Avec ce dessin dans le pur style ligne claire classique, Red Ketchup, de prime abord, fait penser à Tintin, ou à un archétype de bande dessinée traditionnelle. Détrompez-vous. Avec Red Ketchup, ça décoiffe sévère.
Steve Red Ketchup, ainsi surnommé à cause de ses yeux rouges, est un agent du FBI aux méthodes (très très) musclées. Mais en plus de cela, il est accro aux drogues de tout type. Ainsi, il se nourrit exclusivement de pilules et de médicaments, en quantité suffisante pour terrasser n'importe qui de normalement constitué. Et entre sa violence intrinsèque, sa dépendance à la drogue et sa paranoïa, ça fait souvent de (gros) dégâts. Il va ainsi tour à tour massacrer des innocents à coup d'épée, jouer au garde du corps musclé, et organiser un génocide de pingouins.
Bref, ici, tout est poussé au maximum, des méthodes musclées au patriotisme sans faille de Ketchup. En plus, ce nom, c'est la cerise sur le gâteau. On est dans l'absurde du début à la fin, et c'est souvent très drôle. Avec moi, en tout cas, ça marche du tonnerre.
Et puis Red Ketchup a la tête de l'emploi, avec sa coupe de cheveux en brosse couleur carotte, son complet bleu et ses lunettes noires, qui protègent ses yeux couleur sang. Il est profondément antipathique (c'est quand même un psychopathe de premier ordre ultra violent), mais c'est tellement absurde que l'on prend du plaisir à suivre ses aventures. Cette parodie des héros américains justiciers aux méthodes musclées vise juste et est terriblement efficace.
Bref, vous l'aurez compris, je ne peux que vous encourager à y jeter un oeil.
Album acheté parce que j’aime beaucoup le trait, le style, la patte, la touche de David François. La singularité de son dessin est telle que j’identifie directement son auteur quand bien même celui-ci n’a pas édité pléthore d’albums. Son côté faussement brouillon mais incontestablement expressif me plait à chaque production. Lisible et riche, expressif (je l'ai déjà dit mais je m'en fous), dynamique, joyeusement caricatural, que voilà un agréable trait pour illustrer le Paris du début du XXème siècle et les enquêtes d’un duo de policiers presqu’aussi cons que maladroits.
Côté scénario, je pense que c’est la première œuvre que je lis de Frédéric Bagères. Le résultat est plaisant. L’intrigue policière tient la route si l’on admet le côté burlesque de cette enquête. L’humour est omniprésent avec un gros travail réalisé sur le vocabulaire (beaucoup d’allusions à la nourriture et au vin sont disséminées dans les dialogues). C’est parfois un peu lourd à lire (or, pour moi la littérature, c’est comme la nourriture : trop légère, je grogne, trop riche, je m’endors) mais rien que pour la manière dont Frédéric Bagères amène un jeu de mot on ne peut plus pourri au sujet d’une balle perdue, je suis prêt à beaucoup lui pardonner (oui, j’ai adoré, consacrer une demi-planche pour ça, c’est magnifique… et je le dis sans aucune moquerie).
Au final, voilà une enquête bien sympathique, qui pourrait tout à fait être suivie d’autres. A classer dans les séries policières humoristiques. Plaisant, vraiment ! Et con juste ce qu’il faut.
Et coup de coeur pour le nom de la balle perdue.
Fan de la série Le Régulateur qui avait révélé Marc Moreno, j'étais très curieux de découvrir cette nouvelle série fantastique scénarisée par Amélie Sarn, surtout connue pour son travail pour la jeunesse -Là on change de crèmerie ! -.
La première chose qui marque quand on ouvre cet album, c'est le graphisme. Y'a pas à dire, c'est bien du Moreno ! Ce trait toujours un peu inégal, une palette de couleurs tirant toujours sur le violet, une ambiance un brin steampunk et gothique : on ne se refait pas !
Les auteurs nous plongent dans les pas d'Icare (Tout un programme ce nom déjà...), un jeune homme qui semble avoir tout oublié de son passé hormis son nom. C'est par touches de flashbacks impromptus que son histoire lointaine et mouvementée lui revient... Sauf que notre bonhomme n'est apparemment pas n'importe qui et qu'il a du monde à ses trousses. Sauf que notre bonhomme n'est pas n'importe quoi non plus, et qu'être une sorte de vampire amnésique pris en chasse ça laisse quelques dégâts collatéraux non négligeables...
