Un excellent documentaire sur le fléau qu'est la cigarette.
Bon, si on connait un peu le sujet il y a peu de surprises dans cet album. Je pense que maintenant la plupart des gens savent que la cigarette est mauvaise pour la santé et que les compagnies ont passé des décennies à nier ce fait. Cela reste que l'album est prenant et que c'est un excellent outil de vulgarisation pour ceux qui veulent en apprendre plus sur le sujet. Les auteurs parlent de plusieurs sujets reliés à la cigarette et j'ai appris plusieurs choses comme le fait que les compagnies de tabacs se sont emparées d'idées progressistes pour vendre leur merde (du genre fumer aide la libération de la femme !). Ce n'est jamais raconté de manière chiante et la narration est fluide. J'aurais toutefois aimé que les auteurs parlent un peu plus du reste du monde vu qu'on est surtout concentré sur les États-Unis. Il y aurait pu y avoir des trucs intéressants à dire juste avec ce que les compagnies américaines de cigarettes ont fait pour détourner les lois canadiennes.
Enfin, je comprends que c'est un sujet vaste et qu'il fallait faire des choix pour qu'on ne se retrouve pas avec un album de 1000 pages. Le dessin est excellent et je l'ai vraiment adoré. C'est typiquement le genre de dessin comique un peu réaliste que j'aime. Bref, un documentaire à lire et offrir aux fumeurs de notre entourage.
Si on fait abstraction du récent Le Confesseur sauvage, Philippe Foerster relie rarement ses histoires macabres entre elles par un fil rouge. C'est pourtant ce qu'il faisait avec cet album et ce personnage antipathique au nom imprononçable : Théodule Gouâtremou.
En effet, ce brave quidam est un colporteur. Il représente une curieuse compagnie qui vend de tout comme son nom l'indique. Et il n'a pas son pareil pour dénicher des clients étranges et satisfaire (ou pas) leurs requêtes les plus folles.
Théodule est le fil rouge de ces petites histoires, il est souvent en galère et se préoccupe essentiellement de conserver son boulot et d'en tirer profit financièrement quitte à mettre en galère sa clientèle au sort principalement funeste. C'est le petit plus de cet album qui conserve l'humour caustique de l'auteur tout en dressant un portrait social et atypique. On ne sait pas ce qui se passe chez les gens une fois leur porte fermée et c'est ce qui fait tout le sel de cette histoire abracadabrantesque.
Encore un indispensable pour tout amateur de Foerster. Ces métaphores du malheur gardent quelque chose de hautement réjouissant par leur voyeurisme. Et toujours ce trait noir et blanc impeccable et reconnaissable entre mille.
Très beau témoignage, très touchant ! C'est rare que des BD parlant de maladies éveillent en moi quelques échos, ce qui n'est arrivé pour l'instant qu'avec Une chance sur un million, qui continue de m'émouvoir aux larmes à chaque lecture, mais celle-ci rentre dans le même genre de catégorie.
Cela tient à peu de choses, mais là où elle sait se faire très juste, c'est que son histoire dépasse le simple cadre du récit d'un combat contre la maladie : il touche plus largement à ce qui fait de nous ce que nous sommes et la fragilité de nos êtres. Et là, je m'y retrouve, moi qui n'ai jamais connu la convalescence, la maladie et l'hôpital.
Élodie Durand se découvre épileptique à cause d'un cancer, et ce rude combat de plusieurs années contre cette petite cellule mal placée fera le récit. Mais ce qui va surtout être son calvaire, c'est que cela affectera sa mémoire et ses souvenirs. Et donc, ce qu'elle est.
L'histoire d'Élodie m'a touché sur ce point, par la détresse qu'elle met dans ces pages où elle perd la mémoire de choses banales, ordinaires, jusqu'au souvenirs personnels et même son propre prénom, alors qu'elle est perdue seule en ville. C'est horrible de voir la façon dont tout se détériore jusqu'à ce point, et la façon dont une si petite chose peut détraquer un être humain à ce point. Perdre la mémoire et les souvenirs, c'est perdre une partie de sa vie. Et dans le cas ici, un gros morceau même. Et d'imaginer une telle chose m'arriver, ça me suffit à avoir une réelle compassion pour l'auteure.
Le récit est très bien servi par son dessin, entrecoupé de ceux qu'elle faisait lors de ces crises. Il représente d'une façon poignante son ressenti en même temps qu'il dévoile la douleur qu'elle ressent et la lente déliquescence de son esprit. Plusieurs mises en pages originales parsèment le récit, donnant des différences de rythme et de tons qui donnent une fluidité de lecture extraordinaire, bien que le sujet soit aussi grave et aussi fort.
Une lecture très marquante, avec une réelle question sur la mémoire qui est sous-jacente à tout cela. Le récit est d'une force narrative et m'a beaucoup impacté. Je le relirai avec plaisir, c'est certain. Quelle claque !
Bammmm !!! C'te baffe ! C'est sur les conseils insistants de notre bon Sloane que je me suis lancé dans la lecture de cet album (je vous renvoie à son avis dithyrambique) et connaissant nos goûts respectifs je partais plutôt confiant.
