Les derniers avis (9598 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Frères Rubinstein
Les Frères Rubinstein

J’ai retrouvé dans « Les Frères Rubinstein » tous les ingrédients que j’aime tant dans les BDs de Luc Brunschwig. L’histoire suit les périples de deux frères juifs pendant la montée et le règne du nazisme. Le ton est très humain, le background historique est intéressant et bien documenté. Comme à son habitude Luc prend le temps de développer ses personnages, au point qu’il devient difficile de croire qu’il s’agit d’une fiction, que Salomon et Moïse n’ont jamais vraiment existé. Le résumé de l’éditeur parle d’ « auteurs au sommet de leur art », ce qui est particulièrement évident dans la narration, fluide et scotchante au possible. L’histoire passe d’une époque à une autre sans jamais perdre le lecteur, et j’ai englouti d’une traite les 140 pages de ces deux premiers tomes. Au dessin on retrouve Etienne Le Roux (qui avait déjà collaboré avec Luc sur le superbe La Mémoire dans les poches). Il est ici assisté de Loïc Chevallier (décoriste) et d’Elvire De Cock (coloriste), et le moins qu’on puisse dire c’est que le résultat est sublime. Cette approche « à 6 mains » permet une spécialisation des rôles qui sublime le rendu des planches, mais aussi un rythme de parution soutenu, ce qui n’est pas négligeable pour le lecteur. Matez donc cette excellente vidéo « Making-of » pour en apprendre plus sur l’aspect graphique de cette série. Voilà, avec 9 tomes prévus, nous sommes embarqués dans une grande fresque historique et humaine… Vivement la suite !

15/10/2020 (modifier)
Couverture de la série Harleen
Harleen

Harleen Quinzel alias Harley Quinn, la femme devenue ce qu'elle voulait guérir. La trame de base est connue. Harleen est une psychologue compétente, pleine de bonnes intentions, mais empreinte d’une certaine fragilité affective et d’une forme d’idéalisme (inhérente à son métier ?). Le Joker, Monsieur J. ou encore « Poussin », comme aime l’appeler l'intéressée, est le plus grand ennemi de Batman, un génie du mal, un méchant de légende, un homme d’une rare dangerosité, diaboliquement intelligent, dénué d’empathie et manipulateur émérite. La première tombera sous le charme et l’emprise du premier, pour devenir au moins aussi folle et dangereuse que lui. Malgré mes connaissances de base de cet univers, c’est la première fois que je lis une histoire traitant des origines d’Harley Quinn. De ce que j’ai pu glaner comme information ici et là, il ne semble pas que le récit soit révolutionnaire dans son déroulement, objectivement assez classique mais très équilibré. Cependant, le traitement des personnages est magistral et d’une rarissime finesse. Le glissement d’Harleen vers son destin inéluctable est lent et progressif. À chaque page, on se dit qu’Harleen va s’en sortir. On veut y croire. Elle est trop intelligente. Elle va comprendre et se ressaisir. On le sait pourtant… Elle sombrera, mais on espère… en vain ! Le récit s’arrête là, à juste titre. L’atmosphère est lourde et oppressante. Certains passages sont malsains tout en sachant rester fluides et attrayants. Cet équilibrisme narratif est à saluer. Graphiquement, je ne peux pas passer sous silence la magnifique couverture qui résume d’ailleurs parfaitement les 180 planches composant cet album. Le dessin est largement au-dessus de ce que j’ai l’habitude de voir dans les comics de super héros. Le trait est fin et assez doux, malgré la force de certains passages. Le découpage est varié et soutient bien l'histoire et la manière dont elle est racontée. Les couleurs sont beaucoup plus variées et travaillées que d’ordinaire. Je regrette seulement un dessin entièrement numérique. J’aurais davantage savouré une approche plus traditionnelle, moins lisse et brillante. Contrairement à l’extrême majorité des histoires de super héros, je suis convaincu que ce one shot saura plaire à une large audience. En effet, l’univers de Batman reste ici en second plan par rapport au développement psychologique des personnages. Celles et ceux qui sauront passer outre leur a priori ne seront donc pas déçus. Dans ce genre d'univers, « Harleen » est sans doute l’un des meilleurs comics que vous pourrez lire, ni plus, ni moins.

