Quelle belle surprise que cette petite série naissante. La très jolie Djou et son copain Pep allient la modernité du numérique avec l'amour du patrimoine ancien.
Le patrimoine dans son sens le plus large, les bâtiments : fortifications, théâtres chapelles ou bâtisses particulières, mais aussi le patrimoine poétique et surtout un patrimoine humain. "La Captive" rend hommage aux "Zitelli" Corses tandis que " La Nuit de la Trinité" nous éclaire sur les béates du Velay.
Deux histoires très peu connues qui ont marqué un coin des Vosges et l'autre un coin du Velay et du Forez. Dom Corrieras mêle très habilement toutes ces informations culturelles, grâce au personnage de Pep, autour d'une véritable intrigue qui tient en haleine.
Même si le public visé est plutôt jeune ado, j'ai vraiment été captivé par ces deux histoires qui se passent dans deux très belles régions assez loin des circuits touristiques classiques.
Le graphisme de serge Annequin est bon. L'auteur a su choisir et peindre un couple moderne très empathique. On aimerait bien être à la place de Pep, mais son côté poète rêveur est craquant et la gageure est de nous distiller sa science insondable de façon toute naturelle et sans suffisance.
Je trouve que c'est très réussi avec un graphisme qui colle à sa personnalité. J'apprécie aussi les couleurs douces et franches.
Les paysages sont soignés même s’ils ne sont pas détaillés au maximum. Le rythme est élevé et les récits se lisent vraiment avec plaisir sans temps mort.
Quelques pages de documentations en fin d'ouvrages pour approfondir les éléments principaux du récit ou les grandes figures littéraires citées par Pep.
Une lecture pour tous vraiment très plaisante.
De Isabel Greenberg j’ai beaucoup aimé Les Cent Nuits de Héro mais aussi « Glass Town » (encore non paru en français à l’heure où j’écris ces lignes). Je me suis donc tout naturellement procuré cet album bien noté sur le site, et je ressors ravi de ma lecture.
Il ne s’agit certes « que » de contes, mais la narration m’a beaucoup plu, avec cette façon d’imbriquer une histoire dans une autre, sans jamais perdre le lecteur, qui est guidé par le fil narratif du jeune conteur. J’ai apprécié les références aux différentes cultures et mythologies réelles (viking, chrétiens etc.) et les touches d’humour sont bienvenues et de bon goût. Et puis surtout l’autrice fait preuve d’une imagination et d’une créativité époustouflante, y compris au niveau de la mise en image.
Un album recommandable, sauf si vous êtes vraiment allergique aux contes.
Je suis un grand fan de Jacques Higelin et ce petit ouvrage m'a procuré beaucoup de plaisir à la redécouverte des merveilleuses chansons de l'artiste.
Quelle créativité, quel rythme, quelle poésie et quelle inventivité on trouve chez cet artiste vraiment inclassable. Y a-t-il plus drôle et plus décalé que "Attentat à la pudeur" avec une chute d'anthologie "Quel membre et quelle tige ! / Quel litige". Cet exemple montre combien Higelin a su travailler sur les sons, allitérations, assonances, associations improbables, mots compliqués rythmés et scandés, c'est un régal pour l'oreille et pour l'esprit de finesse.
Oui mais ici c'est un texte lu ? Objection mon colon ! Les dessins par leurs styles et leurs rythmes collent parfaitement aux univers poétiques et déjantés d'Higelin.
Il y en a pour tous. Découvrez "Coup de Lune" et imaginez de la chanter/lire avec vos enfants un soir d’Halloween. Alors vous serez "réunis en grand conciliabule.../Les adeptes les plus selects de la secte des insectes." et ce sera "Champagne" pour vous les "Vampires éblouis par de lubriques vestales".
Que d'émotion quand j'entends la fosse du Bataclan chanter en 2007 avec Higelin "Il a du coeur, il aime la vie/ ET LA MORT NE LUI FAIT PAS PEUR" (Pars). Cela me donne le frisson.
Pour moi dans cette collection « les chansons de ... en BD » pour le moment c'est l'opus que je préfère.
Évidemment à lire en écoutant l'artiste et sa bande.
