Mon coup de cœur de l’année !
De tous les récits traitant des batailles de Napoléon, celui-ci est pour ma part le plus surprenant car il relate une action que l’empereur lui-même n’aurait jamais pu imaginer. En effet, l'auteur espagnol s’attache à nous faire découvrir un fait historique méconnu : la tentative d’évasion d’un régiment ibérique en entier au nez et à la barbe de l’empereur. La construction narrative est exemplaire. Seul un natif, à mon sens, pouvait donner une telle intensité à ce récit où toute l’inimitié des Espagnols envers le nain corse sue à grosses gouttes. Cette BD est aussi un formidable témoignage sur le déroulement des batailles napoléoniennes vu de l’intérieur (et pas des élites). La marche sur Moscou en 1812 a beau être triomphale, il plane sur la retraite des troupes françaises comme un parfum de défaite. Cette BD éveille donc les sens et donne la pleine mesure de toute la démesure des desseins expansionnistes de Napoléon.
Un must have.
Voici une série très sympathique que j'ai trouvée dans la partie jeunesse de ma médiathèque, mais qui peut plaire à un adulte, la preuve. Je l'ai trouvée très rafraîchissante et très agréable à lire, bien élaborée dans son environnement, par ses personnages typés et son décor lyonnais des années 60 avant la disparition des terrains vagues.
Né à Lyon, Berlion a eu plus de facilités pour reproduire le décor des quartiers de sa ville natale, et dans l'approche des mentalités et de son folklore populaire.
Ses 4 gones constituant la petite bande de chapardeurs et de galopins sont très attachants et forment une intéressante association avec le vieux brocanteur surnommé L'Elégant, philosophe et généreux, qui est aussi un peu receleur et qui achète le produit de leurs rapines.
Pour une fois, Corbeyran ne dérape pas et tisse des histoires bien troussées, palpitantes et originales, toujours liées à quelques sombres affaires lyonnaises, où ses gosses des rues sont confrontés à des individus bien plus dangereux qu'eux.
La narration est le plus souvent rapide et bien rythmée, j'aime ce style et j'aime ce côté nostalgique plein de tendresse donné à la série, sur un mode de vie et de fonctionnement révolus. On peut voir "Sales mioches" comme la version urbaine de la précédente série du duo d'auteurs, Le Cadet des Soupetard qui elle, se déroulait en milieu rural, mais je trouve "Sales mioches" plus réussie par son approche plus humaine, et mieux pensée, Corbeyran ayant su trouver des détails plus typés et une ambiance pleins de générosité, notamment les traboules (un truc typique de la ville) et le parler populaire lyonnais.
Berlion dessine de belle façon sa ville de Lyon, avec justement ses traboules, et ses personnages ; je préfère nettement ce type de graphisme à celui qu'il adoptera plus tard sur Tony Corso et d'autres Bd que j'ai lues de lui comme Garrigue, où son dessin est plus approximatif, moins appliqué, c'est une chose qui m'étonnera toujours chez certains dessinateurs, un peu comme une régression, alors qu'en principe, lorsqu'un dessinateur débute, son dessin est plus fébrile et il s'améliore en suivant pour atteindre parfois des sommets, il suffit de voir Marini, Delaby ou même des anciens comme Franquin et Uderzo...
Je n'ai lu que les 5 albums dessinés par Berlion, je ne pense pas lire les autres, mais c'est une bonne série divertissante à fond social.
Je ne suis pas un gros fan de DC, mais je n'ai pas eu besoin de grand chose pour comprendre (même si certains détails n'ont trouvé leurs réponses que lorsque j'ai compris quels étaient les super-heros en action). Emprunté à la médiathèque locale, j'ai laissé trainé... Erreur !
Le dessin est fantastique, chaque case est travaillée.
Le scénario est bien ficelé et comment dire.... fin. Voilà, fin c'est le mot. La narration 3eme personne "mais pas trop" permet de se place en observateur d'une histoire qui mèle comme souvent le paradoxe entre "ce qu'il faudrait faire, ce que je fais".
J'ai personnellement plus pris mon pied sur cette histoire que sur Watchmen - un commentaire en parle - ce qui en fait une oeuvre majeure pour DC; et pour ma bibliothèque, très bientot.
Que dire encore sur ces reprises par Mosquito sur ces histoires de Serpieri que je n'ai pas dit dans mes autres avis sur les précédents albums ? Des histoires qui ne peuvent évidemment que me ravir, étant passionné de western et par le monde indien. Tout comme Serpieri et Derib qui restent des auteurs ayant consacré leurs Bd à ces peuples ; on sent que Serpieri les aime.
2 récits seulement ici, donc plus étoffés, parus en Italie dans Lancio Story en 1978 et 80, mais que j'ai déjà lus car ils figurent dans d'autres albums publiés chez d'autres éditeurs.