Et bien les aminches je fus servi et pas qu'un peu ! Quel régal ! Si certaines adaptations laissent parfois un goût amer ou insipide, rien de tout cela ici !
Il faut dire aussi que les prémices de la littérature fantastique produits par Edgar Poe ou Bram Stoker ont ravi mes nuits de jeune lecteur et ont forgé mon engouement pour le genre. Ajoutez à cette adaptation un noir et blanc somptueux (Ahhh le noir et blanc... j'adore !) et totalement maîtrisé, et là moi je dis chapeau bas monsieur Bess !
C'est avec Le Lama blanc et Juan Solo que j'avais déjà pu apprécier le talent de cet auteur ; mais là, on passe au niveau supérieur ! High level même ! Que ce soit au niveau de l'adaptation très fidèle au texte de Stoker tout en parvenant à conserver une fluidité de narration impressionnante ou le découpage talentueux qu'il nous propose, rien n'est à jeter ! Ces planches mes amis ! Bess s'amuse avec ses cases, quitte à en sortir, il marie un réalisme saisissant et des décors parfois très impressionnistes un peu à la façon d'un Sergio Toppi tout en gardant son style propre. On est littéralement happé par cet album, comme hypnotisé par ce bon vieux roublard de Dracula.
Alors pas d'hésitation, cet album est une pure merveille graphique et une adaptation des plus réussies, foncez chez votre libraire, vous ne regretterez pas votre achat.
Nantes, durant la longue période des guerres de Vendée (où Les Blancs et Les Bleus s’affrontaient), le lieutenant Varenne et son acolyte Uncas, sont engagés pour retrouver le colonel Schreb. Celui-ci, surnommé l’Ange de la terreur, s’est retiré dans des marécages bretons, en compagnie de toute une armée d’oubliés. Son exil est considéré comme une vendetta et si Varenne le trouve, il doit l’abattre.
Transposer le célèbre court roman ‘Au cœur des ténèbres’ de Joseph Conrad doit être un sacré défi. C’est un roman intense au caractère très sombre. Il compte le récit d’un périple au cœur de l’Afrique noire d’un jeune officier de la marine marchande britannique envoyé pour rétablir des liens commerciaux, concernant le business de l’ivoire, en pleine jungle, avec un certain Kurtz qui ne donne plus de nouvelles. Je pense qu’après tout le monde doit connaître ce roman de Conrad même si jamais lu via Apocalypse now, le film de Francis Ford Coppola, en transposant le récit durant la guerre du Vietman avec ce duo inoubliable qui est Martin Sheen et Marlon Brando.
Jean-Pierre Pécau replace donc les événements de la nouvelle de Conrad avec brio puisqu’il arrive à sublimer ce récit étrange et terrible. Tout en restant sur le thème du conflit, il met en place la sédition d’un homme face à l’horreur de la guerre et met en avant un épisode sanglant et sombre de l’histoire de France : les guerres de Vendée. Les thèmes abordés sont forts et nous dévoilent toute l'angoisse de cette période de l’après Terreur. De plus, Jean-Pierre Pécau arrive à garder le côté exotique, mot à prendre avec des pincettes, du récit de Conrad qui se déroule en Afrique noire, avec le personnage de Uncas, un peau-rouge de la tribu Mohawk, venu s’engager dans l’armée française. De même que le récit de Conrad se déroule sur un fleuve d’Afrique noire au milieu de la jungle, présentement le récit se déroule sur un canoë dans des marécages touffus.
Le côté graphique est absolument réussi et atypique. Le trait de Benjamin Bachelier s’harmonise avec la plume de Jean-Pierre Pécau et nous applaudissons le choix de ce duo qui est en total symbiose. Tout en gris, les traits marqués des personnages nous envahissent et nous crient leur horreur, souvent nous sommes à la limite de déchiffrer comme dans un brouillard. Ils ont des regards et des expressions happés par la folie. Des regards hagards, pétris de douleur et de souvenirs sanglants. Et tout d’un coup, des touches de couleurs, très vives, qui nous font monter en pression ! Boum ! Tout en se terminant comme dans une explosion de douleurs ! C’est beau, très beau, très émouvant et très délicat en fait. Je pense que cela peut rebuter au premier coup d’œil car le rendu est presque grossier mais c’est de l’art totalement maîtrisé.
Bravo aux auteurs et à l’éditeur qui a su porter à bien ce projet totalement réussi.
Rhaaaaaaaaaaaa.
J’avais déjà amplement dépassé mon budget lors d’une de mes razzias sur Paris lorsque je suis tombé sur cet album. Je l’ai ouvert… et j’ai donc décidé d’oublier mon budget (ceinture, et patates pour quelques temps !).
Car c’est typiquement le genre de trucs qui m’attirent. Graphiquement, j’ai immédiatement été accroché. C’est proche par certains aspects de l’univers et des tronches de Winshluss (d’ailleurs son complice Cizo a participé à la couverture), ou des univers déjantés de Dave Cooper – Stéphane Blanquet s’y trouverait à l’aise aussi. On est donc là, on le voit, en terrain miné pour le lecteur lambda. Mais pour les plus curieux, ceux qui sont friands d’univers originaux et décalés, c’est vraiment le genre de chose qui peut déclencher le coup de cœur – comme cela a été le cas pour moi.
