Pas besoin d’être un breton pour découvrir cet album magnifique. Pascal Bresson et Erwan Le Saëc ont su nous replonger dans l’affaire du Bugaled Breizh, chalutier qui a coulé mystérieusement en janvier 2004 dans les eaux britanniques au sud du Cap Lizard emportant 5 malheureux marins. A travers un journaliste sur le déclin mais fort en gueule, nous suivons l’enquête. Les incohérences sont nombreuses. C’est palpitant. Vous ne pouvez lire ce récit que d’une seule traite !
La question sous-jacente que pose cet album… pouvons-nous avoir foi aveuglement en l’état et à son armée ? On peut en douter. 18 ans après ce drame, les familles de ces marins sont toujours en attente, afin de comprendre ce qui s’est passé réellement. Deux scénarios s’affrontent. Celui d’un malheureux accident ou plus certainement d’un accrochage avec un sous-marin au cours d’un exercice militaire. Ne serions-nous pas devant un mensonge d’Etat ? Difficile de comprendre pourquoi si nous étions sur un banal accident, certains éléments sont toujours classés secret défense ! Les zones d’ombres sont nombreuses.
Au-delà du scénario parfaitement maitrisé, je suis subjugué par le graphisme d’Erwan Le Saëc. Le trait est précis et fin. Les paysages et les scènes maritimes sont sublissimes. L’effet wahou est là ! Un plaisir pour les yeux cet album. Et que dire de la couverture avec son océan de sang et une ombre inquiétante ! c’est admirable.
BD a vous procurer en urgence car malheureusement toujours d’actualité. Un gros coup de coeur.
Bammmm ! Ça calme ça comme album !!!!
Harold Schechter nous raconte l'hallucinante vie de ce terrible tueur en série qui inspira le roman psychose et son adaptation au cinéma par Hitchcock avec le talentueux dessinateur Eric Powell (The Goon, Hillbilly ou encore Big Man Plans).
J'avoue que je ne connaissais pas du tout l'histoire de ce tueur en série et que je me suis fait captiver et pleinement surprendre par ce récit. Les auteurs ont l'excellente idée de recontextualiser l'horreur en nous racontant l'enfance et le cadre familial dans lequel Ed Gein a grandit. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas été aidé de ce côté là, entre un père feignant, alcoolique et violent et une mère bigote et autoritaire. C'est pourtant cette dernière qui restera toute sa vie son phare et sa raison de vivre... puis sa raison de tuer...
Timide, un peu simple et pas très dégourdi, Ed va survivre tant bien que mal dans ce Wisconsin profond des années 50'. La mort de sa mère va achever de le faire basculer dans la folie profonde et lui faire commettre les pires atrocités imaginables. Comme les policiers qui débarquent chez lui après la disparition de deux femmes dans son village, on tombe littéralement sur le cul quand les macabres découvertes qu'ils vont faire nous pètent à la gueule. Et c'est ce qui va marquer un pays entier au travers de cette histoire, c'est de réaliser que le danger et l'horreur ne viennent pas forcément de l'autre bout du monde ou de l'espace mais qu'il peut être tapi en son sein, juste à côté de chez soi.
Eric Powell fait des merveilles en usant d'une colorisation toute en nuances de gris qui met pleinement en valeur son trait très expressif, surtout quand il s'agit des visages de ses personnages.
Voilà un album des plus réussi sur un personnage hallucinant qui aura marqué de lugubre façon l'humanité.
Oouhhh la jolie pépite que voilà !
Très inspiré (et influencé par Miyazaki), "Janardana" se révèle être un magnifique one shot qui ravira tous les amateurs d'aventure et d'exotisme !
