Dessous (Bones)

Note: 3.2/5
(3.2/5 pour 5 avis)

Durant la Première Guerre mondiale, des soldats découvrent de très anciens souterrains qui cachent d'horribles créatures.


1914 - 1918 : La Première Guerre Mondiale 1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles Edition participative Lovecraft

La première guerre mondiale fait rage, sur la petite butte du village de Vauquois, une position hautement stratégique, les troupes Françaises donnent l’assaut. Arrivant sur les lignes Allemandes, ils découvrent que tranchées et bunkers ont été désertés, ils décident alors de pousser plus avant l’exploration des galeries ennemies pour y découvrir l'innommable. Quelques jours plus tard, le muséum d’histoire naturelle de Paris reçoit une cuve contenant le corps difforme d’un soldat Allemand trouvé sur place ; le jeune Gaspard Petit, qui jusque là n’avait pas été incorporé, est alors envoyé sur place pour étudier ces anomalies. Il va y découvrir que les Allemands, creusant toujours plus profond sous les lignes Françaises pour y poser leurs charges explosives, ont réveillé une chose qui dormait là depuis des millénaires... [Texte de présentation de l'éditeur]

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 20 Avril 2016
Statut histoire Une histoire par tome 2 tomes parus
Couverture de la série Dessous (Bones)
Les notes (5)
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16/05/2016 | Eric2Vzoul
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L'avatar du posteur Le Grand A

Dessous a pu être publié grâce au financement participatif sur Sandawe, le web éditeur, et quand je vois le résultat final je me dis que le crowdfunding a un bel avenir devant lui, car pour son premier album Bones l’auteur (Fred Bonnelais) paraît plus un vétéran qu’un bizut. Effectivement ce qui frappe d’emblée c’est la patte graphique de Bones, très proche de celle de Mike Mignola voir pourquoi pas Olivier Vatine, avec un encrage profond, des gueules taillés au couteau et des décors anguleux. Mais là où je trouve Mignola parfois difficile à percer et à démêler, je n’ai pas ressenti cette impression dans le dessin de Bones qui est lui nettement plus lisible et clairsemé. Les couleurs aident peut être à surmonter cette noirceur car bien qu’utilisées à petites doses, elles permettent d’apporter ce qu’il faut de clarté à l’ensemble et de renforcer certaines atmosphères, notamment dans les scènes d’extérieur sur les champs de bataille qui ont une teinte grisâtre et terreuse. Un dessin qui convient très bien à l’ambiance du récit car c’est du Mignola aussi bien dans le rendu visuel que dans le texte. Qu’on se le dise, la série n’a pas pour ambition de révolutionner le genre ou même de faire dans l’originalité, c’est du grand classique dans le domaine de la série B et qui nous est servi ici avec efficacité. On sillonne les frontières car la BD est protéiforme entre l’historique, l’épouvante, le récit de guerre, le fantastique et le dieselpunk ; Dessous aurait pu s’appeler « B.P.R.D. - First Class » avec cette équipe d’élites mélangeant soldats et scientifiques français et allemand de la Première Guerre Mondiale enquêtant sur des phénomènes paranormaux. De nombreuses références et images nous traversent l’esprit au fil du récit : on pensera bien entendu à la saga Alien que ce soit par l’entremise des créatures parasites envahissantes ou des riches hominidés crevarices qui ambitionnent de les exploiter à des fins militaires (excellente idée d’avoir inclus le boucher du Chemin des Dames le général Nivelle). On fera également plus qu’une allusion évidente à certains Grands Anciens comme Shub-Niggurath issus de l’imaginaire d’H.P Lovecraft, et d’autres horreurs lorgnant du côté de Clive Barker. Malgré les nombreuses références on évite l’indigestion car tout cela s’imbrique parfaitement dans un récit fluide qui se lit vite (exceptés les passages en allemand non traduit) et n’est jamais ennuyeux. D’une certaine façon Dessous réussit là où d’autres grandes séries du même genre comme Sanctuaire ont échoué, en contentant tous les lecteurs, ceux ayant une préférence pour les ambiances glauques puis ceux privilégiant l’action. Bien que pensé comme un one shot, la fin de Dessous demeure très ouverte et sujette à interprétations. La suite "Dessous – Un océan de souffrance" est actuellement ouverte aux investissements, alors écoutez l’appel lugubre des abysses et rejoignez vous aussi la cohorte des édinautes. Mise à jour 18/04/2019 Si le premier Dessous pouvait se lire seul, ce second volet est clairement une suite dont les tenants et aboutissants paraîtront obscurs à ceux qui ne sont pas passés par la première étape. La suite du scénario prend une autre ampleur, divertissante mais qui se parcours rapidement, j'ai dû mettre une bonne vingtaine de minutes seulement pour la lire. Cela parle de mutations, d'avancée technologique, complot planétaire, le grand méchant de l'histoire à un côté Red Skul dans Captain America. Bon, c'est sympa mais on préférera juger la série dans son ensemble. "De quoi ? L'éditeur Sandawe a fermé ses portes ? Mince alors... Sans aller jusqu'à dire que le projet tombe à l'eau, Bones ne baissera pas facilement les bras j'imagine, il prend du plomb un coup de grosse Bertha dans l'aile. J'espère néanmoins voir cette fameuse conclusion qui devait nous emmener vers l'horreur cosmique.