Car, outre l’univers, très underground – mais pas tant que ça finalement, il faut aussi parler du rendu. En effet, Yann Taillefer use d’une très jolie bichromie – rouge et bleu, en dessinant au stylo bille : cela donne un aspect crayonné très chouette, un peu brouillon, mais que j’ai vraiment beaucoup aimé !
Voilà pour ce qui m’avait scotché lors du feuilletage. Pour ce qui est de l’intrigue, ou plutôt des histoires courtes (plus que des chapitres, car en fait il n’y a pas forcément d’intrigue à proprement parler), il est très difficile de faire un résumé – est-il souhaitable d’ailleurs ?
Dès le départ, on est happé par un univers à la fois loufoque et oppressant, une sorte de régime totalitaire, qui élimine les déviants, ceux qui sortent des clous, qui se construit sur les restes de ces rebuts. Société étrange, dont les personnages sont parfois des hybrides objets/humains, des bouts de corps difformes, des freaks tout droit sortis d’un imaginaire débridé et fantasmagorique.
C’est parfois un peu trash, parfois énigmatique (mais comme devant un tableau, il faut savoir rester avec une question sans réponse, aimer ne s’explique pas toujours !), parfois poétique (mais alors une poésie très noire, malgré le bleu et le rouge rosâtre qui règnent en maîtres – et qui atténuent quelque peu le côté trash évoqué plus haut).
A part quelques bruits et une ou deux onomatopées, c’est entièrement muet. Mais la lecture est très fluide – pour peu qu’on accroche à l’univers développé ici.
Je voudrais finir en remerciant les éditeurs – ici Les Requins Marteaux et Super Loto – qui prennent le risque de publier ce qu’ils aiment, de le faire en dépit de certaines contingences, et qui le font très bien. En cela il n’y a pas de petit ou de grand éditeur, ou plus précisément la grandeur ne se mesure pas au chiffre d’affaires. Cela va sans dire, certes, mais ça va encore mieux en le disant.
A découvrir !
Alors tout d'abord, remballez vos préjugés. Il ne s'agit ni d'un Shojo, ni d'un manga destiné à un jeune public (elle est éditée en France chez PIKA dans la collection "PIKA SEINEN") et on est très loin d'un Harry Pot-de-Beurre.
Alors certes, l'héroïne est jeune et inexpérimentée mais ses actions ont déclenché une tragédie (elle n'est donc pas victime mais en quelque sorte "coupable") et cela ne fait que renforcer sa détermination.
Voilà, maintenant qu'on a clarifié ce point, on peut parler des qualités qui font de ce manga un excellent achat qui vous fera passer un bon moment.
Le dessin est bon voire très bon parfois même si certaines cases sont un peu vides. Le character design est également agréable et aide à la lecture. Mais c'est avant tout le scénario, original, qui fait de ce manga une perle rare. En effet, là où un shonen se retrouvera à faire du "level-up", ici on a une intrigue complexe dont, après 4 tomes, on ne fait qu'effleurer le potentiel, le tout servi par un découpage donnant un très bon rythme à l'ensemble.
Bref, du tout bon et j'ai hâte de lire la suite...
Après relecture et lecture du tome 5, j'augmente ma note d'une étoile car ce manga est tout simplement magique...
Voilà un bel album.
Certes, l’histoire qui nous est proposée est une pure romance. Flavia, au triste passé, courageuse, décidée et incroyablement douée, est LA parfaite héroïne du genre. Son entourage offre le panel habituel pour ce type de récit. L’humour n’est pas vraiment présent. Il n’y a pas de surprise… mais ce scénario est bien construit. C’est une histoire positive, qui fait du bien, qu’on lit un tendre sourire aux lèvres. Oui ! D’accord, c’est très sucré ! Mais je me suis attaché à ces personnages. A défaut d’être neuf, c’est doux (lavé avec Mir laine ?) C’est frais, léger.
Et la mise en page est à l’image de la narration : aérée, douce, avec de grandes cases et un bel équilibre entre dessins et textes. Les personnages sont bien typés, les décors sont soignés dans un style caricatural assez moderne mais que j’ai trouvé agréable à l’œil. Ce trait sans fioritures, d’une fausse simplicité, convient bien à ce genre de roman graphique.
Le sujet permet d’entrer dans un univers que l’on ne voit finalement pas si souvent que cela (un grand conservatoire parisien). Et entre amour de la musique, exigences des professeurs, esprit de camaraderie, débrouille pour boucler les fins de mois, premiers émois et différences de classes sociales, les auteures ont de quoi nourrir un récit durant lequel je ne me suis jamais ennuyé.
Franchement, c’est un chouette album. Je le conseillerais vivement aux lectrices et lecteurs ayant gardé une âme romantique… Rien de révolutionnaire mais une belle histoire. A lire.
