Paru six ans après Le Steak Haché de Damoclès, « L’Album de l’année », titre faussement prétentieux et surtout autodérisoire, part sur une idée simple mais astucieuse : réaliser une case par jour pendant un an, à la façon d’un journal de bord. Les cases se suivent sans ligne narrative particulière, décrivant juste la vie ordinaire d’un auteur de BD au succès (encore) confidentiel, avec ses tracas du quotidien et ses états d’âme un rien autocentrés, façon Caliméro. Et ça fonctionne extrêmement bien, parce que Fabcaro possède un vrai talent : recourir à un sens de l’humour très décalé qui lui permet de faire rire le lecteur et l’empêche de s’appesantir sur son sort.
En 2009, Fabcaro est un jeune papa de 36 ans avec une dégaine d’étudiant attardé manquant un peu d’assurance, un rien désabusé. Il nous parle en vrac de ses petites galères en tant que père ou auteur de BD, de son hypocondrie, de ses gaffes, de ses rêves bizarres, de son incompétence en matière de bricolage ou encore des sempiternels repas chez ses parents, toujours un brin inquiets pour l’avenir de leur fils. Et on aime ça parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre d’un jour à l’autre. L’auteur utilise avec brio le procédé du « running gag ». Les conversations sans intérêt qui se prolongent ont tôt fait de l’ennuyer et très souvent, il décroche. Comme dans Le Steak Haché de Damoclès, les paroles interminables de l’interlocuteur se transforment en onomatopées vaporeuses, (wouwouw…) et c’est bidonnant à souhait ! On apprécie également les petits proverbes nonsensiques inaugurant chacune des 52 pages du journal. Jugez plutôt : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi pour le rouer de coup » (c’est de l’humour, hein !) ou « Un homme averti parce que je le vaux bien ». Un livre susceptible de provoquer des décrochages de mâchoires intempestifs. Le trait à la puissance comique incontestable reste très proche de celui du « Steak haché », pour notre plus grand bonheur.
Un très bon Fabcaro assurément, un véritable antidépresseur ! Tout achat de ce livre devrait être remboursé par la Sécurité sociale !
Je me suis procuré cette bd juste sur l'avis de Tomdelapampa et je ne le regrette pas. J'ai tout aimé. TOUT.
Un album de petite taille qui se dévore d'une traite.
Un scénario foutraque où la fantasy et l'humour barré se mélangent avec bonheur.
Deux frères, Léon le guerrier et Cotus le magicien vont devoir partir en mission pour sauver le monde. Ils seront accompagnés par Pitch le chien qui ne cessera de subir quelques transformations et de la pulpeuse elfe Analiell qui les rejoindra en cours de route.
Deux héros portés sur les plaisirs de la chair et qui ne transpirent pas par leur intelligence. Par chance les méchants ne sont pas mieux lotis.
Un récit où la subtilité n'est pas de mise avec son humour décalé, ses gags visuels et ses personnages demeurés.
Une narration fluide qui rend ce grand n'importe quoi "crédible" avec sa fin explosive.
Effectivement, graphiquement cela ressemble à Mike Mignola, on reconnaît les visages anguleux mais dans un style plus caricatural. Un dessin qui colle parfaitement au récit.
J'ai pris énormément de plaisir. Que demander de plus ?
Si vous êtes déprimés ou si vous êtes adeptes d'absurdité, alors cet album est fait pour vous.
Je vais faire le difficile parce-que cette petite série a bien plus d'atouts que de défauts.
Je ne critiquerai pas le scénario, riche d'évènements et de péripéties. Je sors de cette lecture avec le sentiment d'avoir parcouru 10 tomes alors que cette histoire n'en compte que 3. L'équilibre est parfaitement réussi entre le rythme soutenu du récit et le scénario délesté de toute fioritures anecdotiques. On nous envoie facilement de "pays en pays" comme dans un Seigneur des Anneaux, et chaque région possède sa singularité, son ambiance propre. La temporalité est importante avec la notion du Mal originel, du présent et du destin. Puis la magie du scénario lie l'ensemble avec une facilité déconcertante. Le tome 3 est exemplaire: on sent la domination du Chaos de plus en plus écrasante autant que la persévérance de l'Espoir, alors que tous les voiles tombent et que les personnages vont devoir faire face à leur dualité. Ce T3 est un épilogue à part entière, vraiment génialissime. Et cerise sur le gâteau, c'est le plus réussi graphiquement.
