C'est une vraie découverte. Je ne connaissais pas Fabcaro, et j'ai découvert Zai4 chez un ami. J'ai souri, plein, j'ai ri, plein aussi.
je me la suis donc achetée, cette pépite, et je l'offre souvent à des amis.
ce'st drôle, fin, burlesque, et complètement absurde.
L'idée d'une personne en fuite pour cause d'oubli de carte de fidélité est excellente, et permet de mettre en scène plein de situations plus cocasses les unes que les autres.
Un coup de coeur pour la mamie interviewé, pour les points et la machine à raclette, et pour les retrouvailles avec la copine d'enfance.
les dessins est simple et percutant, pas de fioriture, on va droit au but.
j'ai passé un super moment, ca m'a donné envie d'aller siffler là-haut sur la colline.
il ne me reste plus qu'à découvrir le reste de ce qu'a fait ce monsieur...
J'aime boulet.
Je n'ai pas lu ses autres BD, Ragnarök, Donjon, mais je lis son blog avec assiduité. J'ai acquis les tomes de notes petit à petit, il y a quelques années, et je prends toujours beaucoup de plaisir à les relire.
C'est réaliste, poétique, bien dessiné, dessiné à l'arrache, en couleur, en noir et blanc, on trouve des souvenirs d'enfance, des pensées profondes, des questionnements sur la vie de tous les jours, des anecdotes de vie, des rêves, des espoirs, des énervements... Bref, un peu de tout.
J'apprécie beaucoup l'autodérision dont il fait preuve et le regard qu'il porte sur le monde, les petits chats mignons, les copains, les soirées, les scientifiques, les enfants.
Etant parisienne je me retrouve pas mal dans certaines situations vécues et très bien racontées.
Et puis le dessin... le dessin! Il peut paraître assez simple au premier abord (peut être un effet du noir et blanc) mais il y a toujours une foule de détails, avec plein de petits traits partout. l’alternance d'histoire en noir et blanc et en couleur, avec peu de détails puis avec une fouuule de détails, permet de varier les plaisirs et d'éviter une monotonie dans la lecture.
les gros plans, les mises en abîme, les mouvements, c'est fluide et toujours très lisible.
Les 10 ouvrages sont très denses et on les savoure, sous couette ou dans son canapé, ça ne se lit pas vite, ça se déguste. 191 pages qui me donnent à chaque fois le sourire, souvent une vrai rire qui sort, heureux d'avoir été trouvé...
Et pour ne rien gâcher, il a réussi dans ces notes qui sont des synthèses chronologiques de ses billets de blog à faire ressortir des thèmes différents dans chacun des tomes: les rêves, la fin du monde, les sciences, le corps humain..
Bref, je conseille, à lire et à relire!
Je commencerais simplement en remerciant Paco dont la critique de cette BD m’a donné envie de la lire. Cette série est simplement énorme. Les auteurs sont à mon avis complètement barrés pour imaginer un truc pareil, mais j’y adhère sans mesure.
On sent que les auteurs sont vraiment relâchés dans ce qu’ils font, le rythme du récit colle parfaitement aux aventures de ce détective cibopathe. Ces dernières sont servies par un trait dynamique et des dessins riches en détails. A ce sujet, la version française est bien faite avec un vrai travail sur la qualité des traductions.
Côté scénario, pas évident d’en parler sans trop en dire, car découvrir cet univers fait partie des plaisirs de la lecture. Mais les « épisodes » s’enchainent sans baisse de rythme et chaque tome de l’édition française nous laisse dans l’impatience de lire la suite. Et les auteurs semblent ne rien se refuser.
A découvrir.
Mise à jour après la lecture des 12 tomes de la série :
Je me tate à aller jusqu'à culte, mais on est au moins à 4,5/5.
Peut être quelques légers essoufflements à noter de temps en temps, mais l'ensemble reste quand même puissamment génial.
Sans rien spoiler, la conclusion est sans concession et montre toute la détermination des auteurs à mener leur barque où ils le souhaitaient.
Le dessin reste riche et plein de détails tout le long de la série.
On voit apparaître de-ci de-là (pas facile à placer celui là!) des privates jokes assez ouvertes pour être comprises par le lecteur.
Du ton très léger du début, on suit l'histoire petit à petit vers un univers un peu plus sombre.
Les personnages s'étoffent au fur et à mesure que l'histoire avance de façon construite, leurs relations gagnent en profondeur. On n'est pas dans de la bande dessinée hautement psychologique, mais l'ensemble reste cohérent du début à la fin.
Je recommande les yeux fermés (pas facile pour lire une bd) cette série, qui manie humour et originalité avec une finesse suffisamment rare pour être notée.
Mangez du poulet et lisez Tony Chu!
Cette série m'a laissé sur ma faim. Je regrette que son auteur ait abandonné cette histoire qui promettait d'être passionnante. J'espère qu'un jour, un autre couple d'artiste reprendra la suite de cette aventure.
Tome 1 Le Trône de Rubis
Je crois que c’est mon gros coup de cœur de l’année. Depuis le temps qu’on attendait une version potable des aventures d’Elric de Melniboné, le résultat surpasse les attentes avec ce que j'estime comme la meilleure nouveauté fantasy de l’année et peut être un futur immanquable si le trio Recht/Poli/Blondel continue sur sa lancée. En guise de préambule j’aimerai placer quelques mots du maître Michael Moorcock à propos de cette nouvelle adaptation européenne dans l'avant-propos de la BD (désolé, pas eu le temps de traduire pour les non anglophones):
" I have to say this is the best interpretation EVER. It's a stunning BD. I've no idea when the English edition will be available but with a working knowledge of the story, you should do fine. There are some tweeks to the original story which in my view are an improvement. "
Comprenez que l'écrivain britannique reconnaît sans mal que Julien Blondel a « amélioré » l’histoire originale, l’ayant rendu plus fluide et plus dans l’air du temps ; c’est quand même assez couillu de le reconnaître et cela souligne bien le boulot énorme abattu.
Pour en revenir à la BD, enfin on arrive à mettre en image l’île de Melniboné, ses forêts, son bestiaire fantastique, sa cour décadente, le labyrinthe mortel d’Imrryr. Je n’aurais jamais imaginé un trône de rubis pareil, il est impressionnant, grandiloquent, un peu à l'image du Trône de Fer de Marc Simonetti. Apprécions également le dépoussiérage de Cymoril qui n’avait dans les romans qu’un rôle de princesse en détresse. Elle est nettement dans une attitude de strong independant woman avec le charisme royal qui va avec.