Arrivé presque à la fin de l’album, j’ai réalisé qu’il restait un ultime chapitre… et j’ai compris à quel rôle était destiné un personnage dont longtemps on ne comprend pas trop ce qu’il vient faire là…
Et là, je me suis dit qu’Edward Abbey, l’auteur du livre dont est adaptée cette bande dessinée, n’était qu’un « p*** de b*** de m*** de l’enc*** de sa race ! », qu’il ne pouvait pas nous faire ça (ni à Jack Burns, son personnage de fiction, ni à moi, simple lecteur) ! Le salaud avait préparé son coup depuis le début et il m’a fallu attendre de voir qu’il restait ce chapitre pour le comprendre !!! Et je ne pouvais m’empêcher de penser « Non ! Pas ça ! Ne lui donne pas ce rôle-là ! Allez ! Sois sympa ! » Mais non, les rôles étaient distribués et l’inéluctable arrive… comme prévu…
Et là-dessus, voilà qu’Hugo Piette en rajoute encore une petite couche pour la route et nous gratifie d’une ultime planche qui sonne comme un glas dans un désert navajo… Une page muette qui m’a rendu sourd.
J’ai refermé le livre à moitié K.O.
C’est pour ça que je lis des bandes dessinées, pour ressentir ce genre d’émotion, d’empathie pour des personnages qui, au départ, ne me semblent pourtant pas spécialement attachants !! Alors, messieurs les auteurs, pour ce pur instant d’émotion : merci !
Pourtant, tout avait commencé assez mollement. Le début du récit ne m’a guère passionné. Je m’attardais alors plus sur le dessin d’Hugo Piette, et sa colorisation qui rend autant hommage au Lucky Luke de Morris qu’à celui de Matthieu Bonhomme. Le personnage principal du récit m’énervait un peu, les événements s’enchaînaient dans un rythme très lent… En fait, je ne voyais pas vraiment où les auteurs voulaient en venir mais le personnage central se construisait peu à peu…
Puis vient la seconde partie du récit ! Bordel ! La seconde partie du récit ! Cette chasse à l’homme improbable, où toute la bêtise humaine semble s’être liguée contre Jack Burns et sa soif inextinguible de liberté, qu’est-ce qu’elle est bien foutue.
Seuls sont les indomptés est une ode à la liberté mais aussi le triste constat qu’à notre époque les cowboys solitaires n’ont plus vraiment leur place.
(Et si je n’ai rien dit du travail de Max de Radiguès, c’est parce que je ne vois pas ce que je pourrais en dire tant cette bande dessinée ne souffre jamais du fait qu’il s’agit d’une adaptation, tant les dialogues sonnent juste, tant le découpage est bon. Il n’y a rien d’exceptionnel, mais simplement une justesse parfaite).
Les Spaghetti Brothers de Mandrafina et Trillo ont eu droit à un génial épilogue censé se dérouler quelques années plus tard avec les Vieilles Canailles. Aujourd'hui Torpedo 1936 a droit également à un traitement équivalent avec la présente série censée se dérouler en 1972, année cinéma du "Godfather" de Coppola.
Petit rappel : Torpedo c'est ce mafieux de seconde zone à l'enfance bien barrée et qui sait autant se servir de son feu que de sa queue. Affublé de son fidèle martyr euh lieutenant Rascal, Abuli nous avait copieusement régalé de ces aventures souvent courtes et gorgées d'humour très noir sous le crayon habile de Toth puis de Bernet.
On retrouve donc la même fine équipe exactement 36 ans plus tard dans un New York psychédélique. Luca Torelli a claqué tout son fric et vit toujours dans un studio minable. Toujours habillé de son costard en soie, il souffre de la maladie de Parkinson mais semble toujours aussi alerte. Rascal est un poivrot sans cerveau qui leur prépare de somptueux pigeons ..... ramassés à Central Park.
Un journaliste et sa plantureuse petite amie vont essayer de la leur jouer "à l'envers". La réaction de Torpedo risque d'être aussi cinglante que marrante !
C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé le petit plaisir coupable de mes 20 ans. Torpedo grabataire n'a rien perdu de sa verve légendaire. Véritable ordure pisse-froid, il est devenu une véritable légende pour ses ennemis qu'il a tous entraînés au cimetière et ses amis ben euh il n'en a guère.
Peu de chance également d'être déçu avec Eduardo Risso dont le style se prête admirablement bien pour cette comédie très noire. Si les héros sont fatigués, tirent un peu moins vite leurs cibles ou leurs conquêtes, on rit toujours autant de bon cœur à toutes ces conneries parfois encore un peu trash. La seule déception c'est que les années passent mais que le style ne se renouvelle guère passés les quelques gags liés à l'âge de nos protagonistes.
Torpedo 1972 se lit vite, très vite, bien trop vite mais c'était déjà le cas de la série d'origine.
Reste à savoir si l'histoire s'en tiendra à ce seul tome comme un ultime au revoir ou si, succès et viagra aidant, nous retrouverons Les Vieux Fourneaux version Sicile sanglante dans de nouvelles aventures.
Je risque d'être encore de la partie au vu des nombreux fous rires de cette courte rencontre.