Le premier titré "Porter le coup" s'attache à une coutume indienne qui symbolise la bravoure d'un guerrier ; c'était très important un premier coup sur un ennemi, ça valorisait un jeune guerrier auprès de ses aînés, et ça se traduisait souvent selon les tribus par le langage des plumes. Ce récit est une histoire de vengeance au dénouement tragique entre tuniques bleues et Cheyennes, j'ai adoré.
Le second qui donne son titre à l'album, est une histoire sur le Pony Express, avec une ironie du sort implacable et une chute qui vous cloue au sol. J'ai lu ce récit ailleurs il n'y a pas très longtemps, ça m'a énormément marqué par sa fin.
Je reste émerveillé comme toujours par le visuel, le dessin de Serpieri est d'une force incroyable avec son crayonné magique à l'encrage épais, qui compose des images chargées et foisonnantes où il excelle dans les gros plans de visages burinés. Comme chez Derib, on sent une vraie passion pour le monde indien chez Serpieri, bref, c'est vraiment splendide !
« Extases » c’est d’abord l’album de la liberté, de la liberté sexuelle telle que l’a vécue Jean-Louis Tripp à l’heure où le SIDA ne sévissait pas. Mais c’est aussi celui de l’amour joyeux, fou voire gai (sans jeux de mots, bien que sur certaines pages….vous verrez).
Est-ce du courage, de la folie ou un défi, en tout cas, Jean-Louis Tripp se met littéralement à nu dans cette nouvelle série (qui comprendra 3 ou 4 albums) qui retrace sa vie sexuelle depuis son enfance ou adolescence. Quelle vie sexuelle, mon dieu ! Il se livre sans tabou. De la découverte de l’onanisme à la partouze (mais qu’est-ce qu’il lui reste donc à découvrir pour les prochains volumes ?), tout y passe, y compris le candaulisme, l’amour libre, l’échangisme, l’expérience homosexuelle….
Mais ce premier opus est aussi drôle (ah ! le sympathique satyre bien membré est assez réussi !) et Jean-Louis Tripp nous livre des dessins exagérés de pénis et autres organes, qui ne donnent pas à cet album une connotation pornographique (on est assez loin du genre bd dite pour adultes), mais au contraire apporte un côté assez pédagogique sur les questions sexuelles.
Comme beaucoup, j’avais découvert Jean-Louis Tripp avec la série « Magasin général », qui rétrospectivement, avec le personnage Marie, brise aussi les tabous de l’époque. Je trouve évidemment que son dessin est très proche de celui de cette série, à tel point que je me demande quel était l’apport de Loisel comme dessinateur.
La narration est fluide, même si parfois elle ne suit pas toujours la chronologie, et le fait de passer de la description narrative à la confession (avec le passage au « je » au bout de quelques pages) donne un côté encore plus fort au récit.
C’est certainement l’album de la rentrée.
Virevoltant, étonnant, amusant, touchant, séduisant, généreux, audacieux, talentueux, original. Je ne sais quel superlatif utiliser pour qualifier cet album tant tous ceux qui précèdent peuvent lui convenir sans totalement le cerner.
Différent ?
Oui, clairement ! Car les auteures partent d’un thème que l’on imaginerait bien plus vite traité à la manière d’un roman graphique réaliste avec des larmes, des vérités, des phylactères grands comme le monde et remplis des réflexions des acteurs, des petites notes scientifiques… mais le traitent à la manière d’un film muet de la belle époque, burlesque, sur-joué bien comme il faut, tendre et drôle à la fois.
Et ça marche incroyablement bien ! Pourquoi ? Tout d’abord pour une question de rythme. Comme je disais, cet album est virevoltant et le dessin de Julie Rocheleau explose de dynamisme et d’émotion. Ce trait, graphique et séduisant, envoûte le regard du lecteur. A titre personnel, j’ai été happé, hypnotisé, fasciné.
Mais cette fascination n’aurait été que temporaire si le récit en lui-même n’avait tenu la route. Et là encore le découpage est excellent. L’exercice délicat de la narration muette est parfaitement maîtrisé. Le message passe, les sentiments se partagent, les scènes burlesques gardent une rare élégance.
Oui, mais le fond ? Me direz-vous. Ce récit nous parle du cancer du sein et de son impact sur l’image de la femme. Comment il est ressenti, accepté dans notre société, tellement basée sur le paraître. Un sujet sérieux s’il en est. Et très bien traité dans cette comédie burlesque, en fait. Cette approche différente, inattendue, dédramatise le sujet mais force le lecteur à réfléchir sur son propre regard, sa propre vision de la féminité et son acceptation de la différence.
Donc voilà ! Cet album n’a l’air de rien, là, comme ça, et le lecteur distrait pourrait même croire qu’il s’agit d’une biographie imaginaire de Betty Boop. Il passerait alors à côté d’une petite perle burlesque et touchante, intelligente et vive, drôle et belle.
