Les derniers avis (9602 avis)

Par Salèn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Basara
Basara

Basara est un manga de Yumi Tamura (et l’un des plus grands succès de l’autrice, qui s’était fait connaître avec la série Tomoe Ga Yuku ! quelques années plus tôt), publié dans le magazine Betsucomi de l’éditeur Shogakukan entre 1990 et 1998. Cette bande dessinée est un classique du manga des années 90 et a eu un énorme succès au Japon. Le manga a été publié en France entre 2001 et 2006 par Kana ; il s’agit historiquement du tout premier shojo publié par l’éditeur. Si l’on devait résumer Basara en un mot, ce serait : épique. En effet ce manga mélange à merveille les deux mondes : les intrigues politiques et grandes batailles d’un violent monde post-apocalyptique, et le savoir-faire du shojo, c’est-à-dire une psychologie très fouillée de chaque personnage et de leurs sentiments, notamment amoureux, mais pas que. Si vous pensez que les shonens sont épiques, dites vous que Basara est encore plus épique qu’eux. La plupart des gens ont du mal à passer le cap du premier tome, mais j’ai tout de suite trouvé la série intéressante, pour ensuite devenir addict dès le tome 2. Si un sentiment de déjà-vu et de cliché peut survenir dans le premier tome, c’est parce que Basara EST le manga ayant pavé la voie pour le reste des shojos d’aventure des années 90, son influence est considérable. Plus on avance dans la série et plus l’histoire se complexifie, et je trouve qu’elle évite toujours les clichés et le manichéisme, pour mon plus grand plaisir. Sarasa, qui prend l’identité de son frère mort Tatara pour maintenir la rébellion contre le souverain et les différents rois gérant les régions du pays, se rend vite compte qu’un soulèvement a besoin d’une figure forte pour les porter, mais que cela ne suffit pas, chaque personne est essentielle pour changer les choses. Le fait de devoir maintenir une fausse identité lui causera également des soucis, car elle a l’impression de se perdre, elle a dû « tuer » Sarasa pour devenir l’espoir du peuple libre ; il n’y a que lorsqu’elle est avec Shuri qu’elle peut être elle-même. Concernant le Roi rouge (qui est en fait Shuri), ennemi mortel de Tatara, sa position n’est que le fruit des événements, et il effectuera tout un travail sur lui-même pour changer son état d’esprit et faire oublier ses crimes passés. Exemple en est d’une scène impressionnante vers le tome 11, où Shuri a une crise existentielle en se demandant pourquoi il veut vraiment chasser le souverain du trône et être Empereur. La relation amoureuse entre les deux personnages principaux, qui ignorent leurs vraies identités, est un point important de l’histoire mais n’en est pas le point central, aussi la romance est très peu présente, cela rassurera ceux qui n’en sont pas très friands. Concernant le dessin, il soulève parfois des réactions hypodermiques peu compréhensibles : oui, il est spécial et daté, certains diront approximatif mais d’autres auteurs comme Yoshihiro Togashi ont un style tout aussi approximatif sans que personne y trouve à redire. Et puis certains passages un peu embrouillés sont compensés par des magnifiques doubles pages, et des choix de mise en scène où Yumi Tamura démontre tout l’étendue de son talent. Quoi qu’il en soit, on reconnaît son trait entre mille, ce qui est l’apanage des grands artistes. Je ne peux pas trop en raconter sans dévoiler des pans de l’intrigue, mais Basara soulève tout au long de ses 27 tomes (25 tomes d’histoires principale plus deux tomes d’histoires bonus d’excellente qualité) des questionnements très intéressants sur la liberté, la démocratie, la volonté, la sexualité, la guerre, la liberté des journalistes, etc. Basara est une œuvre complète qui mélange de l’aventure, de l’action, de l’amour, du drame, de la violence, de l’humour, avec une grande agilité. Ce qui fait également le sel de ce manga est son impressionnante galerie de personnages (plus d’une centaine) ayant tous une personnalité bien définie, aucun n’est laissé de côté dans le déroulement de l’histoire. Pour ma part, j’aime beaucoup Chacha, la chef des pirates rencontrée dans le tome 3, et également Sarasa/Tatara qui est un personnage très fouillé ; elle est forte et déterminée, mais elle se donne le droit de douter, de pleurer, de faire des erreurs, car elle est humaine. Mais mon personnage favori est sans conteste Papillon de Nuit (Ageha en VO), un être fascinant, tantôt homme tantôt femme, guerrier du désert et premier allié de Tatara/Sarasa, partisan de la démocratie, sans pitié avec les ennemis de la paix, un observateur du monde aspirant à devenir acteur de celui-ci. Il a aussi une relation trouble avec Shido, le bras droit du Roi Rouge, qui ajoute du drame et du piment à son personnage. C’est probablement l’un des plus beaux personnages tout mangas confondus pour moi. Au final, lire Basara a été une si belle expérience que cela m’a redonné envie de lire des mangas alors que je les avais délaissés depuis plusieurs années. Un souffle indescriptible traverse cette grande aventure, si bien que le dernier volume fermé, les yeux humides, on a l’impression de revenir d’un long et merveilleux voyage.

