Magnifique !
J’ai peur que les mots me manquent pour faire honneur à cet album, surtout après le superbe avis de Blue Boy.
La narration alterne entre la trame principale (Héro et Cherry racontant des contes pour gagner du temps) et les contes en question, un peu à la façon des 1001 nuits. Les contes en question sont prenants, poétiques, et tintés d’un féminisme qui ajoute du poids et une certaine originalité au récit. Ici, les deux héroïnes sont lesbiennes, amoureuses, et n’ont pas besoin de prince charmant. Les protagonistes masculins sont pour la plupart possessifs et odieux. Le ton est pourtant très juste, et ne tombe pas dans les clichés féministes.
Le dessin typé « nouvelle vague » est superbe, les planches sont belles et la mise en page souvent originale. L’album lui-même est de qualité, grand format, couverture cartonnée… vraiment un bel objet, que j’ai beaucoup de plaisir à revisiter et feuilleter.
Un coup de cœur !
Ce n'est seulement qu'en postface du 4ème tome que l'on apprend que l'auteur est un grand fan du Django de Sergio Corbucci et qu'il a voulu rendre un joli hommage à un genre qu'il affectionne tout particulièrement : les Westerns.
Pourtant les premières pages laissent présager d'un hommage appuyé au film de Martin Scorcese, Gangs of New York dont Kakizaki reprend le cadre et les guerres de gangs dans une Amérique corrompue de fin XIXème siècle accueillant les colons et les désœuvrés.
Les frères Burns tentent de survivre tant bien que mal dans un quartier rongé par la pègre et la misère : Luke trime dur en tant que docker pour subvenir au quotidien de son frère oisif Brad.
Ce dernier cache son activité d'assassin pour préserver son petit frère. Sous le sobriquet de Grim Reaper, c'est un redoutable nettoyeur des rues la nuit pour le compte du gang Grave Diggers.
Mais forcément tout ne se passe pas comme prévu et le passé de leur père aux intentions peu louables comme les intérêts financiers des nombreuses crapules peuplant Five Points, ce quartier peu fréquentable de NY, vont bouleverser la vie des frères Burns qui vont devoir fuir et racheter leur fierté familiale.
Le fait de basculer d'une réalité historique d'Est en Ouest vers des plaines arides bouleverse considérablement le récit en le faisant naviguer d'un genre à l'autre.
Malgré tout la vengeance et la violence seront les principaux attributs d'un récit simple mais superbement ficelé pour captiver le lecteur du début à la fin.
Il faut dire que Kazikazi est un expert en tableaux semi réalistes sans négliger aucun détail : des décors crasseux de New York aux locomotives de l'Ouest, chaque page est un véritable régal pour les yeux.
Malgré une touche japonaise tout à fait normale dans la représentation des protagonistes, tout est scrupuleusement réaliste y compris dans les faits puisqu'on s'y permet quelques touches historiques et sociales aucunement rébarbatives mais bien amenées sur la condition sociale de l'époque, le racisme latent anti noir et même un plaidoyer émouvant sur les Amérindiens.
Il s'agit d'un récit vraiment fluide et agréable dont le rythme ne faillit jamais. On en regretterait presque le format si étroit des mangas pour mieux admirer les superbes dessins en noir et blanc qui mériteraient un plus bel écrin.
L'histoire est peut être simple mais il s'agit pour ma part surement d'un des plus beaux Westerns contemporains faisant la part belle aux affrontements surhumains et sanglants d'une belle brochette de desperados.
Un véritable petit bonheur méconnu qui devrait faire de l'oeil à tout amateur d'action et de jolies planches.
Vivement recommandé par mon libraire, je me suis plongé dans cette bande dessinée quasiment muette illustrée par Julie Rocheleau, dans son style aussi élégant que dans La Colère de Fantômas.
Vero Cazot nous offre une merveilleuse histoire à partir d'un sujet grave, le cancer du sein. Tout en subtilité, l'auteur aborde ce thème sans pathos , en nous épargnant le côté médical de cette maladie.
A travers le destin, a priori brisé, et les doutes de celle qui prendra le nom de Betty Boob (superbe trouvaille, au demeurant, et hommage à cette pétillante héroïne des années 30), Vero Cazot nous offre une note d'espoir, une bouffée d'espérance non seulement uniquement pour les femmes mais aussi pour les hommes.