Vous l'aurez compris, "Dark Blood" nous traine dans un univers fantastique sanglant par le biais d'un personnage mystérieux et dangereux. Ce premier opus pause les bases d'un univers intéressant, même si la trame n'est pas révolutionnaire. Les amateurs du genre s'y retrouveront pleinement. J'attends de voir ce que donnera la suite pour affiner mon jugement. Car si pour l'instant le rythme et l'aventure sont au rendez-vous, j’attends de me faire surprendre davantage.
A suivre avec attention donc, en espérant que la suite soit plus pimentée et pleine de bonnes surprises.
(3.5/5)
Avec ces deux premiers tomes, Namaste nous entraine dans les pas de la jeune Mina dans l'Inde d'aujourd'hui.
Partie en voyage avec ses parents, elle va malheureusement se perdre lors d'un arrêt en gare : le train qu'elle empruntait avec ses parents va repartir sans elle... C'est là que commence alors pour elle l'aventure et sa quête pour retrouver ses parents à travers une Inde immense et inconnue pour la jeune occidentale qu'elle est.
C'est frais, assez réaliste, et la série nous présente l'Inde de façon intelligente, avec ses richesses et ses fantasmes. Le côté épique bien mené et les rencontres qu'elle va faire au cours de son périple étoffent une narration efficace et donnent son cachet à cette série.
Le dessin d'Aurélie Guarino s'inscrit dans un style sobre et expressif ; ses cadrages sont bien vus et dynamisent le tout. C'est juste la colorisation de Sarah Murat qui aurait demandé un peu plus de nuances à mon goût.
Voilà donc une série toute en fraîcheur qui nous dépeint les aventures bigarrées d'une jeune héroïne qui plaira j'en suis sûr à nos têtes blondes.
(3.5/5)
A découvrir !
Si sur le papier cette nouvelle série de Kazé ne soulève pas d'intérêt particulier, elle ne manque cependant pas d'atouts.
En effet elle bénéficie, de prime abord, d'un graphisme plutôt agréable, qui joue bien sur l'écart entre le cadre "gentillet" (un orphelinat où tout se passe bien, sous le regard bienveillant d'une directrice souriante) et la réalité derrière les limites géographiques dudit orphelinat. De toute façon, même dans le meilleur des mondes, avec la meilleure volonté et des moyens illimités, il est IMPOSSIBLE que tout se passe bien dans une telle institution. Et, petit reproche au scénariste, il est encore moins possible qu'un seul adulte arrive à faire tenir une telle institution, surtout avec 37 gamins. Mais là n'est pas le plus important.
En effet au-delà des barrières et du portail qui marquent la frontière de Gracefield House, les trois gamins découvrent que ceux qui partent de l'institution, soi-disant pour une famille et une vie meilleure, sont en effet destinés à... autre chose. Impossible d'en dire plus sans spoiler, et même si c'est relativement téléphoné, le scénariste arrive à mettre quelques éléments plutôt intrigants, comme un traceur qui serait implanté chez les enfants, ou cette matrone qui vient soudainement seconder "Maman".
L'intrigue me semble avancer assez vite dès ce premier tome, et comme Kazé met en avant cette série, elle mérite sans doute qu'on s'y attarde. En ce qui me concerne, j'ai envie de lire la suite.
C'est une BD qu'on prend et qu'on ne lâche plus.
C'est une véritable plongée dans le Moyen-âge. Ca ne raconte pas l'histoire des Rois ou des guerres de l'époque mais celle de la vie du poète François Villon.
On y retrouve la vie des gens « communs » dans le Paris du XVème siècle. La misère y est omniprésente. La vision du droit et de la justice de l’époque est très bien évoquée.
Bien que le récit soit probablement un peu romancé, c'est très bien documenté. Ca fourmille de détails sur cette époque.
On voit aussi avec les extraits des poèmes tout le talent de François Villon (mais aussi l’évolution du français depuis le moyen-âge). On voit le paradoxe entre ce talent d’écrivain et sa vie de « malfrat » ou il n’y a aucune limite dans la malhonnêteté.
Le dessin est beau, ni trop détaillé, ni trop simple. Ca se lit très facilement.
C’est une excellente BD historique !
Mon coup de coeur pour 2017!
