Depuis le temps que j'attendais de lire cette Bd, je n'avais pas envie de poireauter à chaque sortie d'album, je voulais lire les 4 tomes à la suite. Manque de chance, il y aura un tome 5, c'est à la fois un tort et un bienfait pour cette série, j'y reviendrai.
Il faut bien comprendre que la Bd fait partie d'une collection qui a le parti-pris dès le début de présenter la part sombre ou sulfureuse des reines choisies, sans lisser les personnages. Ceci a bien réussi pour Aliénor, pour Isabelle de France, pour Frédégonde, un peu moins pour Constance d'Antioche. La tâche n'était peut-être pas aisée pour décrire Cléopâtre qui a été hissée au rang de mythe. Aussi, comme dans l'excellent Cléopâtre (Glénat), les auteurs abordent le personnage sous une facette inhabituelle, insolente, perfide, limite cruelle, provocatrice et nymphomane ; est-ce la vérité ? est-ce la meilleure vision ? je ne suis pas assez renseigné sur Cléopâtre pour avoir un avis tranché là-dessus, pendant longtemps, j'ai subi l'influence du film hollywoodien grandiose de 1963, et pour moi, cette femme avait les traits d'Elizabeth Taylor. Mais d'après les bribes de textes que j'ai lu par-ci par-là, je pense qu'il y a sans doute une part de vrai et pas mal de part romancée.
La relation très houleuse et mêlée de haine avec son frère-époux Ptolémée est montrée sans détours, cette part est réelle et probablement peu exagérée. Le contexte d'époque est bien décrit, on y voit en parallèle la détermination de Cléopâtre pour régner seule, et la guerre civile entre pompéiens et partisans de César, puis on passe les étapes en sacrifiant des épisodes probablement légendaires (la rencontre de Cléopâtre avec César roulée dans un tapis, son entrée triomphale dans Rome sur un char gigantesque) ; ces faits ont été magnifiés par le film hollywoodien.
Le couple Gloris ne déforme pas des faits connus mais les réinterprète à sa façon, comme les chamailleries entre Cléopâtre et Marc-Antoine, ou la mort de Vercingétorix ; d'autres sont bien conformes (la mort de Pompée, la mort de Cicéron), mais je suis un peu déçu du traitement concernant l'assassinat de César.
Comme je disais au début de cet avis, le bienfait de la série, c'est qu'elle est contée en détail, ça permet de bien comprendre l'aspect politique et les arcanes du pouvoir, les intrigues et les personnages qui ont tous un rôle important. Le tort, c'est que 4 albums, puis 5, c'est beaucoup trop, ça étire la série inutilement, on sent quelques longueurs, les auteurs prennent trop leur temps, notamment dans le tome 4 qui est le plus dense et aussi le plus érotique. Je crois que 3 albums auraient suffi, là où Cléopâtre (Glénat) a dû énormément compresser pour tout rentrer en 46 planches.
N'empêche que malgré ce défaut d'excès ou d'étirement, la lecture n'est pas lassante ni pesante, et reste très agréable, la narration se traîne un peu par endroits, mais l'atout principal de cette bande est la partie graphique qui est proprement somptueuse. Mouclier a fait de sacrés progrès depuis Sémio, mais il ne reproduit pas un dessin hyperréaliste comme celui vu sur Meridia, il est plus proche de celui de Le Gardien du feu. C'est un dessin fastueux, chatoyant, avec des décors hyper travaillés et des personnages soignés dans leur apparence et leur costume ; il y a juste quelques visages parfois un peu ratés, mais je pinaille, au regard de l'ensemble, c'est magnifique. La mise en page et la colorisation renforcent la dextérité graphique, c'est une belle Bd historique, et c'est comme ça que j'aime qu'elle soit illustrée.
