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Couverture de la série Souterrains
Souterrains

Dans les années 1930, quelques part dans le bassin minier du Nord-pas-de-Calais, la routine suit son cours pour Henri, son beau-frère Lucien et sa petite famille, tous deux mineurs de charbon. Entre un boulot harassant mal payé sans protection sociale, les conflits avec la direction patronale et la peur des réductions d’effectifs, ce n’est pas la joie tous les jours mais la vie étant ainsi faite, chacun tente de trouver des motifs de satisfaction. Pour Henri c’est plutôt contestation ouvrière, théories marxistes et bibine le soir au bar Chez Moustache. Pour Lucien c’est plutôt la famille avant tout et philosophie terrienne sans faire de vague. Lorsque ce dernier accepte de rejoindre une nouvelle équipe de miniers chargés de tester une innovation « high-tech », un poste mieux rémunéré faisant miroiter une évolution hiérarchique ; sa relation d’amitié commence à sentir le souffre avec Henri qui y voit une trahison et pressent une cabale patronale pour les remplacer tous. Quand Lucien prend conscience de la supercherie et qu’il s’est fait dupé, il tente un geste désespéré en voulant tout faire exploser. Mais il se rate, lui et ses camarades Tobiaz, Andrezj, le vieux, la corneille et le porion, se retrouvent abîmer dans un monde fantastique qu’ils ne soupçonnaient pas… J’ai sincèrement pris un grand plaisir à la lecture avec cette histoire fraîche d’un auteur qui casse les codes et barrières des genres. Cela débute comme un récit social tout ce qu’il y a de plus classique sur la dureté et la précarité du statut du mineur de charbon, avec son lot d’imageries à la Germinale, les corons et barreaux, la descente dans les puits, les chevalements, etc. Mais aussi le thème des conflits sociaux qui virent à l’empoignade entre ouvriers syndiqués et chiens de garde à la botte du patronat. Le contexte historique est bien rendu donc même si volontairement stéréotypé. Aussi avec la thématique du remplacement de l’homme par la machine, on se souvient qu’il s’agit d’une problématique bien plus ancienne qu’on ne le pense et pas seulement présente dans nos récits d’anticipation d’aujourd’hui, mais qui déjà pouvait se poser à l’époque (ou au XVIIIème siècle et la navette volante de John Kay qui révolutionna le métier à tisser par exemple). On pense alors que le récit prend le chemin de la science-fiction (sans oublier le teasing horrifique de l’intro) avec ce robot esclave-minier asimovien ingénieusement conceptualisé que je nommerai pour la forme mini-S.A.M. parce qu’il me rappelle le mécha géant de la série du même nom. Et puis « PAF ! », l’histoire prend le lecteur à contre-pied et bascule dans un remake de Daylight où le but va être de retrouver la lumière du soleil. À partir de ce quatrième chapitre Romain Baudy reprend presque les codes de la Portal Fantasy puisque, tout en étant définitivement dans une histoire Fantastique, nous avons des personnages qui explorent un monde secondaire merveilleux, par moment « médiéval », et dont ils sont totalement ignorants. La faune et la flore n’ont rien de commun avec ce qu’ils connaissent, toute retraite est impossible, et ils vont y jouer le rôle quasi « cliché » du héros prophétique libérateur. Le background fantaisiste ne manque pas de sel avec ce brassage des mythologies germanique et nordique où les Jötunn géants fusionnent avec les Nibelungen souterrains. La recherche est poussée jusqu’au runes qui ont une véritable signification et ne sont pas mises là juste parce que ça fait jolie : l’Othila la rune de pouvoir pour commander, et Uruz, la force. L’idée que des mineurs humains croisent des créatures mythologiques caractérisées pour leur travail des métaux est d’ailleurs plutôt cocasse. Voilà, je trouve l’intrigue très bien construite et pensée : la mise en abyme est chouette car si malheureusement pour Zola il n’y aura pas de « grand soir » dans le monde du dessus, nos héros pourront toujours se la jouer Sergio Leone et refaire Il était une fois la révolution chez les Jötunn. D’ailleurs pour la mise en abyme, peut-être que je pars en live mais je me demande si l’auteur n’a pas lu le Moi, Asimov de l’écrivain éponyme qui évoquait entre autres dans cette autobiographie ses origines juives puis un échange où il s’était opposé à Elie Wiesel qui était disons pour faire court, « obsédé » par l’Holocauste, que les juifs, parce que persécutés étaient bons et innocents par essence. Asimov lui avait répliqué que les juifs étaient persécutés parce qu’en position de faiblesse et qui sait s’ils s’étaient retrouvés de l’autre côté du manche… que le phénomène de persécution est universelle et que de persécutés certains passent à persécuteurs en un clin d’œil lorsqu’ils sont les plus forts comme le démontrent des comportements extrémistes d’israéliens envers les palestiniens. Et je me suis demandé avec mini-S.A.M. le robot asimovien briseur de chaînes du joug des nains/ewoks qui ont fuit les persécutions des vénitiens pour persécuter à leur tour les Jötunn/Nibelungen, si… enfin bon, peut-être est-ce tiré par les cheveux. Romain Baudy qui est entre autres choses designer sur la jolie série animé jeunesse "Wafku", démontre qu’il a plus d’une corde à son arc et est capable de se muer en auteur complet. Nous avons entre les mains un véritable roman graphique de plus d’une centaine de pages où parfois le dessinateur nous régale avec des dessins en pleine page totalement gratuits, que d’autres auraient réduit à cause de la limitation en 48 planches. Il y a parfois une fausse impression d’être en présence d’un héritier de Mike Mignola avec un encrage profond lorsqu’on s’enfonce dans la mine (proche du Dessous - La Montagne des morts de Bones). J’ai apprécié les jeux d’ombre entre encrage et couleurs qui donnent un rendu très riche, ainsi que cette variété dans le trait entre décors bien détaillés et physionomie des personnages parfois simple, vieille école. Toutefois, l’œuvre parfaite n’existant pas, j’ai relevé quelques scories qui m’ont dérangées : - Certaines proportions entre tête et corps ne sont pas toujours nickel en début d’album. - Pas très convaincu par le changement brutal de comportement de Lucien qui passe trop vite de père de famille responsable à dangereux poseur de bombe. - Les dialogues des personnages lors de la découverte de la créature manquent de naturel et de surprise (genre « OK y a une grosse bestiole… what else ? »). - Le coup de poing du Jötunn sur Lucien façon One-Punch Man qui ne fait que l’assommer alors que dessiner comme ça, il aurait dû se faire écrabouiller. - Les lutins qui parlent un français moderne impeccable alors qu’enfermer depuis des siècles sous terre. Un défaut qui m’agace toujours dans ce genre d’histoire. Une découverte surprenante qui m’envoie ravi. Un des tops de 2017.