J'ai tout aimé dans ce one shot. Tout d'abord le scénario, qui m'a appris l'existence des hibakusha d'une part, et qui balance entre réalité de l'horreur de cette guerre, et amour fantasmé d'autre part.
Mais ce que j'ai aimé par dessus tout ce sont les dessins magnifiques et le choix des couleurs entre sobriété et magnificence du rouge.
Quel plaisir de tenir cette BD entre les mains!
Je suis une passionnée des voyages d'exploration. De nos jours, seules quelques rares régions restent imperméables à la présence humaine mais le 19ème siècle fut riche en explorateurs et explorations.
Si les grandes expéditions offrent généralement leur lot à la grande faucheuse, les petits explorateurs eux connaissent parfois des aventures à mourir de rire et sont finalement les premiers anthropologues et ethnologues car ils échangent véritablement (malgré le choc des cultures et les problèmes de langue) avec les communautés locales.
Alliant un dessin simpliste et humoristique à des gravures d'époque, des dialogues savoureux et des situations cocasses, les "aventures" de notre hercule sont parfois à mourir de rire. On voit bien les effets de l'attitude colonialiste et de l'apport de l'argent dans une société basée sur le troc et la difficulté de traiter avec des cultures étrangères.
Il ne s'agit pas là d'un récit d'exploration pur, nous sommes en Égypte et c'est une balade au fil du Nil qui fait de notre saltimbanque un archéologue en herbe. La relation entre les deux époux est également plutôt égalitaire et rafraîchissante pour l'époque, ce sont quand même deux sacrés hurluberlus.
Au final, voilà une bd ludique, drôle et sympathique qui nous présente une figure méconnue de l'histoire. Si la suite (paraît et) reste du même niveau, j'augmenterais définitivement ma note.
Je n'aime pas les sports automobiles, je n'aime pas les engins à moteur de tous poils et je ne suis nullement un fan de moto. Par contre, la bd, j'aime bien. Et la rencontre entre ces deux univers est une réussite, en ce qui me concerne.
Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance. J'avais déjà lu Les Motards et n'avait pas été spécialement emballé.
Mais là, c'est une franche réussite. Nul besoin de posséder des connaissances en la matière pour apprécier l'humour de la série, construit autour de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Car ce qui fait le charme de cette bd, c'est les personnages : Ed la poignée, Paulo les gaz ou encore Pépé, sans oublier le fameux "Joe".
Ce qui fait aussi le charme de Joe Bar Team, c'est le dessin. C'est type Franquin, et c'est très bien réalisé. Les protagonistes sont admirablement croqués et les motos sont stylées (même si je n'y connais rien).
Personnellement j'ai commencé par le tome 2, du coup je n'ai pas été déçu du décalage, notamment d'époque, entre le premier et le deuxième album. J'ai lu les 5 premiers albums qui sont vraiment chouettes, j'en ai feuilleté un récemment mais ai préféré rester sur la bonne impression des premiers. Ma critique ne porte donc (évidemment) que sur ceux-là.
Allez, un petit coup de coeur pour une série qui me fait toujours autant rire, parfois aux éclats (merci Ed).
Cette épaisse bande dessinée (170 pages tout de même) marquera sans nul doute l'année 2018.
Loin des reprises plus ou moins heureuses de séries phares comme Blake et Mortimer ou Thorgal, Yves sente nous livre là un scénario original et passionnant comme il l'avait magistralement fait avec La Vengeance du Comte Skarbek.
Nous suivons ici le destin de ces trois soldats noirs, ces "monuments men" pris dans le débarquement de 44 et dans la bataille des Ardennes, à la recherche du premier drapeau américain.
En révélant la particularité de ce drapeau confectionné par Betsy Rose, Yves Sente nous plonge dans la guerre d'indépendance de 1776, mais aussi dans la lutte contre la racisme, à travers l'histoire d'Angela Brown.
Mêlant fiction et réalité, cet ouvrage est remarquable.
Il l'est d’autant plus que l'histoire est illustrée par Cuzor. J'ai eu l'occasion de feuilleter la version noir et blanc (un peu chère)de cette aventure, et bien je dois dire que la version dite commerciale,rehaussée par la palette de couleurs de Meephe Versaevel, est encore plus réussie.
Une histoire forte, mise en lumière par un dessin talentueux....que demander de plus?
J'en conseille vivement la lecture.
