Les derniers avis (9709 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissent

Wouah, et Wouah, et Wouah encore. Vraiment, je suis soufflé. C'est assez étrange comme certaine BD peuvent vous attraper parfois, sans vous lâcher, et vous laisser ensuite quelque chose en tête que vous ne parvenez pas à déloger. Comme une pensée qui revient vous démanger la réflexion pendant deux semaines. Voila plus ou moins l'état d'esprit dans lequel je suis depuis cette lecture. Ce qui est curieux, c'est que je n'ai pas vraiment été pris au début, trouvant le style de dessin très proche (trop proche) de Bastien Vives. L'idée de base me rappelait d'autres scénaris ... Bref on partait sur des mauvaises bases. Mais à partir du moment où l'histoire enclenche son rythme ... J'ai été vraiment sur le cul. C'est très rare de trouver ce genre d'histoires, où l'on suivra le "perdant" et l'enfer qu'il connaitra, voyant sa vie disparaitre au fur et à mesure du temps. Et alors qu'on pourrait se dire qu'il n'y a pas grand-chose à en tirer ... C'est bluffant. Je n'ai pas vraiment les mots pour dire ce qui s'est passé à la lecture, mais l'auteur a réussi un tour de force narratif incroyablement réussi. On peut être réfractaire à la façon qu'il a de représenter le futur (j'avoue avoir été un peu réticent sur certains points également), mais globalement c'est surtout pour le propos humain qu'il faut lire cette BD. Parce qu'elle pose des questions justes, et efficaces. Des petites pointes de réflexions, mais aussi de tristesse et quelque chose d'assez mélancolique. On peut y lire un adieu à l'adolescence, une façon de considérer le temps qui passe, un regard sur la vieillesse ... J'y vois surtout quelque chose sur la mort et la mémoire, sur ce qui fait de nous un être humain. Et un superbe regard sur la vie. Sur la vie qui avance malgré tout, et bien qu'elle soit une salope, elle reste incroyablement belle. C'est très difficile de parler de cette BD sans faire de digressions ou d'extrapolations, et surtout sans dévoiler le dernier tiers de la BD qui donne toute la saveur à l'ensemble, alors je me contenterais de vous la recommander chaudement. Parce que c'est une surprise, une grosse surprise et que j'ai vraiment été pris dans l'histoire. Et parce que quand une BD vous trotte en tête pendant aussi longtemps après la lecture, c'est qu'il doit y avoir quelque chose, non ?

21/01/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

Pour un gribouillage, on a vu pire ! J'en prends tous les jours et j'en redemande des coups de crayon comme ça moi ! Entre un Serge Lehman très inspiré et du GRAND Frederik Peeters revenu au noir et blanc, on en prend plein les mirettes ! Ces deux auteurs se sont trouvés et l'osmose contagieuse de leur travail nous réserve à mon sens le meilleur album lu depuis un bon moment. Tout concourt à la réussite de cette petite merveille. L'ambiance tout d'abord qui nous happe dès les premières pages. Lâchés dans ce Paris noyé sous des trombes d'eau incessantes, on découvre petit à petit l'autre richesse de ce récit : les personnages. Tout s'imbrique subrepticement. On a déjà mordu à l'hameçon sans s'en être rendu compte. Car la famille Couvreur, Jasmine, Betty et Maud, nous réserve bien des surprises... Entre la fille, la mère et la grand-mère, chacune a son caractère bien trempé, mais pourtant une histoire commune et mystérieuse qui va nous ramener au temps des comptes et des créatures extraordinaires. C'est ce glissement subtil entre un quotidien banal et le fantastique qui donne toute sa force au récit en s'appuyant sur cette ambiance singulière, ces solides personnages et toute la richesse du décorum et des personnages secondaires. On se laisse mener par le bout du nez, et chapitre après chapitre nos deux auteurs enfoncent le clou jusqu'à un final grandiose grâce à une narration des plus maîtrisée. Messieurs bravo ! Une seule requête : c'est pour quand la prochaine collaboration ???