09/11/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Betty Boob
Betty Boob

J’avais découvert le talent de Julie Rocheleau avec l’excellente série « La Colère de Fantômas » scénarisée par Olivier Bocquet et j’étais donc assez impatient de retrouver son coup de crayon si singulier. C’est cette fois-ci sur un scénario de Vero Cazot qu’elle laisse libre court à son savoir-faire et c’est de nouveau plus qu’une réussite ! « Betty Boob » aborde pourtant le thème difficile du cancer du sein mais de façon intelligente et subtile. Fi d’un pathos qui aurait pu plomber le sujet, Vero Cazot réussit le tour de force de nous faire rire d’un sujet grave et d’une façon plus générale de traiter de la différence et de son acceptation sociale, le tout sans un mot ! Vive la magie des BD muettes quand tout cela est conduit avec brio ! C’est là que le talent de Julie Rocheleau rentre en jeu, il n’y a qu’à voir cette magnifique couverture qui donne le ton. Et la suite n’est pas en reste ! Que se soient les découpages, les trouvailles graphiques pour souligner le propos ou l’expressivité des personnages, tout concoure à une fluidité narrative des plus efficace et ravit nos mirettes ! Et puis quel bonheur de retrouver ce style si particulier de Julie. J’adore son trait et son utilisation et la palette de couleurs qu’elle manie qui donnent à son dessin un style si particulier et une identité graphique reconnaissable au premier coup d’œil. Bref, c’est une nouvelle fois conquis que je sors de cette lecture que je ne peux que chaudement vous recommander !