Un album très original que ne ressemble à aucun autre. Une histoire à couper au couteau (ou au tournevis) dont on ne sort pas indemne. A mille lieues des poncifs de la surproduction actuelle. Mais l'album risque de beaucoup décontenancer les lecteurs classiques de BD, car De Flandre ne retient quasi aucune des conventions de la BD et les réinvente. A découvrir.
S’attaquer à Batman vieillissant est une idée d’emblée intéressante. Il n’est plus seulement question de son passé, de ses traumatismes d’enfance, de ses ennemis qu’il fait enfermer à Arkham, il est question ici de son présent, de ce qu’il est devenu depuis qu’il s’est retiré des affaires, il y a pas mal d’années déjà. Pas facile d’être un vieux super-héros !! Le combat intérieur que se livre Batman, le regard que son majordome porte sur lui et la place de justicier que la société n’a plus envie de lui donner sont autant de questionnements difficiles qui font la grande réussite de cet album. Le dessin de Miller avec ses séries de petites cases est brut et efficace. Personnellement, je n’ai pas totalement adhéré et ça m’a lassé assez vite. A l’inverse, j’ai trouvé excellente l’idée de placer de manière récurrente des débats à la télé qui amènent un niveau de lecture décalé, beaucoup aimé aussi l’ancrage du scénario dans les années 80, sous la présidence de Reagan, avec la guerre froide en arrière-plan. Sur fond de menace de troisième guerre mondiale, Batman a décidé de reprendre son combat contre ses ennemis. Mais cette fois, il veut les détruire. Batman serait-il devenu un criminel ? On retrouve ici Miller poussant jusqu’au bout la logique du scénario qui ne fait plus dans la demi-mesure… La psychologie de Batman est analysée finement, de même que la société, ses dérives et ses névroses. Un album d’une très grande maturité. C’est du sérieux…
Pour qui aime le polar noir, cet album est une pépite. Brubacker nous offre un scénario parfaitement maitrisé, une histoire qui prend le temps de se mettre en place et de se dérouler de manière parfaitement cohérente jusqu’à son dénouement. Avoir le temps de profiter d’un tel récit est un luxe délicieux. Découpée en chapitres qui proposent chacun une narration sous un angle différent, on pourrait avoir l’impression que le scénario part dans différentes directions, le lecteur semble s’égarer, quand tout à coup tout se remet en place sans qu’on n’ait rien vu venir. Bluffant ! Aux côtés du Teeg Lawless héros de Criminal, on trouve d’autres personnages au passé difficile. Durement cabossés par la vie, ils cherchent un bon plan, le truc infaillible qui les sortira d’un morne quotidien et parfois même, ils trouvent des raisons d’espérer de changer de vie radicalement. Le lecteur s’embarque dans leurs pas avant d’être durement ramené à une réalité bien noire par le scénariste qui ne nous épargne rien. Leur destin est tracé, il va vers l’enfer et nul n’en réchappera. C’est puissant, implacable, ciselé... L’été sera cruel !
Du côté du dessin, j’aime vraiment beaucoup, avec un coup de cœur pour les couleurs qui proposent des univers différents selon les doubles pages. Les visages, abimés par la vie, sont très expressifs. Ils gardent bien visibles les traces du dernier coup poing et de la dernière cuite. Ambiances assurées, immersion garantie, suspens d’un bout à l’autre. Enorme coup de cœur !
J’ai hésité à investir dans la superbe « Deluxe Edition » de cette histoire de Jeff Lemire, malgré l’adoration que je porte à son travail, la faute aux avis existants pas vraiment positifs. Mais la magie a une nouvelle fois opéré, et je ressors ravi de ma lecture.
L’histoire mélange des éléments de science-fiction avec une histoire d’amour improbable entre deux protagonistes d’époques différentes. Elle est nébuleuse, mais reste parfaitement compréhensible. La narration est claire et fluide. Contrairement à d’autres posteurs, la trouvaille narrative qui consiste à avoir certaines planches (ou parties de planche) à l’envers pour représenter les deux univers ne m’a pas du tout dérangé. Je me demande d’ailleurs si les lecteurs en question ont bien compris la marche à suivre : il faut d’abord lire toutes le cases/planches à l’endroit, PUIS tourner l’album. C’est particulièrement flagrant dans le 5ème chapitre, où il faut lire la partie haute de TOUTES les pages du chapitre, PUIS tourner l’album et lire les parties basses à reculons. On ne tourne donc l’album pas si souvent que ça.
