J’ai beaucoup aimé cette BD qui nous plonge bien dans l’ambiance médiévale. Outre l’utilisation d’une langue française qui semble d’époque, cette BD reflète bien les mœurs du moment où la force régnait en maître. On se plaint parfois de la justice et de la violence actuelles mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passait au Moyen-Âge.
Jean-Charles Kraehn nous raconte une histoire dure mais très plausible. Cependant, il n’est pas étonnant que cela ait été un échec commercial car la violence des situations et les scènes sexuelles ne permettent pas de mettre ces albums dans toutes les mains alors que les amateurs d’érotisme se tourneront vraisemblablement vers des histoires moins réalistes et plus explicites.
Ce travail d’une très grande qualité n’a donc pas pu être un succès faute d’un public suffisant. Dommage car on aurait aimé connaître la suite des aventures du chevalier Foulques, de Petitus, de dame Aurimonde et du jeune Angebault dont les destins semblent prendre des chemins si différents que l’on se demande comment l’auteur aurait fait pour qu’ils convergent à nouveau.
Je mets 4/5 et non la note maximale parce que la série est abandonnée.
Je suis conquis par cette BD, et je lui discerne un coup de cœur sans la moindre hésitation. Et dire que je me tâtais à lire cette BD, refroidis par cette couverture annonçant un énieme carnet de voyage de la part d'un auteur type "jeune paumé" en route vers un endroit qu'il ne connait pas.
Quelle image faussé n'avais-je alors pas ! Si la couverture ne laisse rien présager de l'ensemble, nous avons le droit à un récit documentaire de qualité et servi avec un certain brio !
Autant le dire, il faut s'accrocher un peu pour rentrer dans cette histoire et arriver à suivre l'auteur, qui a une petite tendance à l'épanchement verbeux, mais également avec le dessin et la construction des pages. Mais une fois passé quelques pages, on rentre dans le style et l'histoire. Attention cependant, ça reste une BD qu'il faut prendre le temps de lire. Prévoyez de la disponibilité cérébrale, il y a de quoi faire !
Ce qui m'a captivé, c'est à la fois le ton de l'auteur, à mi-chemin entre l'humour de son personnage et le documentaire précis de ce qu'il a vu. C'est particulièrement prenant car on se sent transporté avec lui dans ces péripéties en territoire kurde. Le dessin aide particulièrement, avec un dynamisme et une lisibilité parfaite. Tout est très reconnaissable, avec plusieurs petites touches d'humour dans les personnages.
Mais ce ton rendu léger reste très grave. Là-bas, c'est la guerre, et c'est pas rigolo. Zerocalcare arrive à nous faire passer tout la gravité de ce qui se trame dans cette région du monde. Il y a plusieurs moments poignants voir même émouvants, bien que l'auteur ne se prenne jamais toute l'horreur d'une guerre en face. Cependant il fait comprendre ce qui se joue, ce qui se passe et également ce qu'il ressent.
Là où l'auteur m'a réellement convaincu, c'est que souvent ce genre de documentaire se limite à ce que le dessinateur à vécu dans le pays, ou alors tente maladroitement de faire un petit topo sur la situation. Ici, Zerocalcare arrive à faire à la fois un carnet de voyage, mais également un état des lieux bien complet. Les interviews sont très diverses et rendent assez bien compte de toute la complexité des choses, idées renforcée par ce que dit l'auteur (notamment les fois où il précise que ce qu'il a vu n'est pas la réalité objective de tout ce qui existe). Plusieurs fois il prend le temps d'expliquer les points de détails ou de rajouter des précisions importantes. Le nombre de pages et l'abondance de textes permettent de bien développer les différents points. Et de nous sortir des phrases bien senties.
J'ai bien senti à travers la BD la charge que l'auteur a contre la Turquie d'Erdogan (et comme il le souligne à la fin, les Turques ne sont pas leur gouvernement), tout autant que toute la réserve qu'il a envers les Kurdes malgré l'accumulation de points en leur faveur. On pourrait y voir un développement très (trop) favorables à ces derniers, mais je dois reconnaitre que dans toute la complexité de cette situation géopolitique, ils représentent une bonne partie des valeurs morales qu'on voudrait défendre.
Cette BD est vraiment le genre de documentaire que j'aime lire. Déjà parce qu'elle est extrêmement instructive, mais également parce qu'elle met en lumière beaucoup de ce qui se passe dans notre monde actuel. Et qu'elle ne nous épargne pas, nous autres européens qui regardons le moyen-orient de loin. Il y a des cases (voir des pages) qui prennent à la gorge lorsqu'on se rend compte de ce qu'il se passe. Et se rappeler que c'est la guerre, et ce que c'est que la guerre, c'est parfois une bonne chose. On rigole un peu en lisant cette BD, et pour une fois je trouve ça salutaire. Parce que cette BD est très dure, mais très bien faite. Un gros coup de cœur pour cette découverte qui a vraiment toutes les qualités.