Bon ! J’arrête là avec mes superlatifs. Lisez-le et puis c’est tout. On en reparlera après si vous voulez.
Et revoilà Lapinot.
Trondheim fait dans la continuité, avec un album cartonné couleur au format classique (nouveauté pour la maison d'édition "L'Association").
J'ai beaucoup aimé cet album, qui, comme les autres Lapinot, contient son lot de petites réflexions sur la vie.
Concernant l'intrigue, je la trouve plutôt davantage travaillée que dans les albums précédents. De plus, Trondheim fait passer quelques messages politiques, sur le journalisme, les réseaux sociaux, dont il ne me semblait pas être coutumier dans les albums précédents.
Côté dessin, on retrouve le trait de Trondheim, avec des décors plus détaillés qu'avant.
Bref, du tout bon.
Maintenant que cette série est finie et que les cinq tomes sont relus, je peux le dire : c'est probablement la meilleure BD que j'ai lue cette année. Et c'est pas peu de le dire.
Nom de nom, ça fait longtemps que j'avais pas lu une BD comme celle-là ! Et c'est pas rien de le dire. Je m'attendais à une série vaguement érotique/pornographique dans un univers BDSM, j'en ai pris plein les mirettes. Dans le genre couverture racoleuse pour intérieur encore meilleur, on fait pas mieux !
Déjà, c'est un récit érotique, certes, mais largement plus versé dans l'histoire que dans des scènes de nu (qui sont quand même bien fréquentes, rassurez-vous petit(e)s libidineu(se)s). D'ailleurs on est bel et bien sur de l'érotisme, tout le reste n'est que suggéré, mais avec de l'imagination, on va sans doute plus loin que ce que l'auteur aurait voulu en faire.
L'auteur m'aura surpris sur à peu près tout : le dessin, qui varie pas mal selon les scènes et donne de très belles planches ou des strips efficaces, le tout très coloré, agréable à l’œil; mais également des explications très intéressantes sur le BDSM, pratique que je connaissais à peine et mal. Le tout est cadré dans un scénario aux relations humaines très bien développées, aux retournements bienvenus, et aux personnages extrêmement bien campés. Et, en prime, un humour qui m'aura fait couler plusieurs larmes, tant je me suis étranglé de rire sur certaines situations.
Bref, tout est là pour notre plaisir, et j'en suis ravi. J'ai adoré les incartades de l'auteur dans l'ensemble de la BD, qui utilise plusieurs fois tout le potentiel d'une BD en pagination, en utilisation (parfois géniale) des bulles, des encarts de textes et des strips au milieu du reste. Les albums sont enrichis également de petites notes sur la genèse de la BD, aussi intéressantes que le reste. On en ressort avec un sentiment de chaleur humaine très bienvenu, et ça ne laisse pas indifférent. Pas que sur le plan érotique, s'entend.
Ce qui me fait tellement apprécier cette BD, outre que c'est exactement le genre de romance que j'affectionne tout particulièrement, c'est que l'auteur arrive à nous développer quelques chose de pointu et de très intéressant sur le BDSM. Le développement est très fin sur les relations humaines, ce qui fait un être humain, nos envies et nos fantasmes, tout en exposant une vision de la vie parfois à l'encontre de la morale bienpensante. Le BDSM est une pratique un peu marginale et pas très bien considérée, mais cela peut concerner n'importe quel genre d'activités que vous affectionnez. Du jeu de rôle à la collection de BD, n'importe quelle personne peut se retrouver dans cette idée de plaisir qui ne colle pas aux normes. Et c'est là la force de ce propos, qui dépasse la simple idée d'une sexualité pour déborder sur une réflexion humaine.
Bien sûr, je suis conscient de certains défauts de la BD : abondance de personnages féminins aux proportions généreuses (c'est le genre qui veut ça, on va dire ...), tendance à un "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", des rencontres qui se transforment en amitiés en deux jours ... Oui, le scénario se laisse aller plusieurs fois à des facilités qui auraient pu être évitables, mais je ne boude pas mon plaisir pour autant. L'auteur se paye même le luxe de détourner certaines de ces facilités dans le récit, en les transformant en gags.
Les quatre premiers tomes m'avaient pris aux tripes, mais le cinquième m'a laissé rêveur. Déjà par l'idée d'une suite, mais aussi par l'approfondissement qu'il confère aux personnages. C'est finalement une romance, une simple romance, traitée sous un jour pas très courant. Et ça fait plaisir à voir.
Alors pourquoi cinq étoiles ? Parce que finalement... tout me plait : le dessin, les personnages, l'histoire, l'humour, le propos, la morale, même l'histoire de la création de cette BD est une belle histoire ! J'ai versé des larmes (de rire et parce que je reste un grand sensible) et j'ai gardé pendant un long moment un grand sourire sur ma face après cette lecture. J'en fais peut-être trop, sans doute d'ailleurs, mais en terme de coup de cœur, je crois qu'on est sur celui de l'année.
