Les derniers avis (9707 avis)

Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Spirou de Lebeault et Filippi - Fondation Z
Le Spirou de Lebeault et Filippi - Fondation Z

Filippi et Lebeault rendent hommage à Spirou et Fantasio en les plongeant dans un univers très inspiré de l'oeuvre du second, Horologiom mais qui fourmille de clins d'oeil et de références à la série de Franquin. C'est un récit d'aventure, d'action et de science-fiction dans un univers bigarré comme Lebeault sait les mettre en image. On y retrouve sa passion pour les dystopies administratives aussi saugrenues que superbes visuellement, et son amour pour les engins mécaniques. Le dessin est superbe et on prend plaisir à revisiter les planches après lecture, juste pour le plaisir des yeux et d'en fouiller les détails souvent amusants. Filippi s'est visiblement fait plaisir avec son scénario en permettant à Fabrice Lebeault de s'en donner à cœur joie dans le type d'univers graphique où il excelle. L'intrigue, elle, est très rythmée. Spirou y joue le rôle d'un jeune agent enquêteur prompt à l'action pour la cause du Bien, tout à fait dans l'esprit du personnage. Fantasio, lui, est par contre bien différent de celui qu'on connait. Il joue ici le rôle d'une sorte d'agent secret sérieux et expérimenté, aux méthodes radicales et traitant Spirou avec une attitude supérieure, presque hautaine. C'est un peu déstabilisant mais on s'y fait et cela sert forcément le scénario. Au-delà du décor de science-fiction, c'est avant tout un polar d'espionnage ; presque un scénario de film à l'américaine. Il en a les avantages, à savoir une action de tous les instants et une intrigue accrocheuse, mais aussi les défauts qu'apportent parfois les récits d'espionnage quand leurs tenants et aboutissants se font complexes et légèrement confus. Il y a en effet parfois de quoi s'y perdre. D'autant qu'au final, il y a un côté assez dérisoire voire incongru aux machinations du méchant de l'histoire quand vient l'heure des révélations. Mais tout cela s'avère en réalité un très joli prétexte à accentuer l'hommage au monde de Spirou tel que Franquin l'a bâti. Tous les éléments et clins d'oeil finissent par s'agencer en un tout et une conclusion certes douce amère pour le lecteur qui se serait au préalable attaché à l'enquête que suivaient nos héros dans les pages précédentes, mais également très belle et ramenant le lecteur aux sources de leurs aventures classiques que l'on a aussitôt envie de relire. C'est un final qui m'a marqué et qui sublime pour moi la qualité du reste de l'album, son intrigue certes mais surtout son graphisme et son univers.

13/01/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Spirou de Benoit Feroumont - Fantasio se marie
Le Spirou de Benoit Feroumont - Fantasio se marie

Benoit Feroumont est l'auteur de la série Le Royaume, une série qui dégage la bonne humeur, l'humour et aussi une bonne part de féminisme au bon sens du terme. C'est cette atmosphère qu'il a insufflée dans le présent album hommage à Spirou et Fantasio. Après quelques pages de prologue, nous retrouvons nos deux héros dans une situation qui va bouleverser leur vie. En effet, comme le titre l'indique, Fantasio est amoureux et va se marier avec une riche héritière, elle même sincèrement amoureuse. Aussi bien que le prenne l'ami Spirou, celui-ci va toutefois se retrouver à vivre seul tandis que son équipier de toujours emménage avec sa dulcinée. Seccotine saute alors sur l'occasion pour se proposer de remplacer Fantasio et de vivre de vraies aventures avec Spirou... en commençant par la poursuite d'une mystérieuse voleuse de bijoux. C'est un album qui mélange avec bonheur aventure et humour. La part humoristique est surtout concentrée sur la première moitié, la seconde laissant plus la place à l'action. Les dialogues y sont savoureux. On y retrouve le sens de la répartie et du bon mot dont fait preuve Feroumont dans Le Royaume. Qu'il s'agisse des discussions dégoulinantes de guimauve de Fantasio et de sa chérie, ou des réactions de boy-scout d'un Spirou à l'esprit resté dans les années 50 face au monde de plus en plus moderne et féminin qui l'entoure, c'est souvent hilarant. Et féminin, cet album l'est carrément. En réalité, ce n'est qu'en seconde lecture que je m'en suis rendu compte : passé le prologue, l'histoire principale ne compte au final strictement aucun personnage masculin autre que Spirou et Fantasio. Hormis une petite poignée d'hommes en insignifiants figurants dans le décor, absolument tous les autres protagonistes sont des femmes. Mais c'est fait avec tellement de naturel que je ne l'avais même pas remarqué initialement. Elles vont de la femme d'affaire à la rude policière, en passant par la solide garde du corps ou forcément la journaliste aventurière fonceuse qu'est Seccotine. Car elle est clairement l'un des personnages principaux de cette intrigue, qu'on aurait pu nommer les Aventures de Spirou et Seccotine, ou l'inverse par galanterie. Et c'est vraiment réjouissant ! A noter aussi l'étonnante surprise de l'apparition d'un membre féminin de la famille de Spirou parfaitement inattendu... L'intrigue est à la fois drôle, prenante et en même temps régulièrement touchante. On s'imagine notamment volontiers Spirou vivre pour de bon avec Seccotine tant leurs caractères s'allient à merveille. Le dessin de Feroumont reste relativement simple sur la forme mais très efficace et tout à fait agréable sur le fond. J'aime beaucoup l'expressivité de ses visages. Et il se dégage de cette lecture une véritable bonne humeur que vient souligner définitivement la toute dernière image qui clôt le récit. C'est un chouette album !