13/10/2020 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Belles Vertes
Les Belles Vertes

Voilà une chouette nouvelle série destinée aux adolescents. Le propos est simple, mais fort : essayer d'insuffler une conscience climatique, écologique, dans l'esprit de nos électeurs, acteurs économiques voire politiques à venir. Nous avons un quatuor plutôt bien pensé mais hors des clichés, puisqu'au-delà du rôle moteur d'Emma, chacun(e) propose ses idées, ses ressources, ses moyens. Et qu'en plus des trois filles, un garçon apporte sa vision particulière, ni machiste, ni soumis. L'histoire en elle-même est intéressante, même si à la place de l'oncle qui accompagne ce petit groupe d'activistes en herbe, j'aurais un peu plus de scrupules tout en partageant leurs revendications et leurs moyens pour les exprimer... C'est l'Italien Alberto Zanon, aidé aux couleurs par Francesca Piscitelli, qui fait vivre les personnages créés par Antoine Losty, dans un style semi-réaliste assez dynamique sans être révolutionnaire. C'est une histoire dense (68 planches), fraîche, facile à lire mais qui permet aux jeunes de réfléchir. On notera d'ailleurs, dispersés dans les pages, plusieurs topos très intéressants sur la pollution et l'activisme afin d'y remédier. Saine lecture.

12/10/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Appel de Cthulhu
L'Appel de Cthulhu

Quel est donc l'intérêt d'adapter un auteur culte comme Lovecraft en manga ? Voici le genre de questions qui risquent de devenir désuètes une fois le bouquin reposé car il s'agit probablement d'une des plus belles retranscriptions du mythe de Cthulhu. Gou Tanabe prend tout son temps pour instaurer une ambiance anxiogène assez palpable dès les premières pages et montant crescendo. Malgré une structure en forme de mille-feuilles, le lecteur n'est jamais perdu par un fil conducteur assez intriguant : une petite statue en argile représentant une créature mi-dragon mi-pieuvre, le grand Cthulhu lui-même. L'enquête se base principalement sur des écrits ou des témoignages et nous fait remonter dans un passé illustré entre sombres forêts et forteresses immergées. Là où Lovecraft préfère la suggestion, Tanabe préfère le spectaculaire. Tel un ressort lentement tendu, tout le piège narratif se desserre d'un coup lorsque Cthulhu entre en scène. Il s'agit probablement de la créature la plus connue de cet univers et on frisonne devant de magnifiques doubles pages richement détaillées. Cela ne pourra peut-être pas plaire à tous les amateurs de l'oeuvre originelle mais on reste ébahi à chacune des apparitions spectaculaires de la créature, véritable attraction et feu d'artifice de toute cette enquête. Ce brillant tour de force est à mes yeux une des plus audacieuses adaptations d'un récit de Lovecraft et me pousse directement à aller lire les autres œuvres de ce mangaka plutôt doué. Rendez-vous est d'ors et déjà pris me concernant pour lire ses autres projets directement en lien avec cet univers.

11/10/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Perles de l'Amour
Les Perles de l'Amour

