse, dans le sens où c'est vraiment spécial, il faut accrocher. Et moi, dès que je me mets sérieusement dedans, je ne peux plus en sortir. Je me retrouve happé dans un univers poétique mais très ancré dans le réel et l'histoire. J'apprécie réellement la justesse et l'ancrage historiques. Et ce petit côté mystique qu'il y a dans les albums me branche bien. Il y a toujours des histoires de conte, de magie, de légende... Entrer dans Corto, c'est entrer dans un univers particulier et unique, avec des histoires toujours rocambolesques et des personnages souvent très hauts en couleur. Mention spéciale à "ce fou de Raspoutine", cet espèce de diable qui accompagne le héros même contre son gré et dont il ne peut, à son regret, se passer. L'autre personnage qui m'a marqué est Cush, le guerrier dans "Les Ethiopiques" qui massacre allègrement mais ne raterait pour rien au monde la pause thé. Certes, parfois, les dialogues sont assez compliqué et c'est assez intello. Mais je trouve que ça colle bien au dessin et au propos. Quant au dessin, je reconnais qu'il est assez spécial. Mais personnellement, je suis un grand fan. Je trouve ça magnifique (même si parfois inégal). Je pourrais contempler certaines planches pendant des heures, comme des tableaux. Après ça reste très personnel. Au final, je ne peux que conseiller. Mais il faut vraiment s'y plonger. Pour commencer, je ne conseille pas forcément La Ballade De La Mer Salée, car c'est assez lourd pour un début. Et comme il n'y a pas besoin de lire dans l'ordre, il vaut mieux commencer par Les Ethiopiques (qui est, je pense, mon préféré), par exemple, ou par La Jeunesse, qui sont bien plus courts.
Les Vieux Fourneaux
Tome 1 J'avoue avoir mis du temps à acquérir ce volume. A cause peut-être de Lupano himself, sur lequel mon avis est toujours très partagé : selon moi, il publie du très bon comme L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu mais aussi, du moins réussi comme L'Assassin qu'elle mérite. Et là il a fallu attendre de lire les critiques dithyrambiques ici ou là pour enfin me lancer dans la lecture. Et bien un seul mot me vient après avoir refermé ce premier opus : jubilatoire ! Un scénario très réussi, mêlant humour, nostalgie et dérision ; servi par un dessin très dynamique de Cauuet. Rien que le gag du fusil (page 42, planche quasi muette) m' a fait hurler de rire. Les dialogues font mouche à chaque fois et je n'attends qu'une seule chose : lire la suite (même si ce premier volume peut presque se suffire à lui même). Bien construite, drôle, cette équipée sauvage du 3ème âge est une des meilleures bandes dessinées de l'année, à mon humble avis. Tome 2 Certes j'avais mis du temps à acquérir le premier volume de cette série mais je m'étais régalé à la lecture. Pour la sortie du tome 2, je me suis littéralement précipité de l'acheter. Mais j'avoue que, comme certains, j'ai trouvé qu'une fois passé la bonne surprise du premier volume, cet opus n'en avait pas la fraicheur. Si certaines situations m'ont fait sourire ici (le running gag de la baguette de pain), les auteurs n'atteignent pas le niveau du volume précédent. En entrecoupant trop d'intrigues (la recherche d'un amour de jeunesse, la visite de l'île de la Tordue, le projet de Mimile...), Lupano casse un peu le rythme de la lecture (d'où une baisse de note). Dommage, mais la barre était plaçée bien haut. Cela reste tout de même une lecture plaisante. tome 4 Signe peut-être d'une lassitude, je ne me suis pas précipité vers l'achat de cet opus , me contentant de l'emprunter à la médiathèque plus d'un mois après sa sortie. Certes, la fraicheur du premier album n'y est plus mais ce quatrième volume se lit avec plaisir, multipliant le niveau de lectures (le côté politique avec les "zadistes", le côté familial avec l'histoire de la famille de Sophie, et le côté mystérieux avec "le trésor des papys") Je regrette quelque peu que notre vieux trio soit mis en second plan dans cette aventure qui privilégie ici l'histoire de Sophie, mais avec Jojo, le couvreur, j'ai retrouvé la verve du premier volume. Un album correct mais une série qui finit par s'essouffler tout de même
La Valise (Akileos)