Après la lecture des 18 tomes de la série.
Autant le dire tout de suite, 100 Bullets est une grande réussite. J’ai rarement vu un scénario de polar aussi ambitieux et bien construit. Risso prend son temps pour amener ses nombreux personnages (très réussis pour la plupart) et surtout développer très, très progressivement une intrigue extrêmement dense et complexe, qui pourtant accroche le lecteur dès les premières pages pour ne plus le lâcher. Suspense, révélations, rebondissements, tout est habilement dosé et l’on avale avec délectation tous les volumes jusqu’au feu d’artifice final.
Graphiquement, pas grand-chose à redire : c’est parfaitement illustré. L’ambiance sombre et paranoïaque est très justement rendue par un trait percutant et dynamique.
Série culte alors ? Malgré la grande qualité de la saga, certains défauts ont quand même sensiblement atténués mon plaisir. En vrac : la redondance de certaines situations, un manque d’explications sur certaines intrigues secondaires, une colorisation un peu criarde et surtout le côté quasiment invincible, pour ne pas dire surnaturel, des Minutemen.
100 Bullets est une série brillante.
A découvrir absolument !
Afin de ne pas s'épancher inutilement sur une œuvre que beaucoup connaissent pour l'avoir lue, aimée ou même détestée, je ne vais donc ici parler que des tomes d'origine de Edgar P. Jacobs, les autres tomes m'ayant tout au plus diverti mais pour la plupart saoulé par intérêt absent.
Car ce qui fait effectivement le charme de ces aventures, c'est ce côté kitsch mais divertissant, ces dialogues pompeux mais nécessaires et des histoires au charme incroyable tant d'années après leur première publication.
Mon premier Blake, je m'en souviens encore comme si c'était hier... SOS Météores m'avait été offert alors que je ne voulais rien savoir de cette série Sous-Tintin alors que j'étais ado et bien plus attiré par Batman ou l'héroic fantasy de Loisel.
Passé un petit temps d'adaptation, le bouquin fut dévoré avec l'envie irrésistible de tout lire depuis l'Espadon et la sensation d'être passé toutes ces années à côté d'un sacré monument.
Car oui, B&M reste encore de nos jours une de ces œuvres impérissables qui se suffit à elle-même avec un univers oscillant du fantastique au policier et vice-versa et soutenu par une ligne claire rigide mais riche de détails et superbe à l'oeil.
Effectivement la gent féminine n'est pas à l'honneur (mais c'est l'époque qui ne permettait pas le mélange des sexes) et Olrik reste invariablement le seul méchant disponible mais malgré tout cela, le charme du Professeur Mortimer et l'inventivité des histoires rendent des bds contemporaines encore bien obsolètes.
A lire et à relire sans déplaisir pour voyager dans le temps, les saisons et les continents.
Marin, un quinquagénaire à l'apparence banale, revient dans son village natal où il n'a plus mis un pied depuis presque 30 ans.
C'est pour lui l'occasion idéale de retrouver ses parents, sa soeur ou la fille pour qui il en pinçait grave lorsqu'il n'était qu'un gamin.
C'est aussi surtout pour lui le moment idéal de leur expliquer en quoi il a réussi sa vie car Marin s'apprête à devenir Madumo, soit le MAître DU MOnde.
Malgré ses dessins rigolos, Fabrice Erre construit à l'instar de son collègue Fabcaro, une drôle de carrière avec un quasi sans fautes et développe un univers propre là où on ne l'attendait pas forcément.
Car si Madumo distille de pleines pages de fou rire surtout dans sa première partie, le récit n'oublie jamais de lever un voile sur la nostalgie, le temps qui passe, les regrets et la possibilité ou non de tirer un trait définitif sur le passé, qu'on le souhaite ou pas. C'est même en cela que le récit se pose sur une frontière aussi mince que fragile que l'auteur balayera d'une façon abrupte et surprenante dans une toute dernière partie qui donnera beaucoup à réfléchir à son lecteur.
Divertissement hors norme avec une bichromie rose et grise des plus agréables, ce petit bouquin à la couverture gaufrée et réussie permet donc de mélanger les genres et de surprendre constamment. Quels sont les différents espions poursuivant Marin comme son ombre et cette organisation cocasse préparant l'avènement du Maître pendant qu'un gugusse banal se promène dans les rues de son village et se souvient qu'avant de devenir l'être le plus redouté, il n'était qu'un gamin des plus ordinaires.