Un bel album qui laisse une impression assez forte, un bon moment après l’avoir refermé. Un scénario mais en réalité plusieurs histoires qui se croisent et que Cosey mène à leur terme. Deux amis, vétérans de la guerre du Vietnam ont réussi à reconstruire leur vie tant bien que mal mais le traumatisme de la guerre est là, toujours là, et l’auteur sait nous le rappeler par des flashbacks parfaitement bien dosés. Une ancienne histoire d’amour qui semble renaître à l’occasion d’un voyage en Italie mais qui soulèvera plus de questions qu’elle n’apportera de réponses sur la relation que les deux Américains avaient eue avec la jeune femme qu’ils viennent de retrouver. Une histoire d’adoption, aussi. Et surtout, un voyage dans la région des Pouilles, avec ses paysages, ses villages et leurs maisons blanches. Un voyage initiatique qui décidera de l’avenir de chacun des deux hommes, pour le meilleur et pour le pire. J’ai vraiment aimé cet album que j’ai trouvé simple et délicat, sans lourdeur et qui suit le rythme lent des journées qui s’étirent sous le soleil. J’ai aussi beaucoup aimé le dessin, surtout les images lumineuses d’Italie. Au fil des pages, on cerne mieux les deux personnages qui prennent de l’épaisseur. Leur passé se découvre et leurs fêlures apparaissent. Une très belle comédie romantique.
J'ai vraiment adoré ce livre. Le trait est fort et le scénario très fluide. Nous suivons la vie d'un jeune homme un peu différent qui ne parle pas et s'exprime uniquement à travers le dessin ou écriture. Nous voyons le monde avec ses yeux ce qui est vraiment très bien pensé.
C'est une oeuvre à découvrir !
Je viens de découvrir ce livre ainsi que sa dessinatrice. Il s'agit d'une histoire racontée sous forme de conte sur un sujet plutôt difficile : la mort, et le deuil plus généralement. J'ai été agréablement surpris par les dessins vraiment beaux et assez atypiques dans la BD. Ils semblent au départ un peu hésitants mais deviennent de plus en plus beaux par la suite, un réel coup de coeur pour moi. Le scénario lui est plutôt jeunesse mais emmené de manière très douce, ce qui ravira les plus jeunes.
Les auteurs Greg et Hermann doublent la mise de l'excellence. Après Bernard Prince, les péripéties de Red Dust à travers le Wyoming m'a longtemps tenu en haleine. J'aimais bien le genre western même si un Ouest fantasmé permet des raccourcis au niveau de la violence et de la loi.
C'est justement ce que j'apprécie dans la série, ce passage d'un état sauvage à une volonté de bâtir un état de droit. Le passage exemplaire est quand Red abat Dobbs et se retrouve au pénitencier.
Le ranch 666 est aussi une illustration de cette Amérique qui se transforme. Une femme qui dirige une équipe "plurielle" c'est improbable mais rendu plausible grâce au talent des deux auteurs. Si les personnages du cow-boy solitaire, de l'indien, du vieux et du jeune chien fou sont des classiques, l'introduction de Toby cow-boy Noir est assez rare.
Pourtant si l'on en croit le dernier Lucky Luke qui met en scène Bass Reeves, 50 ans après Comanche, la présence de cow-boys Noirs était relativement courante. C'est donc une très bonne intuition des auteurs. Les scénarii utilisent des thèmes classiques, chemin de fer, indiens, outlaws et difficulté à faire valoir ses droits mais c'est très bien ficelé.
Evidemment comme écrit auparavant, la série vaut pour ses 9 premiers albums. J'ai une préférence pour le diptyque des frères Dobbs et pour "le doigt du diable". Les dessins sont parfaits et j'aime beaucoup l'esprit de Greg dans ses scénarii et dialogues. Pour la suite , il n'est jamais facile de reprendre le travail d'un maître.
Je découvre cette auteure suédoise avec ce petit album, et c'est une chouette découverte (je vous encourage à y jeter plus qu'un oeil).
L'album est assez vite lu (petit format, très peu de texte, et une narration un peu linéaire), mais j'ai trouvé cette lecture agréable, fluide.
C'est une sorte de transposition du cycle de la vie, qui se déroule sur un temps long mais indéterminé, dans un lieu tout aussi inconnu. Certains aspects fantastiques, d'autres plutôt SF, habillent cette histoire, et les textes et pas mal d'images ont une connotation poétique. On a parfois l'impression de suivre la rêverie d'un savant (entomologiste ou spécialiste d'un muséum d'histoire naturelle), ceci n'étant pas pour me déplaire, bien au contraire.
Le dessin est moderne, et la colorisation tout à fait à mon goût.
Bref, une petite lecture rapide mais très recommandable, qui s'adresse à un public très large et curieux.