07/11/2017 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Travailleur de la nuit
Le Travailleur de la nuit

Lorsque j'ai commencé la lecture de cette bande dessinée , je ne savais pas où je m'embarquais. Et bien, je n'ai pas lâché ce livre jusqu'à la dernière page. Véritablement passionnant de bout en bout. La vie d'Alexandre Jacob, scénarisée par le talentueux Matz, m'a enthousiasmé. "Gentleman cambrioleur" avant l'heure, Alexandre Jacob a traversé le XXième siècle avec plus ou moins de bonheur. Mais quelle vie il a eu, digne d'un roman ! Du mouvement ouvrier aux sombres anarchistes, aux préparations des vols (Ah! la visite "amicale" chez Pierre Loti) en passant par la guerre de 39-45 et le bagne de Cayenne (qu'Albert Londres contribuera à fermer), tout y est! Et le tout parfaitement mis en scène par Matz, qui en ancrant le récit à partir d'un prétoire, donne encore plus de force à cette incroyable aventure. Dès le début, on sympathise avec le jeune Alexandre, dans un Marseille formidablement dessiné par Chemineau. Car Léonard Chemineau illustre de manière magistrale cette aventure (dessin et couleurs sont superbes) C'est sans aucun doute, une des meilleures bandes dessinées que j'ai lu depuis ce début d'année. Alors, achetez- la, empruntez- la, volez- là mais lisez cette bd ! Vous ne serez pas déçu du voyage.

03/11/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monster Musume
Monster Musume

Bien content de voir enfin paraître en français ce manga que je suis depuis quelques années. Le genre 'monster girls' est populaire au Japon depuis quelques années et on voit plusieurs manga et anime mettant en vedettes des filles monstres mignons et sexy. Ce manga est un des meilleurs dans cette catégorie, mais il faut aimer les ecchis ce qui est mon cas vu que je suis juste un gros pervers (et en plus j’arrête pas de faire des fautes d’orthographe donc je dois avoir aucune âme !) C'est un manga divertissant où il ne faut pas trop se poser de questions du genre comment le gouvernement a pu tenir l’existence des monstres secrète vu la taille de plusieurs et en plus certaines espèces ont besoin d'hommes pour se reproduire ! C'est aussi un pur manga harem avec les clichés habituels du genre le harem devient plus grand au fil des chapitres. Je trouve que le scénario est prenant, drôle et fait partie du haut du panier dans la catégorie ecchi. Les personnages sont attachants et j'ai vraiment du plaisir à lire les aventures de ce harem. J'aime beaucoup comment l'auteur construit son univers, notamment lorsqu'il montre comment fonctionne la psychologie et le corps d'un monstre (donc lorsqu'une fille monstre a une grosse poitrine, il y a une raison !). Le dessin est aussi d'excellente qualité et les filles sont bien dessinées (les gars aussi mais je m'en fous). Il y a beaucoup de fanservice et comme souvent avec les ecchis j'ai des problèmes avec certaines scènes. On retrouve à peu près tous les principaux fantasmes de mangas ecchis et il y a des trucs que je n'aime pas. Il y a un peu trop de scènes de molestations (même si c'est pour de rire) à mon goût et de plus une des filles ressemble à une petite fille, ce qui est malheureusement un truc récurrent dans les mangas de ce genre. La fille en question est attachante et sympathique comme toutes les autres filles monstres, j'ai juste pas envie de voir une fille qui semble n'avoir jamais eu de puberté nue ! Malgré cela, c'est un manga que je lis avec plaisir. Je conseille de lire la série si le ecchi ne vous dérange pas. C'est clair que si les mangas où un groupe de filles tombent amoureuses du même gars et se retrouvent nues toutes les 5 pages vous emmerde, c'est pas une série pour vous !