La Valise arrive comme un petit OVNI dans le monde de la bd en ce début d’année. Tout d’abord, l’objet est beau : un format Comic Book agréable, une couverture réussie à tous les niveaux... On ne peut qu’être happé par le livre. Sur la forme : la Valise possède une forte personnalité graphique. Car design travaillé, découpage dynamique et utilisation de la couleur qui épouse merveilleusement le rythme du récit. Un beau cahier bonus à la fin montre que le background a été creusé. Sur le fond : impossible de ne pas voir certaines allusions à la seconde guerre mondiale. Néanmoins, on évite ici une morale platement manichéenne, et c’est heureux. Cela amène plusieurs questions, certaines très générales (je reste dans le vague pour ne pas spolier) d’autres spécifiques à l’histoire (sur le rôle et le positionnement de la passeuse). Sans rien dévoiler, j’ai trouvé dommage la prise de position de l’épilogue, quand l’histoire elle même ne choisissait pas son camp. C’est un choix que je trouve contestable même s’il peut s’expliquer. Le personnage de la passeuse, au vu de son histoire et de ses caractéristiques pourrait être développé sur plusieurs tomes mais cela ne semble pas devoir être le cas, que ce soit par peur de la redondance ou simplement par envie de faire autre chose. Pour un coup d’essai, le sympathique trio de jeunes auteurs impose sa griffe. Gageons que le prochain projet sera tout aussi réussi. Après moult hésitations je note 3/5 et « coup de cœur ». C’est VRAIMENT pas mal, mais je n’ai pas le déclic du franchement bien. Néanmoins, le soin apporté à l’œuvre et l’audace scénaristique et graphique ne me laissent pas indifférent. A noter que la bd est inspirée d’un (très) court métrage réalisé par la même équipe.
Dragon Ball
Dragon Ball est devenu assez rapidement au fil des années un monument commercial. Qu'il s'agisse de la série d'animation ou des nombreux produits dérivés, retour sur ce que l'on peut raisonnablement appeler en 2018 le grand père du Shonen. Dragon Ball, c'est l'histoire classique d'un petit garçon aussi mignon que naïf et doté d'une force considérable dans un monde parallèle ressemblant à notre planète mais dans une époque indéterminée où les technologies sont assez avancées mais où l'on peut également croiser dinosaures et influences japonaises médiévales. Son Goku possède une boule de cristal (parmi 7 disponibles) héritée de son grand père adoptif et qui va attirer nombre de convoitises car selon une légende ancestrale, celui qui les réunit invoque Shenron un dragon capable de réaliser les voeux les plus fous. Rapidement rejoint par Bulma qui recherche ces boules puis par une pléthore de personnages les plus dingues, le manga va s'attarder sur les aventures de tout ce petit groupe ainsi que l'évolution de Son Goku qui deviendra au fil des tomes un adulte de plus en plus puissant face à des adversaires coriaces. Le mélange des genres, humour, aventures et bastons, ne sera pas toujours d'une grande finesse mais la capacité de Toriyama pour imaginer un univers simple mais cohérent et rebondir d'une situation à une autre sans se prendre les pieds dans le cordon va faire de ce récit une légende. Car les dessins au style rond sont de toute beauté et les cadrages des nombreux combats sont d'une lisibilité sans égal. Bien sur, les ficelles sont grosses et nombreuses, les arc même parfois répétitifs mais il émane une telle originalité dans l'univers de Dragon Ball qu'il est franchement difficile de décrocher tant on s'attache à tous les personnages. Si la première époque reste ma préférée pour l'humour grivois et rocambolesque, la seconde partie (ou Dragon Ball Z) captive tout autant par l'intensité de ses combats et de l'escalade des pouvoirs invoqués. On y remarque aussi quelques allusions misogynes pas très futées et qui ne passeraient plus aujourd'hui (les premiers tomes datent quand même des années 80 à une époque où se moquer des homosexuels était encore toléré) et la gent féminine reste encore cantonnée à des rôles de potiches mais si on passe outre ces reproches et que la montée en puissance constante des différents protagonistes ne lasse pas, Dragon Ball reste encore aujourd'hui une lecture des plus recommandables avec un plaisir de lecture sans cesse renouvelé.