Parce-que graphiquement, le tome 1 et 2... Franchement, j'ai trop galéré à déchiffrer. Il manque de la profondeur de champ dans beaucoup de cases, même pour les paysages parfois. Mes yeux voient des dessins aplatis, comme si le regard portait vers une scène n'ayant qu'un seul plan. Les lignes et les courbes serpentent sans que je ne réussisse à distinguer l'endroit où se situe la tête et les pieds. Les couleurs, manquant trop souvent de contraste entre elles, en viennent à mettre un terme à ma noyade. Alors je passe à la case suivante, rebuté. C'est dommageable pour moi, alors que le trait me plaît énormément : les créatures, les personnages, le décor... Tout ça m'emballe beaucoup, le tableau est très vivant et les plans donnent beaucoup de dynamisme.
Très difficile de noter, alors j'ajoute le gros coup de cœur sur ce tome 3 épique, où tout se rejoint dans une fusion dramatique grandiose.
Si on se replace dans l'époque, la notion de culte semble évidente pour le genre Fantasy, mais aussi très subjective.
Peut-être suis-je étonné de la voir si bien placé dans les Immanquables. Elle risque d'être de plus en plus clivante avec l'âge.
Mais il ne faut pas perdre les bonnes choses, retenez que c'est définitivement à lire!
Les tribulations d'une équipe amateur de lancer de marteau bretonne qui va participer aux fameux Highland Games en Ecosse.
Ce récit met en situation un coach, professeur d'arts plastiques, et ses "poulains", qui vont quitter leur Bretagne natale, certains pour la première fois, afin de tenter leur chance aux Highland Games, jeux traditionnels servant par le passé à pacifier les tensions entre clans par des épreuves aussi ludiques qu'improbables comme le lancer de troncs d'arbres, de ballots de paille, de pierres, et j'en passe.
L'essentiel du récit se concentre sur la traversée Bretagne-Ecosse, les jeux en question ne faisant qu'une vingtaine de pages sur presque 160. Mais ce n'est pas un problème, les jeux ne sont qu'un prétexte pour nous dévoiler des tranches de vie.
Chaque personnage est inspiré d'une personne réelle, et c'est un des éléments qui rend l'ensemble sympathique : l'auteur prend le temps de poser ses personnages, et nous les dévoile petit à petit au court du récit qui prend un peu la forme d'un voyage initiatique vers l'âge adulte.
C'est très touchant, car ils sont tous confrontés aux défis du quotidien, certains plus que d'autres, un mélange extrêmement réussi d'humour et de sentiments. On passe souvent d'un grand sourire à une petite larme et vice-versa.
Bref un plaisir total, j'ai rarement autant apprécié une BD, légère mais plein de bonne humeur.
Une très belle ambiance dans cet album qui nous entraine dans un voyage introspectif familial. Deux frères et leur sœur partent à la recherche de leur père qui a quitté sa maison de retraite sans explication. Ils prennent la route, ne sachant pas ce qui lui est arrivé. A la fois inquiets et agacés par l’attitude du vieil homme - qui a quand même pris soin d’emporter sa brosse à dents - ils roulent sur une autoroute américaine croisant tous les éléments que l’on connaît bien : les diners, les motels, les stations-service et les paysages désertiques écrasés de soleil. Mais le trio n’est pas au bout de ses surprises…
Au premier abord, c’est assez classique mais très vite on est emporté par le récit de Cosey qui, comme dans « Le voyage en Italie », nous confronte aux souvenirs de famille dans un superbe décor aux couleurs lumineuses. Le père va donner à ses enfants une très belle leçon de vie et de résilience. J’ai retrouvé dans cet album tout ce que j’aime chez Cosey : la lenteur du récit, les questions laissées en suspens, le temps long du voyage qui laisse aux personnages le temps de se retrouver, de redécouvrir les failles de chacun et de révéler leurs propres fêlures. Un très beau moment de lecture.
Cette bande dessinée est incroyable car elle montre l'espoir et l'humanité en toute situation , il y a plusieurs passages qui sont assez larmoyants auxquels j'ai fini par me lâcher. A faire découvrir à vos adolescent !
Je l'adore et je vais la présenter à l'oral de brevet donc je suis assez fière de cette femme qui résistait contre l'occupation allemande !!
Elle a eu une vie incroyable !!
À Lire !
Il fallait bien une motivation du type "Au nom du Père" pour s'attaquer à une période aussi tabou du côté français.