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Red Ketchup
Avec ce dessin dans le pur style ligne claire classique, Red Ketchup, de prime abord, fait penser à Tintin, ou à un archétype de bande dessinée traditionnelle. Détrompez-vous. Avec Red Ketchup, ça décoiffe sévère. Steve Red Ketchup, ainsi surnommé à cause de ses yeux rouges, est un agent du FBI aux méthodes (très très) musclées. Mais en plus de cela, il est accro aux drogues de tout type. Ainsi, il se nourrit exclusivement de pilules et de médicaments, en quantité suffisante pour terrasser n'importe qui de normalement constitué. Et entre sa violence intrinsèque, sa dépendance à la drogue et sa paranoïa, ça fait souvent de (gros) dégâts. Il va ainsi tour à tour massacrer des innocents à coup d'épée, jouer au garde du corps musclé, et organiser un génocide de pingouins. Bref, ici, tout est poussé au maximum, des méthodes musclées au patriotisme sans faille de Ketchup. En plus, ce nom, c'est la cerise sur le gâteau. On est dans l'absurde du début à la fin, et c'est souvent très drôle. Avec moi, en tout cas, ça marche du tonnerre. Et puis Red Ketchup a la tête de l'emploi, avec sa coupe de cheveux en brosse couleur carotte, son complet bleu et ses lunettes noires, qui protègent ses yeux couleur sang. Il est profondément antipathique (c'est quand même un psychopathe de premier ordre ultra violent), mais c'est tellement absurde que l'on prend du plaisir à suivre ses aventures. Cette parodie des héros américains justiciers aux méthodes musclées vise juste et est terriblement efficace. Bref, vous l'aurez compris, je ne peux que vous encourager à y jeter un oeil.
Le Vendangeur de Paname
Album acheté parce que j’aime beaucoup le trait, le style, la patte, la touche de David François. La singularité de son dessin est telle que j’identifie directement son auteur quand bien même celui-ci n’a pas édité pléthore d’albums. Son côté faussement brouillon mais incontestablement expressif me plait à chaque production. Lisible et riche, expressif (je l'ai déjà dit mais je m'en fous), dynamique, joyeusement caricatural, que voilà un agréable trait pour illustrer le Paris du début du XXème siècle et les enquêtes d’un duo de policiers presqu’aussi cons que maladroits. Côté scénario, je pense que c’est la première œuvre que je lis de Frédéric Bagères. Le résultat est plaisant. L’intrigue policière tient la route si l’on admet le côté burlesque de cette enquête. L’humour est omniprésent avec un gros travail réalisé sur le vocabulaire (beaucoup d’allusions à la nourriture et au vin sont disséminées dans les dialogues). C’est parfois un peu lourd à lire (or, pour moi la littérature, c’est comme la nourriture : trop légère, je grogne, trop riche, je m’endors) mais rien que pour la manière dont Frédéric Bagères amène un jeu de mot on ne peut plus pourri au sujet d’une balle perdue, je suis prêt à beaucoup lui pardonner (oui, j’ai adoré, consacrer une demi-planche pour ça, c’est magnifique… et je le dis sans aucune moquerie). Au final, voilà une enquête bien sympathique, qui pourrait tout à fait être suivie d’autres. A classer dans les séries policières humoristiques. Plaisant, vraiment ! Et con juste ce qu’il faut. Et coup de coeur pour le nom de la balle perdue.