Les Enfants de la Résistance
Quand l'aventure et l'action se mêlent à l'Histoire et à un récit particulièrement instructif. Les Enfants de la Résistance, c'est l'histoire de trois gamins dans un petit village du centre de la France occupée qui, à partir de 1940, vont s'engager d'eux-mêmes dans un mouvement personnel de résistance à l'Occupation, rejoignant peu à peu le parcours des "vrais" résistants plus adultes. C'est une description intelligente de la vie sous l'Occupation. C'est aussi une manière subtile de montrer, en suivant le parcours d'enfants auxquels les jeunes lecteurs peuvent s'identifier, celui que des résistants adultes ont pu réellement suivre dans ces années là. Tout est crédible, documenté, et pas manichéen. Les personnages sont bons. On y voit des nazis détestables et des allemands bien plus humains, des français dont l'opinion peut évoluer, notamment dans leur vision de Pétain et de la nécessité ou non de résister à l'envahisseur. Le récit est réaliste, avec son lot de malheurs et de risques mortels, mais aussi un vrai sens de l'aventure et un récit prenant. Et surtout la progression du scénario est très réussie, avec un engagement de plus en plus fort des héros et une situation qui montre de plus en plus son sérieux et son danger. Tout s’enchaîne de manière naturelle et on découvre sans s'en rendre compte que de simples enfants sont finalement devenus aussi engagés et efficaces à leur échelle que les meilleurs résistants. Qui plus est, le dessin est lui aussi très bon et agréable, tant sur le plan du trait et de la mise en scène que des couleurs. Bref, c'est vraiment du tout bon comme lecture, enrichissante et prenante, et aussi bien adaptée à de jeunes lecteurs qu'à des adultes.
Cosmik Roger
Dans les années 80, nous avions comme "héros" X-Or, le Shérif de l'Espace. Depuis les années 2000, place à Cosmik Roger le Pochtron de l'Espaaaaaaaace ! Conçu à l'origine et en solo par Julien-CDM comme une parodie de Valerian (sans Laureline) puis rejoint au scénario dès le second tome par Mo-CDM jusqu'à l'ultime tome 7 de la série, Cosmik Roger fait partie des rares bds de Fluide Glacial trouvant grâce à mes yeux. Roger est un looser incompétent envoyé dans les étoiles par le Président de la Terre, une planète au bord de l'asphyxie due à un énorme souci de surpopulation. Roger a pour mission de trouver une nouvelle planète dans la galaxie prête à accueillir tous les Terriens mais ses préoccupations sont toutes autres : il n'aspire qu'à tirer des gonzesses et se foutre minable au bar local tenu par son meilleur ami : l'alien barman Xub. Constitué de petites histoires de 2 à 8 pages, Cosmik Roger aurait pu rapidement tourner en rond mais il n'en est rien grâce à la foisonnante imagination de leurs auteurs pour tourner en dérision ce pauvre Roger, un être frimeur, cupide et râleur dans des aventures riches en péripéties diverses, absurdes mais variées. Le dessin de Julien-CDM déjà apprécié pour ma part dans Zumbies est juste superbe et fourmille de détails aussi bien mis en valeur par le noir et blanc du premier tome que les couleurs des suivants. Son bestiaire alien est impressionnant de variété et prête à la rigolade en permanence. Les histoires sont dans l'ensemble toutes d'un très bon niveau de poilade. Il y a effectivement quelques gags qui tombent à plat notamment dans les chutes mais ils doivent se compter sur les doigts d'une main tant l'ensemble prête à rire et sourire tant dans la construction habile de récits (avec parfois même quelques twists ingénieux) que dans les dialogues savoureux. Qu'il s'agisse de la vengeance du Général Gore dans le troisième tome, de son obsession pour s'accoupler avec toute créature possédant des gros seins ou de faire revivre Elvis Presley au travers d'un groupe rock intersidéral, les mésaventures de Cosmik Roger sont trash, inventives, drôles mais surtout divertissantes et le remède parfait à toute déprime. Très peu connu du grand public visiblement, il est temps de profiter des belles intégrales pour découvrir ou redécouvrir ce loser magnifique !!!!!