Frank Giroud réussit à nous livrer une histoire passionnante, équilibrée et pleine d'humanité au milieu des horreurs qui ont parsemé cette guerre.
Pas facile de rendre une copie non manichéenne pour cette guerre à la fois coloniale et civile, civile car nous étions dans un département français avec "des administrées qui accouchent" et coloniale car l'état de droit y était défaillant ces mêmes administrées n'ayant pas les mêmes droits que des métropolitaines.
Giroud met d'ailleurs le doigt sur la grande tromperie de cette " Opération de mantien de l'ordre" :C'est bien d'une enquête policière pour retrouver des personnes disparues dont il s'agit. Ainsi souvent l'armée française s'est vue confier un rôle de police et de justice sans en avoir ni les compétences , ni le cadre juridique, avec une obligation de résultats par le politique.
Je trouve que c'est très bien exprimé en arrière-plan du scénario et que cela explique pour partie les dérives de tortures, de représailles et de bavures commises par les officiers. On le voit dans différents épisodes où le bon vouloir de l'officier fait office de décision de justice.
Si ce côté, que je trouve important, est bien en filigrane Giroud n'insiste pas trop. En introduisant une belle histoire d'amour, au contraire il montre que le vivre-ensemble était possible. Utopiste peut-être mais réconfortant.
Giroud respecte tous les combattants dans son ouvrage. Il nous offre des caractères bien typés de l'active pro, le conscrit parfois rebelle, le harki et le djounoud mais aucune mièvrerie ni adversaire stupide ou échappatoire scénaristique. On est très loin de la vision d'un Tanguy ou d'un Buck Danny comme soldat-chevalier blanc.
Le dénouement est original et renforce l'image de précipitation dont ont souffert les actions des officiers français livrés à eux-mêmes sur le plan juridique.
Je trouve le graphisme de Lax très bon. Premier ouvrage où il transforme son trait pour le rendre plus puissant et presque caricatural. Cela le mènera à l'inoubliable Choucas que j'aime beaucoup ou Mike Cervantes que j'aime un peu moins, lol. Un petit reproche , j'ai eu du mal à distinguer Valera de Messonnier ce qui crée une ambiguité avec Takhlit.
Pour le reste c'est parfait, les uniformes, les GMC, les habits berbères sont admirablement reproduits. L'Algérie est un pays magnifique et Lax réussit très bien à rendre la magnificence des paysages de Kabylie.
J'apprécie beaucoup aussi ses couleurs à dominantes ocre-jaune pour le présent ou rouge pour le passé.
Une bien belle lecture pour un récit de guerre encore très douloureux pour notre passé historique.
Sur une station orbitale gérée exclusivement par des femmes, on cultive le Mega Phyon. L'ultime carburant pour les navettes de guerre de la fédération. Etrange substance qui semble s'adapter.
Le plus étrange est ce scénario, qui pourrait être un scénario blockbuster, et puis finalement non, trop la flemme. Ca pourrait être une saga avec de l'hérotisme (oui avec H car il y a aussi de l’héroïsme), non plus. Ça sera du plaisir. Quelques divagations fumeuses, et une façon de retomber sur ses pattes.
Bref du Frezzato !
Oui, vous l'avez remarqué, le début de mon avis reprend le descriptif de la bd. Fainéantise ? je ne crois pas.
J'y ajouterai, pour preuve, ceci :
Deux filles dont on aimerait bien tomber amoureux. Beaucoup de trouvailles.
Un intermède avec deux dieux qui parviennent à donner une explication à ce bouquet imaginatif et graphique.
Beaucoup de plaisir à la lecture pour ma part.
Ha si...
...un dernier mot
Je n'ai pas hésité une seconde à investir 2 euros cinquante sur cette bd, car sur la couverture il est mentionné ceci :
"too much fantasy on MOTHERFLOWER. Petite histoire sur la recherche du bonheur interrompue par un cas de force majeur". Et en y prêtant mieux attention, dans un second temps, tout au dessus du titre, on distingue en rouge discret sur fond noir : "un autre livre incompréhensible mais très bien dessiné de"
Ca m'a bien fait marrer, et c'était gagné.
Prix Angoulême 2022 pour la Jeunesse 8/12, je me suis lancé dans cette série sans savoir où je mettais les yeux. Je ne connaissais ni Amélie Fléchais ni Jonathan Garnier.
La rencontre a d'ailleurs failli tourner court car le premier tome m'a laissé un goût mitigé, peut-être après une lecture trop rapide.