Elric, c’est quand même bien plus qu’une bête histoire de rivalité pour le pouvoir entre Yyrkoon et son cousin albinos. Par ailleurs cette histoire n’est présente dans les romans que dans le tome 1 « Elric des dragons », on passe à autre chose par la suite (les derniers textes sont plus philosophiques et métaphysiques alors que les premiers symbolisent les années « pulp » de Moorcock) et reste à savoir ce qu’en fera Blondel mais j’ai confiance. Au-delà de la décadence du peuple millénaire melnibonéen et de la sauvagerie sado maso de ce dernier il faut y voir de la part de Moorcock une critique acerbe de l’impérialisme occidentale et du colonialisme britannique (Yyrkoon qui a la nostalgie du passé et qui rêve de l’époque du grand empire de Melniboné qui écrasait tout les peuples et les soumettait à sa loi). Entre autres choses… Il y a à boire et à manger dans Elric. Elric, c’est un des récits fondateurs de la fantasy, directement inspiré de Howard et un héritage énorme avec son fameux concept du multivers (qui a inspiré les générations suivantes d’auteurs comme David Gemmell), du champion éternel et de l’anti héros (d’où vous croyez qu’ils sont issus tous ces héros de la culture populaire dans les jeux vidéos ou les mangas avec leur longue chevelure d’argent et leur teint blanchâtre, maladif, hein ?).
IM-MAN-QUABLE je vous dis. Mise à jour 22/11/2014Tome 2 Stormbringer
Le premier album était grandiose, le second réussit l’exploit d’aller encore plus loin graphiquement où je trouve que l’on atteint une certaine uniformité et harmonie, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant, reconnaissant parfois le style de Didier Poli, tantôt celui de Robin Recht ou de Jean Bastide. Ce qui est normal, il fallait bien un tome « d’échauffement ». Que la troupe s’élargisse avec les entrées remarquées de Julien Telo au dessin et de Scarlett Smulkowski à la couleur, n’est pas encombrante, bien au contraire c’est un formidable plus. Julien Blondel a fait appel à son ami Jean-Luc Cano pour l’épauler au scénario, cela fait un rôliste de plus qui maîtrise son sujet.
Dans ce tome 2 on continue logiquement à suivre les années « pulp » d’Elric. Entendez par là que la trame scénaristique est de la même saveur que le tome 1, inspirée, héritée en partie de l’Heroic Fantasy de Robert E. Howard, et c’est carrément le pied !
Avis aux amateurs du genre : le maître Dyvim Tvar franchissant un lac de lave dans la caverne aux dragons ; Elric poursuivant l’infâme Yyrkoon sur le navire des terres et des mers offert par l’esprit élémentaire Straasha ; la partie d’échec qui se joue entre les dieux du Chaos et de la Loi (opposition inspirée du zoroastrisme) commence petit à petit à émerger de façon subtile ; un duel épique au sommet d’une tour dans une cité maléfique abandonnée ; de la sorcellerie ; des créatures infernales ; une reine à sauver ; l’introduction de Stormbringer l’épée buveuse d’âme qui en inspirera plus d’une dans les décennies à venir (la Soul Reaver dans la saga de jeu vidéo Legacy of Kain)… Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?!
À souligner la préface élogieuse de mister Alan Moore excusez du peu…
Mise à jour 04/10/17Tome 3 Loup Blanc
Dans cette suite le sens du mot « adaptation » prend toute sa signification avec des auteurs toujours aussi inspirés et qui prennent quelques libertés par rapport au contenu d’origine du cycle écrit par Mike Moorcock ; pour le meilleur, et le meilleur seulement (Oh par Arioch ! Ce twist de malade en fin d’album ! Et dire qu’avant les femmes n’avaient pas leur place dans cet univers amer et tragique… je m’arrête, pas de spoiler ! ). Un an qu’Elric a laissé son trône vacant pour arpenter les jeunes royaumes. L’impasse est faite sur le trop métaphysique La Forteresse de la perle pour passer directement au Navigateur sur les mers du destin, ma partie favorite. Là encore, les auteurs se sont emparés des textes d’origines et ont rendu une copie impeccable à mon sens, rendant la narration nettement plus fluide et intelligible là où les nouvelles nous perdaient parfois, oscillant à en perdre la raison entre événements passés et futurs. Ainsi, le rassemblement et les exploits de la team des champions éternels du multivers, que les lecteurs connaissent bien, sont vite évacués en début d’intrigue pour laisser place à l’introduction de personnages à l’importance plus significative dans les aventures d’Elric de Melniboné : en l’occurrence le comte Smiorgan des Cités Pourpres. Preview du cycle 2 ou simple teasing ? Les auteurs ne manquent pas de présenter également la princesse Yshana, son conseiller et futur Némésis d’Elric, le sorcier Theleb K’aarna.
Mais revenons au présent : dans cette aventure Elric, jamais réellement maître de ses choix, toujours l’objet de manipulation des dieux ou des hommes, de plus en plus dépendant des caprices de Stormbringer tout en demeurant froid et implacable dans les carnages qu’elle exige ; part à la rencontre d’un de ses lointains ancêtres, Saxif D’aan, prisonnier de sa bulle dorée sclérosée. Un face à face qui touche au She de H. Rider Haggard et où l’Histoire, si elle ne se répète jamais vraiment, bégaye sévèrement. Une confrontation providentiel pour un Elric en quête de connaissance de soi et de ce que sont les Champions de la Balance. Il réalise que pour atteindre ce but il devra déterrer les secrets de son peuple dans la cité antique de R’Lin K’Ren A’a. Si à l’exploration de la cité oubliée on y ajoute le géant de jade, l’être âgé de 10 000 ans, ainsi que l’inévitable adaptation de la crépusculaire nouvelle La Cité qui rêve, le tome 4 s’annonce méga épique. En fait, les auteurs gouvernent tellement bien leur barque que je me demande s’ils ne sont pas capables de nous conclure la série en un seul cycle.
L’équipe artistique est toujours autant au taquet. Robin Recht + Julien Telo + Jean Bastide + Ronan Toulhoat + Luc Perdriset = vendeurs de rêves (ah ces dragons cristallisés, les gardiens cadavériques, la fausse Imrryr, p. 23, toutes ces bonnes références dans la conception des personnages dans le cahier graphique, et cette illustration de couverture :: ah y en a trop à citer...). Un grand « merci » ! Il y a des planches on est juste la gueule parterre. Recht et Telo sont en parfaite synchro, impossible de différencier leurs dessins, il règne une géniale harmonie entre ces différents auteurs.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais un a priori sur le dessin de cette BD alors même que je n'avais jamais vu la moindre planche. C'est sans doute dû aux couvertures de la première édition française, que je n'aimais vraiment pas.
Heureusement, la réédition est sortie, et j'ai pu me plonger dans cette BD, qui fut une très grosse surprise autant sur le fond que sur la forme.
Déjà, je ne m'attendais pas à ce que ça commence aussi brutalement et aussi soudainement. Première planche, directement dans l'action, et pas n'importe laquelle. On n'a pas le temps de se reposer une seconde dans cette BD qui a un rythme d'enfer d'un bout à l'autre.