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Cigarettes - Le Dossier sans filtre
Un excellent documentaire sur le fléau qu'est la cigarette. Bon, si on connait un peu le sujet il y a peu de surprises dans cet album. Je pense que maintenant la plupart des gens savent que la cigarette est mauvaise pour la santé et que les compagnies ont passé des décennies à nier ce fait. Cela reste que l'album est prenant et que c'est un excellent outil de vulgarisation pour ceux qui veulent en apprendre plus sur le sujet. Les auteurs parlent de plusieurs sujets reliés à la cigarette et j'ai appris plusieurs choses comme le fait que les compagnies de tabacs se sont emparées d'idées progressistes pour vendre leur merde (du genre fumer aide la libération de la femme !). Ce n'est jamais raconté de manière chiante et la narration est fluide. J'aurais toutefois aimé que les auteurs parlent un peu plus du reste du monde vu qu'on est surtout concentré sur les États-Unis. Il y aurait pu y avoir des trucs intéressants à dire juste avec ce que les compagnies américaines de cigarettes ont fait pour détourner les lois canadiennes. Enfin, je comprends que c'est un sujet vaste et qu'il fallait faire des choix pour qu'on ne se retrouve pas avec un album de 1000 pages. Le dessin est excellent et je l'ai vraiment adoré. C'est typiquement le genre de dessin comique un peu réaliste que j'aime. Bref, un documentaire à lire et offrir aux fumeurs de notre entourage.
Porte-à-porte-malheur
Si on fait abstraction du récent Le Confesseur sauvage, Philippe Foerster relie rarement ses histoires macabres entre elles par un fil rouge. C'est pourtant ce qu'il faisait avec cet album et ce personnage antipathique au nom imprononçable : Théodule Gouâtremou. En effet, ce brave quidam est un colporteur. Il représente une curieuse compagnie qui vend de tout comme son nom l'indique. Et il n'a pas son pareil pour dénicher des clients étranges et satisfaire (ou pas) leurs requêtes les plus folles. Théodule est le fil rouge de ces petites histoires, il est souvent en galère et se préoccupe essentiellement de conserver son boulot et d'en tirer profit financièrement quitte à mettre en galère sa clientèle au sort principalement funeste. C'est le petit plus de cet album qui conserve l'humour caustique de l'auteur tout en dressant un portrait social et atypique. On ne sait pas ce qui se passe chez les gens une fois leur porte fermée et c'est ce qui fait tout le sel de cette histoire abracadabrantesque. Encore un indispensable pour tout amateur de Foerster. Ces métaphores du malheur gardent quelque chose de hautement réjouissant par leur voyeurisme. Et toujours ce trait noir et blanc impeccable et reconnaissable entre mille.
La Parenthèse
Très beau témoignage, très touchant ! C'est rare que des BD parlant de maladies éveillent en moi quelques échos, ce qui n'est arrivé pour l'instant qu'avec Une chance sur un million, qui continue de m'émouvoir aux larmes à chaque lecture, mais celle-ci rentre dans le même genre de catégorie. Cela tient à peu de choses, mais là où elle sait se faire très juste, c'est que son histoire dépasse le simple cadre du récit d'un combat contre la maladie : il touche plus largement à ce qui fait de nous ce que nous sommes et la fragilité de nos êtres. Et là, je m'y retrouve, moi qui n'ai jamais connu la convalescence, la maladie et l'hôpital. Élodie Durand se découvre épileptique à cause d'un cancer, et ce rude combat de plusieurs années contre cette petite cellule mal placée fera le récit. Mais ce qui va surtout être son calvaire, c'est que cela affectera sa mémoire et ses souvenirs. Et donc, ce qu'elle est. L'histoire d'Élodie m'a touché sur ce point, par la détresse qu'elle met dans ces pages où elle perd la mémoire de choses banales, ordinaires, jusqu'au souvenirs personnels et même son propre prénom, alors qu'elle est perdue seule en ville. C'est horrible de voir la façon dont tout se détériore jusqu'à ce point, et la façon dont une si petite chose peut détraquer un être humain à ce point. Perdre la mémoire et les souvenirs, c'est perdre une partie de sa vie. Et dans le cas ici, un gros morceau même. Et d'imaginer une telle chose m'arriver, ça me suffit à avoir une réelle compassion pour l'auteure. Le récit est très bien servi par son dessin, entrecoupé de ceux qu'elle faisait lors de ces crises. Il représente d'une façon poignante son ressenti en même temps qu'il dévoile la douleur qu'elle ressent et la lente déliquescence de son esprit. Plusieurs mises en pages originales parsèment le récit, donnant des différences de rythme et de tons qui donnent une fluidité de lecture extraordinaire, bien que le sujet soit aussi grave et aussi fort. Une lecture très marquante, avec une réelle question sur la mémoire qui est sous-jacente à tout cela. Le récit est d'une force narrative et m'a beaucoup impacté. Je le relirai avec plaisir, c'est certain. Quelle claque !