03/11/2017 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gunnm
Gunnm

Après une énième relecture du cultissime Gunnm, je décide enfin d’en faire un petit avis. Je fais court car la série est déjà très largement commentée et plébiscitée sur le site. Gunnm, c’est la symbiose parfaite d’un univers post-apocalyptique immersif, d’une héroïne grandiose, d’une histoire haletante et de combats dantesques. Graphiquement déjà, le manga en impose. Au-delà de la très grande qualité des dessins, Kishiro a réussi à créer un monde incroyablement dense et cohérent, au visuel très original, jouissant d’un dynamisme et d’une expressivité parfaits. Les nombreux personnages sont pour la plupart intéressants et charismatiques mais c’est bien Gally et de loin qui est le plus réussi. Attachante, complexe et imprévisible, ambigüe parfois, elle accroche très vite le lecteur au manga, en dépit d’un début d’intrigue un peu « bateau » (une combattante amnésique à la recherche de son passé). L’histoire prend heureusement très vite beaucoup d'ampleur. Chef d’œuvre de la SF, Gunnm est une série puissante et incontournable !

31/10/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blast
Blast

J'ai bien aimé ce dernier Larcenet qui sait se renouveler à chaque fois. C'est en effet un peu différent de ce qu'il fait d'habitude. L'humour est généralement son genre de prédilection. Là, nous avons droit à une enquête policière sur un mystérieux gros personnage qui a sans doute commis l'irréparable. Les deux policiers veulent connaître les causes profondes d'un tel acte. Le suspect raconte alors l'histoire de sa vie sur un mode éminemment subjectif et c'est bien triste... La maîtrise narrative est parfaite. Les dialogues ainsi que les réflexions formulées sont du haut de gamme. Nous avons encore une oeuvre supérieure à la moyenne. Pas étonnant vu son auteur assez talentueux. Il excelle véritablement. En ce qui me concerne, il est devenu le maître incontesté de la BD en France. Le talent n'est même plus à démontrer. C'est vrai qu'il agace par son arrogance. Cependant, il n'y a qu'à juger sur pièce pour voir ce dont il est capable. Les plus grands ont souvent été critiqués. Il est clair que la laideur est ici revendiquée. Il n'y a qu'à voir la couverture. Bref, les détracteurs ne manqueront pas pour descendre en flèche cette œuvre et qui nous expliqueront qu'ils se sont ennuyés. Mais comment peut-on s'ennuyer devant cela alors qu'on peut s'extasier devant des productions insipides ? Oui, il faut avoir un certain niveau pour juger et tout le monde ne l'a pas, c'est ainsi. Mais respect également pour la médiocrité qui fait également partie de ce monde et qu'il faut bien accepter. Ne vous laissez pas abuser car nous avons là l'ébauche d'un chef-d'œuvre. J'ai été touché par cette œuvre qui parle de différence et de solitude, du mécanisme implacable qui explique le passage à l'acte. Il y a de la profondeur qui fait défaut à tant d'autres réalisations. Plus qu'une explosion, Blast est un véritable cri qui vient de l'intérieur ! A noter l'existence d'une intégrale qui est parfaite sur la forme malgré ses 800 pages. On a l'impression de lire un très gros roman. Inutile de préciser que j'ai acquis cet objet magnifique. J'en ai profité pour relire cette œuvre. Au sortir de cette lecture, il n'y a pas photo: c'est véritablement culte. Je rehausse par conséquent ma note. Note dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5

13/11/2009 (MAJ le 31/10/2017) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Walking Dead
Walking Dead