Marcel Piton, ancien militaire et baroudeur a fini par se poser dans le sud ouest de la France où il y a monté une petite entreprise de pêche avec quelques associés. Le nouveau facteur du village lui apporte en main propre un courrier qui va le mettre dans tous ses états et le replonger dans un passé qu'il croyait révolu. Son jeune ami Dev qu'il s'était fait en Inde lorsqu'il était militaire vient de lui envoyer un appel à l'aide ; ni une, ni deux, Marcel embarque pour l'Inde pour retrouver son ami. S'il reste introuvable, il va rapidement faire connaissance de son espiègle fille avec qui il va se retrouver plongé dans des aventures hautes en couleur !
Entre des personnages truculents et des paysages somptueux, on est rapidement captivé par ce récit. Antoine Ettori qui assure scénario et dessin s'est fait plaisir et le partage volontiers pour notre plus grand bonheur ! Les amateurs de Miyazaki ne pourront qu'être comblés par cet album qui fleure bon le studio Ghibli, tant dans les thématiques et les personnages mis en scènes que par cette mise en couleur tout en aquarelle qui donne chaleur, ambiances et lumière à ses planches. J'ai aussi apprécié la façon d'aborder les sujets graves sans donner dans la morale mais sans faire dans le compromis ni la mièvrerie non plus. L'aventure est au rendez-vous et on dévore ces 150 pages sans s'en rendre compte !
Bref, une très bonne surprise que cet album que je recommande chaudement !
Vous ne connaissez pas Nicholas Zaroff ? Un oligarque russe - pas très sympathique - qui n’a qu’une idée en tête … se venger de ceux qui sont responsables de l’internement dans l’asile de Bedlam à Londres jusqu’à la fin de ses jours de son aïeul. Le temps a passé. Le comte Zaroff va donc s’en prendre aux descendants des coupables d’antan qui ont engendré le malheur sur sa famille pendant un siècle et demi. La vengeance est un plat qui se mange froid !
Le comte Zaroff est un chasseur particulièrement sanguinaire. Son plaisir est immense au contact du sang de ses proies. La poursuite, la filature, et l’affût sont sa came ! Et le lecteur que je suis a pris un plaisir incommensurable dans cette traque sanguinolente dans les égouts de Londres avec un peu de docteur Moreau et un peu de Frankenstein. Je suis juste baba par la qualité du scénario mais surtout par le graphisme magnifique de Carlos Puerto. On touche au sublime et à l’admirable. La colorisation sombre rend l’atmosphère particulièrement glauque. J’en ai des frissons dans le dos.
C’est du fantastique particulièrement réussi. Du super méchant psychopathe bien croustillant. Une découverte durant les 48h de la BD. Je vous encourage à vous plonger dans cette chasse dans laquelle le gibier est un humain. Vous aurez le goût du sang dans la bouche. C’est savoureux.
Décidément, les éditions Desiba ont publié pas mal d’auteurs italiens au talent notable, mais qui n’ont pas forcément fait long feu dans le milieu de la BD. Et c’est bien dommage si l’on découvre comme moi le travail de Nenzioni sur cet album.
En effet, son dessin est vraiment superbe – il justifie à lui-seul mon coup de cœur. Très classique, avec un trait réaliste très fin, utilisant très bien le Noir et Blanc (même si parfois l’encrage est un peu faiblard – c’est dommage), il allie simplicité et sophistication, donnant parfois à certaines planches des allures de gravure, ou de photos insolées et retravaillées. Un dessin minutieux en tout cas, qui enlumine, et illumine bien l’histoire.
L’histoire donc. Sans doute moins captivante que le dessin. Mais pas inintéressante, se déroulant dans un univers arthurien revisité.
Peu de textes (souvent en voix off), une narration lente, un peu poétique. C’est plus une affaire d’ambiance, qui prime clairement sur l’action proprement dite. Mais cette ambiance colle bien au dessin (ou inversement).
Un album qui mérite le coup d’œil en tous les cas. Et que je suis étonné d’être le premier à l’aviser plus de quarante ans après sa sortie.
Note réelle 3,5/5.