04/06/2016 (MAJ le 18/04/2019) (modifier)
Par Josq
Note: 2/5
L'avatar du posteur Josq

Même pour un premier album, c'est franchement raté. Le dessin n'a aucune finesse, et on peine à reconnaître chaque personnage. Peut-être le trait anguleux plaît-il à certains mais clairement pas à moi : il n'y a aucune vie là-dedans, aucune fluidité, c'est terriblement statique, et surtout très inharmonique. En plus de ça, tout est noir pour nous empêcher de distinguer le moindre détail, ça pourrait dégager une certaine ambiance, mais non, là, rien... Subsistent bien quelques idées de mise en scène (les plans d'ensemble sont souvent assez beaux), mais ça ne va guère plus loin. Et c'est d'autant plus rageant que lorsqu'on voit les crayonnés en fin d'album, c'est beau, il y a du relief et un fort potentiel : mais non, tous ces aplats noirs et ces couleurs informatiques viennent tout gâcher visuellement en privant le dessin de relief et de finesse. Au niveau du scénario, c'est tout autant le néant. Mêler la Première Guerre Mondiale et un récit fantastique à base de monstres qui envahissent les sous-sols du monde, pourquoi pas ? Mais ç'aurait été mieux d'en faire quelque chose d'un tant soit peu original. Là, on a TOUS les clichés du genre, du scientifique qui voit que c'est dangereux mais qui veut quand même aller au plus près des monstres pour les étudier, à la hiérarchie qui veut utiliser les monstres pour gagner la guerre. On ne nous épargne rien, à tel point que ça en devient gênant, tant on a vu ça partout ailleurs... Le deuxième tome s'améliore un peu à ce niveau-là, mais son méchant reste trop caricatural pour convaincre. Il semblerait que cette série se réclame aussi de Lovecraft. Alors si on veut, il y a quelques vagues rapprochements, mais ça ne contentera que ceux pour qui Lovecraft se résume à un tas de monstres tentaculaires qui veulent dominer le monde. Pour ceux qui voient un plus de profondeur dans Lovecraft, le lien s'arrête là, c'est faible. Parce que, pour moi, le principal intérêt de Lovecraft, c'est son sens aigu de la narration, sa capacité à faire vivre tout un univers par un simple mais savant choix de mots. Ici, comme la narration ne passe plus avant tout par le texte, mais par l'image, il aurait fallu mieux assurer le dessin. Or, ce dernier devient confus à la moindre scène d'action, ce qui n'aide pas à rentrer dans l'ambiance... Bref, au bilan, ça reste un essai honorable pour une première saga, mais qui ne convainc ni par la force du texte, ni par celle du dessin. Il y a pas mal de bonnes idées, mais qui restent malheureusement cantonnées au rôle d'idées, et ne seront jamais concrétisées. Un beau gâchis.

01/03/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

On ne peut pas dire que le dessin soit une grande réussite notamment au niveau de la finesse du trait. Les couleurs sont d'ailleurs très sombres comme pour masquer un côté assez brouillon. Quant au scénario, il est plutôt assez banal. Ce n'est guère une lecture originale. Pour autant, je serai assez indulgent dans ma notation car j'ai bien aimé la mise en scène ainsi que l'enchaînement des dialogues qui n'avait rien de soporifique. Par contre, j'ai détesté les nombreux passages qui étaient en allemand et qui n'étaient pas traduits. Sinon, pour le reste, j'encourage vivement la BD participative financée par un groupe de lecteurs. Bientôt, de nombreux fans d'artistes publieront des essais qui n'auraient pas forcément passer le cap de la véritable maison d'édition. Il peut y avoir des perles mais également des orties. C'est un groupe de lecteur qui fait le tri. Le mélange première guerre mondiale avec ses tranchées et la mythologie horrifique lovecraftienne est sans doute ce qui attire le plus.

09/09/2016 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5
L'avatar du posteur Yannis

Dessous est comme indiqué la première BD de Bones et c'est une belle réussite. Le dessin est vraiment réussi et distille une véritable ambiance. Petit bémol au niveau des visages il faut parfois prendre quelques secondes pour bien resituer tout le monde. Le scénario peut paraître convenu mais comme indiqué l'ambiance mise en place est vraiment excellente et on dévore l'album qui s'avère trop court on en redemande. D'ailleurs la fin (qui n'en est pas une pour moi) appelle une suite et elle est d'ailleurs en financement sur le site sandawe. Je ne suis pas édinaute du tome 1 par contre je serai sur le 2 car la suite s'annonce du même niveau.

05/06/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

Bon, honnêtement, je n'ai pas été épaté par le scénario. Le coup de la guerre qui ne sert que de prétexte pour réveiller les monstres enfouis, on nous l'a déjà fait si souvent que plus aucun rebondissement de ce genre de récit ne peut vraiment me surprendre. Là, c'est “Cthulhu-sous-Vauquois”… Il est vrai que le village de Vauquois, situé sur une butte stratégique à quelques kilomètres de Verdun a fait l'objet de violents combats (qui l'on d'ailleurs entièrement rasé) où les belligérants ont largement utilisé les sapes bourrées d'explosifs (qui ont laissé d'importants cratères dans le paysage), mais le recours au contexte historique s'arrête là. Passées quelques pages, la guerre n'intervient plus vraiment et l'intrigue se focalise sur la chasse aux monstres, et c'est du très classique. Le principal intérêt de cet album tient dans le dessin sombre de Bones, qui connaît son Mike Mignola par cœur. Je m'attendais presque à voir surgir Hellboy et la B.P.R.D. dans les sombres cavernes qui s'étendent sous les tranchées de la Meuse ; ça j'aime bien. Visuellement, c'est donc un album réussi, avec une couverture accrocheuse. L'histoire quant à elle se déroule sans laisser un souvenir impérissable.

16/05/2016 (modifier)