20/05/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série I hate fairyland
I hate fairyland

Huhuuuhuuhuuh !!! Le voilà l'album LSD de ce début d'année ! "I hate fairyland" nous sort l'artillerie lourde pour taper juste et fort ! Si le jeu du contraste entre un univers "flashypopguimauve" et un personnage principal hors cadre, bourrin et grossier n'est pas nouveau, quand c'est fait de si belle manière, on ne peut que saluer cette réussite. Car notre jeune Gertrude catapultée dans ce Fairyland du haut de ses 6 ans est aussi peu douée pour retrouver la clé qui lui permettrait de retrouver son monde qu'elle excelle à coller des coups de hache. Faut dire qu'au bout de 27 ans à rester coincée dans son corps de 6, on comprend qu'elle puisse jurer la "poupinette" ! Ce qui est d'ailleurs un des ressorts comique de la série, puisque tous les jurons sont édulcorés façon pâtisserie ou sucrerie, "petit monde féérique" oblige :P J'ai également beaucoup apprécié son "ange gardien", une espèce de mouche défoncée qui lui sert de Jimini Cricket ; un excellent faire valoir du personnage principal à l'humour décapant qui permettent à l'auteur de nous gratifier de dialogues assez hallucinants ! Côté dessin Skottie Young accorde son trait et sa palette à cet univers à la Alice où "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil... ou presque !". Couleurs flashies, trait marqué voire caricatural, tout est fait pour accentuer les contrastes nécessaires au ressort de son récit et c'est très réussi ! Alors si l'envie de passer un gros moment de détente dans un univers déglingué avec des personnages pas piqués des hannetons, "I hate fairyland" est fait pour vous ! Il y a longtemps que je m'étais pas autant marré avec une série BD ! Hâte de lire la suite ! *** tomes 2 à 4 *** Passé la surprise totale du premier tome et les bon mots et gags en cascade, Skottie Young poursuit sa série sur la même verve mais avec il faut le dire une perte d'efficacité au fil des tomes. Le tome 4 est même assez décevant comparé au plaisir jubilatoire que m'avait procuré le premier. Mais bon, tout n'est pas a jeter, loin de là et je maintiens ma note de 4/5 même si tout cet ensemble foutraque sent quand même l'improvisation au long cours traversé par quelques éclairs de génie :) Bref, une série improbable qui aura eu le mérite d'avoir une conclusion (ce qui n'était pas gagné je pense ^^) avec laquelle on dépose le cerveau pour quelques bonnes tranches (bien saignantes) de rigolade !