Encore une Bd sur la mythologie celtique qui brasse le réservoir des légendes de cette vieille Bretagne d'avant la chrétienté ou disons pendant la période de transition entre paganisme et chrétienté ; je suis toujours preneur de ce genre de sujet, étant fasciné par tout cet imaginaire. Malheureusement, même si je la met en coup de coeur, je suis en colère de savoir que la série est abandonnée et par conséquent, ce qui prenait un relief, une envolée extraordinaire, une tournure vraiment consistante est perdu à jamais parce qu'il n'y aura pas de conclusion à cette épopée. Mon coup de coeur est donc exclusivement attaché au caractère fascinant que dégage cette Bd qui aurait sans aucun doute pu être une très grande Bd.
Le récit propose à l'instar de bandes comme Les Druides ou Ys, la légende, une version un peu différente de la fameuse légende sur Ys la fabuleuse cité engloutie par les eaux ; l'histoire est bien contée telle que je la connaissais, mais elle s'accompagne d'une dimension un peu métaphysique ou disons plus spirituelle et psychologique que celle que j'ai pu voir dans d'autres Bd. Rodolphe manie le mystère autour de Gradlon, Dahut et Morgwen en incorporant magie et fantastique breton tel que je pouvais m'y attendre. Le tout est parfaitement illustré par un dessin explicite en mode peinture ; parfois je n'apprécie pas toujours ce style très pictural, ça dépend des sujets, mais dans le cas présent, ça donne une interprétation flamboyante de la légende, le fabliau est transcendé par des images d'un baroque irrésistible qui dégagent une atmosphère unique et envoûtante. Son seul défaut est d'être un peu sombre dans le tome 1, il devient plus lumineux dans le tome 2, mais d'un autre côté, je comprend très bien que ce dessin est adapté à cette narration et à cette ambiance celtique qui comme Complainte des landes perdues, emprunte aux légendes d'un passé médiéval obscur et très ancien. Une totale réussite graphique et narrative, hélas sans fin réelle...
La lutte contre l'antisémitisme est sans fin et Will Eisner y a consacré une grande partie de son oeuvre.
Voilà une oeuvre unique dans le monde de la BD/Comics. On pourrait presque la considérer comme un travail universitaire mis à la disposition du grand public.
C'est sûrement ce que c'est d'ailleurs. Mais ce travail n'est pas orienté contre n'importe quoi, mais contre l'arme probablement la plus néfaste et la plus diabolique conçue par un homme, Mathieu Golovinski.
Incontestablement, les effets induits par la diffusion et de la lecture "des protocoles des Sages de Sion" ont fait probablement plus de victimes que l'arme atomique. Il serait dangereux de sous-estimer ou de moquer le "travail" de Golovinski.
Celui-ci a été si efficace que les protocoles réapparaissent encore de nos jours.
Eisner démontre la genèse du texte et prouve (il ne fut pas le premier) que ce texte n'a jamais eu pour origine une communauté israélite soi-disant malveillante mais qu'elle était un faux fabriqué par des antisémites. Ce faux document a permis de focaliser les haines sur les pauvres communautés juives en Russie puis à travers le monde.
La démonstration est éclatante, avec des preuves irréfutables et un travail scientifique d'historien sans faille.
Les protocoles ont été dénoncés par tous les gouvernements du monde. On pourrait croire l'histoire pliée et le sinistre livre relégué aux poubelles de l'histoire après une première dénonciation du "Times" puis du Sénat Américain et pourtant...
Si Eisner a senti le besoin d'ajouter son clou au cercueil c'est que la bête est toujours prête à resurgir. Pourquoi ? Eisner le montre très bien en deux endroits : l'épisode des nazis interviewés par le journaliste et lorsque Eisner interroge des étudiants antisémites sur un campus.
Hélas, Eisner conclut sur la vigilance car sa forte démonstration prend en compte le paramètre humain de l'irrationnel qui a besoin d'un cadre déculpabilisant que lui procure les protocoles.
