Les derniers avis (9593 avis)

Couverture de la série Le Moine fou
Le Moine fou

Cet avis est pour réfuter les arguments des personnes mettant une note inférieure à 3 pour ce travail de très haute volée. Le moine fou est un roman graphique. Ce n'est pas du dessin, mais plutôt de la peinture (genre aquarelle, ce qui explique les couleurs diluées). On peut mesurer le travail effectué ! Pour les personnes nées après les années 80, juger Le moine fou vieillot, c'est comme le comparer à un manga (par exemple, Nori Taka le roi de la baston), c'est comme regarder un film d'Indiana Jones, sans aucun trucage numérique et le comparer avec...Uncharted, qui a des effets spectaculaires, mais une histoire ultra prévisible et des personnages creux (sans parler des films à milliards de Marvel, ou seuls les effets comptent, c'est à pleurer). Essayons d'élever le débat. Je trouve que c'est une oeuvre difficile, parce qu'elle fourmille de détails qui parlent à ceux qui connaissent un peu la culture chinoise (pour ceux que ça intéresse, lisez les romans du Juge Ti, qui sont une manière accessible, intrigante et rapide d'apprendre quelques détails sur la vie médiévale en Chine). Ici, le rendu de l'ambiance médiévale chinoise est excellent, les paysages magnifiques, surtout quand on a eu la chance de visiter la Chine. Les coutumes et détails sont très bien rendus. Les arts martiaux aussi, même si ON N'EST PAS DANS UN MANGA des années 2010-2020, avec des effets de mouvement qui illustrent la force ou la violence des coups. Les poses paraissent figées, mais quand on connait les arts martiaux, on sait ce qu'elles signifient et quels sont leurs effets ! Certains ne s'identifient pas à une fille, fusse-t-telle garçon manqué ? Et bien justement, c'est un ouvrage féministe bien avant l'heure et cela me convient très bien. Les femmes y sont victimes ou conquérantes, les hommes souvent laids ou quelconques, sauf ceux dont la personnalité sort de l'ordinaire. Je comprends qu'une certaine confusion soit perçue, car j'ai parfois l'impression d'avoir raté une case. Mais cela laisse plus de place à la réflexion et l'imagination. Cette oeuvre fait partie de mes préférées et m'y plonger est vraiment dépaysant pour moi. Un voyage dans le temps, l'espace, et la culture d'une autre civilisation. Ah oui, car la spiritualité est très bien évoquée, ici. Je vous l'ai dit, c'est exigeant. Notez que j'ai des goûts très éclectiques en matière d'art, pas seulement de BD. A ceux qui mettent moins de 3, j'aimerais bien savoir ce qui mérite vos 4 ou 5 étoiles ! Bien sûr, la note est subjective, mais moins de 3, c'est insultant !

07/05/2022 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nains
Nains

Yes Yes Yes !!! Je suis à genoux devant l'œuvre monumentale de Jarry, ce gars doit avoir une porte spatio-temporelle dans sa chambre pour retranscrire ce qui se passe dans le vrai monde de la fantasy. Les nains, ces cognards dont on se fout du gueuloir dans les livres de trousse-pets, s'exposent ici pleinement comme ce qu'ils ont été, sont et seront toujours: des durs, des cupides, des passionnés, des bourrus... L'idée géniale est de présenter tout leur panel au travers des 5 ordres qui fondent leur peuple, à la fois soudé et furieusement axé sur le "chacun pour sa gueule". Et comment chacun de ces ordres a ses propres coutumes, héros et modes de fonctionnement, chaque lecteur y trouvera des affinités ou réticences. Approchez approchez, mesdames et messieurs, on a de tout: - la forge et ses légendes (le cycle culte de Redwin est devenu pour moi une référence, achat de la trilogie obligatoire!) - le talion et ses marionnettistes contrôlant le pouvoir (le moins emballant pour moi mais qui expliquent bien des choses sur le monde dans sa globalité) - le temple et ses apports mystiques (quelle galerie, on ne s'attend pas à autant de diversité) - les errants et ses servitudes (mais aussi ses libertés de choix même s'ils auront toujours un coût monstrueux) - le bouclier et ses batailles incessantes (se faire botter le cul durant tant d'années pour casser des peaux vertes durant des siècles, ça impose le respect) On s'attache aux personnes, les quitte à regret puis les retrouve avec plaisir lors d'un tome suivant, merveilleuses croisées de destins. Beaucoup d'histoires font du fan service pour d'autres types de lecteurs qui auront une bonne raison pour se lancer dans cette série (on y revit des scènes du film 300 ou Braveheart, de la série Game of Thrones, de livres fantastiques divers et variés. Seul reproche, les histoires devant se terminer en 1 tome, il y a parfois de grosses ellipses et la fin un peu vite expédiée. Mais ce n'est que pour mieux se réjouir de découvrir d'autres personnages le tomes suivants. Ah et autre chose, faut un peu vous calmer avec ces effets de colorisation numérique, on n'est pas aux States les gars. Reste maintenant à découvrir les autres séries de cet univers : Elfes, Orcs et gobelins, Mages... que de belles choses à découvrir, merci à vous !