Dracula (Bess)
Bammmm !!! C'te baffe ! C'est sur les conseils insistants de notre bon Sloane que je me suis lancé dans la lecture de cet album (je vous renvoie à son avis dithyrambique) et connaissant nos goûts respectifs je partais plutôt confiant. Et bien les aminches je fus servi et pas qu'un peu ! Quel régal ! Si certaines adaptations laissent parfois un goût amer ou insipide, rien de tout cela ici ! Il faut dire aussi que les prémices de la littérature fantastique produits par Edgar Poe ou Bram Stoker ont ravi mes nuits de jeune lecteur et ont forgé mon engouement pour le genre. Ajoutez à cette adaptation un noir et blanc somptueux (Ahhh le noir et blanc... j'adore !) et totalement maîtrisé, et là moi je dis chapeau bas monsieur Bess ! C'est avec Le Lama blanc et Juan Solo que j'avais déjà pu apprécier le talent de cet auteur ; mais là, on passe au niveau supérieur ! High level même ! Que ce soit au niveau de l'adaptation très fidèle au texte de Stoker tout en parvenant à conserver une fluidité de narration impressionnante ou le découpage talentueux qu'il nous propose, rien n'est à jeter ! Ces planches mes amis ! Bess s'amuse avec ses cases, quitte à en sortir, il marie un réalisme saisissant et des décors parfois très impressionnistes un peu à la façon d'un Sergio Toppi tout en gardant son style propre. On est littéralement happé par cet album, comme hypnotisé par ce bon vieux roublard de Dracula. Alors pas d'hésitation, cet album est une pure merveille graphique et une adaptation des plus réussies, foncez chez votre libraire, vous ne regretterez pas votre achat.
Coeur de Ténèbres (Delcourt)
Nantes, durant la longue période des guerres de Vendée (où Les Blancs et Les Bleus s’affrontaient), le lieutenant Varenne et son acolyte Uncas, sont engagés pour retrouver le colonel Schreb. Celui-ci, surnommé l’Ange de la terreur, s’est retiré dans des marécages bretons, en compagnie de toute une armée d’oubliés. Son exil est considéré comme une vendetta et si Varenne le trouve, il doit l’abattre. Transposer le célèbre court roman ‘Au cœur des ténèbres’ de Joseph Conrad doit être un sacré défi. C’est un roman intense au caractère très sombre. Il compte le récit d’un périple au cœur de l’Afrique noire d’un jeune officier de la marine marchande britannique envoyé pour rétablir des liens commerciaux, concernant le business de l’ivoire, en pleine jungle, avec un certain Kurtz qui ne donne plus de nouvelles. Je pense qu’après tout le monde doit connaître ce roman de Conrad même si jamais lu via Apocalypse now, le film de Francis Ford Coppola, en transposant le récit durant la guerre du Vietman avec ce duo inoubliable qui est Martin Sheen et Marlon Brando. Jean-Pierre Pécau replace donc les événements de la nouvelle de Conrad avec brio puisqu’il arrive à sublimer ce récit étrange et terrible. Tout en restant sur le thème du conflit, il met en place la sédition d’un homme face à l’horreur de la guerre et met en avant un épisode sanglant et sombre de l’histoire de France : les guerres de Vendée. Les thèmes abordés sont forts et nous dévoilent toute l'angoisse de cette période de l’après Terreur. De plus, Jean-Pierre Pécau arrive à garder le côté exotique, mot à prendre avec des pincettes, du récit de Conrad qui se déroule en Afrique noire, avec le personnage de Uncas, un peau-rouge de la tribu Mohawk, venu s’engager dans l’armée française. De même que le récit de Conrad se déroule sur un fleuve d’Afrique noire au milieu de la jungle, présentement le récit se déroule sur un canoë dans des marécages touffus. Le côté graphique est absolument réussi et atypique. Le trait de Benjamin Bachelier s’harmonise avec la plume de Jean-Pierre Pécau et nous applaudissons le choix de ce duo qui est en total symbiose. Tout en gris, les traits marqués des personnages nous envahissent et nous crient leur horreur, souvent nous sommes à la limite de déchiffrer comme dans un brouillard. Ils ont des regards et des expressions happés par la folie. Des regards hagards, pétris de douleur et de souvenirs sanglants. Et tout d’un coup, des touches de couleurs, très vives, qui nous font monter en pression ! Boum ! Tout en se terminant comme dans une explosion de douleurs ! C’est beau, très beau, très émouvant et très délicat en fait. Je pense que cela peut rebuter au premier coup d’œil car le rendu est presque grossier mais c’est de l’art totalement maîtrisé. Bravo aux auteurs et à l’éditeur qui a su porter à bien ce projet totalement réussi.