Je ne peux que recommander la lecture, que j'ai appréciée et que j'espère que vous apprécierez tout autant. C'est toujours pareil : quand je trouve une histoire d'amour bien faite ... je tombe amoureux !
Cela fait des années que je voulais lire ce manga qui mérite d'être mieux connu. Je suis très déçu de voir qu'il n'y a pas eu de nouveau avis depuis 2009 par exemple...
On suit donc Ke-ri qui est un grand stratège et qui va tout faire pour défendre une cité contre une armée. Ce sont les bases des 4 premiers tomes de ce manga qui forme un cycle et je fais parti de ceux qui trouvent que ce sont les meilleurs albums de la série. C'est simple, cela faisait longtemps qu'une oeuvre de fiction m'avait autant emballé.
J'ai adoré l'ambiance un peu huis clos qui se dégageait de la cité. Il y a une galerie de personnages intéressant et attachants. J'ai adoré le fait que les ennemis aient de vrais personnalités et qui soient plus que des gros méchants qui font des trucs de méchants parce qu'ils sont méchants. Il y a du vrai suspense et tout le long de ses quatre albums j'ai senti la tension monté de plus en plus. J'étais tellement passionné par ma lecture que j'ai lu ses 4 tomes d'un trait sans problème.
Pour moi, cela vaut clairement 5/5, mais malheureusement la suite est moins bonne. En faite, cela reste un très bon manga au-dessus du lot même si c'est les premiers chapitres sont moyens (quoique la raison pourquoi ils m'ont parus moyens vient peut-être du fait que j'ai du apprends à m'habituer à un changement d'atmosphère et au fait que j'ai du quitter des personnages formidable). C'est juste que les 4 premiers tomes sont tellement excellent que la suite est décevante si elle est 'juste' très bonnes. Le dernier tome peut paraître un peu bâclé, mais cela ne m'a pas dérangé que les auteurs fassent des éclipses parce que je pense qu'ils avaient tout dit sur le sujet de la guerre.
Un manga intelligent avec un très bon dessin réaliste. Et en réfléchissant bien je mets la note maximal même si la grande partie du manga vaut 4/5. Ses premiers tomes sont trop excellent pour que je ne mettes pas la note maximal !
Comment à travers un clavier faire partager au plus grand nombre une passion, une découverte majeure sur un sujet, la BD, que tous connaissent.
Faut il écrire trois ou quatre avis de suite, inonder les forums adjacents de propos dithyrambiques? Et puis ce posteur on le connait ce n'est pas son style ou son genre habituel, lui c'est plutôt SF et Fantasy. Comment faire pour être cru ?
Mais bon allons au fait " Le chenal" est une BD envoûtante au sens premier du terme, à savoir qu'elle vous prend et ne vous lâche plus, je sais que cela ne se fait pas mais je suis en complet désaccord avec Erik quand il parle de narration pesante; chacun étant cependant libre de penser ce qu'il veut je passe donc mais l'invite et vous par la même occasion à lire avec attention le contenu de ces bulles. Car au fait de quoi s’agit il ?
Alors qu'un vieux marin se meurt d'un cancer un tout jeune garçon sait lui que ce n'est pas le principal car dans le même temps une bête a remonté le chenal de la Charente. Hop là qui dit cancer dit récit plombant plein de pathos ou que sais je ? Rien de cela nous sommes ici à la limite du conte entendu à la veillée et du roman graphique
L'auteur Thierry Boulanger connait son sujet et le lieu ou se passe son récit. Le pertuis d'Antioche. Même pour un breton qui a du mal a passer au sud de la Loire ce nom d'un phare situé à la pointe nord de l'île d'Oléron possède une puissance d'évocation évidente. Antioche, ville de croisade (1098) nom entendu dans l'adolescence et qui faisait rêver, synonyme de voyage exotiques donc paré de toutes les vertus de l'aventure et du dépaysement.
Ce qui m'amène d'évidence à évoquer le dessin de cet auteur. Alors un mot un seul Wouaw!!, la claque les gars et filles, forcément vu le sujet des ambiances maritimes à tomber, des pontons, des bateaux, des vasières, ceux qui connaissent la région apprécieront, les autres découvrirons un lieu assez magique. Un bestiaire fantastique mais ô combien crédible, des visages de marins burinés, les détails mais les détails! non c'est véritablement l'ensemble dont se dégage une impression, un sentiment diffus de mystère, de poésie.
Et puis le texte, il est rare en BD de lire quelque chose d'aussi bien écrit, oui il faut prendre son temps car au travers de ce texte c'est toute une chronique de la vie rude et difficile de ces mareyeurs charentais vivant presque à l'écart du monde.
Que dire de plus, les mots sont surfait, coup de cœur forcément, j'attends avec impatience vos retours.