Pour les plus vieux d'entre vous, il est possible de vous souvenir des nombreux romans photos publiés dans les revues de nos aïeux comme "Nous Deux" avant que le style ne tombe en déclin à juste titre dans les années 70. La particularité de ce style ? Fabriquer du roman à l'eau de rose principalement en noir et blanc narrant l'équivalent amoureux des "Feux de l'amour" dans un noir et blanc figé d'où un certain décalage entre le texte et les expressions souvent ridicules. Souvent parodié notamment récemment avec succès dans Et si l'amour c'était aimer ? de Fabcaro ou d'anciennes productions Fluide Glacial ou Hara Kiri, le style a également été décliné dans le style érotique. Ainsi a du être conçu "Les Perles de l'Amour" dont le seul titre et la couverture prêtent sans ambiguïté à la rigolade. Francis Leroi, davantage connu pour ses produtions de films pornos vintage bien frenchies se prête ici au rôle du scénariste pour cette histoire sans queues (vraiment ?) ni tête sur fond d'amourettes entre un jeune officier anglais et 2 naïades aux formes parfaites sur fond de colonialisme britannique et de vilain Maharaja ! L'ensemble serait parfaitement anecdotique sans le talent de Georges Levis aka Jean Sidobre. Si le dessinateur est anonymement connu de tous pour ses couvertures du Club des Cinq, il l'est également pour ses nombreuses contributions à la bd érotique. Mais le bougre n'aura jamais été aussi doué que pour la présente oeuvre. C'est bien simple, le dessin est absolument parfait avec un rendu sépia de toute beauté. Le découpage s'affranchit des vignettes statiques en un puzzle éclaté rendant justice aux décors chic et choc. Sensuel, sexy et rarement scabreux même si on peut déplorer l'usage systématique du viol comme stratagème érotique (méthode que je déplore souvent dans la bd de ce style), le dessin justifie à lui seul la lecture et l'acquisition de cette bd volontairement vintage au scénario ridicule (et un peu expédié). Voici une drôle d'expérience qui aurait pu prétendre à une note plus élevée si le scénario avait été un peu plus développé (ça reste malgré tout très drôle au second degré) et avec quelques scènes olé olé supplémentaires (ça n'aurait pas été un luxe). Diantre que c'est con mais diantre que c'est beau !

11/10/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Payer la terre
Payer la terre

Joe Sacco a le don pour faire des documentaires intéressants qui traitent de problèmes importants. Vivant au Québec, je ne fus pas surpris de voir la condition misérable des amérindiens, victime du système des blancs. J'ai retrouvé des sujets qui ont fait beaucoup parlé d'eux chez moi ces dernières années: l'horreur des pensionnats autochtones, les batailles pour la reconnaissance des droits des autochtones, les projets de pétrole qui passent dans des terres revendiquer par les autochtones, etc et etc. Je suis bien content que Sacco a donné la parole à ses gens et j'espère que cette bande dessinée va informer des milliers de gens. Je préviens certains témoignages sont durs. Malgré tout, on sent parfois de l'optimiste face à l'avenir avec ses amérindiens qui veulent prendre leurs destins en main et briser le cycle d'abus infernal, résultat de l'assimilation forcé mené par le gouvernement du Canada. On retrouve aussi des témoignes sur la manière traditionnelle que les amérindiens des territoires du nord-ouest vivaient et j'ai trouvé cela passionnant à lire. Sacco est un auteur qui sait comment rendre n'importe quelle sujet captivant. Bref, un album à lire d'urgence et qui détruit l'image gentil que le Canada a à l'étranger.

11/10/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou - La Bête
Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou - La Bête