Note réelle 3,5/5.
Au départ, j'ai eu une drôle d'impression avec le dessin. Je le trouvais immature, plein d'imperfections. Mais pas bâclé, ça non. On voyait bien qu'il s'agissait d'un premier album. Et puis assez vite, le récit a pris le pas sur le dessin, qui pourtant s'est affermi, s'est assuré au fil des pages.
Car il s'agit d'une histoire de deuil. Et même de deuilS, puisqu'après la disparition brutale (et sous ses yeux) de son grand-père, un petit garçon n'arrive pas à s'y résoudre. Sa mère, qui a dû faire face à quelque chose de comparable, lui raconte alors l'aventure qu'elle a vécu au même âge. Et nous voilà partis dans un autre monde, avec des arbres qui parlent, des spectres qui marchent et un ours qui dépose des messages cryptiques. Un monde autre, seulement esquissé par Elodie Garcia qui bénéficie pour cet album du renfort de Xavier Bétaucourt, scénariste plus aguerri qui a sans doute permis à cette histoire émouvante et peut-être en partie autobiographique d'être publiée par Jungle.
Il en résulte un premier album un peu maladroit, mais pétri de bons sentiments, et plutôt utile à mon avis pour aider les enfants qui subiraient malheureusement la perte anticipée d'un être cher. Le dessin a vite trouvé sa vitesses de croisière, et Elodie Garcia se montre également audacieuse dans la construction et les cadrages de ses cases.
Fort sympathique, à découvrir.
Je découvre avec cet album l’univers de Contes de la Pieuvre, et c’est plutôt une chouette découverte !
J’ai bien aimé le dessin, classique, dynamique. Et très bien mis en valeur par une colorisation aux petits oignons et une belle maquette de Delcourt.
Quant à l’histoire, une fois entré dedans, et acceptés les aspects fantastiques (les sortes de super pouvoirs détenus par certains personnages, dont Célestin donc, mais aussi cette mystérieuse femme morte qui assassine les enfants d’un des chefs de la Pieuvre), on est facilement happé par l’intrigue policière, et la présentation qui nous est faite du Paris populaire du dernier quart du XIXème siècle (peu d’années après la Commune).
Pas mal de clins d’œil à Tardi. Célestin habite rue Tardi, et une certaine Adèle doit servir à des clients « deux blancs, secs », dans un café. Mais certaines scènes montrant l’évolution du Paris populaire (faubourgs engloutis par l’extension de la grande ville) renvoient aussi au grand amoureux de Paris et de ses éternels révoltés. La tête de Célestin rappelle elle aussi certains personnages de Tardi.
Une époque bien dépeinte, une ambiance étrange alliant très bien fantastique (pas trop dosé) et polar social, une histoire à la narration fluide (ponctuée de chapitres plus ou moins courts introduits par d’intéressantes citations), on a là un album relativement épais, mais qui se laisse lire très agréablement.
Une lecture très recommandable. Qui m’a en tout cas donné envie de jeter un coup d’œil aux autres albums déjà publiés dans cet univers.
Oyé Oyé braves gens ! Oyé Oyé lecteurs de Bdthèque ! Roulements de tambour s’il vous plaît pour cet album et feu d’artifice ! ça déchire ! Vous ne pourrez par refermer celui-ci avant de connaitre la fin ! C’est génial ! Ca pulse ! Un mixte entre mad max et il faut tuer Ramirez. C’est déjanté ! C’est psychédélique par moment ! Que c’est bon ce road movies ! A votre santé ! Et c’est cul sec que vous devez déguster ce mezkal !
Vous voulez connaitre le pitch ? Vananka vient de se faire virer. Le même jour sa mère décède en lui laissant que des dettes. Il décide de tout quitter. Il abandonne donc sa banlieue pourrie de Chicago pour le Mexique avec comme unique bagage sa guitare. Le rêve américain, on lui a proposé de le mettre dans son cul. Il a accepté !
S’ensuit une kyrielle de rencontres plus ou moins dingues. Il va affronter les tueurs sanglants des cartels de Ciudad Juarez, une horde de motards testostéronées pro Trump, un nain agent de la DEA déguisé en clown, un chamane et une indienne Leila aussi belle que barjo. Ca envoie du lourd. Le scénario est dément. Vous serez littéralement happé par l’histoire qui part dans tous les sens. Les balles fusent. Des fusillades dans tous les sens ! C’est fou je vous dis. Le rythme est hallucinant !
