Bd géniale.
Histoire mêlant historique et fiction avec brio et suspens.
On en apprend en plus sur la commune et la ville de Paris.
Graphiquement c'est très agréable, sans être extraordinaire. Les détails des paysages et de Paris sont superbes, les visages un peu moins fouillés, mais cela reste très beau dans son ensemble.
Rien à dire où plutôt si, vivement le tome 2.
Si le tome 2 est à la hauteur du tome 1, ce sera un coup de cœur.
Merci aux auteurs.
Une bd qui a du sens, cela fait vraiment du bien.
C’est frais, marrant et bien vu. Je conseille vivement.
J’ai suivi le coup de cœur de mon libraire, et je ne suis pas déçu. Après la fille dans l’écran, Lou Lubie continue de m’épater.
Elle s’attaque aux contes que tout le monde connait, en dépoussiérant l’image d’Épinal que Disney nous a formatée. La comparaison entre les différentes versions (Grimm, Perrault, Basile ...) est assez jubilatoire, et elle va bien plus loin en posant certaines questions (la psychanalyse, la religion, les origines, le sexisme, la parité ...).
Il y a un sacré boulot d’analyse dans un ton moderne et très drôle, un peu à la manière de Marion Montaigne mais avec une partie graphique plus « carré » à mon goût.
C’est hyper fluide, on avale les plus de 200 pages facilement et chaque chapitre est intéressant.
L’objet en lui même est très réussi et soigné : dorure, stylet tissu ... en forme de clin d’œil aux livres d’autrefois.
Vraiment du tout bon, du chouette boulot. Bravo.
A noter également que l’album propose de la réalité augmentée (via l’application Delcourt Soleil +), pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir et compléter leur lecture (infos supplémentaires sur les auteurs, contes etc ...)
Un polar noir, classique et efficace. La série propose une histoire différente par tome avec à chaque fois un enquêteur différent. Quelques rappels ponctuels des tomes précédents (bar, personnages, noms déjà entendus…) réapparaissent à l’occasion et j’aime bien ces points de repères discrets qui relient le tout. Le personnage principal toujours border line se fond dans cet univers noir et poisseux très bien mis en valeur par un dessin à la Warhol. Les autres personnages tous plus glauques les uns que les autres évoluent dans des pages au découpage dynamique et au rythme rapide. On n’a à peine le temps de s’attacher à certains que le récit les emporte. J’aime beaucoup la voix off en fil rouge avec son ton décalé. Bref ! J’aime beaucoup. Grosse ambiance et très bonne série !
La série Quetzalcoatl de Jean-Yves Mitton m'avait fait découvrir la complexité et la violence de l'Empire Aztèque à l'époque de l'arrivée des Conquistadors ainsi que le parcours romancé mais sinistre de celle qui sera plus tard nommée la Malinche. Ce n'est qu'en arrivant à la fin de Celle qui parle que j'ai réalisé que cet album avait pour héroïne le même personnage historique. Le ton y est en effet très différent, bien plus moderne et lumineux tout en n'épargnant pas la même cruelle réalité. La jeune Malinalli y est présentée comme une intelligente jeune fille tourmentée par la vie mais désireuse de s'en sortir. Ballotée par les évènements, trahie par un beau-père jaloux et vendue en esclavage, elle va trouver une porte de sortie dans l'arrivée des Espagnols et dans sa maîtrise des langues qui va lui permettre de s'imposer comme traductrice et conseillère auprès de Cortès.
Cette BD est excellente pour plusieurs raisons.
La première est la représentation du Mexique en ce début du 16e siècle qui est détaillée clairement et mise en scène d'une manière pleine de vie. Qu'il s'agisse des abjects Mexicas/Aztèques, de leurs voisins Mayas, des autres peuples de la région mais aussi des Conquistadors espagnols eux-mêmes, ils suintent de réalisme et d'humanité dans ce qu'elle a de bon et de mauvais. On est plongé dans cet univers historique comme si on y était.
En même temps, le récit est présenté comme une série d'aventure, avec une vraie héroïne à laquelle on s'attache et qu'on a envie de voir progresser. On comprend bien son cheminement moral et on est à ses côtés et compréhensif quand elle sera finalement amenée à agir d'une manière qui la fera considérer comme une traitresse par certains alors qu'elle n'a finalement jamais dévié de sa route vertueuse et de son honneur. Elle ne fera bien souvent que réagir aux circonstances et à l'adversité, adversité qui s'acharnait visiblement contre les femmes de son époque.