J’ai enfin pris connaissance de l’œuvre qui révolutionne actuellement le genre des histoires de zombies. Cela faisait un bon petit moment que je voulais mettre la main dessus. C’était pour moi la dernière série d’importance que je n’avais pas encore lue à ce jour. Je dois avouer que j’ai adoré littéralement. Le scénario est terriblement efficace. Je comprends que le cinéma ait également des visées. D'ailleurs, la série a fait un carton dans un genre qui n'est pourtant pas populaire chez la ménagère de moins de 50 ans. J'avoue aisément posséder toutes les intégrales et que c'est l'une de mes séries préférés. Cependant, c'est bien la bd qui m'a amené à la TV et non l'inverse. L’action ne sera pas pour autant omniprésente. L’auteur laisse le temps au récit de s’installer sur une ambiance de fin du monde. J’ai juste déploré que le début commence sur une idée déjà exploitée par le film 28 jours plus tard de Danny Boyle. Fort heureusement, le reste va se démarquer assez rapidement. On dévore littéralement chaque tome. Je constate également que cela reste bon même sur la durée. Il y a une virtuosité dans l’écriture de chaque scène qu’on ne peut qu’admirer. Le travail est remarquable également d’un point de vue graphique. Il y a un côté terriblement humain qui n’est pas habituel au genre. On découvre toute une galerie de personnages avec leur psychologie propre ainsi que leurs réactions face aux difficultés rencontrées. Par ailleurs, le danger semble émaner de partout. Il y a un côté imprévisible qui fait frissonner. Le tome 8 marque d'ailleurs un sommet inégalé. On se rend compte que tout est malheureusement possible dans l'horreur. Le tome 14 nous rappelle également qu'aucun personnage principal n'est à l'abri. On regrettera la disparition de personnages qu'on aimait bien mais il y a toujours les autres. Rick demeure le pilier central. L'auteur a une formidable capacité à renouveler le récit pour maintenir le suspense à son comble. Le tome 22 marque une rupture également temporelle qui relance tout l'intérêt de la série. Que dire également du tome 24 dont la fin nous laisse véritablement sans voix ? On passe certes d'un ennemi terrifiant à l'autre. Cependant, cela sera un véritable rebondissement du scénario que l'on n'attendait pas. Il ne s'agit plus de survivre face à un psychopathe mais c'est plutôt un choix de civilisation sur un mode de reconstruction du monde. Le tome 26 marque le retour d'un grand méchant que l'on attendait plus. Il revient encore plus machiavélique et fou que jamais. Il faut dire que le public l'aime bien et en redemande. Je connais dans mon entourage une femme fou d'amour pour lui: c'est dire. On est juste un peu étonné de la direction prise par le scénario. C'est un virage à 180 degré. Il est vrai que le tome 27 apporte encore des revirements, des situations inattendues. On regrette juste la disparition un peu trop brutale d'un leader pour les chuchoteurs mais qui sera vite remplacé. On atteint encore des sommets dans la lecture plaisir ce que confirme d'ailleurs le tome 28 alors qu'au niveau de la série TV, on constate un véritable essoufflement à partir de la saison 7. Je suis bluffé par le fait que les scénaristes ont su redynamiser la série après autant de tomes. J’aimerais pouvoir encore découvrir des séries de cette intensité et de cette qualité. Je sais que cela va devenir de plus en plus rare… J'ai acheté toute la série d'un seul coup : c'est dire que je n'avais pas eu un tel coup de cœur depuis fort longtemps. C'est une série que je qualifie de culte car elle va révolutionner le genre. Et puis et surtout, au fil des tomes, on sent une montée d'intensité qui ne se dément pas après pourtant plus de 20 tomes. C'est tout bonnement extraordinaire ! Note Dessin: 4.25/5 - Note scénario: 4.75/5 - Note Globale: 4,5/5

24/08/2011 (MAJ le 25/10/2017) (modifier)
Couverture de la série Hyver 1709
Hyver 1709