Je trouve la démonstration d'Eisner à la fois géniale et terrifiante.
Evidemment pour une fois son sublime trait passe au second plan mais Eisner est un maître pour rendre fluide et accessible les histoires les plus complexes.
Son immense talent aide à la progression d'une lecture parfois pas si facile.
J'ai un seul regret dans cet ouvrage. Eisner pour démontrer le plagiat a été contraint de publier une partie des protocoles en face du texte de Maurice Joly. C'était presque obligé mais c'est rendre accessible à tous ce texte infâme des protocoles qui est empoisonné. C'est donc une lecture difficile qui doit obligatoirement être encadrée par des gens compétents, notamment pour les jeunes.
Je trouve cette adaptation du Père Goriot de Balzac vraiment très réussie.
J'ai lu le roman dans mes années lycée à une époque où cela aurait été presqu'un crime de lèse-majesté que de toucher ainsi une si grande oeuvre.
Les temps ont changé heureusement. Le défi pour les auteurs, c'est d'être au niveau. Ils ont brillamment réussi.
Que ce soit Lamy et Thirault pour le scénario ou Duhamel pour le dessin, c'est du A+++.
Le scénario est bien sûr cadré par l'oeuvre originale mais il reprend à merveille l'esprit de la Comédie Humaine. Le découpage, la mise en scène, la montée de la dramaturgie, le mystère de Vautrin, tout concourt à la capture du lecteur.
Un gros bravo au choix des dialogues à la fois accessibles mais délicieusement colorés de la langue du XIXème siècle.
Je finis par le super qui est le dessin de Duhamel. Je suis public conquis tellement je suis fan. Ici encore c'est un régal. La pension Vauquer, les extérieurs, les salons et surtout les costumes, bijoux ou porcelaines. Quelle documentation et quel travail.
Un travail colossal comme savait en produire le grand écrivain. Quelle superbe lecture.
Construite comme une grande saga se déroulant à l’époque de l’empereur Néron, Murena est un exemple du genre. Le nombre de tomes de la série permettent à ses auteurs de développer la prise du pouvoir puis le règne de l’empereur en évitant les raccourcis et les simplifications habituelles. Le mélange fiction/histoire est réussi, on s’y retrouve très bien et les notes en fin d’album apportent des précisions intéressantes. Les dialogues sont bons et les citations enrichissent le texte. Je me méfie toujours un peu de Dufaux et de son lyrisme un peu lourd en général mais là, j’avoue, qu’il fait dans la sobriété. Bref, c’est une très bonne série historique et dramatique, classique mais réussie. Du côté du dessin, c’est très bon aussi. Le graphisme évolue au fil des albums, il s’affine et nous régale des détails des lieux de pouvoir comme des lieux du quotidien Romains : la cloaca maxima, les latrines publiques, les quartiers et leurs échoppes, etc… qui font toute la richesse de ces albums. Les couleurs douces sont vraiment agréables à l’œil qui glisse tranquillement d’une page à l’autre tant l’ensemble est fluide. Le héros, Lucius Murena continue de développer son personnage dans le second cycle en contrepoint de Néron qui sombre dans la paranoïa et la folie alors que, dans le premier, les auteurs lui avaient laissé une part d’humanité… enfin, une humanité replacée dans le contexte de l’époque.
Bd géniale.
Histoire mêlant historique et fiction avec brio et suspens.
On en apprend en plus sur la commune et la ville de Paris.
Graphiquement c'est très agréable, sans être extraordinaire. Les détails des paysages et de Paris sont superbes, les visages un peu moins fouillés, mais cela reste très beau dans son ensemble.
Rien à dire où plutôt si, vivement le tome 2.
Si le tome 2 est à la hauteur du tome 1, ce sera un coup de cœur.
Merci aux auteurs.