18/01/2018 (modifier)
Par BEDELAND
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quatre jours de descente
Quatre jours de descente

Un album qui surprend un peu mais qui régale ! Un homme va se retrouver juré d'assises où comparait un homme accusé du meurtre d'un de ses amis qu'il aurait roué de coups. L'homme a avoué mais se souvient pas trop bien vu qu'il est souvent imbibé d'alcool. Notre juré a un étourdissement pendant les débats, il le met sur le compte de la fatigue vu qu'il vient de connaitre un drame familial. Il ne croit pas en la culpabilité de l'accusé et décide de faire sa propre enquête ... Même si le sujet reste classique l'auteur l'aborde sous un angle différent des œuvres déjà lues ou vues où les sciences humaines sont bien plus présentes que l'histoire policière en elle même. C'est pour moi un chef d'oeuvre en ce sens à lire de toute urgence.

18/01/2018 (modifier)
Couverture de la série Dans l'atelier de Fournier
Dans l'atelier de Fournier

J’ai beaucoup aimé ce récit d’une rencontre emplie de respect et d’humilité. Respect des deux auteurs vis-à-vis de Jean-Claude Fournier autant que de Fournier vis-à-vis de ses hôtes du jour. Humilité de Fournier par rapport à son œuvre autant que de Nicoby et Joub qui se sentent tout petits face à ce grand nom de la bande dessinée franco-belge. Le dessin bonhomme de Nicoby accentue encore cet aspect « simple et modeste » du récit par son caractère caricatural et expressif. Au fil des pages, j’ai été touché par le côté paternaliste et discret d’un Franquin, amusé par l’une ou l’autre anecdote incongrue, attristé par la jalousie manifestée par certains collègues (alors que je me berçais d’illusions quant à la fraternité de « l’équipe de Spirou »). Aucun passage ne m’a semblé long ou inutile. Au contraire, chaque instant m’a semblé précieux. Un très bel album, donc, que je conseille vivement à tous les « vieux » lecteurs de bandes dessinées et encore plus particulièrement à ceux qui ont grandi avec le journal de Spirou des années ’70. Un must have, selon moi.

17/01/2018 (modifier)
Couverture de la série L'Eternaute
L'Eternaute

Sans même parler du contexte dans lequel le livre a été écrit et de ce qu'il représente dans la BD latine, je recommande à tout amateur de S-F l'achat de cette BD (pour un public adulte et aguerri néanmoins). Le dessin noir et blanc est magnifique, le rythme convient parfaitement à l'intrigue et les dialogues excellents. Ça démarre en huis clos psychologique pour partir sur une aventure mythique, avec des nouveaux protagonistes qui amènent tous quelque chose (non-humains inclus). Si il devait y avoir une attaque d'extraterrestres , c'est comme ça que je me la suis toujours imaginé enfant (surtout si vous avez joué à des jeux comme XCOM: UFO quand vous étiez jeune). Un must à avoir dans sa collection S-F!

16/01/2018 (modifier)
Par Langlais
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bleu amer
Bleu amer

Il s'agit d'une vraie tranche de vie pendant la deuxième guerre mondiale, dans un univers isolé; les iles Chausey. L'histoire est une vraie polémique sur le choix d'une communauté coupée du monde entre courage et lâcheté. Le tout est traité avec une narration sobre et efficace du meilleur effet. Les dessins sont contemplatifs, peu de couleurs, mais ils font ressentir la vie des pêcheurs de l'île, et la beauté de l'endroit. On reconnait bien les paysages qui sont représentés de façon fidèle, ce qui ne gâche rien pour un fan du lieu comme moi. En bref une lecture qui sort de l'ordinaire que je vous recommande.