Stum
Rhaaaaaaaaaaaa. J’avais déjà amplement dépassé mon budget lors d’une de mes razzias sur Paris lorsque je suis tombé sur cet album. Je l’ai ouvert… et j’ai donc décidé d’oublier mon budget (ceinture, et patates pour quelques temps !). Car c’est typiquement le genre de trucs qui m’attirent. Graphiquement, j’ai immédiatement été accroché. C’est proche par certains aspects de l’univers et des tronches de Winshluss (d’ailleurs son complice Cizo a participé à la couverture), ou des univers déjantés de Dave Cooper – Stéphane Blanquet s’y trouverait à l’aise aussi. On est donc là, on le voit, en terrain miné pour le lecteur lambda. Mais pour les plus curieux, ceux qui sont friands d’univers originaux et décalés, c’est vraiment le genre de chose qui peut déclencher le coup de cœur – comme cela a été le cas pour moi. Car, outre l’univers, très underground – mais pas tant que ça finalement, il faut aussi parler du rendu. En effet, Yann Taillefer use d’une très jolie bichromie – rouge et bleu, en dessinant au stylo bille : cela donne un aspect crayonné très chouette, un peu brouillon, mais que j’ai vraiment beaucoup aimé ! Voilà pour ce qui m’avait scotché lors du feuilletage. Pour ce qui est de l’intrigue, ou plutôt des histoires courtes (plus que des chapitres, car en fait il n’y a pas forcément d’intrigue à proprement parler), il est très difficile de faire un résumé – est-il souhaitable d’ailleurs ? Dès le départ, on est happé par un univers à la fois loufoque et oppressant, une sorte de régime totalitaire, qui élimine les déviants, ceux qui sortent des clous, qui se construit sur les restes de ces rebuts. Société étrange, dont les personnages sont parfois des hybrides objets/humains, des bouts de corps difformes, des freaks tout droit sortis d’un imaginaire débridé et fantasmagorique. C’est parfois un peu trash, parfois énigmatique (mais comme devant un tableau, il faut savoir rester avec une question sans réponse, aimer ne s’explique pas toujours !), parfois poétique (mais alors une poésie très noire, malgré le bleu et le rouge rosâtre qui règnent en maîtres – et qui atténuent quelque peu le côté trash évoqué plus haut). A part quelques bruits et une ou deux onomatopées, c’est entièrement muet. Mais la lecture est très fluide – pour peu qu’on accroche à l’univers développé ici. Je voudrais finir en remerciant les éditeurs – ici Les Requins Marteaux et Super Loto – qui prennent le risque de publier ce qu’ils aiment, de le faire en dépit de certaines contingences, et qui le font très bien. En cela il n’y a pas de petit ou de grand éditeur, ou plus précisément la grandeur ne se mesure pas au chiffre d’affaires. Cela va sans dire, certes, mais ça va encore mieux en le disant. A découvrir !
L'Atelier des Sorciers
Alors tout d'abord, remballez vos préjugés. Il ne s'agit ni d'un Shojo, ni d'un manga destiné à un jeune public (elle est éditée en France chez PIKA dans la collection "PIKA SEINEN") et on est très loin d'un Harry Pot-de-Beurre. Alors certes, l'héroïne est jeune et inexpérimentée mais ses actions ont déclenché une tragédie (elle n'est donc pas victime mais en quelque sorte "coupable") et cela ne fait que renforcer sa détermination. Voilà, maintenant qu'on a clarifié ce point, on peut parler des qualités qui font de ce manga un excellent achat qui vous fera passer un bon moment. Le dessin est bon voire très bon parfois même si certaines cases sont un peu vides. Le character design est également agréable et aide à la lecture. Mais c'est avant tout le scénario, original, qui fait de ce manga une perle rare. En effet, là où un shonen se retrouvera à faire du "level-up", ici on a une intrigue complexe dont, après 4 tomes, on ne fait qu'effleurer le potentiel, le tout servi par un découpage donnant un très bon rythme à l'ensemble. Bref, du tout bon et j'ai hâte de lire la suite... Après relecture et lecture du tome 5, j'augmente ma note d'une étoile car ce manga est tout simplement magique...
Forté
Voilà un bel album. Certes, l’histoire qui nous est proposée est une pure romance. Flavia, au triste passé, courageuse, décidée et incroyablement douée, est LA parfaite héroïne du genre. Son entourage offre le panel habituel pour ce type de récit. L’humour n’est pas vraiment présent. Il n’y a pas de surprise… mais ce scénario est bien construit. C’est une histoire positive, qui fait du bien, qu’on lit un tendre sourire aux lèvres. Oui ! D’accord, c’est très sucré ! Mais je me suis attaché à ces personnages. A défaut d’être neuf, c’est doux (lavé avec Mir laine ?) C’est frais, léger. Et la mise en page est à l’image de la narration : aérée, douce, avec de grandes cases et un bel équilibre entre dessins et textes. Les personnages sont bien typés, les décors sont soignés dans un style caricatural assez moderne mais que j’ai trouvé agréable à l’œil. Ce trait sans fioritures, d’une fausse simplicité, convient bien à ce genre de roman graphique. Le sujet permet d’entrer dans un univers que l’on ne voit finalement pas si souvent que cela (un grand conservatoire parisien). Et entre amour de la musique, exigences des professeurs, esprit de camaraderie, débrouille pour boucler les fins de mois, premiers émois et différences de classes sociales, les auteures ont de quoi nourrir un récit durant lequel je ne me suis jamais ennuyé. Franchement, c’est un chouette album. Je le conseillerais vivement aux lectrices et lecteurs ayant gardé une âme romantique… Rien de révolutionnaire mais une belle histoire. A lire.