Bien évidemment, c'est une BD au scénario extrêmement bien construit. Bien que l'on puisse avoir l'impression que les auteurs s'inspirent d'un univers lovecraftien (et il y a en effet des petits points de scénarios qui peuvent le rappeler), c'est un univers très différent et bien personnel que les auteurs ont développé là. Mais un univers bourré d'inventivité. Je ne détaillerai pas tout, pour laisser le plaisir de découvrir à ceux qui ne connaissent pas, mais la façon dont les pouvoirs apparaissent et sont utilisés est particulièrement bien imaginée.
C'est aussi une BD qui ose avoir des thèmes plus graves : la mort intervient plusieurs fois, des personnages sont malheureux et ne s'en sortent pas, et le final est en demi-teintes. Ca finit bien, mais pas pour tout le monde.
Le dessin est très bon, efficace et dans le genre comics moderne. Il n'y aurait pas grand chose à en dire, la diversité des personnages n'empêche pas la reconnaissance de chacun et les décors sont très bons. C'est simple et efficace.
Bref, une lecture pour laquelle je partais avec plusieurs idées complètement fausse et qui m'a vraiment bien plu. C'est étonnant, unique en son genre et avec de l'inventivité dans l'histoire. Pour le coup, ça fait du bien d'être trompé dans ses attentes quand c'est pour une telle réussite.
J’ai vraiment eu du mal à rentrer dans cet album. Il faut dire que l’ouverture est peu passionnante et que l’on tombe rapidement sur deux personnages… qui sont de loin les moins utiles à mes yeux dans cette étude de caractère.
Le thème ? Nous faire découvrir par petites touches le personnage d’Ursula, jeune femme en quête d’elle-même. La structure du récit désarçonne. En fait le découpage nous montre Ursula dans trois contextes. Un contexte imaginaire dans lequel Ursula est accompagnée de deux chevaliers parlant en vieux français (ce sont clairement les passages les plus pellant à mes yeux). Une séquence dans laquelle on découvre Ursula dans sa vie quotidienne (même si là aussi le symbolisme intervient à l’occasion). Enfin, des entretiens durant lesquelles Ursula se confie à ce qui semble être un psychothérapeute. On ne sait trop comment elle est arrivée là et c’est un des ressorts du récit. Chaque contexte apparait l’un à la suite de l’autre dans chaque chapitre. Et chaque chapitre nous permet d’un peu mieux cerner le personnage d’Ursula et de comprendre combien elle s’est égarée en cours de route.
Et progressivement, le charme opère. Ursula se dévoile. Sa sensibilité, son mal-être apparaissent. Cette jeune femme, « qui aime sentir le regard des hommes » et se perd alors qu’elle ne sait même pas ce qu’elle cherche, parvient à me toucher. Bon ! Le fait qu’elle se balade à poil la majeure partie de l’album a sans doute pesé dans la balance mais, au-delà de l’aspect physique de cette barmaid/danseuse/stripteaseuse/prostituée à l’occasion, c’est vraiment la faille qui se dévoile au fil des chapitres qui a rendu ce récit si intéressant à mes yeux.
Le portrait est-il réaliste ? Je ne crois pas. Portrait d’une jeune femme réalisé par un homme, je pense qu’il entremêle des fantasmes typiquement masculins avec des traits de caractères et une sensibilité que l’on imagine plus féminins. Ursula ne sonne donc pas tout à fait vrai même si le personnage semble réellement exister (l’album lui est dédié).
Le dessin faussement approximatif de Fred Bernard apporte une part de naïveté en totale adéquation avec le sujet. Il ne s’encombre pas de fioritures, les décors sont réduits au strict nécessaire, tout est centré sur Ursula. Ce n’est pas ce que j’ai vu de plus beau mais, dans le genre, c’est efficace.
Au final, voilà une lecture que je vous recommande… même s’il faut s’accrocher au début, le charme opérant plus sur la longueur que dans l’instantané.
En voilà une bonne surprise que cette nouvelle série chez Delcourt ! Ce premier tome de "Dark Museum" m'aura en tout cas pleinement convaincu !
Moi qui affectionne l'art et les illustrations, cette idée d'imaginer l'histoire qui se cache derrière un tableau est tout simplement géniale. Et je ne pouvais être mieux servi que par ce premier opus basé sur la tableau "American gothic" de Grant Wood, qui m'a toujours impressionné depuis que je l'ai découvert lors de mes lointaines études d'histoire de l'art. L'autre point fort de cette série c'est que chaque tome propose une histoire complète et peut donc se lire indépendamment.
Gihef et Didier Alcante ont tout simplement trouvé LA bonne idée, LA bonne histoire, avec toute la noirceur et la rancœur que m'ont toujours inspiré les deux personnages de ce tableau. Et le coup de crayon de Stephane Perger ainsi que sa magnifique mise en couleur à l'aquarelle donnent toute la force et le saignant imaginé par notre duo de scénariste. Certaines planches sont tout bonnement magnifiques malgré l'horreur représentée...
Alors j'en re-veux, et du même tonneau ! Avec une telle version, l'histoire de l'art n'aura bientôt plus de secrets pour personne :p
*** Tome 2 ***
Après le premier album tiré du tableau « American Gothic » qui m’avait vraiment botté et qui était pour moi une vraie réussite, voici venir « Le cri » d’Edvard Munch. On retrouve Alcante & Gihef au scénario, mais c’est Luc Brahy qui se colle cette fois au dessin.
Si le premier opus s’était « limité » à imaginer l’envers du tableau « American Gothic », Alcante et Gihef impliquent dans cet album le peintre en tant que personnage central. Après le décès de son père, Edvard Munch déjà fragile est interné pour des accès de rages incontrôlés. Une de ses amies intervient pour essayer de remédier à son mal en faisant intervenir un jeune médecin ouvert aux nouvelles théories psychanalytiques naissantes. Après avoir semble-t-il percé l’origine du traumatisme, ils décident d’embarquer tout le monde pour l’Indonésie afin de confronter Edvard Munch à la source de son cauchemar…
Le récit est plutôt bien amené et mené, surtout que le dessin réaliste de Luc Brahy est du genre efficace et tend parfaitement à rendre l’ambiance de cette fin XIXe. C’est juste l’extravagance de ce voyage en Indonésie qui m’a fait tiquer… Voilà une personne enfermée plus ou moins secrètement pour son comportement violent et dangereux et qu’on embarque faire un p’tit tour à l’autre bout du monde… Ok c’est pour le soigner, et il est encadré mais vu les connaissances psychanalytiques de l’époque, le temps que représente un tel voyage et son coût, tout cela m’a semblé peu probable… et je ne vous parle pas de l’explication du mal qui ronge notre cher Munch pour ne pas spoiler, mais dans le genre capilotracté, là on va chercher loin. Autant je suis amateur de fantastique et de science-fiction, ce n’est donc pas le genre qui me rebute et je suis ouvert à toute proposition malhonnête pour peu qu’elle soit bien amenée et me fasse triper, autant là j’ai vraiment eu du mal à rentrer dans l’explication et ce voyage.