06/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Deux mains dans la terre
Deux mains dans la terre

J’avais quelques réticences à m’engager dans cette lecture, la couverture ne fait pas spécialement envie et je craignais de tomber sur une œuvre trop technique, trop engagée, trop sentencieuse ou que sais-je. Mais dès la lecture entamée, je n’ai plus su l’abandonner ! Deux mains dans la terre dresse un tableau à la fois alarmant et enthousiasmant de l’agriculture et de l’élevage du XXIème siècle en Europe (et plus précisément en France dans le cas présent). Alarmant car il met en lumière toutes les limites de l’agriculture ‘moderne’ née après la deuxième guerre mondiale, poussée par une nécessité de productivité à l’époque mais coupable d’épuisement des sols, d’érosion, de réchauffement climatique, de surendettement chez les producteurs, de disparition de la biodiversité, de spéculation financière et d’autres joyeusetés. Enthousiasmant car il présente une alternative cohérente, basée sur des savoirs ancestraux, des études récentes, des expériences actuelles. Rien de farfelu, rien d’utopique mais un futur possible, plus respectueux des hommes et de la nature, qui est une réalité dans bien des parties du monde et qui nous poussera à repenser notre mode de production et de consommation, qui poussera les politiques à repenser la destination des financements publics (oui, bon, là on sait bien que ça va grincer des dents et freiner des pieds et que les lobbies vont mettre plus d’un bâton dans les roues mais si la population montre la voie, les politiques devront suivre) mais qui me convainc . Je savais que tous ces aspects allaient être abordés, je ne m’attendais pas à ce que ce pan très instructif de cette bande dessinée soit aussi agréable à lire, fluide, léger. C’est tout simplement parfait ! L’album prend par ailleurs la forme d’une fiction en nous présentant un producteur qui commence à se poser des questions sur sa manière de produire et va progressivement se documenter, assister à des conférences, écouter les journaux parlés, aller vers d’autres producteurs utilisant d’autres techniques. Et tout ce processus d’apprentissage nous permet d’apprendre en même temps que lui. Le dessin de Laëtita Rouxel s’efface au profit du message, mais il n’est pas désagréable pour la cause. Il ne constitue en tous les cas en aucune manière un frein à la lecture. Le dossier en fin d’album permet de revenir sur différents points abordés dans celui-ci pour les repréciser. Par-dessus tout, j’ai apprécié le positivisme qui se dégage de ce récit. J’ai également beaucoup aimé le volet consacré à l’élevage dans le dossier de fin d’album. Une vision plus nuancée et plus proche de mes propres convictions que celle que l’on peut encore trop souvent lire par ailleurs. Mais je pourrais encore parler de plusieurs volets qui m’ont énormément plu car… tout m’a plu. Si le sujet vous intéresse, c’est vraiment un très bon exercice de vulgarisation, didactique et très complet (et enthousiasmant).