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L'Ombre de l'aigle
Mon coup de cœur de l’année ! De tous les récits traitant des batailles de Napoléon, celui-ci est pour ma part le plus surprenant car il relate une action que l’empereur lui-même n’aurait jamais pu imaginer. En effet, l'auteur espagnol s’attache à nous faire découvrir un fait historique méconnu : la tentative d’évasion d’un régiment ibérique en entier au nez et à la barbe de l’empereur. La construction narrative est exemplaire. Seul un natif, à mon sens, pouvait donner une telle intensité à ce récit où toute l’inimitié des Espagnols envers le nain corse sue à grosses gouttes. Cette BD est aussi un formidable témoignage sur le déroulement des batailles napoléoniennes vu de l’intérieur (et pas des élites). La marche sur Moscou en 1812 a beau être triomphale, il plane sur la retraite des troupes françaises comme un parfum de défaite. Cette BD éveille donc les sens et donne la pleine mesure de toute la démesure des desseins expansionnistes de Napoléon. Un must have.
Sales mioches !
Voici une série très sympathique que j'ai trouvée dans la partie jeunesse de ma médiathèque, mais qui peut plaire à un adulte, la preuve. Je l'ai trouvée très rafraîchissante et très agréable à lire, bien élaborée dans son environnement, par ses personnages typés et son décor lyonnais des années 60 avant la disparition des terrains vagues. Né à Lyon, Berlion a eu plus de facilités pour reproduire le décor des quartiers de sa ville natale, et dans l'approche des mentalités et de son folklore populaire. Ses 4 gones constituant la petite bande de chapardeurs et de galopins sont très attachants et forment une intéressante association avec le vieux brocanteur surnommé L'Elégant, philosophe et généreux, qui est aussi un peu receleur et qui achète le produit de leurs rapines. Pour une fois, Corbeyran ne dérape pas et tisse des histoires bien troussées, palpitantes et originales, toujours liées à quelques sombres affaires lyonnaises, où ses gosses des rues sont confrontés à des individus bien plus dangereux qu'eux. La narration est le plus souvent rapide et bien rythmée, j'aime ce style et j'aime ce côté nostalgique plein de tendresse donné à la série, sur un mode de vie et de fonctionnement révolus. On peut voir "Sales mioches" comme la version urbaine de la précédente série du duo d'auteurs, Le Cadet des Soupetard qui elle, se déroulait en milieu rural, mais je trouve "Sales mioches" plus réussie par son approche plus humaine, et mieux pensée, Corbeyran ayant su trouver des détails plus typés et une ambiance pleins de générosité, notamment les traboules (un truc typique de la ville) et le parler populaire lyonnais. Berlion dessine de belle façon sa ville de Lyon, avec justement ses traboules, et ses personnages ; je préfère nettement ce type de graphisme à celui qu'il adoptera plus tard sur Tony Corso et d'autres Bd que j'ai lues de lui comme Garrigue, où son dessin est plus approximatif, moins appliqué, c'est une chose qui m'étonnera toujours chez certains dessinateurs, un peu comme une régression, alors qu'en principe, lorsqu'un dessinateur débute, son dessin est plus fébrile et il s'améliore en suivant pour atteindre parfois des sommets, il suffit de voir Marini, Delaby ou même des anciens comme Franquin et Uderzo... Je n'ai lu que les 5 albums dessinés par Berlion, je ne pense pas lire les autres, mais c'est une bonne série divertissante à fond social.
Kingdom Come
Je ne suis pas un gros fan de DC, mais je n'ai pas eu besoin de grand chose pour comprendre (même si certains détails n'ont trouvé leurs réponses que lorsque j'ai compris quels étaient les super-heros en action). Emprunté à la médiathèque locale, j'ai laissé trainé... Erreur ! Le dessin est fantastique, chaque case est travaillée. Le scénario est bien ficelé et comment dire.... fin. Voilà, fin c'est le mot. La narration 3eme personne "mais pas trop" permet de se place en observateur d'une histoire qui mèle comme souvent le paradoxe entre "ce qu'il faudrait faire, ce que je fais". J'ai personnellement plus pris mon pied sur cette histoire que sur Watchmen - un commentaire en parle - ce qui en fait une oeuvre majeure pour DC; et pour ma bibliothèque, très bientot.