Du coup forcément, mon appréciation s’en ressent, et même si l’album se laisse lire tranquillement et peut faire passer un agréable moment de lecture, on est loin de la qualité du premier album qui m’avait vraiment scotché.
*** Tome 1 South Central Stories ***
C'est bien du Ankama, c'est bien du Label 619, même format et codes graphiques que le Doggybags... mais ce n'est pas du Doggybags. C'est du "Doggybags présente", ok ?! Tout le monde suit ?!
"South Central Stories", entièrement réalisé par Neyef, avait tout pour rentrer dans un Doggybags classique, si ce n'était la très bonne trame scénaristique qui demandait plus qu'un bon tiers d'album que propose le concept habituel. Qu'à cela ne tienne, RUN emballé par le projet lance cette déclinaison du concept pour permettre à Neyef de nous proposer un récit complet et plus que réussi ! C'est comme si habitués à une excellente collection de courts métrages, vous passiez au format long. "Enlarge your Comics !" sic.
Avec "South Central stories" on plonge dans le L.A. des street gangs. Une fashion week assez peu recherchée sur les codes couleurs, des conflits de voisinages récurrents pour des bouts de trottoirs, des pharmacies particulières aux normes hygiéniques déplorables et des mômes très bruyants : South Central, c'est pas particulièrement "Ze Place 2 Be" si t'es pas né là-bas, que t'es un peu pâle de peau ou simplement si tu ne rentres pas dans le dichotomique code couleur local : rouge ou blanc ; 66 ou slain. Vouloir échapper à cette sordide réalité tient plus du miracle ou du vœu pieux et se paie chaque jour comptant comme le vérifiera Jacob, l'un des personnages centraux du récit.
Je ne rentrerais pas plus dans les détails de l'intrigue pour vous en préserver les bonnes surprises qui jalonnent ce récit. Je dirais juste que Neyef a su très malicieusement mêler ce bouillonnant univers du street gang avec un des ressorts classiques de la littérature, le tout de la plus belle des façons... On est dans le drame en trois actes rondement mené et digéré.
Graphiquement, Neyef s'en donne aussi à cœur joie ! Son style bien particulier, très inspiré par Guillaume Singelin ou Run quand même, a de la gueule et de la tenue.
Il prend de l'assurance par rapport au dernier Doggybags auquel il avait contribué. Il sait donner à son histoire toute l'énergie que requiert la violence et l'horreur qu'il nous balance. Un trait faussement simpliste et hyper expressif au niveau des personnages, rehaussé d’onomatopées et de codes graphiques souvent très bien trouvés lui permettent de nous faire claquer ses planches pleine poire ! Ajoutez à cela une mise en couleur que j'ai adoré. Il sait parfaitement jouer sur les palettes qu'il propose pour gérer les ambiances en fonction des séquences de son récit : juste parfait !
Alors, plus d'excuses pour les amateurs du Label 619 qui n'auraient pas encore plongé dans ce "Doggybags présente" ! "South Central Stories" c'est du tout bon ! A acheter les yeux fermés pour les amateurs de la collection et une très belle manière de rentrer dans l'univers de Doggybags pour ceux qui ne connaitraient pas encore.
*** Tome 2 Heart Breaker ***
2e opus de la série « Doggy bags présente », « Heart Breaker » s’inscrit dans la suite du 6e opus de « Doggy Bags ». Reprenant le personnage de Celyna, alias Heart Breaker, l’album composé de trois nouveaux récits s’ouvre sur la suite directe du tome 6 qui nous avait fait la découvrir.
Petite déception à mon gout déjà, car ce que j’avais apprécié avec le premier « Doggy Bags présente » c’était justement de ne proposer qu’UN récit mais plus long et approfondit par rapport au format classique des courtes histoires cinglantes et sanglantes de « Doggy bags » tout court. D’autant que là, pas de chance, aucun des trois graphismes des auteurs qui ont participé à l’aventure ne m’a vraiment transcendé.
Si le premier de Hasteda et Sourya est celui qui m’a le moins déplu, je trouve qu’il manque quand même d’assise. Pour un dessin s’inspirant du manga, je comprends cette volonté de mettre en avant le mouvement pour souligner l’action ; mais le reste manque de précision et donne au tout un petit côté flottant qui ne sert pas forcément le récit.
Le second scénarisé par Run avec Chariospirale au dessin m’a encore moins convaincu. Ok, le trait a de la personnalité, j’aime ce qui sort du cadre et me faire surprendre, mais là, bof, vraiment pas accroché, d’autant que l’histoire en elle-même ne casse pas des briques et n’apporte pas grand-chose à la trame scénaristique qu’on suivait jusque-là.
Le dernier volet enfin scénarisé par Céline Tran avec Maria Llovet au dessin reprend la trame scénaristique principale : Celyna veut retrouver celui qui l’a transformé en ce qu’elle est devenue. L’encrage est très épais et le trait minimaliste pour un rendu pourtant réaliste ; là, c’est l’ancrage et la colorisation qui ne sont pas ma tasse de thé. Autant en peinture je peux aimer la matière, là, le rendu est assez étrange et un brin grossier. Et si j’arrive parfois à passer par-dessus mes réticences question graphisme, il faut que le scénario soit raccord avec ce qu’on me propose et qu’il m’accroche vraiment. Là, on est loin de tout ça.
Moi qui suis plutôt fan du genre et du concept, j’avoue que là c’est une réelle déception. Je vous renvoie plutôt au 1er tome de « Doggy Bags présente », « South Central Stories », qui lui tient toutes ses promesses.
Mon coup de cœur de l’année !
De tous les récits traitant des batailles de Napoléon, celui-ci est pour ma part le plus surprenant car il relate une action que l’empereur lui-même n’aurait jamais pu imaginer. En effet, l'auteur espagnol s’attache à nous faire découvrir un fait historique méconnu : la tentative d’évasion d’un régiment ibérique en entier au nez et à la barbe de l’empereur. La construction narrative est exemplaire. Seul un natif, à mon sens, pouvait donner une telle intensité à ce récit où toute l’inimitié des Espagnols envers le nain corse sue à grosses gouttes. Cette BD est aussi un formidable témoignage sur le déroulement des batailles napoléoniennes vu de l’intérieur (et pas des élites). La marche sur Moscou en 1812 a beau être triomphale, il plane sur la retraite des troupes françaises comme un parfum de défaite. Cette BD éveille donc les sens et donne la pleine mesure de toute la démesure des desseins expansionnistes de Napoléon.
Un must have.