1709 : c'est le Grand Hiver. le 5 janvier, la température baisse brutalement ; à Versailles, il parait que le vin gèle dans le verre de Louis XIV ; difficile à croire avec le confort des châteaux royaux, mais imaginez ce que ça devait être dans les campagnes et les villages... Ce grand froid va persister pendant 2 mois, les semailles d'automne sont détruites, les oliviers du Midi perdus, tout transport devient impossible sur les rivières bloquées par les glaces. Aussi, le ravitaillement de régions reculées est-il gravement perturbé, et le prix des aliments augmente considérablement. Succédant à une mauvaise récolte de 1708, le Grand Hiver provoque dans tout le royaume la disette et la misère qui jette sur les routes des milliers de vagabonds et de pillards. A cette catastrophe naturelle s'ajoute la guerre de Succession d'Espagne qui a commencé en 1700 ; tout vient du choix du roi d'Espagne Charles II mort sans hériter, et qui désigne par testament comme successeur le petit-fils de Louis XIV, Philippe d'Anjou. Désireux de contrer l'expansion économique de ses voisins, le roi de France après avoir pris une des décisions les plus lourdes de son règne, accepte ce testament, ce qui entraine le mécontentement des Provinces-Unies et de l'Angleterre qui voient d'un mauvais oeil les Bourbons régner sur les trônes de France et d'Espagne. L'Anglais Marlborough et le général impérial Eugène de Savoie infligent de rudes défaites aux armées de Louis XIV, dont celle de Malplaquet en 1709 sur les troupes du maréchal de Villars qui brisa définitivement la tentative d'hégémonie européenne de Louis XIV. La paix d'Utrecht n'intervient qu'en 1713. Ce résumé peut vous sembler long, mais il est essentiel pour planter le décor du contexte historique dans lequel la France se trouvait en 1709, et pour comprendre les enjeux de cette Bd qui aborde cette période peu explorée à l'écran et en BD. C'est un beau début d'album autour de ce long règne de Louis XIV, c'est la fin du règne qui fut marquée non seulement par des guerres, des révoltes (comme celle des Camisards, à laquelle il est fait allusion ici), ce Grand Hiver meurtrier, et aussi des tragédies familiales, puisque le roi verra mourir son fils, le Grand Dauphin, l'aîné de ses petits-fils et l'aîné de ses arrière-petits-fils... Le scénario soulève habilement différents points de cette guerre de Succession d'Espagne et de ces protestants déchus par la révocation de l'Edit de Nantes qui n'ont aucun intérêt à favoriser un roi de France qui leur a tout pris ; les conséquences désastreuses sur les populations rurales de ce grand froid sont également évoquées, avec au milieu de tout ceci une sorte d'agent secret oeuvrant pour la France. Son rôle est déjà bien défini, et on souhaite que sa mission réussisse. Je n'étais pas vraiment partant pour m'intéresser à cette intrigue, mais ce pan de la fin de règne de Louis XIV m'a finalement captivé. Le dessin de Xavier par rapport à ses précédentes séries, a encore atteint un degré supérieur, sa maîtrise des décors, des costumes, des détails et surtout des visages est beaucoup plus conséquente ; et quand il trouve un bon scénario, c'est un plaisir de le lire (je n'ai pas gardé un bon souvenir de ses 2 dernières collaborations avec Dufaux). Je connais des mauvaises langues qui disent que dessiner des décors neigeux est une solution de facilité car ça évite de détailler, mais ici, l'ensemble de ces pages dément cette affirmation fallacieuse, les paysages glacés étant très bien rendus. J'attendais une sorte d'apothéose pour la suite, mais cette traversée de la France au coeur de l'hiver glacial de 1709 se poursuit sans trop de surprise, et s'articule autour du héros Loys Rohan et Valescure, le chef d'une bande de camisards violents et cruels. Le récit se réduit à une chasse à l'homme sur fond de menace politique pour le roi, avec une certaine dose de suspense, mais j'ai trouvé ce tome 2 beaucoup moins prenant. Il y a un peu trop de personnages qui tentent de barrer la route de Loys, et ils se ressemblent tous, si bien qu'il est parfois difficile de faire le tri parmi cette tripotée de types patibulaires. Le contexte de famine est cependant bien mis en avant, et on ressent bien la sensation de froid grâce au dessin superbe de Xavier qui réussit de très belles pages sous la neige comme à Versailles, où Louis XIV et ses conseillers s'inquiètent de la tournure que prend la coalition contre la France. Le vrai héros, c'est lui, c'est l'hiver qui tue impitoyablement les miséreux. Le sens très sûr et très cinématographique du cadrage est aussi remarquable. Finalement, c'est une ambiance réussie, des personnages principaux intéressants, mais une intrigue un peu laborieuse. Je conserve quand même ma note, c'est du beau travail.