En cela, l'album est aussi un cri féministe, celui d'une femme qui osera finalement affirmer sa présence et son identité face au tout puissant Empereur qui domine le monde dans lequel elle a vécu et a souffert. Et cette femme, on la comprend et on la soutient dans ses choix.
Ajouté à cela un graphisme très sympathique, une mise en scène fluide, aérée et dynamique, et vous obtiendrez une excellente BD d'Histoire et d'aventure.
"Parlez-vous Shakespeare ?" semble nous demander Enki Bilal à travers cet album.
Bilal nous a souvent proposé d'inscrire son oeuvre dans une perspective plus large du patrimoine artistique de l'humanité.
C'est particulièrement vrai dans Julia et Roem à la fois oeuvre dystopique, poétique et écologique. Bilal manie les paradoxes dans cette lecture de Roméo et Juliette.
Si nous sommes bien dans un ciel rempli de bruits et de fureur, qui semble vide de transcendance, le paysage n'est que silence et monotonie traversé par les symboles religieux de l'aumônier Lawrence.
Paradoxe encore puisque c'est le produit de la recherche militaire qui apportera la vie. On est loin de la Croisière des Oubliés où les expérimentations militaires ont conduit au désastre.
"C'était écrit." comme pour la conclusion du très beau "Slumdog Millionnaire", peut-être mais cela n'empêche ni Lawrence ni Parish d'intervenir librement pour le bien commun.
C'est un très bel album où le graphisme de Bilal façon crayonné, sombre, précis et élégant nous transporte hors du temps avec cette histoire d'amour universelle.
Un très bel album
Trop bon ça !!!!
Je viens de lire le tome 1, dessin scénario nickel.
Je suis bien rentré dans l'univers des auteurs, vraiment trop envie de lire la suite...
... que je viens de commander.
A suivre.
Mon vocabulaire louangeur va finir par s'étioler à force d'aviser les oeuvres de Nancy Peña.
Comme l'avis de Jerem je trouve que c'est l'opus le plus abouti de la trilogie (en cours ?) du Chat du Kimono.
Nancy est-elle de ces auteur(e)s qui surfent sur un succès pour nous faire un remake bien commercial ?
Et bien non messieurs !! Comme un train peut en cacher un autre pour se le prendre en pleine figure, un second défi culinaire peut cacher une histoire bien différente et plus élaborée à mon goût.
Les ressorts sont classiques mais si bien construits, enchaînés et présentés que Conan Doyle a dû en frémir d'aise dans sa tombe. Je ne dirai rien de plus de ce superbe scénario.
Les dessins sont au même niveau, racés, fins, élégants et toniques. Nancy Peña y ajoute sa poésie, sa culture et son humour dont je raffole.
A lire, à offrir et à faire connaître comme toute son oeuvre.
J'ai lu cette BD car j'avais adoré Goupil ou face de Lou Lubie. Encore un gros coup de cœur pour moi !
On commence la BD en connaissant presque déjà la conclusion de l'histoire, la couverture étant assez explicite, donc ça n'est finalement pas tant le dénouement qui est intrigant, mais le parcours qui mènent les deux protagonistes à se rencontrer.
On s'attache instantanément aux deux personnages, qu'on a envie de voir sortir de leurs routines et de leurs brides, pour enfin s'épanouir.
Le concept de la BD est que les histoires des deux personnages sont racontées en même temps; l'une en France, l'autre au Québec; l'une sur les pages de gauche, l'autre sur les pages de droite. Chaque personnage est dessinée par une auteure différente. Il y a donc un vrai travail sur le dessin pour que les histoires s'entremêlent.
Gros coup de cœur pour le dessin, qui comme dans Goupil ou face, est truffé de petites perles d'ingéniosité: les pages de gauche interagissent avec les pages de droite; le jeu des couleurs participe intégralement à l'histoire...
Bref, je recommande vraiment !
Très bonne série qui met en scène la vie d'artiste au début du XXème siècle à Paris. Je viens de me rendre compte que cette série de 4 albums a été peu lu et quasi boudé par Bdthèque alors qu'elle vaut vraiment le détour par son humour et la justesse de son observation des personnages et de l'époque . Je vois qu'elle est rangée dans la thème "prix RTL de la BD" parce que le tome 1 a été lauréat en 2012.