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Bugaled Breizh - 37 secondes
Pas besoin d’être un breton pour découvrir cet album magnifique. Pascal Bresson et Erwan Le Saëc ont su nous replonger dans l’affaire du Bugaled Breizh, chalutier qui a coulé mystérieusement en janvier 2004 dans les eaux britanniques au sud du Cap Lizard emportant 5 malheureux marins. A travers un journaliste sur le déclin mais fort en gueule, nous suivons l’enquête. Les incohérences sont nombreuses. C’est palpitant. Vous ne pouvez lire ce récit que d’une seule traite ! La question sous-jacente que pose cet album… pouvons-nous avoir foi aveuglement en l’état et à son armée ? On peut en douter. 18 ans après ce drame, les familles de ces marins sont toujours en attente, afin de comprendre ce qui s’est passé réellement. Deux scénarios s’affrontent. Celui d’un malheureux accident ou plus certainement d’un accrochage avec un sous-marin au cours d’un exercice militaire. Ne serions-nous pas devant un mensonge d’Etat ? Difficile de comprendre pourquoi si nous étions sur un banal accident, certains éléments sont toujours classés secret défense ! Les zones d’ombres sont nombreuses. Au-delà du scénario parfaitement maitrisé, je suis subjugué par le graphisme d’Erwan Le Saëc. Le trait est précis et fin. Les paysages et les scènes maritimes sont sublissimes. L’effet wahou est là ! Un plaisir pour les yeux cet album. Et que dire de la couverture avec son océan de sang et une ombre inquiétante ! c’est admirable. BD a vous procurer en urgence car malheureusement toujours d’actualité. Un gros coup de coeur.
Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série
Bammmm ! Ça calme ça comme album !!!! Harold Schechter nous raconte l'hallucinante vie de ce terrible tueur en série qui inspira le roman psychose et son adaptation au cinéma par Hitchcock avec le talentueux dessinateur Eric Powell (The Goon, Hillbilly ou encore Big Man Plans). J'avoue que je ne connaissais pas du tout l'histoire de ce tueur en série et que je me suis fait captiver et pleinement surprendre par ce récit. Les auteurs ont l'excellente idée de recontextualiser l'horreur en nous racontant l'enfance et le cadre familial dans lequel Ed Gein a grandit. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas été aidé de ce côté là, entre un père feignant, alcoolique et violent et une mère bigote et autoritaire. C'est pourtant cette dernière qui restera toute sa vie son phare et sa raison de vivre... puis sa raison de tuer... Timide, un peu simple et pas très dégourdi, Ed va survivre tant bien que mal dans ce Wisconsin profond des années 50'. La mort de sa mère va achever de le faire basculer dans la folie profonde et lui faire commettre les pires atrocités imaginables. Comme les policiers qui débarquent chez lui après la disparition de deux femmes dans son village, on tombe littéralement sur le cul quand les macabres découvertes qu'ils vont faire nous pètent à la gueule. Et c'est ce qui va marquer un pays entier au travers de cette histoire, c'est de réaliser que le danger et l'horreur ne viennent pas forcément de l'autre bout du monde ou de l'espace mais qu'il peut être tapi en son sein, juste à côté de chez soi. Eric Powell fait des merveilles en usant d'une colorisation toute en nuances de gris qui met pleinement en valeur son trait très expressif, surtout quand il s'agit des visages de ses personnages. Voilà un album des plus réussi sur un personnage hallucinant qui aura marqué de lugubre façon l'humanité.