Le graphisme de Jef est merveilleux. Il est au sommet de son art sur ce coup-là. Très beau travail que vous pourrez apprécier sur 184 pages ! Et que dire des couleurs acidulés. C’est parfait. C’est un plaisir pour les yeux.
C’ est sex drugs and rock n roll version sauce piquante mexicaine ! A découvrir au plus vite. Une excellente surprise que je recommande chaudement.
Suivant cet ouvrage depuis mes 10 ans (aujourd’hui 18) j’ai, je pense, pu lire The klaw de la meilleure manière possible.
Pour moi cette bande dessiné se lit sous plusieurs générations. A ses débuts on rencontre un gamin qui découvre ses pouvoirs et qui se venge de ses tortionnaires au lycée, puis par la suite il est pris sous l’aile d’un mentor, grosse bataille, des gens meurent, d’autres non, bref le début est assez puéril et gentil.
En revanche au fur et mesure de la publication des tomes on en découvre de plus en plus sur ces fameux dieux ancestraux asiatiques. L’histoire se complique à base de guerre de gang, de possession de ces fameux dieux, de nouveaux personnages et de nouvelles intrigues très intéressantes.
Ce que je pense de cet ouvrage c’est qu’il est fait pour être lu en fonction de sa parution. L'œuvre devient de plus en plus mature et compliquée au fur et à mesure des tomes. Si vous êtes un grand amateur de bd, vous allez sûrement ne pas être emballé par ses débuts, mais un petit garçon oui (ce fut mon cas). Par la suite nous grandissons, devenons plus mature, intelligent,… et nous devons faire face aux mystères et intrigues de la bd qui sont vachement plus intéressants que ceux du début, qui sont d’ailleurs plus apte à plaire à ces amateurs.
Quant au style graphique, je le qualifierai de moderne et évolutif, il se marquera de plus en plus avec les tomes.
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Cléopâtre - La Reine fatale
Depuis le temps que j'attendais de lire cette Bd, je n'avais pas envie de poireauter à chaque sortie d'album, je voulais lire les 4 tomes à la suite. Manque de chance, il y aura un tome 5, c'est à la fois un tort et un bienfait pour cette série, j'y reviendrai. Il faut bien comprendre que la Bd fait partie d'une collection qui a le parti-pris dès le début de présenter la part sombre ou sulfureuse des reines choisies, sans lisser les personnages. Ceci a bien réussi pour Aliénor, pour Isabelle de France, pour Frédégonde, un peu moins pour Constance d'Antioche. La tâche n'était peut-être pas aisée pour décrire Cléopâtre qui a été hissée au rang de mythe. Aussi, comme dans l'excellent Cléopâtre (Glénat), les auteurs abordent le personnage sous une facette inhabituelle, insolente, perfide, limite cruelle, provocatrice et nymphomane ; est-ce la vérité ? est-ce la meilleure vision ? je ne suis pas assez renseigné sur Cléopâtre pour avoir un avis tranché là-dessus, pendant longtemps, j'ai subi l'influence du film hollywoodien grandiose de 1963, et pour moi, cette femme avait les traits d'Elizabeth Taylor. Mais d'après les bribes de textes que j'ai lu par-ci par-là, je pense qu'il y a sans doute une part de vrai et pas mal de part romancée. La relation très houleuse et mêlée de haine avec son frère-époux Ptolémée est montrée sans détours, cette part est réelle et probablement peu exagérée. Le contexte d'époque est bien décrit, on y voit en parallèle la détermination de Cléopâtre pour régner seule, et la guerre civile entre pompéiens et partisans de César, puis on passe les étapes en sacrifiant des épisodes probablement légendaires (la rencontre de Cléopâtre avec César roulée dans un tapis, son entrée triomphale dans Rome sur un char gigantesque) ; ces faits ont été magnifiés par le film hollywoodien. Le couple Gloris ne déforme pas des faits connus mais les réinterprète à sa façon, comme les chamailleries entre Cléopâtre et