Parmi les biographie BD d'artistes parisiens de cette époque , qui fleurissent depuis une dizaine d'année ( Alfred Jarry, Anaïs Nin, Zola (mais je ne les ai pas toutes lues), Verlaine, Joséphine Baker, Isadora Duncan, Alice Guy) c'est sans conteste celle-ci la plus complète et agréable à lire que j'ai croisée. En passant, jetez un coup d'oeil au thème "biographie" de Bdthèque et vous y trouverez forcément une personnalité qui vous intéresse...
Peintres, poètes, musiciens et modèles vivent, mangent ensembles à Montmartre, ils se serrent les coudes au moment des vernissages. Désargentés mais plein d'ambitions, des personnages très attachants et singuliers (Picasso et sa Fernande, Apollinaire et Max Jacob en particulier) dont on suit la vie quotidienne avec plaisir et étonnement.
Le scénario de Julie Birmant semble bien documenté. Elle a su choisir les moments significatifs qui font ressortir le caractère exalté et fluctuant de Pablo Picasso, et montre plus généralement tout ce bouillonnement artistique parisien dans le tournant du siècle. Les rapports de Picasso avec les mécènes (Gertrude Stein), avec les autres artistes moins avant-gardistes, avec l'Espagne. On sent vraiment que le Paris de l'époque attirait une faune bigarrée d'artistes de tout poils (y compris des charlatans), avides de reconnaissance mais aussi de gagne-pain, qui apprenaient leur métier dans une émulation artistique trans-disciplinaire et généreuse.
Le dessin d'Oubrerie est toujours aussi expressif et presque ludique dans des couleurs très agréables et variées.
Les 4 tomes ne faiblissent pas, bravo pour ces aventures humaines qui nous font rire et rêver...
Zep m'apparait comme un dilettante agréable, qui déploie ses facilités de dessin sans chercher à dépasser ses limites, dans un plaisir léger.
Depuis la série des Titeuf jusqu'à ses dernières publications chez Rue de Sèvre, c'est un familier de notre génération, il a distrait nos enfants en même temps que les siens, puis, les enfants devenus adultes, il a cherché à explorer ses propres phantasmes, qui se sont révélés proches des nôtres. Le sexe, la musique, la religion, ... et aujourd'hui l'éco-anxiété.
J'aime ce compagnon de la génération née, grandie et vieillie avec La Crise (la première crise pétrolière, la seconde, la montée du chômage, la chute de l'empire soviétique, la montée de l'islamisme, ....) et qui navigue sur la vague du moment, donnant forme au cliché, dans un contour désinvolte et souvent malicieux...
J'ai du entendre les mêmes émissions scientifiques, parlant des études sur les arbres ou de la disparition des dinosaures, ou la théorie des réseaux, peut-être a-t-il vu Phénomène, comme le propose Erik, mais lui, en a fait un album. certains le perçoivent comme apocalyptique, mais en réalité le point de vue est du coté de ceux qui s'en sortent par le hasard. Comme à son habitude, la fin n'est pas donneuse de leçon.
Le fantasme qui est le nœud de son histoire parlera a tout un chacun, puisqu'on s'est tous retrouvé émerveillé devant la beauté d'un vieil arbre, l'architecture de ses branches, les traces de ses blessures, la bienfaisance de son ombre, la solidité de son tronc, le chant de ses feuilles, le parfum de ses fleurs, la puissance de ses racines... L'image de l'arbre, et sa place dans beaucoup de cosmogonies, évoquera forcément une forme de puissance et de durabilité qui, si on se laisse aller à la rêverie scientifique, pourra sembler porteuses de remèdes aux douleurs environnementales de la planète...
Un coup de cœur donc pour cette mise en forme pas révolutionnaire dans l'image, (environnement et personnages réalistes, bichromies pâles et successives, trait léger, bord des cases atténué et arrondi, grille irrégulière) avec un scénario et des personnages juste effleurés (comme souvent chez zep, rien d'alambiqué ou de tortueux, il va droit au but et cela peut sembler un peu court), mais une capacité à sentir l'air du temps toujours à propos.