Janardana
Oouhhh la jolie pépite que voilà ! Très inspiré (et influencé par Miyazaki), "Janardana" se révèle être un magnifique one shot qui ravira tous les amateurs d'aventure et d'exotisme ! Marcel Piton, ancien militaire et baroudeur a fini par se poser dans le sud ouest de la France où il y a monté une petite entreprise de pêche avec quelques associés. Le nouveau facteur du village lui apporte en main propre un courrier qui va le mettre dans tous ses états et le replonger dans un passé qu'il croyait révolu. Son jeune ami Dev qu'il s'était fait en Inde lorsqu'il était militaire vient de lui envoyer un appel à l'aide ; ni une, ni deux, Marcel embarque pour l'Inde pour retrouver son ami. S'il reste introuvable, il va rapidement faire connaissance de son espiègle fille avec qui il va se retrouver plongé dans des aventures hautes en couleur ! Entre des personnages truculents et des paysages somptueux, on est rapidement captivé par ce récit. Antoine Ettori qui assure scénario et dessin s'est fait plaisir et le partage volontiers pour notre plus grand bonheur ! Les amateurs de Miyazaki ne pourront qu'être comblés par cet album qui fleure bon le studio Ghibli, tant dans les thématiques et les personnages mis en scènes que par cette mise en couleur tout en aquarelle qui donne chaleur, ambiances et lumière à ses planches. J'ai aussi apprécié la façon d'aborder les sujets graves sans donner dans la morale mais sans faire dans le compromis ni la mièvrerie non plus. L'aventure est au rendez-vous et on dévore ces 150 pages sans s'en rendre compte ! Bref, une très bonne surprise que cet album que je recommande chaudement !
Maudit sois-tu
Vous ne connaissez pas Nicholas Zaroff ? Un oligarque russe - pas très sympathique - qui n’a qu’une idée en tête … se venger de ceux qui sont responsables de l’internement dans l’asile de Bedlam à Londres jusqu’à la fin de ses jours de son aïeul. Le temps a passé. Le comte Zaroff va donc s’en prendre aux descendants des coupables d’antan qui ont engendré le malheur sur sa famille pendant un siècle et demi. La vengeance est un plat qui se mange froid ! Le comte Zaroff est un chasseur particulièrement sanguinaire. Son plaisir est immense au contact du sang de ses proies. La poursuite, la filature, et l’affût sont sa came ! Et le lecteur que je suis a pris un plaisir incommensurable dans cette traque sanguinolente dans les égouts de Londres avec un peu de docteur Moreau et un peu de Frankenstein. Je suis juste baba par la qualité du scénario mais surtout par le graphisme magnifique de Carlos Puerto. On touche au sublime et à l’admirable. La colorisation sombre rend l’atmosphère particulièrement glauque. J’en ai des frissons dans le dos. C’est du fantastique particulièrement réussi. Du super méchant psychopathe bien croustillant. Une découverte durant les 48h de la BD. Je vous encourage à vous plonger dans cette chasse dans laquelle le gibier est un humain. Vous aurez le goût du sang dans la bouche. C’est savoureux.
La Malédiction de Vanilsa
Décidément, les éditions Desiba ont publié pas mal d’auteurs italiens au talent notable, mais qui n’ont pas forcément fait long feu dans le milieu de la BD. Et c’est bien dommage si l’on découvre comme moi le travail de Nenzioni sur cet album. En effet, son dessin est vraiment superbe – il justifie à lui-seul mon coup de cœur. Très classique, avec un trait réaliste très fin, utilisant très bien le Noir et Blanc (même si parfois l’encrage est un peu faiblard – c’est dommage), il allie simplicité et sophistication, donnant parfois à certaines planches des allures de gravure, ou de photos insolées et retravaillées. Un dessin minutieux en tout cas, qui enlumine, et illumine bien l’histoire. L’histoire donc. Sans doute moins captivante que le dessin. Mais pas inintéressante, se déroulant dans un univers arthurien revisité. Peu de textes (souvent en voix off), une narration lente, un peu poétique. C’est plus une affaire d’ambiance, qui prime clairement sur l’action proprement dite. Mais cette ambiance colle bien au dessin (ou inversement). Un album qui mérite le coup d’œil en tous les cas. Et que je suis étonné d’être le premier à l’aviser plus de quarante ans après sa sortie. Note réelle 3,5/5.