La suite est à découvrir dans ce conte inclassable, drôle et cruel et au final terriblement émouvant. Fabrice Erre se joue des conventions, se moque de lui-même (notamment sur les profs d'histoire, son job d'origine) et livre ni plus ni moins son oeuvre la plus personnelle et également la plus percutante.
Après avoir relu récemment le premier tome et ensuite le tome 2, je m’aperçois à quel point j'adore cette série.
John Ostrander a écrit une série intelligente autour d'un concept simple : une équipe de super-vilains formée par le gouvernement est envoyée pour des missions dangereuses. Le scénariste développe très bien son concept en utilisant des personnages hauts en couleurs dont Amanda Waller qui est vite devenue un de mes personnages de comics préférés tellement j'adore sa personnalité et son ambiguïté. J'adore aussi le fait que bien qu'elle soit intelligente et manipulatrice, elle a aussi des défauts qui font en sorte qu'elle n'a pas toujours raison ce qui l’empêche de devenir un personnage énervant qui est capable de faire tout ce qu'elle veut quand elle veut.
Car évidemment vu que les 'héros' de cette série sont pour la plupart des méchants, on est loin du manichéen de certains comics de super-héros. J'adore surtout lorsque les auteurs parlent de problèmes politiques et géopolitiques en montrant que la vie peut être très complexe. Le point fort de la série est qu'Ostrander met en avant la psychologie des personnages qui ont tous une personnalité bien distincte et définie. Leurs actions et réactions sont très crédibles et j'adore leurs relations entre-eux. Il y a un bon mélange de drame et d'humour aussi.
Les scénarios sont souvent complexes et j'ai du parfois relire certaines scènes pour être certain que j'avais compris, mais je prends tellement de plaisir à lire cette série que cela ne me dérange pas. On fait beaucoup référence à des événements qui se sont passés dans les DC Comics de la fin des années 80-début des années 90, mais cela ne nuit pas à la compréhension des histoires.
Le dessin peut faire vieillot pour les lecteurs modernes, mais moi j'aime bien ce style.
Si on se souvient bien pour peu que cela ait un impact ou intéresse quelqu'un par ici, j'avais rédigé un avis portant sur une note maximale de 5/5 avec coup de coeur.
Il s'agissait vraisemblablement d'un coup de folie et d'un avis sincère sur le premier tome d'une série qui ne demandait alors que de s'épanouir, étant prévue à l'origine en 4 tomes.
Cette relecture un peu trash et vulgaire des mythes de superhéros à la française possédait un "je-ne-sais-quoi" d'irrévérencieux et de délicieusement référentiel des plus réjouissants.
Le tout porté par un scénario malin de Hanna et de jolis dessins du papa de Zorn et Dirna ne pouvait que donner une série des plus ambitieuses.
Oui mais voilà, mon intérêt n'a fait que de décroitre au fur et à mesure des tomes. Hanna a voulu donner de l'épaisseur à son récit en développant toute une panoplie de super héros à la française et en étendant l'histoire de Dead End, super villain sévèrement burné à toute une équipe de justiciers des plus improbables.
Se disperser c'est bien mais l'intérêt s'étiole au fur et à mesure au point de ne plus reconnaître l'intérêt d'origine de cette bonne lecture. Attention, ça reste drôle et parfois même culotté mais à trop vouloir en faire, Hanna a perdu le côté réjouissant du premier tome qui peut néanmoins se lire comme un One-shot sans aucun problème.
Ajoutez à cela une colorisation informatique aux couleurs vives et pas du tout naturelle qui enlaidit le pourtant très chouette travail de Bessaidi et on obtient un ensemble copieux mais finalement indigeste. Espérons donc que les one shot complémentaires à partir du tome 5 vont rattraper l'excellente introduction sans l'alourdir davantage....
C'est vraiment mon coup de cœur lors de mes derniers achats de l'année 2017. Je ne connaissais rien à ces 2 auteurs. Ni Joe Hill, Le King junior, qui a d’ailleurs un style bien à lui, très éloigné de son illustre paternel ). Ni le dessinateur Gabriel Rodriguez. J'ai de toute façon de grosses lacunes en bds américaines ).
J'ai été tout de suite emporté par cette histoire, comme un super film hollywoodien ( pas si éloigné des productions Amblins, ou des livres de Stephen King finalement ). Mais en plus moderne, comme si Spielberg, Stephen King et Neil Gaiman rencontraient Del Toro ou Peter Jackson ... ça fait beaucoup de monde à table ^^ Mais je n'ai put m'empêcher de penser à ces auteurs pendant la lecture de cette série: L'idée des différentes clefs qui ouvrent des espèces de passages secrets physiques ou mentaux, des portes dimensionnelles ou pouvoirs spéciaux. Comme un jeu vidéo.