Les rapports homme- femme à qui l'on a ôté un sein, sont très bien traduits dans les premières pages du livre et donnent à réfléchir.
C'est une œuvre forte, belle mais toute empreinte de poésie, qu'il faut évidemment lire.
Histoire, couleurs et dessin...tout est réussi.
Si je me trompe pas, c'est le seul album de Trondheim où il n'est pas scénariste.
J'ai vraiment adoré ce petit album qui parle de la mort de manière drôle et philosophique. Cela se lit vite, mais j'ai l'impression qu'il y avait plus de contenu dans ce patte de mouche que dans beaucoup d'album 'normal' de 44 pages. Coudray sait comment écrire des dialogues savoureux et le dessin minimaliste de Trondheim est sympathique. Dommage qu'ils n'aient pas retravaillé ensemble.
Probablement le meilleur one-shot de cette collection que j'ai lu jusqu'à présent. J'aurais aimé que cela dure plus longtemps, mais en même temps je me dis que l'une des qualités de cet album c'est que les auteurs arrêtent avant de commencer à étirer la sauce ou à tourner en rond.
Tous les passionnés d'Histoire se doivent de lire cette BD (à défaut de lire le roman éponyme). On suit toute une galerie de personnages bringuebalés dans la grande histoire de la Commune, dont l'épopée, l'ambiance, la fièvre sont très bien retranscrites par Vautrin et très bien illustrées par le grand Tardi.
Bien sûr, c'est un récit très engagé (du côté des communards) mais pour une fois que les vaincus ont l'occasion d'écrire l'Histoire, on ne va pas se plaindre.
Cette BD est tout d'abord un choc visuel. Rendez vous dans une librairie et votre œil sera inévitablement attiré par la superbe couverture. Le contenant est à la hauteur du contenu.
A l'intérieur, le lecteur trouvera des planches en couleurs directes qui font penser à des tableaux de Gustav Klimt, d'Egon Schiele. J'ai aussi trouvé des similitudes avec Bill Sienkiewickz pour les dessinateurs BD.
La scène se déroule sur un paquebot en route vers l'Argentine dans la période d'après Seconde Guerre Mondiale. A son bord, un Maître des échecs, qui se laisse défier par un illustre inconnu. Qui est-il ? D'où vient-il ? Comment celui ci parvient-il à tenir tête à ce Maître des échecs ? Au lecteur de le découvrir en lisant cette superbe adaptation du Roman de Stefan Zweig.
J'avoue que je ne connaissais pas David Sala et j'ai vraiment été bluffé par son style de dessin. On a le sentiment de voir se dérouler face à soi une série de tableaux d'une beauté rare, une explosion de lumière qui traverse votre lecture tout au long des 110 pages de cet album.
Une adaptation absolument remarquable. Une réussite totale.
Après avoir découvert l'auteur via Abanddon, je me suis précipitée sur cette nouvelle oeuvre.
Je ne sais trop d'où il tient son inspiration légèrement angoissante (bien que j'ai quelques idées de base), mais le moins que l'on puisse dire c'est que ses oeuvres ne laissent pas indifférent. Il s'agit là d'une oeuvre d'ambiance dans laquelle on entre comme si de rien n'était mais qui marque profondément.
Sous l'apparente simplicité de la structure, la grande question humaine est posée. L'immortalité tient une place particulière chez l'humain, à la fois tentation et pire cauchemar. Qui est-on, où va-t-on ? Un album bien étrange mais qui m'a complètement séduit. Je recommande à ceux qui cherchent la différence.
Mises à part diverses anecdotes et les inspirations qu’elle a suscitées, je n’ai jamais lu Valérian et n’en connais que le film écrit et réalisé par Luc Besson. Cela m’a au moins permis de juger l’album en lui-même sans avoir besoin de me référer sans cesse au matériau d’origine en cherchant les points de divergences, ce que j’aurai trouvé mieux ou moins bon.
N’y allons pas par quatre chemins, je me suis beaucoup amusé. Je m’attendais à un space opera ou du moins à ce que le gros du récit soit tourné vers le space opera, j’ai lu une bd humoristique sur fond de SF. C’est une histoire d’imbroglio juridique où les shingouz ont encore merdé. Cette clique de créatures gaffeuses qui ne manquent pas de malice pour arnaquer le chaland, que je trouvais déjà extrêmement sympathiques dans le film, s’est retrouvée par un heureux hasard en possession de la planète Terre avant que la roue de la fortune ne tourne et que les droits de propriétés ne tombent entre les mains d’un autre charognard boursicoteur.