Dark Blood
Fan de la série Le Régulateur qui avait révélé Marc Moreno, j'étais très curieux de découvrir cette nouvelle série fantastique scénarisée par Amélie Sarn, surtout connue pour son travail pour la jeunesse -Là on change de crèmerie ! -. La première chose qui marque quand on ouvre cet album, c'est le graphisme. Y'a pas à dire, c'est bien du Moreno ! Ce trait toujours un peu inégal, une palette de couleurs tirant toujours sur le violet, une ambiance un brin steampunk et gothique : on ne se refait pas ! Les auteurs nous plongent dans les pas d'Icare (Tout un programme ce nom déjà...), un jeune homme qui semble avoir tout oublié de son passé hormis son nom. C'est par touches de flashbacks impromptus que son histoire lointaine et mouvementée lui revient... Sauf que notre bonhomme n'est apparemment pas n'importe qui et qu'il a du monde à ses trousses. Sauf que notre bonhomme n'est pas n'importe quoi non plus, et qu'être une sorte de vampire amnésique pris en chasse ça laisse quelques dégâts collatéraux non négligeables... Vous l'aurez compris, "Dark Blood" nous traine dans un univers fantastique sanglant par le biais d'un personnage mystérieux et dangereux. Ce premier opus pause les bases d'un univers intéressant, même si la trame n'est pas révolutionnaire. Les amateurs du genre s'y retrouveront pleinement. J'attends de voir ce que donnera la suite pour affiner mon jugement. Car si pour l'instant le rythme et l'aventure sont au rendez-vous, j’attends de me faire surprendre davantage. A suivre avec attention donc, en espérant que la suite soit plus pimentée et pleine de bonnes surprises. (3.5/5)
Namasté
Avec ces deux premiers tomes, Namaste nous entraine dans les pas de la jeune Mina dans l'Inde d'aujourd'hui. Partie en voyage avec ses parents, elle va malheureusement se perdre lors d'un arrêt en gare : le train qu'elle empruntait avec ses parents va repartir sans elle... C'est là que commence alors pour elle l'aventure et sa quête pour retrouver ses parents à travers une Inde immense et inconnue pour la jeune occidentale qu'elle est. C'est frais, assez réaliste, et la série nous présente l'Inde de façon intelligente, avec ses richesses et ses fantasmes. Le côté épique bien mené et les rencontres qu'elle va faire au cours de son périple étoffent une narration efficace et donnent son cachet à cette série. Le dessin d'Aurélie Guarino s'inscrit dans un style sobre et expressif ; ses cadrages sont bien vus et dynamisent le tout. C'est juste la colorisation de Sarah Murat qui aurait demandé un peu plus de nuances à mon goût. Voilà donc une série toute en fraîcheur qui nous dépeint les aventures bigarrées d'une jeune héroïne qui plaira j'en suis sûr à nos têtes blondes. (3.5/5) A découvrir !
The Promised Neverland
Si sur le papier cette nouvelle série de Kazé ne soulève pas d'intérêt particulier, elle ne manque cependant pas d'atouts. En effet elle bénéficie, de prime abord, d'un graphisme plutôt agréable, qui joue bien sur l'écart entre le cadre "gentillet" (un orphelinat où tout se passe bien, sous le regard bienveillant d'une directrice souriante) et la réalité derrière les limites géographiques dudit orphelinat. De toute façon, même dans le meilleur des mondes, avec la meilleure volonté et des moyens illimités, il est IMPOSSIBLE que tout se passe bien dans une telle institution. Et, petit reproche au scénariste, il est encore moins possible qu'un seul adulte arrive à faire tenir une telle institution, surtout avec 37 gamins. Mais là n'est pas le plus important. En effet au-delà des barrières et du portail qui marquent la frontière de Gracefield House, les trois gamins découvrent que ceux qui partent de l'institution, soi-disant pour une famille et une vie meilleure, sont en effet destinés à... autre chose. Impossible d'en dire plus sans spoiler, et même si c'est relativement téléphoné, le scénariste arrive à mettre quelques éléments plutôt intrigants, comme un traceur qui serait implanté chez les enfants, ou cette matrone qui vient soudainement seconder "Maman". L'intrigue me semble avancer assez vite dès ce premier tome, et comme Kazé met en avant cette série, elle mérite sans doute qu'on s'y attarde. En ce qui me concerne, j'ai envie de lire la suite.
Je, François Villon
C'est une BD qu'on prend et qu'on ne lâche plus. C'est une véritable plongée dans le Moyen-âge. Ca ne raconte pas l'histoire des Rois ou des guerres de l'époque mais celle de la vie du poète François Villon. On y retrouve la vie des gens « communs » dans le Paris du XVème siècle. La misère y est omniprésente. La vision du droit et de la justice de l’époque est très bien évoquée. Bien que le récit soit probablement un peu romancé, c'est très bien documenté. Ca fourmille de détails sur cette époque. On voit aussi avec les extraits des poèmes tout le talent de François Villon (mais aussi l’évolution du français depuis le moyen-âge). On voit le paradoxe entre ce talent d’écrivain et sa vie de « malfrat » ou il n’y a aucune limite dans la malhonnêteté. Le dessin est beau, ni trop détaillé, ni trop simple. Ca se lit très facilement. C’est une excellente BD historique !