06/05/2022 (modifier)
Par FredGri
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Raptor
Raptor

J'avais lu, l’Été dernier la version originale chez Dark Horse, mais je m'étais tout de même rendu compte de la complexité de la langue McKeanienne, très littéraire, avec un vocabulaire recherché et précis. Du coup, en voyant la version française chez Futuropolis, je dois bien avouer que j'étais content. Et j'ai donc redécouvert ce très bel album, profond, pas toujours très facile à aborder, mais qui mérite d'une part qu'on aille jusqu'au bout, et d'autre part qui sait se dévoiler progressivement, tout en gardant ses petits secrets ! Une nouvelle fois McKean montre qu'il reste un artiste exceptionnel (j'adore les séquences déclinées avec le faucon et sa proie, que c'est beau !), mais qu'en plus il sait aussi écrire avec une vraie sensibilité des récits qui nous interrogent, nous surprennent et nous émeuvent ! Un voyage qui ne laisse pas indifférent, à lire et à relire ! Très conseillé !

05/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Raptor
Raptor

J’ai beaucoup d’affection pour le travail de Dave Mckean… ses albums complets, ceux qu’il scénarise. Je me sens cependant bien seul en ces lieux. Mon avis reste souvent le seul, à part peut-être Cages qui avait attiré plus d’attention, mais pas toujours positive (pas récemment en tout cas – le dernier avis très positif datant de 2006). Je me suis jeté sur son nouvel album avec trépidation, et je l’ai lu deux fois d’affilée… pour en comprendre les méandres, mais aussi pour en apprécier la richesse. On retrouve le même genre de narration à deux niveaux : une histoire au premier degré, qui nous montre deux personnages tentant de communiquer entre deux mondes, par les écrits. Mais l’auteur l’enrichit (ou l’alourdit, selon le point de vue) de réflexions sur l’art, la vie, la nature… les textes sont poétiques voire abscons, et je suis toujours resté à la limite de la compréhension, persuadé de savoir où l’auteur voulait en venir, mais avec une impression que certains éléments m’échappaient… en tout cas ma lecture fut stimulante et agréable, pas de doute. Et j’aime toujours son travail graphique, ce mélange de plusieurs techniques, cette poésie ambiante. Un excellent album pour les fans de l’auteur… mais où sont-ils, exactement ?

04/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Kaboul Disco
Kaboul Disco

J'ai dévoré les deux livres de nicolas Wild. Quelques mois après la chute de Kaboul, une sorte de Saïgon 2, Kaboul Disco 1&2 se lisent avec un autre oeil. Beaucoup des événements dramatiques , d'un point de vue ONUsien, étaient annoncés dans l'ouvrage de Wild!! Quel échec malgré les milliards de dollars déversés en un temps record sur Kaboul. J'ai beaucoup aimé cet ouvrage parce qu'il est un témoignage vécu de premier ordre. Même reclus dans un quartier d'ONG occidentales, c'est beaucoup de courage que de rester à la merci d'un fanatique à la colère exacerbée par des évènements qui ont eu lieu de l'autre côté du monde ( Guantanamo , Copenhague). Nicolas Wild décrit avec beaucoup d'humour sa vie quotidienne à la fois dans son travail et dans ses rapports sociaux. Il ne tient pas toujours le beau rôle. Cette autodérision ajoute à l'humour et à l'autenticité du récit. Cet humour est la grande force de l'histoire mais quelque fois une faiblesse car comment rendre avec humour les massacres des années communistes ou le différentiel de niveau de vie entre les expat ,même associatifs, bourrés de dollars en comparaison des familles afghanes devant élever leurs enfants handicapés avec quelques afghanis qui n'arrivent pas. Le second livre qui nous montre la lutte contre l'opuim le décrit de façon très explicite. Vouloir imposer une morale, même légitime par la force, a toujours conduit à des catastrophes. Le 15 août 2021 nicolas Wild devait penser au très beau et prémonitoire passage de son tome 1 écrit en 2007 quand le poète récitait " Dormez mes enfants car bientôt un roi défunt/ Transplantera, pour accomplir son noir dessin/ La belle rose de l'Afghanistan dans son jardin." Beaucoup de décideurs auraient du lire les livres de monsieur Wild car il expliquait très simplement ,comme il l'avait fait avec la constitution afghane pour des illétrés, à travers des personnages de BD amusants, les germes de la plus grande humiliation de la "Communauté Internationnale" en ce début de siècle. Fallait il que cela passe les portes blindées de quelques tours d'ivoire.