Cette idée de capitalisme étendue et jusqu’au boutisme dans la SF m’a toujours fait sourire quand elle est traitée avec un humour ironique ou absurde comme ici. Une idée selon laquelle on puisse jouer en bourse de façon tout à fait légale avec des planètes et leurs ressources naturelles (ceux qui ont vu Oblivion, H2G2...), en négligeant la vie des créatures autochtones rangées dans la colonne des dégâts collatéraux. On touche à l’humour d’un Terry Gilliam dans Brazil et de façon plus similaire le film Jupiter Ascending, où l’héroïne interprétée par Mila Kunis se retrouve propriétaire d’un amas de planètes dont la Terre mais doit en passer par l’administration et ses longues files et heures d’attente pour valider ses titres de propriété. La drôlerie de la situation n’en est pas moins alarmante car on parle de choses virtuelles qui ont des conséquences graves sur le réel lorsqu’elles échappent à tout contrôle.
Heureusement qu’il y a donc Valérian et Laureline nos deux super agents spatio-temporel pour tenter de résoudre ce schmilblick. Le premier tente de harponner un gros poisson de la finance, au sens propre comme au figuré (l’humour de Lupano encore une fois se fait pinçant à propos des paradis fiscaux), tandis que la seconde apporte la touche d’action qu’on est en droit d’attendre. D’ailleurs même si je n’ai pas trop apprécié la différence de traitement entre les protagonistes, Valérian passant pour un gros bêta la majorité du temps, la manière dont Laureline est mise en avant m’a bien plu en revanche. C’est elle qui prend les devants et monte au front tandis que c’est le héros masculin qui reste en arrière pour une fois. Les auteurs s’en tirent proprement avec un scénario qui ne s’emmêle pas les fils dans le piège du paradoxe temporel qui donne lieu à des incohérences qui ont tendance à me faire griller un fusible. Non ça se tient, c’est cohérent, sans gras rajouté, j’ai eu un peu peur que ce « petit cri de Higgs » n’aboutisse à rien mais on devrait toujours se rappeler du principe du fusil de Tchekhov. Cela se conclu sur un running gag des repris de justice shingouz, toujours dans les mauvais comme les bons coups (sans spoiler, est-ce volontaire de la part des auteurs ou non, j’ai ri comme une baleine sur la façon dont ils se foutent de Prometheus).
Une histoire riche en péripéties pour un stand alone servi par des graphismes qualité full HD. Mathieu Lauffray apporte sa science des grands décors en pleine ou double page, il sait varier les registres entre mimiques comiques du quatuor Valérian / Shingouz, et partie musclée chaud patate avec Laureline qui se traîne monsieur Albert (MDR la 4L spatio-temporelle ! ça vaut bien la cabine téléphonique du Docteur Who). Il y a quelques pages gratuites sur Laureline qui se fait tour à tour figure féministe et icône/objet/bombe sexuelle (c’est Red Sonja en gros plan ? ), du bonbon pour les yeux. Peu importe si c’est du pur fan service, j’ai tout pris sans déplaisir : du mania de l’eau Sha-Oo inspiré par le ventripotent baron Harkonnen du cycle de Dune, au « Yoda shingouz » (big up du dessinateur qui se rappelle ses jeunes années où il illustrait les comics Star Wars pour l’éditeur Dark Horse ? Ou gentil retour de bâton à l’encontre de G. Lucas qui ne s’était pas gêné pour pomper ses idées chez Christin et Mézières tel un vil marsouin cosmique ? ). On pourrait juste lui reprocher de recycler les mêmes figures pour ses personnages : Valérian ayant la même tête que John Silver / Jack Stanton, et Vivan Hasting / Laureen pour Laureline.
Mission accomplie donc. Agents Valérian et Laureline au rapport, monsieur !
Dès la première page, on nous plonge dans ces contrées sauvages du Rouergue et dans le monde du loup au XVIIIème siècle. Serait-ce encore une version aux faux airs de Bête du Gévaudan ? Non, mais ça y fait penser et c'est assez fascinant.
Ce prologue est suivi par une description pittoresque et très juste d'un petit village rural du nom de Racleterre, qui à ma connaissance est fictif, au milieu d'autres lieux qui eux sont réels. Il est question d'une intrigue qui tourne autour d'un sabotier qui vient d'avoir des quintuplés.