Car "m'enfin" !, des filles qui veulent singer les garçons dans ce qu'ils ont de pire à mes yeux, la volonté de faire la guerre en étant des guerrières, ne m'engageais pas trop.
Le tome 1 étant là pour planter les personnages avec leurs entrainements aux armes et leurs taquineries d'enfants, j'étais un peu déçu.
Et puis ma Choupette de 8 ans a avalé les tomes comme des barres de chocolat oubliant même de regarder ses mangas avec son frère.
J'ai donc tout repris et comme le souligne Ro, cela démarre vraiment à la fin du tome 1 avec l'apparition de la Malbête. Mais alors plus rien n'existe dans ma bulle jusqu'à la fin du tome 4.
Je trouve les tomes 2, 3 et 4 magnifiques, originaux dans les dessins, les trouvailles scénaristiques, poétiques, ses références, son actualité et les thèmes fondamentaux qui sont traités. D'ailleurs le paisible tome 1 prend une autre saveur au milieu des tourments des autres tomes.
Les auteurs m'avaient bien eu, leurs magnifiques bergères n'avaient aucunement la volonté de se couvrir de gloire sur un champ de bataille.
C'est même tout le contraire, elles se couvriront de gloire à réparer la stupidité des garçons.
Dans le scénario j'y retrouve de l'Iliade, du Camus avec "La Peste", du Tolkien, du Bilal (Coup de Sang) avec une fin qui est presque mystique et au combien belle.
Et pourtant les passages tristes sont légion. Le Mal et la Mort sont très présents d'autant plus que l'on se rapproche d'un dénouement extrêmement émotionnel. Cette série est une véritable montagne russe émotionnelle pour qui est capturé par l'histoire.
Voilà une fable poétique et écologique destinée aux enfants mais pas que.
J'aime aussi le côté universel que donne Amélie Fléchais à travers ses dessins. Nous partons d'un très beau village que je lis comme celte avec ses couleurs dominantes vertes et rousses, ses marais et ses sorciers.
Puis nous avançons à travers un Caucase ou un Himalaya avec ses personnages en blouses de Moujik pour finir dans une capitale typée Samarkand.
Oui la folie des hommes, que ce soit pour la guerre ou le chaos écologique peut prendre naissance dans un coin reculé, cela nous concerne tous.
Le dessin est au niveau et la couleur supérieure encore. Ces petites bouilles rondes avec tant de malice et d'expressivité dans les regards sont à craquer.
Mais ce que j'aime surtout c'est le bestiaire de madame Fléchais. Sa Malbête est une création géniale. Ses Gastons sont à pouffer de rire et ses béliers sont des personnages à part entière, bien attachants.
On a droit à une mise en page moderne avec des doubles pages magnifiques pour les paysages.
Bon j'en oublie probablement et je ne veux pas tout dévoiler.
Pour finir, je vous embête avec une anecdote. Associatif, j'ai accompagné dans sa solitude une vieille personne de 95 ans Marie-Anne aujourd'hui décédée. Née en Bretagne en 1915 son papa était mort dans une campagne de l'Oise. Elle ne l'a jamais connu.
Marie-Anne "Vous aviez le droit, d'avoir un père !".
Mon petit avis est pour vous, Marie-Anne.
Cette série est globalement excellente mais je trouve qu'il y a un gros ventre mou entre le troisième et le sixième tome. Au début j'avais du mal à m'arrêter mais par la suite, il y a des moments où j'ai dû me forcer pour continuer parce que c'était chiant. Ça avance très lentement, parfois dans un tome de 60 pages, il ne va y avoir que 5-6 pages qui font vraiment avancer l'histoire...
Mais au final l'histoire se tient très bien, les personnages sont très attachants, juste que ça aurait été mieux en 5 tomes à mon avis.
L'ambiance est tout de même extrêmement noire, ce qui n'est pas forcément évident à la lecture du premier tome plutôt léger, plein de magie et d'émerveillement.
C'est noir mais très cohérent, certains trucs font écho à la crise du COVID et à la guerre en Ukraine alors que la série s'est finie en 2019, donc il y a petit un côté visionnaire de la part de Loisel. Même si bien sûr, la situation de notre monde n'est pas tombée aussi bas que celle de série (en tout cas pas encore).
Côté dessin, j'ai trouvé ça excellent très coloré, un style assez léger qui tranche avec l'histoire très sombre (et la fait mieux passer).