Marc-Antoine, ou la mort de Vercingétorix ; d'autres sont bien conformes (la mort de Pompée, la mort de Cicéron), mais je suis un peu déçu du traitement concernant l'assassinat de César. Comme je disais au début de cet avis, le bienfait de la série, c'est qu'elle est contée en détail, ça permet de bien comprendre l'aspect politique et les arcanes du pouvoir, les intrigues et les personnages qui ont tous un rôle important. Le tort, c'est que 4 albums, puis 5, c'est beaucoup trop, ça étire la série inutilement, on sent quelques longueurs, les auteurs prennent trop leur temps, notamment dans le tome 4 qui est le plus dense et aussi le plus érotique. Je crois que 3 albums auraient suffi, là où Cléopâtre (Glénat) a dû énormément compresser pour tout rentrer en 46 planches. N'empêche que malgré ce défaut d'excès ou d'étirement, la lecture n'est pas lassante ni pesante, et reste très agréable, la narration se traîne un peu par endroits, mais l'atout principal de cette bande est la partie graphique qui est proprement somptueuse. Mouclier a fait de sacrés progrès depuis Sémio, mais il ne reproduit pas un dessin hyperréaliste comme celui vu sur Meridia, il est plus proche de celui de Le Gardien du feu. C'est un dessin fastueux, chatoyant, avec des décors hyper travaillés et des personnages soignés dans leur apparence et leur costume ; il y a juste quelques visages parfois un peu ratés, mais je pinaille, au regard de l'ensemble, c'est magnifique. La mise en page et la colorisation renforcent la dextérité graphique, c'est une belle Bd historique, et c'est comme ça que j'aime qu'elle soit illustrée.
Le Voyage en Italie
Un bel album qui laisse une impression assez forte, un bon moment après l’avoir refermé. Un scénario mais en réalité plusieurs histoires qui se croisent et que Cosey mène à leur terme. Deux amis, vétérans de la guerre du Vietnam ont réussi à reconstruire leur vie tant bien que mal mais le traumatisme de la guerre est là, toujours là, et l’auteur sait nous le rappeler par des flashbacks parfaitement bien dosés. Une ancienne histoire d’amour qui semble renaître à l’occasion d’un voyage en Italie mais qui soulèvera plus de questions qu’elle n’apportera de réponses sur la relation que les deux Américains avaient eue avec la jeune femme qu’ils viennent de retrouver. Une histoire d’adoption, aussi. Et surtout, un voyage dans la région des Pouilles, avec ses paysages, ses villages et leurs maisons blanches. Un voyage initiatique qui décidera de l’avenir de chacun des deux hommes, pour le meilleur et pour le pire. J’ai vraiment aimé cet album que j’ai trouvé simple et délicat, sans lourdeur et qui suit le rythme lent des journées qui s’étirent sous le soleil. J’ai aussi beaucoup aimé le dessin, surtout les images lumineuses d’Italie. Au fil des pages, on cerne mieux les deux personnages qui prennent de l’épaisseur. Leur passé se découvre et leurs fêlures apparaissent. Une très belle comédie romantique.
Le Spectateur
J'ai vraiment adoré ce livre. Le trait est fort et le scénario très fluide. Nous suivons la vie d'un jeune homme un peu différent qui ne parle pas et s'exprime uniquement à travers le dessin ou écriture. Nous voyons le monde avec ses yeux ce qui est vraiment très bien pensé. C'est une oeuvre à découvrir !
Le Silence de l'Ombre
Je viens de découvrir ce livre ainsi que sa dessinatrice. Il s'agit d'une histoire racontée sous forme de conte sur un sujet plutôt difficile : la mort, et le deuil plus généralement. J'ai été agréablement surpris par les dessins vraiment beaux et assez atypiques dans la BD. Ils semblent au départ un peu hésitants mais deviennent de plus en plus beaux par la suite, un réel coup de coeur pour moi. Le scénario lui est plutôt jeunesse mais emmené de manière très douce, ce qui ravira les plus jeunes.