03/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Rock et si je ne m’abuse le Roll
Le Rock et si je ne m’abuse le Roll

Killoffer est l’un des fondateurs de L’Association et il a l’air d’être un sacré personnage. Je n’accroche pas à toutes ses productions mais j’aime quand il use de son dessin noir et blanc comme ici, ça me parle bien. Et j’apprécie beaucoup ce petit album, le dessin donc, mais aussi une certaine densité dans l’histoire. L’auteur se mettant en scène avec son avatar Kilo dans un bon et beau délire. Il se la joue rock star et son groupe n’est autre que les autres membres de L’Association. Le décalage de son personnage est assez jouissif, le ton sans être hilarant m’a énormément amusé (le costume, le logo …), et je trouve déjà le dessin de couverture et le titre très très bons. J’y ai descellé plusieurs niveaux de lectures. Une 1er degré où l’on suit ce looser magnifique et attachant qu’est Kilo, et une 2ème bien plus finaude pour qui connaît l’histoire de cette maison d’édition et le schisme de 2005/2006 où seul J-C Menu gouvernera (voir l’album Quoi !), et qui donne une meilleure compréhension de la dernière page. Tout ça pour dire que j’aime beaucoup, une petite réussite tout en métaphore et double lecture (l’album datant de 2006). Et un petit coup de cœur pour ce personnage de Kilo.

02/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma
Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma

3.5 J'ai attendu que le premier tome soit disponible à la bibliothèque pour le lire parce que même si j'aime bien globalement Riad Sattouf, je ne savais pas si je trouverais cela intéressant de suivre un acteur français que je ne connaissais même pas. Oui, depuis plusieurs années je regarde de moins en moins de films, et le cinéma français qui m'intéresse le plus c'est le cinéma populaire des années 50-80, alors je n'ai jamais vu de films avec Vincent Lacoste et les deux films français les plus récents que j'ai c'est les deux films en 3D d'Astérix, ce qui doit être assez pour vous montrer à quoi se résume ma connaissance du cinéma français moderne. Donc voilà comme le sujet principal m'intéressais moins que de suivre la jeunesse de Riad Sattouf, j'avais peur de m'ennuyer un peu. Et puis au fil des pages, j'ai trouvé que c'était pas mal et j'ai complètement embarqué dans le scénario lorsque Lacoste devient le personnage principal. J'ai vite trouvé cet ado que je ne connaissais pas complètement attachant. Sattouf fait partie des auteurs qui ont le ton juste pour raconter la vie quotidienne, toutes les anecdotes de l'album sont intéressantes, souvent drôles et parfois un peu tristes. Sattouf est vraiment le meilleur pour montrer la galère qu'est la vie des jeunes. J'ai aussi bien aimé voir l'envers du décor et découvrir les coulisses d'un tournage de film. Bref, j'ai passé un bon moment de lecture et j'ai bien envie de regarder le film de Sattouf !

01/05/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Aigle sans orteils
L'Aigle sans orteils