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C'est une vraie découverte. Je ne connaissais pas Fabcaro, et j'ai découvert Zai4 chez un ami. J'ai souri, plein, j'ai ri, plein aussi. je me la suis donc achetée, cette pépite, et je l'offre souvent à des amis. ce'st drôle, fin, burlesque, et complètement absurde. L'idée d'une personne en fuite pour cause d'oubli de carte de fidélité est excellente, et permet de mettre en scène plein de situations plus cocasses les unes que les autres. Un coup de coeur pour la mamie interviewé, pour les points et la machine à raclette, et pour les retrouvailles avec la copine d'enfance. les dessins est simple et percutant, pas de fioriture, on va droit au but. j'ai passé un super moment, ca m'a donné envie d'aller siffler là-haut sur la colline. il ne me reste plus qu'à découvrir le reste de ce qu'a fait ce monsieur...
Notes
J'aime boulet. Je n'ai pas lu ses autres BD, Ragnarök, Donjon, mais je lis son blog avec assiduité. J'ai acquis les tomes de notes petit à petit, il y a quelques années, et je prends toujours beaucoup de plaisir à les relire. C'est réaliste, poétique, bien dessiné, dessiné à l'arrache, en couleur, en noir et blanc, on trouve des souvenirs d'enfance, des pensées profondes, des questionnements sur la vie de tous les jours, des anecdotes de vie, des rêves, des espoirs, des énervements... Bref, un peu de tout. J'apprécie beaucoup l'autodérision dont il fait preuve et le regard qu'il porte sur le monde, les petits chats mignons, les copains, les soirées, les scientifiques, les enfants. Etant parisienne je me retrouve pas mal dans certaines situations vécues et très bien racontées. Et puis le dessin... le dessin! Il peut paraître assez simple au premier abord (peut être un effet du noir et blanc) mais il y a toujours une foule de détails, avec plein de petits traits partout. l’alternance d'histoire en noir et blanc et en couleur, avec peu de détails puis avec une fouuule de détails, permet de varier les plaisirs et d'éviter une monotonie dans la lecture. les gros plans, les mises en abîme, les mouvements, c'est fluide et toujours très lisible. Les 10 ouvrages sont très denses et on les savoure, sous couette ou dans son canapé, ça ne se lit pas vite, ça se déguste. 191 pages qui me donnent à chaque fois le sourire, souvent une vrai rire qui sort, heureux d'avoir été trouvé... Et pour ne rien gâcher, il a réussi dans ces notes qui sont des synthèses chronologiques de ses billets de blog à faire ressortir des thèmes différents dans chacun des tomes: les rêves, la fin du monde, les sciences, le corps humain.. Bref, je conseille, à lire et à relire!
Tony Chu Détective Cannibale
Je commencerais simplement en remerciant Paco dont la critique de cette BD m’a donné envie de la lire. Cette série est simplement énorme. Les auteurs sont à mon avis complètement barrés pour imaginer un truc pareil, mais j’y adhère sans mesure. On sent que les auteurs sont vraiment relâchés dans ce qu’ils font, le rythme du récit colle parfaitement aux aventures de ce détective cibopathe. Ces dernières sont servies par un trait dynamique et des dessins riches en détails. A ce sujet, la version française est bien faite avec un vrai travail sur la qualité des traductions. Côté scénario, pas évident d’en parler sans trop en dire, car découvrir cet univers fait partie des plaisirs de la lecture. Mais les « épisodes » s’enchainent sans baisse de rythme et chaque tome de l’édition française nous laisse dans l’impatience de lire la suite. Et les auteurs semblent ne rien se refuser. A découvrir. Mise à jour après la lecture des 12 tomes de la série : Je me tate à aller jusqu'à culte, mais on est au moins à 4,5/5. Peut être quelques légers essoufflements à noter de temps en temps, mais l'ensemble reste quand même puissamment génial. Sans rien spoiler, la conclusion est sans concession et montre toute la détermination des auteurs à mener leur barque où ils le souhaitaient. Le dessin reste riche et plein de détails tout le long de la série. On voit apparaître de-ci de-là (pas facile à placer celui là!) des privates jokes assez ouvertes pour être comprises par le lecteur. Du ton très léger du début, on suit l'histoire petit à petit vers un univers un peu plus sombre. Les personnages s'étoffent au fur et à mesure que l'histoire avance de façon construite, leurs relations gagnent en profondeur. On n'est pas dans de la bande dessinée hautement psychologique, mais l'ensemble reste cohérent du début à la fin. Je recommande les yeux fermés (pas facile pour lire une bd) cette série, qui manie humour et originalité avec une finesse suffisamment rare pour être notée. Mangez du poulet et lisez Tony Chu!
Le Casque et la Fronde
Cette série m'a laissé sur ma faim. Je regrette que son auteur ait abandonné cette histoire qui promettait d'être passionnante. J'espère qu'un jour, un autre couple d'artiste reprendra la suite de cette aventure.
Elric (Glénat)
Tome 1 Le Trône de Rubis Je crois que c’est mon gros coup de cœur de l’année. Depuis le temps qu’on attendait une version potable des aventures d’Elric de Melniboné, le résultat surpasse les attentes avec ce que j'estime comme la meilleure nouveauté fantasy de l’année et peut être un futur immanquable si le trio Recht/Poli/Blondel continue sur sa lancée. En guise de préambule j’aimerai placer quelques mots du maître Michael Moorcock à propos de cette nouvelle adaptation européenne dans l'avant-propos de la BD (désolé, pas eu le temps de traduire pour les non anglophones): " I have to say this is the best interpretation EVER. It's a stunning BD. I've no idea when the English edition will be available but with a working knowledge of the story, you should do fine. There are some tweeks to the original story which in my view are an improvement. " Comprenez que l'écrivain britannique reconnaît sans mal que Julien Blondel a « amélioré » l’histoire originale, l’ayant rendu plus fluide et plus dans l’air du temps ; c’est quand même assez couillu de le reconnaître et cela souligne bien le boulot énorme abattu. Pour en revenir à la BD, enfin on arrive à mettre en image l’île de Melniboné, ses forêts, son bestiaire fantastique, sa cour décadente, le labyrinthe mortel d’Imrryr. Je n’aurais jamais imaginé un trône de rubis pareil, il est impressionnant, grandiloquent, un peu à l'image du Trône de Fer de Marc Simonetti. Apprécions également le dépoussiérage de Cymoril qui n’avait dans les romans qu’un rôle de princesse en détresse. Elle est nettement dans une attitude de strong independant woman avec le charisme royal qui va avec. Elric, c’est quand même bien plus qu’une bête histoire de rivalité pour le pouvoir entre Yyrkoon et son cousin albinos. Par ailleurs cette histoire n’est présente dans les romans que dans le tome 1 « Elric des dragons », on passe à autre chose par la suite (les derniers textes sont plus philosophiques et métaphysiques alors que les premiers symbolisent les années « pulp » de Moorcock) et reste à savoir ce qu’en fera Blondel mais j’ai confiance. Au-delà de la décadence du peuple millénaire melnibonéen et de la sauvagerie sado maso de ce dernier il faut y voir de la part de Moorcock une critique acerbe de l’impérialisme occidentale et du colonialisme britannique (Yyrkoon qui a la nostalgie du passé et qui rêve de l’époque du grand empire de Melniboné qui écrasait tout les peuples et les soumettait à sa loi). Entre autres choses… Il y a à boire et à manger dans Elric. Elric, c’est un des récits fondateurs de la fantasy, directement inspiré de Howard et un héritage énorme avec son fameux concept du multivers (qui a inspiré les générations suivantes d’auteurs comme David Gemmell), du champion éternel et de l’anti héros (d’où vous croyez qu’ils sont issus tous ces héros de la culture populaire dans les jeux vidéos ou les mangas avec leur longue chevelure d’argent et leur teint blanchâtre, maladif, hein ?). IM-MAN-QUABLE je vous dis.