La mise en image est superbe, et dans la lignée des autres œuvres de cet auteur.
L’histoire m’a intéressé voire captivé par moment, et la fin ouverte m’a beaucoup plu. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
J'ai lu cette histoire dans une intégrale reprenant les 4 premières publications de Rabaté (Premières cartouches). Et c'est vraiment la meilleure des 4, je l'ai vraiment beaucoup aimée.
Rabaté arrive en quelque cases à nous faire entrer dans un petit délire jouissif. Nous suivons les habitants d'un village paumé, entre Drôle de guerre et débâcle face à l'armée allemande (on ne verra jamais ces derniers). s'étant monté le bourrichon, ils pensent être plus en sécurité regroupés avec d'autres habitants d'un bourg plus important. les voilà parti pour une équipée des plus loufoques !
Comme à son habitude - en tout cas cela deviendra son habitude, Rabaté regroupe des personnages assez typés, toutes les formes de la conneries étant représentées. Mentions spéciales au curé (qui tente par tous les moyens de faire revenir à lui ou à Dieu des brebis passablement égarées) et à quelques piliers de comptoir. Certains gamins et leurs expérience improbables valent aussi le détour. Le discours de départ du maire est dans le genre de ceux que tenait son homologue de Champignac chez Franquin.
Les bons mots fusent, les crétins sont de sortie, c'est vraiment une histoire que j'ai trouvé drôle, rafraichissante, avec un humour un peu noir, corrosif, Rabaté ne rate que rarement son coup lorsqu'il s'agit de se foutre de la gueule de ceux qui l'ouvrent trop.
D'abord un grand merci à Noirdesir pour la découverte de cet album.
Je découvre Andrei Puica auteur roumain, dont c'est la première bd publiée en France.
Une lecture hypnotique, le dessin est d'une incroyable originalité et d'une puissance évocatrice hors norme. Je suis subjugué par tant d'imagination et la mise en page audacieuse. Il sert à merveille ce conte onirique. Et la superbe mise en couleur magnifie le tout.
Mais que c'est BEAU !
Encore un récit impossible à résumer.
Une ville perchée sur un rocher erre dans l'espace et on va y découvrir ses habitants, ceux qui ont survécu aux massacres et les oppresseurs. La dystopie.
Une narration onirique, philosophique, symbolique et poétique où la métaphore est bien présente.
Un conte à plusieurs niveaux de lecture que je vous laisse découvrir. Chacun en aura sa propre interprétation.
Le bien et le mal ne sont-ils pas inséparables ? Quid du libre arbitre ?
Une lecture qui se mérite.
Andrei Puica, un artiste à suivre.
Un gros coup de cœur graphique.
Plaisante série policière qui nous invite dans l’univers des Yakuzas et plus particulièrement des salons de tatouages qu’ils fréquentent assidument. Le héros est en effet un jeune tatoueur pris sous son aile par un maître dans ce domaine et dont la clientèle est quasi exclusivement constituée de Yakuzas.
L’histoire se présente sous la forme d’un thriller policier bien mené. Entre projet immobilier, démons anciens, infiltration policière, magouilles diverses et anciennes amitiés, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Les auteurs parviennent à nous faire partager leur fascination pour cet univers qui, outre le fait de nous divertir, s’avère également instructif à propos de certains sujets liés au monde des tatoueurs et des yakuzas.
Le dessin est agréable à lire. La mise en page est très scénographique, très cinématographique même pour les scènes d’action. Le trait est extrêmement lisible, ce qui lui permet de très bien passer même en format réduit (j’ai lu la série sous la forme d’une intégrale aux dimensions réduites). La colorisation un peu sombre ne gâche pas cette lisibilité.