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L'Enfer pour Aube
Bd géniale. Histoire mêlant historique et fiction avec brio et suspens. On en apprend en plus sur la commune et la ville de Paris. Graphiquement c'est très agréable, sans être extraordinaire. Les détails des paysages et de Paris sont superbes, les visages un peu moins fouillés, mais cela reste très beau dans son ensemble. Rien à dire où plutôt si, vivement le tome 2. Si le tome 2 est à la hauteur du tome 1, ce sera un coup de cœur. Merci aux auteurs. Une bd qui a du sens, cela fait vraiment du bien.
Et à la fin, ils meurent
C’est frais, marrant et bien vu. Je conseille vivement. J’ai suivi le coup de cœur de mon libraire, et je ne suis pas déçu. Après la fille dans l’écran, Lou Lubie continue de m’épater. Elle s’attaque aux contes que tout le monde connait, en dépoussiérant l’image d’Épinal que Disney nous a formatée. La comparaison entre les différentes versions (Grimm, Perrault, Basile ...) est assez jubilatoire, et elle va bien plus loin en posant certaines questions (la psychanalyse, la religion, les origines, le sexisme, la parité ...). Il y a un sacré boulot d’analyse dans un ton moderne et très drôle, un peu à la manière de Marion Montaigne mais avec une partie graphique plus « carré » à mon goût. C’est hyper fluide, on avale les plus de 200 pages facilement et chaque chapitre est intéressant. L’objet en lui même est très réussi et soigné : dorure, stylet tissu ... en forme de clin d’œil aux livres d’autrefois. Vraiment du tout bon, du chouette boulot. Bravo. A noter également que l’album propose de la réalité augmentée (via l’application Delcourt Soleil +), pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir et compléter leur lecture (infos supplémentaires sur les auteurs, contes etc ...)
Criminal
Un polar noir, classique et efficace. La série propose une histoire différente par tome avec à chaque fois un enquêteur différent. Quelques rappels ponctuels des tomes précédents (bar, personnages, noms déjà entendus…) réapparaissent à l’occasion et j’aime bien ces points de repères discrets qui relient le tout. Le personnage principal toujours border line se fond dans cet univers noir et poisseux très bien mis en valeur par un dessin à la Warhol. Les autres personnages tous plus glauques les uns que les autres évoluent dans des pages au découpage dynamique et au rythme rapide. On n’a à peine le temps de s’attacher à certains que le récit les emporte. J’aime beaucoup la voix off en fil rouge avec son ton décalé. Bref ! J’aime beaucoup. Grosse ambiance et très bonne série !
Celle qui parle
La série Quetzalcoatl de Jean-Yves Mitton m'avait fait découvrir la complexité et la violence de l'Empire Aztèque à l'époque de l'arrivée des Conquistadors ainsi que le parcours romancé mais sinistre de celle qui sera plus tard nommée la Malinche. Ce n'est qu'en arrivant à la fin de Celle qui parle que j'ai réalisé que cet album avait pour héroïne le même personnage historique. Le ton y est en effet très différent, bien plus moderne et lumineux tout en n'épargnant pas la même cruelle réalité. La jeune Malinalli y est présentée comme une intelligente jeune fille tourmentée par la vie mais désireuse de s'en sortir. Ballotée par les évènements, trahie par un beau-père jaloux et vendue en esclavage, elle va trouver une porte de sortie dans l'arrivée des Espagnols et dans sa maîtrise des langues qui va lui permettre de s'imposer comme traductrice et conseillère auprès de Cortès. Cette BD est excellente pour plusieurs raisons. La première est la représentation du Mexique en ce début du 16e siècle qui est détaillée clairement et mise en scène d'une manière pleine de vie. Qu'il s'agisse des abjects Mexicas/Aztèques, de leurs voisins Mayas, des autres peuples de la région mais aussi des Conquistadors espagnols eux-mêmes, ils suintent de réalisme et d'humanité dans ce qu'elle a de bon et de mauvais. On est plongé dans cet univers historique comme si on y était. En même temps, le récit est présenté comme une série d'aventure, avec une vraie héroïne à laquelle on s'attache et qu'on a envie de voir progresser. On comprend bien son cheminement moral et on est à ses côtés et compréhensif quand elle sera finalement amenée à agir d'une manière qui la fera considérer comme une traitresse par certains alors qu'elle n'a finalement jamais dévié de sa route vertueuse et de son honneur. Elle ne fera bien souvent que réagir aux circonstances et à l'adversité, adversité qui s'acharnait visiblement contre les femmes de son époque. En cela, l'album est aussi un cri féministe, celui d'une femme qui osera finalement affirmer sa présence et son identité face au tout puissant Empereur qui domine le monde dans lequel elle a vécu et a souffert. Et cette femme, on la comprend et on la soutient dans ses choix. Ajouté à cela un graphisme très sympathique, une mise en scène fluide, aérée et dynamique, et vous obtiendrez une excellente BD d'Histoire et d'aventure.