La Règle du jeu
Que dire encore sur ces reprises par Mosquito sur ces histoires de Serpieri que je n'ai pas dit dans mes autres avis sur les précédents albums ? Des histoires qui ne peuvent évidemment que me ravir, étant passionné de western et par le monde indien. Tout comme Serpieri et Derib qui restent des auteurs ayant consacré leurs Bd à ces peuples ; on sent que Serpieri les aime. 2 récits seulement ici, donc plus étoffés, parus en Italie dans Lancio Story en 1978 et 80, mais que j'ai déjà lus car ils figurent dans d'autres albums publiés chez d'autres éditeurs. Le premier titré "Porter le coup" s'attache à une coutume indienne qui symbolise la bravoure d'un guerrier ; c'était très important un premier coup sur un ennemi, ça valorisait un jeune guerrier auprès de ses aînés, et ça se traduisait souvent selon les tribus par le langage des plumes. Ce récit est une histoire de vengeance au dénouement tragique entre tuniques bleues et Cheyennes, j'ai adoré. Le second qui donne son titre à l'album, est une histoire sur le Pony Express, avec une ironie du sort implacable et une chute qui vous cloue au sol. J'ai lu ce récit ailleurs il n'y a pas très longtemps, ça m'a énormément marqué par sa fin. Je reste émerveillé comme toujours par le visuel, le dessin de Serpieri est d'une force incroyable avec son crayonné magique à l'encrage épais, qui compose des images chargées et foisonnantes où il excelle dans les gros plans de visages burinés. Comme chez Derib, on sent une vraie passion pour le monde indien chez Serpieri, bref, c'est vraiment splendide !
Extases
« Extases » c’est d’abord l’album de la liberté, de la liberté sexuelle telle que l’a vécue Jean-Louis Tripp à l’heure où le SIDA ne sévissait pas. Mais c’est aussi celui de l’amour joyeux, fou voire gai (sans jeux de mots, bien que sur certaines pages….vous verrez). Est-ce du courage, de la folie ou un défi, en tout cas, Jean-Louis Tripp se met littéralement à nu dans cette nouvelle série (qui comprendra 3 ou 4 albums) qui retrace sa vie sexuelle depuis son enfance ou adolescence. Quelle vie sexuelle, mon dieu ! Il se livre sans tabou. De la découverte de l’onanisme à la partouze (mais qu’est-ce qu’il lui reste donc à découvrir pour les prochains volumes ?), tout y passe, y compris le candaulisme, l’amour libre, l’échangisme, l’expérience homosexuelle…. Mais ce premier opus est aussi drôle (ah ! le sympathique satyre bien membré est assez réussi !) et Jean-Louis Tripp nous livre des dessins exagérés de pénis et autres organes, qui ne donnent pas à cet album une connotation pornographique (on est assez loin du genre bd dite pour adultes), mais au contraire apporte un côté assez pédagogique sur les questions sexuelles. Comme beaucoup, j’avais découvert Jean-Louis Tripp avec la série « Magasin général », qui rétrospectivement, avec le personnage Marie, brise aussi les tabous de l’époque. Je trouve évidemment que son dessin est très proche de celui de cette série, à tel point que je me demande quel était l’apport de Loisel comme dessinateur. La narration est fluide, même si parfois elle ne suit pas toujours la chronologie, et le fait de passer de la description narrative à la confession (avec le passage au « je » au bout de quelques pages) donne un côté encore plus fort au récit. C’est certainement l’album de la rentrée.
Betty Boob
Virevoltant, étonnant, amusant, touchant, séduisant, généreux, audacieux, talentueux, original. Je ne sais quel superlatif utiliser pour qualifier cet album tant tous ceux qui précèdent peuvent lui convenir sans totalement le cerner. Différent ? Oui, clairement ! Car les auteures partent d’un thème que l’on imaginerait bien plus vite traité à la manière d’un roman graphique réaliste avec des larmes, des vérités, des phylactères grands comme le monde et remplis des réflexions des acteurs, des petites notes scientifiques… mais le traitent à la manière d’un film muet de la belle époque, burlesque, sur-joué bien comme il faut, tendre et drôle à la fois. Et ça marche incroyablement bien ! Pourquoi ? Tout d’abord pour une question de rythme. Comme je disais, cet album est virevoltant et le dessin de Julie Rocheleau explose de dynamisme et d’émotion. Ce trait, graphique et séduisant, envoûte le regard du lecteur. A titre personnel, j’ai été happé, hypnotisé, fasciné. Mais cette fascination n’aurait été que temporaire si le récit en lui-même n’avait tenu la route. Et là encore le découpage est excellent. L’exercice délicat de la narration muette est parfaitement maîtrisé. Le message passe, les sentiments se partagent, les scènes burlesques gardent une rare élégance. Oui, mais le fond ? Me direz-vous. Ce récit nous parle du cancer du sein et de son impact sur l’image de la femme. Comment il est ressenti, accepté dans notre société, tellement basée sur le paraître. Un sujet sérieux s’il en est. Et très bien traité dans cette comédie burlesque, en fait. Cette approche différente, inattendue, dédramatise le sujet mais force le lecteur à réfléchir sur son propre regard, sa propre vision de la féminité et son acceptation de la différence. Donc voilà ! Cet album n’a l’air de rien, là, comme ça, et le lecteur distrait pourrait même croire qu’il s’agit d’une biographie imaginaire de Betty Boop. Il passerait alors à côté d’une petite perle burlesque et touchante, intelligente et vive, drôle et belle. Bon ! J’arrête là avec mes superlatifs. Lisez-le et puis c’est tout. On en reparlera après si vous voulez.