J'aime également tout particulièrement l'esprit maléfique de la femme dans le puits, qui transfère son esprit dans le corps d'un jeune homme ...
Le scénario est très dense, fouillé et vraiment original. Avec pas mal de ramifications. Comme les séries télés modernes quoi ( mon dieu j'ai vieillis... c'est ça à rester bloqué dans les années 80 et 90 , oui je ne regarde AUCUNES SERIES ).
Il y a donc également un côté jeux de rôle ou jeux vidéo amplifié par les superbes couvertures de comics, comparables à des jeux de rôlistes... Bon peut être pas mais étant étranger à ce milieu c'est dont à quoi cela m'a fait penser.
Et puis les pages du tome 3 ou les créatures noires se mettent à se développer et à poursuivre les héros sont subli-mi-ssimes ! Vraiment époustouflantes.
Bref cette série est pour moi un tour de force car ces 2 auteurs ont réussis à transcender leurs très nombreuses influences, pour en faire quelque chose de vraiment nouveau. Cela doit être le style " Joe Hill" et de Rodriguez aussi.
Un sans faute. Chapeau !
J'ai plutôt intégré le monde du travail au début des années 2000 mais dans les années 90, je donnais déjà des coups de main après l'école, j'utilisais ma machine à écrire comme si j'étais à la pointe de la technologie et je m'imaginais que les cubicles des open space étaient la plus grande invention de tous les temps (jusqu'à ce que j'y passe quelques heures par jour...)
Alors quand Jean Doux découvre par hasard un rebus des années 70-80 (je ne connais pas trop la chronologie, j'ai rarement eu l'occasion de tenir une disquette molle entre mes mains et cela date tellement que j'ai oublié à quel point à l'époque c'était incroyablement innovant...)...
Il en oublie ses obligations professionnelles et se lance dans l'enquête la plus délirante qui soit....et délirant ce sera. Avec un dessin tout en rondeur et une coloration chatoyante, l'auteur nous fait voyager dans le temps et nous ramène à l'époque où nous nous imaginions avoir atteint le sommet. C'est donc un retour chez les has-been (les démodés), avec des collègues un peu minables, des blagues potaches et un bon vieux jambon-beurre...
Ce titre est vraiment un coup de coeur mais je ne suis pas sûre qu'il parle à tous, si l'on n'est pas familier de l'univers, et j'avoue que le prix est un peu rédhibitoire.
Mais personnellement il me fait mourrir de rire, je n'ai pas du tout regretté de m'être embarquée dans cette aventure, les dialogues sont décapants et la question est : qui ne s'est pas fait son délire à un moment ou un autre assis au bureau devant un écran d'ordinateur ou un minitel ?
Dans les années 2000 était alors diffusée une série québécoise hilarante parodiant de façon absurde et grotesque les Soap Operas comme "Les feux de l'amour" et autres "Santa Barbara".
Ce petit bijou portait le doux nom de "Le coeur a ses raisons", un joli titre qui ne veut rien dire du tout tout comme le présent ouvrage de Fabcaro avec cette jolie lapalissade et cette couverture signée B-Gnet (l'auteur de Santiago) avec ce clone de Bernard Tapie jeune, joue contre joue de sa bienaimée.
Bref Fabcaro n'a fait ni plus ni moins que reproduire Le coeur a ses sentiments en poussant le curseur de l'absurde et du ridicule encore un peu plus loin dans cette franche déconnade proche du roman photos avec ses personnages figés et agominés dans des poses proches de la nature morte.
Par contre le talent de Fabcaro n'est ni mort ni tari car il n'a pas son pareil pour raconter de façon improbable cette rencontre amoureuse entre Sandrine, petite bobo oisive et Michel, livreur de macédoine et grand fan de Jean-Pierre François et son "Je te survivrai" à ses heures perdues.
Effectivement le décalage entre les dialogues nonsensiques et les personnages de papier fait des étincelles et provoque des éclats de rire. Autant le style graphique semi réaliste épuré de l'auteur me plaisait moins dans Zai Zai Zai Zai, autant il trouve tout à fait sa place dans cette histoire d'amour contrariée.
Et tout y passe, visite d'un zoo aux animaux démonstratifs, photos volées ou coup de poing sur être de papier, Fabcaro revisite la bêtise humaine et l'art du vide en racontant quelque chose d'hilarant sur des personnages sans intérêt. Chaque chapitre se termine par une scène figée du quotidien où les spectateurs de cette passion navrante y vont de leur petit commentaire. C'est tout simplement à mourir de rire !!!!