06/05/2017 (MAJ le 20/05/2019) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Révolution (Locard / Grouazel)
Révolution (Locard / Grouazel)

Grandiose et essentiel Si un jour l'on m'avait dit que je lirais quasi d'une traite une BD de près de 320 pages sur une histoire de la révolution française j'aurais bien rigolé. Mais quelle somme, cet ouvrage prévu en trois tomes est une véritable tuerie sans jeu de mot. Mettons d'abord en avant la prouesse graphique tant le dessin de Florent Grouazel est exceptionnel de richesse de détails. c'est tout bonnement incroyable la minutie qui est apportée aux décors, aux costumes et la vision d'un Paris ou se mêlent les classes sociales en ces jours d'incertitudes. Pour ce qui est du scénario disons le d’emblée il est touffu ce qui ne veut pas dire illisible, l'on suit plusieurs personnages réels ou fictifs qui nous entrainent à leur suite dans le tourbillon des évènements de janvier à octobre 1789 au jour du vote de la loi martiale par l'Assemblée nationale. Notons d'ailleurs que tous ces personnages sont rendus attachants par les auteurs. Pas de parti pris, nous vivons en temps réel les évènements; séances à l'Assemblée balbutiante, tractations ou complots divers dans les salons dorés de la noblesse ou les arrières salles des cafés. Chose amusante ou pas il est assez fascinant de lire les discours d'alors qui ont un écho avec notre époque et les évènements actuels dans notre beau pays, je fais référence au mouvement des gilets jaunes, mais pas que, d'autres voix sont à coller sur des noms bien connus. Pour ma part cette BD parfaitement documentée et moderne dans son approche devrait faire date elle est hautement recommandable.

19/05/2019 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona
Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona

J'avais beaucoup aimé Le Voyage des Pères, première époque... Avec le second cycle, nous sommes 1500 ans en arrière, à l'époque de Moïse. Ratte applique la même recette, nous montrer cette période importante des saintes Ecritures par le petit bout de la lorgnette ; ici, un riche propriétaire égyptien qui cherche à avoir une descendance et dont la route croise celle d'une jeune Juive, Libi. Il y a toujours ce ton joyeusement anachronique, ces situations et ces dialogues savoureux qui ont fait le succès de la série-mère. Ca me plaît bien, même si l'intrigue est resserrée autour de deux prsonnages, quatre si on compte le pharaon et Moïse. Pour l'occasion c'est Myriam Lavialle qui prend en charge les couleurs, et la différence est bien marquée avec le premier cycle ; c'est plus vif, moins pastel, mais toujours aussi agréable à l'oeil.

22/08/2011 (MAJ le 18/05/2019) (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle

Jean Doux et le mystère de la disquette molle, c'est une série que j'ai eu envie de lire dès les premiers avis que j'ai lus sur le site. Un an plus tard, après avoir longtemps repoussé l'achat, notamment en raison du prix tout de même un peu corsé, j'ai fini par craquer, le fait de l'avoir trouvé en occasion aidant. Et, fait assez rare pour le souligner, je n'ai pas été déçu. Souvent, quand j'en attends beaucoup d'une bd, c'est ce qui m'arrive. Mais là, je me suis laissé embarquer avec bonheur dans ce récit totalement barré. Jean Doux, c'est l'Aventure avec un grand A. Cet employé d'une entreprise de broyeuse à papier découvre une disquette molle des années 70 qui va lui permettre de remonter la trace de la broyeuse ultime, celle de niveau 12 (rendez vous compte, le niveau 6 permet déjà une découpe ultra fine!!). Comme dit dans les avis précédents, on est dans l'absurde total, et ça marche très bien. Philippe Valette nous entraîne dans un récit qui mêle humour et aventure avec maîtrise tout du long, et mine de rien, ce n'est pas si courant. D'un côté, on est ravi par l'humour présent à chaque coin de page et de l'autre, on est embarqué dans l'aventure de Jean Doux et curieux de connaitre la suite. Bien sûr, il y a quelques gags qui m'ont moins plu que les autres (le coup du tuba par exemple), mais la plupart sont vraiment marrants. Les dialogues y sont pour beaucoup : ils sont percutants, caricaturaux mais pas trop et décalés. Le ton est toujours juste, et il y a certaines pépites au travers des 250 (!) pages de cet album en format à l'italienne. Et le dessin, même si on ne peut pas dire qu'il soit beau, colle parfaitement à l'ambiance. Les petites mimiques de Jean Doux lorsqu'il est étonné ou stressé sont vraiment bien, elles sont drôles et expressives. Le côté cubique des personnages leur confère une originalité particulière, et finalement le résultat est assez agréable à l'oeil. Non, franchement, un très bon album sans fausses notes.