Julia & Roem (Coup de sang)
"Parlez-vous Shakespeare ?" semble nous demander Enki Bilal à travers cet album. Bilal nous a souvent proposé d'inscrire son oeuvre dans une perspective plus large du patrimoine artistique de l'humanité. C'est particulièrement vrai dans Julia et Roem à la fois oeuvre dystopique, poétique et écologique. Bilal manie les paradoxes dans cette lecture de Roméo et Juliette. Si nous sommes bien dans un ciel rempli de bruits et de fureur, qui semble vide de transcendance, le paysage n'est que silence et monotonie traversé par les symboles religieux de l'aumônier Lawrence. Paradoxe encore puisque c'est le produit de la recherche militaire qui apportera la vie. On est loin de la Croisière des Oubliés où les expérimentations militaires ont conduit au désastre. "C'était écrit." comme pour la conclusion du très beau "Slumdog Millionnaire", peut-être mais cela n'empêche ni Lawrence ni Parish d'intervenir librement pour le bien commun. C'est un très bel album où le graphisme de Bilal façon crayonné, sombre, précis et élégant nous transporte hors du temps avec cette histoire d'amour universelle. Un très bel album
Un putain de salopard
Trop bon ça !!!! Je viens de lire le tome 1, dessin scénario nickel. Je suis bien rentré dans l'univers des auteurs, vraiment trop envie de lire la suite... ... que je viens de commander. A suivre.
It's not a Piece of Cake
Mon vocabulaire louangeur va finir par s'étioler à force d'aviser les oeuvres de Nancy Peña. Comme l'avis de Jerem je trouve que c'est l'opus le plus abouti de la trilogie (en cours ?) du Chat du Kimono. Nancy est-elle de ces auteur(e)s qui surfent sur un succès pour nous faire un remake bien commercial ? Et bien non messieurs !! Comme un train peut en cacher un autre pour se le prendre en pleine figure, un second défi culinaire peut cacher une histoire bien différente et plus élaborée à mon goût. Les ressorts sont classiques mais si bien construits, enchaînés et présentés que Conan Doyle a dû en frémir d'aise dans sa tombe. Je ne dirai rien de plus de ce superbe scénario. Les dessins sont au même niveau, racés, fins, élégants et toniques. Nancy Peña y ajoute sa poésie, sa culture et son humour dont je raffole. A lire, à offrir et à faire connaître comme toute son oeuvre.
La Fille dans l'écran
J'ai lu cette BD car j'avais adoré Goupil ou face de Lou Lubie. Encore un gros coup de cœur pour moi ! On commence la BD en connaissant presque déjà la conclusion de l'histoire, la couverture étant assez explicite, donc ça n'est finalement pas tant le dénouement qui est intrigant, mais le parcours qui mènent les deux protagonistes à se rencontrer. On s'attache instantanément aux deux personnages, qu'on a envie de voir sortir de leurs routines et de leurs brides, pour enfin s'épanouir. Le concept de la BD est que les histoires des deux personnages sont racontées en même temps; l'une en France, l'autre au Québec; l'une sur les pages de gauche, l'autre sur les pages de droite. Chaque personnage est dessinée par une auteure différente. Il y a donc un vrai travail sur le dessin pour que les histoires s'entremêlent. Gros coup de cœur pour le dessin, qui comme dans Goupil ou face, est truffé de petites perles d'ingéniosité: les pages de gauche interagissent avec les pages de droite; le jeu des couleurs participe intégralement à l'histoire... Bref, je recommande vraiment !