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Le Ruistre
J’ai beaucoup aimé cette BD qui nous plonge bien dans l’ambiance médiévale. Outre l’utilisation d’une langue française qui semble d’époque, cette BD reflète bien les mœurs du moment où la force régnait en maître. On se plaint parfois de la justice et de la violence actuelles mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passait au Moyen-Âge. Jean-Charles Kraehn nous raconte une histoire dure mais très plausible. Cependant, il n’est pas étonnant que cela ait été un échec commercial car la violence des situations et les scènes sexuelles ne permettent pas de mettre ces albums dans toutes les mains alors que les amateurs d’érotisme se tourneront vraisemblablement vers des histoires moins réalistes et plus explicites. Ce travail d’une très grande qualité n’a donc pas pu être un succès faute d’un public suffisant. Dommage car on aurait aimé connaître la suite des aventures du chevalier Foulques, de Petitus, de dame Aurimonde et du jeune Angebault dont les destins semblent prendre des chemins si différents que l’on se demande comment l’auteur aurait fait pour qu’ils convergent à nouveau. Je mets 4/5 et non la note maximale parce que la série est abandonnée.
Kobane Calling
Je suis conquis par cette BD, et je lui discerne un coup de cœur sans la moindre hésitation. Et dire que je me tâtais à lire cette BD, refroidis par cette couverture annonçant un énieme carnet de voyage de la part d'un auteur type "jeune paumé" en route vers un endroit qu'il ne connait pas. Quelle image faussé n'avais-je alors pas ! Si la couverture ne laisse rien présager de l'ensemble, nous avons le droit à un récit documentaire de qualité et servi avec un certain brio ! Autant le dire, il faut s'accrocher un peu pour rentrer dans cette histoire et arriver à suivre l'auteur, qui a une petite tendance à l'épanchement verbeux, mais également avec le dessin et la construction des pages. Mais une fois passé quelques pages, on rentre dans le style et l'histoire. Attention cependant, ça reste une BD qu'il faut prendre le temps de lire. Prévoyez de la disponibilité cérébrale, il y a de quoi faire ! Ce qui m'a captivé, c'est à la fois le ton de l'auteur, à mi-chemin entre l'humour de son personnage et le documentaire précis de ce qu'il a vu. C'est particulièrement prenant car on se sent transporté avec lui dans ces péripéties en territoire kurde. Le dessin aide particulièrement, avec un dynamisme et une lisibilité parfaite. Tout est très reconnaissable, avec plusieurs petites touches d'humour dans les personnages. Mais ce ton rendu léger reste très grave. Là-bas, c'est la guerre, et c'est pas rigolo. Zerocalcare arrive à nous faire passer tout la gravité de ce qui se trame dans cette région du monde. Il y a plusieurs moments poignants voir même émouvants, bien que l'auteur ne se prenne jamais toute l'horreur d'une guerre en face. Cependant il fait comprendre ce qui se joue, ce qui se passe et également ce qu'il ressent. Là où l'auteur m'a réellement convaincu, c'est que souvent ce genre de documentaire se limite à ce que le dessinateur à vécu dans le pays, ou alors tente maladroitement de faire un petit topo sur la situation. Ici, Zerocalcare arrive à faire à la fois un carnet de voyage, mais également un état des lieux bien complet. Les interviews sont très diverses et rendent assez bien compte de toute la complexité des choses, idées renforcée par ce que dit l'auteur (notamment les fois où il précise que ce qu'il a vu n'est pas la réalité objective de tout ce qui existe). Plusieurs fois il prend le temps d'expliquer les points de détails ou de rajouter des précisions importantes. Le nombre de pages et l'abondance de textes permettent de bien développer les différents points. Et de nous sortir des phrases bien senties. J'ai bien senti à travers la BD la charge que l'auteur a contre la Turquie d'Erdogan (et comme il le souligne à la fin, les Turques ne sont pas leur gouvernement), tout autant que toute la réserve qu'il a envers les Kurdes malgré l'accumulation de points en leur faveur. On pourrait y voir un développement très (trop) favorables à ces derniers, mais je dois reconnaitre que dans toute la complexité de cette situation géopolitique, ils représentent une bonne partie des valeurs morales qu'on voudrait défendre. Cette BD est vraiment le genre de documentaire que j'aime lire. Déjà parce qu'elle est extrêmement instructive, mais également parce qu'elle met en lumière beaucoup de ce qui se passe dans notre monde actuel. Et qu'elle ne nous épargne pas, nous autres européens qui regardons le moyen-orient de loin. Il y a des cases (voir des pages) qui prennent à la gorge lorsqu'on se rend compte de ce qu'il se passe. Et se rappeler que c'est la guerre, et ce que c'est que la guerre, c'est parfois une bonne chose. On rigole un peu en lisant cette BD, et pour une fois je trouve ça salutaire. Parce que cette BD est très dure, mais très bien faite. Un gros coup de cœur pour cette découverte qui a vraiment toutes les qualités.