Seuls sont les indomptés
Arrivé presque à la fin de l’album, j’ai réalisé qu’il restait un ultime chapitre… et j’ai compris à quel rôle était destiné un personnage dont longtemps on ne comprend pas trop ce qu’il vient faire là… Et là, je me suis dit qu’Edward Abbey, l’auteur du livre dont est adaptée cette bande dessinée, n’était qu’un « p*** de b*** de m*** de l’enc*** de sa race ! », qu’il ne pouvait pas nous faire ça (ni à Jack Burns, son personnage de fiction, ni à moi, simple lecteur) ! Le salaud avait préparé son coup depuis le début et il m’a fallu attendre de voir qu’il restait ce chapitre pour le comprendre !!! Et je ne pouvais m’empêcher de penser « Non ! Pas ça ! Ne lui donne pas ce rôle-là ! Allez ! Sois sympa ! » Mais non, les rôles étaient distribués et l’inéluctable arrive… comme prévu… Et là-dessus, voilà qu’Hugo Piette en rajoute encore une petite couche pour la route et nous gratifie d’une ultime planche qui sonne comme un glas dans un désert navajo… Une page muette qui m’a rendu sourd. J’ai refermé le livre à moitié K.O. C’est pour ça que je lis des bandes dessinées, pour ressentir ce genre d’émotion, d’empathie pour des personnages qui, au départ, ne me semblent pourtant pas spécialement attachants !! Alors, messieurs les auteurs, pour ce pur instant d’émotion : merci ! Pourtant, tout avait commencé assez mollement. Le début du récit ne m’a guère passionné. Je m’attardais alors plus sur le dessin d’Hugo Piette, et sa colorisation qui rend autant hommage au Lucky Luke de Morris qu’à celui de Matthieu Bonhomme. Le personnage principal du récit m’énervait un peu, les événements s’enchaînaient dans un rythme très lent… En fait, je ne voyais pas vraiment où les auteurs voulaient en venir mais le personnage central se construisait peu à peu… Puis vient la seconde partie du récit ! Bordel ! La seconde partie du récit ! Cette chasse à l’homme improbable, où toute la bêtise humaine semble s’être liguée contre Jack Burns et sa soif inextinguible de liberté, qu’est-ce qu’elle est bien foutue. Seuls sont les indomptés est une ode à la liberté mais aussi le triste constat qu’à notre époque les cowboys solitaires n’ont plus vraiment leur place. (Et si je n’ai rien dit du travail de Max de Radiguès, c’est parce que je ne vois pas ce que je pourrais en dire tant cette bande dessinée ne souffre jamais du fait qu’il s’agit d’une adaptation, tant les dialogues sonnent juste, tant le découpage est bon. Il n’y a rien d’exceptionnel, mais simplement une justesse parfaite).
Torpedo 1972
Les Spaghetti Brothers de Mandrafina et Trillo ont eu droit à un génial épilogue censé se dérouler quelques années plus tard avec les Vieilles Canailles. Aujourd'hui Torpedo 1936 a droit également à un traitement équivalent avec la présente série censée se dérouler en 1972, année cinéma du "Godfather" de Coppola. Petit rappel : Torpedo c'est ce mafieux de seconde zone à l'enfance bien barrée et qui sait autant se servir de son feu que de sa queue. Affublé de son fidèle martyr euh lieutenant Rascal, Abuli nous avait copieusement régalé de ces aventures souvent courtes et gorgées d'humour très noir sous le crayon habile de Toth puis de Bernet. On retrouve donc la même fine équipe exactement 36 ans plus tard dans un New York psychédélique. Luca Torelli a claqué tout son fric et vit toujours dans un studio minable. Toujours habillé de son costard en soie, il souffre de la maladie de Parkinson mais semble toujours aussi alerte. Rascal est un poivrot sans cerveau qui leur prépare de somptueux pigeons ..... ramassés à Central Park. Un journaliste et sa plantureuse petite amie vont essayer de la leur jouer "à l'envers". La réaction de Torpedo risque d'être aussi cinglante que marrante ! C'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai retrouvé le petit plaisir coupable de mes 20 ans. Torpedo grabataire n'a rien perdu de sa verve légendaire. Véritable ordure pisse-froid, il est devenu une véritable légende pour ses ennemis qu'il a tous entraînés au cimetière et ses amis ben euh il n'en a guère. Peu de chance également d'être déçu avec Eduardo Risso dont le style se prête admirablement bien pour cette comédie très noire. Si les héros sont fatigués, tirent un peu moins vite leurs cibles ou leurs conquêtes, on rit toujours autant de bon cœur à toutes ces conneries parfois encore un peu trash. La seule déception c'est que les années passent mais que le style ne se renouvelle guère passés les quelques gags liés à l'âge de nos protagonistes. Torpedo 1972 se lit vite, très vite, bien trop vite mais c'était déjà le cas de la série d'origine. Reste à savoir si l'histoire s'en tiendra à ce seul tome comme un ultime au revoir ou si, succès et viagra aidant, nous retrouverons Les Vieux Fourneaux version Sicile sanglante dans de nouvelles aventures. Je risque d'être encore de la partie au vu des nombreux fous rires de cette courte rencontre.