Comanche
Les auteurs Greg et Hermann doublent la mise de l'excellence. Après Bernard Prince, les péripéties de Red Dust à travers le Wyoming m'a longtemps tenu en haleine. J'aimais bien le genre western même si un Ouest fantasmé permet des raccourcis au niveau de la violence et de la loi. C'est justement ce que j'apprécie dans la série, ce passage d'un état sauvage à une volonté de bâtir un état de droit. Le passage exemplaire est quand Red abat Dobbs et se retrouve au pénitencier. Le ranch 666 est aussi une illustration de cette Amérique qui se transforme. Une femme qui dirige une équipe "plurielle" c'est improbable mais rendu plausible grâce au talent des deux auteurs. Si les personnages du cow-boy solitaire, de l'indien, du vieux et du jeune chien fou sont des classiques, l'introduction de Toby cow-boy Noir est assez rare. Pourtant si l'on en croit le dernier Lucky Luke qui met en scène Bass Reeves, 50 ans après Comanche, la présence de cow-boys Noirs était relativement courante. C'est donc une très bonne intuition des auteurs. Les scénarii utilisent des thèmes classiques, chemin de fer, indiens, outlaws et difficulté à faire valoir ses droits mais c'est très bien ficelé. Evidemment comme écrit auparavant, la série vaut pour ses 9 premiers albums. J'ai une préférence pour le diptyque des frères Dobbs et pour "le doigt du diable". Les dessins sont parfaits et j'aime beaucoup l'esprit de Greg dans ses scénarii et dialogues. Pour la suite , il n'est jamais facile de reprendre le travail d'un maître.
In-Humus
Je découvre cette auteure suédoise avec ce petit album, et c'est une chouette découverte (je vous encourage à y jeter plus qu'un oeil). L'album est assez vite lu (petit format, très peu de texte, et une narration un peu linéaire), mais j'ai trouvé cette lecture agréable, fluide. C'est une sorte de transposition du cycle de la vie, qui se déroule sur un temps long mais indéterminé, dans un lieu tout aussi inconnu. Certains aspects fantastiques, d'autres plutôt SF, habillent cette histoire, et les textes et pas mal d'images ont une connotation poétique. On a parfois l'impression de suivre la rêverie d'un savant (entomologiste ou spécialiste d'un muséum d'histoire naturelle), ceci n'étant pas pour me déplaire, bien au contraire. Le dessin est moderne, et la colorisation tout à fait à mon goût. Bref, une petite lecture rapide mais très recommandable, qui s'adresse à un public très large et curieux. Note réelle 3,5/5.
Le Silence de l'Ombre
Au départ, j'ai eu une drôle d'impression avec le dessin. Je le trouvais immature, plein d'imperfections. Mais pas bâclé, ça non. On voyait bien qu'il s'agissait d'un premier album. Et puis assez vite, le récit a pris le pas sur le dessin, qui pourtant s'est affermi, s'est assuré au fil des pages. Car il s'agit d'une histoire de deuil. Et même de deuilS, puisqu'après la disparition brutale (et sous ses yeux) de son grand-père, un petit garçon n'arrive pas à s'y résoudre. Sa mère, qui a dû faire face à quelque chose de comparable, lui raconte alors l'aventure qu'elle a vécu au même âge. Et nous voilà partis dans un autre monde, avec des arbres qui parlent, des spectres qui marchent et un ours qui dépose des messages cryptiques. Un monde autre, seulement esquissé par Elodie Garcia qui bénéficie pour cet album du renfort de Xavier Bétaucourt, scénariste plus aguerri qui a sans doute permis à cette histoire émouvante et peut-être en partie autobiographique d'être publiée par Jungle. Il en résulte un premier album un peu maladroit, mais pétri de bons sentiments, et plutôt utile à mon avis pour aider les enfants qui subiraient malheureusement la perte anticipée d'un être cher. Le dessin a vite trouvé sa vitesses de croisière, et Elodie Garcia se montre également audacieuse dans la construction et les cadrages de ses cases. Fort sympathique, à découvrir.