100 bullets
Après la lecture des 18 tomes de la série. Autant le dire tout de suite, 100 Bullets est une grande réussite. J’ai rarement vu un scénario de polar aussi ambitieux et bien construit. Risso prend son temps pour amener ses nombreux personnages (très réussis pour la plupart) et surtout développer très, très progressivement une intrigue extrêmement dense et complexe, qui pourtant accroche le lecteur dès les premières pages pour ne plus le lâcher. Suspense, révélations, rebondissements, tout est habilement dosé et l’on avale avec délectation tous les volumes jusqu’au feu d’artifice final. Graphiquement, pas grand-chose à redire : c’est parfaitement illustré. L’ambiance sombre et paranoïaque est très justement rendue par un trait percutant et dynamique. Série culte alors ? Malgré la grande qualité de la saga, certains défauts ont quand même sensiblement atténués mon plaisir. En vrac : la redondance de certaines situations, un manque d’explications sur certaines intrigues secondaires, une colorisation un peu criarde et surtout le côté quasiment invincible, pour ne pas dire surnaturel, des Minutemen. 100 Bullets est une série brillante. A découvrir absolument !
Blake et Mortimer
Afin de ne pas s'épancher inutilement sur une œuvre que beaucoup connaissent pour l'avoir lue, aimée ou même détestée, je ne vais donc ici parler que des tomes d'origine de Edgar P. Jacobs, les autres tomes m'ayant tout au plus diverti mais pour la plupart saoulé par intérêt absent. Car ce qui fait effectivement le charme de ces aventures, c'est ce côté kitsch mais divertissant, ces dialogues pompeux mais nécessaires et des histoires au charme incroyable tant d'années après leur première publication. Mon premier Blake, je m'en souviens encore comme si c'était hier... SOS Météores m'avait été offert alors que je ne voulais rien savoir de cette série Sous-Tintin alors que j'étais ado et bien plus attiré par Batman ou l'héroic fantasy de Loisel. Passé un petit temps d'adaptation, le bouquin fut dévoré avec l'envie irrésistible de tout lire depuis l'Espadon et la sensation d'être passé toutes ces années à côté d'un sacré monument. Car oui, B&M reste encore de nos jours une de ces œuvres impérissables qui se suffit à elle-même avec un univers oscillant du fantastique au policier et vice-versa et soutenu par une ligne claire rigide mais riche de détails et superbe à l'oeil. Effectivement la gent féminine n'est pas à l'honneur (mais c'est l'époque qui ne permettait pas le mélange des sexes) et Olrik reste invariablement le seul méchant disponible mais malgré tout cela, le charme du Professeur Mortimer et l'inventivité des histoires rendent des bds contemporaines encore bien obsolètes. A lire et à relire sans déplaisir pour voyager dans le temps, les saisons et les continents.
Madumo - Premier, seul & unique
Marin, un quinquagénaire à l'apparence banale, revient dans son village natal où il n'a plus mis un pied depuis presque 30 ans. C'est pour lui l'occasion idéale de retrouver ses parents, sa soeur ou la fille pour qui il en pinçait grave lorsqu'il n'était qu'un gamin. C'est aussi surtout pour lui le moment idéal de leur expliquer en quoi il a réussi sa vie car Marin s'apprête à devenir Madumo, soit le MAître DU MOnde. Malgré ses dessins rigolos, Fabrice Erre construit à l'instar de son collègue Fabcaro, une drôle de carrière avec un quasi sans fautes et développe un univers propre là où on ne l'attendait pas forcément. Car si Madumo distille de pleines pages de fou rire surtout dans sa première partie, le récit n'oublie jamais de lever un voile sur la nostalgie, le temps qui passe, les regrets et la possibilité ou non de tirer un trait définitif sur le passé, qu'on le souhaite ou pas. C'est même en cela que le récit se pose sur une frontière aussi mince que fragile que l'auteur balayera d'une façon abrupte et surprenante dans une toute dernière partie qui donnera beaucoup à réfléchir à son lecteur. Divertissement hors norme avec une bichromie rose et grise des plus agréables, ce petit bouquin à la couverture gaufrée et réussie permet donc de mélanger les genres et de surprendre constamment. Quels sont les différents espions poursuivant Marin comme son ombre et cette organisation cocasse préparant l'avènement du Maître pendant qu'un gugusse banal se promène dans les rues de son village et se souvient qu'avant de devenir l'être le plus redouté, il n'était qu'un gamin des plus ordinaires. La suite est à découvrir dans ce conte inclassable, drôle et cruel et au final terriblement émouvant. Fabrice Erre se joue des conventions, se moque de lui-même (notamment sur les profs d'histoire, son job d'origine) et livre ni plus ni moins son oeuvre la plus personnelle et également la plus percutante.