La ville d'Ys
Encore une Bd sur la mythologie celtique qui brasse le réservoir des légendes de cette vieille Bretagne d'avant la chrétienté ou disons pendant la période de transition entre paganisme et chrétienté ; je suis toujours preneur de ce genre de sujet, étant fasciné par tout cet imaginaire. Malheureusement, même si je la met en coup de coeur, je suis en colère de savoir que la série est abandonnée et par conséquent, ce qui prenait un relief, une envolée extraordinaire, une tournure vraiment consistante est perdu à jamais parce qu'il n'y aura pas de conclusion à cette épopée. Mon coup de coeur est donc exclusivement attaché au caractère fascinant que dégage cette Bd qui aurait sans aucun doute pu être une très grande Bd. Le récit propose à l'instar de bandes comme Les Druides ou Ys, la légende, une version un peu différente de la fameuse légende sur Ys la fabuleuse cité engloutie par les eaux ; l'histoire est bien contée telle que je la connaissais, mais elle s'accompagne d'une dimension un peu métaphysique ou disons plus spirituelle et psychologique que celle que j'ai pu voir dans d'autres Bd. Rodolphe manie le mystère autour de Gradlon, Dahut et Morgwen en incorporant magie et fantastique breton tel que je pouvais m'y attendre. Le tout est parfaitement illustré par un dessin explicite en mode peinture ; parfois je n'apprécie pas toujours ce style très pictural, ça dépend des sujets, mais dans le cas présent, ça donne une interprétation flamboyante de la légende, le fabliau est transcendé par des images d'un baroque irrésistible qui dégagent une atmosphère unique et envoûtante. Son seul défaut est d'être un peu sombre dans le tome 1, il devient plus lumineux dans le tome 2, mais d'un autre côté, je comprend très bien que ce dessin est adapté à cette narration et à cette ambiance celtique qui comme Complainte des landes perdues, emprunte aux légendes d'un passé médiéval obscur et très ancien. Une totale réussite graphique et narrative, hélas sans fin réelle...
Le Complot
La lutte contre l'antisémitisme est sans fin et Will Eisner y a consacré une grande partie de son oeuvre. Voilà une oeuvre unique dans le monde de la BD/Comics. On pourrait presque la considérer comme un travail universitaire mis à la disposition du grand public. C'est sûrement ce que c'est d'ailleurs. Mais ce travail n'est pas orienté contre n'importe quoi, mais contre l'arme probablement la plus néfaste et la plus diabolique conçue par un homme, Mathieu Golovinski. Incontestablement, les effets induits par la diffusion et de la lecture "des protocoles des Sages de Sion" ont fait probablement plus de victimes que l'arme atomique. Il serait dangereux de sous-estimer ou de moquer le "travail" de Golovinski. Celui-ci a été si efficace que les protocoles réapparaissent encore de nos jours. Eisner démontre la genèse du texte et prouve (il ne fut pas le premier) que ce texte n'a jamais eu pour origine une communauté israélite soi-disant malveillante mais qu'elle était un faux fabriqué par des antisémites. Ce faux document a permis de focaliser les haines sur les pauvres communautés juives en Russie puis à travers le monde. La démonstration est éclatante, avec des preuves irréfutables et un travail scientifique d'historien sans faille. Les protocoles ont été dénoncés par tous les gouvernements du monde. On pourrait croire l'histoire pliée et le sinistre livre relégué aux poubelles de l'histoire après une première dénonciation du "Times" puis du Sénat Américain et pourtant... Si Eisner a senti le besoin d'ajouter son clou au cercueil c'est que la bête est toujours prête à resurgir. Pourquoi ? Eisner le montre très bien en deux endroits : l'épisode des nazis interviewés par le journaliste et lorsque Eisner interroge des étudiants antisémites sur un campus. Hélas, Eisner conclut sur la vigilance car sa forte démonstration prend en compte le paramètre humain de l'irrationnel qui a besoin d'un cadre déculpabilisant que lui procure les protocoles. Je trouve la démonstration d'Eisner à la fois géniale et terrifiante. Evidemment pour une fois son sublime trait passe au second plan mais Eisner est un maître pour rendre fluide et accessible les histoires les plus complexes. Son immense talent aide à la progression d'une lecture parfois pas si facile. J'ai un seul regret dans cet ouvrage. Eisner pour démontrer le plagiat a été contraint de publier une partie des protocoles en face du texte de Maurice Joly. C'était presque obligé mais c'est rendre accessible à tous ce texte infâme des protocoles qui est empoisonné. C'est donc une lecture difficile qui doit obligatoirement être encadrée par des gens compétents, notamment pour les jeunes.