Ce récit adapté d'un roman que je ne connais pas, peut sembler banal et ennuyeux à première vue, on se dit "mais qu'est-ce que les auteurs vont bien pouvoir trouver d'étrange et de singulier pour intéresser le lecteur ?". Mais le scénario est bien plus subtil qu'il n'en a l'air, il ne s'y passe apparemment pas grand chose, c'est la chronique d'un village, d'une famille dont on suit le destin un peu chaotique des 5 rejetons du sabotier Tricotin, on y apprend plein de choses sur un univers rural peuplé de légendes, et d'un patois savoureux du XVIIIème. Les auteurs ont insufflé une rusticité qui donne un ton très réaliste à ce monde villageois ancien, un réalisme cru propre à ce passé rude en ces contrées loin des grandes villes.
Les caractères se dessinent, on apprend à connaître ces quintuplés qui grandissent doucement ; dans le tome 2, leur itinéraire connait un destin contrarié, et la narration s'attache au dernier, Charlemagne qui semble être le plus éveillé et le plus malin. Ce qui est novateur dans cette Bd, c'est que les différentes péripéties de ce récit sont telles qu'il sort vraiment de l'ordinaire en BD, car c'est vu sous l'angle du peuple et non sous celui des nobles ou des rois comme on l'a vu dans beaucoup de bandes historiques.
Tout ceci est soutenu par un dessin de grande qualité, j'adore ce type de graphisme, puissant et soigné, aussi bien sur les décors de vieilles maisons que sur les personnages aux gueules représentatives de ce temps, ça donne de la force à cette histoire car ça crée une certaine ambiance aux limites du fantastique. Nardo réalise de très belles pages, quels progrès en 3 ans depuis Le Vent des Khazars. Une Bd au charme envoûtant !
Heureuse découverte impromptue du festival d'Angoulême 2015 suite à la rencontre avec Matteo Scalera.
Je n'étais pas forcément chaud au début de ma lecture, car à feuilleter cet album, c'est dense, c'est sombre, ça laisse une impression de compliqué pour se plonger dedans. Mais que nenni...
Je me suis fait happer. Littéralement. L'histoire démarre sur les chapeaux de roues et ne lâche rien jusqu'à la fin du tome. Le scénario est habilement mené, parfois avec quelques facilités, mais le tout reste très très cohérent. Et pour des voyageurs de l'espace temps, la barre est toujours haute pour éviter les incohérences. Des questions se posent régulièrement, mais les réponses arrivent au fil de l'histoire, notamment sous forme de flashback.
Niveau dessin, c'est... touffu. Mais le style de Scalera colle parfaitement à l'histoire. C'est sombre, dense, mais excessivement dynamique. Les cadrages y font beaucoup ; et le tout est superbement mis en valeur par une couleur très réussie.
Si vous êtes fan de comics, de science fiction, ne passez pas à côté. J'attends le tome 2 avec impatience...
Mise à jour après la lecture des 5 tomes parus à ce jour:
J'adhère toujours autant à la série.
Je dois cependant avouer qu'après la lecture du tome 3, j'ai un peu craint que ça ne tourne en rond. Que nenni!
A partir du tome 4, j'ai un sentiment de vrai déclic aussi bien sur le plan scénaristique que graphique.
L'histoire prend en effet un tour différent à l'amorce de ce tome 4, qui se centre beaucoup plus sur le personnage de Grant.
(*** Spoiler : Faut dire que le scénariste n'hésite pas trop à décimer les rangs de ses personnages au cours des 3 premiers tomes ***)
L'histoire gagne alors en profondeur, ce qu'elle perd en dynamisme. Ce qui n'est pas un mal, les trois premiers tomes ne laissent aucun répit aussi bien aux personnages qu'aux lecteurs.
Ca reste par contre très verbeux. Grant passe sa vie dans l'introspection, mais cela donne de la matière au personnage et va rendre les flash back plus lisibles.
Graphiquement, le trait se fait un peu plus rond, moins tranché. Le cadrage gagne en lisibilité et le tout est joliment accompagné d'une mise en couleur plus chaude et lumineuse. Certaines planches sont vraiment magnifiques.
Fans de SF, ne boudez pas votre plaisir et plongez vous dans la Black Science!