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L'Album de l'année
Paru six ans après Le Steak Haché de Damoclès, « L’Album de l’année », titre faussement prétentieux et surtout autodérisoire, part sur une idée simple mais astucieuse : réaliser une case par jour pendant un an, à la façon d’un journal de bord. Les cases se suivent sans ligne narrative particulière, décrivant juste la vie ordinaire d’un auteur de BD au succès (encore) confidentiel, avec ses tracas du quotidien et ses états d’âme un rien autocentrés, façon Caliméro. Et ça fonctionne extrêmement bien, parce que Fabcaro possède un vrai talent : recourir à un sens de l’humour très décalé qui lui permet de faire rire le lecteur et l’empêche de s’appesantir sur son sort. En 2009, Fabcaro est un jeune papa de 36 ans avec une dégaine d’étudiant attardé manquant un peu d’assurance, un rien désabusé. Il nous parle en vrac de ses petites galères en tant que père ou auteur de BD, de son hypocondrie, de ses gaffes, de ses rêves bizarres, de son incompétence en matière de bricolage ou encore des sempiternels repas chez ses parents, toujours un brin inquiets pour l’avenir de leur fils. Et on aime ça parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre d’un jour à l’autre. L’auteur utilise avec brio le procédé du « running gag ». Les conversations sans intérêt qui se prolongent ont tôt fait de l’ennuyer et très souvent, il décroche. Comme dans Le Steak Haché de Damoclès, les paroles interminables de l’interlocuteur se transforment en onomatopées vaporeuses, (wouwouw…) et c’est bidonnant à souhait ! On apprécie également les petits proverbes nonsensiques inaugurant chacune des 52 pages du journal. Jugez plutôt : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi pour le rouer de coup » (c’est de l’humour, hein !) ou « Un homme averti parce que je le vaux bien ». Un livre susceptible de provoquer des décrochages de mâchoires intempestifs. Le trait à la puissance comique incontestable reste très proche de celui du « Steak haché », pour notre plus grand bonheur. Un très bon Fabcaro assurément, un véritable antidépresseur ! Tout achat de ce livre devrait être remboursé par la Sécurité sociale !
Cotus et Léon
Je me suis procuré cette bd juste sur l'avis de Tomdelapampa et je ne le regrette pas. J'ai tout aimé. TOUT. Un album de petite taille qui se dévore d'une traite. Un scénario foutraque où la fantasy et l'humour barré se mélangent avec bonheur. Deux frères, Léon le guerrier et Cotus le magicien vont devoir partir en mission pour sauver le monde. Ils seront accompagnés par Pitch le chien qui ne cessera de subir quelques transformations et de la pulpeuse elfe Analiell qui les rejoindra en cours de route. Deux héros portés sur les plaisirs de la chair et qui ne transpirent pas par leur intelligence. Par chance les méchants ne sont pas mieux lotis. Un récit où la subtilité n'est pas de mise avec son humour décalé, ses gags visuels et ses personnages demeurés. Une narration fluide qui rend ce grand n'importe quoi "crédible" avec sa fin explosive. Effectivement, graphiquement cela ressemble à Mike Mignola, on reconnaît les visages anguleux mais dans un style plus caricatural. Un dessin qui colle parfaitement au récit. J'ai pris énormément de plaisir. Que demander de plus ? Si vous êtes déprimés ou si vous êtes adeptes d'absurdité, alors cet album est fait pour vous.