17/05/2019 (modifier)
Couverture de la série Texas Jack
Texas Jack

Que je suis content de retrouver le personnage du marshall Sykes dans ce nouvel épisode des mêmes auteurs, même si celui-ci est en fait un prequel à Sykes. J'avais été tellement enthousiasmé, pour moi, il n'était pas possible d'en rester là, Armand et Dubois devaient remettre le couvert. Le principe du personnage d'attraction de cirque m'a fait penser à celui incarné par Tom Cruise dans le film le Dernier samouraï, où ce dernier quittait son emploi de tireur d'élite de cirque pour remplir une mission au Japon. Mais ça s'arrête là, ici on reste dans le Far West sauvage pour ce que l'on croit être une mission suicidaire. Le scénario est peut-être moins abouti que dans Sykes, et utilise une trame relativement classique vue dans quantité de westerns. Si Sykes rendait hommage aux westerns récents du genre Impitoyable, Tombstone ou Appaloosa, ici c'est clairement inspiré des westerns à l'ancienne, mais avec un traitement un peu plus moderne (dans le langage notamment) et une dose massive de violence sanglante, avec de nombreux gunfights. Ce sentiment est aussi perceptible dans le personnage de Gunsmoke, le méchant absolu, le salopard ultime dont on voit les atrocités en début d'album, parce des méchants aussi noirs, il n'y en avait guère dans le western à l'ancienne, il faudra attendre le western crépusculaire des années 70 pour en voir d'aussi ressemblants. Ceci m'amène à un constat curieux : le type de mise en scène fomenté par Gunsmoke (suite à un retournement de situation vers la fin) m'étonne un peu parce que ce genre d'outlaw ignoble et cruel semble mener un jeu pour en faire un spectacle, or ce genre de mec ne se souciait pas trop de tant d'égards, il tuait pour tuer et ne se posait pas de questions. Et là, on apprend qu'il a tout manigancé en réalité pour attirer Texas Jack et ses partenaires dans un piège ; je n'en dis pas plus pour laisser la surprise, mais moi ça m'a un peu surpris. Le marshall Sykes est ici en guest star de luxe, bien qu'il ait un rôle très important, pour permettre de laisser la place au héros Texas Jack. Je trouve que ce dernier semble léger au niveau du profil face à Sykes ou même Gunsmoke, de plus j'aime beaucoup le personnage de Greed, le genre de mec qui a un passé chargé semble-t-il et qui sait tirer, il m'a beaucoup rappelé le calme olympien de Red Dust dans Comanche. Mais dans l'ensemble, on peut dire que tous les personnages principaux sont bien campés, pas un n'est sacrifié au profit d'un autre. Après, le final, je l'aurais aimé autrement, mais bon, c'est ainsi. Au niveau graphique, c'est du lourd, je retrouve avec joie le dessin de Dimitri Armand qui m'avait enchanté dans l'album précédent, un trait épais et appliqué, qui soigne certains détails et accessoires, propose de belles images, des cadrages cinématographiques et des pleines pages de qualité qui débouchent sur une double page grandiose de massacre collectif ; il y a beaucoup de personnages et c'est un plaisir de la scruter en détail, une page de cette nature a dû prendre du temps à dessiner, c'est du good job ! Au final, on est encore devant un grand western en BD, un peu trop bavard peut-être pour un western, quoique dans Comanche et Blueberry déjà, Greg et Charlier faisaient beaucoup parler leurs personnages, donc moi ça me convient et j'en redemande.