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Les Cent Nuits de Héro
Magnifique ! J’ai peur que les mots me manquent pour faire honneur à cet album, surtout après le superbe avis de Blue Boy. La narration alterne entre la trame principale (Héro et Cherry racontant des contes pour gagner du temps) et les contes en question, un peu à la façon des 1001 nuits. Les contes en question sont prenants, poétiques, et tintés d’un féminisme qui ajoute du poids et une certaine originalité au récit. Ici, les deux héroïnes sont lesbiennes, amoureuses, et n’ont pas besoin de prince charmant. Les protagonistes masculins sont pour la plupart possessifs et odieux. Le ton est pourtant très juste, et ne tombe pas dans les clichés féministes. Le dessin typé « nouvelle vague » est superbe, les planches sont belles et la mise en page souvent originale. L’album lui-même est de qualité, grand format, couverture cartonnée… vraiment un bel objet, que j’ai beaucoup de plaisir à revisiter et feuilleter. Un coup de cœur !
Green Blood
Ce n'est seulement qu'en postface du 4ème tome que l'on apprend que l'auteur est un grand fan du Django de Sergio Corbucci et qu'il a voulu rendre un joli hommage à un genre qu'il affectionne tout particulièrement : les Westerns. Pourtant les premières pages laissent présager d'un hommage appuyé au film de Martin Scorcese, Gangs of New York dont Kakizaki reprend le cadre et les guerres de gangs dans une Amérique corrompue de fin XIXème siècle accueillant les colons et les désœuvrés. Les frères Burns tentent de survivre tant bien que mal dans un quartier rongé par la pègre et la misère : Luke trime dur en tant que docker pour subvenir au quotidien de son frère oisif Brad. Ce dernier cache son activité d'assassin pour préserver son petit frère. Sous le sobriquet de Grim Reaper, c'est un redoutable nettoyeur des rues la nuit pour le compte du gang Grave Diggers. Mais forcément tout ne se passe pas comme prévu et le passé de leur père aux intentions peu louables comme les intérêts financiers des nombreuses crapules peuplant Five Points, ce quartier peu fréquentable de NY, vont bouleverser la vie des frères Burns qui vont devoir fuir et racheter leur fierté familiale. Le fait de basculer d'une réalité historique d'Est en Ouest vers des plaines arides bouleverse considérablement le récit en le faisant naviguer d'un genre à l'autre. Malgré tout la vengeance et la violence seront les principaux attributs d'un récit simple mais superbement ficelé pour captiver le lecteur du début à la fin. Il faut dire que Kazikazi est un expert en tableaux semi réalistes sans négliger aucun détail : des décors crasseux de New York aux locomotives de l'Ouest, chaque page est un véritable régal pour les yeux. Malgré une touche japonaise tout à fait normale dans la représentation des protagonistes, tout est scrupuleusement réaliste y compris dans les faits puisqu'on s'y permet quelques touches historiques et sociales aucunement rébarbatives mais bien amenées sur la condition sociale de l'époque, le racisme latent anti noir et même un plaidoyer émouvant sur les Amérindiens. Il s'agit d'un récit vraiment fluide et agréable dont le rythme ne faillit jamais. On en regretterait presque le format si étroit des mangas pour mieux admirer les superbes dessins en noir et blanc qui mériteraient un plus bel écrin. L'histoire est peut être simple mais il s'agit pour ma part surement d'un des plus beaux Westerns contemporains faisant la part belle aux affrontements surhumains et sanglants d'une belle brochette de desperados. Un véritable petit bonheur méconnu qui devrait faire de l'oeil à tout amateur d'action et de jolies planches.
Betty Boob
Vivement recommandé par mon libraire, je me suis plongé dans cette bande dessinée quasiment muette illustrée par Julie Rocheleau, dans son style aussi élégant que dans La Colère de Fantômas. Vero Cazot nous offre une merveilleuse histoire à partir d'un sujet grave, le cancer du sein. Tout en subtilité, l'auteur aborde ce thème sans pathos , en nous épargnant le côté médical de cette maladie. A travers le destin, a priori brisé, et les doutes de celle qui prendra le nom de Betty Boob (superbe trouvaille, au demeurant, et hommage à cette pétillante héroïne des années 30), Vero Cazot nous offre une note d'espoir, une bouffée d'espérance non seulement uniquement pour les femmes mais aussi pour les hommes. Les rapports homme- femme à qui l'on a ôté un sein, sont très bien traduits dans les premières pages du livre et donnent à réfléchir. C'est une œuvre forte, belle mais toute empreinte de poésie, qu'il faut évidemment lire. Histoire, couleurs et dessin...tout est réussi.