Pablo
Très bonne série qui met en scène la vie d'artiste au début du XXème siècle à Paris. Je viens de me rendre compte que cette série de 4 albums a été peu lu et quasi boudé par Bdthèque alors qu'elle vaut vraiment le détour par son humour et la justesse de son observation des personnages et de l'époque . Je vois qu'elle est rangée dans la thème "prix RTL de la BD" parce que le tome 1 a été lauréat en 2012. Parmi les biographie BD d'artistes parisiens de cette époque , qui fleurissent depuis une dizaine d'année ( Alfred Jarry, Anaïs Nin, Zola (mais je ne les ai pas toutes lues), Verlaine, Joséphine Baker, Isadora Duncan, Alice Guy) c'est sans conteste celle-ci la plus complète et agréable à lire que j'ai croisée. En passant, jetez un coup d'oeil au thème "biographie" de Bdthèque et vous y trouverez forcément une personnalité qui vous intéresse... Peintres, poètes, musiciens et modèles vivent, mangent ensembles à Montmartre, ils se serrent les coudes au moment des vernissages. Désargentés mais plein d'ambitions, des personnages très attachants et singuliers (Picasso et sa Fernande, Apollinaire et Max Jacob en particulier) dont on suit la vie quotidienne avec plaisir et étonnement. Le scénario de Julie Birmant semble bien documenté. Elle a su choisir les moments significatifs qui font ressortir le caractère exalté et fluctuant de Pablo Picasso, et montre plus généralement tout ce bouillonnement artistique parisien dans le tournant du siècle. Les rapports de Picasso avec les mécènes (Gertrude Stein), avec les autres artistes moins avant-gardistes, avec l'Espagne. On sent vraiment que le Paris de l'époque attirait une faune bigarrée d'artistes de tout poils (y compris des charlatans), avides de reconnaissance mais aussi de gagne-pain, qui apprenaient leur métier dans une émulation artistique trans-disciplinaire et généreuse. Le dessin d'Oubrerie est toujours aussi expressif et presque ludique dans des couleurs très agréables et variées. Les 4 tomes ne faiblissent pas, bravo pour ces aventures humaines qui nous font rire et rêver...
The End
Zep m'apparait comme un dilettante agréable, qui déploie ses facilités de dessin sans chercher à dépasser ses limites, dans un plaisir léger. Depuis la série des Titeuf jusqu'à ses dernières publications chez Rue de Sèvre, c'est un familier de notre génération, il a distrait nos enfants en même temps que les siens, puis, les enfants devenus adultes, il a cherché à explorer ses propres phantasmes, qui se sont révélés proches des nôtres. Le sexe, la musique, la religion, ... et aujourd'hui l'éco-anxiété. J'aime ce compagnon de la génération née, grandie et vieillie avec La Crise (la première crise pétrolière, la seconde, la montée du chômage, la chute de l'empire soviétique, la montée de l'islamisme, ....) et qui navigue sur la vague du moment, donnant forme au cliché, dans un contour désinvolte et souvent malicieux... J'ai du entendre les mêmes émissions scientifiques, parlant des études sur les arbres ou de la disparition des dinosaures, ou la théorie des réseaux, peut-être a-t-il vu Phénomène, comme le propose Erik, mais lui, en a fait un album. certains le perçoivent comme apocalyptique, mais en réalité le point de vue est du coté de ceux qui s'en sortent par le hasard. Comme à son habitude, la fin n'est pas donneuse de leçon. Le fantasme qui est le nœud de son histoire parlera a tout un chacun, puisqu'on s'est tous retrouvé émerveillé devant la beauté d'un vieil arbre, l'architecture de ses branches, les traces de ses blessures, la bienfaisance de son ombre, la solidité de son tronc, le chant de ses feuilles, le parfum de ses fleurs, la puissance de ses racines... L'image de l'arbre, et sa place dans beaucoup de cosmogonies, évoquera forcément une forme de puissance et de durabilité qui, si on se laisse aller à la rêverie scientifique, pourra sembler porteuses de remèdes aux douleurs environnementales de la planète... Un coup de cœur donc pour cette mise en forme pas révolutionnaire dans l'image, (environnement et personnages réalistes, bichromies pâles et successives, trait léger, bord des cases atténué et arrondi, grille irrégulière) avec un scénario et des personnages juste effleurés (comme souvent chez zep, rien d'alambiqué ou de tortueux, il va droit au but et cela peut sembler un peu court), mais une capacité à sentir l'air du temps toujours à propos.