14/05/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Ben mes aïeux! Le terme de claque est habituellement fortement galvaudé, disons donc que la c'est une grosse baffe tant scénaristique que picturale. Avant d'entrer dans le vif du sujet permettez moi encore une fois de faire l'éloge des éditions Ankama qui du Label 619 à cet opus font dans le grandiose. L'album en lui même mériterait de ne pas être rangé comme il se doit avec la tranche bien visible mais exposé de face afin d'admirer toute la richesse de la couverture. Couverture en trompe l’œil grâce à une découpe qui donne accès aux bibliothèques mémorielles du détective. Voici donc une BD d'un genre nouveau qui offre une manière de lire qui s'inspire du déroulement de la pensée, de l'enchainement des idées de Sherlock Holmes. Le docteur Fowler est retrouvé au petit matin errant dans les rues de Londres, légèrement blessé et un brin amnésique. La découverte de poudre sur ses vêtements et d'un ticket un peu particulier pour un spectacle incite Sherlock Holmes à penser que le médecin n'est pas l'unique victime de ce qui pourrait être un complot d'un plus grande envergure. Les représentations d'un magicien Chinois y sont sans doute pour quelque chose. Comment ne pas s'extasier devant un scénario millimétré qui reprend tous les ingrédients des polars de ce temps là Conan Doyle ou Agatha Christie. On y retrouve avec délectation l'esprit Victorien, le petit poil, enfin pas si petit que cela de racisme avec la communauté chinoise forcément fourbe et sournoise. Cyril Lieron le scénariste connait son Conan Doyle sur le bout des doigts et la logique vertu cardinale du grand détective est ici à l'honneur, c'est un plaisir que de décrypter avec lui les indices qui s'enchainent mathématiquement, logiquement. Et que dire du dessin de Benoit Dahan, des traits pour les personnages qui s'approchent de la caricature mais sans que le ton puisse y trouver à redire tant ils sont justes. Sherlock possède un visage anguleux mais qui correspond bien au personnage que l'on imagine bien un brin cassant et péremptoire. Et la mise en page, l'espace s'y trouve comme déstructuré mais garde grâce au petit fil rouge une logique évidente. Ajoutons à cette diatribe la présence avec l'album d'un journal, numéro du "London Chronicles" qui reprend des éléments de la BD ainsi qu'une petite interview des deux auteurs. Magnifique vous dis je, lisez et vous comprendrez l'évidence de mon coup de cœur.

12/05/2019 (modifier)
Couverture de la série Fog
Fog

Une série BD qui me tient énormément à cœur depuis des années : le génial "Fog" de Roger Seiter & Cyril Bonin ! Pour ceux d'entre vous qui ne la connaîtraient pas, c'est (pour moi) une référence incontournable en matière d'enquête Victorienne (ce n'est pas Sherlock Holmes mais on n'est pas loin), avec un niveau scénaristique, une richesse dans l'enquête rarement égalée en Bande Dessinée. Dans le dessin, des ambiances immersives, avec notamment un traitement quasi-monochrome / bichromie très efficace et évocateur. Bref… Pour ceux qui ne connaissent pas ces 8 tomes (4 enquêtes de 2 tomes chacun), je vous les conseille vivement ! Ils existent aussi sous forme d'intégrale en deux tomes parus aux éditions du Long Bec.

10/05/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mamma mia !
Mamma mia !