Les Archives de la Suicide Squad
Après avoir relu récemment le premier tome et ensuite le tome 2, je m’aperçois à quel point j'adore cette série. John Ostrander a écrit une série intelligente autour d'un concept simple : une équipe de super-vilains formée par le gouvernement est envoyée pour des missions dangereuses. Le scénariste développe très bien son concept en utilisant des personnages hauts en couleurs dont Amanda Waller qui est vite devenue un de mes personnages de comics préférés tellement j'adore sa personnalité et son ambiguïté. J'adore aussi le fait que bien qu'elle soit intelligente et manipulatrice, elle a aussi des défauts qui font en sorte qu'elle n'a pas toujours raison ce qui l’empêche de devenir un personnage énervant qui est capable de faire tout ce qu'elle veut quand elle veut. Car évidemment vu que les 'héros' de cette série sont pour la plupart des méchants, on est loin du manichéen de certains comics de super-héros. J'adore surtout lorsque les auteurs parlent de problèmes politiques et géopolitiques en montrant que la vie peut être très complexe. Le point fort de la série est qu'Ostrander met en avant la psychologie des personnages qui ont tous une personnalité bien distincte et définie. Leurs actions et réactions sont très crédibles et j'adore leurs relations entre-eux. Il y a un bon mélange de drame et d'humour aussi. Les scénarios sont souvent complexes et j'ai du parfois relire certaines scènes pour être certain que j'avais compris, mais je prends tellement de plaisir à lire cette série que cela ne me dérange pas. On fait beaucoup référence à des événements qui se sont passés dans les DC Comics de la fin des années 80-début des années 90, mais cela ne nuit pas à la compréhension des histoires. Le dessin peut faire vieillot pour les lecteurs modernes, mais moi j'aime bien ce style.
Bad Ass
Si on se souvient bien pour peu que cela ait un impact ou intéresse quelqu'un par ici, j'avais rédigé un avis portant sur une note maximale de 5/5 avec coup de coeur. Il s'agissait vraisemblablement d'un coup de folie et d'un avis sincère sur le premier tome d'une série qui ne demandait alors que de s'épanouir, étant prévue à l'origine en 4 tomes. Cette relecture un peu trash et vulgaire des mythes de superhéros à la française possédait un "je-ne-sais-quoi" d'irrévérencieux et de délicieusement référentiel des plus réjouissants. Le tout porté par un scénario malin de Hanna et de jolis dessins du papa de Zorn et Dirna ne pouvait que donner une série des plus ambitieuses. Oui mais voilà, mon intérêt n'a fait que de décroitre au fur et à mesure des tomes. Hanna a voulu donner de l'épaisseur à son récit en développant toute une panoplie de super héros à la française et en étendant l'histoire de Dead End, super villain sévèrement burné à toute une équipe de justiciers des plus improbables. Se disperser c'est bien mais l'intérêt s'étiole au fur et à mesure au point de ne plus reconnaître l'intérêt d'origine de cette bonne lecture. Attention, ça reste drôle et parfois même culotté mais à trop vouloir en faire, Hanna a perdu le côté réjouissant du premier tome qui peut néanmoins se lire comme un One-shot sans aucun problème. Ajoutez à cela une colorisation informatique aux couleurs vives et pas du tout naturelle qui enlaidit le pourtant très chouette travail de Bessaidi et on obtient un ensemble copieux mais finalement indigeste. Espérons donc que les one shot complémentaires à partir du tome 5 vont rattraper l'excellente introduction sans l'alourdir davantage....