Les Nouvelles Aventures de Lapinot
Et revoilà Lapinot. Trondheim fait dans la continuité, avec un album cartonné couleur au format classique (nouveauté pour la maison d'édition "L'Association"). J'ai beaucoup aimé cet album, qui, comme les autres Lapinot, contient son lot de petites réflexions sur la vie. Concernant l'intrigue, je la trouve plutôt davantage travaillée que dans les albums précédents. De plus, Trondheim fait passer quelques messages politiques, sur le journalisme, les réseaux sociaux, dont il ne me semblait pas être coutumier dans les albums précédents. Côté dessin, on retrouve le trait de Trondheim, avec des décors plus détaillés qu'avant. Bref, du tout bon.
Sunstone
Maintenant que cette série est finie et que les cinq tomes sont relus, je peux le dire : c'est probablement la meilleure BD que j'ai lue cette année. Et c'est pas peu de le dire. Nom de nom, ça fait longtemps que j'avais pas lu une BD comme celle-là ! Et c'est pas rien de le dire. Je m'attendais à une série vaguement érotique/pornographique dans un univers BDSM, j'en ai pris plein les mirettes. Dans le genre couverture racoleuse pour intérieur encore meilleur, on fait pas mieux ! Déjà, c'est un récit érotique, certes, mais largement plus versé dans l'histoire que dans des scènes de nu (qui sont quand même bien fréquentes, rassurez-vous petit(e)s libidineu(se)s). D'ailleurs on est bel et bien sur de l'érotisme, tout le reste n'est que suggéré, mais avec de l'imagination, on va sans doute plus loin que ce que l'auteur aurait voulu en faire. L'auteur m'aura surpris sur à peu près tout : le dessin, qui varie pas mal selon les scènes et donne de très belles planches ou des strips efficaces, le tout très coloré, agréable à l’œil; mais également des explications très intéressantes sur le BDSM, pratique que je connaissais à peine et mal. Le tout est cadré dans un scénario aux relations humaines très bien développées, aux retournements bienvenus, et aux personnages extrêmement bien campés. Et, en prime, un humour qui m'aura fait couler plusieurs larmes, tant je me suis étranglé de rire sur certaines situations. Bref, tout est là pour notre plaisir, et j'en suis ravi. J'ai adoré les incartades de l'auteur dans l'ensemble de la BD, qui utilise plusieurs fois tout le potentiel d'une BD en pagination, en utilisation (parfois géniale) des bulles, des encarts de textes et des strips au milieu du reste. Les albums sont enrichis également de petites notes sur la genèse de la BD, aussi intéressantes que le reste. On en ressort avec un sentiment de chaleur humaine très bienvenu, et ça ne laisse pas indifférent. Pas que sur le plan érotique, s'entend. Ce qui me fait tellement apprécier cette BD, outre que c'est exactement le genre de romance que j'affectionne tout particulièrement, c'est que l'auteur arrive à nous développer quelques chose de pointu et de très intéressant sur le BDSM. Le développement est très fin sur les relations humaines, ce qui fait un être humain, nos envies et nos fantasmes, tout en exposant une vision de la vie parfois à l'encontre de la morale bienpensante. Le BDSM est une pratique un peu marginale et pas très bien considérée, mais cela peut concerner n'importe quel genre d'activités que vous affectionnez. Du jeu de rôle à la collection de BD, n'importe quelle personne peut se retrouver dans cette idée de plaisir qui ne colle pas aux normes. Et c'est là la force de ce propos, qui dépasse la simple idée d'une sexualité pour déborder sur une réflexion humaine. Bien sûr, je suis conscient de certains défauts de la BD : abondance de personnages féminins aux proportions généreuses (c'est le genre qui veut ça, on va dire ...), tendance à un "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", des rencontres qui se transforment en amitiés en deux jours ... Oui, le scénario se laisse aller plusieurs fois à des facilités qui auraient pu être évitables, mais je ne boude pas mon plaisir pour autant. L'auteur se paye même le luxe de détourner certaines de ces facilités dans le récit, en les transformant en gags. Les quatre premiers tomes m'avaient pris aux tripes, mais le cinquième m'a laissé rêveur. Déjà par l'idée d'une suite, mais aussi par l'approfondissement qu'il confère aux personnages. C'est finalement une romance, une simple romance, traitée sous un jour pas très courant. Et ça fait plaisir à voir. Alors pourquoi cinq étoiles ? Parce que finalement... tout me plait : le dessin, les personnages, l'histoire, l'humour, le propos, la morale, même l'histoire de la création de cette BD est une belle histoire ! J'ai versé des larmes (de rire et parce que je reste un grand sensible) et j'ai gardé pendant un long moment un grand sourire sur ma face après cette lecture. J'en fais peut-être trop, sans doute d'ailleurs, mais en terme de coup de cœur, je crois qu'on est sur celui de l'année. Je ne peux que recommander la lecture, que j'ai appréciée et que j'espère que vous apprécierez tout autant. C'est toujours pareil : quand je trouve une histoire d'amour bien faite ... je tombe amoureux !