Les Enfants de la Résistance
Cette série du binôme Dugomier-Ers (déjà auteur des Les Démons d'Alexia et de Hell School) a une indéniable dimension pédagogique. Et un rapide coup d’œil sur le cahier situé à la fin des albums suffira à vous en convaincre. Les auteurs ont donc décidé de nous (et quand je dis « nous », je pense plus particulièrement aux jeunes adolescents) parler de la vie quotidienne sous l’occupation allemande. Pour ce faire, ils nous proposent un trio central très classique (deux garçons, une fille, tous trois âgés de 12,13 ans au début de l’histoire) auquel le jeune lecteur s’identifiera sans problème. L’usage d’un faux journal intime et de la narration à la première personne accentue directement l’empathie ressentie pour ces personnages (c’est classique mais ça marche à tous les coups, pourquoi s’en priver ?) L’histoire en elle-même n’est pas des plus originales et la série souffrira, je pense, de la comparaison avec « La Guerre des Lulus ». Mais comparaison n’est pas raison. Cette création se démarque de la très bonne série susnommée dans le sens où elle cherche véritablement à instruire le lecteur. Et si le fil narratif se présente sous une forme très classique de récit d’aventure, la conception du scénario permet aux auteurs de parler de multiples sujets sur un ton plus professoral, plus didactique. Et, honnêtement, un divertissement qui rend moins con, je trouve toujours ça bon à prendre. Et comme dès le début, le propos se veut nuancé (il y a du bon et du mauvais partout, chez l’occupé comme chez l’occupant, et pas toujours là où l’on croit le voir de prime abord), la série interpelle et incite à réflexion. De plus, après quatre tomes, l'équilibre entre volonté d'instruire et souhait de distraire a été trouvé. Nous sommes maintenant très proches des personnages et leurs aventures ne sont plus du tout forcées (ce qui pouvait encore paraître être le cas dans le premier tome, comme si les auteurs voulaient tellement parler de certains aspects de la France sous l'occupation qu'ils forçaient leur scénario à aller dans la bonne direction). Les tomes 3 et 4, à ce titre, offrent vraiment un excellent récit d'aventure même sans tenir compte de sa dimension historique. Je dirais même que la série ne cesse de s'améliorer au fil des tomes. Enfin, il y a le dessin de Benoit Ers. Ce franco-belge bien typé garantit un plaisir de lecture, une facilité d’accès, l’expressivité et le dynamisme nécessaires pour convaincre un jeune lecteur (et les autres aussi, moi le premier) à jeter un œil aux planches… avant de ne plus pouvoir interrompre sa lecture. Cette opposition entre un dessin très frais et des propos plus sombres est devenue une des marques de fabrique des réalisations du duo. Nul doute que cette série ne fera pas exception à la règle. Dans le genre, ce récit se révèle donc très bien. Le petit plus apporté par son aspect éducatif prononcé en fera un bon support dans un cadre scolaire tandis que l'aspect aventure plaira à un large public. A consommer sans modération et, je peux le dire, après quatre tomes, j'attends la suite de cette série avec une certaine impatience.
Bonneville
Avec Bonneville, Marvano travaille dans la continuité. De fait, Grand Prix lui avait permis de nous parler de la compétition automobile de l’entre-deux-guerres et La Brigade juive avait été l’occasion pour lui d’aborder la seconde guerre mondiale sous un angle original tout en continuant à suivre le destin de certains pilotes automobiles. Ce récit débute donc après-guerre et se concentre (du moins pour ce premier tome) sur la période dorée du lac de Bonneville et des tentatives de record de vitesse sur terre, soit la fin des années ’50 jusqu’au cœur des années ’60 (et on peut supposer que le deuxième tome trouvera son apogée avec le record de Gary Gabelich en 1970). Et c’est un fait que ce sujet offre un parfait terreau pour un récit mêlant contexte historique, données techniques et drames humains. L’auteur gère ces trois aspects avec talent. Le contexte historique est bien exploité avec d’utiles rappels quant aux contextes dans lesquels se trouvaient les USA et ces pilotes lors de cette folle quête de records. L’aspect technique est intéressant pour qui est attiré par la compétition automobile. L’exercice de vulgarisation est bien maîtrisé avec quelques belles anecdotes mais aussi et surtout des explications claires quant à certains choix de développement. Motorisation, aérodynamisme, direction et transmission, tout y passe… à commencer par le choix de ce site exceptionnel qu’est Bonneville Salt Flats. Les drames humains… la réalité des faits est telle qu’il n’était pas nécessaire d’en rajouter. Mais l’auteur parvient à humaniser son récit en nous offrant une jeune narratrice comme guide. L’enthousiasme de cette dernière couplé au fait que grâce à elle, le récit nous est raconté à la première personne fait que le lecteur que je suis s’est senti plus impliqué dans cette histoire. C’est classique mais, rien à faire, la narration à la première personne, ça marche toujours chez moi. Au final, j’ai beaucoup aimé ce premier tome. Il m’a permis de replonger dans une période épique du sport mécanique, d’en apprendre un peu plus sur certains aspects techniques de ces monstres de vitesse tout en me resituant l’ensemble dans son cadre historique. Une lecture que je recommande à tous les amateurs du genre.