Légendes des Contrées Oubliées
Je vais faire le difficile parce-que cette petite série a bien plus d'atouts que de défauts. Je ne critiquerai pas le scénario, riche d'évènements et de péripéties. Je sors de cette lecture avec le sentiment d'avoir parcouru 10 tomes alors que cette histoire n'en compte que 3. L'équilibre est parfaitement réussi entre le rythme soutenu du récit et le scénario délesté de toute fioritures anecdotiques. On nous envoie facilement de "pays en pays" comme dans un Seigneur des Anneaux, et chaque région possède sa singularité, son ambiance propre. La temporalité est importante avec la notion du Mal originel, du présent et du destin. Puis la magie du scénario lie l'ensemble avec une facilité déconcertante. Le tome 3 est exemplaire: on sent la domination du Chaos de plus en plus écrasante autant que la persévérance de l'Espoir, alors que tous les voiles tombent et que les personnages vont devoir faire face à leur dualité. Ce T3 est un épilogue à part entière, vraiment génialissime. Et cerise sur le gâteau, c'est le plus réussi graphiquement. Parce-que graphiquement, le tome 1 et 2... Franchement, j'ai trop galéré à déchiffrer. Il manque de la profondeur de champ dans beaucoup de cases, même pour les paysages parfois. Mes yeux voient des dessins aplatis, comme si le regard portait vers une scène n'ayant qu'un seul plan. Les lignes et les courbes serpentent sans que je ne réussisse à distinguer l'endroit où se situe la tête et les pieds. Les couleurs, manquant trop souvent de contraste entre elles, en viennent à mettre un terme à ma noyade. Alors je passe à la case suivante, rebuté. C'est dommageable pour moi, alors que le trait me plaît énormément : les créatures, les personnages, le décor... Tout ça m'emballe beaucoup, le tableau est très vivant et les plans donnent beaucoup de dynamisme. Très difficile de noter, alors j'ajoute le gros coup de cœur sur ce tome 3 épique, où tout se rejoint dans une fusion dramatique grandiose. Si on se replace dans l'époque, la notion de culte semble évidente pour le genre Fantasy, mais aussi très subjective. Peut-être suis-je étonné de la voir si bien placé dans les Immanquables. Elle risque d'être de plus en plus clivante avec l'âge. Mais il ne faut pas perdre les bonnes choses, retenez que c'est définitivement à lire!
Highland Games
Les tribulations d'une équipe amateur de lancer de marteau bretonne qui va participer aux fameux Highland Games en Ecosse. Ce récit met en situation un coach, professeur d'arts plastiques, et ses "poulains", qui vont quitter leur Bretagne natale, certains pour la première fois, afin de tenter leur chance aux Highland Games, jeux traditionnels servant par le passé à pacifier les tensions entre clans par des épreuves aussi ludiques qu'improbables comme le lancer de troncs d'arbres, de ballots de paille, de pierres, et j'en passe. L'essentiel du récit se concentre sur la traversée Bretagne-Ecosse, les jeux en question ne faisant qu'une vingtaine de pages sur presque 160. Mais ce n'est pas un problème, les jeux ne sont qu'un prétexte pour nous dévoiler des tranches de vie. Chaque personnage est inspiré d'une personne réelle, et c'est un des éléments qui rend l'ensemble sympathique : l'auteur prend le temps de poser ses personnages, et nous les dévoile petit à petit au court du récit qui prend un peu la forme d'un voyage initiatique vers l'âge adulte. C'est très touchant, car ils sont tous confrontés aux défis du quotidien, certains plus que d'autres, un mélange extrêmement réussi d'humour et de sentiments. On passe souvent d'un grand sourire à une petite larme et vice-versa. Bref un plaisir total, j'ai rarement autant apprécié une BD, légère mais plein de bonne humeur.
Orchidea
Une très belle ambiance dans cet album qui nous entraine dans un voyage introspectif familial. Deux frères et leur sœur partent à la recherche de leur père qui a quitté sa maison de retraite sans explication. Ils prennent la route, ne sachant pas ce qui lui est arrivé. A la fois inquiets et agacés par l’attitude du vieil homme - qui a quand même pris soin d’emporter sa brosse à dents - ils roulent sur une autoroute américaine croisant tous les éléments que l’on connaît bien : les diners, les motels, les stations-service et les paysages désertiques écrasés de soleil. Mais le trio n’est pas au bout de ses surprises… Au premier abord, c’est assez classique mais très vite on est emporté par le récit de Cosey qui, comme dans « Le voyage en Italie », nous confronte aux souvenirs de famille dans un superbe décor aux couleurs lumineuses. Le père va donner à ses enfants une très belle leçon de vie et de résilience. J’ai retrouvé dans cet album tout ce que j’aime chez Cosey : la lenteur du récit, les questions laissées en suspens, le temps long du voyage qui laisse aux personnages le temps de se retrouver, de redécouvrir les failles de chacun et de révéler leurs propres fêlures. Un très beau moment de lecture.
Irena
Cette bande dessinée est incroyable car elle montre l'espoir et l'humanité en toute situation , il y a plusieurs passages qui sont assez larmoyants auxquels j'ai fini par me lâcher. A faire découvrir à vos adolescent ! Je l'adore et je vais la présenter à l'oral de brevet donc je suis assez fière de cette femme qui résistait contre l'occupation allemande !! Elle a eu une vie incroyable !! À Lire !