Nous sommes tous morts
Si je me trompe pas, c'est le seul album de Trondheim où il n'est pas scénariste. J'ai vraiment adoré ce petit album qui parle de la mort de manière drôle et philosophique. Cela se lit vite, mais j'ai l'impression qu'il y avait plus de contenu dans ce patte de mouche que dans beaucoup d'album 'normal' de 44 pages. Coudray sait comment écrire des dialogues savoureux et le dessin minimaliste de Trondheim est sympathique. Dommage qu'ils n'aient pas retravaillé ensemble. Probablement le meilleur one-shot de cette collection que j'ai lu jusqu'à présent. J'aurais aimé que cela dure plus longtemps, mais en même temps je me dis que l'une des qualités de cet album c'est que les auteurs arrêtent avant de commencer à étirer la sauce ou à tourner en rond.
Le Cri du Peuple
Tous les passionnés d'Histoire se doivent de lire cette BD (à défaut de lire le roman éponyme). On suit toute une galerie de personnages bringuebalés dans la grande histoire de la Commune, dont l'épopée, l'ambiance, la fièvre sont très bien retranscrites par Vautrin et très bien illustrées par le grand Tardi. Bien sûr, c'est un récit très engagé (du côté des communards) mais pour une fois que les vaincus ont l'occasion d'écrire l'Histoire, on ne va pas se plaindre.
Le Joueur d'échecs (David Sala)
Cette BD est tout d'abord un choc visuel. Rendez vous dans une librairie et votre œil sera inévitablement attiré par la superbe couverture. Le contenant est à la hauteur du contenu. A l'intérieur, le lecteur trouvera des planches en couleurs directes qui font penser à des tableaux de Gustav Klimt, d'Egon Schiele. J'ai aussi trouvé des similitudes avec Bill Sienkiewickz pour les dessinateurs BD. La scène se déroule sur un paquebot en route vers l'Argentine dans la période d'après Seconde Guerre Mondiale. A son bord, un Maître des échecs, qui se laisse défier par un illustre inconnu. Qui est-il ? D'où vient-il ? Comment celui ci parvient-il à tenir tête à ce Maître des échecs ? Au lecteur de le découvrir en lisant cette superbe adaptation du Roman de Stefan Zweig. J'avoue que je ne connaissais pas David Sala et j'ai vraiment été bluffé par son style de dessin. On a le sentiment de voir se dérouler face à soi une série de tableaux d'une beauté rare, une explosion de lumière qui traverse votre lecture tout au long des 110 pages de cet album. Une adaptation absolument remarquable. Une réussite totale.
Le Voyageur
Après avoir découvert l'auteur via Abanddon, je me suis précipitée sur cette nouvelle oeuvre. Je ne sais trop d'où il tient son inspiration légèrement angoissante (bien que j'ai quelques idées de base), mais le moins que l'on puisse dire c'est que ses oeuvres ne laissent pas indifférent. Il s'agit là d'une oeuvre d'ambiance dans laquelle on entre comme si de rien n'était mais qui marque profondément. Sous l'apparente simplicité de la structure, la grande question humaine est posée. L'immortalité tient une place particulière chez l'humain, à la fois tentation et pire cauchemar. Qui est-on, où va-t-on ? Un album bien étrange mais qui m'a complètement séduit. Je recommande à ceux qui cherchent la différence.