Mise à jour 22/11/2014
Tome 2 Stormbringer
Le premier album était grandiose, le second réussit l’exploit d’aller encore plus loin graphiquement où je trouve que l’on atteint une certaine uniformité et harmonie, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant, reconnaissant parfois le style de Didier Poli, tantôt celui de Robin Recht ou de Jean Bastide. Ce qui est normal, il fallait bien un tome « d’échauffement ». Que la troupe s’élargisse avec les entrées remarquées de Julien Telo au dessin et de Scarlett Smulkowski à la couleur, n’est pas encombrante, bien au contraire c’est un formidable plus. Julien Blondel a fait appel à son ami Jean-Luc Cano pour l’épauler au scénario, cela fait un rôliste de plus qui maîtrise son sujet.
Dans ce tome 2 on continue logiquement à suivre les années « pulp » d’Elric. Entendez par là que la trame scénaristique est de la même saveur que le tome 1, inspirée, héritée en partie de l’Heroic Fantasy de Robert E. Howard, et c’est carrément le pied !
Avis aux amateurs du genre : le maître Dyvim Tvar franchissant un lac de lave dans la caverne aux dragons ; Elric poursuivant l’infâme Yyrkoon sur le navire des terres et des mers offert par l’esprit élémentaire Straasha ; la partie d’échec qui se joue entre les dieux du Chaos et de la Loi (opposition inspirée du zoroastrisme) commence petit à petit à émerger de façon subtile ; un duel épique au sommet d’une tour dans une cité maléfique abandonnée ; de la sorcellerie ; des créatures infernales ; une reine à sauver ; l’introduction de Stormbringer l’épée buveuse d’âme qui en inspirera plus d’une dans les décennies à venir (la Soul Reaver dans la saga de jeu vidéo Legacy of Kain)… Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?!
À souligner la préface élogieuse de mister Alan Moore excusez du peu…
Mise à jour 04/10/17
Tome 3 Loup Blanc
Dans cette suite le sens du mot « adaptation » prend toute sa signification avec des auteurs toujours aussi inspirés et qui prennent quelques libertés par rapport au contenu d’origine du cycle écrit par Mike Moorcock ; pour le meilleur, et le meilleur seulement (Oh par Arioch ! Ce twist de malade en fin d’album ! Et dire qu’avant les femmes n’avaient pas leur place dans cet univers amer et tragique… je m’arrête, pas de spoiler ! ). Un an qu’Elric a laissé son trône vacant pour arpenter les jeunes royaumes. L’impasse est faite sur le trop métaphysique La Forteresse de la perle pour passer directement au Navigateur sur les mers du destin, ma partie favorite. Là encore, les auteurs se sont emparés des textes d’origines et ont rendu une copie impeccable à mon sens, rendant la narration nettement plus fluide et intelligible là où les nouvelles nous perdaient parfois, oscillant à en perdre la raison entre événements passés et futurs. Ainsi, le rassemblement et les exploits de la team des champions éternels du multivers, que les lecteurs connaissent bien, sont vite évacués en début d’intrigue pour laisser place à l’introduction de personnages à l’importance plus significative dans les aventures d’Elric de Melniboné : en l’occurrence le comte Smiorgan des Cités Pourpres. Preview du cycle 2 ou simple teasing ? Les auteurs ne manquent pas de présenter également la princesse Yshana, son conseiller et futur Némésis d’Elric, le sorcier Theleb K’aarna.
Mais revenons au présent : dans cette aventure Elric, jamais réellement maître de ses choix, toujours l’objet de manipulation des dieux ou des hommes, de plus en plus dépendant des caprices de Stormbringer tout en demeurant froid et implacable dans les carnages qu’elle exige ; part à la rencontre d’un de ses lointains ancêtres, Saxif D’aan, prisonnier de sa bulle dorée sclérosée. Un face à face qui touche au She de H. Rider Haggard et où l’Histoire, si elle ne se répète jamais vraiment, bégaye sévèrement. Une confrontation providentiel pour un Elric en quête de connaissance de soi et de ce que sont les Champions de la Balance. Il réalise que pour atteindre ce but il devra déterrer les secrets de son peuple dans la cité antique de R’Lin K’Ren A’a. Si à l’exploration de la cité oubliée on y ajoute le géant de jade, l’être âgé de 10 000 ans, ainsi que l’inévitable adaptation de la crépusculaire nouvelle La Cité qui rêve, le tome 4 s’annonce méga épique. En fait, les auteurs gouvernent tellement bien leur barque que je me demande s’ils ne sont pas capables de nous conclure la série en un seul cycle.
L’équipe artistique est toujours autant au taquet. Robin Recht + Julien Telo + Jean Bastide + Ronan Toulhoat + Luc Perdriset = vendeurs de rêves (ah ces dragons cristallisés, les gardiens cadavériques, la fausse Imrryr, p. 23, toutes ces bonnes références dans la conception des personnages dans le cahier graphique, et cette illustration de couverture :: ah y en a trop à citer...). Un grand « merci » ! Il y a des planches on est juste la gueule parterre. Recht et Telo sont en parfaite synchro, impossible de différencier leurs dessins, il règne une géniale harmonie entre ces différents auteurs.