13/01/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blanc autour
Blanc autour

« Blanc autour » est avant tout l’histoire vraie d’une femme forte et déterminée, Prudence Crandall, et de son combat contre l’intolérance. Les thèmes de cet album sont forts et bouleversants : le racisme et l’abolitionnisme aux USA, l’importance de l’éducation pour s’émanciper et lutter contre l’obscurantisme… et le féminisme aussi, les décisions à propos du droit à l’éducation de ces femmes noires étant souvent prises par des hommes blancs. On aimerait dire que les choses ont changé, mais « Blanc autour » fait malheureusement écho à des évènements très récents, notamment aux USA. J’ai aussi beaucoup d’admiration pour la première élève de l’école, Sarah, jeune femme qui inspire par sa maturité, sa vision du monde. Les thèmes sont lourds de sens, mais l’album se lit facilement. La narration est fluide et légère, avec de longs passages muets. Le style graphique aéré est plaisant et très lisible, avec des touches de symbolisme appréciables (je pense par exemple à la double page représentant la végétation et les animaux menaçant autour du pensionnat). Un reportage textuel enrichi de biographies conclut l’album, si vous désirez aller plus loin et approfondir vos connaissances sur les évènements décrits. Une histoire très humaine, superbement réalisée, et aux thèmes plus importants que jamais… à mettre entre toutes les mains.

12/01/2021 (modifier)
Couverture de la série L'Odyssée d'Hakim
L'Odyssée d'Hakim

Lire cette BD est un geste salutaire à proposer à toute sa famille. Comme le dit Toulmé, les migrants occupent les écrans de TV et les feux rouges de nos villes mais ils nous restent inconnus. On ne peut pas comprendre ces parcours si difficiles, si hors normes, si éprouvants, sans se poser un bon moment pour s'y intéresser, y réfléchir. Et ces trois volumes qui détaillent un parcours de migrant parmi la multitude permet justement ce temps de découverte de l'autre, d'un monde inconnu pour nous les français. Et on en ressort bouleversé et révolté, mais avec ce petit plus de compassion. Salutaire!

11/01/2021 (modifier)
Couverture de la série La Déconfiture
La Déconfiture

Rabaté a réussi la transposition de l'ambiance de ces films français des années 40 et 50 en BD. Le résultat est un petit bijou en N&B, dessiné en toute simplicité talentueuse, truffé de camaraderie, d'aventures meurtrières, de dialogues savoureux, de ressorts inattendus, et de son lot de trahisons... Et oui, il s'agit d'une guerre tout de même !

11/01/2021 (modifier)
Couverture de la série La Saison des Flèches
La Saison des Flèches

Quel délire que cette histoire, qui développe une intrigue assez poétique, une ambiance douce-dingue, qui ne bascule pas complètement dans le loufoque – comme pouvait me la faire croire le début, qui nous montre le développement de l’entreprise Mulligan’s, qui « met des Indiens en conserve » (oui oui, vous avez bien lu !). En fait, Stento va vraiment jusqu’au bout du bout de son idée improbable : un couple de Français moyens achète des Indiens en boites, qui s’installent donc dans leur maison, leur univers, qui s’en trouvent pour le coup explosés, tout (histoire, superficie de l'habitation, voire même notre entendement) n’ayant plus aucune limite. Tout est raconté sur un mode sérieux, alors que c’est totalement surréaliste ! Il faut donc être adepte de ce type de récit décalé (mais c’est mon cas) pour apprécier ce qui s’apparente quand même pas mal à un ovni. Le style graphique de Trouillard est lui aussi déroutant, en plus mêlé à de fausses reproductions de documents anciens, des reprises de certaines photographies de Curtis (les plus belles qui aient été faites sur le monde amérindien finissant, soit dit en passant). Improbable mais vraie, cette histoire terriblement originale titillera la curiosité, satisfera celle des moins blasés. A découvrir !