Locke & Key
C'est vraiment mon coup de cœur lors de mes derniers achats de l'année 2017. Je ne connaissais rien à ces 2 auteurs. Ni Joe Hill, Le King junior, qui a d’ailleurs un style bien à lui, très éloigné de son illustre paternel ). Ni le dessinateur Gabriel Rodriguez. J'ai de toute façon de grosses lacunes en bds américaines ). J'ai été tout de suite emporté par cette histoire, comme un super film hollywoodien ( pas si éloigné des productions Amblins, ou des livres de Stephen King finalement ). Mais en plus moderne, comme si Spielberg, Stephen King et Neil Gaiman rencontraient Del Toro ou Peter Jackson ... ça fait beaucoup de monde à table ^^ Mais je n'ai put m'empêcher de penser à ces auteurs pendant la lecture de cette série: L'idée des différentes clefs qui ouvrent des espèces de passages secrets physiques ou mentaux, des portes dimensionnelles ou pouvoirs spéciaux. Comme un jeu vidéo. J'aime également tout particulièrement l'esprit maléfique de la femme dans le puits, qui transfère son esprit dans le corps d'un jeune homme ... Le scénario est très dense, fouillé et vraiment original. Avec pas mal de ramifications. Comme les séries télés modernes quoi ( mon dieu j'ai vieillis... c'est ça à rester bloqué dans les années 80 et 90 , oui je ne regarde AUCUNES SERIES ). Il y a donc également un côté jeux de rôle ou jeux vidéo amplifié par les superbes couvertures de comics, comparables à des jeux de rôlistes... Bon peut être pas mais étant étranger à ce milieu c'est dont à quoi cela m'a fait penser. Et puis les pages du tome 3 ou les créatures noires se mettent à se développer et à poursuivre les héros sont subli-mi-ssimes ! Vraiment époustouflantes. Bref cette série est pour moi un tour de force car ces 2 auteurs ont réussis à transcender leurs très nombreuses influences, pour en faire quelque chose de vraiment nouveau. Cela doit être le style " Joe Hill" et de Rodriguez aussi. Un sans faute. Chapeau !
Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
J'ai plutôt intégré le monde du travail au début des années 2000 mais dans les années 90, je donnais déjà des coups de main après l'école, j'utilisais ma machine à écrire comme si j'étais à la pointe de la technologie et je m'imaginais que les cubicles des open space étaient la plus grande invention de tous les temps (jusqu'à ce que j'y passe quelques heures par jour...) Alors quand Jean Doux découvre par hasard un rebus des années 70-80 (je ne connais pas trop la chronologie, j'ai rarement eu l'occasion de tenir une disquette molle entre mes mains et cela date tellement que j'ai oublié à quel point à l'époque c'était incroyablement innovant...)... Il en oublie ses obligations professionnelles et se lance dans l'enquête la plus délirante qui soit....et délirant ce sera. Avec un dessin tout en rondeur et une coloration chatoyante, l'auteur nous fait voyager dans le temps et nous ramène à l'époque où nous nous imaginions avoir atteint le sommet. C'est donc un retour chez les has-been (les démodés), avec des collègues un peu minables, des blagues potaches et un bon vieux jambon-beurre... Ce titre est vraiment un coup de coeur mais je ne suis pas sûre qu'il parle à tous, si l'on n'est pas familier de l'univers, et j'avoue que le prix est un peu rédhibitoire. Mais personnellement il me fait mourrir de rire, je n'ai pas du tout regretté de m'être embarquée dans cette aventure, les dialogues sont décapants et la question est : qui ne s'est pas fait son délire à un moment ou un autre assis au bureau devant un écran d'ordinateur ou un minitel ?
Et si l'amour c'était aimer ?
Dans les années 2000 était alors diffusée une série québécoise hilarante parodiant de façon absurde et grotesque les Soap Operas comme "Les feux de l'amour" et autres "Santa Barbara". Ce petit bijou portait le doux nom de "Le coeur a ses raisons", un joli titre qui ne veut rien dire du tout tout comme le présent ouvrage de Fabcaro avec cette jolie lapalissade et cette couverture signée B-Gnet (l'auteur de Santiago) avec ce clone de Bernard Tapie jeune, joue contre joue de sa bienaimée. Bref Fabcaro n'a fait ni plus ni moins que reproduire Le coeur a ses sentiments en poussant le curseur de l'absurde et du ridicule encore un peu plus loin dans cette franche déconnade proche du roman photos avec ses personnages figés et agominés dans des poses proches de la nature morte. Par contre le talent de Fabcaro n'est ni mort ni tari car il n'a pas son pareil pour raconter de façon improbable cette rencontre amoureuse entre Sandrine, petite bobo oisive et Michel, livreur de macédoine et grand fan de Jean-Pierre François et son "Je te survivrai" à ses heures perdues. Effectivement le décalage entre les dialogues nonsensiques et les personnages de papier fait des étincelles et provoque des éclats de rire. Autant le style graphique semi réaliste épuré de l'auteur me plaisait moins dans Zai Zai Zai Zai, autant il trouve tout à fait sa place dans cette histoire d'amour contrariée. Et tout y passe, visite d'un zoo aux animaux démonstratifs, photos volées ou coup de poing sur être de papier, Fabcaro revisite la bêtise humaine et l'art du vide en racontant quelque chose d'hilarant sur des personnages sans intérêt. Chaque chapitre se termine par une scène figée du quotidien où les spectateurs de cette passion navrante y vont de leur petit commentaire. C'est tout simplement à mourir de rire !!!!