14/12/2015 (MAJ le 23/10/2017) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Horde du contrevent
La Horde du contrevent

Étayez le fer, tenez le bloc. Ma rencontre avec "La horde du Contrevent " s'est faite au moment de la sortie du roman. J'avoue qu'à l'époque j'avais pris une petite claque et j'ai vite placé Mr Damasio au panthéon de mes auteurs préféré de SF. Oui il y avait du Silverberg, du Vance, moins la truculence, chez cet homme qui nous balançait une histoire forte, une quête du Graal inaccessible. C'est dire si tous les amateurs attendaient avec une impatience non feinte la sortie de cette histoire en BD. Personnellement je n'étais pas particulièrement inquiet quant au choix du dessinateur, tant j'avais plus qu'apprécié son travail sur "Fils du soleil " ou certaines planches possédaient déjà, sans jeu de mot, un souffle évident. Eric Henninot fait partie de ces dessinateurs qui ont une patte et qui dessinent comme j'aime, tout simplement. Il est de la trempe des M. Lauffray, R. Recht et A. Brion, j'en oublie. Des gens qui ont un dessin que d'aucuns qualifieraient de "gribouillé", sale, pas lisse, effectivement à mille lieues de la ligne claire. Des gars qui au delà du brio de leurs techniques savent vous créer un ambiance de furieux. Donc là je ne suis absolument pas déçu. Le dessin arrive à donner une ambiance, alors oui le vent c'est pas facile à dessiner, ici pas facile de tricher puisque les personnages portent des habits près du corps. La page 33 du bloc dans le furvent parle d'elle même. L'adaptation du texte et du scénario, pour peu que mon souvenir soit fidèle, me convient parfaitement. Une seule envie, relire dès que possible le roman, il va être sympa de coller d'autres images sur ce récit, en plus il me semble que mon imaginaire avait beaucoup fonctionné dans la partie du roman se déroulant sur la flaque de Lapsane et aux abords de Norska, j'ai donc hâte. Je n'aurais pas attendu en vain, c'est forcément un coup de cœur pour moi, vivement la suite.

21/10/2017 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Johnny Jungle
Johnny Jungle

Une bonne bd comme on aimerait tomber dessus plus souvent… Johnny Jungle c’est en premier deux belles couvertures, qui réunies forment un superbe tableau d’ensemble. Les premières pages livrent d’entrée le ton : Si je devais trouver une similitude, elle serait dans certains films des frères Cohen. C’est à la fois sombre, grinçant, parfois triste, le tout relevé avec un humour d’une belle finesse - qui fait mouche à chaque fois - et d’une dose de belle lumière laissant espérer le meilleur pour ce personnage attachant, vite rattrapé par ses affres. Le tout est habilement réalisé, les références sont nombreuses et on se prend au jeu dans les témoignages livrés au fil du récit de la vie de Johnny. Témoignages qui prendront une toute autre dimension à la fermeture du second tome. Et c’est là que les auteurs sont habiles, à la fin de ma lecture, l’envie de relire le tout est forte, un peu à la manière d’un Fight Club, où les dernières minutes réécrivent le film et on se demande quand on est passé à côté. Au dessin, on ne boude pas son plaisir. Chaque planche est habile – certaines vraiment très jolies – , le sens du cadre bien maitrisé, les décors sont riches souvent rehaussés par une belle lumière, notamment sur les scènes dans la jungle. A lire sans modération.

20/10/2017 (modifier)