Le Père Goriot d'Honoré de Balzac
Je trouve cette adaptation du Père Goriot de Balzac vraiment très réussie. J'ai lu le roman dans mes années lycée à une époque où cela aurait été presqu'un crime de lèse-majesté que de toucher ainsi une si grande oeuvre. Les temps ont changé heureusement. Le défi pour les auteurs, c'est d'être au niveau. Ils ont brillamment réussi. Que ce soit Lamy et Thirault pour le scénario ou Duhamel pour le dessin, c'est du A+++. Le scénario est bien sûr cadré par l'oeuvre originale mais il reprend à merveille l'esprit de la Comédie Humaine. Le découpage, la mise en scène, la montée de la dramaturgie, le mystère de Vautrin, tout concourt à la capture du lecteur. Un gros bravo au choix des dialogues à la fois accessibles mais délicieusement colorés de la langue du XIXème siècle. Je finis par le super qui est le dessin de Duhamel. Je suis public conquis tellement je suis fan. Ici encore c'est un régal. La pension Vauquer, les extérieurs, les salons et surtout les costumes, bijoux ou porcelaines. Quelle documentation et quel travail. Un travail colossal comme savait en produire le grand écrivain. Quelle superbe lecture.
Murena
Construite comme une grande saga se déroulant à l’époque de l’empereur Néron, Murena est un exemple du genre. Le nombre de tomes de la série permettent à ses auteurs de développer la prise du pouvoir puis le règne de l’empereur en évitant les raccourcis et les simplifications habituelles. Le mélange fiction/histoire est réussi, on s’y retrouve très bien et les notes en fin d’album apportent des précisions intéressantes. Les dialogues sont bons et les citations enrichissent le texte. Je me méfie toujours un peu de Dufaux et de son lyrisme un peu lourd en général mais là, j’avoue, qu’il fait dans la sobriété. Bref, c’est une très bonne série historique et dramatique, classique mais réussie. Du côté du dessin, c’est très bon aussi. Le graphisme évolue au fil des albums, il s’affine et nous régale des détails des lieux de pouvoir comme des lieux du quotidien Romains : la cloaca maxima, les latrines publiques, les quartiers et leurs échoppes, etc… qui font toute la richesse de ces albums. Les couleurs douces sont vraiment agréables à l’œil qui glisse tranquillement d’une page à l’autre tant l’ensemble est fluide. Le héros, Lucius Murena continue de développer son personnage dans le second cycle en contrepoint de Néron qui sombre dans la paranoïa et la folie alors que, dans le premier, les auteurs lui avaient laissé une part d’humanité… enfin, une humanité replacée dans le contexte de l’époque.
L'Enfer pour Aube
Bd géniale. Histoire mêlant historique et fiction avec brio et suspens. On en apprend en plus sur la commune et la ville de Paris. Graphiquement c'est très agréable, sans être extraordinaire. Les détails des paysages et de Paris sont superbes, les visages un peu moins fouillés, mais cela reste très beau dans son ensemble. Rien à dire où plutôt si, vivement le tome 2. Si le tome 2 est à la hauteur du tome 1, ce sera un coup de cœur. Merci aux auteurs. Une bd qui a du sens, cela fait vraiment du bien.