Célestin et le coeur de Vendrezanne
Je découvre avec cet album l’univers de Contes de la Pieuvre, et c’est plutôt une chouette découverte ! J’ai bien aimé le dessin, classique, dynamique. Et très bien mis en valeur par une colorisation aux petits oignons et une belle maquette de Delcourt. Quant à l’histoire, une fois entré dedans, et acceptés les aspects fantastiques (les sortes de super pouvoirs détenus par certains personnages, dont Célestin donc, mais aussi cette mystérieuse femme morte qui assassine les enfants d’un des chefs de la Pieuvre), on est facilement happé par l’intrigue policière, et la présentation qui nous est faite du Paris populaire du dernier quart du XIXème siècle (peu d’années après la Commune). Pas mal de clins d’œil à Tardi. Célestin habite rue Tardi, et une certaine Adèle doit servir à des clients « deux blancs, secs », dans un café. Mais certaines scènes montrant l’évolution du Paris populaire (faubourgs engloutis par l’extension de la grande ville) renvoient aussi au grand amoureux de Paris et de ses éternels révoltés. La tête de Célestin rappelle elle aussi certains personnages de Tardi. Une époque bien dépeinte, une ambiance étrange alliant très bien fantastique (pas trop dosé) et polar social, une histoire à la narration fluide (ponctuée de chapitres plus ou moins courts introduits par d’intéressantes citations), on a là un album relativement épais, mais qui se laisse lire très agréablement. Une lecture très recommandable. Qui m’a en tout cas donné envie de jeter un coup d’œil aux autres albums déjà publiés dans cet univers.
Mezkal
Oyé Oyé braves gens ! Oyé Oyé lecteurs de Bdthèque ! Roulements de tambour s’il vous plaît pour cet album et feu d’artifice ! ça déchire ! Vous ne pourrez par refermer celui-ci avant de connaitre la fin ! C’est génial ! Ca pulse ! Un mixte entre mad max et il faut tuer Ramirez. C’est déjanté ! C’est psychédélique par moment ! Que c’est bon ce road movies ! A votre santé ! Et c’est cul sec que vous devez déguster ce mezkal ! Vous voulez connaitre le pitch ? Vananka vient de se faire virer. Le même jour sa mère décède en lui laissant que des dettes. Il décide de tout quitter. Il abandonne donc sa banlieue pourrie de Chicago pour le Mexique avec comme unique bagage sa guitare. Le rêve américain, on lui a proposé de le mettre dans son cul. Il a accepté ! S’ensuit une kyrielle de rencontres plus ou moins dingues. Il va affronter les tueurs sanglants des cartels de Ciudad Juarez, une horde de motards testostéronées pro Trump, un nain agent de la DEA déguisé en clown, un chamane et une indienne Leila aussi belle que barjo. Ca envoie du lourd. Le scénario est dément. Vous serez littéralement happé par l’histoire qui part dans tous les sens. Les balles fusent. Des fusillades dans tous les sens ! C’est fou je vous dis. Le rythme est hallucinant ! Le graphisme de Jef est merveilleux. Il est au sommet de son art sur ce coup-là. Très beau travail que vous pourrez apprécier sur 184 pages ! Et que dire des couleurs acidulés. C’est parfait. C’est un plaisir pour les yeux. C’ est sex drugs and rock n roll version sauce piquante mexicaine ! A découvrir au plus vite. Une excellente surprise que je recommande chaudement.
Klaw
Suivant cet ouvrage depuis mes 10 ans (aujourd’hui 18) j’ai, je pense, pu lire The klaw de la meilleure manière possible. Pour moi cette bande dessiné se lit sous plusieurs générations. A ses débuts on rencontre un gamin qui découvre ses pouvoirs et qui se venge de ses tortionnaires au lycée, puis par la suite il est pris sous l’aile d’un mentor, grosse bataille, des gens meurent, d’autres non, bref le début est assez puéril et gentil. En revanche au fur et mesure de la publication des tomes on en découvre de plus en plus sur ces fameux dieux ancestraux asiatiques. L’histoire se complique à base de guerre de gang, de possession de ces fameux dieux, de nouveaux personnages et de nouvelles intrigues très intéressantes. Ce que je pense de cet ouvrage c’est qu’il est fait pour être lu en fonction de sa parution. L'œuvre devient de plus en plus mature et compliquée au fur et à mesure des tomes. Si vous êtes un grand amateur de bd, vous allez sûrement ne pas être emballé par ses débuts, mais un petit garçon oui (ce fut mon cas). Par la suite nous grandissons, devenons plus mature, intelligent,… et nous devons faire face aux mystères et intrigues de la bd qui sont vachement plus intéressants que ceux du début, qui sont d’ailleurs plus apte à plaire à ces amateurs. Quant au style graphique, je le qualifierai de moderne et évolutif, il se marquera de plus en plus avec les tomes.