Si vous aimez les thrillers policiers,
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Urbex - Pep et Djou, fouineurs de mémoires
Quelle belle surprise que cette petite série naissante. La très jolie Djou et son copain Pep allient la modernité du numérique avec l'amour du patrimoine ancien. Le patrimoine dans son sens le plus large, les bâtiments : fortifications, théâtres chapelles ou bâtisses particulières, mais aussi le patrimoine poétique et surtout un patrimoine humain. "La Captive" rend hommage aux "Zitelli" Corses tandis que " La Nuit de la Trinité" nous éclaire sur les béates du Velay. Deux histoires très peu connues qui ont marqué un coin des Vosges et l'autre un coin du Velay et du Forez. Dom Corrieras mêle très habilement toutes ces informations culturelles, grâce au personnage de Pep, autour d'une véritable intrigue qui tient en haleine. Même si le public visé est plutôt jeune ado, j'ai vraiment été captivé par ces deux histoires qui se passent dans deux très belles régions assez loin des circuits touristiques classiques. Le graphisme de serge Annequin est bon. L'auteur a su choisir et peindre un couple moderne très empathique. On aimerait bien être à la place de Pep, mais son côté poète rêveur est craquant et la gageure est de nous distiller sa science insondable de façon toute naturelle et sans suffisance. Je trouve que c'est très réussi avec un graphisme qui colle à sa personnalité. J'apprécie aussi les couleurs douces et franches. Les paysages sont soignés même s’ils ne sont pas détaillés au maximum. Le rythme est élevé et les récits se lisent vraiment avec plaisir sans temps mort. Quelques pages de documentations en fin d'ouvrages pour approfondir les éléments principaux du récit ou les grandes figures littéraires citées par Pep. Une lecture pour tous vraiment très plaisante.
L'Encyclopédie des débuts de la Terre
De Isabel Greenberg j’ai beaucoup aimé Les Cent Nuits de Héro mais aussi « Glass Town » (encore non paru en français à l’heure où j’écris ces lignes). Je me suis donc tout naturellement procuré cet album bien noté sur le site, et je ressors ravi de ma lecture. Il ne s’agit certes « que » de contes, mais la narration m’a beaucoup plu, avec cette façon d’imbriquer une histoire dans une autre, sans jamais perdre le lecteur, qui est guidé par le fil narratif du jeune conteur. J’ai apprécié les références aux différentes cultures et mythologies réelles (viking, chrétiens etc.) et les touches d’humour sont bienvenues et de bon goût. Et puis surtout l’autrice fait preuve d’une imagination et d’une créativité époustouflante, y compris au niveau de la mise en image. Un album recommandable, sauf si vous êtes vraiment allergique aux contes.
Chansons de Jacques Higelin en bandes dessinées
Je suis un grand fan de Jacques Higelin et ce petit ouvrage m'a procuré beaucoup de plaisir à la redécouverte des merveilleuses chansons de l'artiste. Quelle créativité, quel rythme, quelle poésie et quelle inventivité on trouve chez cet artiste vraiment inclassable. Y a-t-il plus drôle et plus décalé que "Attentat à la pudeur" avec une chute d'anthologie "Quel membre et quelle tige ! / Quel litige". Cet exemple montre combien Higelin a su travailler sur les sons, allitérations, assonances, associations improbables, mots compliqués rythmés et scandés, c'est un régal pour l'oreille et pour l'esprit de finesse. Oui mais ici c'est un texte lu ? Objection mon colon ! Les dessins par leurs styles et leurs rythmes collent parfaitement aux univers poétiques et déjantés d'Higelin. Il y en a pour tous. Découvrez "Coup de Lune" et imaginez de la chanter/lire avec vos enfants un soir d’Halloween. Alors vous serez "réunis en grand conciliabule.../Les adeptes les plus selects de la secte des insectes." et ce sera "Champagne" pour vous les "Vampires éblouis par de lubriques vestales". Que d'émotion quand j'entends la fosse du Bataclan chanter en 2007 avec Higelin "Il a du coeur, il aime la vie/ ET LA MORT NE LUI FAIT PAS PEUR" (Pars). Cela me donne le frisson. Pour moi dans cette collection « les chansons de ... en BD » pour le moment c'est l'opus que je préfère. Évidemment à lire en écoutant l'artiste et sa bande.