L'expression est un peu galvaudée mais là quelle claque mes aïeux quelle claque. Qui ne connaît pas le Marsupilami à part peut être un ou deux gamins lobotomisés qui s'abreuvent sur Fortnite et ses courbes harmonieuses. Le Marsupilami une créature charismatique de Franquin dont nous avons suivi les aventures avec délice. Quel lecteur enfant n'a pas rêvé d'avoir chez lui ce Marsupilami ? Ce gros volume de plus de 150 pages est une pure merveille et je pèse mes mots. Sans faire dans le manichéisme les auteurs rendent un très bel hommage à la créature issue des aventures de Spirou et Fantasio tout en dénonçant la maltraitance et le trafic d'animaux exotiques. C'est aussi une belle histoire d'un enfant qui ramène à la maison toutes sortes d'animaux estropiés et qui suite à des démêlés avec ses camarades de classe trouve sur son chemin cet animal fantastique. Car cet album est sombre, le jeune François vit avec sa mère, son père étant un soldat allemand retourné au pays à la fin de la guerre. Pour eux la vie n'est pas simple et la vie du jeune garçon est rythmée par un instituteur bienveillant et sa horde de bestioles toutes affublées d'un handicap ce qui permet de mettre quelques touches d'humour dans le récit. Et puis il y a le dessin de Frank Pé, sublissime. L'on savait depuis Zoo qu'il savait dessiner les animaux mais là c'est un véritable festival. Mais s'il n'y avait que cela, ses pleines pages du port d'Anvers en début d'album sont saisissantes. Admirez également la double page qui nous présente le Marsupilami (pages 76 / 77). C'est donc une revisite sombre, très sombre parfois, de notre enfance que proposent les auteurs. Je souhaiterais transmettre mon enthousiasme au plus grand nombre pour ce magnifique hommage à un très grand auteur et à l'une de ses plus belles créations. Coup de cœur évidemment en attendant le tome 2.

10/10/2020 (modifier)
Par Pierig
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Que dire ? Un ovni ! Narration, mise-en scène, découpage, dialogues, dessins, couleurs … cela frise la perfection. L’idée de départ est bien pensée avec ce Jacques Ramirez, tueur à gage mexicain redouté, qui se servirait d’un emploi de réparateur d’aspirateurs comme couverture. La situation s’emballe rapidement avec une succession de concours de circonstances qui a un effet boule de neige. C’est un album dynamique et dynamité … l’action est présente mais sans prendre le pas sur le fond. Bref, un récit bien dosé … équilibré juste comme il faut. Je n’aurai pas trop à attendre pour le deuxième opus (ouf !).

09/10/2020 (modifier)
Par Cyril
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout
Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout

Que ça fait du bien de lire une belle BD comme ça! J’avais déjà beaucoup aimé le journal d’un ingénu. Le premier tome de “l’espoir malgré tout” me semblait moins intéressant avec un Fantasio un peu débile. Mais l’histoire prend de la hauteur (ainsi que Fantasio) dans un second tome très bien huilé! De bonnes références historiques, un très beau dessin, un scénario très bien ficelé: on se régale dans ce récit. Vivement le 3ème (et le 4ème tome)!

09/10/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Révolution (Locard / Grouazel)
Révolution (Locard / Grouazel)

Que voilà une approche historique brillante ! S'attaquer à ce moment clé de notre histoire nationale en réussissant ce tour de force de nous immerger totalement tout en nous surprenant, moi je dis bravo ! Car la Révolution française, « on connait tous » ! Et pourtant… Le duo d’auteur Florent Grouazel/Younn Locard nous fait revivre ce tournant de l’Histoire de France par la petite porte. Fi des grands orateurs, des généraux, rois ou princesses comme personnages principaux, c’est par les chemins détournés de la vie quotidienne et de sa « populace » que cette Révolution va nous être contée. Et c’est aussi toute la magie de cette BD qui, de prime abord n’est pas des plus engageante graphiquement (après chacun ses goûts, mais le feuilletage rapide ne m’avait pas motivé plus que ça) mais qui au fil des pages se révèle impressionnante : Ça grouille de détails, de vie tout court dirais-je ! Et c’est ce qui caractérise et fait toute la différence avec cet album, c’est cette impression de naturel et de vivre les choses de l’intérieur ou tout du moins de retrouver cette spontanéité qui a permis cette Révolution. La narration est prenante de bout en bout alors que pourtant, les grandes lignes nous sont connues. Mais toute cette ribambelle de personnages plus ou moins inconnus par qui le prisme de ces événements nous sont révélés fonctionne à merveille. On découvre une France et un Paris d’un réalisme saisissant et vivants ! Ce premier tome est donc une réussite totale qui mérite largement son Fauve d’Or à Angoulême cette année ! Vivement la suite !

08/10/2020 (modifier)