Valérian - Shingouzlooz.Inc
Mises à part diverses anecdotes et les inspirations qu’elle a suscitées, je n’ai jamais lu Valérian et n’en connais que le film écrit et réalisé par Luc Besson. Cela m’a au moins permis de juger l’album en lui-même sans avoir besoin de me référer sans cesse au matériau d’origine en cherchant les points de divergences, ce que j’aurai trouvé mieux ou moins bon. N’y allons pas par quatre chemins, je me suis beaucoup amusé. Je m’attendais à un space opera ou du moins à ce que le gros du récit soit tourné vers le space opera, j’ai lu une bd humoristique sur fond de SF. C’est une histoire d’imbroglio juridique où les shingouz ont encore merdé. Cette clique de créatures gaffeuses qui ne manquent pas de malice pour arnaquer le chaland, que je trouvais déjà extrêmement sympathiques dans le film, s’est retrouvée par un heureux hasard en possession de la planète Terre avant que la roue de la fortune ne tourne et que les droits de propriétés ne tombent entre les mains d’un autre charognard boursicoteur. Cette idée de capitalisme étendue et jusqu’au boutisme dans la SF m’a toujours fait sourire quand elle est traitée avec un humour ironique ou absurde comme ici. Une idée selon laquelle on puisse jouer en bourse de façon tout à fait légale avec des planètes et leurs ressources naturelles (ceux qui ont vu Oblivion, H2G2...), en négligeant la vie des créatures autochtones rangées dans la colonne des dégâts collatéraux. On touche à l’humour d’un Terry Gilliam dans Brazil et de façon plus similaire le film Jupiter Ascending, où l’héroïne interprétée par Mila Kunis se retrouve propriétaire d’un amas de planètes dont la Terre mais doit en passer par l’administration et ses longues files et heures d’attente pour valider ses titres de propriété. La drôlerie de la situation n’en est pas moins alarmante car on parle de choses virtuelles qui ont des conséquences graves sur le réel lorsqu’elles échappent à tout contrôle. Heureusement qu’il y a donc Valérian et Laureline nos deux super agents spatio-temporel pour tenter de résoudre ce schmilblick. Le premier tente de harponner un gros poisson de la finance, au sens propre comme au figuré (l’humour de Lupano encore une fois se fait pinçant à propos des paradis fiscaux), tandis que la seconde apporte la touche d’action qu’on est en droit d’attendre. D’ailleurs même si je n’ai pas trop apprécié la différence de traitement entre les protagonistes, Valérian passant pour un gros bêta la majorité du temps, la manière dont Laureline est mise en avant m’a bien plu en revanche. C’est elle qui prend les devants et monte au front tandis que c’est le héros masculin qui reste en arrière pour une fois. Les auteurs s’en tirent proprement avec un scénario qui ne s’emmêle pas les fils dans le piège du paradoxe temporel qui donne lieu à des incohérences qui ont tendance à me faire griller un fusible. Non ça se tient, c’est cohérent, sans gras rajouté, j’ai eu un peu peur que ce « petit cri de Higgs » n’aboutisse à rien mais on devrait toujours se rappeler du principe du fusil de Tchekhov. Cela se conclu sur un running gag des repris de justice shingouz, toujours dans les mauvais comme les bons coups (sans spoiler, est-ce volontaire de la part des auteurs ou non, j’ai ri comme une baleine sur la façon dont ils se foutent de Prometheus). Une histoire riche en péripéties pour un stand alone servi par des graphismes qualité full HD. Mathieu Lauffray apporte sa science des grands décors en pleine ou double page, il sait varier les registres entre mimiques comiques du quatuor Valérian / Shingouz, et partie musclée chaud patate avec Laureline qui se traîne monsieur Albert (MDR la 4L spatio-temporelle ! ça vaut bien la cabine téléphonique du Docteur Who). Il y a quelques pages gratuites sur Laureline qui se fait tour à tour figure féministe et icône/objet/bombe sexuelle (c’est Red Sonja en gros plan ? ), du bonbon pour les yeux. Peu importe si c’est du pur fan service, j’ai tout pris sans déplaisir : du mania de l’eau Sha-Oo inspiré par le ventripotent baron Harkonnen du cycle de Dune, au « Yoda shingouz » (big up du dessinateur qui se rappelle ses jeunes années où il illustrait les comics Star Wars pour l’éditeur Dark Horse ? Ou gentil retour de bâton à l’encontre de G. Lucas qui ne s’était pas gêné pour pomper ses idées chez Christin et Mézières tel un vil marsouin cosmique ? ). On pourrait juste lui reprocher de recycler les mêmes figures pour ses personnages : Valérian ayant la même tête que John Silver / Jack Stanton, et Vivan Hasting / Laureen pour Laureline. Mission accomplie donc. Agents Valérian et Laureline au rapport, monsieur !