Le Sang des automates
Un album très original que ne ressemble à aucun autre. Une histoire à couper au couteau (ou au tournevis) dont on ne sort pas indemne. A mille lieues des poncifs de la surproduction actuelle. Mais l'album risque de beaucoup décontenancer les lecteurs classiques de BD, car De Flandre ne retient quasi aucune des conventions de la BD et les réinvente. A découvrir.
Batman - The Dark Knight returns
S’attaquer à Batman vieillissant est une idée d’emblée intéressante. Il n’est plus seulement question de son passé, de ses traumatismes d’enfance, de ses ennemis qu’il fait enfermer à Arkham, il est question ici de son présent, de ce qu’il est devenu depuis qu’il s’est retiré des affaires, il y a pas mal d’années déjà. Pas facile d’être un vieux super-héros !! Le combat intérieur que se livre Batman, le regard que son majordome porte sur lui et la place de justicier que la société n’a plus envie de lui donner sont autant de questionnements difficiles qui font la grande réussite de cet album. Le dessin de Miller avec ses séries de petites cases est brut et efficace. Personnellement, je n’ai pas totalement adhéré et ça m’a lassé assez vite. A l’inverse, j’ai trouvé excellente l’idée de placer de manière récurrente des débats à la télé qui amènent un niveau de lecture décalé, beaucoup aimé aussi l’ancrage du scénario dans les années 80, sous la présidence de Reagan, avec la guerre froide en arrière-plan. Sur fond de menace de troisième guerre mondiale, Batman a décidé de reprendre son combat contre ses ennemis. Mais cette fois, il veut les détruire. Batman serait-il devenu un criminel ? On retrouve ici Miller poussant jusqu’au bout la logique du scénario qui ne fait plus dans la demi-mesure… La psychologie de Batman est analysée finement, de même que la société, ses dérives et ses névroses. Un album d’une très grande maturité. C’est du sérieux…
Un été cruel
Pour qui aime le polar noir, cet album est une pépite. Brubacker nous offre un scénario parfaitement maitrisé, une histoire qui prend le temps de se mettre en place et de se dérouler de manière parfaitement cohérente jusqu’à son dénouement. Avoir le temps de profiter d’un tel récit est un luxe délicieux. Découpée en chapitres qui proposent chacun une narration sous un angle différent, on pourrait avoir l’impression que le scénario part dans différentes directions, le lecteur semble s’égarer, quand tout à coup tout se remet en place sans qu’on n’ait rien vu venir. Bluffant ! Aux côtés du Teeg Lawless héros de Criminal, on trouve d’autres personnages au passé difficile. Durement cabossés par la vie, ils cherchent un bon plan, le truc infaillible qui les sortira d’un morne quotidien et parfois même, ils trouvent des raisons d’espérer de changer de vie radicalement. Le lecteur s’embarque dans leurs pas avant d’être durement ramené à une réalité bien noire par le scénariste qui ne nous épargne rien. Leur destin est tracé, il va vers l’enfer et nul n’en réchappera. C’est puissant, implacable, ciselé... L’été sera cruel ! Du côté du dessin, j’aime vraiment beaucoup, avec un coup de cœur pour les couleurs qui proposent des univers différents selon les doubles pages. Les visages, abimés par la vie, sont très expressifs. Ils gardent bien visibles les traces du dernier coup poing et de la dernière cuite. Ambiances assurées, immersion garantie, suspens d’un bout à l’autre. Enorme coup de cœur !