Hibakusha
Mon coup de coeur pour 2017! J'ai tout aimé dans ce one shot. Tout d'abord le scénario, qui m'a appris l'existence des hibakusha d'une part, et qui balance entre réalité de l'horreur de cette guerre, et amour fantasmé d'autre part. Mais ce que j'ai aimé par dessus tout ce sont les dessins magnifiques et le choix des couleurs entre sobriété et magnificence du rouge. Quel plaisir de tenir cette BD entre les mains!
Voyages en Égypte et en Nubie de Giambattista Belzoni
Je suis une passionnée des voyages d'exploration. De nos jours, seules quelques rares régions restent imperméables à la présence humaine mais le 19ème siècle fut riche en explorateurs et explorations. Si les grandes expéditions offrent généralement leur lot à la grande faucheuse, les petits explorateurs eux connaissent parfois des aventures à mourir de rire et sont finalement les premiers anthropologues et ethnologues car ils échangent véritablement (malgré le choc des cultures et les problèmes de langue) avec les communautés locales. Alliant un dessin simpliste et humoristique à des gravures d'époque, des dialogues savoureux et des situations cocasses, les "aventures" de notre hercule sont parfois à mourir de rire. On voit bien les effets de l'attitude colonialiste et de l'apport de l'argent dans une société basée sur le troc et la difficulté de traiter avec des cultures étrangères. Il ne s'agit pas là d'un récit d'exploration pur, nous sommes en Égypte et c'est une balade au fil du Nil qui fait de notre saltimbanque un archéologue en herbe. La relation entre les deux époux est également plutôt égalitaire et rafraîchissante pour l'époque, ce sont quand même deux sacrés hurluberlus. Au final, voilà une bd ludique, drôle et sympathique qui nous présente une figure méconnue de l'histoire. Si la suite (paraît et) reste du même niveau, j'augmenterais définitivement ma note.
Joe Bar Team
Je n'aime pas les sports automobiles, je n'aime pas les engins à moteur de tous poils et je ne suis nullement un fan de moto. Par contre, la bd, j'aime bien. Et la rencontre entre ces deux univers est une réussite, en ce qui me concerne. Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance. J'avais déjà lu Les Motards et n'avait pas été spécialement emballé. Mais là, c'est une franche réussite. Nul besoin de posséder des connaissances en la matière pour apprécier l'humour de la série, construit autour de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Car ce qui fait le charme de cette bd, c'est les personnages : Ed la poignée, Paulo les gaz ou encore Pépé, sans oublier le fameux "Joe". Ce qui fait aussi le charme de Joe Bar Team, c'est le dessin. C'est type Franquin, et c'est très bien réalisé. Les protagonistes sont admirablement croqués et les motos sont stylées (même si je n'y connais rien). Personnellement j'ai commencé par le tome 2, du coup je n'ai pas été déçu du décalage, notamment d'époque, entre le premier et le deuxième album. J'ai lu les 5 premiers albums qui sont vraiment chouettes, j'en ai feuilleté un récemment mais ai préféré rester sur la bonne impression des premiers. Ma critique ne porte donc (évidemment) que sur ceux-là. Allez, un petit coup de coeur pour une série qui me fait toujours autant rire, parfois aux éclats (merci Ed).
Cinq branches de coton noir
Cette épaisse bande dessinée (170 pages tout de même) marquera sans nul doute l'année 2018. Loin des reprises plus ou moins heureuses de séries phares comme Blake et Mortimer ou Thorgal, Yves sente nous livre là un scénario original et passionnant comme il l'avait magistralement fait avec La Vengeance du Comte Skarbek. Nous suivons ici le destin de ces trois soldats noirs, ces "monuments men" pris dans le débarquement de 44 et dans la bataille des Ardennes, à la recherche du premier drapeau américain. En révélant la particularité de ce drapeau confectionné par Betsy Rose, Yves Sente nous plonge dans la guerre d'indépendance de 1776, mais aussi dans la lutte contre la racisme, à travers l'histoire d'Angela Brown. Mêlant fiction et réalité, cet ouvrage est remarquable. Il l'est d’autant plus que l'histoire est illustrée par Cuzor. J'ai eu l'occasion de feuilleter la version noir et blanc (un peu chère)de cette aventure, et bien je dois dire que la version dite commerciale,rehaussée par la palette de couleurs de Meephe Versaevel, est encore plus réussie. Une histoire forte, mise en lumière par un dessin talentueux....que demander de plus? J'en conseille vivement la lecture.