11/01/2021 (modifier)
Par Nabul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Idées Noires
Idées Noires

J'ai cherché sur quelle BD je pourrais poster mon tout premier avis sur ce site, et quel type d'avis je voulais donner. Mais la réponse est très vite venue. Trônant à côté d'une rétrospective de Gotlib, un magnifique album, estampillé Franquin, me faisait de l'oeil. Une très belle édition de l'intégrale des idées noires de l'auteur de Gaston que j'aime tant, au dessin si unique, que j'ai vite fait d'embarquer au chaud avec moi après être passé à la caisse. Et quel plaisir! Tout concorde dans cette BD, où Franquin nous fait partager une autre facette de son univers décalé qu'il exprime avec un dessin sublimé par ce noir et blanc pur, brut. Si tous les gags ne déclenchent pas l'éclat de rire, ils restent néanmoins tous profonds, et prennent une véritable ampleur avec cette esthétique soignée parfaite pour illustrer de tels condensés d'horreur et de méchanceté. L'humour ici est noir, autant que les images, et plaira sans nul doute à tous les amateurs du genre. J'élevais déjà Franquin très haut dans mon estime avec son héros glandeur / rêveur qui a fait sa renommée, mais avec cet album il vient de décrocher une vraie place dans mon coeur, tant j'ai été bluffé par sa qualité. Je choisis donc la facilité pour mon premier avis, avec un vrai coup de coeur!

10/01/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ma révérence
Ma révérence

Nous sommes tous en quête de la perle rare, de la BD qui va vous donner une telle claque que vous allez rester assis par terre. Je le concède aisément, cet album est un petit bonbon sucré qui se déguste sans modération. Wilfrid Lupano nous offre un scénario renouvelé qui nous tient en haleine jusqu’au bout. J’avoue, la fin je ne l’ai pas vue venir. Le graphisme de Rodguen est très séduisant. Son trait est précis. Les personnages expressifs. Le découpage est dynamique. Visuellement c’est magnifique. Et puis il y a une tonalité dans ce récit liée à une narration exquise, et pas du tout ennuyeuse. Il y a du rythme. Vincent, le personnage principal de ce récit, s’adresse directement au lecteur. Méthode originale qui va vous alpaguer durant toute la lecture de l'album. Je me répète, cette BD est plus que plaisante. Cette chronique sociale est formidable, étonnante et surtout avec du contenu. On se délecte des dialogues décapants de ces personnages humains et attachants. Pas surpris du tout que cet album ait été primé à Angoulême et surtout par les lecteurs de BDthèque en 2013. C’est un album est un vrai coup de cœur. Pour le duo Lupano Rodguen je dis chapeau bas. Vous pouvez sans retenu vous procurer cet album et partir ainsi sur les traces de ces braqueurs aux bras cassés !

09/01/2021 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Maître d'armes
Le Maître d'armes

Très belle œuvre que ce maître d'armes. Graphiquement de superbes planches, un dessin direct, fort, qui sert un récit puissant. Que ce soit les paysages enneigés du Jura, les villages ou décors, mais surtout ces personnages. Le scénario prend pied à la croisée du moyen âge et de la renaissance. Le protestantisme est déjà là, la rapière va supplanter l'épée, les armes à feu vont bientôt venir jeter aux oubliettes ces chevaliers d'honneur comme l'aube du 20e marquera la fin des cowboys. Et la première Bible en vulgaire va porter un coup terrible au pouvoir de l’Église, objet de cette histoire et de cet affrontement. C'est épique, magnifique et puissant. Ce format de one-shot d'une petite centaine de pages est idéal pour travailler son histoire sans alourdir la trame. À lire.

09/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Beverly
Beverly

La lecture commence timidement. On se demande de quoi cela va parler avec ce dessin naïf aux couleurs pastel qui fait tout de suite penser à Chris Ware et son Jimmy Corrigan. Il s'agit d'une suite d'histoires qui semblent se passer dans une même ville américaine. On retrouve parfois des personnages d'une histoire à l'autre. La première est gentiment triste, on a de la peine pour cette personne qui perd son boulot de ramasseur de déchets alors que c'est le plus assidu de l'équipe. Puis il y a une histoire qui porte sur une mère de famille très excitée car elle vient de recevoir en avant-première la cassette d'une nouvelle série télévisée pour donner son avis, enfin c'est ce qu'elle croit. Plusieurs pages décrivent la sitcom de manière hilarante. Puis la chute est à nouveau un peu triste, on ressent un manque de sens dans la vie de cette femme. L'album est réalisé avec une mise en page gaufrier la plupart du temps, des lignes simples et épurées. Le dessin est minimaliste, on a pas mal de cases muettes aussi. Les proportions sont parfois étranges avec certains personnages dessinés de manière énorme. Contrastant avec ce dessin innocent, cela parle de sujets graves et tristes tels qu'inceste, avortement et racisme qui donnent un climat de malaise. Voici une très bonne découverte d'un auteur au nom imprononçable chez un petit éditeur que je ne connaissais pas non plus qui s'avère être rennais. Quand on sait que l'auteur devait avoir seulement autour de 25 ans lors de la publication, c'est prometteur et augure de bonnes choses pour le futur que j'espère prolifique et aussi réussi.

08/01/2021 (modifier)