Lax est un maître conteur en humanité ! Je ne sais pas si sa formidable histoire d'Amédée Fario est pure fiction ou possède un fond de réalité mais peu importe. Mon premier avis sur le site était dédié à Marathon, c'est dire si l'effort solitaire avec un dépassement de soi gratuit m'attire. Même si mes légendes sont plutôt Zatopek, Mimoun ou Abebe Bikila, j'ai aussi rêvé sur les noms de Gaul, Coppi, Bahamontes Thévenet ou Hinault. Petit-Breton est un nom que l'on se transmettait de génération en génération comme le trésor d'un patrimoine sportif historique qu'il ne faut pas oublier. Merci à Lax de nous rendre ce patrimoine en images si belles. Au-delà de la belle histoire d'Amédée, c'est la formidable histoire des premiers Tours que l'auteur fait revivre. Effort, solidarité, créativité de la technique et de l'hygiène sportive, vision des organisateurs sur l'impact populaire d'un grand événement sportif, il y a tous ces thèmes très bien mis en valeur dans l'ouvrage. Evidemment, 1910,1911,1912,1913, le récit s'égraine comme une pendule tragique qui avance vers l'indicible. L'ombre portée de la guerre est toujours présent dans l'esprit du lecteur. Toutes ces vies, ces histoires non écrites à cause de ces vieillards ventripotents et galonnés qui vont envoyer des millions d'Amédée à la mort et produire des monstres encore plus terrifiants. 100 ans après, j'en ai encore de l'amertume dans la bouche et un ouvrage comme celui de Lax nous rappelle ce monstrueux gâchis. Je suis fan du dessin de Lax depuis ma lecture du Choucas. Lax ne nous vend pas de la Pin-up ou du BG body buildé (encore que Amédée est BG et Adeline à croquer) mais ses visages dans l'effort sont magnifiques. Son trait presque caricatural se prête bien aux rictus grotesques qu'ont tous les sportifs (moi le premier) au bout de leurs forces. Lax partage avec Cosey ses grandioses descriptions de montagne. Ici nous sommes gâtés. C'est dur, caillouteux, anguleux et froid mais c'est beau. Les teintes jaunes et bleutées sont piles dans les ambiances voulues. Lax revient aussi sur le thème du handicap surmonté, probablement un hommage à son frère, cela enrichit aussi un récit qui n'a aucune faiblesse à mes yeux. Pour finir, voilà une histoire qui crée de l'émotion, de l'empathie pour tous les personnages. Une lecture qui ne m'a pas laissé insensible.

01/05/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Album de l'année
L'Album de l'année

Paru six ans après Le Steak Haché de Damoclès, « L’Album de l’année », titre faussement prétentieux et surtout autodérisoire, part sur une idée simple mais astucieuse : réaliser une case par jour pendant un an, à la façon d’un journal de bord. Les cases se suivent sans ligne narrative particulière, décrivant juste la vie ordinaire d’un auteur de BD au succès (encore) confidentiel, avec ses tracas du quotidien et ses états d’âme un rien autocentrés, façon Caliméro. Et ça fonctionne extrêmement bien, parce que Fabcaro possède un vrai talent : recourir à un sens de l’humour très décalé qui lui permet de faire rire le lecteur et l’empêche de s’appesantir sur son sort. En 2009, Fabcaro est un jeune papa de 36 ans avec une dégaine d’étudiant attardé manquant un peu d’assurance, un rien désabusé. Il nous parle en vrac de ses petites galères en tant que père ou auteur de BD, de son hypocondrie, de ses gaffes, de ses rêves bizarres, de son incompétence en matière de bricolage ou encore des sempiternels repas chez ses parents, toujours un brin inquiets pour l’avenir de leur fils. Et on aime ça parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre d’un jour à l’autre. L’auteur utilise avec brio le procédé du « running gag ». Les conversations sans intérêt qui se prolongent ont tôt fait de l’ennuyer et très souvent, il décroche. Comme dans Le Steak Haché de Damoclès, les paroles interminables de l’interlocuteur se transforment en onomatopées vaporeuses, (wouwouw…) et c’est bidonnant à souhait ! On apprécie également les petits proverbes nonsensiques inaugurant chacune des 52 pages du journal. Jugez plutôt : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi pour le rouer de coup » (c’est de l’humour, hein !) ou « Un homme averti parce que je le vaux bien ». Un livre susceptible de provoquer des décrochages de mâchoires intempestifs. Le trait à la puissance comique incontestable reste très proche de celui du « Steak haché », pour notre plus grand bonheur. Un très bon Fabcaro assurément, un véritable antidépresseur ! Tout achat de ce livre devrait être remboursé par la Sécurité sociale !

30/04/2022 (modifier)