Un loup est un loup
Dès la première page, on nous plonge dans ces contrées sauvages du Rouergue et dans le monde du loup au XVIIIème siècle. Serait-ce encore une version aux faux airs de Bête du Gévaudan ? Non, mais ça y fait penser et c'est assez fascinant. Ce prologue est suivi par une description pittoresque et très juste d'un petit village rural du nom de Racleterre, qui à ma connaissance est fictif, au milieu d'autres lieux qui eux sont réels. Il est question d'une intrigue qui tourne autour d'un sabotier qui vient d'avoir des quintuplés. Ce récit adapté d'un roman que je ne connais pas, peut sembler banal et ennuyeux à première vue, on se dit "mais qu'est-ce que les auteurs vont bien pouvoir trouver d'étrange et de singulier pour intéresser le lecteur ?". Mais le scénario est bien plus subtil qu'il n'en a l'air, il ne s'y passe apparemment pas grand chose, c'est la chronique d'un village, d'une famille dont on suit le destin un peu chaotique des 5 rejetons du sabotier Tricotin, on y apprend plein de choses sur un univers rural peuplé de légendes, et d'un patois savoureux du XVIIIème. Les auteurs ont insufflé une rusticité qui donne un ton très réaliste à ce monde villageois ancien, un réalisme cru propre à ce passé rude en ces contrées loin des grandes villes. Les caractères se dessinent, on apprend à connaître ces quintuplés qui grandissent doucement ; dans le tome 2, leur itinéraire connait un destin contrarié, et la narration s'attache au dernier, Charlemagne qui semble être le plus éveillé et le plus malin. Ce qui est novateur dans cette Bd, c'est que les différentes péripéties de ce récit sont telles qu'il sort vraiment de l'ordinaire en BD, car c'est vu sous l'angle du peuple et non sous celui des nobles ou des rois comme on l'a vu dans beaucoup de bandes historiques. Tout ceci est soutenu par un dessin de grande qualité, j'adore ce type de graphisme, puissant et soigné, aussi bien sur les décors de vieilles maisons que sur les personnages aux gueules représentatives de ce temps, ça donne de la force à cette histoire car ça crée une certaine ambiance aux limites du fantastique. Nardo réalise de très belles pages, quels progrès en 3 ans depuis Le Vent des Khazars. Une Bd au charme envoûtant !
Black Science
Heureuse découverte impromptue du festival d'Angoulême 2015 suite à la rencontre avec Matteo Scalera. Je n'étais pas forcément chaud au début de ma lecture, car à feuilleter cet album, c'est dense, c'est sombre, ça laisse une impression de compliqué pour se plonger dedans. Mais que nenni... Je me suis fait happer. Littéralement. L'histoire démarre sur les chapeaux de roues et ne lâche rien jusqu'à la fin du tome. Le scénario est habilement mené, parfois avec quelques facilités, mais le tout reste très très cohérent. Et pour des voyageurs de l'espace temps, la barre est toujours haute pour éviter les incohérences. Des questions se posent régulièrement, mais les réponses arrivent au fil de l'histoire, notamment sous forme de flashback. Niveau dessin, c'est... touffu. Mais le style de Scalera colle parfaitement à l'histoire. C'est sombre, dense, mais excessivement dynamique. Les cadrages y font beaucoup ; et le tout est superbement mis en valeur par une couleur très réussie. Si vous êtes fan de comics, de science fiction, ne passez pas à côté. J'attends le tome 2 avec impatience... Mise à jour après la lecture des 5 tomes parus à ce jour: J'adhère toujours autant à la série. Je dois cependant avouer qu'après la lecture du tome 3, j'ai un peu craint que ça ne tourne en rond. Que nenni! A partir du tome 4, j'ai un sentiment de vrai déclic aussi bien sur le plan scénaristique que graphique. L'histoire prend en effet un tour différent à l'amorce de ce tome 4, qui se centre beaucoup plus sur le personnage de Grant. (*** Spoiler : Faut dire que le scénariste n'hésite pas trop à décimer les rangs de ses personnages au cours des 3 premiers tomes ***) L'histoire gagne alors en profondeur, ce qu'elle perd en dynamisme. Ce qui n'est pas un mal, les trois premiers tomes ne laissent aucun répit aussi bien aux personnages qu'aux lecteurs. Ca reste par contre très verbeux. Grant passe sa vie dans l'introspection, mais cela donne de la matière au personnage et va rendre les flash back plus lisibles. Graphiquement, le trait se fait un peu plus rond, moins tranché. Le cadrage gagne en lisibilité et le tout est joliment accompagné d'une mise en couleur plus chaude et lumineuse. Certaines planches sont vraiment magnifiques. Fans de SF, ne boudez pas votre plaisir et plongez vous dans la Black Science!