Locke & Key
Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais un a priori sur le dessin de cette BD alors même que je n'avais jamais vu la moindre planche. C'est sans doute dû aux couvertures de la première édition française, que je n'aimais vraiment pas. Heureusement, la réédition est sortie, et j'ai pu me plonger dans cette BD, qui fut une très grosse surprise autant sur le fond que sur la forme. Déjà, je ne m'attendais pas à ce que ça commence aussi brutalement et aussi soudainement. Première planche, directement dans l'action, et pas n'importe laquelle. On n'a pas le temps de se reposer une seconde dans cette BD qui a un rythme d'enfer d'un bout à l'autre. Bien évidemment, c'est une BD au scénario extrêmement bien construit. Bien que l'on puisse avoir l'impression que les auteurs s'inspirent d'un univers lovecraftien (et il y a en effet des petits points de scénarios qui peuvent le rappeler), c'est un univers très différent et bien personnel que les auteurs ont développé là. Mais un univers bourré d'inventivité. Je ne détaillerai pas tout, pour laisser le plaisir de découvrir à ceux qui ne connaissent pas, mais la façon dont les pouvoirs apparaissent et sont utilisés est particulièrement bien imaginée. C'est aussi une BD qui ose avoir des thèmes plus graves : la mort intervient plusieurs fois, des personnages sont malheureux et ne s'en sortent pas, et le final est en demi-teintes. Ca finit bien, mais pas pour tout le monde. Le dessin est très bon, efficace et dans le genre comics moderne. Il n'y aurait pas grand chose à en dire, la diversité des personnages n'empêche pas la reconnaissance de chacun et les décors sont très bons. C'est simple et efficace. Bref, une lecture pour laquelle je partais avec plusieurs idées complètement fausse et qui m'a vraiment bien plu. C'est étonnant, unique en son genre et avec de l'inventivité dans l'histoire. Pour le coup, ça fait du bien d'être trompé dans ses attentes quand c'est pour une telle réussite.
Ursula (vers l'amour et au-delà)
J’ai vraiment eu du mal à rentrer dans cet album. Il faut dire que l’ouverture est peu passionnante et que l’on tombe rapidement sur deux personnages… qui sont de loin les moins utiles à mes yeux dans cette étude de caractère. Le thème ? Nous faire découvrir par petites touches le personnage d’Ursula, jeune femme en quête d’elle-même. La structure du récit désarçonne. En fait le découpage nous montre Ursula dans trois contextes. Un contexte imaginaire dans lequel Ursula est accompagnée de deux chevaliers parlant en vieux français (ce sont clairement les passages les plus pellant à mes yeux). Une séquence dans laquelle on découvre Ursula dans sa vie quotidienne (même si là aussi le symbolisme intervient à l’occasion). Enfin, des entretiens durant lesquelles Ursula se confie à ce qui semble être un psychothérapeute. On ne sait trop comment elle est arrivée là et c’est un des ressorts du récit. Chaque contexte apparait l’un à la suite de l’autre dans chaque chapitre. Et chaque chapitre nous permet d’un peu mieux cerner le personnage d’Ursula et de comprendre combien elle s’est égarée en cours de route. Et progressivement, le charme opère. Ursula se dévoile. Sa sensibilité, son mal-être apparaissent. Cette jeune femme, « qui aime sentir le regard des hommes » et se perd alors qu’elle ne sait même pas ce qu’elle cherche, parvient à me toucher. Bon ! Le fait qu’elle se balade à poil la majeure partie de l’album a sans doute pesé dans la balance mais, au-delà de l’aspect physique de cette barmaid/danseuse/stripteaseuse/prostituée à l’occasion, c’est vraiment la faille qui se dévoile au fil des chapitres qui a rendu ce récit si intéressant à mes yeux. Le portrait est-il réaliste ? Je ne crois pas. Portrait d’une jeune femme réalisé par un homme, je pense qu’il entremêle des fantasmes typiquement masculins avec des traits de caractères et une sensibilité que l’on imagine plus féminins. Ursula ne sonne donc pas tout à fait vrai même si le personnage semble réellement exister (l’album lui est dédié). Le dessin faussement approximatif de Fred Bernard apporte une part de naïveté en totale adéquation avec le sujet. Il ne s’encombre pas de fioritures, les décors sont réduits au strict nécessaire, tout est centré sur Ursula. Ce n’est pas ce que j’ai vu de plus beau mais, dans le genre, c’est efficace. Au final, voilà une lecture que je vous recommande… même s’il faut s’accrocher au début, le charme opérant plus sur la longueur que dans l’instantané.
Dark Museum
En voilà une bonne surprise que cette nouvelle série chez Delcourt ! Ce premier tome de "Dark Museum" m'aura en tout cas pleinement convaincu ! Moi qui affectionne l'art et les illustrations, cette idée d'imaginer l'histoire qui se cache derrière un tableau est tout simplement géniale. Et je ne pouvais être mieux servi que par ce premier opus basé sur la tableau "American gothic" de Grant Wood, qui m'a toujours impressionné depuis que je l'ai découvert lors de mes lointaines études d'histoire de l'art. L'autre point fort de cette série c'est que chaque tome propose une histoire complète et peut donc se lire indépendamment. Gihef et Didier Alcante ont tout simplement trouvé LA bonne idée, LA bonne histoire, avec toute la noirceur et la rancœur que m'ont toujours inspiré les deux personnages de ce tableau. Et le coup de crayon de Stephane Perger ainsi que sa magnifique mise en couleur à l'aquarelle donnent toute la force et le saignant imaginé par notre duo de scénariste. Certaines planches sont tout bonnement magnifiques malgré l'horreur représentée... Alors j'en re-veux, et du même tonneau ! Avec une telle version, l'histoire de l'art n'aura bientôt plus de secrets pour personne :p *** Tome 2 *** Après le premier album tiré du tableau « American Gothic » qui m’avait vraiment botté et qui était pour moi une vraie réussite, voici venir « Le cri » d’Edvard Munch. On retrouve Alcante & Gihef au scénario, mais c’est Luc Brahy qui se colle cette fois au dessin. Si le premier opus s’était « limité » à imaginer l’envers du tableau « American Gothic », Alcante et Gihef impliquent dans cet album le peintre en tant que personnage central. Après le décès de son père, Edvard Munch déjà fragile est interné pour des accès de rages incontrôlés. Une de ses amies intervient pour essayer de remédier à son mal en faisant intervenir un jeune médecin ouvert aux nouvelles théories psychanalytiques naissantes. Après avoir semble-t-il percé l’origine du traumatisme, ils décident d’embarquer tout le monde pour l’Indonésie afin de confronter Edvard Munch à la source de son cauchemar… Le récit est plutôt bien amené et mené, surtout que le dessin réaliste de Luc Brahy est du genre efficace et tend parfaitement à rendre l’ambiance de cette fin XIXe. C’est juste l’extravagance de ce voyage en Indonésie qui m’a fait tiquer… Voilà une personne enfermée plus ou moins secrètement pour son comportement violent et dangereux et qu’on embarque faire un p’tit tour à l’autre bout du monde… Ok c’est pour le soigner, et il est encadré mais vu les connaissances psychanalytiques de l’époque, le temps que représente un tel voyage et son coût, tout cela m’a semblé peu probable… et je ne vous parle pas de l’explication du mal qui ronge notre cher Munch pour ne pas spoiler, mais dans le genre capilotracté, là on va chercher loin. Autant je suis amateur de fantastique et de science-fiction, ce n’est donc pas le genre qui me rebute et je suis ouvert à toute proposition malhonnête pour peu qu’elle soit bien amenée et me fasse triper, autant là j’ai vraiment eu du mal à rentrer dans l’explication et ce voyage. Du coup forcément, mon appréciation s’en ressent, et même si l’album se laisse lire tranquillement et peut faire passer un agréable moment de lecture, on est loin de la qualité du premier album qui m’avait vraiment scotché.