16/01/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissent

J’ai littéralement adoré cette lecture de ces jours qui disparaissent chez un jeune garçon abordant la vingtaine. On va le suivre au cours de toute une vie car il lui arrive un phénomène assez mystérieux. En effet, il se réveille en ayant loupé à chaque fois une journée entière qui est occupé par un autre soi totalement différent. Il est bordélique et l’autre soi est maniaque. Il est acrobate dans un cirque et l’autre va faire un métier plus conventionnel et rémunérateur dans l’informatique. Il est très famille et ami alors que l’autre est plus solitaire. Le gentil poète contre le brillant carriériste. La bataille peut commencer ! On pourrait penser qu’il y a une véritable part de fantastique mais on comprend assez vite qu’il s’agit certainement d’un phénomène de dédoublement de la personnalité qui trouve une origine psychologique à savoir la schizophrénie. Il est assez terrifiant de le vivre du point de vue de l’un des personnages qui va disparaître progressivement pour laisser place à l’autre qui est moins rêveur. C’est une véritable quête sur la perte de l’identité qui est mené de main de maître par l’auteur. Je n’avais jamais rien lu de tel. Il y a véritablement deux parties : celle de la coexistence pacifique et une autre qui correspond à la disparition progressive et dramatique. En effet, il y a une personnalité plus ambitieuse qui va prendre le dessus sur l’autre qui se réveillera moins souvent. C’est bien écrit et bien dessiné avec des planches presque vivantes dans le mouvement. On est littéralement happé par cette intrigue de perte de contrôle qui progresse dans une véritable tragédie psychologique. On a l’impression de vivre un cauchemar du style vertige existentiel avec notre héros. C’est assez poignant par moment. Cela peut nous renvoyer à notre propre rapport au temps, à notre jeunesse, à la vie et à notre mortalité. Ce qui nous touche ne peut que nous faire réfléchir… Inutile de préciser que cette œuvre concourt pour le grand prix d’Angoulême 2017 ce qui est amplement mérité. C’est véritablement la bd à découvrir de toute urgence pour cette rentrée car ce qui est original est plutôt rare. Voici une lecture pour une expérience unique qu’on n’est pas prêt d’oublier. L'auteur livre une véritable bd inattendue et palpitante. Note dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Notre Globale : 4.5/5

15/01/2018 (modifier)
Par Quebeuls
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mutafukaz - Puta Madre
Mutafukaz - Puta Madre

5/5 ? Culte ? Achat conseillé ? Coup de coeur ? Ben ouais, carrément, ça faisait longtemps qu'un peu d'adrénaline n'avait pas envahi mon corps à la lecture d'une BD. Je ne savais du tout où allait m'emmener ce préquel, j'avais aimé les Mutafukaz auxquels je n'aurais pas mis ces notes dithyrambiques, mais ça restait barré. Là on est dans une sorte de réalité, du moins dans celle qu'on peut voir dans des séries, des films, des livres et la culture gangsta. Ne sachant de quoi le livre parlait, ni de quel personnage, je me suis laissé embarquer par l'histoire pour découvrir à la fin la jonction avec Mutafukaz, la cerise. C'est dur, c'est crash, c'est violent, c'est tendre, j'ai bien accroché au personnage et à toutes ses pérégrinations internes, à sa découverte de lui-même, du courage qu'il trouve, et de sa manière de se sortir de situations difficiles même si parfois c'est la chance qui agit. De plus on voyage, on se retrouve dans des situations à chaque fois bien différentes, du petit garçon à l'homme accompli qui malgré toutes les embûches semées sur son chemin et la violence qui le parsème, va connaitre la rédemption. Une bien belle réussite, scénaristique et graphique, merci aux auteurs pour "Puta Madre", un livre qui n'implique pas non plus forcément la lecture des Mutafukaz, rien que cette histoire tient par elle-même. De plus c'est un beau livre comme Ankama sait les faire.