Bokko (Stratège)
Cela fait des années que je voulais lire ce manga qui mérite d'être mieux connu. Je suis très déçu de voir qu'il n'y a pas eu de nouveau avis depuis 2009 par exemple... On suit donc Ke-ri qui est un grand stratège et qui va tout faire pour défendre une cité contre une armée. Ce sont les bases des 4 premiers tomes de ce manga qui forme un cycle et je fais parti de ceux qui trouvent que ce sont les meilleurs albums de la série. C'est simple, cela faisait longtemps qu'une oeuvre de fiction m'avait autant emballé. J'ai adoré l'ambiance un peu huis clos qui se dégageait de la cité. Il y a une galerie de personnages intéressant et attachants. J'ai adoré le fait que les ennemis aient de vrais personnalités et qui soient plus que des gros méchants qui font des trucs de méchants parce qu'ils sont méchants. Il y a du vrai suspense et tout le long de ses quatre albums j'ai senti la tension monté de plus en plus. J'étais tellement passionné par ma lecture que j'ai lu ses 4 tomes d'un trait sans problème. Pour moi, cela vaut clairement 5/5, mais malheureusement la suite est moins bonne. En faite, cela reste un très bon manga au-dessus du lot même si c'est les premiers chapitres sont moyens (quoique la raison pourquoi ils m'ont parus moyens vient peut-être du fait que j'ai du apprends à m'habituer à un changement d'atmosphère et au fait que j'ai du quitter des personnages formidable). C'est juste que les 4 premiers tomes sont tellement excellent que la suite est décevante si elle est 'juste' très bonnes. Le dernier tome peut paraître un peu bâclé, mais cela ne m'a pas dérangé que les auteurs fassent des éclipses parce que je pense qu'ils avaient tout dit sur le sujet de la guerre. Un manga intelligent avec un très bon dessin réaliste. Et en réfléchissant bien je mets la note maximal même si la grande partie du manga vaut 4/5. Ses premiers tomes sont trop excellent pour que je ne mettes pas la note maximal !
Le Chenal
Comment à travers un clavier faire partager au plus grand nombre une passion, une découverte majeure sur un sujet, la BD, que tous connaissent. Faut il écrire trois ou quatre avis de suite, inonder les forums adjacents de propos dithyrambiques? Et puis ce posteur on le connait ce n'est pas son style ou son genre habituel, lui c'est plutôt SF et Fantasy. Comment faire pour être cru ? Mais bon allons au fait " Le chenal" est une BD envoûtante au sens premier du terme, à savoir qu'elle vous prend et ne vous lâche plus, je sais que cela ne se fait pas mais je suis en complet désaccord avec Erik quand il parle de narration pesante; chacun étant cependant libre de penser ce qu'il veut je passe donc mais l'invite et vous par la même occasion à lire avec attention le contenu de ces bulles. Car au fait de quoi s’agit il ? Alors qu'un vieux marin se meurt d'un cancer un tout jeune garçon sait lui que ce n'est pas le principal car dans le même temps une bête a remonté le chenal de la Charente. Hop là qui dit cancer dit récit plombant plein de pathos ou que sais je ? Rien de cela nous sommes ici à la limite du conte entendu à la veillée et du roman graphique L'auteur Thierry Boulanger connait son sujet et le lieu ou se passe son récit. Le pertuis d'Antioche. Même pour un breton qui a du mal a passer au sud de la Loire ce nom d'un phare situé à la pointe nord de l'île d'Oléron possède une puissance d'évocation évidente. Antioche, ville de croisade (1098) nom entendu dans l'adolescence et qui faisait rêver, synonyme de voyage exotiques donc paré de toutes les vertus de l'aventure et du dépaysement. Ce qui m'amène d'évidence à évoquer le dessin de cet auteur. Alors un mot un seul Wouaw!!, la claque les gars et filles, forcément vu le sujet des ambiances maritimes à tomber, des pontons, des bateaux, des vasières, ceux qui connaissent la région apprécieront, les autres découvrirons un lieu assez magique. Un bestiaire fantastique mais ô combien crédible, des visages de marins burinés, les détails mais les détails! non c'est véritablement l'ensemble dont se dégage une impression, un sentiment diffus de mystère, de poésie. Et puis le texte, il est rare en BD de lire quelque chose d'aussi bien écrit, oui il faut prendre son temps car au travers de ce texte c'est toute une chronique de la vie rude et difficile de ces mareyeurs charentais vivant presque à l'écart du monde. Que dire de plus, les mots sont surfait, coup de cœur forcément, j'attends avec impatience vos retours.