Mamma mia !, c'est l'histoire de quatre femmes de la même famille vivant sous le même toit, quatre générations de mères en filles. Aurélie, la trentaine célibataire, s'installe temporairement avec sa fille chez sa propre grand-mère, le temps de trouver un emploi. Cette dernière, restée assez jeune et vive d'esprit, voit d'un plutôt bon œil cette arrivée, sachant qu'elle ne devrait en principe pas durer trop longtemps et qu'elle pourra ensuite reprendre sa vie normale de senior active. Mais c'était sans compter sur sa fille, la mère d'Aurélie, qui débarque au même moment, revenue du Brésil où elle sort de l'un des nombreux épisodes de sa vie dissolue et insouciante, voire irresponsable s'il faut en croire l'avis d'Aurélie qui n'a guère bénéficié d'attention maternelle durant sa propre jeunesse. Entre les quatre va s'instaurer une cohabitation entre sourires et grincements de dents. D'autant que la plus jeune, Emma, n'a pas sa langue dans sa poche pour dire ce qu'elle pense et ce qu'elle comprend avec son esprit de petite fille de moins de 10 ans. Associer Trondheim et Obion sur un même album, j'adore ! On a droit au graphisme excellent d'Obion, son trait rond, dynamique, hyper efficace et maîtrisé, parfait pour l'humour. Il réalise également les couleurs et celles-ci sont fraîches, lumineuses et très appréciables. Et on a droit à l'humour et l'efficacité narrative de Trondheim, probablement épaulé par Obion lui-même dont j'imagine mal qu'il puisse avoir refusé de glisser son propre humour ici (mais pas de jeux de mots !). Et comme j'aime autant l'un que l'autre, je suis comblé ! Les personnages sont bons, attachants, avec des caractères qui se combinent et s'opposent de manière excellente. Les textes sont finement ciselés, avec de superbes réparties. Et chaque gag est amené avec une maestria narrative où l'on sent la patte et l'expertise des deux auteurs. Pour dire les choses simplement, quand j'ai lu cet album, il n'y a pas une planche où je n'ai pas sincèrement souri, et il y en a un bon paquet pour lesquelles j'ai ri à en secouer le lit, au point de déranger ma femme qui voulait regarder sa série tranquillement.

09/05/2019 (modifier)
Couverture de la série L'Année de la Comète
L'Année de la Comète

Comme souvent (comme toujours !), les éditions 2024 font très bien les choses, pour mettre en valeur une œuvre originale. J’ai déjà dit sur ce site tout le bien que je pense du travail de Clément Vuillier (Le Voyage Céleste Extatique par exemple chez le même éditeur), et ce très bel album (au très grand format !) ne me fera pas changer d’avis. Il faut dire qu’il nous en met plein la vue (dans tous les sens du terme), dans ces grandes pages muettes (aucun texte dans cet album, si ce n’est une citation de Camille Flammarion en quatrième de couverture). Comme souvent Vuillier dessine des paysages grandioses, dans une ambiance très minérale (rien d’arrondi, c’est toujours tranchant, les pointes des montagnes, telles les cristaux habillant des stalactites, émergeant, dents abandonnées ou prêtes à croquer qui passerait par là). C’est l’année de la comète donc, qui arrive et ravage ce monde, déclenchant des cataclysmes, déchainant les éléments : on pourrait penser à celle qui a provoqué l’extinction des dinosaures. Sauf que là, il n’y a aucune trace d’êtres vivants, seules quelques forêts s’embrasant étant là pour nous faire croire à la vie dans ces paysages explosant, s’effondrant, emportés par des tsunamis, des incendies, la comète en question allumant et donnant le rythme de ce feu d’artifices. Un très bel album, les superbes images nous faisant imaginer les sons absents, mais pourtant omniprésents, d’une apocalypse flamboyante. Quelle beauté, quelles couleurs ! Alors, certes – indépendamment du prix (mais là l’objet et la maison d’édition expliquent et justifient cela) – il faut être réceptif à ce genre de narration, qui fait la part belle à l’imagination du lecteur, et qui joue sur une poésie visuelle qui « explose » dès qu’on ouvre l’album (et même après qu’on l’ait refermé).

23/04/2019 (modifier)