Azrayen'
Il fallait bien une motivation du type "Au nom du Père" pour s'attaquer à une période aussi tabou du côté français. Frank Giroud réussit à nous livrer une histoire passionnante, équilibrée et pleine d'humanité au milieu des horreurs qui ont parsemé cette guerre. Pas facile de rendre une copie non manichéenne pour cette guerre à la fois coloniale et civile, civile car nous étions dans un département français avec "des administrées qui accouchent" et coloniale car l'état de droit y était défaillant ces mêmes administrées n'ayant pas les mêmes droits que des métropolitaines. Giroud met d'ailleurs le doigt sur la grande tromperie de cette " Opération de mantien de l'ordre" :C'est bien d'une enquête policière pour retrouver des personnes disparues dont il s'agit. Ainsi souvent l'armée française s'est vue confier un rôle de police et de justice sans en avoir ni les compétences , ni le cadre juridique, avec une obligation de résultats par le politique. Je trouve que c'est très bien exprimé en arrière-plan du scénario et que cela explique pour partie les dérives de tortures, de représailles et de bavures commises par les officiers. On le voit dans différents épisodes où le bon vouloir de l'officier fait office de décision de justice. Si ce côté, que je trouve important, est bien en filigrane Giroud n'insiste pas trop. En introduisant une belle histoire d'amour, au contraire il montre que le vivre-ensemble était possible. Utopiste peut-être mais réconfortant. Giroud respecte tous les combattants dans son ouvrage. Il nous offre des caractères bien typés de l'active pro, le conscrit parfois rebelle, le harki et le djounoud mais aucune mièvrerie ni adversaire stupide ou échappatoire scénaristique. On est très loin de la vision d'un Tanguy ou d'un Buck Danny comme soldat-chevalier blanc. Le dénouement est original et renforce l'image de précipitation dont ont souffert les actions des officiers français livrés à eux-mêmes sur le plan juridique. Je trouve le graphisme de Lax très bon. Premier ouvrage où il transforme son trait pour le rendre plus puissant et presque caricatural. Cela le mènera à l'inoubliable Choucas que j'aime beaucoup ou Mike Cervantes que j'aime un peu moins, lol. Un petit reproche , j'ai eu du mal à distinguer Valera de Messonnier ce qui crée une ambiguité avec Takhlit. Pour le reste c'est parfait, les uniformes, les GMC, les habits berbères sont admirablement reproduits. L'Algérie est un pays magnifique et Lax réussit très bien à rendre la magnificence des paysages de Kabylie. J'apprécie beaucoup aussi ses couleurs à dominantes ocre-jaune pour le présent ou rouge pour le passé. Une bien belle lecture pour un récit de guerre encore très douloureux pour notre passé historique.
Motherflower (too much fantasy on)
Sur une station orbitale gérée exclusivement par des femmes, on cultive le Mega Phyon. L'ultime carburant pour les navettes de guerre de la fédération. Etrange substance qui semble s'adapter. Le plus étrange est ce scénario, qui pourrait être un scénario blockbuster, et puis finalement non, trop la flemme. Ca pourrait être une saga avec de l'hérotisme (oui avec H car il y a aussi de l’héroïsme), non plus. Ça sera du plaisir. Quelques divagations fumeuses, et une façon de retomber sur ses pattes. Bref du Frezzato ! Oui, vous l'avez remarqué, le début de mon avis reprend le descriptif de la bd. Fainéantise ? je ne crois pas. J'y ajouterai, pour preuve, ceci : Deux filles dont on aimerait bien tomber amoureux. Beaucoup de trouvailles. Un intermède avec deux dieux qui parviennent à donner une explication à ce bouquet imaginatif et graphique. Beaucoup de plaisir à la lecture pour ma part. Ha si... ...un dernier mot Je n'ai pas hésité une seconde à investir 2 euros cinquante sur cette bd, car sur la couverture il est mentionné ceci : "too much fantasy on MOTHERFLOWER. Petite histoire sur la recherche du bonheur interrompue par un cas de force majeur". Et en y prêtant mieux attention, dans un second temps, tout au dessus du titre, on distingue en rouge discret sur fond noir : "un autre livre incompréhensible mais très bien dessiné de" Ca m'a bien fait marrer, et c'était gagné.