Trillium
J’ai hésité à investir dans la superbe « Deluxe Edition » de cette histoire de Jeff Lemire, malgré l’adoration que je porte à son travail, la faute aux avis existants pas vraiment positifs. Mais la magie a une nouvelle fois opéré, et je ressors ravi de ma lecture. L’histoire mélange des éléments de science-fiction avec une histoire d’amour improbable entre deux protagonistes d’époques différentes. Elle est nébuleuse, mais reste parfaitement compréhensible. La narration est claire et fluide. Contrairement à d’autres posteurs, la trouvaille narrative qui consiste à avoir certaines planches (ou parties de planche) à l’envers pour représenter les deux univers ne m’a pas du tout dérangé. Je me demande d’ailleurs si les lecteurs en question ont bien compris la marche à suivre : il faut d’abord lire toutes le cases/planches à l’endroit, PUIS tourner l’album. C’est particulièrement flagrant dans le 5ème chapitre, où il faut lire la partie haute de TOUTES les pages du chapitre, PUIS tourner l’album et lire les parties basses à reculons. On ne tourne donc l’album pas si souvent que ça. La mise en image est superbe, et dans la lignée des autres œuvres de cet auteur. L’histoire m’a intéressé voire captivé par moment, et la fin ouverte m’a beaucoup plu. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Exode
J'ai lu cette histoire dans une intégrale reprenant les 4 premières publications de Rabaté (Premières cartouches). Et c'est vraiment la meilleure des 4, je l'ai vraiment beaucoup aimée. Rabaté arrive en quelque cases à nous faire entrer dans un petit délire jouissif. Nous suivons les habitants d'un village paumé, entre Drôle de guerre et débâcle face à l'armée allemande (on ne verra jamais ces derniers). s'étant monté le bourrichon, ils pensent être plus en sécurité regroupés avec d'autres habitants d'un bourg plus important. les voilà parti pour une équipée des plus loufoques ! Comme à son habitude - en tout cas cela deviendra son habitude, Rabaté regroupe des personnages assez typés, toutes les formes de la conneries étant représentées. Mentions spéciales au curé (qui tente par tous les moyens de faire revenir à lui ou à Dieu des brebis passablement égarées) et à quelques piliers de comptoir. Certains gamins et leurs expérience improbables valent aussi le détour. Le discours de départ du maire est dans le genre de ceux que tenait son homologue de Champignac chez Franquin. Les bons mots fusent, les crétins sont de sortie, c'est vraiment une histoire que j'ai trouvé drôle, rafraichissante, avec un humour un peu noir, corrosif, Rabaté ne rate que rarement son coup lorsqu'il s'agit de se foutre de la gueule de ceux qui l'ouvrent trop.
Les Oiseaux lumineux
D'abord un grand merci à Noirdesir pour la découverte de cet album. Je découvre Andrei Puica auteur roumain, dont c'est la première bd publiée en France. Une lecture hypnotique, le dessin est d'une incroyable originalité et d'une puissance évocatrice hors norme. Je suis subjugué par tant d'imagination et la mise en page audacieuse. Il sert à merveille ce conte onirique. Et la superbe mise en couleur magnifie le tout. Mais que c'est BEAU ! Encore un récit impossible à résumer. Une ville perchée sur un rocher erre dans l'espace et on va y découvrir ses habitants, ceux qui ont survécu aux massacres et les oppresseurs. La dystopie. Une narration onirique, philosophique, symbolique et poétique où la métaphore est bien présente. Un conte à plusieurs niveaux de lecture que je vous laisse découvrir. Chacun en aura sa propre interprétation. Le bien et le mal ne sont-ils pas inséparables ? Quid du libre arbitre ? Une lecture qui se mérite. Andrei Puica, un artiste à suivre. Un gros coup de cœur graphique.
Tebori
Plaisante série policière qui nous invite dans l’univers des Yakuzas et plus particulièrement des salons de tatouages qu’ils fréquentent assidument. Le héros est en effet un jeune tatoueur pris sous son aile par un maître dans ce domaine et dont la clientèle est quasi exclusivement constituée de Yakuzas. L’histoire se présente sous la forme d’un thriller policier bien mené. Entre projet immobilier, démons anciens, infiltration policière, magouilles diverses et anciennes amitiés, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Les auteurs parviennent à nous faire partager leur fascination pour cet univers qui, outre le fait de nous divertir, s’avère également instructif à propos de certains sujets liés au monde des tatoueurs et des yakuzas. Le dessin est agréable à lire. La mise en page est très scénographique, très cinématographique même pour les scènes d’action. Le trait est extrêmement lisible, ce qui lui permet de très bien passer même en format réduit (j’ai lu la série sous la forme d’une intégrale aux dimensions réduites). La colorisation un peu sombre ne gâche pas cette lisibilité. Si vous aimez les thrillers policiers, Si la culture asiatique vous attire, Si un trait réaliste simple et efficace est de nature à vous agréer, N’HESITEZ PAS ! Surtout ici, avec la sortie de cette intégrale à prix réduit (moins de 10,00 €), c'est une vraie aubaine !