15/01/2018 (modifier)
Couverture de la série Elric (Glénat)
Elric (Glénat)

Cette série a été une véritable surprise :) Dès le tome 1 l'atmosphère est posée : pesante et murmurant l'écho de la traitrise et manipulation à chaque instant. Cette dernière accroît son emprise sur le lecteur au fur et à mesure que les pages se tournent. Pages, qui, sont très classes et le reflet de la pensée de Moorcock. Elles sont toutes plus agréables à regarder les unes que les autres. Le travail sur le dessin est remarquable et plonge le lecteur dans l'univers glauque,macabre, magique et sans pitié qu'est celui d'Elric de Melnibonée. Le scénario est assez fidèle à l'historie originale et intégre très bien toutes les étapes de l'évolution de la pensée d'Elric. Il ne va pas trop vite et en raconte suffisamment pour ne pas avoir à se dire "zut j'ai raté une page" comme on peut le voir dans certaines adaptations. Les 3 premiers tomes se dégustent d'une traite et invitent le lecteur à découvrir la suite et je me joints à eux avec plaisir.

14/01/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

Résultat d’une collaboration entre deux pointures de la bande dessinée, ce beau pavé inaugure à merveille cette année 2018. D’emblée, le lecteur est captivé par cette histoire à l’atmosphère très particulière, quasi apocalyptique, qui voit Paris littéralement noyé sous les eaux, alors que la pluie tombe en permanence. Grâce à son formidable coup de crayon et son sens du cadrage, Frederik Peeters sait parfaitement distiller le mystère dès le début, accentuant l’aspect fantastique du récit par un gros plan sur une gargouille de Notre-Dame, sur un crapaud égaré sur un trottoir, ou sur le chat noir peu amène confié à Betty par ses voisins… Peeters fait preuve ici d’une grande virtuosité tant dans le dessin - magnifique, ces paysages de montagne dans la brume, avec un beau rendu à l’aquarelle - que dans la mise en page, très dynamique, tandis que le choix du noir et blanc est tout à fait adapté au climat menaçant de ce conte moderne. Le dessinateur genevois fait ainsi honneur au scénario de Serge Lehman, très maîtrisé de bout en bout et ne souffrant d’aucun temps mort. Pour ce faire, Lehman a puisé dans la mythologie juive et la littérature fantastique française du début du XXe siècle, en organisant une rencontre explosive entre le légendaire golem et une sorte de cousin du Fantôme de l’Opéra prénommé Max Corbeau, avec en toile de fond un antique secret lié à la sorcellerie. Comme il le dit lui-même, l’auteur cherche par son travail à redonner au fantastique français la place qu’il a perdue au profit des Américains, en raison notamment de l’état d’esprit trop cartésien qui règne dans l’Hexagone. Et on se rend compte en effet que ce thriller terrifiant, qui ne se contente pas de singer les comics d’outre-Atlantique, n’a absolument rien à leur envier, bien au contraire ! Outre l’aspect fantastique du récit, les personnages ne sont pas négligés pour autant. Qu’ils soient principaux ou secondaires, ils sont tous bien campés, qu’il s’agisse des héroïnes, très attachantes, ou à l’inverse de Max Corbeau, créature vicieuse et cauchemardesque sortie tout droit d’un tableau de Jérôme Bosch. C’est bien ce qui rend cet ouvrage tout à fait unique, comme si le genre fantastique avait fait alliance avec le récit psychologique à la française. Car la quête à laquelle se livre Betty est finalement un peu celle de tout un chacun : remonter à ses origines pour comprendre qui l’on est, chasser ses vieux démons pour, peut-être, enfin trouver l’apaisement… Entre roman graphique, légende urbaine et conte immémorial, « L’Homme gribouillé » s’impose déjà comme un classique du genre. La synergie entre les deux auteurs semble avoir fonctionné à plein, et laisse véritablement espérer qu’ils n’en resteront pas là.

14/01/2018 (modifier)