Bergères Guerrières
Prix Angoulême 2022 pour la Jeunesse 8/12, je me suis lancé dans cette série sans savoir où je mettais les yeux. Je ne connaissais ni Amélie Fléchais ni Jonathan Garnier. La rencontre a d'ailleurs failli tourner court car le premier tome m'a laissé un goût mitigé, peut-être après une lecture trop rapide. Car "m'enfin" !, des filles qui veulent singer les garçons dans ce qu'ils ont de pire à mes yeux, la volonté de faire la guerre en étant des guerrières, ne m'engageais pas trop. Le tome 1 étant là pour planter les personnages avec leurs entrainements aux armes et leurs taquineries d'enfants, j'étais un peu déçu. Et puis ma Choupette de 8 ans a avalé les tomes comme des barres de chocolat oubliant même de regarder ses mangas avec son frère. J'ai donc tout repris et comme le souligne Ro, cela démarre vraiment à la fin du tome 1 avec l'apparition de la Malbête. Mais alors plus rien n'existe dans ma bulle jusqu'à la fin du tome 4. Je trouve les tomes 2, 3 et 4 magnifiques, originaux dans les dessins, les trouvailles scénaristiques, poétiques, ses références, son actualité et les thèmes fondamentaux qui sont traités. D'ailleurs le paisible tome 1 prend une autre saveur au milieu des tourments des autres tomes. Les auteurs m'avaient bien eu, leurs magnifiques bergères n'avaient aucunement la volonté de se couvrir de gloire sur un champ de bataille. C'est même tout le contraire, elles se couvriront de gloire à réparer la stupidité des garçons. Dans le scénario j'y retrouve de l'Iliade, du Camus avec "La Peste", du Tolkien, du Bilal (Coup de Sang) avec une fin qui est presque mystique et au combien belle. Et pourtant les passages tristes sont légion. Le Mal et la Mort sont très présents d'autant plus que l'on se rapproche d'un dénouement extrêmement émotionnel. Cette série est une véritable montagne russe émotionnelle pour qui est capturé par l'histoire. Voilà une fable poétique et écologique destinée aux enfants mais pas que. J'aime aussi le côté universel que donne Amélie Fléchais à travers ses dessins. Nous partons d'un très beau village que je lis comme celte avec ses couleurs dominantes vertes et rousses, ses marais et ses sorciers. Puis nous avançons à travers un Caucase ou un Himalaya avec ses personnages en blouses de Moujik pour finir dans une capitale typée Samarkand. Oui la folie des hommes, que ce soit pour la guerre ou le chaos écologique peut prendre naissance dans un coin reculé, cela nous concerne tous. Le dessin est au niveau et la couleur supérieure encore. Ces petites bouilles rondes avec tant de malice et d'expressivité dans les regards sont à craquer. Mais ce que j'aime surtout c'est le bestiaire de madame Fléchais. Sa Malbête est une création géniale. Ses Gastons sont à pouffer de rire et ses béliers sont des personnages à part entière, bien attachants. On a droit à une mise en page moderne avec des doubles pages magnifiques pour les paysages. Bon j'en oublie probablement et je ne veux pas tout dévoiler. Pour finir, je vous embête avec une anecdote. Associatif, j'ai accompagné dans sa solitude une vieille personne de 95 ans Marie-Anne aujourd'hui décédée. Née en Bretagne en 1915 son papa était mort dans une campagne de l'Oise. Elle ne l'a jamais connu. Marie-Anne "Vous aviez le droit, d'avoir un père !". Mon petit avis est pour vous, Marie-Anne.
Le Grand Mort
Cette série est globalement excellente mais je trouve qu'il y a un gros ventre mou entre le troisième et le sixième tome. Au début j'avais du mal à m'arrêter mais par la suite, il y a des moments où j'ai dû me forcer pour continuer parce que c'était chiant. Ça avance très lentement, parfois dans un tome de 60 pages, il ne va y avoir que 5-6 pages qui font vraiment avancer l'histoire... Mais au final l'histoire se tient très bien, les personnages sont très attachants, juste que ça aurait été mieux en 5 tomes à mon avis. L'ambiance est tout de même extrêmement noire, ce qui n'est pas forcément évident à la lecture du premier tome plutôt léger, plein de magie et d'émerveillement. C'est noir mais très cohérent, certains trucs font écho à la crise du COVID et à la guerre en Ukraine alors que la série s'est finie en 2019, donc il y a petit un côté visionnaire de la part de Loisel. Même si bien sûr, la situation de notre monde n'est pas tombée aussi bas que celle de série (en tout cas pas encore). Côté dessin, j'ai trouvé ça excellent très coloré, un style assez léger qui tranche avec l'histoire très sombre (et la fait mieux passer).