Doggybags présente
*** Tome 1 South Central Stories *** C'est bien du Ankama, c'est bien du Label 619, même format et codes graphiques que le Doggybags... mais ce n'est pas du Doggybags. C'est du "Doggybags présente", ok ?! Tout le monde suit ?! "South Central Stories", entièrement réalisé par Neyef, avait tout pour rentrer dans un Doggybags classique, si ce n'était la très bonne trame scénaristique qui demandait plus qu'un bon tiers d'album que propose le concept habituel. Qu'à cela ne tienne, RUN emballé par le projet lance cette déclinaison du concept pour permettre à Neyef de nous proposer un récit complet et plus que réussi ! C'est comme si habitués à une excellente collection de courts métrages, vous passiez au format long. "Enlarge your Comics !" sic. Avec "South Central stories" on plonge dans le L.A. des street gangs. Une fashion week assez peu recherchée sur les codes couleurs, des conflits de voisinages récurrents pour des bouts de trottoirs, des pharmacies particulières aux normes hygiéniques déplorables et des mômes très bruyants : South Central, c'est pas particulièrement "Ze Place 2 Be" si t'es pas né là-bas, que t'es un peu pâle de peau ou simplement si tu ne rentres pas dans le dichotomique code couleur local : rouge ou blanc ; 66 ou slain. Vouloir échapper à cette sordide réalité tient plus du miracle ou du vœu pieux et se paie chaque jour comptant comme le vérifiera Jacob, l'un des personnages centraux du récit. Je ne rentrerais pas plus dans les détails de l'intrigue pour vous en préserver les bonnes surprises qui jalonnent ce récit. Je dirais juste que Neyef a su très malicieusement mêler ce bouillonnant univers du street gang avec un des ressorts classiques de la littérature, le tout de la plus belle des façons... On est dans le drame en trois actes rondement mené et digéré. Graphiquement, Neyef s'en donne aussi à cœur joie ! Son style bien particulier, très inspiré par Guillaume Singelin ou Run quand même, a de la gueule et de la tenue. Il prend de l'assurance par rapport au dernier Doggybags auquel il avait contribué. Il sait donner à son histoire toute l'énergie que requiert la violence et l'horreur qu'il nous balance. Un trait faussement simpliste et hyper expressif au niveau des personnages, rehaussé d’onomatopées et de codes graphiques souvent très bien trouvés lui permettent de nous faire claquer ses planches pleine poire ! Ajoutez à cela une mise en couleur que j'ai adoré. Il sait parfaitement jouer sur les palettes qu'il propose pour gérer les ambiances en fonction des séquences de son récit : juste parfait ! Alors, plus d'excuses pour les amateurs du Label 619 qui n'auraient pas encore plongé dans ce "Doggybags présente" ! "South Central Stories" c'est du tout bon ! A acheter les yeux fermés pour les amateurs de la collection et une très belle manière de rentrer dans l'univers de Doggybags pour ceux qui ne connaitraient pas encore. *** Tome 2 Heart Breaker *** 2e opus de la série « Doggy bags présente », « Heart Breaker » s’inscrit dans la suite du 6e opus de « Doggy Bags ». Reprenant le personnage de Celyna, alias Heart Breaker, l’album composé de trois nouveaux récits s’ouvre sur la suite directe du tome 6 qui nous avait fait la découvrir. Petite déception à mon gout déjà, car ce que j’avais apprécié avec le premier « Doggy Bags présente » c’était justement de ne proposer qu’UN récit mais plus long et approfondit par rapport au format classique des courtes histoires cinglantes et sanglantes de « Doggy bags » tout court. D’autant que là, pas de chance, aucun des trois graphismes des auteurs qui ont participé à l’aventure ne m’a vraiment transcendé. Si le premier de Hasteda et Sourya est celui qui m’a le moins déplu, je trouve qu’il manque quand même d’assise. Pour un dessin s’inspirant du manga, je comprends cette volonté de mettre en avant le mouvement pour souligner l’action ; mais le reste manque de précision et donne au tout un petit côté flottant qui ne sert pas forcément le récit. Le second scénarisé par Run avec Chariospirale au dessin m’a encore moins convaincu. Ok, le trait a de la personnalité, j’aime ce qui sort du cadre et me faire surprendre, mais là, bof, vraiment pas accroché, d’autant que l’histoire en elle-même ne casse pas des briques et n’apporte pas grand-chose à la trame scénaristique qu’on suivait jusque-là. Le dernier volet enfin scénarisé par Céline Tran avec Maria Llovet au dessin reprend la trame scénaristique principale : Celyna veut retrouver celui qui l’a transformé en ce qu’elle est devenue. L’encrage est très épais et le trait minimaliste pour un rendu pourtant réaliste ; là, c’est l’ancrage et la colorisation qui ne sont pas ma tasse de thé. Autant en peinture je peux aimer la matière, là, le rendu est assez étrange et un brin grossier. Et si j’arrive parfois à passer par-dessus mes réticences question graphisme, il faut que le scénario soit raccord avec ce qu’on me propose et qu’il m’accroche vraiment. Là, on est loin de tout ça. Moi qui suis plutôt fan du genre et du concept, j’avoue que là c’est une réelle déception. Je vous renvoie plutôt au 1er tome de « Doggy Bags présente », « South Central Stories », qui lui tient toutes ses promesses.
L'Ombre de l'aigle
Mon coup de cœur de l’année ! De tous les récits traitant des batailles de Napoléon, celui-ci est pour ma part le plus surprenant car il relate une action que l’empereur lui-même n’aurait jamais pu imaginer. En effet, l'auteur espagnol s’attache à nous faire découvrir un fait historique méconnu : la tentative d’évasion d’un régiment ibérique en entier au nez et à la barbe de l’empereur. La construction narrative est exemplaire. Seul un natif, à mon sens, pouvait donner une telle intensité à ce récit où toute l’inimitié des Espagnols envers le nain corse sue à grosses gouttes. Cette BD est aussi un formidable témoignage sur le déroulement des batailles napoléoniennes vu de l’intérieur (et pas des élites). La marche sur Moscou en 1812 a beau être triomphale, il plane sur la retraite des troupes françaises comme un parfum de défaite. Cette BD éveille donc les sens et donne la pleine mesure de toute la démesure des desseins expansionnistes de Napoléon. Un must have.